Merci à Lunastrelle et Evlan pour leurs reviews ! Bonne lecture.
Avertissement : ce chapitre est bien plus long que tous les autres que j'ai écrits dans cette fic. Normal, c'est la grande bataille finale !
J'espère que vous l'apprécierez. Un petit conseil, essayez de trouver le clip musical de la chanson que j'ai mise sous le titre. Il faut taper « Sur tes pas » et « Wakfu » dans Youtube, et vous devriez avoir la chanson. Ça met bien dans l'ambiance pour le grand combat, je trouve.
J'espère que vous aimez tous ce chapitre. Bonne lecture à tous !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix. Ariale et les terriens sont nés de mon imagination.
Chapitre 55 :
C'est la fin !
« Entends-tu le chant des héros résonner ?
Vois-tu les ombres sur ton passage s'effacer ?
Enfant de lumière,
Je veux être des tiens !
Pour écrire ensemble d'autres lendemains…
Au-delà des doutes, je rejoins ton combat !
Quelle que soit ta route, je marche sur tes pas !
Sois le feu et la terre,
L'eau et la poussière !
Héros malgré toi…
Vois la légende s'écrire,
L'histoire se construire…
L'avenir est notre aventure !
Fais vivre la lumière,
Parler les éclairs !
La magie entre tes mains…
Pars suivre ton chemin,
Et regarde : tu peux voir au loin
L'amitié guider ton destin.
J'entends la rumeur
Me souffler les mots
D'un nouveau refrain,
D'un nouveau héros !
Le cri du soleil,
Comme le ciel te réclame,
Là-haut ton étoile
Qui nous appelle…
Sois le feu et la terre,
L'eau et la poussière !
Héros malgré toi…
Vois la légende s'écrire,
L'histoire se construire…
L'avenir est notre aventure !
Fais vivre la lumière,
Parler les éclairs !
La magie entre tes mains…
Pars suivre ton chemin,
Tu peux voir au loin
L'amitié guider ton destin.
À chaque héros son pouvoir…
Je suis l'espace,
Je suis le temps !
À chaque quête son histoire…
Sois le feu et la terre,
L'eau et la poussière !
Héros malgré toi…
Vois la légende s'écrire,
L'histoire se construire…
L'avenir est notre aventure !
Fais vivre la lumière,
Parler les éclairs !
La magie entre tes mains…
Pars suivre ton chemin,
Et regarde : ton futur !
L'aventure !
Ta lumière guider ton destin… »
« Sur tes pas » – Chanson du générique de Wakfu
L'équipe d'Avalanche traversa la plage en catimini, se cachant derrière des rochers le temps que des soldats ou des machines passent, puis ils courraient jusqu'au rocher suivant et là, ils attendaient avant de continuer leur progression.
Ils finirent par atteindre le refuge désiré : la maison de Priscilla. Celle-ci les y reçut avec surprise mais soulagement. En voyant Ariale, elle parut encore plus heureuse.
« Te revoilà ! Je savais que tu reviendrais, Monsieur Dauphin me l'avait assuré ! » dit l'adolescente en lui prenant les mains.
Les membres d'Avalanche en furent surpris. Elles se connaissaient ?
« Priscilla, est-ce que nous pouvons rester ici pour la nuit ? Nous partirons à l'aube… » dit Cloud.
« Bien sûr ! Je ne sais pas trop ce qui se passe, mais c'est vraiment la panique ! On se croirait revenu au temps de Deepground, je vous jure ! Vous allez m'expliquer ce qui se passe, j'espère ? »
« C'est une longue histoire. Nous sommes ici pour vaincre la Shinra », dit Vincent.
Cette réponse suffit à l'adolescente, car le ton de Vincent sous-entendait qu'ils n'avaient pas plus de temps à perdre.
Les membres de l'équipe montèrent à l'étage où trois lits les attendaient. Priscilla leur apporta des matelas et des couvertures pour les autres membres.
