D'abord je tenais à m'excuser d'avoir été absente aussi longtemps mais j'ai été un peu débordée. Mais maintenant c'est fini je suis bel et bien de retour, promis !

Manon : Je suis m'excuse de t'avoir fait attendre et je promets de me faire pardonner avec ce chapitre :D

Lynda : c'est bientôt la fin. Il ne reste que trois chapitres avec celui-là. Le prochain sera le dernier et sera donc en deux parties :)

Phanie miki : Oui je reconnais:D mais j'espère me faire pardonner avec ce chapitre:D

Kilibilie : et oui:D

Los Angeles- PDV Magnus

Tapotant nerveusement sur le comptoir de la cuisine, attendant que Ragnor me rappelle, je foudroyais Alec du regard.

- Pourquoi tu ne me le dis que maintenant ?!

- Je pensais que c'était toi qui me l'avais envoyé !

- Alexander, tu es la personne qui compte le plus pour moi. Tu crois vraiment que je vais laisser un inconnu assurer ta protection ?! Le seul en qui j'ai confiance pour faire une telle chose, tu l'as devant toi !

- Oui, ben… Arrête de me regarder comme ça ! Puis tu devrais y aller sinon tu vas finir par être en retard à ta réunion.

Il me fit un sourire amusé que j'eus envie de lui faire ravaler.

- Alec, peu importe qui est ce type qui te suit, il est fort probable qu'il n'ait pas de très bonnes intentions. Alors tu vas me faire le plaisir de retirer ce sourire de ton visage d'ange et de ne pas bouger d'ici.

- Non. Me répondit-il simplement.

- « Non » ?! Répétais-je, agacé.

- Non. Je ne vais pas m'arrêter de vivre parce qu'un nouveau taré veut ma peau. J'en ai marre, j'ai eu ma dose. Je sais me défendre, Magnus. Alors je vais régler ce problème, et je vais le régler maintenant. Je ne vais pas attendre qu'une merde nous tombe encore dessus. Visiblement, ce type aimerait qu'on ait une discussion, alors on va en avoir une.

Ma main se resserra autour de mon téléphone. Autant je l'aimais la plupart du temps, autant dans des moments comme ça, je n'avais qu'une envie, c'était de l'étrangler.

- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu.

- Si ça te fait plaisir, mais tu ne me tiendras pas enfermé ici.

- Alexander… Le prévins-je.

- Tu me crois faible, Magnus, mais je ne le suis pas. Je sais me défendre, peut-être même mieux que toi. Au corps-à-corps, entre nous deux, c'est moi qui gagne.

- D'accord, mais là…

- Non ! Me coupa-t-il. Je pratique des sports de défense depuis des années. Je sais me défendre et je ne sais pas besoin d'un chaperon !

- Oh oui ! C'est vrai que jusqu'ici les sports de défense que tu pratiques ont porté leurs fruits ! Ironisais-je.

- Oui. Tu veux que je te fasse une démonstration peut-être ?!

Je fus tenté de lui dire oui, uniquement par provocation, mais l'arrivée soudaine de Ragnor dans mon appartement m'en empêcha.

- Qu'est-ce que tu fous là ?! M'exclamais-je. J'attends ton appel depuis des heures !

- Je me suis dit que venir serait peut-être une meilleure idée ! J'ai eu tort ?

- Non, tu tombes plutôt bien en fait.

Je pris ma veste et me dirigeais vers la sortie.

- Je dois y aller mais assures-toi pour moi qu'il ne quitte pas l'appartement ! Lui ordonnais-je en désignant Alec.

Je vis ce dernier hausser les sourcils, les bras croisés. Une petite voix dans ma tête me dit que je suis le pire des amis. Alec allait faire vivre un enfer à Ragnor, mais je n'avais pas le choix. Mon enfer à moi serait pire si je n'allais pas à cette réunion.

- Ne t'inquiète pas, me fit Ragnor après avoir jeté un regard à Alec, je veille sur lui. De très près…

- Pas trop quand même, méfies-toi !

- Je te rassure : il n'est pas du tout mon genre. A ta place, cela ferait longtemps que je m'en serais débarrassé.

- Ça se voit que tu ne l'as pas eu dans ton lit !

- Ça va ? Je ne vous dérange pas trop ? S'exclama Alec.

Je remarquais le léger rougissement sur ses joues, et je souris, fier de moi.

- Je n'en aurais pas pour longtemps. Lui dis-je. Tu restes ici, je compte sur toi.

- J'ai un rendez-vous je te rappelle !

- Tu iras. Avec moi. Je t'en fais la promesse.

