CHAPITRE 52
Friends

Cela faisait plus de trois fois qu'elle ouvrait la porte de sa chambre pour ensuite la refermer. Marlène en raison de... son état, était cloué au lit. C'était donc seule qu'elle devait descendre rejoindre les garçons. Elle ouvrit de nouveau la porte et se retrouva nez à nez avec James. Elle lui claqua la porte au nez et se figea. Elle venait de lui claquer la porte au nez. Mais quelle idiote, elle se serait donnée des gifles. Il fallait qu'elle rouvre cette porte. Mais comment expliquerait-elle ce qu'elle venait de faire. La panique ?
Une urgence ?

Elle sursauta quand il frappa à la porte.

– Evans ? Tout va bien ?

Elle allait répondre mais les mots s'étranglèrent dans sa gorge. Elle toussota pour éclaircir celle-ci.

– Je... j'arrive.

– Ouvre, lâcha-t-il sur un ton autoritaire.

– Non...

– Pourquoi ?

– Je suis nue.

Et voilà. Elle n'avait plus qu'à s'approcher de ce mur et se cogner la tête dessus. Nue ! Etait-ce vraiment ce qu'elle venait de dire ? Qu'on la fasse monter à l'échafaud dès maintenant. La mort serait une douce délivrance à l'humiliation qu'elle s'infligeait elle-même. Elle entendit le rire du garçon s'élever derrière la porte. Qu'on lui apporte une pelle. Elle s'enterrait vivante. On écrirait sur sa tombe « ci-git Lily Evans, humiliée à jamais ».

– Ouvre Evans, j'arrête de me moquer, dit-il sur un ton moqueur.

– Attends je m'habille.

– T'as ouvert la porte je te signal et crois moi je m'en serais souvenu si t'avais été nue.

– Pervers !

– C'est toi qui as abordé le sujet la première. Maintenant je t'imagine en tenue d'Eve. Ouvre cette putain de porte ou je la défonce.

– Dégage !

James fouilla dans ses poches et attrapa une petite clé. Sa clé « ouvre tout ». L'une de ses plus belles inventions. Il savait qu'elle n'était pas nue. Mais cette porte close laissait beaucoup trop d'espace à son imagination. Il introduisit la clé dans la serrure et déverrouilla porte qu'il poussa doucement. Elle se tenait debout... habillée.

– Tu n'avais pas le droit.

– Je me le suis octroyé.

– Toujours convaincu que les règles ne s'appliquent pas à toi Pot...

Elle ne prononça pas la fin de sa phrase car il s'était soudain approché. La porte se referma tandis que lui-même emprisonnait sa taille entre ses mains.

– Je ne sais plus où on en était, murmura-t-il ses lèvres frôlant presque les siennes.

– Tu voulais que j'ouvre la porte... Mais…

– Mais tu étais nue... La coupa-t-il.

Elle respirait plus fort, son rythme cardiaque s'était aussi accéléré. Elle posa deux doigts sur les lèvres du garçon. Il pressa ses lèvres contre son index en son majeur. Deux doigts... c'est tout ce qui les séparait. Elle le sentit resserrer son emprise sur sa taille.

– Je ne le suis plus, dit-elle dans un souffle.

Il appuya un peu plus ses lèvres sur ses doigts. Ces derniers s'appuyer désormais sur ses propres lèvres. Elle retint son souffle et ferma les yeux. Elle aller céder.

– On peut arranger ça...

– Je crois qu'on devrait descendre, répondit-elle en ouvrant de nouveau les yeux. Les autres doivent attendre.

Elle recula mais il la plaqua de nouveau contre lui. Dans sa surprise elle s'était agrippée à ses épaules. Leurs lèvres se frôlaient presque et rien ne les séparait plus. Rien si ce n'est eux même.

– J'ai une proposition.

– Indécente je suppose ? répondit-elle en essayant de garder une voix assurée.

– Ça dépend ce que tu juges indécent.

– Toutes propositions émanant de toi.

Il ne put s'empêcher de sourire.

– Couches avec moi.

Lily se figea. Se glaça. Elle en oublia même de le gifler. Elle se souvenait de l'époque où il la harcelait de « sors avec moi Evans ». Elle se prit à regretter cette époque. Il avait la décence de cacher ses intentions peu louables derrière la promesse d'une vie de couple. Elle ne l'avait pas giflé car elle était celle qui s'était pris une gifle. De petite amie, il venait de la rétrograder à un simple plan cul. Il ne voulait plus sortir avec elle. Il voulait... son corps.

