Auteur : Kristen Hudson
Titre original : Slave Child
Traductrice : Dyneen
Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.
Genre : Relation père/enfant SR/HP
Rating : T
Avancée de la traduction : 54 chapitres (sur les 68 en anglais)
L'Enfant esclave
Chapitre 54
Lundi matin, Harry et Severus commencèrent leurs leçons. Juste après le petit-déjeuner, ils partirent à la bibliothèque et Severus agrandit une des petites tables de sorte qu'il y ait suffisamment de place pour que Harry étale ses livres et ses feuilles de parchemin. Ils passèrent le reste de la matinée à travailler sur sa Métamorphose et ses Sortilèges.
Peu avant que midi sonne, Severus indiqua, « C'est suffisant pour aujourd'hui, je pense. Après le déjeuner, je veux que tu lises le chapitre sept de ton livre de Potions. Ensuite tu pourras passer le reste de l'après-midi comme tu le veux, mais tu as un devoir de trente centimètres récapitulant la cinquième loi de Golpalott à faire pour vendredi. Demain nous commencerons à brasser l'antipoison de l'aconit. »
« Et à travailler sur la Défense ? » demanda ardemment Harry.
Severus inclina la tête. « Et sur la Botanique également, si Pomona peut nous prêter quelques plants de belladone et de polygonum. »
Ils rangèrent leurs affaires et retournèrent à la salle à manger pour le déjeuner. Ils se séparèrent ensuite, Severus se dirigeant vers la bibliothèque pour commencer une autre session de cours particuliers avec Drago.
« Papa, » l'appela Harry.
Severus s'arrêta et se tourna vers le garçon.
« Vous aurez fini à seize heures, n'est-ce pas ? » voulut savoir Harry.
« Oui, nous prendrons le thé ensemble si tu veux, » lui dit son père.
« Est-ce que nous pourrons voler de nouveau ? »
Severus hésita avant d'incliner lentement la tête. « Oui, nous volerons encore, mais même si j'apprécie cela Harry, j'ai peur qu'après aujourd'hui nous ne devions limiter nos séances de vol aux vendredi après-midi. J'ai besoin de temps pour préparer vos leçons. Je n'ai jamais enseigné d'autres sujets que les Potions et je veux être certain de faire de bons cours. Je ne veux pas que ton éducation pâtisse de ton départ de Poudlard. Et si nous retournons à l'école après dîner pour une bonne partie de la soirée, il ne me reste plus que la période entre le thé et le dîner pour réviser les autres sujets et préparer vos leçons. »
Harry se rendit soudainement compte que son père se retrouvait avec beaucoup de travail supplémentaire en assumant la responsabilité de son éducation et il se sentit coupable et malheureux de causer des problèmes à l'homme.
« Je suis désolé, » dit-il doucement.
Mais Severus secoua immédiatement la tête et revint sur ses pas pour se rapprocher de son fils. Il posa sa main sur l'épaule de Harry et lui donna une douce compression.
« Tu n'as pas à l'être puisque tu n'as rien à te reprocher. En fait, je suis même heureux d'être ici avec toi. Tu m'as donné tellement de bonheur et je veux faire tout ce que je peux pour t'aider. Et bien sûr, je le ferai ; je suis ton père. »
« Merci, Papa. » Harry se demanda brièvement combien de fois il avait dit cela ces deux derniers jours, mais il était si reconnaissant à Severus de l'avoir laissé revenir à la maison, de le protéger et de le soutenir,… Bref, pour toutes les choses qu'il avait faites pour Harry ces derniers mois. Les mots ne pouvaient même pas exprimer vraiment ses sentiments, mais il espérait que son père l'ait compris.
Les yeux sombres de Severus brillèrent. « De rien. Maintenant, va lire ton chapitre. »
« Oui, monsieur ! » dit vivement Harry. Il le salua et esquiva en riant l'espiègle claque que son père s'apprêtait à lui donner derrière la tête, avant de monter en courant dans sa chambre.
Les lèvres de Severus remontèrent en ce fameux sourire qui lui était propre pendant qu'il observait son fils ; un sourire qui se fana quand il se retourna et marcha de nouveau vers la bibliothèque.
Drago l'attendait, debout près de la porte, avec un mélange de morosité et d'appréhension.
Severus lui fit signe de s'asseoir à la table. « Bon après-midi, Drago. » Sa voix était ferme, mais affable.