Je m'éclipsais après avoir rappelé à Ragnor de garder Alec à l'œil. Cette mission l'ennuyait mais je ne lui laissais pas le choix.

PDV Alec

Hors de question que je reste ici, peu importe qu'un psychopathe veuille encore me tuer. J'en avais plus qu'assez des situations de ce type. Je savais me défendre, et il était temps que tout le monde le sache. On ne te met peut-être pas en cage, Magnus, mais moi non plus, pensais-je.

- On dirait qu'on est coincé ensemble. Fis-je à Ragnor. Tu sais, étant donné que ni toi ni moi sommes ravis de cette situation, je pense que le mieux c'est que tu me laisses m'en aller.

- Si tu veux partir, je t'en prie, vas-y. La porte est grande ouverte.

- Tu me laisserais partir ? Malgré les ordres de Magnus ?

- Oui. Mais je te suivrais.

Je soupirais, agacé.

- Bien, si tu as du temps à perdre après tout !

Je pris ma veste et pris la direction de la sortie. Tout comme il me l'avait dit, il me suivit. Arrivé au parking souterrain de l'immeuble, je cherchais ma voiture des yeux et tombais au passage sur celle de Magnus. Enfin l'une de ses nombreuses voitures. Je n'avais jamais vraiment compris ce qu'il faisait avec tout ça mais bon. Je la fixais un instant, un sourire malicieux étirant mes lèvres. M'approchant de l'Audi noire, je passais mes doigts dessus.

- Et si on allait faire un tour tous les deux, ma belle ?

- Je te le déconseille. Me prévint Ragnor. Magnus se révèle très nerveux quand on touche à ses voitures.

- Ouais, mais là c'est moi, je ne risque rien.

- Si tu le dis. De toute manière je doute que tu aies…

- Les clés ? Lui demandais-je en agitant ces dernières sous ses yeux.

- Tu le voles maintenant ?

- Non, je lui fais payer tous les mois où il m'a fait vivre un enfer !

Je déverrouillais les portières et ouvris celle côté passager.

- Après toi !

Il hésita à monter, une main sur la porte, alors que j'étais déjà installé derrière le volant.

- Tu as ton permis au moins, rassure-moi ?!

- Tu verras bien.

- Magnus va me tuer… Murmura-t-il en prenant place dans la voiture.

Je démarrais en trombe, faisant crisser les pneus sur le sol. C'est donc à toute vitesse que je quittais le parking et traversais la ville, zigzaguant entre les voitures. La vitesse me donnait la sensation d'être libre. J'avais beau dire à Magnus que tout allait bien, c'était loin d'être le cas. Jetant un œil dans le rétro intérieur, je remarquais qu'une voiture aux vitres teintées nous suivait de près. Je bifurquais brusquement sur la gauche, tirant un cri de surprise et d'indignation à mon « copilote ».

- C'est pas vrai ! C'est Magnus qui t'a appris à conduire ou quoi ?!

- On est suivi. L'informais-je d'une voix calme.

Il se retourna. La voiture nous suivait toujours, réduisant peu à peu la distance qui nous séparait d'elle.

- Dis-moi que ce sont tes gardes du corps.

- Mes gardes du corps nous ont perdu à la sortie de Chinatown.

- Génial ! Bon sang je savais que j'aurais dû t'empêcher de sortir ! Tu portes la poisse, tu es un chat noir, Lightwood !

- Tu sais, contrairement à ce que l'on pense, les chats noirs nous protègent des mauvais esprits.

Le regard glacial qui me lança me fit comprendre qu'il valait mieux pour moi que je me taise.

- Tire nous de là au lieu de m'étaler tes connaissances occultes !

Je mis le pied au plancher et arrivais à distancer nos poursuivants.

- Qui que se soit, il ne fait que nous suivre. Il n'a pas l'air de vouloir nous faire du mal.

- Ouais, pas pour le moment. Me répondit Ragnor en jetant un regard inquiet vers la vitre arrière. Ne t'arrête surtout pas et prends la direction des bureaux de ton cher et tendre. Fais des détours pour que personne ne nous suive. Ton rendez-vous est annulé, jeune Lightwood !

Je m'apprêtais à lui répondre qu'il était hors de question que je fasse une telle chose, lorsque le voyant d'essence s'alluma.

- Il y a une station-service dans le coin ? Demandais-je à Ragnor.

- Non, non tu ne vas pas me faire le coup de la panne quand même, pas à moi ?! Si ?!

- On est pas en panne, on peut encore faire quelques kilomètres !

- Oui, sauf qu'on ne peut pas s'arrêter parce qu'on est suivi ! Putain, mais je vais vraiment te tuer ! S'exclama-t-il, furieux.

