Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï et le professeur Carter
Béta : BettyMars
Merci à Zarakinel et à Nounou pour leur Reviews et leur fidélité. :)
On continue dans les révélations et rebondissements ? Ok, mais avant tout, on va se recentrer un peu sur un petit Russe qui n'a pas été des plus présents ces derniers chapitre. Cette fois il est là et bien là et … ben c'est un petit garçon comme tous les autres … c'est-à-dire un peu curieux … vous allez voir ça et j'espère que ça va vous plaire. Pour le titre, sachez juste qu'il s'agit d'une espèce d'animal … à vous de me dire laquelle en ayant lu le chapitre^^
Sinon, triste nouvelle, cette histoire a trouvé sa fin. Oui, cela fait un peu plus d'une semaine que j'ai terminé de l'écrire. J'aurais pu vous le dire la semaine dernière, mais c'était trop frais et c'est pas évident (émotionnellement parlant) de finir une histoire qu'on a mis un an à développer… Mais je vous réserve quelques surprises pour après, j'espère qu'elles vous plairont aussi.
Sur-ce, bonne journée, bonne lecture et à mercredi prochain.
Chapitre 53 : Muridea.
Mercredi 12 Novembre 1986.
Lucius regarda le paysage qui s'offrait à lui. De beauté il n'y en avait aucune. De poésie non plus. Tout n'était que cendres, cris et sang. Derrière son masque d'argent, le blond était impassible. Douze jours après le fiasco de Halloween, c'était la première frappe du groupe de rébellion. Un village Moldu sans prétention. Lucius l'avait principalement choisi car il n'y avait quasiment que des personnes d'un certain âge. Peu de femmes et peu d'enfants. Pas d'enfant en fait. C'était une chose à laquelle Severus avait tenu. Et il devait bien avouer que lui aussi était bien soulagé de cet état de fait. Il avait perdu sa fille moins de deux mois plus tôt et son fils lui manquait considérablement. Si six ans plus tôt, torturer ou tuer un enfant ne lui avait fait ni chaud ni froid, maintenant il ne le pouvait plus. Pas alors qu'il avait vu les dégâts occasionnés par la violence sur le fils de son meilleur ami. Même si les tortures d'un Mangemort étaient différentes de la maltraitance.
L'Ordre n'était pas là. Il n'avait pas été prévu de le prévenir avant que les journaux ne s'emparent de l'évènement. Cette attaque avait été mûrement préparée. Mais maintenant il était temps de rentrer. Il fallait jouer la prudence pour ne pas tout faire capoter. Il leva sa baguette et murmura un Morsmordre. Il regarda la Marque des Ténèbres s'agiter au dessus du village. Le signal du départ. Puis il transplana sans s'occuper de savoir si les autres suivaient. Il avait fait ce qu'il avait à faire. Si les autres, anciens et nouvelles recrues, étaient incapables de se débrouiller ou de rentrer dans le temps imparti, ce n'était pas son problème.
o0o
Jeudi 13 Novembre 1986.
Après avoir lu les gros titres de la Gazette du Sorcier, Severus savait qu'il allait être convoqué par leur directeur. Aussi ne fut-il pas étonné de voir Fumseck apparaître au milieu de son salon. Il soupira en pensant à Ioann qui était dans sa chambre en train de ranger ses affaires avec l'aide de Draco. Il ne pouvait pas les laisser à Poppy qui était à Ste Mangouste une bonne partie de la journée pour aider une de ses anciennes connaissances. Il ne pouvait pas renvoyer le blond chez lui ni appeler Narcissa. Ce qui n'aurait pas était une bonne idée car Dumbledore aurait sûrement senti sa présence, si ce n'était pas déjà fait. Milo était à son travail. Il n'avait pas beaucoup de solution ni de temps. Il contacta Andromeda pour savoir s'il pouvait lui déposer le jeune Malfoy. Heureusement que Narcissa l'avait déjà mise au courant pour le lien qu'il entretenait avec sa famille car il ne savait pas s'il aurait pu se contenir face aux questions. Les enfants râlèrent et boudèrent mais quelques minutes plus tard, Severus s'arrêtait dans le bureau de Minerva pour lui demander de lui garder Ioann le temps de sa conversation avec Albus. Celle-ci fut ravie d'être ainsi sollicitée et malgré la timidité flagrante du garçon, elle espérait bien rompre la glace.
Dans le bureau directorial, le Maitre des Potions refusa la tasse de thé et le bonbon que son supérieur lui proposa. Avec quelques impatiences, il lui demanda d'en venir au fait. Le regard du vieux monsieur devint alors plus sérieux.
- Severus, mon garçon, vous n'êtes sûrement pas sans savoir ce qu'il s'est passé hier soir.
- Si vous parlez de l'attaque, alors effectivement j'ai vu l'article ce matin.
- D'après ce que j'en ai appris, je peux déduire que ce n'était pas Yaxley qui était aux commandes. L'attaque était bien préparée. C'est plus l'œuvre d'un chef de guerre. Comme les Lestrange et Malfoy.
- Je n'ai rien appris de plus que ce que la Gazette informait. Je ne peux donc pas vous aider. Sauf pour vous assurer que les Lestrange n'y sont pour rien. Aux dernières nouvelles ils croupissaient toujours à Azkaban.
