Désolée pour le retard ! J'ai eu un ami à la maison dimanche, et hier j'étais tellement crevée que j'ai oublié.
Chapitre 55 : Merlin et le jeune druide ~Partie 3~
La silhouette attendait dans l'obscurité alors qu'elle approchait, ne se tournant vers elle que lorsqu'elle fut toute proche. Morgane sourit sombrement en s'arrêtant à quelques pas de lui, et jeta un sac de vêtements à ses pieds.
« Vous avez été fortement recommandé, je vous fais donc confiance pour être à la hauteur de la tâche. »
L'homme ramassa le sac et jeta un coup d'œil à l'intérieur et aux habits amatan qu'il contenait. Il la regarda ensuite d'un air spéculatif.
« Vous désirez que je piège le Sarrum ? »
Morgane tira quelques faisceaux de tiges couvertes de runes de sa cape. Chacun était attaché par une corde de couleur différente, et elle les désigna un par un.
« Je me suis arrangée pour que le Sorcier de la Cour de Camelot soit... indisposé. Les alarmes et les sorts qui protègent Camelot et les avertissent de la présence de ma magie ne peuvent être lus que par lui. Mais maintenant il est en chemin pour la tombe, et il ne pourra avertir personne. Les noires vont faire en sorte que les gardes vous ignorent s'ils vous voient, mais uniquement pour quelques minutes. Utilisez-les sagement. Les rouges rendront toute personne dans un rayon de quinze pas inconsciente. Je suis sure que vous saurez ne pas les utiliser où ils pourraient être découverts. Les blanches débloqueront les portes qui vous barreront le chemin. J'ai indiqué la route que vous devrez prendre sur cette carte. Suivez-le, et vous n'aurez aucun problème à rejoindre votre cible. »
Elle remit les tiges et les esquisses du château à l'assassin, qui les empocha pensivement.
« Et quand voulez-vous que la cible meure ? »
Le sourire de Morgane se fit sinistre.
« Pendant la signature du traité avec le Sarrum… Lorsque vous tuerez Arthur Pendragon, assurez-vous que les Chevaliers vous voient porter la livrée des hommes du Sarrum. Les sorts des tiges noires vous permettront de leur échapper en toute sécurité.
– Et mon paiement ? »
Morgane lui jeta une bourse.
« Vous aurez le reste une fois le travail terminé. »
L'assassin attrapa l'argent, hocha la tête, et s'éloigna dans l'obscurité. Morgane sourit. Arthur ne se douterait de rien, pas avant qu'il ne soit trop tard.
~(-)~
Lorsque la lumière du soleil le toucha, il se demanda si c'était la cause de la douleur brulante dans tout son corps. Lorsqu'il ouvrit les yeux, et vit la forêt au-dessus de sa tête, il dut faire une pause et réfléchir à ce qu'il s'était passé.
Merlin grimaça, conscient de sa blessure à la jambe malgré le feu qui semblait le consumer. Il tenta de l'atteindre pour évaluer les dégâts, mais fut pris de violents hauts le cœur. Mais ce ne fut pas du vomi qu'il toussa, mais plutôt une épaisse mouche blanche. Il avait l'écume à la bouche, ce qui en termes de poisons n'était jamais bon signe.
Il s'allongea à nouveau, prenant de grandes inspirations pour rassembler ses forces. Sa magie l'immunisait contre les poisons normaux, ce qui signifiait que quoi qu'ait utilisé Morgane, il y avait de la magie dedans. Il pouvait sentir la souillure de son pouvoir comme une démangeaison sous sa peau, et il le repoussa avec toute la volonté qu'il pouvait rassembler.
Les yeux de Merlin se teintèrent brièvement d'or, une fois, deux fois, trois fois… Mais il s'affaissa à nouveau, jurant en silence. Le poison était très puissant, et resserrait la gorge, lui enlevant la possibilité d'appeler à l'aide. Cela ne le tuerait pas, sa magie brulait son maléfice sans qu'il ait besoin de faire un effort conscient, mais il pouvait rester allongé ici pendant des heures avant de parvenir à se relever.