- Je ne pouvais pas deviner que Magnus n'avait pas fait le plein d'essence !

- Magnus a une dizaine de voitures, Alec ! Et au cas tu ne l'aurais pas remarqué, il n'est pas du genre à se préoccuper de choses aussi futiles que faire le plein d'essence !

Je me mordis la lèvre. Pour dire vrai, moi non plus. On avait toujours quelqu'un au service de mes parents qui s'en occupait.

- On fait quoi alors ?

- Et bien je serais plutôt tenté de t'abandonner au bord de la route et de me tirer avec la caisse, mais Magnus m'arracherait les yeux, alors je vais te guider vers un endroit que peu de personnes connaissent. Là, tourne sur la droite.

Je fis ce qu'il me demandait, le laissant me guider à l'intérieur d'un bois. Il me fit garer la voiture sous un porche en bois après plusieurs minutes de route.

- On est où là ? Demandais-je en sortant de la voiture à sa suite.

- Tu n'as pas besoin de le savoir. Me fit-il en tapotant un numéro sur son téléphone.

Pas besoin d'être un génie pour savoir qui il était en train d'appeler. Il me poussa à l'intérieur de la maison. Enfin si on peut appeler cela comme ça. Il n'y avait pas le moindre meuble à l'intérieur et le sol était recouvert de poussière. L'odeur de renfermée qui régnait dans la pièce était loin de rendre l'endroit accueillant.

- C'est quoi cette baraque ? Demandais-je à Ragnor.

- Quel est le problème ? Cet endroit n'est pas à la hauteur du jeune Alexander Lightwood, héritier de la fortune de son paternel ?

- Non, je me demande juste pourquoi tu m'as emmené ici.

- Pour planquer tes jolies fesses auxquelles mon cher ami Magnus semblent tenir énormément. Il ne va pas tarder à arriver, je lui ai laissé un message.

- Ouais, ben je pense que je vais l'attendre dehors.

- Oui, fais donc ça, mais ne compte pas sur moi pour te sauver la vie si celui qui te suit décide d'en finir une bonne fois pour toute avec toi !

Haussant les sourcils, je lui montrais l'arme que j'avais accrochée à ma ceinture.

- Je n'ai pas besoin de protection.

- Oh, oh ! Tu penses que parce que tu portes une arme sur toi, tu es capable de te défendre ? Sache qu'il faut aussi savoir s'en servir !

- Je sais parfaitement m'en servir, merci !

Je tournais les talons et sortais de cette « maison ». Je m'assis sur les marches du perron, regardant l'arme que je tenais toujours dans mes mains. Je savais m'en servir, oh ça oui. Mon père y avait veillé depuis mes dix ans. En fait, quand j'y pense, je me rends compte qu'il m'a entraîné à faire du mal autour de moi. A tuer. Je suis parfaitement dans la capacité de prendre la vie d'un homme. Jusqu'à maintenant il ne me manquait que l'envie, mais cette fois elle était bien présente. Cet homme qui a tué mon petit frère, je le voulais mort. Je voulais le voir souffrir, je voulais le voir me supplier de l'épargner. A présent, je comprenais ce que Magnus avait pu ressentir envers Ari lorsque celui-ci avait pris la vie de Raphaël. Je ressentais la même chose…. Exactement la même chose. Sentant un regard peser sur moi, je relevais la tête. Ragnor me fixait, les sourcils légèrement froncés.

- Quoi ?

- La vengeance n'est jamais la solution. Regarde où ça a mené Magnus. Ne fais pas comme lui.

Mes mains tremblantes se resserrèrent sur le canon de l'arme.

- Il s'en est plutôt bien sorti je trouve.

- Vraiment ? N'en sois pas si sûr, jeune Lightwood. Il y a des blessures qui ne sont pas visibles mais qui sont bien plus douloureuses…

Il posa une main sur mon épaule et y effectua dessus une légère pression.

- Je sais ce que tu ressens, Alec, mais si tout le monde faisait justice soi-même, ce monde aurait été détruit depuis très longtemps.

Je ne répondis pas, préférant garder le silence. Je haïssais Jonathan, et rien de ce qu'on pourrait me dire ne me ferait changer d'avis.

- Magnus ne va pas tarder à arriver. M'annonça Ragnor. Tu devrais venir l'attendre à l'intérieur.

