Chapitre 33 : Une ambiance de crise. (Reisuke, jour +9)
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Nous avions laissé Kôsei derrière nous depuis quelques dizaines de minutes maintenant, et comme je l'imaginais, l'attaque de Zetsubô se rapprochait de plus en plus de notre coin. L'attaque de ses partisans avait déjà touché le cœur de la ville, et au vu de l'assaut que Kôsei avait contré en restant derrière, il s'était aussi étendu dans notre petit coin de campagne, et il n'était plus qu'une question d'heures – non, de minutes – avant que la guerre ne commence ici. C'est avec cette pensée pesante que moi, Jessica, mon frère, ma sœur, Soichiro et les autres nous rendîmes là où nous menait Suzuha, soldat d'élite de l'ancienne Yume-Nikki dont j'étais l'un des fiers guerriers. Elle devait nous mener au laboratoire d'Okabe, son parrain, afin que nous puissions établir une stratégie pour cette bataille. Je n'avais pas vraiment confiance au savant fou que j'avais croisé une fois en venant chez Soichiro, mais comme l'avait souligné ce dernier, rassembler le maximum de troupes était nécessaire, surtout en temps de crise, donc je laissai couler.
- Dites les amis, entamai-je. Vous pensez vraiment qu'Okabe pourra nous aider à triompher de Zetsubô ?
- Il nous a déjà aidé par le passé Rei-Chan. Me sourit Erika. C'est lui qui nous a permis de te rattraper lorsque l'on s'est perdues dans le temps.
- C'est moi qui ai tout fait gamine. Soupira Soichiro. Okabe n'était bon qu'à nous casser les oreilles en permanence avec ses délires sur le SERN. Je ne sais pas comment son fils fait pour supporter ce fou en permanence.
- Son fils ? S'interrogea Laila. Ce pauvre fou aurait vraiment trouvé une femme prête à partager sa vie ? Voilà qui prouve bien que les chemins de la vie sont imprévisibles ~
- Son fils, c'est Kenichiro. Reprit Chiaki. Kenichiro Okabe. C'est un gentil garçon qui joue dans mon groupe de musique.
- HUUUUUH !? Beugla Jessica. T'es sérieuse que le père de Kenichi c'est un scientifique débile !?
- Oui mais il n'est pas méchant héhé. Rit Erika. Il m'a aidée à me trouver les musiciens quand je me suis lancée en France, je lui en dois une.
J'eus un temps d'arrêt tandis qu'Erika venait de lâcher ces mots. Après quelques secondes de paralysie totale, je me tournai vers elle, beuglant comme jamais, et à ma grande surprise, Jessica fit la même chose.
- HUUUUUUH !? Hurlâmes-nous en chœur. Depuis quand tu es chanteuse solo !?
- Vous êtes bien sourds pour ne pas le savoir les gamins. Répondit Soichiro en haussant les épaules. Les chansons d'Erika sont partout.
- Même sur mon MP3 ! Reprit Hiroki en affichant un sourire niais avant de se prendre un coup de coude de Hakaze. D'ailleurs Erika, « Memories » m'a touché en plein cœur. Cette musique représente l'espoir même à mes yeux.
- Moi aussi j'écoute en boucle Memories hoho ! Reprit Ugo. C'est une chanson intéressante je trouve, même si mon éditeur n'arrête pas de dire qu'il n'en peut plus de ta musique la blonde ~
- Que quelqu'un mette la chanson d'Erika ! Ordonnai-je, décidé à écouter cette fameuse « Memories »
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Ce fut Hiroki qui enclencha la musique tandis que nous marchions encore en direction de chez le scientifique. C'était une chanson qui parlait des souvenirs créés avec quelqu'un qu'elle n'avait pas revu depuis longtemps et avec qui elle avait vécu des moments inoubliables. Elle parlait dans sa chanson qu'elle ferait tout pour pouvoir voir ce garçon sourire de nouveau, même si elle avait à salir ses mains pour y parvenir, parce qu'elle aimait très fort cette personne.
- Les lyrics sont de toi ? Demandai-je, impressionné par la qualité des paroles. C'est superbe.
