Un supplément d'âme

Merci pour les cartes postales : Tallia, Kisscool, Astérie, Nataniel von Hardstein, Remi, Grispoils et Lizou.
Bonne rentrée !!

Des bises aux meilleurs relecteurs du cyberespace : Alixe, Dina, Fée et Thalys.

Dimanche 1er mars - lundi 2 mars

55. Le prévisible et le raisonnable (Cyrus)

Harry a du mal à se concentrer sur ses devoirs, je le vois bien. Il ouvre et ferme trop de livres en trop peu de temps. De loin en loin, Hermione lui lance des regards inquiets sans oser réellement lui poser de questions. Il faut dire qu'on a bien éludé toutes celles de nos petits camarades en revenant – enfin, Harry a fait ça avec maestria et contrôle, sacré grand frère :

« Nero voulait me parler. Vous connaissez les gosses de riches, ça ne supporte pas d'attendre », il a répondu d'emblée en s'installant à la table où les septième année finissent, évidemment, leurs devoirs.

« Te parler ? Te parler de quoi ? », a naïvement demandé Neville, qui d'autre ? Pas que toute la salle commune ne se soit pas posée la même question, mais fallait quand même être assez proches de lui pour oser. Et ceux qui l'étaient trop en savaient bien assez pour éviter de le faire.

Harry a eu l'hésitation qu'il fallait – celle qui vous fait penser qu'il ne sait pas s'il doit vous le dire mais que l'envie est plus forte que la prudence :

« Il se demandait comment j'avais affronté Voldemort quand j'avais quinze mois. »

Un demi-mensonge, c'est aussi une demi-vérité. Il ne fallait pas jeter la pierre qu'à Papa dans cette histoire ; on ne fréquente pas sans conséquences un Severus Rogue depuis l'âge de cinq ans. Et les résultats sont là : il faut une bonne demi-minute avant que quiconque ose reprendre la parole.

« Tu veux dire vaincu ? », a lancé timidement Lavande Brown. « Comment tu as vaincu Voldemort ? »

« Bien sûr », a marmonné Harry en rougissant légèrement – ce que tout le monde, sauf Hermione, Ron, Ginny, Archibald et moi, a pris pour de la modestie.

Et instantanément, toute l'excitation et la curiosité se sont dégonflées. Peu avaient réellement envie de jouer à se faire peur avec le Seigneur des Ténèbres à moins d'une heure du dîner. Deux ou trois ont lancé des piques sur les sangs-purs et leur prétention, les Malefoy et leur égo, mais la majorité s'est surtout empressée de se remettre à ses activités habituelles.

Moi même, à côté de Ginny et en face d'Archi, je me suis persuadé qu'il était temps de me jeter dans l'énorme travail de recherches personnelles que Vector nous a demandé depuis des semaines. D'abord parce que penser à ce qui venait de se passer n'était pas une bonne idée. Ce que Nero était, ce que contenait le Horcruxe caché aux tréfonds du Manoir Malefoy, les conséquences de tout ça sur tous ceux que j'aimais : des sujets bien trop inquiétants pour les affronter en solitaire. Deuxièmement, je n'avais plus qu'une semaine pour finir ce boulot pour Vector et j'avais tout sauf envie de le bâcler celui-là. Le sujet me plaisait assez – l'utilisation pragmatique et intuitive des pentacles dans les pratiques chamaniques traditionnelles d'Amazonie - il faut dire que je l'avais trouvé moi même. J'avais écrit à Aesthelia, ma marraine, qui m'avait envoyé des documents plus qu'intéressants pour illustrer mon propos.

Comme mes résultats d'arithmancie conditionneraient directement les chances de me spécialiser un jour en ethnomagie, je ne pouvais que faire de mon mieux ou dire que je préférais devenir éleveur de dragon ou fabricant de balais de Quidditch et qu'on n'en parle plus. Ça fait plusieurs jours que j'avais fait le plan et j'avais même écrit la première partie, la plus compliquée en un sens. Faire la synthèse des exemples me paraissait plus simple.

Je suis plongé dans mon travail quand Harry s'assoit à côté de moi.

« Échecs ? »

« Maintenant que tu exploses Papa, tu n'as plus peur de rien ? », je lance par pure rigolade et je le regrette immédiatement : la rumeur fera le tour de l'école avant demain matin.

« J'ai plus envie d'échapper à mes devoirs que de te battre », il soupire. L'affirmation amène une grimace de commisération sur le visage de Ginny aussi vite qu'elle sidère Archi, c'est rien de le dire.

« Tu me laisses finir mon paragraphe ? », je demande, beaucoup plus sobrement. Si Harry a besoin de moi, ça ne se discute même pas.

« Bien sûr ! C'est quoi ?? », s'intéresse mon grand frère, sans doute déstabilisé à l'idée de me sortir, moi, de mes devoirs.