- Personne ne nous a suivi jusqu'ici, relax…

- On n'est jamais trop prudent…

Plus tard- PDV Magnus

De la fureur. Voilà ce que je ressentais. A peine garé devant cette vieille bâtisse que Ragnor affectionnée pour d'obscures raisons, que je me précipitais à l'extérieur de la voiture sans prendre la peine d'en éteindre le moteur. Les phares, toujours allumés, projetaient d'étranges lueurs sur les murs de la maison. Ragnor m'ouvrit la porte d'entrée au moment où je m'apprêtais à entrer.

- Où est Alec ?! Demandais-je brusquement.

Il me fit un signe de tête désignant l'arrière de la maison. Je poussais un juron et allais me précipiter vers l'endroit indiqué mais mon ami me bloqua.

- Ragnor, bouge ! Je ne suis déjà pas de très bonne humeur alors…

- Il a une arme ! Me coupa-t-il.

- Que… Quoi ?!

- Ton petit protégé. Il a une arme. Répéta-t-il. Je crois qu'il veut tuer Jonathan.

- Bien sûr qu'il veut le tuer ! M'exclamais-je. On peut le comprendre, non ?! Cette ordure a tué son petit frère !

- Et tu crois que l'encourager sur le chemin de la vengeance est une bonne idée, Magnus ?

- Je ne l'encourage pas, je le comprends !

- Et bien essaye aussi de le dissuader, sinon ce sera la mort ou la prison pour lui. C'est ce que tu veux ?

Je tressaillis. Non, bien sûr que non ce n'est pas ce que je voulais. Je voulais le voir heureux, je voulais voir son sourire, entendre son rire, et certainement pas le voir se détruire.

- Je vais lui parler. J'arriverai à le ramener à la raison. Il m'a toujours écouté, il n'y a pas de raison qui ne le fasse pas cette fois. Lui assurais-je.

Du moins je l'espère… Pensais-je. Alec était un garçon raisonnable, mais il était aussi têtu, et quand il avait quelque chose en tête… J'étais la preuve vivante qu'il ne renonçait jamais. Quand il voulait quelque chose, il l'obtenait.

- Magnus ?

Je me retournais. Alec avançait vers moi avec un grand sourire. Ma colère s'envola aussitôt et je le lui rendis.

- Je vais vous laisser… Marmonna Ragnor.

Je ne fis pas attention à lui et attrapais Alec par la main avant de l'entraîner un peu plus loin, vers les jardins qui entouraient la maison et de le pousser contre un arbre.

- Dis-moi Alexander, es-tu au courant du sort que je réserve à ceux qui me vole ?

- Mais je ne t'ai pas volé, je l'ai juste empruntée.

- Oh, vraiment ?

- Oui. Puis tout ce qui est à toi est à moi maintenant, non ?

- Et en quel honneur je te prie ? On n'est pas marié que je sache.

- Non, mais on le sera un jour, ce n'est qu'une question de temps, et tu m'as demandé de venir vivre avec toi, donc…

Je souris, amusé.

- Je te trouve bien sûr de toi, Alexander.

- Quoi ? J'ai pas raison peut-être ?

- Si. Tout ce qui est à moi est à toi, mais la prochaine fois, vérifie qu'il y a le plein d'essence.

- J'ai jamais mis d'essence dans une voiture de ma vie. Me fit-il en haussant les épaules.

- Je me doute oui ! M'exclamais-je en riant. Mais ne me refais plus jamais ça… J'ai flippé quand Ragnor m'a appelé….

- Pourquoi ? A cause de ce type qui me suit partout ?

- Oui… Tant que je ne saurais pas qui c'est et qu'elles sont ses intentions, et surtout tant que je ne l'aurais pas arrêté, je ne serai pas tranquille.

- Je peux me défendre tout seul tu sais… Me fit-il en caressant ma joue.

- Je sais. Il paraît que tu as une arme sur toi ?

- Je vois que les nouvelles vont vites.

- Alec….Commençais-je avant qu'il ne me coupe.

- Oui, j'en ai une. Et je ne vois pas où est le mal de vouloir me protéger !

- Il n'y en a aucun, tant que c'est uniquement pour cette raison.

Il s'écarta de moi et je lus de la déception dans son regard.

- Alors même toi tu ne me comprends pas ? Pourtant tu as fait assassiner ton père !

- Chut ! Lui ordonnais-je en lui faisant signe de parler moins fort. Ne parle pas de ça !

- Pourquoi ? Il n'y a personne ici ! Personne à pars Ragnor et il le sait parfaitement !

- On n'est jamais trop prudent, Alec ! Je préfère que tu ne le hurles pas sur tous les toits !

- Magnus…

Il se rapprocha à nouveau de moi et prit mon visage en coupe. Ses mains tremblaient et des larmes étaient apparues dans ses yeux d'un bleu océan.