- Vous connaissais bien Lucius n'est-ce pas? Vous pourriez peut-être me confirmer qu'il s'agit bien de lui.
- Vous en êtes persuadé alors pourquoi me le demander?
- Juste pour être sûr.
Mais Severus ne répondit pas. Devoir mentir à Albus était une chose qu'il n'aurait jamais crue aussi difficile. Mais le résultat était bien là. Et il devait continuer sur cette voie. Parce que le directeur avait eu raison, ils avaient une chance de récupérer Lucius de leur côté. Mais que cela ne se ferait pas sans subtilité. Chose dont le plus ancien manquait depuis un certain temps. Avec un soupir, celui-ci reprit la parole.
- C'est vraiment dommage que nous n'ayons plus d'espion parmi eux. Nous aurions pu prévoir et contrer ces nouvelles attaques.
- Albus. Ne m'obligez pas à me répéter une fois de plus. Cette fois je risque de réellement de ne pas pouvoir me contrôler et je risque d'être désobligeant.
- Ne vous inquiétez pas, j'ai bien compris. Mais vu les circonstances actuelles, je me disais que vous en sauriez un peu plus.
- Si vous voulez une prédiction, je pense que Sybille peut vous prédire la mort de n'importe qui. Dans d'affreuses souffrances bien sûr. Quant à la véracité, ça je ne peux rien vous garantir.
- Ne la sous-estimez pas. Elle sait des choses.
- Oui, quand elle le veut. Mais je pense qu'elle cache bien son troisième œil. Tellement bien qu'elle ne doit même plus s'en souvenir elle-même.
- Peut-être, peut-être. Mais y aurait-il quelque chose dont vous voudriez me parler?
Son regard était perçant et Severus fut convaincu qu'il parlait d'un certain garçon blond qui se trouvait avec lui peu de temps plus tôt. Pourtant son visage resta fermé et rien dans son comportement ne le trahit.
- Non professeur.
- Bien, soupira Albus, alors je vous laisse repartir auprès de votre fils avant que Minerva ne vous le kidnappe. Je vous tiendrez au courant des suites de l'attaque d'hier. Passez une bonne journée, Severus.
Le Maitre des Potions se leva et sortit du bureau de son pas hâtif. Il n'avait pas évoqué Minerva en tant que gardienne de Ioann. Albus savait réellement beaucoup de choses. La présence de Draco dans les murs n'était probablement plus un mystère pour lui. Mais son rôle auprès de Lucius l'était sûrement encore sinon il ne l'aurait pas interrogé. Et c'était sûr ça que son ami et lui devraient porter leur attention et leur vigilance. Aussi douloureux qu'il fut, le Doloris n'avait peut-être pas totalement berné tout le monde ...
o0o
Lundi 17 Novembre 1986.
- Vite Ioann! Dépêche-toi!
- Attends ! Attends-moi ! D'aco faut cacher!
- Faut qu'on trouve une salle avec plein de cachettes comme ça il nous trouvera pas.
En ce début d'après midi, alors que pour une fois ils n'avaient pas à étudier, deux petits garçons courraient quelque part dans les étages du château. Beaucoup d'élèves étant en cours, et sûrement grâce à leur petite taille, personne ne les avait vus. Sauf peut-être l'étrange personne qui riait et criait jusqu'à leur faire peur. Draco et Ioann arrivèrent dans un couloir assez long dépourvu d'objets pouvant les dissimuler. Ils le traversèrent en courant en espérant trouver une cachette bientôt. Mais arrivés au bout, une ombre les arrêta. Pas bien grande mais quand ils virent les yeux jaunes briller, sans demander leur reste, ils firent demi-tour et repartirent en courant dans l'autre sens. Mais les chants et cris de plus en plus rapprochés de leur poursuivant les stoppèrent dans leur élan. Finalement, Draco attrapa la main de Ioann et l'entraina avec lui après avoir à nouveau fait demi-tour. Le petit Russe était à deux doigts d'éclater en sanglots mais aucun son ne sortait de sa bouche.
D'un coup ils sursautèrent en voyant une porte apparaître sur leur gauche. Ioann resserra sa petite main dans celle un peu plus grande de Draco. Il n'était déjà pas très rassuré à la base alors si en plus les murs jouaient des tours et que des portes poussaient n'importe où, ça n'allait plus. Son ainé jeta un œil d'un côté, un œil de d'autre avant de se décider à ouvrir la porte. Leurs assaillants se rapprochaient rapidement. Il appuya sur la clenche et poussa le montant en bois. Il passa la tête dans l'entrebâillement alors que derrière lui, le petit Russe le poussait un peu en lui demandant de se dépêcher. Le blond finit par entrer, tirer son petit frère dans la pièce, poussa fort la porte pour la refermer et s'appuya dessus en soupirant.