« Ma recherche d'Arithmancie. »

« Je peux regarder ?? »

Je dis oui de la main et je reprends mon écriture sans pouvoir m'empêcher de lui lancer des regards curieux de temps en temps. C'est moins intimidant que quand Papa ou Severus se mettent en tête de lire mes devoirs pendant les vacances mais quand même. C'est Harry avec toutes ses bonnes notes et sa grande sagesse. S'il grimace je suis capable de tout coller au feu. Je me rends compte que Ginny et Archi l'observent par en dessous eux aussi. Lui non, il est super concentré, ça se voit.

« C'est pas fini », je lance finalement, n'y tenant plus.

« Pardon ? »

« J'ai encore plusieurs jours, je peux l'améliorer », j'ajoute, prodigieusement agacé par mon ton nerveux.

« L'améliorer ? », se marre maintenant Harry en passant une main négligeante dans ses cheveux. « Mais Cyrus, c'est absolument génial, ton truc ! » Vrai ? - je demande silencieusement. Vrai, répondent ses yeux. « T'as trouvé le sujet tout seul ? », il questionne à haute voix.

« Ben oui... Enfin, j'avais lu un bouquin sur la magie Kapoyo où l'auteur remarquait l'emploi récurrent de nombres ternaires... et avec le cours de Vector, ça a fait tilt... », je réponds avec une modestie qui me surprend moi-même.

« C'est trop bien vu », estime Harry, et son éloge m'assèche la gorge. « Tu as trouvé des bons exemples ? »

« Oui, je crois. C'est ce que je suis en train de rédiger », je réponds mécaniquement, dépassé par mes sentiments. Faute de mieux, je tourne le parchemin vers lui.

Quand le dîner arrive, nous n'avons pas joué aux échecs tellement nous avons passé de temps sur les différents exemples que j'avais collectés et leur possible interprétation. Finalement, je crois que c'est ce que la salle commune de Gryffondor retiendra de la journée : nous avoir vu travailler ensemble...

« Comme si tu avais besoin de l'aide du préfet en chef pour tes devoirs », persifle gentiment Archi sur le chemin du réfectoire.

« Comme s'il n'avait pas besoin que son grand-frère l'autorise à être aussi bon que lui » , répond Ginny du tac au tac.

Parfois je me dis qu'à eux deux, ils sont pires qu'une conscience.

oo

Le lundi arrive comme une mauvaise habitude, avec ses certitudes, ses ennuis, ses répétitions et son incapacité à voir plus loin que son nez. Comment pouvais-je me retrouver sur le chemin de la salle de potions comme si de rien n'était, comme si l'important serait la note octroyée par Ash à la potion que nous avions réalisée devant Ombrage ? Comme si Harry n'avait pas vaincu ? Comme si les journaux n'attaquaient pas mon père comme jamais ils n'avaient osé le faire depuis une bonne dizaine d'années ? Alors que tant était en jeu ? Est-ce que c'était même possible alors que nous n'avions jamais été aussi prêts de retrouver le Horcruxe de Regulus ? J'avais passé une bonne partie de la nuit à ruminer tout ça après que Papa nous ait rapidement informé de l'échec de sa discussion avec le grand frère de Nero.

Drago ne voulait pas nous le donner ? La belle affaire ! Si un elfe l'avait retrouvé, est-ce que Scrimgeour ne le pouvait pas ? S'il ne suffisait pas à la tâche, ne pouvions-nous pas envoyer Mae et Shacklebolt lui prêter main forte ? Patmol aurait joyeusement prêté son flair si ça avait eu une seule chance d'être accepté.

Oui, je limitais la diffusion de si belles et évidentes théories. Autant pour ceux qui prétendent que je n'apprends rien. Avais-je besoin que Papa s'inquiète pour moi alors qu'il était de nouveau reparti à Londres défendre son point de vue et sa gestion de l'école, accompagné de Mae ? Avais-je plus besoin que Harry me répète légèrement condescendant que Sirius ne retrouverait pas son petit frère dans l'Horcruxe ? Non.

Sauf qu'ils ne voyaient pas que ce n'était pas Sirius en fin de compte qui avait besoin de trouver ce Horcruxe. Sirius abhorrait la magie noire, même celle qui m'avait créée. Et que son frère se soit prêté à cette manipulation ultime n'était qu'une preuve de plus de tout ce qui les avait toujours séparés. C'était moi qui avais envie de rencontrer ce Horcruxe – la nuit blanche du dimanche au lundi me l'avait appris. Pas que j'aie besoin d'un frère supplémentaire, comme semblait le craindre parfois Harry, mais parce que j'avais trop de curiosité envers Sirius pour ne pas chercher à en savoir plus. C'était toujours les autres qui m'avaient donné les clés des souvenirs dont j'étais le dépositaire. Tous les actes de Remus parlaient de cette amitié indéfectible qu'ils avaient partagée ; Mae, de la liberté que tout être a, quel que soit son nom ou son statut, de choisir ses combats ; Harry, du sacrifice ultime et de la responsabilité envers un enfant. Narcissa aussi, dans son obsession envers Sirius comme dernier dépositaire du sang des Black, en disait long sur la personne qui m'avait donné son corps. Que dirait Regulus de plus ? Je n'en savais rien, et ça me minait.