- Dis-moi que tu me comprends, que tu me soutiens, que tu m'aideras, s'il te plaît… J'ai besoin de toi…

- Alexander…

Je le serrais contre moi, ma main caressant tendrement ses cheveux.

- Bien sûr que je te comprends, mon ange. Mais je veux te protéger, je ne veux pas que tu fasses n'importe quoi. Je comprends ta haine envers Jonathan, je comprends que tu veuilles le tuer, mais souviens-toi de ce que toi tu m'as dit quand j'étais à ta place. J'aurais dû t'écouter… Il n'y a pas une seule nuit où je ne revois pas son visage, il n'y a pas une seule nuit où ce que j'ai fait me hante. Je ne veux pas que tu aies à vivre ça. Alexander, regarde-moi…

Je le fis lever les yeux vers moi et essuyais les larmes qui avaient roulé sur ses joues. Le voir dans cet état-là me faisait mal. Je détestais Jonathan autant que lui. Personne ne s'en prenait à ceux que j'aime, et lui avait fait couler, et continuer à faire couler, les larmes de celui que j'aimais le plus au monde. Personne ne touchait à Alec, d'aucune manière que ce soit.

- Je comprends ta peine et ta colère, mais je ne peux pas te laisser noircir une âme aussi pure que la tienne.

- J'en ai rien à foutre de mon âme ! Puis depuis quand tu crois à ces conneries toi ?! Tu ne crois même pas en dieu !

- J'y crois à chaque fois que je te regarde… Mon ange…

- Magnus, je ne peux pas le laisser vivre ! Savoir qu'il peut encore respirer, jouir de la vie alors que mon frère lui est…

Sa voix se brisa et je le repris contre moi.

- Je sais mon amour, je sais… Mais tu sais, je peux t'assurer qu'en prison, il est loin de jouir de la vie…

- Je m'en fous ! Il respire et c'est déjà trop !

- C'est vraiment ce que tu veux ? Qu'il meure ?

Il releva la tête et émit un hochement positif.

- Oui, c'est ce que je veux le plus au monde. Dit-il, sur de lui.

- Alors je vais m'en occuper…

- T...Toi ?

- Oui, moi. Il est hors de question que je te laisse mettre ta vie en danger pour ce type.

- Non, je refuse. C'est à moi de m'en occuper, pas à toi !

- Alec, ce type ne mérite pas que tu lui accordes autant d'importance. Je vais m'en occuper, toi restes en dehors de ça…

- Non ! Je ne veux pas te perdre toi aussi ! Paniqua-t-il en s'accrochant à moi.

- Hey… Tu ne me perdras pas, jamais. Fais-moi confiance…

Deux semaines plus tard- New York- PDV Robert

Faisant les cent pas dans ma cellule, je ne savais pas quoi penser de la venue de mon visiteur d'aujourd'hui. Qu'elle n'avait pas été ma surprise quand le directeur de la prison me l'avait annoncé. J'avais d'abord été tenté de refuser, mais poussé par la curiosité, j'avais fini par accepter. Puis je n'avais pratiquement plus de contact avec l'extérieur et j'avais besoin de savoir ce qui s'y passait. J'avais besoin de savoir si mes enfants allaient bien, et malheureusement il faisait partie des personnes qui pouvaient le mieux me renseigner. Mais les raisons de sa venue m'inquiétaient. Pour qu'il vienne, c'est que quelque chose n'allait pas… La porte de ma cellule s'ouvrit dans un grincement. L'heure était venu d'affronter la réalité…

- Lightwood, ton parloir est arrivé !

Je grimaçais. J'espérais pour eux que jamais je ne retrouverai ma grandeur, parce que dans le cas contraire, ils paieraient tous très cher la façon dont ils me traitent.

- Monsieur Lightwood, rectifiais-je, je reste encore un…

- Ouais, ouais. Aller bouge, je n'ai pas la journée.

Il m'attrapa par le bras, et me poussa à l'extérieur. La traversée du couloir menant à la salle des parloirs me parut interminable. Des cris, des hurlements… Mon dieu comme je souhaitai quitter cet endroit… Encore plus lorsque je le vis devant moi, assis nonchalamment sur une chaise, jouant avec les nombreuses bagues à ses doigts. Il portait une tenue encore plus outrageante qu'à l'accoutumée. Ses yeux étaient maquillés de khôl noir, ses cheveux étaient parsemés de mèches rouge sang, et il portait des vêtements à paillettes. Sa chemise était ouverte à mis torse et de nombreux colliers de perles et de je ne sais quoi d'autres, pendaient à son cou. Ils portaient également un certain nombre de bracelets autour de ses poignets fins.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?! S'exclama le gardien.