Les deux garçons se permirent un petit sourire avant de regarder autour d'eux. Un amoncellement de bazar divers leur faisait face. Il y avait comme des murs fait d'objets entassés, avec les allées et des carrefours. De leur petite taille ils n'entrevoyaient pas le haut des cloisons. Ils restèrent bouche bée devant les milliers de livres, la quantité astronomique de fioles, brisées ou encore intactes. Il y avait également des chapeaux et autres vêtements. Les épées firent frissonner Ioann et il se colla contre son camarade. Celui-ci grimaça et lui attrapa la main pour l'entrainer plus loin alors que devant lui, le squelette à moitié en poussière d'un animal gisait. Ils avancèrent doucement en regardant partout, leurs yeux curieux complètement émerveillés. La lumière entrant à flot dans la salle faisait étinceler des bijoux. Puis ils arrivèrent dans une ombre. Ils relevèrent la tête pour voir ce qui cachait le soleil quand ils découvrirent un monstre horrible.
Ils crièrent et se mirent à courir dans l'autre sens. Ioann trébucha sur des bouts de coquilles et s'étala au sol. Par réflexe il se mit en boule attendant la sentence qui arriverait bientôt. Puis, ne ressentant aucun agresseur s'approcher, il rouvrit les yeux et se redressa. De là où il était, il voyait ce qui les avait effrayés. Oh c'était une énorme ... Bête? Ou peut-être un homme car il avait une massue dans sa main. Mais sa taille était très grande. Bien plus grande qu'Oncle Milo qui pourtant était un peu plus grand que son papa. Ses yeux s'attardèrent sur la silhouette étrange et vit que malgré le rictus à faire peur, l'agresseur ne bougeait pas. Il était comme figé. Il aurait volontiers vérifié s'il ne dormait pas, mais la peur qui était tout de même tapie en lui, l'empêcha d'avancer. Un bruit de métal tombant sur le sol le fit sursauter.
- D'aco?
Il réagit d'un coup que depuis sa chute, il n'avait plus vu son grand frère. Il jeta un dernier regard au monstre, histoire de se rassurer quant à son état statique. Puis il repartit dans le sens où ils avaient couru pour fuir.
- D'aco?
Il accéléra le pas alors que des larmes commençaient à poindre dans ses yeux. Il regardait de tous les côtés et sursauta à nouveau quand il tomba sur la toile d'un homme sévère aux dents disproportionnées et pointues qui dépassaient de ses lèvres fines.
- D'acooo!
Il s'était mis à sangloter alors qu'il courait droit devant. Sa vue était troublée par les larmes qui, maintenant, glissaient sur ses joues. Aussi ne vit-il qu'une ombre se jeter sur lui et cria en s'accroupissant au sol, les mains sur la tête.
- Ioann! C'est moi.
Tout de suite, Draco s'assit par terre à côté de lui et le serra dans ses bras.
- Peur! T'étais plus là, j'étais tout seul! M'abandonne pas!
- Promis. Je croyais t'étais derrière moi.
Ioann s'agrippa fortement au blond et pleura contre lui. Puis quand il se calma doucement, Draco l'aida à se relever et le dirigea en lui tenant la main fortement. Il lui indiqua qu'il avait vu quelque chose de très drôle et qu'il voulait le lui montrer. Ils s'arrêtèrent devant une grande malle entrouverte. De celle-ci sortait des boas de plumes de toutes les couleurs. Le petit Russe tendit la main doucement pour toucher et la retira rapidement quand il l'eut fait. Mais c'était doux. Très doux. Aussi il avança à nouveau la main et la fourragea dedans. Puis en rigolant il y enfouit son nez. Oh ça ne sentait pas bon, c'était plein de poussière qui le fit éternuer fortement, mais c'était doux. En rigolant et après avoir essuyé son nez coulant sur sa manche, il replongea dans l'écharpe de plumes. Il se recula en toussant fortement alors qu'un nuage de particules s'éparpillait autour d'eux. Délaissant une sorte de couronne ternie, Draco avait attrapé une perruque qui était posée à côté. Elle était étrange et il essaya de le mettre. Mais il ne s'attira qu'un soulevé de saletés qui le fit lui aussi éternuer. Les deux garçons se regardèrent, leur visage maculé de morve et de poussière. Puis ils éclatèrent de rire.
Mais cela ne dura pas longtemps. Une voix sinistre raisonna et pris de panique, ils se cachèrent derrière un grand placard aux portes cloquées par le temps.
- Je sais qu'il y a quelqu'un par ici! Je vous entends! Sales petits vauriens! Je vous retrouverais! Ma Miss Teigne ne se trompe jamais. Et vous serez punis!
- CONCIERGE DANS LES COULOIRS ! CONCIERGE DANS LES COULOIRS ! VITE, IL FAUT L'ATTAQUER !
- Peeves ! Cette fois je t'aurais !
Un rire retentit puis le silence retomba. Ils attendirent tout de même suffisamment longtemps dans leur cachette sans faire de bruit et en faisant attention de ne pas respirer trop fort.
- D'aco, j'ai peur. Veux retourner avec Tatie Cissa, chuchota Ioann.
- Moi aussi je veux maman. Viens on va rentrer.