Une fois tous assis ou allongés, ils reprirent leur souffle. Dehors, le bruit des bombardements s'était tu, mais le tumulte des soldats et la sinistre ambiance de la ville restaient, hantant leurs pensées.
« Faisons le point », dit Cloud.
« D'après mes informations, le vortex se trouve à l'endroit où se dressait autrefois le canon Sister Ray », dit Cait Sith.
« Bien ! Il suffit que l'on continue d'évoluer discrètement comme on l'a fait pour arriver jusqu'ici, on atteint le vortex, Ariale le détruit et ensuite, c'est fini ! On part tous à Costa Del Sol pour prendre de bonnes vacances et oublier ça ! » dit Youffie en levant les bras au ciel.
« Ce ne sera pas aussi simple. Le vortex doit être rudement bien protégé. Il doit y avoir des gardes, des monstres… » dit Vincent.
« La routine, quoi ! » ricana Cid.
« Ariale ? Tu n'as rien dit depuis qu'on est arrivé ici », dit Tifa, inquiète.
Les regards convergèrent en direction de la jeune fille. Celle-ci poussa un soupir. En les regardant, elle eut un pincement de cœur. Tout reposait sur elle, mais elle avait peur. Si elle leur disait qu'elle allait mourir, comment réagiraient-ils ? Allaient-ils la prendre pour une égoïste, une trouillarde qui se souciait plus de sa vie que de celle des gens de ce monde et du sien ? Même si elle avait conscience qu'il y avait un peu de ça dans ses idées, elle ne pouvait s'empêcher de penser au fait qu'ils ne pouvaient plus faire marche arrière, maintenant. Ils étaient tous allés trop loin. Non, elle était allée trop loin. C'était maintenant ou jamais.
Pardonne-moi, Kadaj, pensa la jeune fille.
Elle redressa la tête et dit d'une voix aussi déterminée que possible : « On part demain détruire le vortex. »
Tout le monde acquiesça, sauf Cloud et Vincent. Ce soir-là, tout le monde mangea de la nourriture que Priscilla leur offrit. Les rideaux étaient tirés, tout le monde était silencieux.
Plus tard, alors qu'il faisait nuit et que tout le monde dormait, Ariale ouvrit les yeux. Elle se redressa, puis sortit de la chambre et descendit en bas, dans le salon. Elle alla à l'évier avec un verre et voulut boire de l'eau. Mais, alors que le liquide s'écoulait dans l'évier, elle s'arrêta. Les larmes se mirent à couler le long de ses joues.
La jeune fille lâcha le verre et s'appuya contre le rebord de l'évier en essayant de pleurer aussi silencieusement que possible.
Pourquoi ? Pourquoi tout devait-il se terminer ainsi ? Pourquoi, alors qu'elle avait enfin retrouvé le goût de vivre, il fallait que tout se termine par un nouveau suicide ? Car oui, c'était bien cela qu'elle allait commettre, cette fois. Un suicide, un vrai ! Alors qu'il suffirait d'attendre que les esprits aient fini de la soigner pour anéantir le vortex… Mais elle savait au fond que cela prendrait trop de temps. Il avait fallu plus d'un mois pour que son squelette commence à guérir.
Il en faudrait peut-être encore deux, trois, voire plus avant qu'elle soit complètement remise !
Elle sentit soudain une main se poser sur son bras. Poussant un cri, elle se retourna mais ce n'était que Cloud. Celui-ci tendit les mains en signe de calme.
« Je t'ai entendue pleurer. Ça ne va pas ? »
« Oh, euh… Non, ce n'est rien… Un cauchemar », mentit Ariale.
Cloud fronça des sourcils.
« Ariale, qu'est-ce qu'il y a ? Tu as peur à cause de ce qui va se passer demain ? T'inquiète, on sera là, tu ne seras pas seule. »
« Je sais. C'est plutôt ce qui se passera après qui me fait peur. »
« Comment ça ? »
Ariale poussa un soupir. Bon sang, comment lui expliquer tout ce qu'elle avait sur le cœur ? Il fallait au moins qu'elle se confie à une personne avant demain. Lui, il comprendrait. Oui, elle allait tout lui dire !