- Le petit ami de mon fils… Dis-je entre mes dents serrées.

Je m'assis en face de lui. Seule une pauvre table nous séparait. Je mourrais d'envie de lui sauter dessus et d'étrangler ce type qui avait gâché ma vie. Il me sourit d'un air narquois. C'est ça, fais ton malin, pensais-je. Je sais qu'au fond tu as peur, Magnus, tu as peur de moi. Tout dans ton apparence montre que tu me crains. Derrière moi le gardien nous laissa seuls, obéissant à ton ordre. Visiblement, mon fils n'est pas le seul à avoir pris la relève de son paternel. Je lui rendis son sourire ironique.

- Magnus Bane… Que me vaut l'honneur de ta visite ? Tu viens admirer ma déchéance ?

- Bien que je doive bien admettre que je me réjouis de te voir ici, ce n'est pas la raison de ma visite.

- Et qu'elle est-elle alors ? Je te manquais ? Tu sais, c'est bien dommage que tu ne me rejoignes pas ici. Quoique, te connaissant, ça ne serait tarder…

Ma remarque le fit blêmir mais il retrouva très vite contenance.

- Tu dis regretter, mais c'est loin d'être le cas… Tu te mens à toi-même…

- Ce qui veut dire ?

- Tu as aimé ce que tu m'as fait…

Cette fois, c'est moi qui me tendis. Si le torturais ne m'avait, en effet, pas dérangé plus que ça, je savais que ce n'est pas à ça qu'il faisait allusion. Ce souvenir me hantait jour et nuit, et dieu seul sait à quel point je me dégoûtais d'avoir commis une telle chose. Mais ça, jamais je ne lui avouerais, ça lui ferais bien trop plaisir.

- Et si tu me disais plutôt pourquoi tu es ici ?

- Lorsque tu m'as enlevé et drogué, que voulais-tu obtenir de moi ? Quelles informations avais-je en ma possession t'intéressaient ?

- Tu crois vraiment que je vais te le dire ?

Il fronça les sourcils et se pencha vers moi. Ses yeux mordorés me firent tressaillir. La ressemblance avec son père était flagrante. Et je ne parlais pas d'Ari…

- Il y a quelque chose que je sais et que tu voulais savoir, et je suis persuadé que cela n'a rien à voir avec ces gamins que Valentin a passé sa vie à torturer.

- Je voulais connaître les complices de Jonathan, rien de plus.

- C'est faux. Il y avait autre chose…. Tu étais blessé quand la police t'a retrouvé. Qui ? Qui s'en est pris à toi ?

Je gardais le silence. Pourquoi lui confierais-je de telles informations ?

- Était-ce mon père ? Mon père biologique, j'entends…

- Pourquoi me poses-tu une telle question ?

J'étais soudain inquiet. S'il posait la question avec une telle conviction dans sa voix, c'est qu'il savait qu'il était vivant. Et s'il le savait, c'est que…

- Il s'est manifesté ?!

- Peut-être.

- Tu ne dois pas le laisser approcher de toi !

- Ne me dis quand même pas que tu t'inquiètes pour moi ?!

- Pas pour toi, non…

- Alec… Murmura-t-il.

- Oui. Admis-je. Je ne suis pas idiot, je sais que toi et lui êtes toujours ensemble. J'ai eu beau tout faire pour vous séparer, tu continues à le pervertir…

- J'aime Alec. Et comme personne ne vient te voir et que tu as interdiction de communiquer avec l'extérieur, je suis le seul qui puisse t'aider à le protéger. Conclusion : tu ferais mieux de me dire ce que tu sais.

Je serrais les poings. L'envie de le frapper n'avait jamais été aussi forte. Imaginer mon fils dans ses bras m'était insupportable. Malheureusement, il n'avait pas tort… Il était le seul capable de pouvoir le protéger, et, d'une certaine manière j'avais toute confiance en lui pour le faire, et ça me rendait encore plus fou de rage.

- Donne-moi d'abord de ses nouvelles.

- Il va bien. Ta famille va bien… Autant qu'elle puisse l'être en tout cas…

Je baissais les yeux. Ma main s'ouvrit sur la photo de mon plus jeune fils. Je l'avais toujours sur moi. Les larmes me montèrent aux yeux. J'avais déjà perdu Max, je refusais de perdre un autre de mes enfants.

- Je ne voulais pas te soutirer des informations. Je voulais faire diversion et avoir le champ libre pour lui tendre un piège. Et ça a marché, j'ai réussi à le faire sortir de sa cachette.

- Qui ?

- Ton père… Ton vrai père…

Il voulut se lever mais je le retins par le bras.

