Hello! Alors, aujourd'hui, une publication plus matinale! :D Bon, j'ai reçu quelques reviews tristounettes sur le précédent chapitre... Mais je ne vous en veux pas hein :3 Que vous vous m'en vouliez par contre, je comprends un peu... ^^' Et vous allez sans doute m'en vouloir pendant encore longtemps ^^' Parce que bon, je préfère le préciser tout de suite, la fiction peut être ratinger (oui, ça n'existe pas comme mot, je sais) ANGST jusqu'au chapitre 57 au moins TT Je vous en prie, ne pleurez pas toutes les larmes de votre corps pendant ces quelques chapitres, je m'en voudrais trop!
Bwef, dans ce chapitre, retour sur Lux. Nous la retrouvons bien après la fin de la Grande Guerre. Mais pas que... En effet, on va retrouver quelques noms connus et d'autres un peu moins :) Je vous laisse découvrir tout ça tranquillement ;) Tout à l'heure, je parlais des reviews. Eh bien je remercie toutes celles et ceux qui m'en laissent, ceux qui ajoutent cette fan fiction à leurs favoris ou qui la follow! Ça fait énormément plaisir /o/ Je vous aime :3 Sur ce, je vous laisse, vous souhaite une agréable lecture, un bon week-end prolongé, et vous dis à la semaine prochaine! :D
Je rappelle qu'aucun des personnages de One Piece ne m'appartient, ni même l'univers! :)
OUT OF REALITY
Elle se réveilla sur une plage. Les remous de la mer faisaient un parfait bruit de fond. Face à elle, une petite maison au bord de l'eau. Sous ses pieds nus, le sable chaud. Où se trouvait-elle ?
Même elle n'aurait pas su le dire. Elle avança donc prudemment vers cette maison qui ne lui inspirait pourtant aucune crainte. Elle vit un couple en sortir. Une femme rousse, à la chevelure légèrement ondulée. Derrière l'oreille de cette femme, une fleur d'hibiscus. Sur son visage, des taches de rousseur.
L'homme qui l'accompagnait portait une moustache exubérante, avait un sourire lumineux sur les lèvres et ses cheveux tombaient sur sa nuque.
Ils disparurent tous les deux dans la petite forêt qui bordait la plage et Lux les regarda se fondre dans l'ombre des arbres. Une porte claqua sur sa droite et la brunette refit face à la maison qu'elle avait découverte quelques minutes plus tôt.
Lorsqu'elle reconnut l'homme qui venait tout juste de sortir de l'habitation, les yeux de la jeune Yeegar se remplirent de larmes et, voyant qu'il marchait jusqu'à elle, elle n'attendit pas. Elle s'élança et se jeta à son cou, l'enserrant dans une étreinte si puissante qu'elle aurait pu se froisser un muscle.
Elle sentit des bras forts l'enlacer en retour. Elle se cramponna au cou de cet homme qu'elle avait cru perdre. Mais il était là, debout devant elle, bien vivant. Elle eut tellement de mal à y croire qu'elle ne se gêna pas pour laisser ses mains traîner sur le corps de l'homme face à elle. Elle tâta ses biceps, caressa les pectoraux, effleura les abdominaux. Il était vraiment là. Entier. Vivant.
Quand elle releva la tête, elle croisa ce sourire enfantin qu'elle aimait tant. Un sourire qu'elle recouvrit rapidement de ses lèvres. Elle laissa ses mains se perdre dans la chevelure de jais de son vis-à-vis alors que ce dernier l'avait attirée contre lui, une main dans le creux des reins de la brunette, l'autre sur sa joue.
Toutes les questions que Lux s'était posé jusqu'à maintenant lui semblèrent bien futiles. Peu importe où elle se trouvait. Elle était avec Ace. C'était tout ce qui comptait. Elle se laissa câliner par le brun encore un peu après leur baiser. Elle pouvait de nouveau apprécier cette chaleur familière, ce parfum, ce grain de peau contre sa joue. Elle avait l'oreille posée contre le torse du beau Portgas et elle écoutait attentivement les battements de cœur du jeune homme. Un rythme régulier, apaisant, réconfortant.
Elle ne voulait pas quitter ce cocon. Elle avait peur qu'au moindre éloignement il disparaisse. Elle se blottit donc un peu plus contre Hiken qui pouffa légèrement.
- Tes cheveux, ça chatouille.
La jeune Yeegar gloussa à son tour mais relâcha légèrement la pression.
- J'ai peur que tu t'en ailles si je ne reste pas contre toi, avoua-t-elle, ses joues s'enflammant par la même occasion.
Le pouce d'Ace passa sur une de ses pommettes, certainement pour y effacer une larme orpheline, et il l'embrassa du bout des lèvres.
- Je ne vais nulle part, murmura-t-il.
Lux ancra son regard dans celui du beau brun face à elle et se retrouva face à l'intensité anthracite qu'elle connaissait par cœur.
- Où sommes-nous ? demanda-t-elle finalement.
