Bonjour à tous et à toutes. Bienvenue dans ce chapitre 54 de "la flamme de Prox" et au menu, une séquence émotion, j'espère que ça vous plaira. Merci encore à Pearly pour son aide sur ce chapitre, vraiment merci.

Bonne lecture.


Chapitre 54

Adieu à une grande

Mystique

Alex avait les yeux grands ouverts d'horreur. Il avait beau fermer les yeux pour les rouvrir, il ne voyait plus que Sofia. Sofia, inerte dans ses bras. Sofia, les yeux embués de larmes. Sofia, qui ne rigolerait plus jamais. Sofia, morte.

Les trois combattants avaient fuit suite à des blessures sérieuses mais ils étaient contents, ils avaient réduits les rangs des guerriers de Weyard d'un membre, et pas des moindres, la soigneuse du groupe apparemment.

L'adepte de Saturne se pinça, songeant au cauchemar mais le « Aie » sonore qu'il se retint difficilement de pousser lui prouvait qu'il était bien conscient, que c'était la réalité. Alors c'est vrai, ces bâtards lui avaient pris sa moitié, il avait perdu son âme sœur...

Pourtant, il ne pleurerait pas, il ne devait pas pleurer. Pas avant qu'elle soit vengée. Quitte à sombrer dans la démence, il allait la retrouver, Charon, et lui faire payer ce crime. Sur tout l'amour qu'il avait pour Sofia, il le jurait.

Cependant, il lui fallait être fort. Maintenant, il devait tout faire pour lui rendre un dernier hommage, un hommage visible jusqu'aux cieux. Il put obtenir la pleine coopération de tout les autres. Tandis que quelques filles cherchaient une pervenche, les garçons aménageaient un terrain plat.

Alex, lui, s'était retiré à l'hôtel en la portant. Il savait ce qu'il avait à faire, il ne s'embarrassait pas de détails inutiles. Les yeux rivés sur elle, il la déshabilla doucement. Son corps... Alex se souvenait à quel point il était magnifique. Et il ne pensait à rien d'autre qu'à la beauté de sa peau, qu'il avait gouté tant de fois.

Presque inconsciemment, l'adepte posa ses lèvres sur le front de son aimée en soupirant. Les larmes n'étaient pas loin. Cependant, il continuait de faire ce qu'il avait à faire. Il la porta dans la salle de bain où l'attendait un bac d'eau chaude.

Avec application, il nettoya la blessure et le sang sur son corps. Mais à peine plongea-t-il sa main dedans qu'il la retira, l'eau était brûlante. Bien trop chaud pour un mysique de Saturne comme lui. Mais il fallait nettoyer son corps, peu importait le prix. Et puis, cette douleur à cause de la brûlure était presque inexistante à côté des plaintes de son cœur.

Il y avait une lame pour se raser non loin. Soudain, il songea sérieusement à la rejoindre. Loin de la haine, de la guerre. Avec elle pour l'éternité... Là où il n'aurait plus à supporter sa propre souffrance mentale, là où il pourrait ignorer ses plaintes Cardiaques.

« Tu me manques déjà tellement... j'ai l'impression de mourir... J'aurai tant voulu te dire à quel point je t'aime, Sofia... Et maintenant, c'est trop tard, tu es morte, et il ne me reste que les regrets... Sofia... »

Il voulait pleurer, mais les larmes ne tombaient pas, car il revoyait cette scène en boucle, cette scène ou elle se faisait transpercer. Et ce n'était pas de la tristesse qu'il ressentais, c'était de la haine. Haine pour la femme qui avait transpercé son corps.

Juste à cause d'elle, il ne devait pas se suicider. Juste pour ça, il devait toujours se relever. Juste pour ça, il devait abandonner le groupe. Car il n'allait pas la tuer, oh ça non, ça serait trop facile. Il allait la torturer, lui infliger milles supplices.

Son regard perdit son voile de larme pour se glacer. Il allait poursuivre cette fille jusqu'aux confins de l'espace temps et lui faire payer au centuple ce qu'elle lui avait fait subir. Sur son honneur guerrier, il allait la trouver, et la faire souffrir autant que lui même avait souffert de la mort de son amante.

Et alors qu'il songeait à quel point il la haïssait, une phrase de Sofia lui revint en tête, une phrase qu'elle lui avait dit il y a de cela longtemps maintenant.

« Alex... ne t'enfonce pas dans un cycle de haine, je t'en conjure. La haine ne mène qu'à la souffrance et la souffrance engendre les regrets... Tu ne dois jamais rien regretter, s'il te plais... »

il sourit doucement, en reprenant les traits de la souffrance. Elle avait toujours prôné la diplomatie plutôt que les armes, contrairement à Phoenixia. Le problème était que s'il aurait pu ne pas haïr le meurtrier de ses amis, Sofia n'était pas une amie. Elle était son oxygène, sa raison de vivre, sa raison de continuer.

« Tes beaux discours ne t'ont hélas pas sauvé cette fois, mon amour. Tu es morte, et je ne peux oublier le nom de celle qui t'as tuée. Des regrets, j'en ai déjà, c'est trop tard pour ne pas en avoir le moindre. Je regrette tant de pas avoir pu t'offrir autant que tu le méritais... »

Une fois totalement lavée, le mystique de saturne créa un léger bouchon de sang gelé pour ne pas salir de nouveau cette jeune femme. Puis, avec la même application qu'il avait mis dans chacun de ses gestes juste avant, il la sécha la rhabilla, avec la robe qu'elle avait lors de leur premier rendez-vous.