- Tu dois protéger, Alec. Il veut se venger, il fera tous pour tuer mon fils !

- Alec est sous ma protection, personne ne lui fera de mal. Mais… Quelqu'un le suit en ce moment, j'ignore qui…

- Mickaël…

Devant son air d'incompréhension, je rajoutais :

- Mickaël Wayland, le père de Jace. C'est lui qui suit Alec. A ma demande.

- Pourquoi ?

- Le protéger.

Il sembla rassuré, et dans un sens, moi aussi. Je le relâchais et il me fixa un instant sans rien dire.

- J'ai un service à te demander… Me fit-il à demi-voix.

- Un service ? Pourquoi te rendrais-je un…

- Parce que ça concerne Jonathan ! Me coupa-t-il.

Je serrais les dents. Je haïssais ce garçon autant que celui que j'avais en face de moi. En fait, je le détestais même plus.

- Dis-moi.

Il me fit un sourire cruel, et sans avoir besoin de mot, je sus ce qu'il voulait de moi. Et pour une fois, je partageais la même envie que lui…

Plus tard- Appartement Brooklyn- PDV Alec

Lorsque Magnus rentra, je l'attendais dans le canapé, souriant.

- Enlève ce sourire de ton visage, Alec, je te l'ai déjà dit ! Me fit-il sur un ton faussement furieux.

- Pourquoi ? Ça t'énerve ?!

- Oui.

Il s'avança vers moi et me souleva dans ses bras avant de me pousser vers la chambre et de me plaquer contre le mur de cette dernière.

- Si tu savais à quel point j'ai envie de te le faire ravaler ce sourire… Me susurra-t-il à l'oreille en collant son corps contre le mien.

- Tu as eu mes messages ? Lui demandais-je en lui lançant un regard moqueur.

Il avait passé la journée à travailler, sois disant qu'il avait du retard à rattraper de toute urgence avant de rentrer à Los Angeles. Il m'avait alors interdit de venir le voir car je le déconcentrais. Bien entendu, je ne l'avais pas entendu de cette oreille, et avais donc passé la journée à lui envoyer des messages plus que provocateurs. Cela avait commencé par une photo de mon nouveau tatouage que j'avais enfin pu faire il y a quelques jours, et qui avait pris la place de l'ancien.

- Oui, et je t'ai promis que tu me le paierais très, très cher…

Il releva mes bras au-dessus de ma tête, m'empêchant ainsi de bouger. Ses yeux mordorés s'ancrèrent dans les miens. Ils brillaient de désir. Tout son corps était imprégné de désir pour moi. Je me rapprochais pour lui voler un baiser, mais il se recula, un sourire amusé étirant ces lèvres que je désirais tant.

- Embrasse-moi…. Murmurais-je.

- Non…

- Si… Embrasse-moi… S'il te plaît…

- Non, tu ne le mérites pas !

- Fais-moi l'amour alors !

- Non plus !

- S'il te plaît ? Essayais-je en riant.

Il rit à son tour et me fit basculer sur le lit, me fixant étrangement.

- Je t'aime, Alexander…

L'air rieur avait disparu de son visage.

- Pourquoi cet air aussi sérieux tout à coup ? Lui demandais-je en caressant sa joue.

- Parce que je ne joue pas… Je t'aime…

Je souris et je me mis à califourchon sur lui, joignant mes mains aux siennes.

- Et bien, Monsieur Bane, que se passe-t-il ? Il semblerait que vous êtes loin de l'époque où vous ne vouliez même pas me montrer le moindre geste d'affection.

- Tu étais tout bonnement insupportable, mon ange !

- Mais j'ai gagné !

- Oui…Je m'en veux tu sais. Je m'en veux de t'avoir fais du mal, d'avoir été la cause de tes larmes et… Et d'avoir risqué ta vie et celle de ta famille.

- Magnus, tu n'as pas à t'en vouloir. Ta réaction était normale. Mon père t'a fait du mal, tu avais de très bonnes raisons de me repousser.

- Peut-être, mais… Je regrette. Tu sais, aujourd'hui, il n'y a rien que je souhaite plus que de t'avoir dans mes bras.

- Moi aussi…

- Je vais revenir vivre ici…

- Ici… Ici, à New York ?!

- Oui !

- Mais… Mais… Je croyais que tu ne voulais plus vivre ici ?!

- Pour être avec toi, je serai prêt à vivre en enfer.