Drago lui jeta un regard incertain. « Bon après-midi, » marmonna-t-il.
Severus fit un léger mouvement de sa baguette magique et un portrait apparut soudainement sur la table, juste devant Drago. « Dis-moi tes impressions sur ce portrait. »
Le garçon blond le regarda sans comprendre. « Pardon ? »
Severus fit un geste distrait de la main. « Tes parents étaient tous deux de fins connaisseurs d'art. Je suis certain qu'ils t'ont enseigné certaines choses sur la valeur d'une œuvre. Je voudrais donc entendre ton avis sur cette peinture. »
Drago semblait toujours perplexe, mais il savait qu'il valait mieux ne pas continuer d'interroger Severus. Il tourna son attention sur le portrait.
« Hmm, il ne bouge pas ce qui veut dire qu'il a évidemment été peint avant que le Sortilège d'Animation ne soit inventé dans les années 900. Peut-être par Marcelli ? Antonio Marcelli était l'un des premiers grands artistes, bien que je ne reconnaisse pas cette œuvre. »
Drago se rapprocha un peu plus du portrait, alors qu'il devenait plus intéressé par la peinture. Sa voix changea, perdant de son hésitation et devenant plus assurée. Il avança alors sa main droite, un de ses doigts touchant presque, mais pas tout à fait, la peinture pendant qu'il décrivait des éléments particuliers.
« Elle est plutôt intrigante. La femme dans le portrait a un maintien réservé avec ses mains croisées ainsi, mais son regard semble fixer quelque chose. L'accoudoir de la chaise sert de diviseur. Il créé une impression d'espace entre le modèle et l'observateur. Son expression est ambiguë, mais aimable et sereine. Vous vous sentez attirés par elle, mais en même temps, vous hésitez. »
« Regarde la courbe de ses mains, c'est magnifique. Ces dégradés subtils d'ombres et de lumières ont été réalisés par un maître. Son visage est translucide, en contraste direct avec les éléments plus foncés que sont les cheveux et le voile. Et le paysage derrière elle… Il donne une incroyable perception de profondeur et de volume. C'est incontestablement une œuvre de maître, avec cette subtile modélisation des formes et cette impression d'harmonie. Je ne peux pas croire que je ne l'ai jamais vu avant. »
Drago se radossa dans son siège et leva les yeux sur Severus. « C'est un portrait fascinant, monsieur, évidemment créé par un génie. Si ce n'est pas Marcelli, alors je dirai Michel Landry. »
Severus secoua la tête. « Ce portrait s'appelle Mona Lisa. Bon, ce n'est pas l'original bien sûr mais c'est une copie plutôt bonne. L'original a été peint par Leonard de Vinci, qui était, en fait, un génie. Il était l'un des plus grands artistes et scientifiques que le monde n'ait jamais connu. Il était également Moldu. »
Drago le regarda puis secoua à son tour la tête. « C'est impossible ! Aucun Moldu n'a pu créer cela ! »
« Je t'assure que c'en était un, » dit Severus calmement. Il fit un léger mouvement de sa baguette magique. La peinture disparut, retournant à sa place dans la galerie à l'étage, alors qu'un épais livre descendait d'une étagère et se posait délicatement sur la table devant eux.
« Mais les Moldus sont stupides et… rustres et, et…, » insista Drago.
« Mais ils ont créé Mona Lisa, et ceci, et ceci. » Severus tourna plusieurs pages du livre, montrant les grandes œuvres d'art de Michel-Ange, Raphaël, et d'autres grands artistes de la Renaissance. Il poussa le livre jusqu'à Drago. « Regarde-le durant quelques instants. »
Drago fronça les sourcils, mais fit comme il lui avait été demandé. Severus l'observa tandis que son froncement de sourcils se changeait progressivement en un regard confus. Mais quand le garçon releva finalement la tête, son expression reflétait son entêtement.
« Ce livre est fictif. Les Moldus ne peuvent certainement pas faire de telles œuvres. Elles doivent avoir été faites par des sorciers se cachant pour de quelconques raisons. »
Severus haussa les épaules. « Tu n'es pas le premier sorcier Sang-Pur à élaborer cette théorie, mais la recherche poussée qui a été faite a prouvé qu'il n'y avait pas une goutte de magie dans le sang de ces remarquables artistes. »
Drago ne semblait pas vraiment convaincu. « Je pensais que nous allions étudier, monsieur, pas regarder des livres d'art. »
« Considère-cela comme une version de l'Etude des Moldus, » lui dit Severus. « Nous allons passer quelques instants chaque jour à discuter des accomplissements notables du Monde Moldu, en commençant par les grandes œuvres d'art. »
Drago le regarda, se demandant visiblement si Azkaban n'aurait pas été un meilleur destin après tout.