Merlin ferma les yeux, envisageant de chevaucher l'Ancienne Magie pour demander de l'aide, mais rejeta immédiatement l'idée. Sa magie était la seule chose qui maintenait son corps en vie, et s'il quittait son corps, son cœur ne repartirait jamais. Et de toute façon, il ne pouvait compter sur personne pour le trouver. Il avait dit à Arthur qu'il pourrait être retardé un jour ou deux, et il était parti sans même prendre un membre de son clan avec lui comme escorte. Il était seul et sans défense à cause de sa trop grande confiance en lui, et à cause de cela Arthur était en danger.
Ses pensées dérivèrent au bord du délire, et l'œil de son esprit s'égara loin de là où il gisait. Il fit des images lointaines d'Arthur s'entrainant avec l'un des hommes du Sarrum, et les plaisanteries et les manœuvres formelles qui s'ensuivirent quand midi vint et que l'heure vient de discuter de l'alliance. Mais peu importait qu'il puisse « voir » Arthur, il ne pouvait pas communiquer avec lui.
Merlin se tira hors de ces visions, concentrant toute sa volonté à bruler le poison qui l'immobilisait. Il entra dans une transe dont il pourrait sortir à tout moment, et qui fut vite troublée par le son de bruits de pas qui approchaient.
Il ouvrit faiblement les yeux, pour être surpris par un filet d'eau fraiche versé sur ses lèvres desséchées. Puis il tourna la tête pour regarder la personne agenouillée à côté de lui, et plissa les yeux en le reconnaissant.
« Toi… Tu es revenu. Pourquoi ? »
Daegal baissa la tête, de remords et de culpabilité.
« Je ne pouvais pas vous laisser mourir. »
Il posa la main sur la poitrine de Merlin avec sérieux.
« Écoutez, vous savez comment soigner. Je veux vous aider. Dites-moi de quelles herbes vous avez besoin et j'irais les chercher pour vous. »
Merlin l'observa, méfiant à cause de la trahison précédente, mais il y avait de l'honnêteté dans les yeux du jeune garçon.
« De la rue... Elle a des fleurs jaunes, et des feuilles duveteuses. Du myriophylle, de l'achillée… toutes les trois, réduits en infusion. »
Daegal hocha la tête et se précipita au loin, un murmure passant les lèvres de Merlin.
« Fais vite. »
Merlin se détendit un peu, conscient du fragile espoir que Daegal représentait. Ensemble, ces trois herbes feraient sans doute pencher la balance en sa faveur, et permettraient à sa magie de le débarrasser du poison. Au pire, dans son état, elles déclencheraient une attaque, un coma, et pouvaient même le tuer. Dans tous les cas, c'était un pari risqué, mais la vie d'Arthur était en jeu.
Le temps semblait trainer, et quand son délire se fit plus profond, Merlin en perdit toute trace. Il remarqua à peine le retour de Daegal avec une coupe sommaire en feuilles, et ce fut uniquement le goût amer du liquide qu'elle contenait qui le réveilla assez pour boire.
Puis il fit faiblement signe au garçon de le tenir, ayant déjà ressenti les crampes préalables dans son cou, le signe que son corps réagissait, la mixture à peine ingérée. Jusqu'à maintenant il avait eu l'impression que son corps était en feu, mais maintenant il avait l'impression qu'il brulait de l'intérieur, d'un feu qui ressemblait plus à de la glace qu'à des flammes, alors que l'effet des herbes passait de ses intestins à son sang.
Les yeux de Daegal s'écarquillèrent de peur et d'inquiétude lorsque le premier spasme secoua le sorcier qu'il tenait, mais au-delà de ce point, Merlin perdit conscience des choses. Il ne garda aucun souvenir des crises violentes qui le torturèrent pendant de longues secondes, avant qu'il ne devienne complètement flasque et immobile. La seule chose dont il eut conscience fut le moment où il ouvrit les yeux à nouveau, pour découvrir que la lumière du jour avait été remplacée par l'obscurité de la nuit.
Merlin grimaça et commença à s'asseoir, à nouveau capable de bouger même si le moindre mouvement faisait hurler ses muscles de protestation. Le mouvement attira l'attention de Daegal, et le garçon lui jeta un regard surpris.