« Cloud, je… »
Elle s'arrêta brusquement de parler. La nausée revint, plus forte que jamais. Elle fit brusquement volte-face et rendit tout le contenu de son ventre dans l'évier. Inquiet, Cloud la soutint le temps qu'elle finisse de vomir.
« Ça va ? » demanda-t-il.
Ariale hocha faiblement de la tête, trop secouée pour répondre.
« Je… Je suis désolée », dit-elle.
« C'est pas grave. Viens, il vaut mieux aller dormir. On se lève tôt, demain », dit le jeune homme.
Ariale le laissa mollement la reconduire en haut de la chambre. Une fois en haut, la jeune fille alla dans le lit qu'elle partageait avec Youffie et s'allongea tant bien que mal. La ninja s'était étalée de tout son long dans son sommeil.
Alors que Cloud se préparait à rejoindre son matelas de camping, Ariale chuchota : « Cloud ? »
« Mmmm ? »
« Merci. »
« Pour quoi ? »
Ariale haussa des épaules. Elle ne le savait pas trop elle-même, aussi dit-elle juste ce qui lui vint spontanément : « D'être là. Toi et chacun d'eux. »
Malgré l'obscurité, elle put voir les lèvres du jeune homme s'étirer en un sourire, avant qu'il se couche parmi les autres au sol.
Ariale se tourna vers la fenêtre et regarda la lune à travers les rideaux. Elle ne comprenait toujours pas ce qu'elle avait. Cette envie de vomir, le manque d'appétit, et la fatigue de plus en plus forte, tout ça bien avant qu'elle apprenne la triste nouvelle des quatre esprits. Dommage que Hankle n'ait pu finir son examen.
Qu'importe. Bientôt, je n'aurai plus à m'interroger sur mon état, pensa tristement la jeune fille, avant de fermer les yeux pour s'endormir.
XxXxXxXxXxXxXxX
L'aube se levait à peine sur Junon quand les membres d'Avalanche quittèrent Priscilla, après l'avoir remerciée pour son aide.
Le groupe se mit silencieusement en marche à travers la ville. Cloud menait la marche avec Vincent. Tous deux marchaient en éclaireurs, vérifiant à chaque coin de rue que la voie était libre avant que le reste du groupe les suive.
Ils atteignirent bientôt le cœur de la ville. Personne ne disait mot. Mais plus ils approchaient, plus l'excitation grandissait, effaçant lentement le stress. Même Ariale la ressentait. Sans parler des esprits en elle, qui bouillonnaient d'impatience, tant ils sentaient la proximité du vortex, il était si près d'eux !
Bientôt, ils arrivèrent devant l'une des entrées menant à la grande rue, celle où Cloud avait paradé autrefois, déguisé en simple fantassin. Le problème était que ça grouillait de soldats, de monstres et de machines !
Comment allaient-ils traverser ? Cloud réfléchit. Peut-être pourraient-ils assommer quelques soldats et se déguiser ?
Il allait peut-être adopter cette idée, quand soudain, des cris et des bruits de lutte résonnèrent un peu plus loin.
Surpris, les membres du groupe se penchèrent tous par-dessus le mur où ils étaient cachés.
Ce qu'ils virent les clouèrent sur place, Ariale la première. La bande de Diego était là ! Lui, Patrick, Mégane et Emilia se battaient contre les fantassins. Et avec eux se trouvaient Cissnei, Stan, Sephiroth, Kadaj, Yazoo et Loz !
« Mais… qu'est-ce qu'ils fichent ici, ceux-là ? » demanda Cloud, ahuri.
Ariale fit la moue puis dit : « Qu'importe, on en profite ! Allez ! On traverse ! »
La démarche fut adoptée sans hésiter. Le groupe se mit à courir à travers la rue. Malheureusement, des soldats et des monstres les virent et se mirent à leur barrer la route. Le combat commença.