Je n'avais revu Nero que de loin au petit-déjeuner. Il s'était glissé dans le réfectoire à la fin, comme s'il évitait ses condisciples. C'était sûrement le cas. Les Poufsouffles n'ont pas beaucoup d'indulgence collective pour les actions d'éclat et les pertes de points stupides. Alors que je sortais, j'ai vu Drago s'approcher de lui et Nero empocher deux brioches et partir dans l'autre sens. Une semaine plus tôt ça m'aurait sans doute fait sourire. Là, je n'avais pas su comment l'interpréter. La nouvelle liberté de Nero était finalement assez inquiétante.

J'ai eu le temps d'y repenser en potions. Ash a en effet profité du double cours qu'elle a avec nous pour perdre trois quarts d'heure à proférer un discours hallucinant sur la sécurité, la prudence et la nécessité absolue d'encadrer strictement l'usage de la magie. A bâiller si on ne décidait pas de penser tout à fait à autre chose.

« Autant devenir des Moldus », a marmonné un Serpentard suffisamment bas pour que ça échappe à Ash. Comme on devait être nombreux à ne pas lui donner totalement tort, personne n'a souri ou n'a tourné la tête pour éviter qu'il se fasse remarquer. On faisait de la résistance passive en quelque sorte : pas de sourire, pas de hochements de tête, pas de questions, rien. Enfin, je parle de la majorité, il y avait évidemment un ou deux lèches-bottes pour le faire mais je ne leur ferais pas le plaisir de vous dire que je les ai remarqués.

Après avoir ouvertement critiqué son prédécesseur, Ash volait ce matin-là sur le vent de critique officielle et attaquait, presque nommément, mon père. Elle condamnait le "laxisme généralisé, justifié comme de la bienveillance et de la compréhension" qui tendait à régner dans l'école et y voyait, évidemment, un lien avec la destruction coupable du tableau de notre chère et estimée Conseillère spéciale à l'éducation. La classe se relayait par moitié pour me lancer des regards curieux - quand allais-je exploser ? Mais j'avais décidé que, jamais, je ne lui ferais le plaisir d'avoir l'air de comprendre ses insinuations. Le premier degré pour toute défense, ça a le mérite d'être original, non ?

Est-ce une mesure de rétorsion déguisée, en tout cas ma potion Lonéat n'a obtenu qu'un Acceptable, le premier depuis longtemps alors que Ginny et Archi, eux, ont reçu Effort Exceptionnel. Je suis bien content pour eux, évidemment, mais je ne peux pas m'empêcher de regarder Ash bien en face pour lui faire passer le message. Elle est d'abord surprise de mon effronterie (comme dirait Granny) puis elle rosit très légèrement et elle détourne les yeux, visiblement mal à l'aise avant de décider de faire face et de me lancer un regard qui semble bien dire : « Oui, et alors ? »

En sortant de la salle, je dis bien fort que ce qui sera bien avec les Aspic c'est que ceux qui nous évalueront viendront de l'extérieur. Les rires qui me répondent confirment que je n'étais pas le seul à ressentir un malaise croissant en face de la belle Mélia Ash.

« Remus Lupin serait-il en danger ? », enquête Archi un peu plus tard. « Si les petits jeunes comme Ash quittent le navire... »

« Normalement, il n'a pas joué toutes ses cartes », je réponds cryptique alors nous sortons des serres de Botanique.

« B'en j'espère qu'elle est forte sa carte de sauvetage », estime mon meilleur ami. « La magie noire, passe encore, mais combinée au Ministère... ça commence à faire gros, non ? »

« Si tout marche bien l'antidote devrait agir sur les deux », je révèle. Il sifflote son admiration.

« Et ton frère le bat aux échecs ? »

« Une fois... »

« Il a dû être super fier de lui ! »

L'après-midi me ramène à mon devoir d'arithmancie et à la bibliothèque. Je n'arrive qu'à déchirer plusieurs brouillons insatisfaits de mes essais de rédaction sous le regard inquiet de Ginny qui se réfrène heureusement de tout commentaire. Elle se contente d'indiquer à six heures qu'elle va à l'entraînement de Quidditch et je m'empresse de la suivre. Battre des Cognards est encore ce que je peux faire de mieux en ce moment.

ooo

Harry et moi, on aime les douches brûlantes des vestiaires de Quidditch. On les préfère même à celles des dortoirs, surtout en hiver quand les vestiaires sont glacés. On est bien les seuls, et c'est du coup devenu aussi un endroit où on peut parler sans crainte d'être entendus, sans avoir à aller se cacher et même en respectant le sacro-saint règlement. Aujourd'hui, j'ai pu lui faire part de l'évolution de Ash à mon égard et apprendre qu'il a vécu plus ou moins la même chose.

« Remus sait se défendre », commente laconiquement Harry à ma question muette.

