Note d'auteur : Et voici le chapitre final ! Je remercie Baaldr, Elodie22, Kcaraetmoi, 6degreesoflife, miss damdam, Hellismyhaeven, PamDHMG, LizziO, chizuru300, Amethyst Adeira, GruviaCrazy, Matsuyama, RosalindAnnaBorelli, yaourt3, The McKinnon Girl, Eliie Evans, Oohfemmeluxieuse, Et Xunaly pour votre soutient, vos conseilles et vos encouragements. Je remercie aussi tout ceux qui ont laissé une review anonyme, tout ceux qui ont follow ou favorit cette histoire sans laisser de review et les lecteurs de passages qui n'ont pas laissé de trace. Sans vous cette histoire n'aurait pas dépassé le chapitre trois, merci à tous !
15 : Neville
Une douce lumière transperce la voûte de verdure épousant la forme des serres de Poudlard. Un rayon de soleil filtrant entre deux larges feuilles exotiques caresse la peau du professeur Londubat, qui tient dans sa main une lettre de sa femme. Hannah lui écrit qu'elle a trouvé un petit chalet écossais où ils pourront se réfugier cet été, lorsque la tiédeur sera trop pesante et que les clients se feront assez rare pour qu'elle ferme le bar. Neville sourit. Il pense annoncer la nouvelle à Fanny, puisqu'il lui fait classe cette après-midi, mais ne sait pas s'il pourra convaincre John de les accompagner : à quatorze ans il rêve de passer ses premières vacances avec un ami. Hannah s'inquiète beaucoup de laisser aller son fils chez Steven Balby, d'autant plus que ses parents sont moldu et que c'est un monde inconnu pour le couple Londubat. Mais Neville est confiant quant aux fréquentations de son fils. Il sait que tout ira bien.
Un couple de merles vient chanter de l'autre côté de la parois de verre. Neville ferme un instant les yeux pour goûter la tranquillité de cette mélodie, puis il les rouvre afin d'observer les deux oiseaux. Ils sont sublimes, leurs plumes noires luisent de l'éclat du soleil et leurs becs orangés sont d'une délicieuse et vive couleur lui rappelant la robe que portait Hannah lorsqu'ils se sont dit au-revoir sur le quai de la gare. Hors de la serre n°2, bulle paisible emplie de plantes bienveillantes aux couleurs chaudes rassurantes, les étudiants de Poudlard s'affairent à se distraire dans l'immense parc du château. Il y a James Potter et sa petite bande qui complotent une nouvelle farce près de la forêt interdite. Harry Parkinson et miss Zabini s'échangeant des mots doux vers les buissons de fleurs qu'il a lui même planté. Et sa fille chérie, sa Fanny, qui révise un livre de potion sur les berges du lac, les pieds trempant dans l'eau noire. Quelques première et deuxième années se courent après, riant à gorge déployée, certains curieux qu'il faut surveiller s'approchent un peu trop du saule cogneur. John leur jette quelques œillades moqueuses tout en restant concentré autant qu'il peut sur sa partie de bataille explosive. Il y a tant d'insouciance dans leurs gestes, dans leurs rires et leurs sourires, qu'il sentirait presque les larmes lui monter aux yeux.
Il jette un œil sur les copies à sa gauche, qu'il aurait préféré oublier, et se résigne en un soupire à se mettre au travail. Elle sont à une classe de Pouffsouffle, la première copie porte le nom de Ted Lupin. C'est une mauvaise copie, pleine de ratures et à l'écriture hésitante. Neville sourit malgré tout avec indulgence, car il sait le mal qu'a Teddy avec la botanique et cela malgré tout les efforts de sa grand mère. Il se retrouve un peu dans cet enfant privé de parents. Cela ne l'empêche pas d'être juste dans sa note, Neville est un professeur des plus impartiales. Il corrige encore quelques copies puis se laisse subjuguer par une fleur ensorcelée venant d'Afrique, qu'il a eu du mal à se procurer et qui ouvre enfin ses pétales. L'éclat rouge et or contraste si vivement avec le vert sombre des sépales qu'il plisse les yeux. La fleur semble un guépard guettant sa proie, ou un lion qui n'attend que d'être apprivoisé. C'est une fauve. Il reste longtemps à examiner la bête, subjugué par sa splendeur sophistiqué. Les abeilles entrées dans la serre, du même avis que le professeur, bourdonnent autour de lui, frôlent son corps, font se soulever doucement quelques mèches de cheveux. Neville, imperturbable, dessine en son esprit chaque ligne de la fleur.
Soudain, la porte de verre s'ouvre en grand. Le jeune homme se redresse vivement et manque de renverser une carnivore du Soudan qu'il a tout récemment rempoté. Daphné émet un rire bref et aiguë qui l'amuse. « Tu as la même démarche que Snape, ça me fait toujours sursauter. » Le professeur Greengrass se moque gentiment de lui et pose un plateau en porcelaine sur lequel repose deux verres et une théière marocaine. Neville renifle avec envie la délicieuse odeur du thé à la menthe qui envahie leur petit espace. Presque inconsciemment, il se pourlèche les lèvres sous le regard toujours amusé de sa collègue. « Un jour, tu auras cinquante ans, et tu seras toujours effrayé par ton vieux prof de potion ! » « Qui sait ? Et tu grimacera toujours à la seule idée d'un jus de citrouille. » Comme pour confirmer la réplique malicieuse du brun, la bouche de Daphné se déforme en un air dégoûté. Elle s'assied ensuite auprès de Neville et leur sert à tout deux le thé. « On aurait dû inviter Faucett à partager notre goûter, elle va passer d'un instant à l'autre récupérer des ingrédients pour les cours des septièmes années. » La brune hoche la tête avec une petite grimace. Faucett, qui a seulement quelques années de plus qu'elle, ne l'apprécie pas du tout, probablement à cause de ses opinions politiques. Mais Neville ne se soucie pas de cela. Alors qu'il finit son premier verre de thé, le professeur de botanique décide à sortir de sous sa chaise une boîte métallique qu'il ouvrit avec gourmandise. « Ce sont des gâteaux à la rose fait par Hannah, ils sont si bons, on croirait qu'elle y met toute sa tendresse ! » Un sourire niais éclate sur son visage tandis que ses yeux s'illuminent. Daphné n'a jamais vu autant d'amour chez un mari. Elle regarde rapidement sa montre et s'exclame qu'elle va être en retard, laissant Neville seul avec son thé à la menthe, ses gâteaux à la rose, ses fleurs carnivores et ses merles chanteurs. Le soleil étincelle toujours au travers des tiges et des feuilles vertes, sa douceur réchauffe la peau du jeune professeur et de ses yeux rieurs il observe le monde au travers de sa serre.
Neville Londubat regarde ses enfants s'ébattre dans le parc avec la candeur et l'insouciance de ceux qui n'ont rien à craindre. Il regarde le ciel bleu, immaculé, dans lequel ne flotte aucune marque noire. Et il sourie. Car le monde est beau, si serein, lorsqu'il renait de ses cendres.