Elle avait passé la dernière heure à essayer de récolter ce qui restait de sa meilleure amie après que Sirius l'ait brisée et voilà que Potter lui proposait de vivre le même enfer ? Elle ne pouvait croire qu'il ait pu ne serait-ce que penser qu'elle accepterait. Puis elle se rendit compte de la position dans laquelle ils étaient. Ce n'était pas la première fois. Elle était la seule fautive. Plus d'une fois elle l'avait laissé approcher plus d'une fois. Plus que ne le voulait les convenances. Allant jusqu'à l'embrasser alors qu'ils n'étaient pas ensemble. Alors qu'ils avaient chacun quelqu'un. Elle lui avait donné l'image d'une fille facile, il ne fallait pas s'étonner que désormais il se comporte avec elle comme avec une fille facile.

– Lâche moi, lui dit– elle d'une voix menaçante.

James la relâcha immédiatement. Son corps avait réagi instinctivement. Peu de chose lui faisait peur... Une Lily Evans en colère le terrifiait pour deux raisons. La première était qu'elle n'était jamais aussi belle que lorsqu'elle était en colère et que bien souvent il se retrouvé partiellement déconcentré. La seconde raison était une conséquence de la seconde. Partiellement déconcentré, il ne parvenait pas à saisir la totalité de ce qu'elle lui reprochait et finissait toujours par aggraver la situation qui était la plupart du temps déjà critique. Et voilà il n'avait pas écouté ce qu'elle venait de lui dire, trop occupé à se perdre dans l'émeraude de ses yeux.

– Je ne coucherais jamais, tu m'entends, jamais avec toi ! lui hurla-t-elle.

Ah ça il l'avait entendu.

Il la vit regarder autour d'elle. Oh non... elle cherchait sa baguette. Il la repéra sur la table de nuit et se précipita pour s'en saisir le premier. Il y parvint mais elle s'était élancée derrière lui et sans trop savoir comment la jeune fille s'était accrochée à son dos. Ses jambes fermement enroulées autour de lui.

– Rends la moi ! lui dit-elle en tendant les bras.

– Je veux pas mourir ! répondit-il en essayant de se dégager de son emprise.

– JAMES POTTER RENDS MOI MA BAGUETTE !

En essayant de se débarrasser d'elle, il se prit les pieds dans le tapis et tomba sur le lit. Elle lâcha prise en poussant un léger cri. Il se retourna rapidement dans le lit mais elle fut plus vive que lui et se plaça à califourchon sur lui, tendant la main pour attraper la baguette. Elle poussa un cri de victoire en l'attrapant puis sembla se rendre compte de la situation dans laquelle ils étaient.

Elle baissa les yeux vers lui. Il tressailli. Il ne l'avait pas juste mise en colère cette fois... il l'avait profondément blessé. Il le lut dans son regard.

– Je suis désolé Evans. C'était idiot.

Elle serra son petit poing et lui donna un coup sur le torse. Puis deux, les larmes emplissant ses yeux. Il la laissa faire sans un mot.

– Je me hais.

– Tu veux dire « je te hais » non ? lui demanda-il en fronçant les sourcils.

– Non.

Fille facile.

Plan cul.

– Je t'aime bien assez pour deux.

Elle lui redonna un petit coup en souriant à travers ses larmes. Elle ne put s'empêcher d'être heureuse de le retrouver. Le garçon capable de la rendre furieuse pour ensuite lui déclarer qu'il l'aimait comme s'il s'agissait de la chose la plus banale du monde.

– Je ne sais pas comment m'y prendre avec toi, je fini toujours par te mettre en colère. Je te fais même pleurer maintenant.

Il essuya avec douceur l'une des larmes qui s'était sournoisement échappée de ses yeux pour glisser le long de sa joue. Elle ferma les yeux et se sentit frémir au contact de sa main sur sa joue.

– Commence par ne plus me demander de coucher avec toi... c'est insultant.

– Très bien la prochaine fois je le ferais sans te le demander, répondit-il en riant.

Elle lui donna de nouveau un coup sur le torse en riant doucement.

– Idiot.

– Je ne peux pas te demander de sortir avec moi, ni de coucher avec moi. Dis-moi juste ce que je suis censé te demander.

– On pourrait commencer par apprendre à se connaître.

– Tu veux dire... être ami ? demanda-t-il incrédule.

– Oui.

– Non. répondit-il catégoriquement.

Elle le regarda surprise. Elle ne s'attendait pas à un refus aussi virulent.

Mais James ne changerait pas d'avis. Il ne voulait pas et ne pouvait pas se contenter d'être son ami. D'un autre côté... Frank et Alice avaient d'abord étaient amis avant de sortir ensemble. C'était donc ça la leçon que voulait lui apprendre Sirius ! Il sourit joyeusement. Il avait mal interprété ce que son ami lui avait dit. C'était probablement cela ! Sirius ne l'aurait jamais mis dans une situation difficile volontairement. Ce que voulait lui faire comprendre Sirius c'est qu'il y avait une étape avant celle de sortir ensemble.

– Oui !

– Quoi oui ? demanda-t-elle sans comprendre.

– Soyons amis ! dit-il en souriant joyeusement.

Lily se massa les tempes.

Être l'amie de James Potter n'allait pas être de tout repos.