Dégainant leurs armes, les membres d'Avalanche entamèrent la lutte. Cloud se mit à couper des têtes et des bras avec Tsurugi. Vincent tirait avec son Death Penalty, Barret avec son bras-mitraillette. Youffie balayait l'espace de son shuriken. Tifa frappait et cognait tout ce qui s'approchait d'elle. Nanaki renversait ou mordait, Cait Sith hurlait dans son mégaphone et lançait des sorts. Cid embrochait des ennemis avec sa lance. Ariale déchainait sa magie : elle alternait boules de feu et lianes qui sortaient du sol pour entraver ses ennemis avant de les tuer.
Mais, tout en luttant, les membres du groupe avançaient à travers la rue. Soudain, Ariale aperçut Loz à quelques mètres d'elle.
Il était en train de mettre quatre soldats KO avec un autre qu'il balançait à bout-de-bras, comme un sac à patates ! Mais il ne voyait pas dans son dos un mini-tank qui se dirigeait vers lui, son canon braqué sur lui.
« LOZ ! RESTE PAS LÀ ! » cria Ariale.
Loz se tourna vers elle et un grand sourire éclaira son visage en la voyant.
« Salut, Ariale ! Eh, c'est chouette ! T'as vu tous les méchants qu'on a ? » dit-il en renversant le tank avec son fantassin-projectile.
Ariale allait répondre, quand elle vit Sephiroth lui foncer dessus et la saisir à bras-le-corps pour l'entraîner plus loin, lui faisant ainsi éviter le tir d'un autre canon qui l'avait visée.
« T'as fini de te mettre dans le pétrin ! » cria le jeune homme tout en se retournant pour détruire le canon avec un sort de Foudre.
« Ravie de te voir, moi aussi ! » dit Ariale en jetant une boule de feu sur un monstre près d'elle.
Yazoo apparut juste à ses côtés et, tout en tirant quelques balles sur des soldats, cria : « Content de te revoir, Ariale! »
« Moi de même ! » dit la jeune fille.
Soudain, un autre tank apparut devant eux, plus gros que le précédent. Épaulé de Loz et Yazoo, Sephiroth plaqua Masamune contre son épaule tout en se positionnant devant Ariale pour bien la protéger.
Mais soudain, Cloud descendit du ciel et coupa le canon en deux avec son épée. Il se redressa et fusilla Sephiroth du regard.
« Sephiroth ! Enlève tes sales pattes de cette fille, c'est à moi de la protéger ! »
Sephiroth allait répliquer quand soudain, un autre robot derrière Cloud explosa. Kadaj sauta par-dessus les ruines fumantes et atterrit devant Cloud pour pointer son Souba vers lui avec l'air furieux.
« Dites donc, toi ! De quel droit tu parles d'elle ainsi, hein ? »
« Oh, toi, le Cauchemar Junior, ça va ! C'est pas ta petite-amie, que je sache ! » beugla Cloud.
« SI ! C'est ma petite-amie ! Et je ne laisserai pas un traître comme toi la toucher, PIGÉ ? » hurla Kadaj.
Ariale regarda la scène avec l'air ahuri. Qu'est-ce que c'était que ces gosses ? Et comment pouvait-on se disputer comme ça en plein milieu d'une bataille ?
Soudain, elle ressentit une pulsation, plus forte que toutes les autres. Si forte qu'elle tomba à terre. Sephiroth se tourna vers elle avec inquiétude. Frognon sortit de sous l'une des épaulettes de l'ex-général et vint se poser sur l'épaule de la jeune fille.
« Ariale ? »
La jeune fille ne l'entendit qu'à peine. La voix de Frognon résonnait en écho, affaiblie, comme tous les bruits de combat autour d'elle. Les cris de ses amis, ceux des monstres, les coups de feu, les débris d'explosion autour, tout semblait étrangement lointain.
Ariale gémit de douleur. Elle leva les yeux vers Sephiroth pour lui demander de l'aide, mais l'image du jeune homme et de tout ce qui l'entourait disparut.