Le jeune Portgas se gratta l'arrière de la tête, quelque chose que la brunette ne l'avait pas vu faire depuis longtemps. Il paraissait gêné par ce qu'il allait dire. Son regard ne cessait d'osciller entre la jeune fille et la maison derrière lui. Il soupira avant de poser un regard tendre sur la brunette. Un regard que la jeune Vice-Commandante ne supporta pas. Elle sentait qu'elle n'allait pas apprécier ce qui allait suivre.
- Je suppose, commença doucement Ace, que nous sommes dans ton subconscient.
Le cœur de Lux se serra dans sa poitrine. Alors tout ça, ce décor, Ace face à elle, ce n'était dû qu'à son imagination ? Non, le beau Portgas mentait. Il lui faisait une blague.
La jeune fille porta une main à son cœur.
- Tu es vraiment…
Elle n'arrivait pas à formuler sa pensée. C'était trop dur. Trop frais dans son esprit. Elle se souvenait à présent. Impel Down. MarineFord. La guerre. L'exécution. La mort. Elle affronta de nouveau le regard du jeune Portgas. Elle croisa des orbes tristes, désolés. Elle craqua, les larmes coulant à flot le long de ses joues. Mais elle n'eut pas plus le loisir d'exprimer son désespoir. Ace l'avait déjà prise dans ses bras. Il caressait ses cheveux de manière douce. Et elle, reniflait bruyamment, sanglotait à s'en arracher la gorge. Elle froissa entre ses mains la chemise que le brun avait sur le dos.
- Je suis désolé, Luxie. Tellement désolé…
La jeune Yeegar frappa faiblement le torse du brun. Elle devait se défouler, laisser sortir sa tristesse.
- Tu m'avais promis…
La prise qu'Ace avait sur elle se fit plus pressante.
- Je sais, Luxie… Je n'ai pas su tenir mes promesses… Mais tu dois être forte, d'accord ?
La jeune Vice-Commandante releva les yeux sur le visage de Hiken. Il avait un fin sourire sur les lèvres, les yeux brillants de larmes. Mais aucune d'entre elles ne s'échappa. La brunette refoula alors les siennes. Elle devait dire quelque chose qu'elle n'avait su que murmurer sur le champ de bataille. Quelque chose qu'elle avait eu envie de dire à Ace depuis le jour où il avait failli mourir dans ses bras, sur cette plage, après que Rusteng les ait attaqués.
- Je t'aime, Ace.
Le brun pouffa et chassa les larmes qui avaient décidé de pointer le bout de leur nez d'un revers de main. Il attira une nouvelle fois la jeune fille dans la prison de ses bras et laissa reposer son front sur l'épaule de Lux qui posa ses mains tremblantes sur les omoplates du beau Portgas.
- Je sais, Lux… Je l'ai toujours su… Même si tu faisais toujours en sorte que les choses soient implicites entre nous… J'ai tout de suite compris…
Lux sentit les soubresauts du corps du jeune homme. Elle-même tenta tant bien que mal de retenir les larmes qu'elle s'était efforcé de refouler. Malgré tout ce qu'elle avait fait pour cacher ses sentiments, Ace les avait compris sans qu'elle les lui explique. Elle mordit dans sa lèvre inférieure si violemment pour étouffer ses sanglots qu'elle perça la chair.
- Je suis désolée, Ace… J'aurais dû te le dire avant… Si tu savais comme je regrette… Je suis désolée… Vraiment, vraiment, désolée…
Hiken ne la laissa pas continuer plus longtemps et l'embrassa délicatement, du bout des lèvres.
- Je t'interdis de dire que tu regrettes. J'aurais pu te le dire avant moi aussi. J'aurais pu te le dire le soir de mon anniversaire ou quand nous étions seuls à la poupe du Moby Dick.
La brunette retint un hoquet de surprise. Depuis tout ce temps ? Durant tout ce temps le brun avait ressenti ce genre de chose pour elle ?
- Quant aux regrets… Je pense que j'en ai plus que toi à assumer, continua le jeune Portgas.
La jeune Yeegar le dévisagea.
- Mais tu as dit à Luffy que –
- J'ai menti… Je ne pouvais pas dire ça devant mon petit frère. Je ne pouvais pas lui dire que l'autre de mes grands regrets était de ne pas pouvoir vieillir à tes côtés en voyant notre enfant grandir.
Lux écarquilla les yeux, abasourdie. Elle sentit les doigts d'Ace sur son visage alors qu'il remettait une mèche de cheveux rebelle en place. Le brun avait réellement eu envie de cet enfant. Celui qu'elle portait en elle. Elle aurait aimé en discuter avec lui, mais quand elle ouvrit la bouche pour parler, sa vision devint floue. L'image qu'elle avait du beau Portgas était hachée.
- Promets-moi de rester forte ! entendit-elle comme si Ace se trouvait à des années lumières d'elle. Tant que tu te souviendras de moi, je ne mourrai pas ! C'est une promesse !
La jeune Vice-Commandante voulut dire quelque chose, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Ace s'éloignait d'elle rapidement. Beaucoup trop vite au goût de la brunette dont les larmes avaient passé la barrière de cils.