Ils sortirent de derrière le placard. Main dans la main ils s'avancèrent prudemment dans la Grande Salle immense, prenant bien soin de vérifier que personne ne se cachait au détour des couloirs de babioles en tout genre. Finalement ils atteignirent la porte serrés l'un contre l'autre. Draco passa la tête dehors, pour vérifier leur sécurité. Il s'élança en courant dans le couloir, trainant Ioann par la main. La porte se referma dans un grand claquement les faisant sursauter une nouvelle fois. D'un demi-tour, ils lui firent face, s'attendant à voir un monstre horrible comme celui qu'ils avaient vu un peu plus tôt. Mais tout ce qu'ils remarquèrent, fut que la porte avait disparu. Un mouvement attira leur attention. Sur le mur en face, dans une tapisserie, le même monstre tentait de danser avec beaucoup de mal et surtout aucune grâce.
Ne voulant pas attendre qu'il s'aperçoive de leur présence, ils se remirent à courir jusqu'à atteindre les escaliers. Là ils firent attention en descendant les marches. Mais arrivés au troisième étage, l'escalier grinça, vibra et finalement tourna. Quand il stoppa sa bascule, les deux garçons se regardèrent apeurés, et dévalèrent les cinq marches restantes comme s'ils avaient le diable à leur trousse. Ioann loupa la dernière marche et tomba sur ses genoux avant de se relever prestement. Il rattrapa la main de Draco et ils reprirent leur avancée mais de façon moins rapide. Ils avaient mine de rien fait beaucoup de marche depuis qu'il avait faussé compagnie à Narcissa.
En fait ils ne savaient pas depuis combien de temps ils étaient partis de chez Severus. Après le repas, Draco avait dit qu'ils étaient fatigués et qu'ils voulaient dormir. Et quelques minutes plus tard, ils avaient profité d'un passage aux toilettes de la maman pour partir à la découverte de Poudlard. Mais maintenant, ils trouvaient qu'ils avaient eu bien trop d'émotions et qu'ils voulaient rentrer. Sauf qu'ils ne savaient plus comment. Après tout, ils ne connaissaient pas le château. Un éclat de voix dans un couloir proche leur fit peur, ils se cachèrent alors derrière une armure en espérant ne pas se faire voir. Quand un couple passa devant eux, Ioann écarquilla les yeux. Il venait de reconnaître le garçon. C'était celui avec les cheveux orange qui l'avait trouvé une fois ! Les larmes revinrent. Mais cette fois c'était de soulagement. Puis brusquement il fut content de remarquer que ses médicaments pour qu'il ne perde plus la mémoire fonctionnaient. Il allait s'avancer pour l'appeler et lui demander de l'aide quand Draco sortit précipitamment de leur cachette.
- Dora ! Dora ! T'es là !
- Draco ? Mais qu'est-ce que tu ... Mince, Charlie, regarde, il y a le fils de Snape aussi !
Charlie hocha la tête en le voyant. Et sans se soucier de Tonks qui venait de réceptionner un blondinet en manque de réconfort, il s'approcha de l'autre garçon. Il s'accroupit au sol et lui fit un sourire. Il ne voulait pas l'approcher de trop pour ne pas l'effrayer. Il lui avait toujours plus ou moins semblé qu'il ressemblait à un animal sauvage et blessé. Aussi agissait-il en conséquence. Il ne s'attendait pourtant pas à voir l'enfant s'approcher de lui et lui attraper la main, le regardant avec ses grands yeux brillants d'espoir.
- Bonjour Ioann, tu es encore perdu.
- Voui. Fatigué. Veux rentrer.
- Draco, pourquoi vous êtes dans les couloirs ? Demanda Tonks.
- On voulait 'xplorer car personne y veut nous montrer! Mais maintenant c'est long et on sait plus où c'est chez Parrain Severus.
- C'est pas encore tout près. Vous avez drôlement marcher !
- Et couru aussi, car ça faisait peur.
- Oui, comme le minou tout moche, chuchota Ioann en resserrant sa main dans celle de Charlie.
- Le minou tout moche ? Oh ! Vous avez vu Miss Teigne ? Demanda le Rouquin.
- Sais pas son nom. Et puis y avait le monstre aussi
- Et aussi il y avait le monsieur qui crie et qui rit et qui lance des choses et ...
- Donc, vous êtes tombés sur Miss Teigne, sûrement sur Rusard, sur Peeves et ... sur un monstre. Effectivement, ça fait beaucoup pour des petits garçons. Bien, on va vous raccompagner chez le Professeur Snape, annonça Charlie en se relevant, sa main tenant toujours celle de Ioann.
- Attends, vu l'heure il va y avoir beaucoup de monde dans le hall d'ici dix minutes. Nous n'aurons pas le temps de les faire passer avant, intervint Tonks.
- Et alors?
- Et alors? Je ne pense pas qu'il faille que mon petit cousin soit vu par ici. Tu sais ce que Carter a dit à Chourave? Que Malfoy était dans l'attaque de Pré-au-Lard. Si jamais son fils est vu à Poudlard, t'imagines le scandale?
- Ok, mais du coup, il fait quoi lui ici?
- J'suis chez Ioann depuis... pifouuu, longtemps! Car je peux pas encore rentrer dans ma maison! Sais pas lire le nom alors je dois rester là. C'est papa qui m'a dit!
Les deux adolescents se regardèrent étrangement.
- Donc Snape est de notre côté, Malfoy de l'autre et pourtant leurs fils sont ensembles. C'est louche ça! Commenta Charlie.