« Mais pourquoi ? » demanda-t-il avec horreur.
Severus le dévisagea avec attention pendant un long moment. « Redemande-le moi dans six mois. »
Il se leva et rendit délibérément son expression et sa voix légèrement plus intimidante. « Pour vendredi, je veux que tu lises les trois premiers chapitres de ce livre. Tu choisiras deux des artistes et tu écriras un essai de soixante centimètres comparant les similitudes et les différences dans leur style et leurs œuvres. Comme je réalise que tu n'as pas beaucoup de temps libre pour l'écrire, je t'accorde une demi-heure sur ton temps de classe pour le commencer. Mets-toi au travail maintenant. »
Il observa le garçon travailler, remarquant le tressaillement de Drago alors qu'il prenait sa plume pour commencer à écrire.
« Tends tes mains, » ordonna brusquement Severus.
Drago lui jeta coup d'œil hésitant, avant d'obéir.
Severus lança rapidement un charme de Soin et les ampoules sur les doigts du garçon disparurent. Les yeux de Drago s'élargirent, comme s'il était étonné de l'attention dont faisait preuve Severus à son égard.
Il baissa ensuite la tête et marmonna, « Merci, monsieur. »
Severus inclina la tête. « De rien. Si de nouvelles ampoules apparaissent, viens me voir ou montre les à Norie ou à Zan. L'un de nous les guérira pour toi. »
« Merci, » répéta doucement Drago.
Il baissa de nouveau la tête, retournant à son essai et Severus s'assit sur un fauteuil voisin, passant en revue ses notes sur les sortilèges jusqu'à ce que la demi-heure se soit écoulée.
Après dîner, Harry et Severus partirent à Poudlard en utilisant le réseau de Cheminette jusqu'au bureau de Dumbledore. Ils firent un pas hors de la cheminée, d'abord Severus puis Harry, dans une pièce confortable et chaleureuse. Fumseck était juché sur sa perche en bronze dans le bureau du directeur et Dumbledore lui-même, vêtu aujourd'hui d'une longue robe vert-clair, se tenait près de lui. Deux autres personnes étaient là également et elles se jetèrent immédiatement sur Harry dès qu'il fit un pas dans la pièce.
Le visage de Harry s'éclaira en un énorme sourire quand il les reconnut. « Mione ! Ron ! »
Severus secoua la tête de perplexité alors qu'il observait les trois adolescents se jeter dans les bras des uns et des autres comme s'ils ne s'étaient pas vus pendant des années, mais quand ils se séparèrent, l'homme leur sourit, se rendant compte qu'il ne tolérait plus les autres enfants simplement dans l'intérêt de Harry mais que, avec tout ce qu'il s'était passé, il en était venu à les apprécier réellement pour eux-mêmes.
« Miss Granger, Mr. Weasley, je suis ravi de vous revoir. »
« Merci, monsieur, » dirent-ils en chœur, en lui souriant à leur tour.
« Harry, je suis très heureux de te voir également, » dit Dumbledore. « Maintenant, si les jeunes voulaient bien aller dans mon salon, j'y ai commandé un plateau de scones et des tasses de chocolat chaud. Vous pourrez parler librement et Severus et moi pourrons commencer à travailler. »
Harry, Ron, et Hermione se dirigèrent donc vers la petite pièce voisine et s'installèrent dans le canapé et les fauteuils. Presque immédiatement, un plateau argenté apparu sur la table, avec dessus trois tasses de chocolat et des scones au miel et à la confiture.
« Alors, comment vas-tu Harry ? » demanda impatiemment Hermione. « Nous nous sommes inquiétés pour toi. »
Harry inclina la tête. « Ca va, les gars. Vous n'avez pas besoin de vous inquiéter. Je suis à la maison. J'irai très bien tant que je n'aurai pas à voir trop de gens. »
Ron se renfrogna, son visage habituellement rieur visiblement fâché. « Et Malefoy ? Il est resté loin de toi, n'est-ce pas ? Il le devrait s'il sait ce qui est bon pour lui. »
Harry hésita et Ron le remarqua immédiatement. « Quoi ? Il t'a fait quelque chose ? Harry, si tu ne renvoies pas ce visqueux petit connard tout de suite… »
« Ron, arrête. Ecoute-moi juste. » Harry leur raconta donc que Drago était apparu dans sa chambre dimanche matin, mais que Severus et lui pensaient que c'était un malentendu.