- Oui ils sont de moi. Sourit-elle franchement. J'écris tous mes lyrics en pensant à la personne que j'aime plus que n'importe quelle autre.
- Cette personne doit être vraiment chanceuse. Souris-je à mon tour. J'espère que tes sentiments parviendront jusqu'à lui, et que tu seras heureuse à ces côtés.
Soichiro réagit en mes paroles en posant sa main sur son front, dépité par ce que je venais de dire. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi il réagissait comme ça, mais apparemment tout le monde approuvait plus ou moins sa réaction, sauf Hakaze qui s'énerva contre lui.
- Tu peux parler papa ! Tu es aussi aveugle que lui bon sang !
- N'attaque pas le jeune ma…Ton père de la sorte ! Rougit Sirie. Je…N'attends rien…De Soichiro…
- Aucune honte à vouloir exprimer un désir charnel. Répondit Laila en haussant les épaules. Tout est si compliqué avec vous, au moins avec Kôsei je lui demande de me posséder pour la nuit, il s'exécute.
Tout le monde s'arrêta net et regarda ma sœur, consternés par ce qu'elle venait de dire. Pour ma part, cela ne m'étonnait pas vraiment de savoir qu'une femme avait une vie sexuelle. Aussi, j'essayai de calmer le jeu.
- Arrêtez d'en faire tout un fromage. Dis-je relaxé. Que Laila couche avec un homme ce n'est pas vraiment choquant, c'est une femme après tout. Et puis de toute façon elle et Kôs….HUUUUH !? Kôsei !? Mais vous avez 16 ans de différence ! Tu as perdu l'esprit !?
- Hoho ~ Ca va faire un joli sujet pour mon prochain roman. S'amusa Ugo tandis que nous nous retournâmes tous vers lui encore plus consternés que pour la révélation de ma sœur.
- C'est pas plus étonnant que Hiroki et moi qui portons les sous-vêtements de l'autre ~ S'amusa Hakaze tandis que tous les yeux se braquèrent sur Hiroki.
- Ehhhh ! Arrête de raconter ta merde ! Pour rien au monde je ne mettrai tes strings en dentelle ! Rétorqua son compagnon. Je peux vous montrer qu'il n'y a aucune chance que je rentre dedans si on ne me croît pas !
- Ma fille….Soupira Soichiro. Tout sa mère.
- HUUUUH !? Beugla Sirie. Donc le jeune maître aime…Impossible !
Un grand silence s'installa entre tous les participants à cette conversation. Par chance, personne n'avait pensé à balancer des choses compromettantes à mon sujet…Du moins c'était jusqu'à ce que Jessica ouvre la bouche.
- De toute façon rien n'est plus honteux que la taille du sexe de cet abruti qui m'héberge. Lâcha-t-elle naturellement. Aucun mec ne devrait avoir honte à côté de ça. Et c'est pas dans les gênes puisque son frère est monté comme un cheval ~
Les hommes du groupe me regardèrent en compatissant, ce qui me laissa un sentiment amer au fond de moi. Je cherchais quoi répondre à ça, mais je devais fermer le clapet de la blonde une bonne fois pour toutes, autrement, le peu d'honneur que j'avais allait s'envoler. Mais alors que j'allais révéler un secret gênant sur la blonde, je fus stoppé en plein élan par Suzuha.
- Nous sommes arrivés. Dit-elle, rigide. Nous sommes chez Okabe.
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Nous étions en effet arrivés. Nous faisions face à une maison assez banale située dans le quartier sud de notre petite campagne, isolée dans un cul de sac. Les fenêtres de la bâtisse étaient réparées manuellement, comme si elles avaient déjà été brisées et que dans l'urgence on avait fixé trois planches de bois sur chacune d'elle afin de les faire résister au vent. C'était bien la baraque d'un scientifique de la réputation d'Okabe pensais-je, et d'ailleurs, personne ne semblait étonné de voir une telle résidence en pensant à la personnalité du scientifique.