L'image se refit nette aussi soudainement qu'elle s'était effacée. Elle n'était plus dans la grande rue de Junon mais dans le hall d'entrée du bâtiment Shinra de Junon. L'entrée de l'installation où se trouvait le vortex.
La jeune fille n'y comprit rien. Comment avait-elle atterri ici ? Elle ressentit une nouvelle pulsation en elle et comprit. Les esprits. Ils ne pouvaient plus attendre. Le vortex n'était plus très loin.
Ariale inspira profondément. L'endroit était silencieux. Il n'y avait personne. Ce n'était pas normal.
« Où… sommes-nous ? Pourquoi les autres sont pas là ? » demanda Frognon d'une toute petite voix.
« T'occupe, on va s'en sortir », dit la jeune fille.
Avec un sourire désabusé, la jeune fille se mit en route, la boule de poils sur son épaule. Elle se doutait de ce qui l'attendait au bout, mais qu'importe. Au fond, elle était heureuse que tous ses amis ne soient pas là pour voir ce qu'elle s'apprêtait à faire. Au moins, les derniers instants qu'elle aurait vécus avec eux auraient été emplis de complicité. Elle aurait tout de même aimé embrasser Kadaj une dernier fois… Non, cela lui aurait enlevé tout courage de continuer.
Courage, c'est bientôt la fin, tu y es presque, pensa la jeune fille.
Avec une profonde inspiration, Ariale franchit le couloir et arriva devant une grande porte en verre. Elle s'arrêta, prit Frognon dans ses mains puis s'agenouilla.
« Frognon, écoute-moi bien. Je veux que tu repartes dehors. Va retrouver les autres, cela vaut mieux. »
« Eh, mais et toi ? » demanda la boule de poils avec surprise.
« Je te rejoindrai. Je ne veux pas qu'il t'arrive malheur. »
Frognon la regarda en fronçant des sourcils. Elle lui cachait quelque chose, il le sentait. Il grommela un vague acquiescement, puis laissa la jeune fille le déposer au sol. Ariale hésita puis, juste avant de le poser, elle l'embrassa sur la tête.
Puis elle se leva et fit volte-face, ignorant Frognon qui s'éloignait en zigzaguant, ému par son geste affectueux.
Une fois devant la porte, Ariale la vit s'ouvrir automatiquement.
La jeune fille arriva dans une immense pièce aux murs couverts de fils électriques. D'énormes électrodes fixées sur huit pylônes en forme de cercle trônaient au centre de la salle, projetant des éclairs qui alimentaient en leur centre un vortex. Ce dernier flottait au-dessus de l'eau d'une digue. La porte vitrée au bout de la salle donnait sur l'océan de Junon.
Alors c'était là que le vortex se formait. Rusée comme installation. Ainsi, n'importe quel engin, qu'il soit un hélicoptère ou un bateau, pouvait le franchir pour arriver depuis la Terre sur Gaïa et débarquer en ville son chargement.
C'était donc par-là qu'Ariale était arrivée sur cette planète, à bord d'un bateau qui aurait dû l'emmener en croisière avec son amoureux…
« Jamais je n'aurais cru que tu oserais venir. »
Ariale se tendit. Il ne manquait plus que lui ! Elle se retourna pour faire face à Karl. Ce dernier se tenait nonchalamment appuyé contre le mur, et la regardait avec l'air calme.
« Jamais je n'aurais imaginé vous revoir à un tel moment », répliqua Ariale, aussi calme que lui.
Karl haussa un sourcil.
« Tiens, tu n'as plus peur de moi, maintenant ? Tu es seule, pourtant. »
Ariale haussa des sourcils. C'est vrai, elle aurait dû avoir peur. Mais non. Elle était prête à mourir. Alors ce n'était sûrement pas lui qui allait l'effrayer.
« C'est vous qui m'avez téléportée ? » demanda la jeune fille.
« Non, c'est Rufus. Oh, il est à l'abri, il ne va pas à nouveau risquer sa peau. Je crois qu'il a toujours peur de toi, depuis ce que tu lui as fait, il y a plus d'un mois », ricana Karl.