« Tu crois qu'il est rentré ? », je lui demande alors qu'on sort du vestiaire, revêtus de nos uniformes, nos balais et nos tenues d'entraînement à la main.

« Pff, tu sais, l'analyse du tableau est prête demain. Ça m'étonnerait pas qu'il reste sur place pour l'avoir et voir comment l'utiliser », il estime avec un geste de la main qui semble dire qu'il ne s'en mêlera que si on lui demande. Je sais que c'est de la frime.

« Ça va marcher ? », j'insiste donc parce qu'il est bien meilleur politique que moi.

« J'en sais rien ! »

« Mais tes tripes, hein, elles disent quoi ? »

Harry fait bien cinq pas avant de répondre.

« Mes tripes disent que la logique et les lois statistiques me donnaient perdant contre les Horcruxes mais que Papa, Mae, Severus ou Grand-père ont voulu croire à ma chance... »

« Bref, tu veux y croire... », je comprends, un peu intimidé quand même par le parallèle.

« Et la loi des probabilités veut aussi qu'il existe peu de chances réelles que Fudge et Ombrage aient anticipé les conclusions de l'expertise... qu'ils aient réalisé la magie noire contenue dans ce tableau... », ajoute Harry.

« Je ne peux pas dire que je vais les plaindre ! »

Mon frère se contente de sourire, et nous avançons en silence dans l'obscurité qui tombe jusqu'à ce qu'une silhouette se détachant des arbres nous fassent sursauter et tirer nos baguettes - nos affaires elles finissent sur le sol boueux. La silhouette lève les mains en signe de paix et je suis le premier à le reconnaître :

« Drago !? »

« Je vous cherchais », annonce immédiatement le chef de la maison Malefoy, ses deux mains vides dressées en preuve de sa bonne foi. « Nero a... a disparu. »

« Comment ça, disparu ? », je demande le cœur stupidement battant.

« Personne ne l'a vu depuis midi », répond Drago. « Chourave vient de venir me dire qu'il n'avait assisté à aucun cours de l'après-midi... »

« Tu as peur de quoi ? », enquête Harry pas réellement gentiment. Mais il faut dire que les Malefoy n'ont rien fait récemment pour qu'on leur fasse confiance !

« Nero n'est pas un fauteur de trouble ou quelqu'un qui sèche ses cours ! Ce n'est pas son genre d'attirer l'attention sur lui ! », plaide Drago « Je veux savoir où il est ! »

Harry hausse légèrement les épaules quand je le regarde.

« Mais qu'est-ce que je peux faire pour que vous me croyez !? », s'exclame Drago frustré.

« Nous dire ce que tu attends de nous », propose Harry, de son meilleur ton de préfet.

« M'aider à le retrouver. »

Il faut l'entendre pour y croire.

« Pourquoi nous ? », questionne mon grand frère.

« Qui d'autre ? »

Cette fois, c'est Harry qui m'interroge du regard. Et sa proposition muette me sidère.

« Ça ne coûte rien », il insiste même, le bougre.

« Sauf que je ne l'ai pas ! », je lui rappelle.

« Elle est à toi », argumente Harry. « Appelle-la et elle viendra. »

Je ravale le « Papa va me massacrer » qui me vient aux lèvres – pas devant Malefoy. Mais Harry l'entend.

« Elle est à toi, et tu lui as prêtée de ton propre gré. Ce n'est pas comme s'il te l'avait confisquée », il affirme.

J'ai bien encore un doute mais je décide de me fier au jugement de Harry. N'est-il pas censé être le raisonnable ? Je prononce l'incantation dans un souffle, et la Carte du Philosophe apparaît immédiatement dans mes mains un peu tremblantes.

« Qu'est-ce que c'est ? », demande Drago qui a attendu avec une patience affectée la fin de nos tractations.

« Le moyen de savoir si Nero est à Poudlard », explique Harry, et je déroule la carte. Les yeux de Malefoy parlent pour lui alors qu'il comprend ce qu'il contemple.

« Ici », il indique soudain d'une voix étranglée, et nos yeux le suivent dans la forêt magique jusqu'à la grotte des Fondateurs, comme l'appelle Hagrid - sans doute abusivement, selon Dumbledore et Papa.

« Mais qu'est-ce qu'il fiche là ? », je lâche. Ce gosse est décidément totalement imprévisible !

« Dobby est avec lui », remarque alors Harry.

« Ce misérable elfe ! », crache Drago. « Quand j'en aurais fini avec lui... »

« S'il est là, c'est qu'il a trouvé le Horcruxe », analyse Harry avec un calme sidérant.

Mon cœur manque un battement. Le Horcruxe. Regulus. Nero.

« Tu crois qu'il joue avec depuis midi ? », j'essaie de mettre le plus de nonchalance possible dans ma question. Si jamais Harry a le moindre doute de ma distance, il m'empêchera d'y aller, je le sais.