Suzuha fut la première à s'avancer. Elle sonna à la porte, et quelques moments plus tard, on vint lui ouvrir. C'était Kenichiro qui était venu. Lorsqu'il vit Suzuha, il n'eut aucune surprise réelle. A vrai dire…Ce fûmes nous qui en reçûmes une. En effet, à notre grande surprise, le blond embrassa naturellement celle qui venait lui rendre visite, et ce simplement pour la saluer. Ils partagèrent un court baiser ensemble, puis, lorsqu'il nous vit, le jeune homme devint rouge pivoine.
- Ah…Suzu…Quelle bonne surprise…Bégaya-t-il. Avec toutes ces personnes…Je suppose que tu viens voir mon père ?
- C'est exact Ken, nous venons voir Okabe pour faire le point sur le conflit de Zetsubô. La ville a déjà éclaté, et sous peu cela s'étendra ici. Nous devons donc faire le point sur comment nous allons diviser nos forces pour gagner la bataille.
- Ah…Oui. C'est vrai. Soupira le jeune homme. J'espère quand même que ça se terminera vite…J'aimerais bien que tu deviennes un peu moins rigide. Une fois que tu deviens sérieuse, on ne peut plus parler de banalités…
- Ne perdons pas de temps. Entrons.
Nous suivîmes la jeune fille qui nous fit entrer dans la baraque, puis, nous fis monter les escaliers pour arriver jusqu'à dans une salle d'expériences, un labo utilisé par Okabe pour réaliser différents effets scientifiques plus abracadabrantesques les uns que les autres. Ils étaient cinq dans le laboratoire : Okabe, une jeune femme aux cheveux rouges, une portant un chapeau et ayant de longs cheveux noirs, une autre femme qui ressemblait fortement à Suzuha mais en un peu plus vieille, et un homme rond portant une casquette et des lunettes. Celui qui semblait être le chef du groupe prit la parole le premier en affichant une allure excentrique.
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- HAHAHAHA ! Rit-il. Bienvenue dans la tanière du grand, du seul, de l'unique, HOUOUIN KYOUMA ! TREMBLEZ MORTELS DEVANT CELUI QUI VA DETRUIRE CE MONDE !
- C'était pas Katsuo Yamada la menace ? Rit Soichiro. Nous avons deux destructeurs du monde ?
- Celui là rêve de contaminer le monde entier avec son idiotie et réduire l'intelligence du monde à néant. Renchérit la rousse portant une blouse sur laquelle était accroché un pins au nom de « Kurisu »
- Et tu l'as aidé dans sa quête en portant son enfant ? Rit celle qui semblait être la mère de Suzuha. Cesse de faire ton enfant, Maki ~
- C'est une tsundere en puissance ~ Renchérit le gros s'appelant Daru. Ca me fait penser à la fille de Soichiro quand je parle de Tsundere. ~
- Si tu prononces encore une seule fois ce mot tu le regretteras ! Hurla Hakaze qui était visiblement irritée par ce que disait Daru. On est venus pour quelque chose, non ? Alors de quoi s'agit-il ?
- Makise-san, entama Sirie, où en es-tu concernant…Cette chose sur laquelle nous avons travaillé ensemble ?
- Je l'ai finie hier justement ! Cet abruti d'Okabe a passé à la nuit à en créer des tas à partir du prototype. Au moins en tant qu'assistant, même s'il ne peut pas créer il peut copier mes inventions.
- Bien. Reprit Sirie en se tournant vers nous. Moi et Makise nous avons collaboré en mettant en commun mes compétences sur le syndrome du désespoir avec ses compétences de scientifique afin de créer un gadget en particulier, le « Despair Radar »
- Le despair Radar ? Se questionna Erika. Comment cela fonctionne-t-il ?
On nous fit passer le gadget dans les mains. C'était une petite boite noire sur laquelle étaient tracés des cercles verts. Un rayon vert affluait en continu dans la machine, sans s'arrêter. Il partait du centre du gadget pour s'étendre le plus possible, avant de repartir du centre. J'attendais les explications, même si j'imaginais que cela ne devait pas être bien compliqué à utiliser.
