Harry Potter, Prince des Neiges
Arc des Trahisons
Chapitre 46 : Trahisons
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Cornelius Fudge, le (futur ex) Ministre de la Magie de Grande Bretagne, blêmissait au fur et à mesure qu'Amelia Bones, la Directrice de la Justice Magique, expliquait dans le détail et avec preuves à l'appui auprès de leurs pairs du Magenmagot. Le petit homme scrutait un à un les visages des autres membres de l'assemblée espérant y voir des signes de soutiens mais il n'y en avait aucun. Pas même de la part de Lucius.
Ses yeux croisèrent alors ceux de Black. Son petit sourire satisfait le mit en rage. C'était lui le responsable. Il savait que c'était lui. Ce criminel, ce…ce…ce Mangemort avait conspiré porte le salir lui, Cornelius Fudge. Mais ça n'allait pas se passer comme ça. Il allait leur dire, il allait leur parler, leur faire comprendre sa vision du monde et ils l'adoreraient à nouveau.
« À la majorité le Magenmagot décide que le Ministre Fudge n'est plus apte à occuper sa fonction » dit clairement la voix d'Amelia.
Non ! Ce n'était pas possible ! Il leur avait pourtant dit ! Il leur avait pourtant expliqué pendant plus d'une heure en prenant la suite des mensonges, des fausses allégations de cette parvenue de Bones. Il le avait expliqué qu'elle n'était qu'un pantin entre les mains du meurtrier qu'était Black. Ils auraient du comprendre. Ils auraient dû le croire.
« De plus, au vue des accusations, le Département de la Justice Magique engage des poursuites à l'encontre de l'ancien Ministre pour tous les chefs d'accusations cités plus tôt. Une assemblée de 40 membres sera formée pour servir de jurés lors du procès. Veuillez des maintenant présenter vos candidatures pour en faire partie. En attendant son procès, le Seigneur Fudge sera mis en détention dans les cellules du Ministère. »
Sur un signe de sa part, des Aurors mirent des menottes à Fudge et l'entraînèrent derrière eux alors que celui-ci lançait des menaces.
« Je reviendrais ! Vous me le payerez ! Je suis le Ministre ! »
Mais une fois que la lourde porte se fut refermée, ils n'entendirent plus rien.
« Maintenant, en ce qui concerne l'intérim… » commença Amelia avant d'être coupée par Sirius.
« Je propose Mme Bones » déclara-t-il.
« J'appuie la motion » rajouta Anthea, « et je la soumet au vote. »
Avant qu'Amelia n'ait eu le temps de protester, une grande majorité des mains s'étaient levés et la motion était passée.
« Très bien » soupira-t-elle. « Qu'on publie l'annonce. Je prêterai serment dimanche et les candidats pour le poste de Ministre pourront se faire connaître. Les votes se feront à la réunion la plus proche de l'équinoxe d'automne. »
Sur ces mots, Dumbledore mit fin à la séance et s'approcha de la nouvelle Ministre (même par Intérim) pour discuter avec elle d'engagements pris par le Ministre plus tôt dans l'année et qu'il lui faudrait respecter.
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Remus soupira en regardant le train s'éloigner de la gare du Pré-au-lard à direction de Londres. C'était une première pour lui. Il n'avait jamais assisté au départ du train sans y être lui aussi. Il devait encore participer à la réunion de fin d'année et commencer quelques préparatifs pour la rentrée prochaine. Ça ne devrait pas lui prendre plus de d'une semaine.
D'un mouvement leste, il calla à nouveau Agnès sur son épaule. La petite fille de deux ans aux cheveux noirs coiffés en couettes tenait son doudou d'une main ferme alors que l'autre s'agitait pour dire au revoir même si le train était déjà parti.
« Je crois que ça ira maintenant, mon cœur » dit Remus d'une voix douce. « Je pense qu'ils ne peuvent plus te voire. »
La petite fille le regarda sans répondre mais baissa tout de même sa main.
L'année avait été éprouvante pour la petite fille. A cause de Fudge, elle n'avait pas pu voir son autre papa pendant très longtemps et elle en avait souffert. Remus se souvenait de toutes les crises de larmes et de tous les caprices qu'elle avait fait sans le moindre résultat. Son « pa'hus » ne venait pas. Alors elle avait tout simplement arrêté de parler. Plus aucun son n'était sortit de sa bouche jusqu'à il y a quelques semaines quand elle avait revu son autre père et qu'elle s'était écrié : « papa Sihus ! ». Depuis, elle avait recommencé à parler mais ça restait rare.