« Je n'en suis pas si sûr, » murmura sombrement Ron.
« Il est resté loin de moi depuis lors et s'il ne continue pas, alors il sera renvoyé, et c'est tout. » répondit Harry. Il but une gorgée de chocolat et observa ses amis. Il connaissait déjà leur réponse à sa question et n'était pas sûr de vraiment vouloir en parler, mais pour quelque raison il se sentit tout de même obligé de demander.
« Alors, je devine que tout le monde parle de… vous savez, des nouvelles ? »
« Et bien, oui, en quelque sorte, » admit Hermione.
Harry inclina la tête d'un air triste. « Ouais, je savais qu'ils le feraient. »
« Il y a eu la nouvelle te concernant, puis le Professeur Rogue et toi… puis Malefoy… avez tous disparu sans un mot. Alors oui, les gens sont plutôt curieux, » dit Ron.
« Je l'aurai parié, » répondit Harry de manière désabusée. Il suspectait ses amis d'essayer de minimiser des choses dans son intérêt. Mais son asservissement, puis leurs trois disparitions, comme le disait Ron, étaient sans doute les nouvelles qui avaient le plus fait parler l'école pendant quelque temps. Faisant probablement même plus de bruit que la mort de Voldemort l'avait fait. Certains des étudiants à l'école avaient été affectés par la guerre, mais pour d'autres, elle n'avait été qu'un lointain souci.
Mais tout le monde connaissait Severus Rogue, Drago Malefoy et Harry Potter.
Hermione reposa sa tasse et se pencha vers lui, posant sa main sur la sienne. « Mais Harry, la plupart des gens te soutiennent vraiment. Je veux dire, chacun est stupéfait et veut savoir ce qu'il s'est passé, mais ils sont pour la plupart compréhensif. Je n'en ai pas entendu beaucoup te rabaisser. »
Ron acquiesça. « Ouais, juste quelques Serpentards, mais pas tous. D'ailleurs Alec Morland et ses compagnons sont venus me voir aujourd'hui et m'ont donné une lettre à te remettre. »
Ron mit la main dans la poche de sa robe et en retira une enveloppe plutôt chiffonnée, qu'il remit à Harry.
« Et il y a une lettre de la part de tous les Gryffondors et de certains participants de l'AD également. » Hermione sortit une enveloppe beaucoup mieux conservée de sa propre poche.
Harry ouvrit celle de ses compagnons de Maison et de l'AD d'abord.
Cher Harry,
Nous voulons juste te dire que tu nous manques beaucoup et que nous espérons que tu reviennes rapidement à Poudlard. Nous sommes comme une grande famille et ce n'est pas pareil sans toi. Ce charme ne change rien pour nous et tu peux compter sur nous pour te soutenir. Penses-y d'accord ?
Tes amis,
Et il y avait environ cinquante signatures en-dessous, appartenant à tous les Gryffondors et aux Poufsouffles et Serdaigles qui avaient été membres de l'Armée de Dumbledore.
Harry fixa juste le parchemin pendant de longues secondes, avant de le plier silencieusement, de glisser de nouveau la lettre dans son enveloppe, et de la mettre dans la poche de son jean. Il se dit qu'en rentrant à la maison, il la mettrait à l'intérieur de son album photos et la garderait pour toujours. Il avait passé trop d'années isolé et sans amis pour ne pas conserver précieusement une telle marque d'amitié.
« Harry, est-ce que tu penses revenir ? » demanda Hermione d'une voix douce.
Il était difficile à Harry de parler, mais il se racla finalement la gorge et répondit.
« Pas maintenant, Hermione. Je ne peux pas. Mais peut-être un jour. »
Hermione sembla vouloir insister, mais elle ne prit finalement qu'une profonde inspiration avant d'incliner la tête.
Harry reporta son attention sur l'autre lettre, celle d'Alec Morland.