Tout ceci n'était qu'un rêve. Elle allait se réveiller. Et Ace ne serait pas à ses côtés quand elle ouvrirait les yeux. Il ne serait plus jamais auprès d'elle.
Lux ouvrit difficilement les yeux, les cils mouillés de larmes. Elle papillonna des paupières. Une certaine obscurité régnait dans la pièce où elle se trouvait. Elle était allongée sur un lit et ressentait une légère douleur dans le poignet. Elle jeta un œil à l'articulation pour y découvrir une intraveineuse. Dans le creux de son bras, une perfusion.
La jeune Yeegar se redressa lentement sur le lit où elle avait été jusqu'à maintenant allongée, ne se souvenant que trop bien des fois où elle avait voulu se relever trop rapidement. La tête ne lui tourna pas. Elle resta quelques secondes, assise dans ce lit. Un lit qui lui paraissait étrangement familier et, quand ses yeux se furent un peu mieux adaptés à l'obscurité, elle comprit mieux ce sentiment.
La brunette était de retour dans sa chambre. Celle qu'elle avait sur le vaisseau mère de la flotte. Face à elle, tous les visages souriants qu'elle avait peint à même le mur. La jeune fille décida qu'elle pouvait se lever et arracha les seringues se trouvant encore sous sa peau. Elle grimaça de douleur puis rabattit sa couverture et laissa ses jambes pendre sur le bord de son lit.
Elle réprima un haut le cœur quand elle découvrit un bandage plus rouge que blanc enserrant sa cuisse. Sa cheville avait elle aussi été bandée. Des contusions étaient visibles sur son autre jambe et, quand Lux voulut définitivement se lever, elle eut le souffle coupé pendant quelques millisecondes. Sa côté la faisait atrocement souffrir même si elle arrivait parfaitement à respirer, son épaule, bien que remise par Than sur le champ de bataille, était toujours un peu raide. Son bras droit, avec lequel elle avait paré la plupart des coups la visant à MarineFord, était tout engourdi. Mais le plus étonnant, pour elle, était son ventre. À part quelques bleus et éraflures, c'était bien la seule partie de son corps semblant toujours en état de fonctionner.
Elle effleura la peau autour de son nombril du bout des doigts et suivit le mouvement des yeux. Là, dans son corps, se trouvait un fœtus. Un enfant, qui grandissait lentement. Un enfant qui ne connaîtrait jamais son père.
Lux revit le corps d'Ace, transpercé par le magma, dans un flash. Elle se secoua, essayant d'oublier l'image et avança lentement, prudemment, vers le mur qu'elle avait peint. Le premier visage qu'elle repéra fut celui de Marco. Il avait un sourire resplendissant sur les lèvres. Le second appartenait à Thatch. Un regard rieur, les joues rougies par l'alcool. Vinrent ensuite Haruta, Vista, Curiel et Namyuul, bras dessus, bras dessous. Puis tous les autres. Et au milieu de cet océan de visages, une photo. Une minuscule photo.
La jeune Yeegar baissa faiblement la tête quand ses yeux tombèrent sur l'image. Elle mordit dans sa lèvre inférieure tandis que celle-ci se mettait déjà à trembler dangereusement. Sur cette photo, toujours des visages souriants. Dans le coin supérieur gauche, Teach, qui paraissait complètement ailleurs. En arrière-plan, Barbe Blanche, surplombant tous ses enfants. Juste devant lui, Izou et Joz, côte à côte. Au premier plan, Lux elle-même, des cadeaux à ses pieds. Et dans son dos, Ace, les mains posées sur les épaules de la brunette alors qu'il la dominait d'une bonne tête et demie. Son menton reposait sur le haut du crâne de la jeune Vice-Commandante, son sourire enfantin était là, figé sur ses lèvres.
La brunette manqua cruellement d'air tout à coup. Elle devait sortir de cette chambre. Elle devait s'éloigner de cette photo sur laquelle elle souriait elle aussi, insouciante, inconsciente des événements qui allaient chambouler sa vie. Cette photo avait été prise entre le moment où Lux avait ouvert ses cadeaux, le jour de son anniversaire, et le moment où Ace l'avait embrassée pour la première fois. Thatch avait insisté pour la prendre. "Notre Luxie n'aura pas dix-huit ans tous les jours !". Voilà ce qu'il avait dit pour convaincre tout le monde.
La jeune Vice-Commandante sentit ses entrailles se tordre. Tout était encore trop récent. Cela faisait encore trop mal, écrasant son cœur comme une miette de pain dans sa poitrine. Toute cette douleur était insupportable.
Lux sortit en trombe de sa chambre, claquant la porte derrière elle. Elle fut surprise par la facilité avec laquelle elle arriva à courir. Elle essaya d'enrayer les éclairs de douleurs qui lui parcouraient la cuisse à chacun de ses pas. Elle arriva finalement à la poupe du Moby Dick. Les larmes collaient déjà à sa peau et l'air frais de la nuit lui fouetta le visage. Au-dessus d'elle, la lune déversait une lumière fantomatique sur l'île près de laquelle le navire était arrimé. Cette île semblait inhabitée. Pas un lampadaire, pas une fenêtre éclairée. Rien. Le vide et la noirceur de la nuit seulement.