- Oui très. Mais on verra ça plus tard, il ne faut pas trainer et on ne sait pas où les emmener! Pas à l'infirmerie en tout cas. Pomfresh n'est pas là aujourd'hui, il y avait un mot sur la porte tout à l'heure.
- On les amène à McGo. Elle saura quoi faire.
Ainsi, tous les quatre se mirent en route. Mais très rapidement, Charlie se rendit compte que son garçon attitré avait du mal à avancer. Ioann, le pouce dans la bouche, les yeux papillonnant et les pieds trainant, tentait d'avancer en se retenant à la main du plus vieux. Rassuré de ne plus être seul et d'avoir retrouvé son sauveur, il sentait le poids du soulagement et de la fatigue s'accumuler sur ses épaules. Le jeune homme finit par stopper sa marche et l'attraper dans ses bras. Il fut effarer de voir que Ginny était plus lourde que lui. Mais il ne s'attarda pas plus et reprit sa marche alors qu'un petit bras s'agrippait à son cou. Quand ils arrivèrent au premier étage, ils entendaient déjà le brouhaha que leurs camarades étudiants faisaient. Tonks resserra sa prise sur la main de Draco et accéléra le pas, rapidement suivie par Charlie. Arrivée devant le bureau de Minerva, elle frappa fortement mais n'attendit pas pour entrer, faisant passer Draco avant elle. Si jamais on apercevait le fils Snape dans les bras de Charlie, ce n'était pas grave. Mais il ne fallait pas que son cousin soit vu.
Minerva releva la tête en entendant frapper et fronça les sourcils en voyant la porte s'ouvrir sans son consentement. Elle se prépara à sermonner copieusement l'insolent. Mais ses mots restèrent bloquer dans sa gorge en voyant la réplique version plus jeune de Lucius Malfoy entrer dans son bureau, accroché à la main de Nymphadora Tonks. Mais quand elle regarda l'autre arrivant elle se leva d'un bond et s'approcha. Que faisait donc Ioann endormi dans les bras de Charlie Weasley? Elle referma rapidement la porte de son bureau et fit installer ses invités sur des chaises.
- Bien, je crois que vous avez des choses à me dire.
- Professeur, on était au troisième étage avec Charlie quand on est tombé sur les deux enfants. On voulait les ramener au professeur Snape mais avec le monde qu'il y a maintenant partout, on ne peut pas passer discrètement dans le hall. Et on pense qu'il vaut mieux pas que les autres voient Draco ici.
- Effectivement ce n'est pas prudent. Bien que je ne comprenne pas comment il a fait pour arriver ici.
- J'ai le droit ! J'suis chez Parrain moi! Snoba le blondinet en croisant ses bras sur sa poitrine tout en levant le nez.
- Tu calmes tes grands airs, Dray, sinon je te mets la fessée!
- T'as pas le droit! Sinon je vais le dire à maman et tante Méda ! Et puis t'arrêtes de m'appeler Dray! C'est pas comme ça que je m'appelle!
- Je t'appelle comme je veux, cousin, parce que moi je suis grande et toi tout petit.
- Même pas vrai. Et que même Ioann l'est plus petit que moi, ronchonna Draco en boudant.
- Bien, c'était assurément intéressant. Mais dites-moi, jeune homme, que faisiez vous dans les couloirs du troisième étage?
- On s'était perdu. On avait couru et descendu et les escaliers y ont bougé et puis il y a plein de gens qui crient et des montres ...
- Et un minou pas beau tout moche, compléta Ioann qui n'était pas totalement endormi comme l'avait cru Minerva.
- Des gens qui crient, des monstres et un minou moche? Répéta Minerva, incrédule bien qu'un peu amusée.
- Même que le minou il sent beurk, rajouta Draco.
- Professeur, avec Tonks on en est arrivé à la conclusion qu'ils avaient croisé, Peeves, et Miss Teigne, peut-être Rusard, on l'a entendu crier tout à l'heure. Mais pour les monstres, on ne sait rien.
- L'était très gros, murmura le petit Snape en frissonnant.
- Bien. Avant tout, quel cours avez-vous, jeunes gens?
- J'ai cours de Sortilèges et Charlie de DCFM.
- Bien alors allez-y, je m'occupe de renvoyer ces deux garçons chez eux.
- Bien professeur, répondirent d'une même voix les deux élèves.
Tonks dit au revoir à son cousin qui oublia totalement sa brouille et lui fit un énorme bisou sur la joue. Charlie déposa Ioann qu'il tenait toujours, sur la chaise et se permit un baiser sur son front accompagné d'un sourire. Quand les deux jeunes furent partis, Minerva se leva et ouvrit une armoire derrière elle. Elle y attrapa quelque chose avant de se retourner vers les enfants. Elle s'approcha avant de leur tendre une petite boite violette. À l'intérieur quelques bonbons colorés attendaient qu'on les mange. Le blond en attrapa un vivement alors que le Russe s'assura de la bonne humeur de Minerva pour se servir.
- Bien. Les enfants, comment êtes-vous partis de chez Severus ?
- Par la porte, dirent-ils en haussant les épaules de façon synchrone.
- Bien sûr, dit comme cela, soupira le professeur avec indulgence. Ce n'est pas Severus qui a ouvert la porte n'est-ce pas?