- Nous avons donc mis en commun nos connaissances et voici ce qui en ressort. Reprit fièrement la rousse. Nous avons détecté qu'un être humain subissant les effets du désespoir émettait une onde négative autour de lui. En me saisissant d'un échantillon de la substance, j'ai pu développer un appareil qui permettait de déceler ces ondes et ainsi identifier une menace dans un rayon de 500 mètres alentours. Ce n'est pas grand-chose je sais, mais c'est tout ce que j'ai pu faire en si peu de temps.
- Décidément, sourit Soichiro, tu n'as pas perdu de ta superbe depuis la duel académie ma chère. Je dois être plus rouillé que toi en matière de sciences.
- N'abuse pas, sourit à son tour la rousse. Ta Shungite est pas mal du tout, inutile d'être modeste.
Cette ambiance légère entre les deux scientifiques irrita Okabe qui vint se poser entre les deux en affichant un air de frustration. Soichiro afficha un air malicieux devant la réaction de l'homme, mais il fut stoppé par Sirie qui semblait irritée elle aussi. Elle attrapa le bras du scientifique et le tira avec elle, ce qui nous permit de participer à la conversation.
- C'est pas mal du tout, reprit Hiroki. Ca sera vraiment pratique lorsque l'on va affronter les sbires de Zetsubô. Et heureusement, j'imagine que nous ne dégageons rien nous puisque nous ne sommes pas atteints d'un syndrome quelconque.
- Radar ou pas radar, on peut facilement leur rentrer dans le lard et les buter ces fils de putes. Assura Jessica armée de son arrogance. Pourquoi on aurait besoin de cette merde ?
- Parce que l'ennemi peut arriver de n'importe où hoho ~ Se moqua Ugo. Il y en a qui devraient apprendre ce que c'est une véritable guerre avant de s'avancer.
- Mais j'ai une question ~ S'amusa Laila. Moi qui suis celle qui diffuse le plus de désespoir, serais-je localisée également ?
- Oui. Répondit Makise. Si vous entrez dans un état de désespoir, vous serez localisables par un radar, mais vous serez considérés comme un ennemi pour l'autre puisqu'il est impossible de différencier un ennemi d'un allié sur ce radar.
- Bien. Reprit Erika. Nous avons déjà un outil nous permettant d'éviter de nous faire prendre en embuscade. Et puis ça peut aussi aider à retrouver Kôsei héhé ~
- Je m'inquiète pour Kôsei. Reprit Kenichiro que l'on n'avait même pas calculé jusqu'alors. Je me demande s'il va retrouver la raison à un moment donné. Je veux dire…J'aimerais qu'il évite de se faire manipuler par Zetsubô dans la foulée…
- Ne t'en fais pas, sourit paisiblement ma sœur, Kôsei va traverser des épreuves c'est vrai, mais si tout se passe comme prévu, lui aussi devrait pouvoir trouver l'espoir à la fin de cette bataille ~
- Que veux-tu dire par là Laila ? Repris-je, concerné. Qu'as-tu prévu pour les membres de Yume Ni –
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Je n'eus le temps de terminer ma phrase qu'une explosion retentit non loin de notre position. Nous nous retournâmes tous par réflexe pour savoir de quoi provenait cette violente secousse, et ce que nous vîmes ne nous surprit qu'à moitié.
En effet, nous passâmes nos têtes à travers la fenêtre, Laila et moi, et nous vîmes que le bâtiment à côté de la bâtisse dans laquelle nous étions tous retranchés. Il ne restait qu'un tas de ruines surplombé d'une épaisse fumée noire qui montait au ciel encore et encore.
- Ca a commencé. Déclara Laila, impassible. Tout se joue maintenant.
- Un des membres de Zetsubô est présent ! Reprit Makise, affolée. Il faut évacuer, il est sûrement sur notre trace !