« On ne joue pas avec un Horcruxe, Cyrus ! », rétorque mon grand frère véhément, les yeux verts lançant des éclairs.

« Vous pensez... ?», supplie Drago, livide.

« S'il est sur la carte, il est en vie », je réponds, content en un sens de ce détournement de la conversation.

« Il faut y aller, ne perdons pas de temps ! », décide Malefoy en se tournant vers la forêt. Je sais immédiatement que je vais y aller avec lui quoi que Harry en dise.

« Tous seuls ? », s'oppose d'ailleurs le prévisible raisonnable.

« Papa et Mae ne sont pas là », je lui rappelle. Il jette un coup d'œil à la carte qui confirme avant d'essayer pathétiquement :

« Mais Severus... »

« Avant-hier tu ne voulais plus jamais lui parler ! », je lui rappelle.

« Je n'ai jamais rien dit d'aussi stupide », gronde mon frère. A sa tête, je ferais mieux de changer d'angle d'attaque :

« On n'a surtout pas le temps ! », je m'exclame. Après tout, c'est lui qui nous a mis en tête l'image de Nero en face de l'Horcruxe.

« Tu ne sais pas ce que tu vas trouver là-bas... », il essaie encore me prenant même le bras.

« Ecoute, Harry, je crois, comme Drago, que le temps est crucial. Il faut arrêter Nero avant qu'il n'aille trop loin, qu'il libère des pouvoirs qu'il ne saurait pas contrôler... », je lui oppose le plus calmement possible. Je sens le soutien prudemment silencieux de Drago. « Mais si tu préfères retourner au château, parlementer et convaincre Severus ou Minerva de se joindre à nous... »

« Severus est celui qui est le plus à même de nous aider », m'oppose Harry tout à sa propre logique. « On n'est pas obligé d'aller le chercher ou de l'attendre ici, on peut lui demander de nous rejoindre là-bas.»

Je ne suis pas loin de le croire et de renoncer quand Drago vient de façon surprenante à mon secours :

« Harry, j'aimerais autant que... mon directeur de maison reste en dehors de tout ça », il explique, calme et digne, adulte comme je ne saurais jamais l'être. « C'est moins pour moi que pour Nero, Harry. Laisse-lui une chance...»

« Une chance de quoi ?» , questionne sèchement Harry, plus ébouriffé que jamais mais sans aucune trace de cette timidité qu'il a parfois ou de compassion. « Ce n'est pas comme s'il était allé en cachette à Pré-au-lard acheter des bonbons, Drago ! C'est de la magie noire ! C'est une âme dont nous ne connaissons absolument pas les motivations qu'il a décidé de rencontrer ! Quels que soient l'entraînement que ton père lui a fait suivre et ses étranges pouvoirs d'occlumens, personne ne peut dire ce qu'il va se passer ! Ni toi, ni moi !»

Les motivations de l'âme de Regulus... ma bouche s'assèche terriblement d'un seul coup. Drago, lui, a notablement pâli sous l'admonestation de Harry.

« Et tu le sais, Drago, sinon tu ne serais pas là», ajoute mon grand frère terriblement plus gentil, mais encore plus impressionnant.

« Je ne peux pas attendre que Rogue... Je ne peux pas ne rien faire !», plaide une dernière fois Malefoy. "Je ne peux pas abandonner mon frère !»

« Non» , reconnait Harry. « Je ne le ferais pas à ta place... mais on peut appeler du renfort, non ?»

Comme Drago hésite encore alors que le patronus d'Harry court déjà vers Poudlard, je décide de prendre le parti d'Harry :

« Drago, aucune opération de secours n'est organisée sans cavalerie !»

ooo

On a beau avoir tous les trois une expérience avérée en maraudage, atteindre la grotte à la tombée de la nuit n'est pas des plus faciles. Malgré la lumière de nos baguettes, on se prend régulièrement les pieds dans les racines, les robes dans les ronces quand on ne manque pas de s'étaler dans une flaque de boue. On arrive un peu essoufflés à la clairière, étrangement intimidés avant de grimper dans la grotte. La magie autour de nous est palpable. Elle l'est toujours dans la forêt mais aujourd'hui il me semble que c'est plus fort que d'habitude. La clairière est étrangement calme – aucun bruit d'animaux, aucune activité, comme si tous, magiques ou non, avaient fui l'endroit.

« Toujours aucun signe de Severus» , je maugrée pour Harry qui hausse les épaules avec un mélange d'agacement et de fatalisme.

L'entrée de la grotte est là sans qu'on ait échangé d'autres paroles ou reçu le moindre signe de l'arrivée de Severus. Harry et Drago se regardent, et mon frère lui fait signe d'entrer le premier. Malefoy va se glisser dans le boyau de pierre, mais il est repoussé comme si une barrière invisible lui interdisait l'accès. Harry, postulant futur briseur de sorts, commence immédiatement à explorer l'obstacle avec sa baguette et lance sans succès plusieurs sorts d'ouverture des plus simples aux plus compliqués. Drago en ajoute d'autres qui n'ont pas beaucoup plus d'effet. Il me semble même que plus on lance de sortilèges sur l'obstacle plus il prend en consistance.