- Nan, c'est nous qu'on a fait ! Dit fièrement Draco. Et puis même que maman elle l'a pas vu car elle faisait pipi. Et puis elle croit qu'on fait dodo.
- Alors, comme deux petits sacripants que vous êtes, vous avez fui Narcissa, dit-elle en secouant la tête avant d'ajouter pour elle même. Merlin nous protège, une nouvelle génération de Maraudeurs va bientôt arriver.
Elle servit un grand verre de jus de citrouille aux deux enfants avant de s'asseoir et de se laisser aller à la réflexion. La première étant : que faisait Narcissa et Draco chez Severus alors que Lucius l'avait torturé plus de quinze jours auparavant? Voilà quelque chose que son collègue allait devoir lui expliquer sans se défiler. Mais une autre pensée surplomba toutes les autres. La jeune maman devait se faire un sang d'encre. Et elle ne pouvait pas partir à leur recherche alors qu'elle était ici clandestinement. Minerva attrapa un bout de parchemin et une plume. Après quelques mots, elle fit disparaître le message, se chargeant de le faire réapparaitre dans les appartements de Severus. Maintenant il était temps de s'occuper de ces petits hommes. Elle métamorphosa un livre en matelas, une gomme magique en coussins et les invita à prendre place. Ioann ne se fit pas priver. Dans un bâillement, il s'allongea avant de sucer activement son pouce. Draco se contenta de s'asseoir et de regarder la pièce avec de grands yeux curieux.
o0o
Plus bas, dans les cachots, Narcissa était en larmes. Son bébé et Ioann avaient disparu. Et elle ne savait pas depuis combien de temps. Après les avoir couchés, elle avait vaqué à ses occupations. Ce ne fut que lorsque quatre heure avait sonné, qu'elle s'était étonnée qu'ils dorment toujours. Sauf qu'ils n'étaient plus dans leur lit. Cela faisait maintenant plus d'une demi-heure qu'elle retournait tout l'appartement, ouvrait toutes les portes, demandant même aux lapins et au poisson rouge s'ils les avaient vus passer. Bien sûr, quand elle réagit de son idiotie elle les foudroya du regard. Mais évidement, ils n'y prêtèrent aucune attention. Elle avait été tentée d'appeler Poppy par cheminette, mais elle s'était souvenue qu'elle devait aller voir Lupin. La pleine lune venait de s'achever et il avait besoin de soins. Quant à Severus, il avait eu un rendez vous avec Zonko en début d'après midi et il était actuellement en train de donner un cours. Elle ne pouvait donc pas le déranger sans faire part de sa présence. Elle s'effondra sur le canapé, résignée par son manque de surveillance. Brusquement un parchemin apparut devant elle. Fébrilement elle l'ouvrit et le lut.
Narcissa,
Les enfants sont dans mon bureau, sains et saufs, après une petite escapade dans les couloirs. Je les garde jusqu'à ce que Severus puisse venir les chercher. Je ne dirais rien de votre présence dans ces lieux mais une explication s'impose.
Cordialement
Minerva McGonagall
Elle soupira de soulagement. Ils n'étaient pas perdus quelque part dans le château. Ils étaient entre de bonnes mains. Mais sa joie fut de courte durée et remplacée par de l'appréhension. Il n'était pas prévu que quelqu'un d'autre sache qu'il lui arrivait d'être ici. Un regard sur l'heure lui apprit qu'elle avait encore une heure et demie avant le retour de Severus. Une heure et demi où elle allait se torturer l'esprit sur la tournure des évènements.
Quand finalement le professeur passa la porte, elle se précipita vers lui, et faisant fi de sa stupéfaction, elle lui agrippa le devant de la robe en lui expliquant les évènements dans un flot compact et incompréhensible de paroles. Il finit par la détacher de lui, la guider sur le canapé et après lui avoir fait prendre une goutte de potion calmante, il lui demanda de répéter. Cette fois il comprit un peu trop bien la situation et il soupira en lisant le parchemin de sa collègue. Merlin, elle va être intenable maintenant... pensa-t-il. Il ne s'inquiétait pas de sa discrétion. Ils entretenaient tous les deux avec Poppy, un secret du même acabit. Elle ne le trahirait pas, et sûrement pas avant d'avoir des explications. Il n'aurait pas le choix que de lui expliquer un certains nombres de choses tout en en gardant sous silence. Mais bien mené, il parviendrait à lui faire garder ce nouveau secret. Il s'inquiéta plus de l'épopée des enfants. Si Ioann allait bien mieux, il n'en était pas pour autant guéri. S'il avait eu des défauts de mémoires quand il avait été seul avec Draco quelque part dans le bâtiment, cela aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Et puis c'était déjà la troisième fois que Ioann se perdait dans les couloirs. Entre sa curiosité et l'entrain de Draco, son fils allait réellement finir par attraper un malheur!
Après avoir rassuré Narcissa sur ses capacités de surveillance, il prit sa cheminée direction l'infirmerie. Elle était actuellement vide. Chose assez étonnante mais qui l'arrangeait grandement. En quelque pas il parcourut la distance qui séparait l'infirmerie du bureau de Minerva. Il frappa d'un coup sec à la porte avant d'entrer sans préambule. Un flot de rires l'accueillit alors qu'il vit Minerva quitter sa forme animagus pour redevenir le sévère professeur.