La jeune fille en profita donc pour laisser sa douleur la submerger. Elle se noya dans les larmes et la tristesse. Quelques images de son rêve lui revinrent en mémoire, le visage souriant d'Ace s'imprima sur sa rétine. Un nouveau souvenir la frappa de plein fouet. C'était ici, à cette même place, que Hiken et elle avaient échangé leurs premiers vrais secrets : le tatouage sur le bras pour l'un, les cicatrices pour l'autre. Ace avait avoué à Lux, dans son rêve, qu'il aurait pu lui dire ce qu'il ressentait pour elle à ce moment-là.
La jeune Yeegar se surprit à regretter qu'il ne l'ait pas fait. Puis elle se souvint de la leçon que lui avait faite le jeune Portgas sur les regrets. Les ongles de la jeune fille raclèrent le bois du bastingage, les larmes coulaient toujours abondamment.
Lux leva les yeux vers le ciel. Elle chercha parmi les étoiles quelque chose. Un signe peut-être. Une toux forcée la fit se retourner. Marco était debout devant elle, le cou recouvert de bandage, une sale balafre sur le front. L'air attristé peint sur son visage raviva la douleur de la brunette dont les pleurs redoublèrent d'intensité. Entre deux sanglots, elle parvint à marmonner le prénom du blond.
- Marco…
Sa voix s'était brisée. À peine eut-elle prononcé son nom que le Phénix lui ouvrait les bras. Lux ne réfléchit pas longtemps avant de se jeter dans l'étreinte qu'on lui offrait. Elle n'essaya pas de retenir les sanglots qui lui bloquaient la gorge. Marco avait toujours été là dans les moments difficiles. Il l'avait vue pleurer plus d'une fois, l'avait vue perdre son sang-froid. Et la jeune Yeegar ne pouvait que le remercier d'être encore là, à ses côtés.
Sans lui, elle serait sans doute morte à l'heure qu'il était. Sans lui, elle aurait déjà sombré. Sans lui, elle était perdue.
~ Quelque part, sur Grand Line
La visite d'Ivankov avait provoqué des cris de joie. Tous avaient entendu parler de sa contribution dans la Grande Guerre. Tous avaient déjà lu les exploits qu'il avait accomplis. Mais elle n'était pas d'humeur à faire la fête. Dans les lignes qu'elle avait lues, sur le journal qu'ils recevaient tous les jours, elle avait lu un nom. Un prénom. Et les choses atroces qui lui étaient liées.
Dans son coin, elle observa la scène de retrouvailles se déroulant devant elle. Ivankov n'avait pas l'air trop mal en point. Même Inazuma semblait avoir été plus touché par la Grande Guerre. Pourtant, elle se fichait bien de ce qui avait pu arriver à ses alliés. Elle voulait simplement s'assurer qu'une certaine personne avait survécu.
Elle se leva donc de sa chaise, les pieds du meuble grinçant sur le vieux parquet. Elle sortit de l'ombre dans laquelle elle était restée dissimulée et avança dans la lumière. La tête basse, le regard caché par une épaisse capuche, elle se faufila à travers la foule qui s'était formée autour de l'okama. Lorsqu'elle arriva au centre la scène, un silence de mort s'installa sur la pièce. Elle devait savoir.
Elle releva les yeux pour les plonger dans ceux, toujours trop maquillés, d'Ivankov. Immédiatement, le visage d'Emporio se décomposa. Il afficha une grimace apeuré. Elle passa outre et posa la question qui lui taraudait l'esprit.
- Est-ce qu'elle va bien ?
Sa voix était sortie dans un simple souffle. Un souffle qui instaura une tension palpable dans la pièce. Ivankov suait à grosses gouttes. Elle perdait patience.
- Ivankov !
L'okama sursauta, se plaignit quelques secondes puis soupira de lassitude.
- Je ne sais pas. Elle a disparu avec son équipage quand Barbe Blanche est tombé. Mais elle doit encore être sous le choc.
Elle tiqua, sa mâchoire se contracta. Elle ne pouvait pas rester là, à ne rien faire. Elle devait y aller. Elle devait agir.
Elle dépassa l'okama et se dirigea tout droit vers la sortie. Elle avait la main posée sur la poignée de la porte menant à l'extérieur quand la voix d'Ivankov s'éleva de nouveau.
- Mona !
Elle fit volte-face. La lumière éclaira son visage pendant quelques secondes, dévoilant ainsi la cicatrice qui lui barrait le front, le nez et la joue gauche. Une cicatrice fine, mais effrayante.
Mona montra à Emporio qu'elle l'écoutait. Elle fut surprise par le sérieux qu'arbora l'okama.
- Ta fille a sans doute subi un choc psychologique important. Ace-boy est mort sous ses yeux alors qu'il venait juste de lui avouer.
- Lui avouer quoi ? s'impatienta Mona.
Elle n'avait pas de temps à perdre ici. Elle devait revoir sa fille, constater qu'elle allait bien. Ivankov prit une grande inspiration.