Remus soupira puis embrassa le front de sa fille avant de retourner vers la route où l'attendait la dernière calèche qui allait le ramener à l'école.
« Alors ? Comment ça fait de rester alors que tout le monde s'en va ? » demanda Minerva alors qu'ils arrivait devant la porte.
« C'est assez…déroutant. L'école n'est pas la même sans les élèves. »
« C'est vrai » soupira la femme. « Et je dois avouer que je la préfère avec…même si je nierais avoir dit ça même sous la torture. »
Remus éclata de rire et marcha aux côtés de son ancienne enseignante jusqu'à la salle des professeurs. La réunion commença rapidement sans même s'interrompre pour le déjeuner où ils se contentèrent de manger des sandwiches à l'exception d'Agnès qui eu droit à sa petite assiette de carottes râpés et de morceaux de dindes qu'elle mangea toute seule avec sa cuillère.
Après le repas, Remus s'absenta pour aller la coucher. Elle ne se plaignit pas du tout vu que ses yeux se fermaient déjà tous seuls et que son papa avait dû finir de la nourrir.
« Au fait, mon cher Remus » commença Dumbledore à son retour, « Une question me tourne dans la tête depuis déjà quelques semaines, maintenant. »
« Laquelle ? » demanda le jeune professeur en s'asseyant de nouveau à la table.
« Comment avez-vous fait pour guérir de votre lycanthropie ? »
Le visage des autres professeurs manifesta alors un très vif intérêt à l'exception de celui de Severus qui ne montrait que du dégoût…bon, d'accord, avec aussi un peu d'intérêt. Remus, lui, ne fit qu'un léger sourire.
« Et bien, Albus, c'est très simple. Je suis toujours un loup-garou. »
« Imposs… » s'exclama Severus avant de se reprendre. « En ce cas, pourquoi tu ne te transforme pas à la pleine lune ? »
« Disons qu'Erik et ses amis n'ont pas été les seuls à profiter de la sagesses des trolls. »
Ses yeux dorés s'illuminèrent. Il leva l'une de ses mains qui se mit à changer sous les yeux des professeurs ébahis. Ses doigts s'allongèrent alors que des griffes poussaient à leur extrémité. C'est alors que quelque chose bougea sur le sommet de tête et les autres virent émerger de son crâne deux oreilles pointus de la même couleur sable que ses cheveux. Devant leurs têtes ébahis, Remus sourit et tous purent voir que ses dents était devenus pointus comme des crocs.
« Prodigieux » dit Dumbledore, mi enthousiaste, mi impressionné.
« Et encore, je n'ai pas sortie la queue » plaisanta le loup en retournant à son état normal. « Il s'agit d'une sorte d'état intermédiaire. Je peux aussi me transformer en vrai loup-garou ou en simple loup. »
« Et tout cela grâce à ces…trolls ? » demanda Filius.
« Exact »
« Fascinant ! » trépigna le petit professeur.
« J'imagine donc que le plan de Rabastan Lestrange n'était pas pour impressionner le jeune Prince » rit Dumbledore.
« J'imagine qu'il a du avoir une sacrée surprise » dit le professeur Bathseba Babbling avec un petit sourire. « Presque aussi grande que celle de notre cher Ministre…oh, pardon, ex Ministre. »
La professeur de Rune jeta un coup d'œil à sa meilleur amie qui enseignait l'Arithmancie, Septima Vector, et toutes deux éclatèrent de rire.
« Allons, allons, du calme » dit finalement Dumbledore en agitant les mains. « Il nous reste encore beaucoup de choses à faire pendant cette réunion. Tout d'abord, il me fait vous demander si nous vous reverrons l'année prochaine, mon cher Remus. »
« Mais bien évidemment. Je compte enseigner ici pendant encore longtemps. »
« Merveilleux ! » s'exclama le directeur. « Et maintenant si nous passions… »
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Remus, livide, s'était levé tellement brusquement que sa chaise était tombée en arrière.
« Agnès ! » s'exclama-t-il alors que le sort d'alerte martelant à ses oreilles.