« Vous êtes vivant ? »
Merlin lui jeta un coup d'œil, et même dans l'obscurité ses sourcils froncés étaient clairement visibles. Daegal tressaillit et détourna le regard.
« Vous devez me croire. Je ne savais ce que Morgane préparait. »
Merlin posa ses coudes sur ses genoux, se stabilisant.
« Tu m'as trahi.
– Elle m'a offert de l'argent. Vous avez vu comment c'est, pour les gens comme moi. On fait ce qu'on peut pour survivre. »
Merlin tendit la main vers lui, et l'attrapa par le poignet.
« Est-ce que tu sais ce que Morgane a prévu ? Ne pense pas pouvoir me cacher quoi que ce soit, je saurais si tu mens. »
Daegal se recroquevilla sous l'expression sévère de Merlin.
« Je… Je n'ai rencontré Morgane d'une fois avant de vous conduire ici… Je pense qu'elle veut tuer le Roi. »
Merlin relâcha sa prise sur le poignet de l'enfant, et se remit difficilement debout, à la surprise de Daegal.
« Qu'est-ce que vous faites ?
– Je dois avertir Arthur avant qu'il ne soit trop tard. »
Merlin se tourna vers l'est et commença à s'éloigner en boitant dans l'obscurité, laissant Daegal derrière jusqu'à ce que le garçon se relève et le suive. Mais ils n'allèrent pas loin avant que la lumière de feu de camp ne les fasse s'arrêter, et Daegal attrapa Merlin.
« Des bandits. Ils sont là depuis quelques heures, et ont posté des guetteurs. »
Merlin se dégagea, et se remit en marche.
« Alors on va devoir les contourner. Je dois me rapprocher de Camelot. »
Dans sa hâte, il repartit à une vitesse plus rapide qu'il ne l'aurait dû et trébucha. La conséquence fut une glissade tout sauf gracieuse, qui le mena en bas de la pente et jusqu'aux abords du camp des bandits. Lorsqu'il les vit commencer à se rassembler, Merlin parla sèchement.
« Pars. »
Daegal secoua la tête.
« Non.
– Je peux prendre soin de moi-même. »
Daegal le regarda.
« Cette fois, je ne vais pas vous laisser.
– Mets-toi en sécurité. »
Lorsque Daegal refusa une nouvelle fois de partir, Merlin secoua la tête devant l'entêtement du garçon et s'intéressa aux bandits.
« Si vous tenez à la vie, vous ne ferez pas un pas de plus. »
Merlin s'interposa d'un air protecteur entre Daegal et les bandits, donc plusieurs riaient alors que leur chef s'approchait.
« Videz vos poches. »
Merlin étrécit les yeux.
« Dernière chance. »
Le chef des bandits se mit à rire et tira son épée.
« Tu n'as même pas d'épée.
– Je n'en ai pas besoin. »
Avec une brève lueur d'or dans ses yeux, Merlin attrapa le bandit et le lança sur ses collègues. Puis il les regarda s'éloigner avec terreur. Au moins, ils avaient le bon sens de s'enfuir quand ils avaient affaire à de la magie. Merlin jeta un coup d'œil au garçon derrière lui lorsque la voie fut libérée, et l'attrapa par l'épaule pour le forcer à se remettre en route.
« Tu ne pensais quand même pas que le poison m'empêcherait d'utiliser la magie ? En route. »
Merlin repartit en boitant dans les ténèbres, s'acharnant même lorsque le soleil commença à s'élever. Et lorsqu'il fut levé, Daegal put voir la sombre détermination sur le visage du sorcier. Mais il pouvait aussi voir sa douleur et une heure après l'aube, il ne put plus l'ignorer plus longtemps.
Il tendit la main et força Merlin à s'arrêter, sourcils froncés.
« Vous êtes peut-être un sorcier, mais vous avez besoin de soigner cette jambe. »
Merlin le regarda, puis repoussa doucement la main de sur son épaule.
« Ne t'inquiète pas, je le ferais dans peu de temps. Je pourrais m'arrêter bientôt. »
Il recommença à marcher, et Daegal le suivit avec un air confus.