- Ta fille est enceinte d'Ace-boy. Il est mort à peine quelques minutes après qu'elle l'ait appris.
Mona reçut un coup au cœur. Sa fille. Sa petite fille d'à peine dix-neuf ans, enceinte ? C'était de la folie. Maintenant, elle en était certaine. Elle devait se rendre là où se trouvait l'ancien équipage de Barbe Blanche. Mais avant tout, elle voulait connaître un détail.
- Depuis combien de temps ?
Ivankov la dévisagea.
- Aujourd'hui, un mois environ. Peut-être un peu plus.
Elle ne pouvait pas laisser sa fille affronter cela seule. Elle tourna les talons et posa de nouveau la main sur la poignée de la porte qu'elle avait eu l'intention d'ouvrir quelques minutes plus tôt. Elle était prête à sortir quand une voix l'en empêcha.
- Je te rappelle que ta mission passe avant tout, Mona.
Elle chercha l'origine de la voix et trouva l'homme, caché dans l'ombre. Elle fronça les sourcils. Sa mission pouvait attendre, il était temps qu'elle retrouve sa fille. Elle fit donc face à celui qui s'opposait à son départ.
- Tu n'as qu'à refourguer la mission à Sabo. Pour le moment, j'ai des choses plus importantes à faire.
Elle n'eut pas le temps de faire un pas de plus. L'homme caché dans l'ombre était à ses côtés, son aura l'écrasant légèrement. Mais elle résista parfaitement et ne cilla même pas lorsqu'elle fut exposée au regard de cet homme. Il ne lui faisait pas peur. En fait, peu de choses lui faisaient peur à présent.
- Sabo est déjà très occupé. Et tu as accepté cette mission bien avant que la Grande Guerre éclate. C'est ton devoir de la mener à bien.
Mona n'attendit pas que la tension redescende. Elle attrapa le revolver qu'elle gardait toujours sur elle, et pointa le canon directement sur le visage de son vis-à-vis.
- Je ne suis pas comme toi, Dragon. Je ne peux pas rester sur la touche en sachant que ma fille a risqué sa vie dans un tel conflit. Je ne peux pas simplement regarder le monde tourner sans participer à sa rotation. Si tu veux laisser Luffy se débrouiller seul, je veux revoir ma fille. C'est aussi simple que ça.
Elle sentait bien que tous retenaient leur respiration. On aurait pu entendre une mouche voler. Mona analysa les réactions de son boss. Il la fixait, intensément. Il semblait la jauger. Elle ne céda pas et alla même jusqu'à ôter la sécurité de l'arme qu'elle avait entre les mains. S'il tentait encore une fois de l'empêcher de sortir, elle tirerait. Elle n'hésiterait pas. Elle avait trop hésité par le passé et avait perdu beaucoup trop d'êtres chers à cause de cela. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre sa fille.
Finalement, Dragon lui tourna le dos.
- Très bien, je te donne six semaines. Ensuite, tu rempliras la mission que je t'avais donnée.
Une vague de soulagement submergea Mona. Elle baissa son arme, la rangea précieusement dans l'un de ses holsters et sortit de la pièce. L'air hivernal la saisit quelque peu et elle frissonna. Le vent lui retira sa capuche. Ses yeux se perdirent dans le ciel étoilé alors que ses cheveux, maintenant libérés de leurs prisons de tissus, voletaient au rythme des bourrasques.
Mona prit un une grande inspiration, un fin sourire sur les lèvres. Elle revit le visage de sa fille. Elle avait dû bien changer pendant toutes ces années. Prendre quelques centimètres, développer un certain caractère, acquérir de la force. Autant de chose que Mona avait hâte de découvrir.
Elle se mit alors en chemin, le pas claudiquant, un "toc" régulier résonnant dans le silence hivernal.
~ Quelque part, sur North Blue
On frappa à sa porte. Il se leva lentement, ajouta une bûche dans l'antre de la cheminée et alla voir qui pouvait bien le déranger à une heure si tardive. Bien entendu, il ne connaissait qu'une seule personne capable de venir le déranger à un moment pareil.
Il resta planté pendant plusieurs minutes devant la porte et attendit qu'on frappe à nouveau. Quand ce fut le cas, il ouvrit brusquement le battant.
- Niro ! Qu'est-ce que tu fiches encore dehors à une heure pareille ?
Mais l'enfant ne l'écouta pas et se faufila à l'intérieur. Il enleva sa capuche, secoua les quelques flocons qui s'étaient accrochés à ses cheveux et posa sa lampe à huile sur la table se trouvant au centre de la pièce.
Il détailla le garnement, âgé maintenant de onze ans. Le petit avait bien changé depuis le départ de Lux.
- Tu sais très bien ce que je faisais, Samy, rétorqua-t-il, le regard dur, trop dur pour un gosse de onze ans. J'étais sur la plage. Maintenant que le vieux Barbe Blanche est mort, nous ne dépendons plus de sa protection.