Il se redressa et s'approcha d'elle. Ariale voulut reculer, mais elle s'y refusa. Elle n'allait pas lui donner ce plaisir.
« Je ne vais pas te laisser détruire le vortex. Je ne te laisserai pas tout gâcher. »
« Je ne vous laisserai pas gagner ! » répliqua Ariale en tendant la main.
Elle jeta une boule de feu. Mais Karl l'esquiva. Il fonça sur elle et la frappa violemment au ventre d'un bon coup de pied.
Ariale fut projetée en arrière et heurta violemment le pylône le plus proche.
« J'adore te frapper à cet endroit ! Ça fait toujours aussi mal qu'autrefois ? » ricana l'homme en s'approchant.
Ariale se redressa en sifflant. Karl se raidit. Le visage de la jeune fille avait changé. Elle avait de nouveau l'air d'un monstre, comme le jour où elle avait volé la jeunesse de Rufus : les yeux noirs, la bouche hérissée de crocs, les mains pleines de griffes…
Mais, au moment même où le pouvoir de l'esprit de l'eau s'enclencha pour permettre cette métamorphose, le corps de la jeune fille se mit à briller d'une douce lumière bleue qui la quitta.
Redevenue humaine, Ariale regarda la sphère de lumière bleue se diriger vers le vortex et commencer à tournoyer autour, lentement.
Ariale comprit alors quoi faire. Il fallait activer les esprits pour qu'ils sortent l'un après l'autre d'elle !
Elle se tourna vers Karl et lui lança une boule de feu. Il l'esquiva. Une sphère de lumière rouge quitta la jeune fille. Celle-ci tomba au sol en gémissant. Elle commençait à s'affaiblir ! Son corps allait lâcher, il se rapprochait du seuil de la mort…
Voyant que Karl revenait à la charge, Ariale ferma les yeux. Des lianes sortirent du sol et enlacèrent Karl pour l'arrêter. Mais elles disparurent tandis qu'une belle sphère de lumière verte sortait du corps d'Ariale.
« C'est quoi, ces lucioles ? » demanda Karl en fixant les trois globes de lumière qui tournoyaient autour du vortex. Celui-ci se mit à crépiter. Les pylônes chauffaient, signe que les différences d'énergie dans l'atmosphère les gênaient.
« Je m'en vais te les éteindre, moi », dit-il en sortant un revolver de sa veste.
Il braqua son arme sur l'une des boules et se prépara à tirer, quand il se tendit vers l'arrière en hurlant de douleur. Ariale vit que Frognon était là, il mordait sauvagement Karl au derrière avec ses dents pointues.
« C'est la fin », dit Ariale.
Elle leva haut les bras dans le ciel. Un vent la fit s'élever dans les airs. Le dernier esprit, globe de lumière argentée, la quitta pour rejoindre les trois autres.
Ariale tomba au sol de tout son long. Elle gémit. La douleur était atroce ! Elle se sentait comme si elle était tombée du haut d'un building et s'était écrasée au sol.
Heureusement, elle était tombée de manière à regarder le vortex sans bouger, elle pouvait tout voir depuis l'endroit où elle se trouvait, allongée par terre.
Elle vit les quatre globes se mettre à tourner de plus en plus vite autour du vortex, qui crépitait et lançait de plus en plus d'éclairs.
Puis, soudain, les quatre esprits foncèrent tous ensemble à travers le trou noir. Une formidable déflagration se forma. Un puissant flash d'énergie blanche balaya l'espace.
Frognon lâcha Karl et courut se blottir près d'Ariale. Juste à temps, car l'homme fut désintégré sous l'impact. Tout le building explosa. Dehors, Avalanche, les Argentés et la bande de Diego virent le building s'effondrer, puis le sol se mit à trembler.
Tous furent projetés en arrière sous l'impact. La ville entière fut secouée, plusieurs bâtiments autour du building furent touchés. Des vitres explosèrent, quelques murs explosèrent, d'autres se fendirent.