- Ah, Severus, nous vous attendions.
- Parrain! Parrain ! Mamie Minou elle est un minou ! Et même qu'elle est plus gentille que le minou qui sent beurk et qu'est tout moche !
Severus le regarda figé avant de regarder sa collègue, un sourcil interrogateur relevé.
- Mamie Minou?
- Ils ont du mal à prononcer mon prénom et je crois que mon âge a joué dans l'affaire.
- Papa !
Il n'eut pas le temps de lui faire une nouvelle réflexion que son fils s'était jeté sur lui. Il avait de petits yeux, attestant son sommeil évident. Mais la joie y brillait, telle qu'il ne put que soupirer. Puis il le laissa s'accrocher à son cou alors que sa petite voix engourdit lui murmurait qu'il avait vu, entre autres choses, un monstre. Paroles renforcées par celles de Draco qui racontait en même temps toute l'histoire à grand renfort de gesticulations et de bruitages. Assise à son bureau, Minerva les regardait d'un air attendri. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas joué autant de temps sous sa forme féline. Et visiblement, les garçons avaient été conquis. Avant que Severus ne s'éclipse, elle lui fit savoir d'une voix sans réplique, qu'elle acceptait avec plaisir l'infusion qu'il se ferait une joie de lui offrir le soir même à vingt heures. Il ne répondit même pas et s'échappa avec les deux fugueurs.
o0o
Au repas du soir, Bill trouva que son frère avalait son diner de façon très rapide. Il se demanda s'il avait mangé depuis la veille avant de se souvenir qu'il avait bien pris ses deux autres collations de la journée. Il plissa ses yeux, persuadé qu'il préparait quelque chose. Il se redressa vivement, passa la salière que son camarade de droite lui demandait et tourna la tête vers la table des Poufsouffles. Il put remarquer que Tonks avait un comportement quasi similaire. Allons bon, qu'est-ce qu'ils manigancent encore? Pris d'une envie de savoir, il accéléra sensiblement sa cadence. Même s'ils se mettaient des fois ... régulièrement... dans des situations qui pourraient devenir dangereuses pour leur place à l'école, c'était toujours marrant de les voir tirer des plans sur la comète.
Cela faisait maintenant cinq minutes qu'ils étaient installés autour de la petite table, touillant leur tasse. Le silence était presque pesant mais avec un brin de complicité. Ioann s'était écroulé comme une masse avant la fin du bain, et Draco n'avait pas non plus mis beaucoup de temps à fermer ses yeux. Severus les avait bordés en ricanant légèrement. Finalement, Minerva prit la parole.
- Severus, dites-moi juste que vous savez ce que vous faites en laissant les Malfoy dans votre entourage proche après ce qu'il s'est passé à Halloween.
- Alors je vous dirais que oui.
- Lucius vous a lancé un Doloris dont les effets se sont fait sentir sur plus d'une semaine.
- Je suis bien placé pour le savoir. Mais c'est surtout vis à vis de Ioann et Draco que nous sommes en relation. J'ai traité avec Narcissa pour que les garçons soient toujours en contact. Ils se sont beaucoup attachés l'un à l'autre. C'est au début de mon éloignement avec Lucius, que Ioann a commencé ses crises post-commotionnelle. Et Draco est tombé dans une grande déprime. Aussi il a fallu faire quelque chose. Le Manoir est sous Fidélitas et Draco ne sais pas encore lire. Aussi pour l'instant, Lucius croit que son fils est chez les Tonks, alors qu'il est ici. Quand il pourra rentrer chez lui, Narcissa me l'amènera presque tous les après midi.
- Chez Andromeda? Mais pourquoi donc? Leurs familles sont au moins aussi proches que la votre l'est de Sirius Black!
- Non, Narcissa et Andromeda se sont retrouvées il y a peu.
- Oh. Que de surprises.
- N'est-ce pas Mamie Minou.
- Elle passe mal celle là, n'est-ce pas Severus? Taquina-t-elle.
- J'avoue qu'effectivement, elle ne se digère pas très bien. Mais au moins comme ça je saurais pourquoi je vous prends comme Baby-sitter à l'occasion.
- Et j'en serais ravie. Le jeune Draco est très éveillé mais très attachant. Gageons qu'il le reste en grandissant et ne prenne pas le pas sur son père. Quant à votre fils, je pense que je n'ai pas besoin de vous dire ce qu'il en résulte.
- Mon fils est parfait et c'est un ange. Je ne vois d'ailleurs pas comment il pourrait en être autrement.
- C'est vrai que vous êtes tellement angélique, ironisa Minerva s'attirant un regard noir. Je suppose qu'Albus n'est pas au courant pour votre lien avec les Malfoy.
- Oh, il s'en doute évidement. Comment pourrais-je lui cacher que j'héberge Draco depuis un mois ? Mais je préfère le laisser dans le flou pour l'instant. Il voudrait sûrement se servir de l'enfant pour une quelconque action contre le père. Et je suis contre ce genre de comportement. Des enfants de cinq ou six ans n'ont pas à souffrir de la bêtise des adultes.