Sans prendre le temps d'expliquer aux autres, il se précipita jusqu'à ses appartements. Quand il y arriva enfin, il trouve Agnès en train de crier et de pleurer dans son lit. Son visage était tout rouge, plus rouge qu'il ne m'avait jamais vu. Il prit sa fille dans ses bras malgré les mouvements qu'elle faisait en se débattant et essaya de la consoler mais rien n'y faisait.
Il vit à peine les autres professeurs arriver dans la chambre avant qu'il ne prenne une poignée de poudre de cheminée et ne la jette dans le foyer en hurlant « Hôpital Sainte Mangouste ». Il ferma les yeux pour éviter d'être étourdi pour ne les rouvrir qu'au moment où il sentit à nouveau le sol sous ses pieds.
« Quelqu'un ! S'il-vous-plaît ! J'ai besoin d'aide ! » s'écria-t-il en sortant en trombe du foyer.
« Qu'est ce qui se passe ? » demanda une infirmière en approchant suivit par quelques autres femmes en collerettes blanche.
Elle sortit sa baguette et commença à ausculter Agnès.
« Je…je ne sais pas… » s'exclama Remus, paniqué. « Je l'ai couché après le repas et j'ai laissé un sort d'alarme qui m'a prévenu que quelque chose n'allait pas. Quand je suis arrivé elle criait et elle était toute rouge. »
« Quoi que c'était, c'est fini » dit l'infirmière.
Remus baissa les yeux et remarqua enfin que sa fille avait arrêté de crier. Son visage était presque redevenu normal mais elle continuait à sangloter.
« On dirait un dégât de sort » dit l'infirmière.
« Quoi ? Mais qui n'aurait pu… »
« Remus ? »
L'homme se retourna et vit son compagnon arriver vers lui dans les robes grises des employés de l'hôpital. Un brassard blanc indiquait son statut de stagiaire.
« C'est…c'est Agnès » dit Remus les larmes aux yeux.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Une réaction magique exotique » dit l'infirmière. « Il faudrait l'amener à la Guérisseuse Monroe. »
« Je sais où se trouve sa salle de consultation » dit Sirius.
Laissant l'infirmière, Sirius conduisit son compagnon jusqu'à un ascenseur et appuya sur le bouton qui allait les conduit jusqu'au 5ème étage, celui du Service de pathologie des sortilèges. Alors que l'appareil montait, Sirius jetait des sorts de diagnostiques sur leur fille.
Enfin, un son de cloche annonça qu'ils étaient arrivés et les deux hommes se précipitèrent à l'extérieur de la cabine. Remus suivait son compagnon le long des couloirs puis enfin ils arrivèrent devant une porte sur lequel il était écrit :
« Guérisseuse Monroe
Dégât des maléfices sur les jeunes enfants »
Heureusement, la salle d'attente était libre si bien qu'ils frappèrent directement à la porte de la salle de consultation.
« Entrez » dit une voix à l'intérieur.
Sirius ouvrit la porte et entra dans la pièce où une femme d'une quarantaine d'année et vêtue de la robe vert citron des guérisseurs leva le visage vers eux.
« C'est pour quoi ? »
« C'est notre…notre fille » balbutia Sirius, fatigué d'avoir couru.
« Elle a eu une sorte de crise de…de douleur, je crois » dit à son tour Remus. « On nous a envoyé vers vous. »
La femme se leva rapidement et sortit sa baguette.
« Amenez-la par ici » ordonna-t-elle en leur montrant une table recouverte d'une couverture. « Je vois que vous êtes stagiaire chez nous. Vous lui avez jeté des sorts ? »
« Seulement des sorts de diagnostiques » répondit Sirius.
« Constantes ? »
« Normales pour le cœur mais la pression sanguine et la tension sont plutôt élevés. Il y a des résidus de magie aussi… » dit Sirius alors que son compagnon mettait leur fille sur la table.
« Quel maléfice lui a été jeté ? » demanda la Guérisseuse en jetant ses propres sorts.
« Mais aucun ! » s'exclama Remus. Elle se trouvait dans son lit à Poudlard, j'étais en réunion avec les autres professeurs quand mon sort d'alerte s'est déclenché… »
« Et personne n'a pu l'atteindre ? »
« Non » gémit Remus. « La porte de sa chambre était fermé et mes appartements étaient scellés. En plus il n'y avait plus personne à part ceux qui se trouvaient avec moi…s'il vous plaît Guérisseuse, qu'est ce qu'elle à ? »
« Présentement, plus rien » dit la femme en remettant ses lunettes en place.