Tout le monde fut d'accord et nous finîmes par abandonner rapidement le laboratoire d'Okabe. Moi qui avais l'habitude de gérer de telles situations, je restai en arrière afin de m'assurer que tout le monde avait le temps d'évacuer, scrutant les moindres recoins de la maison pour tenter de déceler toute trace de début d'incendie, puis, lorsque tout le monde fut sorti, j'évacuai à mon tour. Mais alors que je venais de sortir, la baraque dans laquelle nous étions fut englobée par un torrent électrique qui parcourut toute la surface de la bâtisse de pierre avant de la faire s'embraser en moins de temps qu'il ne fallut pour le dire. Il ne fallut que quelques secondes pour que l'endroit dans lequel nous étions quelques secondes avant se fasse englober par un torrent de flammes. Choqué, je m'arrêtai devant le feu sans prêter attention aux alentours, mais lorsqu'Erika vint me faire remarquer le décor de notre village jusqu'alors si paisible, je compris que la vie telle que je l'avais connue venait de cesser pour de bon.
En effet, en l'espace de quelques dizaines de minutes, ce territoire, notre territoire, était devenu un amas de ruines fraîchement créées par la plus sombre des émotions, par le plus sombre des ressentis possible…Le désespoir. Je restai quelques secondes à contempler ce décor installé si rapidement, j'en eus les larmes aux yeux, regrettant de n'avoir pas réussi à arrêter le retour de Zetsubô, pourtant, on me tira rapidement de mes songes pour me ramener à la réalité aussi dure était-elle.
- ATTENTION REISUKE ! Hurla une voix de derrière.
Je me fis bousculer par cette personne pour me retrouver au sol avec elle. C'était Suzuha qui s'était jetée sur moi pour me faire éviter un projectile semblant chargé d'électricité qui vint s'écraser contre un mur qu'il réduit en cendres dès qu'il toucha. Je me relevai rapidement, Suzuha aussi. Je la remerciai pour m'avoir aidé et je repris mes esprits. Je me mis en alerte, guettant la moindre source de danger, tandis que nous essayions de communiquer tous ensemble.
- Et maintenant ? Demanda Hiroki. Quels sont les ordres, Papa ? On fait quoi là ?
- Dans un premier temps, lui répondit Soichiro, nous devons rester en alerte. Il y a une menace proche et nous ne pouvons rien envisager tant que nous ne l'aurons pas détruite.
- Et comment on retrouve cette merde !? Grogna Jessica qui était agacée par la situation. On sait même pas d'où viennent les attaques !
- Chut. Lui répondit sérieusement Laila. J'essaie de me concentrer.
Un silence s'installa pendant quelques secondes face à la réplique plutôt inhabituelle de Laila. Elle s'arrêta une bonne minute, comme si elle cherchait quelque chose, mais pour nous, elle était complètement inactive. Alors que nous restions sur nos gardes, incapables de combattre un ennemi que l'on ne voyait pas, une autre attaque allait surgir de nulle part, visant cette fois Hakaze qui était à côté de son père, mais Laila, plus rapide cette fois, s'interposa entre Hakaze et l'attaque qu'elle dévia grâce à une attaque faite d'un flux d'ombre et de puissance obscure. Elle esquissa un petit sourire tandis que nous nous étions tous retournés vers elle, et, sans dire un mot de plus, se rua dans la direction d'où provenait l'assaut. Elle disparut dans l'ombre généré par l'écran de fumée pendant quelques secondes.
Je voulus la suivre, mais elle réapparut aussitôt, accompagnée cette fois d'un homme qu'elle semblait avoir débusqué. L'homme aux cheveux grisâtres en bataille venait d'esquiver une attaque de ma sœur en affichant un air agacé. Se reculant d'avantage, il se posa sur un décombre qui était surélevé par rapport à nous, nous laissant complètement voir son visage. C'était un homme ayant la trentaine, comme Laila, et affichant une expression malsaine dans ses yeux couleur rouge vif. Il prit la parole à notre attention d'un air méprisant, nous prenant clairement de haut.
- Qui aurait cru que derrière une telle mijaurée se cachait une femme aussi forte. Quand je pense que t'aurais pu être à la gauche du maître et que tu l'as trahi, Laila.