« Crescenda claustra », je murmure. Comme mes deux aînés se retournent vers moi avec surprise, j'explique. « Plus on essaie de l'ouvrir, plus elle est forte... »

« Sirius t'a appris ça ? », questionne alors Drago.

« Pourquoi pas ? », je contre en évitant de le regarder. Sirius ne sera jamais un sujet sur lequel je saurais mentir.

« Cette méthode de fermeture passe de Black en Black », convient Drago, presque prêt à me reconnaître comme son petit cousin. « Mais quand a-t-il pu t'apprendre ça ? Tu n'avais pas neuf ans quand il a disparu d'Azkaban, soi-disant pour vivre au Brésil ! »

Le vrai. Le faux. Le doute. La tentation.

« Quand j'en ai eu besoin », je réponds finalement, la responsabilité envers tous ceux qui ont pris des risques pour moi l'emportant. Et Harry se remet à respirer puisqu'il demande :

« Et il t'a dit comment ça s'enlève ? »

« Tout de suite », je promets, furieux brusquement du temps passé à me justifier.

« Je t'aide », propose Drago, qui doit plus ou moins avoir les mêmes regrets.

Comme il s'agit en même temps, ou quasi, d'arrêter le sortilège qui bloque et condense toute magie reçue et d'annuler le sort de fermeture, son aide est la bienvenue. Même à deux, ça nous prend plusieurs minutes, notre première tentative échouant. Quand la barrière tombe enfin, une sorte de vent sort de la grotte comme libéré par des vannes invisibles. Mais le mot vent est sans doute mal choisi. Il y a un déplacement d'air, certes mais il n'a rien de naturel. Il est plein de magie lui aussi. De magie inquiétante. On échange des regards éloquents tous les trois.
« On ferait mieux d'attendre Severus» , estime Harry.

« Nero commet une erreur... C'est un enfant ! », plaide une nouvelle fois Drago.

« Un 'enfant' ne prendrait pas tant de précautions », je remarque, me rendant bien compte à quel point certains raisonnements de mon père adoptif ont fini par faire leur chemin dans mon esprit.

« Qu'est-ce que tu en sais ? », crache Drago.

De nouveau, l'hésitation est là. Dois-je lui expliquer ce que je sais intimement des rapports qu'on peut avoir enfant avec une personnalité autre ? Je me convaincs que ça compliquerait inutilement les choses :

« As-tu envisagé que... la personne qui l'habite actuellement et le pousse à agir puisse tenir plus de Voldemort et de Regulus que du petit Nero de onze ans ? », je formule prudemment.

« Il ne peut pas être dominé par un Horcruxe qu'il n'a jamais vu ! »

« Je me garderais de sous-estimer les pouvoirs des Horcruxes », commente sobrement Harry, avec le ton calme de Remus et ce geste de remonter ses lunettes sur son nez avec son index qui le fait ressembler à James plus qu'il ne pourra jamais l'imaginer.

« Mais qu'est-ce qu'il fabrique, Severus ?! », je lance.

« C'est toi qui as la carte », réplique Harry-la-tête-froide.

Je jette un coup d'oeil sur le parchemin et je découvre avec horreur le point Severus Tobias Rogue en train de discuter avec le point Mélia Ash au beau milieu du Hall d'entrée. Harry et Drago regardaient par dessus mon épaule.

« Vous voulez que je vous dise ce que je pense de votre cavalerie ? », marmonne Malefoy. «Moi, j'entre ! »

On se regarde une fois et puis on hausse les épaules avant de le suivre. Il y a quand même des limites au type de remontrances qu'un Gryffondor, même prudent, peut avaler d'un Serpentard !

Au milieu de la salle, là où la dernière fois se dressait une table ronde, Nero est à genoux l'air épuisé. Au dessus de lui flotte une forme lumineuse un peu indistincte. Entre ses mains, il y a un bijou. Je ne peux pas le voir en détails, mais une longue chaine sort de sa main gauche pour se perdre entre les plis de sa robe sur ses genoux. Sa baguette est tombée de sa main droite. Juste à côté d'un elfe inanimé. Dobby semble déjà avoir payé son obéissance.

« Nero ! », s'écrie Drago en s'élançant déjà, et Harry le retient fermement :

« Attends avant de l'approcher ! »

« Lâche-moi ! », se débat le Serpentard avec plus de courage que de jugeote. Un Harry avec ce ton là, ça ne se contrarie pas.

« Utilise ta tête, Drago », continue mon grand frère, sans aucun complexe visible à prendre le commandement. « Un Horcruxe est en jeu. Où est-il, quel est son lien avec ton frère ? »

Drago halète en regardant la scène avec un regard désespéré mais peu de self-control.

« Légilimancie ? », je propose, la gorge serrée. Tout me rappelle trop Voldemort sortant du journal de Ginny. Mon impuissance d'alors. L'espoir confus d'une revanche.