- Magnus… Ce que tu dis me touche, mais je ne veux pas que tu sois malheureux. J'ai accepté de vivre avec toi à L.A, alors tu n'es pas obligé de…

- Je sais… Me fit-il taire en posant un doigt sur ma bouche. Je sais… Mais… Ok, je vais être honnête avec toi. Ta sœur m'a menacé de brûler tous mes vêtements de haute couture si je t'emmenais loin d'elle. Désolé, mon ange, mais elle me fait peur alors j'ai préféré dire oui !

J'éclatais de rire et secouais la tête en levant les yeux au ciel. Ses lèvres douces vinrent se poser sur les miennes et je poussais un soupir de satisfaction. Mon corps se colla aussitôt au sien. Il me fit basculer sous lui, sans pour autant quitter mes lèvres. Si tu savais combien je t'aime, Magnus Bane…Tout contre moi, je sens les battements de ton cœur. Et je sais pour qui il bat aussi fort : pour moi. Moi et moi seul. Fermant les yeux, je m'abandonne complètement à toi, mouvant mon corps sous tes caresses. Tu me fais tout oublier. Tout sauf mon amour pour toi. Tes lèvres dérivent dans mon cou et tes mains glissent sous mon pull. Je souris à ce que tu m'avais dit une fois, alors que tu râlais sur mon manque de goût pour les fringues et la mode. J'avais fait un effort un jour, pour toi, mais tu t'étais aussitôt débarrassé de mes nouveaux vêtements, tout en me disant que bien que tu détestais les autres, et que tu adorais ceux-là, ce n'était pas moi, et tu voulais que je reste toujours le moi donc tu es tombé amoureux. Tu ne voulais pas que je change, jamais… Avec toi je peux être entièrement moi, je n'ai pas besoin de me cacher, et c'est pour ça que je me sens tellement bien… Tes caresses sont encore plus douces que d'habitude et traduisent tout l'amour que tu me portes. Parce que oui tu m'aimes, et j'aime que tu ne t'en caches plus, que tu te l'avoues enfin à toi-même. Je me retrouve nu dans tes bras et tu me souris. Tes vêtements à toi aussi ont disparu. J'ignore quand tu les as enlevé. Peut-être était-ce même moi qui te les ai ôté. Je ne sais pas, je suis complètement ailleurs quand je suis dans tes bras. D'un seul regard, je te demande de venir en moi, de me faire tiens comme tu sais si bien le faire. Tu le fais avec douceur, avec amour. Tes baisers me hurlent que je suis à toi, et les miens te jurent que jamais je ne t'abandonnerai. Nos deux corps s'emboîtent l'un dans l'autre à la perfection. Comment avoir encore des doutes sur le fait que nous sommes faits l'un pour l'autre ? Rien ni personne ne peut nous séparer. Rien. Mes doigts s'entremêlent aux tiens alors que tu accélères tes mouvements en moi. Tu fermes à ton tour les yeux et enfoui ta tête dans mon cou, me chuchotant des « je t'aime ». Je t'enserre de mes bras, gémissant un peu plus fort. Tu relèves la tête et tes yeux semblent soudain inquiets. Tu as eu peur de m'avoir fait mal, je le sais. Tu as toujours peur. Je te fais un sourire rassurant. Tout va bien, mon amour. Tout va bien. Tu me souris à ton tour et m'embrasses, entremêlant ta langue à la mienne. Je mords ta lèvre et tu ris. Tes mouvements s'accélèrent un peu plus alors que tu me serres davantage contre toi. Je me sens tellement bien dans tes bras… Tellement bien… Mon corps se tend alors et tu déposes un baiser sur mon front alors que je jouis entre nous. Tu vins quelques secondes après et tu me serres contre toi. Les draps collent à nos corps en sueur mais tu sembles t'en ficher. Tu ne veux pas que je m'éloigne de toi, je le sens. Je me blottis contre toi, et tu caresses tendrement mes cheveux. Tu me murmures un nouveau « je t'aime ». Je relève les yeux vers toi. Je ne t'ai jamais vu me regarder avec autant d'amour. La force de ton regard me fait rougir. Tu caresses mes joues et les mots qui traversent alors tes lèvres me laissent sans voix. Je n'arrive pas à y croire, j'ai l'impression de nager en plein rêve. Des larmes d'émotion coulent sur mes joues sans que je n'arrive à les retenir. Je me frappe mentalement en voyant ton air inquiet faire son retour. J'ai conscience que tu es en train de mal interpréter ma réaction alors je m'empresse de coller mes lèvres aux tiennes et de t'embrasser comme jamais je ne l'avais fait. J'espère te faire comprendre ainsi que oui je le voulais, que je le voulais plus que tout au monde…

A suivre

Merci pour vos reviews

Gros bisous

Et je promets que la suite ne se fera pas attendre autant !