Salut Harry,
Ton ami Ron Weasley a dit qu'il te donnerait cette lettre, donc j'espère que tu l'auras. Je suppose que les nouvelles, sur le fait que tu sois un esclave et tout, sont vraies puisque le Professeur Rogue et toi êtes partis. J'aurai aimé que tu restes avec nous cependant. Ca ne fait aucune différence pour moi, ou pour beaucoup de personnes.
Je voulais juste te dire que j'ai réellement apprécié tout ce que tu as fait pour m'aider, et que je me rappelle de ce que j'ai dit quand tu as empêché Crabbe et Goyle de continuer à me battre… Tu sais, sur le fait que j'allais moi-aussi essayer d'aider des personnes, si je le pouvais. Alors si tu reviens, je serai à tes côtés, moi-aussi.
Merci encore,
Alec
P.S. Dis s'il te plaît au Professeur Rogue qu'il nous manque également. Sinistra a pris sa place comme Directrice des Serpentards maintenant et elle est assez gentille, mais elle n'est pas aussi bien que le Professeur Rogue.
Harry sourit alors qu'il rangeait avec soin la lettre d'Alec. Il décida qu'il la garderait aussi.
« Alors si vous me disiez ce que vous avez eu comme cours aujourd'hui, » demanda-t-il. « Papa m'a montré certains des sorts pour apprendre à devenir un Animagus. Il n'en est pas un, mais il a dit qu'il pourrait m'enseigner les premières étapes, que ce serait suffisant pour voir si j'ai la possibilité d'en être un. Si j'ai cette capacité, il a dit qu'il demanderait à McGonagall de travailler avec moi en privé. Je ne pense pas que je peux le devenir cependant. Aucun des sortilèges que nous avons pratiqués aujourd'hui n'a produit de changement. »
« Est-ce que ce ne serait pas super pourtant ? » demanda Ron tout en choisissant un troisième scone. « Si nous pouvions devenir des Animagi, comme ton papa et ses amis ? » Il fronça les sourcils, « je veux dire, ton vrai papa… pas que le Professeur Rogue ne soit pas ton vrai papa hein, mais je veux dire… »
« Je sais ce que tu veux dire. Mon autre papa, » l'aida Harry. Il haussa les épaules. « Ce serait utile pour un Auror, mais je n'pense pas vraiment que je puisse en devenir un. Peut-être que vous le pourrez. »
« Eh bien, nous ne voyons pas les Sorts pour devenir Animagus avant le mois prochain, » dit Hermione. « Nous avons commencé à changer la couleur de nos cheveux aujourd'hui. » Elle sourit. « Tu aurais dû voir Lavande et Parvati. Je pense que c'était le meilleur cours qu'elles n'aient jamais eu. »
Soudainement Ron se redressa sur sa chaise. « Oh, nous avons failli oublier la chose la plus importante ! Harry, mes parents, ceux d'Hermione et la mamie de Neville ont tous envoyé des lettres nous autorisant à aller à Prince Hall les week-ends. Luna n'a pas eu de nouvelles de son papa encore. Elle a dit qu'il était probablement occupé à écrire un article sur la conspiration des Joncheruines. Je sais pas trop ce que ça peut-être, mais elle a dit que si elle n'avait pas de ses nouvelles rapidement, elle lui passerait un coup de Cheminette. »
« Alors vous serez capables de venir samedi ? Super ! » S'exclama Harry.
Ils continuèrent de parler de leurs cours puis réfléchirent à quelques plans pour le week-end jusqu'à ce que Severus les appelle pour leur dire qu'il était temps de partir : Ron et Hermione devaient être dans la Tour des Gryffondors avant le couvre-feu rappela Dumbledore.
Le reste de la semaine se passa pratiquement de la même façon. Chacune des journées était bien remplie et studieuse. Harry avait ses leçons avec Severus le matin, puis étudiait ses cours et travaillait sur ses devoirs après le déjeuner tandis que Severus tuteurait Drago. Il finissait habituellement au milieu de l'après-midi, puis lisait ou volait seul puisque son père travaillait avec Drago ou préparait leurs leçons. Ils prenaient ensuite le thé ensemble, et le dîner, puis partaient à Poudlard pendant deux heures durant lesquelles Severus et Dumbledore continuaient leurs recherches à travers l'énorme pile d'ouvrages que les historiens et les archivistes du monde entier avaient envoyé au directeur.