- Je suis d'accord avec vous. Je suppose que Poppy est au courant par contre... cela nous fera seulement un autre secret de partagé. Bien, j'ai eu mes réponses et cela me suffit. N'hésitez pas à faire appel à moi en cas de besoin. Passez une bonne soirée Severus.
L'animagus finit sa tasse avant de se lever et de partir dans les couloirs. Elle avait, de plus, une ronde à faire. Le couvre feu n'allait pas tarder à arriver et elle préférait renvoyer les élèves dans leur Maison avant afin de ne pas avoir à les sanctionner. Severus se permit un soupir de soulagement. Minerva n'avait pas été trop fouineuse et s'était contentée de ces demi-vérités. C'était une bonne chose. Et puis comme ça, il avait une personne de plus sur qui compter en cas de problème. Il se leva après avoir renvoyé le service à thé en cuisine et fit une halte à la porte de son fils. Il regarda tendrement les deux garçons enlacés dans les bras l'un de l'autre et sourit en voyant que Ioann avait enfilé, par dessus son pyjama, le vêtement qu'il lui avait laissé pour qu'il se sente en confiance même la nuit. La porte fut refermée sans bruit.
o0o
Vendredi 29 Novembre 1986.
Cela faisait neuf jours que Draco arrivait à lire son adresse écrite par son parrain sur un parchemin. Cela faisait donc neuf jour que le petit blond était rentré chez lui au Manoir. Ioann avait pleuré de ne plus le voir aussi souvent mais les adultes n'avaient pas flanché. Les deux garçons devaient réapprendre à vivre dans leur famille. Lucius avait tenté de faire garder au moins un lapin au petit Russe pour qu'il se rappelle la présence de Draco mais Severus avait été ferme. Ioann avait un poisson rouge à s'occuper, c'était bien suffisant pour un enfant de cinq ans. Et puis, il s'avéra que même s'il aimait beaucoup les regarder et les caresser, Ioann n'était pas un grand amateur de lapins. Pour le plus grand plaisir de son père. Lucius avait reconnu sa défaite et abandonné l'idée. Jusqu'à ce qu'il se rappelle que sa femme étant réconciliée avec sa sœur, il lui faudrait offrir un présent à sa nièce. Deux lapins nains étaient un beau cadeau de Noël, non?
En attendant que les fêtes de fin d'année s'approchent, Draco et Ioann se retrouvaient tous les après midi de la semaine pour leur cours. Depuis leur fuite, Narcissa les surveillait comme le lait sur le feu et ne manquait pas de jeter un sort à la porte d'entrée à chaque fois qu'elle devait aller aux petits coins. Il avait fallu une semaine pour que le petit brun ne pleure plus lorsque son grand frère rentrait chez lui en fin d'après midi. Puis il avait retrouvé son équilibre d'avant l'attaque de Greyback.
Ce soir là, Severus était au Manoir Malfoy. Il avait couché Ioann comme à l'accoutumée et avait attendu que Poppy vienne le surveiller. Puis il avait rejoint son ami. Une nouvelle attaque de Mangemorts avait eu lieu et les secours n'étaient pas arrivés à temps, cette fois encore. Un centre militaire Moldu avait été ravagé. Les pertes avaient été lourdes et principalement des esprits jeunes. Severus n'avait pas approuvé mais s'il voulait rester crédible, Lucius ne pouvait attaquer que des maisons de retraite. Celui-ci avala une autre gorgée de son verre alors que Severus remuait le liquide ambré dans le fond du sien.
- Pour la prochaine attaque, il faudra que l'Ordre du Phoenix soit au courant. On doit rapidement faire croire qu'il y a des fuites dans le groupe, annonça Lucius.
- Effectivement. Maintenant qu'ils ont pris confiance en toi et en leur force d'attaque, il faut les déstabiliser avec un traitre. Alors où aura-t-elle lieu?
- Je ne sais pas encore. Je dois faire attention, Scrimgeour est suspicieux. Il a un doute sur moi. Si seulement je savais de quelle épaisseur est son dossier, je pourrais aviser.
- Je pourrais toujours voir avec Shacklebolt, mais ma demande risque de lui paraître suspecte.
- C'est pour ça que tu ne le feras pas. Ah Salazar, si ce fouineur de Pettigrow était toujours en vie, j'aurais pu l'envoyer chercher voire effacer des choses compromettantes. Dommage, il n'était pas un bon Mangemort ni un grand espion mais au moins, il était utile pour les sales besognes. Enfin. Je vais essayer de récupérer Macnair, il saura peut-être se rendre utile au Ministère. Pour la prochaine attaque, il va falloir qu'on tape dans un endroit un peu plus animé. L'Ordre devra nous contrer rapidement. Je ne pourrais pas empêcher Greyback de mettre la dent sur un enfant très longtemps. Sans oublier que ... Severus? Je savais bien que tu n'avais pas appris à boire depuis Poudlard!
Le dit Severus était en train de s'étrangler avec son whisky et avait du mal à reprendre sa respiration. Sa gorge le brulait et il se promit de ne plus boire d'alcool avant un certain temps. Son verre lui fut enlevé des mains et après avoir reçus quelques grandes claques dans le dos, il réussit à retrouver son souffle. Il leva ses yeux brillants de larmes douloureuses et d'une voix enrouée, il demanda à Lucius :
- Attends, tu as dit quoi ?