Les rues éclatèrent en deux, comme ouvertes par des scalpels géants d'énergie. L'océan forma de grandes vagues, un formidable tsunami se dressa dans les airs mais, fort heureusement, la force de l'explosion le poussa en direction de l'océan et non des terres.
Puis, longtemps après, alors que toute la ville était envahie par un épais nuage de poussière et de centres enflammées qui tombaient doucement au sol, les membres d'Avalanche, les Argentés, Cissnei, Stan et les quatre jeunes terriens se dirigèrent vers les ruines du building.
L'installation qui avait servi à créer le vortex avait disparu. Il ne restait qu'un énorme trou qui s'enfonçait profondément dans le sol. Autour, un tas de gravats, des fils électriques, de machines et de cadavres de créatures l'entourait.
Mais tous s'en moquaient à moitié. Ils cherchaient Ariale. Où était-elle ?
Cissnei fut la première à l'apercevoir. Ou plutôt, à apercevoir Frognon. Il se tenait près d'une pile de gravats d'om émergeait un bras humain. Il tirait sur la manche de tissu qui recouvrait ce bras, pour dégager son propriétaire. Loz et Cloud la dégagèrent. Kadaj se précipita pour la soulever avec une infinie douceur dans ses bras.
« Ariale ? »
Mais la jeune fille ne répondit pas. Kadaj fronça des sourcils. Il posa deux doigts sur la gorge de la jeune fille et attendit, espérant qu'il aurait un pouls. Mais… il n'y eut rien.
Il écarquilla les yeux, refusant d'y croire. Quoi ? Non, il suffisait d'attendre ! Il allait avoir une réponse, elle ne pouvait pas mourir, voyons ! Pas après tout ça. Pas alors qu'elle venait de sauver le monde.
Il attendit, mais toujours rien. Pas de pouls.
« Ariale ! Réveille-toi, allez ! » dit le jeune homme.
Vincent poussa un soupir.
« Elle est morte, Kadaj. »
« TAISEZ-VOUS ! Vous dites n'importe quoi ! protesta le jeune homme d'une voix tremblante. Et toi, ouvre les yeux, allez ! Réagis, bon sang ! » dit-il en la secouant.
Mais la tête d'Ariale dodelina sans qu'aucune réaction n'apparaisse sur son visage.
Tifa posa les mains sur sa bouche. Cloud baissa tristement les yeux. Tout le monde fit silence, à la fois triste et indigné. Non, ce n'était pas possible !
Les membres d'Avalanche ne purent s'empêcher de comparer cette scène à celle de la mort d'Aéris. Une jeune fille brune, dans les bras d'un garçon qui l'avait aimée, et qui la pleurait maintenant. Une jeune fille différente des humains de ce monde, qui s'était sacrifiée pour le bien de tous… Pourquoi avait-il fallu que cela se termine ainsi ? C'était injuste !
Kadaj serra plus fort le corps sans vie d'Ariale contre lui.
« Ariale… Pardonne-moi… J'aurais dû venir plus tôt… On était… Et toi, tu… » dit le jeune homme.
« Kadaj… »
Tout le monde sursauta. Qui avait dit ça ? Cette faible voix, douce et triste… Kadaj baissa lentement les yeux, tremblant à l'idée de s'être trompé. Mais non. Ariale avait les yeux à demi-ouverts et le regardait.
« Tu… serres… fort… » gémit la jeune fille.
Kadaj ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit, estomaqué par ce qu'il voyait là.
« Tu… tu es vivante ? » demanda-t-il.
« J'ai… la… nausée », dit Ariale.
Tout le monde fit silence un instant, peinant à y croire. Puis Tifa émit un rire nerveux. Les autres s'y mirent à leur tour, peinant à y croire. Elle était vivante ! Youffie était si contente qu'elle se mit à sauter de joie en criant, bientôt imitée par Cait Sith qui tapait dans ses mains gantées et Frognon qui rebondissait contre les gravats comme une balle sauteuse.
XxXxXxXxXxXxXxX
Ariale ne comprenait pas vraiment ce qui se passait. Elle se sentait bizarre, comme détachée de tout depuis qu'elle s'était réveillée dans les bras de Kadaj.