Une belle robe blanche qui lui allait par ailleurs à merveille. Le blanc était la pureté, la couleur sacrée. Toujours les yeux piqués par des sanglots qui ne coulaient pas, Alex la souleva délicatement en passant son bras gauche sous ses cuisses et son bras droit sous les épaules nues.

En bas, tous étaient graves. Seule Phylis semblait n'avoir aucune émotion. Salamandar mettait une ardeur folle à la tache, pour son ami, Pavel se mordait la lèvre en voyant les yeux gonflés de Cylia et songeait qu'il avait été trop faible pour la protéger. Quand à Vlad, Garet et Ivan...

Garet avait totalement dessaoulé sur le coup, tout trois pleuraient en aménageant le terrain. Ils avaient été très proches de Sofia. Pour eux, c'était la grande sœur du groupe, la sainte qu'ils voulaient protéger. Et ils avaient tout trois échoués, lamentablement.

Vlad donnait de grands coups de pelle, rageur, comme si se défouler dans le sol aurait pu calmer les douleurs qu'il ressentait à l'esprit. Il se maudissait d'avoir de si faibles pouvoirs de guérison, il aurait du être assez fort, il aurait du la sauver. Tout ce qu'il avait, c'était un sentiment d'impuissance et de honte.

Garet cassait les rocs à grand coups de pioche. Il aimait lui aussi beaucoup Sofia et la respectait peut être plus que quiconque ici, sauf Alex et Ivan. Songeant à elle, il redoubla de volonté pour lui faire un enterrement grandiose. Chaque cloque dans ses mains, chaque goute de sueur, chaque larme qu'il versait, c'était pour Sofia. Sofia, qu'il n'a pas su protéger car il était ivre. Il se mit à détester l'alcool à cause de ça.

Plus loin, Sarah serrait la pervenche qu'elle avait contre son cœur. Elle n'était pas spécialement proche de Sofia, elles n'avaient eu qu'une conversation toutes les deux. Sur le bateau, cela faisait maintenant une semaine. Ce jour là, elle lui avait dit une phrase qui l'avait marquée.

« Alors tu es très attirée par Ivan? Je pense aussi qu'il t'aime bien. Veilles bien sur lui, c'est quelqu'un de merveilleux. »

Elle était douce et gentille... Les personnes gentilles étaient tellement rare de leurs jours qu'elle apprécia presque immédiatement Sofia lorsqu'elle répondit ça. Et une personne comme cela venait de mourir parce qu'elle avait pas été assez rapide. Elle était la fiancée de son frère et la meilleure amie de son amant, ça aurait suffit à utiliser son pouvoir selon elle, et elle avait pas été ni assez rapide ni assez forte.

Tous se figèrent en regardant Alex descendre avec Sofia dans les bras. Elle était belle, comme ça. Les cheveux libres, les bras repliés sur sa poitrine, on aurait dit qu'elle dormait, a poings fermés. Mais ce sommeil là, elle ne s'en réveillerait pas, jamais plus.

Le cœur hurlant de douleur, Alex parvint quand même a faire un piédestal entièrement de glace, de trois mètres de longueur, un et demi de largeur et une cinquantaine de centimètres de hauteur. Puis, avec toute la délicatesse du monde, il la déposa dessus.

A ce moment là, Sarah et Cylia, qui avaient chacune trouvé une pervenche les donnèrent à Alex. Ce dernier en plaça une dans les mains de son amante éternelle et l'autre dans ses cheveux. Encore une fois, il la contempla et déposa un tout petit baiser sur ses lèvres.

« Sofia, ta mort a provoqué un déchirement sans pareil. Annonça l'adepte de Saturne avec une voix éteinte. Ta générosité était telle que tu as su faire fondre mon cœur que je croyais gelé. Ta douceur, ta bonté... Tout ceci t'as hissé comme une sœur, une grande amie... mon amante. Mais aujourd'hui, tu n'es plus parmi nous physiquement.

-Nous étions similaires, continua Ivan qui ne pleurait plus, il souffrait trop pour ça. Nous avons eu tout deux de terribles coups par le passé, le cœur pris, la souffrance... Je pouvais te parler de mes épreuves douloureuses, tu m'écoutais toujours, tu m'as aidé, et je n'ai jamais pu t'en remercier... »

Ces yeux lui brûlaient, il voulait pleurer, jusqu'à ce qu'il se dessèche mais il n'y parvenait tout simplement pas. La mort de Sofia le touchait de manière barbare. Et il se retourna pour regarder Sarah, qui pleurait elle aussi. S'il la perdait, elle... Son cœur n'arriverait plus à battre, tout simplement.

« Tu te souviens, Sofia? De notre conversation, tu disais que ta fleure préférée était la pervenche, que... Sa couleur te rappelait celle de mes cheveux. »

Cette fois, la larme menaça fortement de tomber mais elle resta aux yeux d'Alex. Il n'avait pas le droit de se montrer faible avant d'avoir éradiqué la souillure qui l'avait tuée. Le cœur très lourd, il s'écarta et marmonna une incantation qui fit un dôme de glace, emprisonnant sa belle dedans. Et encore anéantis, il modifia son flux psynergique pour écrire une épitaphe dans la glace.

« A toi. Toi que j'aimerai toute ma vie, toi qui m'a décidé à croire en une déesse incarnée sur la terre. Adieu. »

Alex relut sa phrase, se mordit la lèvre pour éviter de se laisser envahir par tout les douloureux souvenirs d'eux deux qui refaisaient surface et s'agenouilla pour faire comme une prière. A l'issue de celle ci, il se releva, faiblement avant de soliloquer.

« Adieu, Sofia... »