Harry acquiesce avec un regard interrogateur à Drago.

« Moi ? », interroge inutilement Malefoy, mais notre silence vaut réponse. « OK », il accepte puis il ajoute même : « Merci. »

Harry le lâche et me fait signe de m'éloigner. Mon premier réflexe est de regimber puis la salle m'aide à me rappeler. Le risque de possession. La nécessité de distance physique pour être à même de désarmer le possédé. Je prépare donc ma baguette et fais trois pas de côté. Au centre du demi cercle que nous formons maintenant, Drago se concentre, les yeux fixés sur son frère. Il ouvre et referme les paupières, transpire, plus pâle qu'un mort.

« Ça ne marche pas », il souffle, soudain. « Il est nulle part ! Comme... comme s'il avait disparu ! »

« Drago non ! », s'exclame Harry trop tard. Malefoy a avancé malgré le geste de mon frère de le saisir de nouveau.

« Nero !? », il appelle.

L'enfant au sol tourne la tête vers lui et s'écroule la seconde d'après. La masse lumineuse et fantômatique semble prendre de l'épaisseur.

« Qu'est-ce que tu lui as fait, monstre ! », hurle maintenant Drago la baguette levée.

Je fais un pas en avant pour le suivre, Harry s'interpose.

« Rends-moi mon frère ! », exige maintenant Drago et comme il n'obtient aucune réponse, à moins que celle qu'il reçoit ne nous parvienne pas, il lève sa baguette et veut lancer un sort, juste avant de s'écrouler à son tour comme une marionnette moldue à laquelle on aurait coupé tous les fils.

« Drago? », je souffle en tentant de faire un pas en avant à mon tour et en me heurtant à mon frère à demi-tourné vers moi, la baguette pointée vers la scène.

« Recule, Cyrus ! »

« Mais ! »

« Seuls, on ne peut rien pour eux ! »

Par dessus l'épaule d'Harry, je regarde les deux corps allongés, la silhouette translucide qui a prit encore plus de consistance. On peut distinguer les principaux traits de son visage maintenant.

« C'est... »

« Je n'ai pas besoin de ton aide pour deviner », me coupe Harry - j'ai dit qu'il avait été autoritaire tout à l'heure, maintenant il me semble un roc. « Recule ! »

« Enfin ! », je proteste.« On en peut pas les abandonner ! »

« On va attendre Severus. Recule, je te dis ! »

On se mesure du regard. Combien de fois nos amis (et nos ennemis) respectifs se sont posés la question de qui aurait le dessus si nous nous battions en duel ? La vérité est que je ne pourrais jamais lever ma baguette contre lui. Et que je ne suis pas totalement sûr du contraire.

« Harry », je continue d'objecter verbalement, en obéissant même pour montrer ma bonne foi. « Tu peux me faire confiance ! »

« S'il s'agissait de Voldemort ou de n'importe quel autre sorcier, je n'aurai peur de rien à tes côtés », il promet plus doucement en continuant de me pousser de tout son corps dans le couloir qui mène à l'entrée. « Mais pas face à Regulus... »

« Ce n'est pas mon frère ! », je m'agace. Bon sang, ça fait combien de mois qu'ils me hurlent tous ça ?

« Non », il confirme en plaçant une première barrière magique à l'entrée de la salle où règne maintenant en maître l'apparition.

« C'est ridicule », j'affirme avec un peu de colère maintenant. J'aurais dix-sept-ans avant qu'il en ait dix-huit après tout !

Mais Harry pose une deuxième puis une troisième barrière en réfléchissant à sa réponse - je le connais - quand un bruit étrange nous parvient du dehors. Un bruit de moteur et de métal froissé, je dirais, si cela avait le moindre sens. Un silence à peine moins inquiétant suit, brisé par la voix de stentor d'Hagrid qui résonne contre les parois de pierres.

« Merlin, je crois que cette machine moldue n'a pas supporté l'atterrissage sur les rochers, Professeur ! »

« Réparez, Hagrid », lui répond Severus, l'air prodigieusement au-dessus de l'incident. « J'entre voir ce qu'il reste à sauver. »

On se regarde avec Harry et on a la même réaction : on court jusqu'à l'entrée comme des mômes qu'on est en criant : « Severus ! »

« Il a fallu que vous entriez », constate l'être d'habitude le plus caustique de la galaxie, et ça sonne plutôt comme si c'était Papa qui parlait. « Où sont les autres ? »

« Évanouis, je pense », répond diligemment Harry. « On a reculé quand Drago est tombé... »

« Ash ne me laissait pas partir, elle voulait tout savoir sur ce que faisait votre père au Ministère... j'ai cru que j'allais devoir la stupéfixer», explique Severus, l'air exaspéré. « Je suis désolé.... »

Comme ni Harry ni moi ne savons quoi faire de telles excuses, je m'empresse de raconter à mon tour :

« Nero a activé le Horcruxe. C'est bien Regulus qui est apparu... comme Jedusor était apparu du journal il y a cinq ans. »

« J'ai mis trois barrières entre lui et nous », ajoute Harry, comme s'il s'agissait d'un exercice scolaire - oui, je suis mesquin parfois.