- Je vois que ta reconversion depuis le mouvement Arcadia ne t'a pas réussi Noda ~ Lui répondit ma sœur. Mais de là à t'allier avec Zetsubô, je trouve cela vraiment triste ~
- Je n'ai rien à entendre de ta bouche de traînée. Lui répondit l'homme glacial. Que ce soit toi ou tes frères, vous avez gâché la seule opportunité de faire quelque chose d'utile dans votre vie. Mais moi, je vais la saisir !
L'homme disparut quelques secondes dans une étincelle, avant de réapparaître derrière Laila afin d'essayer de lui asséner un coup de poing chargé d'électricité, mais ce fut au tour de ma sœur de disparaître dans l'ombre avant que l'impact ne la touche. Elle réapparut derrière l'ancien membre du mouvement Arcadia afin de l'attaquer à son tour, mais il esquiva de la même façon. Ainsi s'en suivit une bataille que l'on ne pouvait même pas suivre du regard tellement les deux protagonistes du conflit étaient rapides. Seules leurs silhouettes entourées d'ombres et d'électricité étaient visibles pour nous. Nous ne pouvions même pas intervenir de peur de ne pas voir les coups arriver et de nous faire sortir de la bataille en un seul coup.
Je ne pouvais néanmoins pas rester spectateur. Ainsi, je tentai de rassembler en moi cette énergie négative, la même que celle que Laila, mais je n'y parvenais pas. Je n'arrivais pas à produire une émotion négative sur commande, comme le faisait Laila, et donc, à maîtriser mes pouvoirs. Je devais donc penser à un souvenir extrêmement négatif, et il n'y en avait qu'un qui me venait en tête.
Tandis que cette scène finale de mes parents me revenait en mémoire, je sentis le sang dans mes veines brûler, comme si le désespoir chauffait à l'intérieur même de moi. Plus je me concentrais sur la peine que j'avais exprimée, plus je me concentrais sur le regret qui hantait toujours mes pensées, plus je sentais l'énergie négative prendre le dessus sur moi, et lorsque je lui donnai mon regret le plus profond en guise de nourriture, je pus libérer un pouvoir similaire à celui de Laila.
Lorsque le verrou du désespoir céda, je fus moi aussi entouré par un torrent de flux négatif qui se déchaîna, me dévorant entièrement avec lui. Je ne pus m'empêcher de serrer les dents, essayant malgré tout de garder le contrôle face au désespoir que j'embrassais, et me surprenant moi-même, je réussis. Mes cheveux avaient doublé de longueur et viré au noir, tandis que je sentais toute la puissance de mon côté sombre s'épanouir. Pour la première fois j'avais totalement maitrisé la puissance du désespoir.
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Je joignis la bataille dans laquelle ni Laila, ni ce Noda ne se démarquaient l'un face à l'autre. Mes pouvoirs, bien que de la même nature que ceux de Laila, n'étaient pas exactement les mêmes. J'étais tout aussi rapide qu'elle, me permettant de suivre l'affrontement cette fois, mais je sentais que cela n'allait pas durer longtemps, contrairement à ma sœur qui semblait pouvoir maintenir indéfiniment cet état.
Je me ruai donc sur l'homme aux éclairs qui évita mon attaque avant de m'asséner un puissant coup de poing chargé d'électricité qui me propulsa contre une paroi rongée par les flammes. Déçu dans un premier temps, je fus satisfait lorsque je vis que mon échec permit à Laila de profiter d'un moment d'inattention de l'homme pour contre attaquer.
- Despair ! Isithunzi !
En prononçant ces mots, la main droite de ma soeur devint une longue lame argentée semblant faite d'énergie ténébreuse. La pointe extrêmement fine et aiguisée de la lame transperça l'homme qui était notre ennemi, projetant son sang en trainées rapides sur le visage de son assaillante qui afficha un léger sourire satisfait en réaction. Lorsqu'elle retira sa lame, l'homme hurla toute la douleur que lui avait infligée l'attaque, mes blessures semblaient être des égratignures à côté de cette attaque.