« Mais nous sommes encore à des lieues de Camelot. Avec votre jambe, il pourrait être midi avant que nous y arrivions !
– Je n'ai pas besoin d'atteindre Camelot pour avertir Arthur, j'ai seulement besoin d'être à une certaine distance, que nous avons presque atteinte. »
Daegal fronça les sourcils.
« Que voulez-vous dire ? »
Merlin fouilla sous ses vêtements et en tira son amulette. Il le tint suspendu par sa chaine, et murmura.
« Bist thu birihte.»
L'amulette bascula pour pointer l'est, mais stoppa à quelques pouces de l'horizontale.
« Presque, mais pas encore. Lorsque nous serons assez proches, je pourrais utiliser ceci pour contacter Arthur. »
Il se remit en route, toujours suivi par Daegal, jusqu'à ce qu'une quinzaine de minutes plus tard l'amulette se mit enfin à l'horizontale. Merlin fit un trou dans le sol et le remplit d'eau, puis conjura une image d'un roi sur le point de se rendre à la cérémonie de signature.
~(-)~
Arthur ajusta son manteau, sourcils froncés. Merlin n'était toujours pas revenu, mais on était encore dans les temps qu'il avait indiqués. Pourtant, une partie de lui ne pouvait s'empêcher de penser que quelque chose n'allait pas. Les fils de magie que Merlin lui avait prêtés avaient été exceptionnellement froids toute la journée de la veille. Et s'ils s'étaient réchauffés, ils tremblaient, comme si quelque chose n'allait pas.
« Arthur! »
Ce cri, qui résonnait comme s'il était entre ses oreilles, fit tressaillir Arthur, et il regarda tout autour de lui, tout en sachant que le sorcier n'était pas dans la pièce.
« Merlin ? Est-ce que tu m'appelles ? »
« Oui… Arthur, j'ai été piégé. Morgane m'a tendu une embuscade, j'ai été incapable de bouger avant il y a quelques heures. Les alarmes de la cité sont inutiles si je ne suis pas là. Vous devez prêter attention à son intrusion, ou à celle d'un assassin. »
Arthur se figea.
« Tu penses qu'elle a l'intention de piéger le Sarrum ? De déclencher une guerre ? »
Il y eut un moment de silence.
« Je ne voudrais pas m'avancer, mais je doute qu'elle ait prévu d'attaquer en personne. Elle sait que j'ai des sorts en place qui sont spécifiquement ciblés sur elle. Si votre mort et une guerre sont ce qu'elle veut, ce serait bien plus simple d'engager un assassin que de combattre en étant limitée par mes sorts. »
Arthur acquiesça et entreprit de nouer la ceinture de son épée comme si tout était normal.
« Alors, ne t'inquiète pas… Aucune arme que nous avons pu tester ne peut passer mes barrières lorsque tu me prêtes ton pouvoir. Je serais prêt. »
Il sortit de ses appartements et se dirigea vers la Grande Salle, s'interrompant pour parler à Mordred quand il le croisa près ses appartements. Quelques instructions discrètes envoyèrent le chevalier-druide à la galerie verrouillée qui donnait sur la Grande Salle, où il se dissimulerait et attendrait.
Arthur arriva à la Grande Salle, où lui, le Sarrum et une assemblée de chevaliers entrèrent pour se rassembler autour de la Table Ronde. Les plumes, l'encre, et le traité étaient déjà déployés et attendaient, mais l'attention du roi était ailleurs alors que Lord Geoffrey faisait les annonces officielles.
Il vit le mouvement dans la galerie, juste quand vint le moment pour lui de signer le traité avant que le Sarrum prenne sa place. Lorsque cela se produisit, il replia son bras gauche sur sa poitrine tout en se penchant pour attraper la plume, et ferma les yeux pour cacher l'étincelle d'or pendant qu'il poussait le pouvoir emprunté dans le geste.
Il y eut un puissant bruit lorsque quelque chose se brisa contre la barrière quelques instants plus tard, la pointe finissant bien loin de sa cible, et avant que les éclats du carreau d'arbalète ne se posent sur la table, une silhouette fut jetée hors de la galerie par une flambée de magie.