« Allons voir si nous pouvons les sortir de là », soupire Severus, et je me dis que le jour où la vengeance touchera Ash, elle regrettera d'avoir croisé le chemin de Rogue. Juste après, il ordonne : « Cyrus, va aider Hagrid. »

« Quoi ?! »

« Faut-il t'expliquer que nous allons avoir besoin d'un moyen de transport rapide s'ils sont en train de perdre toute leur magie ? Le scooter est endommagé, va donc ! », il explique en me poussant sans aucun ménagement vers la sortie.

« Mais », je commence -- on me pousse un peu trop à mon goût ces temps-ci -- et puis je croise leurs deux regards. Le vert et le noir. Aussi inquiets et aussi hantés l'un que l'autre. Inquiets pour moi, va sans dire, et je me sens tout petit. J'acquiesce donc.

« Utilise autant de magie et de souvenirs que tu en auras besoin », lance Severus en s'enfonçant sans attendre dans le couloir avec Harry. « Ne lésine pas, Cyrus, on a besoin que ce truc vole, tu entends ?! »

Dehors, le scooter s'est écrasé sur la roue avant en voulant se poser sur un terrain en pente et plus rocheux qu'autre chose. Quelle idée !? Le feu avant de guingois éclaire le désastre d'une lumière crue. La potence est brisée nette, la roue voilée, le garde-boue a disparu. Le cadre s'est tordu sous le choc. Le poids de Hagrid n'a pas dû aider.

« Je suis désolé, Cyrus ! », m'explique ce dernier dès qu'il me voit. « Le professeur Rogue est venu chez moi en courant et a demandé que je l'amène... Il était si pressé... Il a dit que vous étiez en danger... On n'y voyait rien ! »

« Il a eu raison », je l'absous totalement en m'accroupissant pour tâter les morceaux, mesurer les dégâts et décider de la marche à suivre.

Je sors ma baguette : sorts de sidérurgie - fonte, lissage, renforcement - viennent d'abord traiter le cadre. C'est le plus important : il supporte toute la mécanique et le poids des passagers ; il assure aussi la liaison entre toutes les pièces. Je demande ensuite à Hagrid de tenir les morceaux de la potence. Il me faut plusieurs essais avant qu'ils acceptent de reformer une pièce unique. Je renforce magiquement autant que je peux le montage. J'en transpire. Dévoiler la roue est un jeu d'enfant. Reste à rassembler le tout, ce qui nous prend du temps et beaucoup de magie là encore. Je me rappelle ensuite que l'ensemble est censé supporter le poids de plusieurs sorciers, dont certains en valent plusieurs, et je m'attaque à augmenter la puissance du moteur - magiquement là encore. Les souvenirs de Sirius viennent avec fluidité, sans à-côtés, anecdotes ou autres bruits indésirables. Travailler de mes mains a un effet calmant.

« Magnifique, Cyrus ! », me félicite Hagrid quand je me relève pour admirer mon œuvre.

« J'ai peur qu'une fois la magie dissipée, il tombe irrémédiablement en pièces », j'avoue.

Harry, blafard, arrive alors en courant derrière nous. Il porte l'elfe inanimé dans ses bras. On dirait un jeune enfant et je me dis qu'il est bien le seul vrai innocent de tout cela.

« Hagrid, tu peux aider Severus à les porter ?! », demande Harry.

« Ils vont comment ? », je m'interpose.

« Ils respirent », répond mon frère, en sortant pour laisser entrer le demi-géant. « Et le scooter ? »

« Il tiendra. »

On reste là sans savoir quoi ajouter de plus. Il a l'air épuisé et je n'ose pas demander ce qu'il s'est passé dans la grotte. Hagrid arrive alors un Malefoy jeté sur chacune de ses larges épaules. Severus est derrière lui

« Il ne va pas pouvoir conduire ! », j'objecte.

« J'imagine que tes souvenirs de conduite sont mobilisables », répond Severus me prenant totalement à contrepied, alors même que Hagrid s'assoit lourdement sur la selle. Les amortisseurs arrières grincent de douleur. Harry dépose l'elfe en travers de ses genoux et je me dis, en prenant place devant le guidon, qu'il va pas falloir faire de loopings avec un tel équipage.

« Dépêche-toi donc. Je préviens Madame Pomfresh », conclut Severus quand je mets les gaz.

oooo

Vous avez vu toute cette action ? Hein ? Et le retour du scooter ? Bref, la suite est racontée par Dora, partie à Londres avec Remus, je vous le rappelle... Comme elle parle de tableaux et de combats, elle s'appelle : L'interprétation des traits. On devrait pas s'éloigner de Poudlard ces temps-ci, j'ai bien l'impression... Vos commentaires, théories, questions etc sont bienvenus !