Harry était heureux de voir ses amis pendant ces soirées. Ron et Hermione étaient venus à chaque fois et Ginny, Neville, et Luna avaient également été présents quelques fois. Ils discutaient et mangeaient des collations dans le petit salon de Dumbledore, puis Harry et Severus retournaient à Prince Hall et se retiraient dans leur chambre rapidement. Harry avait entrevu plusieurs fois Drago tout au long de la semaine pendant que l'autre garçon travaillait dans le manoir ou se dirigeait à la bibliothèque pour ses sessions de cours particuliers, mais ni lui ni Drago ne s'étaient parlés ou même regardés et Harry était bien déterminé à continuer de l'ignorer, sans s'occuper de ce qu'il faisait.
Les amis de Harry, y compris Luna dont le père était finalement entré en contact avec Dumbledore pour lui donner sa permission, arrivèrent l'un après l'autre par Cheminette dans le salon de Prince Hall peu après le petit déjeuner du samedi matin.
Severus, debout près de Harry, les salua tous poliment. « Bonjour. Merci à tous d'être venus. Harry, amuse-toi bien avec tes amis et si tu as besoin de quelque chose, je serai dans mon laboratoire. »
Il leur fit un dernier signe de tête puis partit.
Harry sourit à ses amis. « Oui, merci d'être venus. Je suis vraiment heureux de vous ayez eu l'autorisation de vos parents. »
« Tu sais bien que nous sommes contents d'être là nous aussi, » répliqua Hermione tandis que Ron indiquait, « J'suis content moi-aussi, mon pote, » et que Neville et les deux autres filles acquiesçaient également.
Ils restèrent tous debout pendant quelques instants.
« Alors que voulez-vous faire ? » demanda Harry.
Ginny, Neville, et Luna n'étaient naturellement jamais venus à Prince Hall avant et Hermione proposa que Harry leur montre d'abord les environs avant qu'ils ne fassent tout autre chose. Harry leur fit donc visiter Prince Hall, l'intérieur et l'extérieur, alors que les trois nouveaux venus regardaient autour d'eux avec admiration.
Tandis qu'ils marchaient à travers les jardins, ils aperçurent Drago en train de travailler non loin d'eux. Il avait finalement fini de déposer le nouveau paillis et était maintenant occupé à élaguer un massif d'arbustes.
Neville secoua la tête. « J'ai du mal à le croire… Malefoy effectuant réellement un quelconque travail. Harry, tu devrais prendre une photo. Je parie que tu pourrais la vendre très chère. »
« Oublie l'argent. Tu pourras l'encadrer et l'accrocher à une place d'honneur dans ta chambre, » gloussa Ginny. « Quand tu te sentiras déprimé par quelque chose, tu n'auras juste qu'à regarder la photo et elle te remontera le moral. »
« Et si nous allions l'embêter un peu, » suggéra Ron, avec une lueur hargneuse dans le regard.
Harry fronça les sourcils. Il savait qu'en temps normal, Ron n'intimiderait jamais quelqu'un ou ne frapperait jamais un homme déjà à terre, mais en ce moment son ami était particulièrement furieux contre Drago, la plupart du temps pour ce qu'il avait fait à Harry. Pour le reste, il y avait toujours eu une inimité entre eux deux, presque autant qu'entre Harry et Drago et le garçon blond s'était très souvent moqué de la pauvreté des Weasley. Harry ne pouvait pas vraiment blâmer Ron de vouloir se venger de Drago maintenant qu'il en avait la chance.
Mais il ne pouvait pas s'empêcher de se rappeler ce qu'il avait vécu avec les Dursley et il était hors de question qu'il prenne la place de Dudley, ou qu'il permette à l'un de ses amis de le faire.
Harry secoua donc la tête et dit fermement, « Non, on le laisse seul. Il ne nous embête pas. Allez, je parie que nous pouvons trouver assez de balais pour que chacun puisse voler puis nous pourrions emballer un déjeuner de pique-nique et manger dehors sur le lande, qu'en pensez-vous ? »
Neville fut rapidement d'accord avec lui. « Ça va être super. Allons-y. »
Ils quittèrent ainsi les jardins et se dirigèrent de nouveau vers le manoir pour prendre leur balai. Harry ne jeta pas un regard en arrière, mais s'il l'avait fait, il aurait vu que Drago avait fait une pause dans son travail et le fixait depuis plusieurs secondes, d'un regard troublé et perplexe.
A SUIVRE
Petit mot de la traductrice :
A la semaine prochaine !