L'homme, vêtu de la livrée d'Amata, cria en s'écrasant sur le sol de la Grande Salle. Le son de son atterrissage fit tressaillir tous les présents, et avant que le Sarrum puisse réagir, Arthur prit la parole avant que ses chevaliers puissent tirer leurs épées.
« Ne tirez pas vos épées, cet assassin n'est pas l'un des hommes du Sarrum. »
À ses côtés, le Sarrum gronda.
« Vous saviez que cette tentative allait avoir lieu ? Et vous ne m'avez rien dit ? »
Arthur resta sérieux.
« Je ne l'ai moi-même appris qu'il y a une quinzaine de minutes, quand mon Sorcier de la Cour m'a contacté. Il semble que Morgane désirait provoquer une guerre entre Amata et Camelot. »
Le Sarrum restait furieux.
« Vous avez quand même eu le temps de préparer un piège pour l'assassin et pourtant vous ne l'avez pas averti. Vous ne m'avez pas fait assez confiance pour me le dire ! »
Avant qu'Arthur ait la chance de corriger cette interprétation erronée, le Sarrum s'écarta de la table.
« Vous m'avez fait venir pour cette alliance, vous m'avez demandé de vous faire confiance, et pourtant vous ne m'accordez pas la vôtre en retour. C'est inacceptable, et je ne vais pas signer un traité avec un Roi qui est prêt à jouer avec ma vie ! »
Il sortit comme une furie de la Grande Salle, le traité maintenant caduc, et pourtant une part d'Arthur n'arrivait pas à s'en sentir désolé. Oui, cela voulait dire ne pas gagner un allié puissant, mais cela signifiait aussi ne pas avoir à se montrer amical avec l'homme qui avait torturé Aithusa.
Arthur soupira doucement pour lui-même, et s'adressa aux Chevaliers rassemblés.
« Envoyez un message aux écuries, qu'ils tiennent les cheveux du Sarrum prêts pour son départ. Cette rencontre est terminée. »
~(-)~
Merlin s'éloigna de l'image dans l'eau, et il laissa échapper un soupir de soulagement avant de poser une main sur l'épaule du garçon à côté de lui.
« Tu as bien fait. Grâce à toi, l'assassinat a échoué. »
Daegal, qui avait également assisté aux évènements montrés par le sort de Merlin, baissa la tête.
« Je ne pense pas que j'ai fait beaucoup de choses bien dans ma vie.
– Et bien tu as fait quelque chose de bien maintenant. »
Merlin lui sourit.
« Tu as montré de l'honneur en revenant pour moi.
– Alors il doit venir de ma mère.
– Alors cette partie était vraie ? »
Daegal releva la tête à cette question, et haussa les épaules avec hésitation.
« Tout était vrai, à part la partie sur ma sœur.
– Elle n'est pas malade ?
– Je n'ai pas de sœur. »
Merlin rit d'être tombé dans une telle ruse.
« Et ta mère, elle n'était pas druidesse ? »
Daegal secoua la tête, mais son expression était maintenant grave.
« Non, mais elle était comme vous. Elle avait de la magie… et Uther l'a tué pour ça. »
Merlin tendit la main vers lui avec sympathie.
« Je suis désolé pour ta perte. Mais malgré tout, je pense qu'elle serait fière de toi. »
Merlin se releva, et fit une fois de plus face à l'est.
« Alors, est-ce que tu veux bien m'aider à retourner à Camelot ? Même si je guéris ma jambe, je ne suis pas encore remis de ce poison. Un coup de main serait apprécié. »
Daegal le regarda, incertain, puis lui rendit timidement son sourire. Il se releva et se rapprocha, afin que Merlin puisse passer le bras sur ses épaules et s'appuyer sur lui. Et devant sa volonté de l'aider, en dépit de ne pas savoir s'il serait puni pour avoir conduit Merlin dans une embuscade, le sorcier sut que le garçon avait retenu une leçon de cela. Et cela seul signifiait que ça valait la peine de s'assurer que le garçon aurait un avenir après cela.