Samy avait l'impression d'avoir la gamine sous les yeux, quelques années plus tôt. Elle aurait eu la même réaction. Il soupira et s'alluma une cigarette, il laissa le tabac se coller à ses alvéoles pulmonaires et rejeta un nuage de fumée dense. Il affronta le regard, toujours trop adulte pour un enfant de onze ans, de Niro.
Bien sûr qu'il était conscient des dangers qu'ils encouraient maintenant que le vieux Newgate était mort. Il n'arrêtait pas de ressasser les mots qu'il avait lus dans le journal quelques jours auparavant. Le prénom de Lux avait été la première chose qu'il avait remarquée. Lui qui la pensait pourtant enfermée à Impel Down. Il avait été surpris de constater qu'elle avait réussi à s'échapper.
Puis l'annonce de la mort du vieux Barbe Blanche avait agi comme un électrochoc. Samy s'était alors rendu compte que leur île ne connaîtrait sans doute plus jamais la paix. Il avait réfléchi à un moyen d'échapper à ce destin, funeste pour un endroit si paisible. Mais il n'avait rien trouvé de très concluant. Une seule solution était ressortie de sa réflexion. Elle impliquait des armes, des entraînements au combat. Elle incluait des hommes, vivant en paix sur cette île depuis des années et n'ayant jamais eu à se servir d'autre choses que de couteaux de cuisine.
Samy jeta sa cigarette dans le feu qui crépitait déjà.
- Je vois où tu veux en venir, Niro. Mais –
Le gosse frappa du poing sur la table. Le cendrier, posé en équilibre précaire au bord du bois, tomba et se brisa contre le sol. Samy observa le visage du gamin. Il avait les dents serrées, la mâchoire contractée. Il n'avait déjà plus onze ans.
- Il n'y a pas de "mais" qui tienne cette fois-ci. Lux est partie pour nous protéger, tous. Elle a fait du mieux qu'elle a pu. Maintenant, c'est à nous de lui rendre la pareille.
Cela le tuait, mais le gamin avait raison. Il pouffa légèrement. Ce petit avait définitivement trop traîné avec Lux dans ses jeunes années. Il s'avança dans de grandes enjambées et, quand il fut à seulement quelques centimètres de son cadet, il lui ébouriffa les cheveux.
- D'accord… On va faire quelque chose pour protéger l'île. Et quand Lux reviendra, elle sera fière de nous.
Le regard que Niro lui adressa valait tous les "merci" du monde. Il regarda le gosse repartir puis fixa le mur juste à côté de la porte. Là, une affiche. Un avis de recherche. Celui d'une jeune fille au regard déterminé.
- Je te promets qu'on ne les laissera pas s'en prendre à cette île, Luxie.
~ Quelque part sur Grand Line, pont du Moby Dick
Lux avait bien du mal à faire en sorte que les larmes cessent de couler. Elle était toujours cachée dans les bras de Marco, profitant de l'étreinte chaleureuse que le Phénix lui offrait. Une chaleur presque familière. Une chaleur qui ressemblait à s'y méprendre à celle qu'elle avait côtoyée pendant plus d'un an. Une chaleur qui ressemblait à celle d'Ace. Pourtant, il ne s'agissait que de Marco.
Mais elle se sentait quand même bien. Elle avait l'impression de retrouver un peu du brun dans cette chaleur. Elle oublia pendant quelques instants la nuit noire et la fraîcheur de l'air marin. Ce fut le plus vieux qui la rappela à la réalité.
- Luxie, tu devrais rester à l'intérieur.
La brunette releva les yeux. Elle tomba sur la balafre qu'avait le Phénix sur le front. Elle rencontra ensuite le regard triste du blond. Elle acquiesça faiblement et se laissa reconduire à l'intérieur du Moby Dick. Un courant d'air la fit frissonner et le vent siffla dans ses oreilles. Elle fit volte-face quand elle crut entendre une voix au milieu des rafales. Une voix, qui lui murmurait "Courage".
Elle chercha à qui pouvait bien appartenir cette voix quand Marco exerça une faible pression sur sa main.
Lux se rendit compte qu'elle avait dû rêver, encore. Elle suivit donc le plus vieux jusqu'au cuisine. Elle mit un bon moment avant de se réhabituer aux lieux. Un an qu'elle n'avait pas parcouru ces couloirs. Un an, et pourtant, à chaque angle, elle avait l'impression de revoir la silhouette du jeune Portgas. Elle avait l'impression de continuer à le voir déambuler dans les boyaux du Moby Dick. Elle préféra donc fermer les yeux et se contenta de suivre le chemin qu'empruntait Marco en se cramponnant à la main du Phénix. Elle était incapable de surmonter ces flashbacks qui la hantaient.
Lorsqu'ils passèrent dans le grand réfectoire, le cœur de la jeune Yeegar se serra dans sa poitrine. La soirée d'anniversaire qu'elle avait vécue un an plus tôt revint par images entrecoupées dans son esprit. Un vertige lui fit tourner la tête et, pendant quelques secondes, elle lâcha la main de Marco. Elle se sentit tomber. La sueur perlait déjà sur ses tempes, elle avait un goût acide dans la bouche. Elle était prête à vomir.