L'homme fit une chute d'un point assez haut avant de s'écraser contre les décombres qu'il avait lui même créé. Moi et ma soeur atterrîmes plus en douceur aux côtés des nôtres qui semblaient impressionnés par la quantité de puissance qu'avait déployé ma soeur. Mais alors que je pensais qu'il était vaincu, Laila, elle, était plus réaliste, et elle avait raison puisque des décombres il se releva, affichant une profonde rage face à la tournure des choses.
-Raaaaah ! Se faire avoir par le coup tordu d'une tarlouze, jamais je ne me le pardonnerai. Mais regardez, vos attaques ne me toucheront jamais.
L'homme passa sa main au dessus de la large plaie occasionnée par l'attaque de ma soeur, et il la soigna en un seul geste, sans demander le moindre effort. Je compris que Noda allait être un adversaire bien plus coriace que je ne l'avais imaginé. C'était sûrement ce qui différenciait Laila et moi, l'expérience du combat, et la faculté de juger l'autre.
Avant que je ne puisse faire quoique ce soit, l'homme reprit la parole, nous lançant un regard d'assassin à Laila et moi, il aurait pu nous tuer du regard, il l'aurait sans doute fait sans hésiter.
- J'ai encore des tas de choses à faire pour étendre l'empire de Zetsubô. Nous lança-t-il. J'ai perdu du temps en tentant de vous tuer d'un coup, j'me suis trop surestimé dommage. On s'reverra sûrement plus tard.
- Crois-tu sérieusement que nous allons te laisser partir? ~ Lui répondit Laila, amusée. Je pensais que les sbires de Zetsubô seraient capables de beaucoup plus mais apparemment ce n'est pas le cas ~
- Eh sale pute, rétorqua-t-il en affichant un sourire lui donnant l'air d'un psychopathe, t'inquiètes pas, je vais te laisser de quoi te divertir. ~ Bouffe un peu ça sale pute !
L'homme déploya ses bras, projetant une intense énergie encore plus sombre que celle qui entourait Laila lorsqu'elle se battait. L'énergie qu'il projeta de son corps s'enfonça dans les cieux assombris par le crépuscule, et lorsqu'elle y fut complètement engouffrée, elle y ouvrit une large brèche dans laquelle nous ne pouvions voir qu'un afflux continuel de couleurs composant la sombre palette des ténèbres du désespoir. Devant nous, Noda venait d'ouvrir une sorte de portail ne menant je ne sais où, ne servant à je ne sais quoi, mais tout cela ne valait sûrement rien dire de bon.
- Mon travail ici est achevé bande de petites tapettes ~ Sur ce, on se reverra sûrement vous deux, et je vous buterai une bonne fois pour toutes.
Sans que l'on ne puisse le retenir, il disparut dans une fine étincelle rapide qui s'évapora dans l'ombre du soir. Nous n'eûmes cependant pas le temps de discuter à son propos que de cette brèche surélevée dans les cieux sortit un, puis deux, puis trois,puis des centaines de monstres obscurs ayant différentes formes, différents volumes, mais tous la même apparence ténébreuse. Ils se dispersèrent dans la ville, attaquant toute personne à qui ils pouvaient s'en prendre, nous incluses. Nous fûmes rapidement encerclés par ces monstres qui nous attaquèrent tous en même temps, nous forçant à nous lancer dans une battle royale improvisée, avec pour enjeu notre propre sort.
- Merde ! Criai-je sans me retourner. Ils sont partout ! On fait quoi !?
- On essaie de se dégager le plus possible ! Répondit Soichiro. Les gamins, il est temps de découvrir le pouvoir de vos pierres !
A peine eut-il dit ça que je sentis un froid glacial de derrière. C'était un torrent de glace projeté par Soichiro qui s'était déjà lancé dans la bataille contre ces monstres. Ce fut le coup d'envoi pour cette battle royale improvisée. Je fis appel au pouvoir d'Ananta qui se matérialisa à mes côtés, plutôt que de me reposer sur cette nouvelle force que je ne maîtrisais pas encore.