Elle vit plus qu'elle sentit Kadaj la porter dans ses bras à travers les rues de Junon dévastée. Les membres d'Avalanche et la bande de Diego étaient là aussi, ils marchaient autour d'eux, ainsi que les autres Argentés.
Des gens sortaient des maisons alentour et se demandaient ce qui s'était passé.
Puis elle vit des portes s'ouvrir, elle vit des néons au plafond d'une salle blanche, puis tout s'arrêta. On l'avait apparemment posée quelque part, car Kadaj s'était légèrement éloigné d'elle, il était assis sur une chaise maintenant.
Ah oui, on l'avait installée dans un lit, dans une chambre d'hôpital. Frognon s'était blotti contre sa joue et ronronnait de plaisir, comme un chat. La jeune fille ferma les yeux, laissant la fatigue la remporter.
Pourtant, elle ne comprenait pas. Elle avait vu le vortex exploser, elle avait senti la douleur de son corps puis elle avait senti la mort l'emporter avec l'explosion. Alors quoi ?
L'espace dans ses rêves s'éclaira. Elle se réveilla dans le grand champs de fleurs. Aéris et Zack apparurent devant elle, l'air à la fois heureux et pourtant navré.
« Ma pauvre Ariale… Dans quoi t'avons-nous entraînée ? » demanda Aéris.
Les poings sur les hanches, Zack poussa un grand soupir en secouant la tête.
« Comment ça se fait que je sois en vie ? » demanda Ariale.
« Eh bien… Tu vas rire ! » dit Zack, gêné.
Aéris lui donna un coup dans les côtes.
« Arrête, c'est une super nouvelle pour elle, voyons ! »
« QUOI ? Alors, vous allez m'expliquer ? » demanda Ariale.
Ici, au moins, elle ne ressentait rien et pouvait exploser de colère sans ressentir de douleur physique.
« E-e-e-e-e-e-e-e-e-e-eh bien… » dit Zack.
« … ça va te faire un choc, mais… » dit Aéris.
« … tu es enceinte », dit Zack.
Ariale cligna plusieurs fois des yeux.
« Je vous demande pardon ? » dit-elle, croyant qu'ils étaient en train de blaguer.
« Tu es enceinte de Kadaj. Tu as des cellules de Jenova en toi depuis la fois où vous avez… tous les deux… à l'auberge, tu sais, quand vous avez fini par reconnaître votre amour l'un pour l'autre… » dit Zack.
« Lucrécia avait des cellules de Jenova en elle quand elle s'est retrouvée enceinte. Et même après la naissance de Sephiroth, son corps demeurait fort grâce à ces cellules, et elle n'a jamais pu mourir. C'est le cas pour toi aussi. Le bébé que tu portes en toi a des cellules de Jenova, et ce sont elles désormais qui te maintiennent en vie. Et crois-moi, d'ici le temps de l'accouchement, tu auras largement guéri, tu seras complètement rétablie ! » dit Aéris.
Sous le choc, Ariale se laissa tomber dans l'herbe. Enceinte ! Elle était enceinte !
En y repensant, elle réalisa que ça se tenait. Elle n'avait pas eu ses règles depuis cette nuit avec Kadaj. Et les nausées, les vomissements, la perte d'appétit, la fatigue…
Ariale posa la main sur son ventre. Elle avait peine à y croire, mais c'était vrai. Elle attendait un enfant !
« Ça va aller ? » demanda Zack en se penchant vers elle, soucieux.
Ariale leva la tête vers les jeunes gens et leur offrit un sourire rayonnant.
« Maintenant, oui. Ça va aller. »
Et voilà ! Je parie qu'aucun de vous ne s'y attendait ! Alors, vous avez aimé ce chapitre ? ^_^ Rassurez-vous, ce n'est pas le chapitre final. Encore deux-trois petites choses à régler. Mais vous avez aimé ou pas ?
Dites-le-moi, c'est très important !