Elle n'arrivait plus à rester dans ces lieux où l'ombre du fils de Roger semblait rôder. Elle ressentit de nouveau la chaleur de Marco contre la paume de sa main. Elle fut soulevée du sol et sa tête tomba contre l'épaule solide du plus vieux.
La simple existence de ces lieux où Ace avait passé une partie de sa vie la rendait faible. Tous ces endroits lui rappelaient la perte qu'elle avait subie. Une perte plus douloureuse encore que celle de son Père.
- Ne me lâche pas maintenant, Luxie, entendit-elle Marco marmonner.
La vision trouble, le souffle irrégulier, elle ne comprit pas où le Phénix l'emmenait. Son dos rencontra alors un matelas, son matelas. Celui qu'elle avait toujours connu. Elle le remercia dans un murmure. Elle retrouva ses esprits une fois allongée. Elle était devenue un poids pour le reste de l'équipage. L'équipage existait-il toujours ? Elle ouvrit grand les yeux quand cette question naquit dans sa tête. Elle se redressa et affronta le visage de Marco. Elle devait savoir.
- Marco, l'équipage, est-ce que –
Elle fut réduite au silence par un simple geste de la main du blond. Il acquiesça lentement.
- L'équipage est toujours debout, yoi. Chacun gère les pertes récentes comme il le peut. Mais tout le monde s'est beaucoup inquiété pour toi…
Lux se mordit ardemment la lèvre. Elle avait inquiété tous ses frères, encore une fois. Elle se sentait comme coincée sous une enclume. Une enclume qui lui oppressait les poumons, qui lui coupait le souffle, qui lui retournait les entrailles.
Elle pensa à ceux qui avaient perdu la vie dans la bataille, évitant soigneusement de songer à deux personnes en particulier. Elle déglutit difficilement avant de questionner le Phénix. Elle voulait savoir ce qui s'était passé après qu'elle se soit évanouie.
- Combien de morts ? tenta-t-elle, sa voix tremblant légèrement d'anticipation.
À ses côtés, Marco laissa échapper un soupir résigné.
- En comptant nos alliés ? Des milliers sans doute…
La brunette froissa le drap de son lit dans son poing. Autant de morts. Et elle avait réussi à en réchapper. Elle inspira profondément quand elle sentit de nouvelles larmes se former dans ses yeux. Elle ne devait pas craquer. Elle savait que des choses bien pires avaient dû se produire pendant son inconscience.
La respiration peu certaine, elle continua son interrogatoire.
- Et comment…
Sa voix se brisa et elle dut faire preuve d'un grand contrôle sur elle-même pour ne pas fondre en larmes.
- Comment la guerre s'est-elle terminée ?
Elle sentit la main de Marco se poser sur celle qui s'était refermée en un poing serré quelques minutes plus tôt. Elle observa les gestes du Phénix alors que celui-ci prenait les doigts de la jeune fille entre les siens, délicatement.
- Le Roux est arrivé alors qu'un jeune Marine allait se faire tuer pour s'être interposé, yoi. S'ils n'avaient pas été là, Akainu nous aurait sans doute eus à l'usure…
Malgré le faible sourire qu'il affichait, Lux sut lire dans les yeux de Marco tout ce qu'il n'avouait pas. Il ne voulait pas devoir de dettes à Shanks. Et maintenant, Le Roux avait une bonne raison de vouloir le recruter. Le Phénix n'avait plus de Capitaine. Officiellement, il était un pirate sans équipage. Un pirate orphelin. La silhouette du vieux Newgate s'imposa dans l'esprit de la jeune fille. Une fois de plus, elle retint ses larmes.
- Et Père ?
Cette fois-ci, Marco ne lui fournit pas immédiatement de réponse. La jeune Vice-Commandante braqua alors son regard sur le Phénix pour voir la colère sur le visage du blond.
- Teach, il a… Il a volé les pouvoirs de Père… On ne sait pas comment… Mais maintenant, les capacités du Fruit Gura Gura lui appartiennent, yoi…
Lux revit le vieux Newgate usant de son Fruit du Démon pendant la guerre. Ces pouvoirs étaient les siens, seulement les siens. Personne n'avait le droit de les lui voler. Surtout pas Teach. La brunette vit noir. Tout n'était que de la faute de ce traître. Il avait d'abord tué Thatch, de sang-froid, pour obtenir son Fruit des Ténèbres. En faisant cela, il avait causé la colère d'Ace, que la jeune fille avait suivi sans hésiter lorsque ce-dernier était parti à la poursuite du meurtrier. Tout ceci les avait conduits à Impel Down. Puis à MarineFord, où leur Père avait déclaré la guerre à la Marine. Où Ace avait été tué par cette enflure d'Akainu. Où Barbe Blanche avait vu la fin de son règne, précipitée par ce sale traître de Teach.
Le sang de la jeune Yeegar bouillonnait dans ses veines. Elle n'avait qu'une seule envie : retrouver ce salopard de Barbe Noire et lui régler son compte. Elle rabattit sa couverture, prête à en découdre. Elle ne pouvait pas se permettre d'attendre. Elle laissa ses jambes se balançaient tranquillement sur le bord de son lit et prit un léger élan pour se lever. Mais Marco l'en empêcha et l'obligea à se rasseoir.