Le monstre serpent apparut derrière moi et me prêta sa force comme il avait l'habitude de le faire. Je pus donc me lancer dans un affrontement face aux monstres qui prenaient différentes formes. Des reptiles, des prédateurs ailés, des géants, et même des créatures sur lesquelles je n'aurais pas pu poser le moindre nom nous envahissaient et nous attaquaient. Je n'eus pas de mal à repousser ces créatures qui n'étaient pas du niveau de mon monstre. Les six têtes de mon reptile crachèrent leur venin simultanément en tourbillonant, me permettant ainsi de gagner un périmètre étroit qui allait me laisser observer les alentours, mais alors que j'avais gagné quelques secondes, je fus surpris par quelque chose de bien plus menaçant que ces quelques créatures.
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A quelques mètres de moi se tenait une énorme créature pesant bien plus en terme de puissance que les autres. Il suffisait d'un regard pour sentir qu'elle avait quelque chose à voir avec cette brèche que Noda avait ouverte. Je regardai autour de moi une nouvelle fois, les créatures étaient moins nombreuses, comme si elles avaient fui pour je ne sais quelle raison.
J'en conclus que la créature en question me lançait un défi, qu'elle me défiait personnellement, moi qui m'étais débarrassé de ses sbires en une fraction de secondes. Ainsi, pour la première fois, je ne reculai pas devant cet affrontement. Peu m'importait les conséquences d'une défaite, les enjeux d'un tel combat contre cette créature, je devais y aller, et ce fut ce que je fis.
Je me dirigeai dans sa direction au pas de course. Elle semblait à quelques rues de là où j'étais, me forçant à traverser ce sombre décor et à constater tous les dégâts occasionnés par Noda. Je grimaçai en voyant que tout élément faisant partie de notre décor paisible venait de s'envoler pour ne laisser place qu'à des ruines enflammées qui se consumaient continuellement afin de relâcher leur fumée obscure vers le ciel s'obscurcissant de secondes en secondes. Sur ma route, je trouvai d'autres créatures : deux sortes de gladiateurs aux yeux rouges luisant qui se ruèrent sur moi tandis que je continuais ma course, mais je n'eus même pas à m'arrêter que mon esprit du duel se jeta sur ces deux obstacles, leur arrachant la tête d'un coup de gueule sans même que je n'aie à esquisser le moindre geste, me permettant de continuer ma course. Pendant une dizaine de minutes je courus vers la grande créature que je ne pouvais encore totalement discerner, pensant à la meilleure façon de l'affronter, mais elle ne me laissa pas le temps de réfléchir.
La créature qui me notifia des cieux où elle s'élevait majestueusement ouvrit sa gueule pour laisser un torrent de flammes s'en échapper. Elle me visait moi, comme m'alertant que notre affrontement avait déjà débuté. Dans ma course je réussis à éviter les flammes, les laissant s'écraser sur une bâtisse déjà assez rongée par l'attaque de l'envoyé de Zetsubô. Je ne ressentis que la chaleur de l'impact, tandis que la lumière de ces flammes projetées par l'ennemi me permit de bien discerner quel ennemi se trouvait face à moi.
Eclairé par le feu qu'il projeta lui même, je puis discerner qu'il était un dragon de cinq ou six mètres de long dont le corps était recouvert d'écailles couleur ébène qui semblaient aussi dures que de l'acier. Dans le noir profond de son corps se reflétait le feu innondant notre village, ce qui donnait un air plus ténébreux que jamais à la créature qui s'élevait face à moi. Elle ouvrit d'ailleurs sa gueule de nouveau, mais cette fois, je repoussai son attaque grâce à l'attaque acide de mon serpent qui désintégra l'épais torrent de flammes en moins d'une minute.
Ma contre attaque dessina un épais nuage de fumée aussi sombre que celui se dégageant des habitations rendant l'âme les unes après les autres. Je me jetais alors dans cet écran afin de profiter de la confusion générée par l'attaque, et quelques secondes plus tard, j'en ressortis afin de me lancer directement sur le dragon. Je n'avais qu'un seul but, le détruire en une seule attaque, et ainsi montrer à Zetsubô que nous n'allions pas nous laisser faire.