La brunette lui adressa un regard interrogateur. Pourquoi ne la laissait-il pas passer ? N'avait-il pas lui aussi envie d'en finir avec Teach ? Acceptait-il cette situation ?
- Marco, lâche-moi, marmonna-t-elle entre ses dents.
La pression qu'exerçaient les mains du Phénix se fit plus forte.
- Luxie, je comprends ta réaction, yoi. Tout le monde aimerait y retourner, en finir une bonne fois pour toute avec Teach…
La jeune Vice-Commandante tiqua. Ce nom ne lui inspirait que de la haine et du mépris. Elle ne comprenait pas pourquoi le plus vieux n'avait envoyé personne à la recherche de ce traître.
- Alors, pourquoi tu –
- Parce que l'équipage est trop affaibli pour le moment !
Lux sursauta. Il était rare que Marco lève la voix. Encore plus lorsqu'elle était concernée. Elle baissa les yeux. Il avait raison.
- Toi, plus que les autres, ajouta soudainement le blond, le ton un peu plus doux.
La jeune fille écarquilla les yeux. Voilà qu'il racontait de nouveau n'importe quoi. Elle avait connu pire en matière de blessures. Sa côte avait été remise en place. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle puisse respirer normalement sans éprouver de douleur. Son épaule n'aurait besoin que d'un peu de rééducation, tout comme sa cheville. Et la plaie qu'elle avait à la cuisse cicatriserait rapidement. Ses blessures ne l'affaiblissaient en rien.
- De quoi tu parles ? Ces blessures ne sont rien.
Elle afficha un faible sourire. Mais le Phénix ne le lui rendit pas. Il avait la mâchoire contractée, le regard dur.
- Je sais très bien que tu guériras rapidement, yoi. Tu nous as déjà prouvé à plusieurs reprises que tu étais coriace, Luxie. Une côte fracturée, trois autres cassées, une clavicule démise, une simple entorse à la cheville et un muscle déchiré par un tir… Je sais parfaitement que tout cela ne sera jamais suffisant pour que tu nous abandonnes, yoi…
Un sourire mince se planta sur les lèvres de Marco. La jeune Yeegar y répondit et n'ajouta rien. Elle se doutait que le blond n'en avait pas encore fini avec elle. Elle attendit sagement.
- Mais je ne suis pas stupide, Luxie. Personne, sur le Moby Dick, n'est stupide. Je vous ai vus, Ace et toi, quand cet idiot pensait être invisible derrière ses flammes, yoi.
À l'entente du prénom du jeune Portgas, les larmes revinrent en force et obstruèrent les orbes émeraude de la jeune Vice-Commandante. Elle empoigna de nouveau ses draps, se mordit violemment la lèvre pour ne laisser échapper aucun sanglot.
Elle voyait parfaitement à quel moment Marco faisait allusion. Ce moment où Ace avait décidé de la protéger sans qu'elle ne demande aucune aide. Cet instant où il lui avait avoué la vérité. D'instinct, elle posa discrètement la main sur son abdomen. Elle baissa les yeux sur son corps, sur cette partie de son anatomie à l'intérieur de laquelle un enfant grandissait.
La main du Phénix rejoignit alors la sienne et la brunette releva brusquement la tête. Elle tomba sur l'air sérieux habituel du plus vieux.
- Le diagnostic de Than était plutôt clair. Selon lui, ça fait un peu plus d'un mois maintenant.
Une boule se forma dans la gorge de la jeune Yeegar. Elle avait les yeux rivés sur ses genoux. Elle n'osait pas croiser le regard de Marco. Elle avait peur d'y découvrir de la déception, du dégoût. Elle réprima un frisson quand les mains du Phénix se posèrent sur ses bras.
- Luxie, regarde-moi, yoi.
La jeune fille releva doucement la tête, les larmes au bord des cils. Elle voulut les laisser couler quand, dans les yeux du blond, elle vit tout sauf du dégoût ou de la déception.
- Je ne veux pas savoir comment, ni pourquoi, commença-t-il.
Il prit une grande inspiration avant de laisser un maigre sourire prendre place sur ses lèvres.
- Dis-moi juste que c'est l'enfant de ce crétin d'Ace, yoi !
Quand Lux découvrit le sourire éblouissant du Phénix, elle craqua, laissant les larmes se déverser sur ses joues. Elle hocha positivement la tête, incapable de formuler un seul mot. Elle étouffa ses sanglots avec la main. Le plus vieux se leva et lui accorda une nouvelle étreinte dans laquelle elle se réfugia sans hésiter. Elle sentit la main du Phénix passer et repasser dans ses cheveux. Il posa une question à laquelle la brunette ne s'attendait pas.
- Tu l'aimais vraiment, yoi. Ton Commandant…
La jeune Yeegar n'en pouvait plus de pleurer. Toutes ces émotions l'épuisaient. Elle agrippa la chemise du Phénix et, dans un filet de voix, elle répondit, entre deux sanglots.
- Oui…