« Mais… »
« Il n'y a plus que des résidus magique et physique chez votre fille. Plus de trace du sort. On dirait presque… »
Elle jeta un coup d'œil à Sirius qui blêmit.
« Quoi ? On dirait quoi ? » demanda Remus en voyant leur échange de regard.
« Ce sont les mêmes symptômes qu'on remarque…sur les victimes du doloris » dit finalement Sirius.
« Du…du doloris ? Tu dis que mon…que notre bébé à été… »
« On en sais rien ! » s'exclama Sirius en prenant son compagnon par les épaules. « Comme tu nous a dit, elle était seule quand c'est arrivé. »
« Il faudrait lui demander » dit la Guérisseuse.
Remus acquiesça et s'accroupit près de sa fille en lui prenant la main.
« Mon trésor, ouvre les yeux s'il te plaît » supplia-t-il d'une voix faible.
Agnès, qui sanglotait toujours, ouvrit les paupières et regarda son père.
« Papa 'mus ? Où on est ? » demanda-t-elle d'une petite voix.
« À l'hôpital, mon cœur. »
« Hopi…hopi… »
« Un hôpital mon cœur. C'est la où vont les gens qui ont bobo pour qu'on les soigne. Tu te souviens de ce qui s'est passé ? »
« Je faisais dodo et puis j'ai eu très mal » dit la petite fille.
« Où ça mon cœur ? »
« Partout, partout » répondit Agnès en se remettant à pleurer.
« Tu as vu quelqu'un ? »
La petite fille secoua la tête.
« Qu'est ce qu'on peut faire ? » demanda Sirius à la Guérisseuse. « Vous allez la mettre sous… »
« Oui » l'interrompit la femme. « Mais il vous faudra respecter le dosage. »
Elle s'approcha d'une armoire et l'ouvrit avant de chercher pendant quelques secondes. Elle en sortit alors un flacon puis elle se pencha pour prendre une bouteille et un verre sur l'étagère du bas. Elle revint vers les deux hommes et posa ce qu'elle portait sur une petite table juste à côté. Elle ouvrit la bouteille et versa dans le verre un liquide orange qui devait être du jus de citrouille. Elle ouvrit ensuite le tiroir sous la petite table et en sortit une pipette qu'elle trempa dans le flacon avant de verser quelques gouttes dans le verre.
« Voilà, cinq gouttes matin, midi et soir dans un liquide » dit le docteur. « Privilégiez un liquide sucré pour amoindrir le goût. »
Remus hocha la tête et prit le verre pour essayer de faire boire sa fille alors que Sirius la maintenait en position assise. Pendant ce temps là, la Guérisseuse Monroe était retournée à son bureau et marquait des choses sur des feuilles de parchemin.
Les ddeux hommes réussirent finalement à faire boire la petite fille avant que Remus ne la prenne dans ses bras. Épuisée, Agnès s'endormit.
« Tenez, voici mon ordonnance » dit la guérisseuse en leur tendant un papier. « Vous le donnerez à la pharmacie de l'hôpital pour avoir votre médicament »
« Pendant combien de temps on devra lui donner » demanda Sirius, « deux jours ? »
« Oui, pas plus. C'est une potion trop puissante pour un traitement de longue durée sur un enfant. »
« Et si…et s'il y a récidive ? »
La femme soupira.
« Pour le sortilège lui-même, je ne sais pas. Il vous faudra trouver la source vous-même, je le crains. Cependant si elle souffre encore des séquelles comme maintenant, cette potion et du sommeil feront l'affaire. »
« Merci, guérisseuse » dit Sirius.
« De rien. Voici ma facture. Vous payerez à la sortie. »
Sirius prit la deuxième feuille de papier et les deux hommes sortirent de la salle de consultation de la femme. Le trajet du retour fut assez silencieux. Durant la descente, Remus posa sa tête sur l'épaule de son compagnon en respirant lourdement. Alors qu'ils arrivaient dans le hall, ils virent le professeur Dumbledore qui semblait les attendre.
« Comment va-t-elle ? » demanda-t-il avec un air inquiet.
« Ça ira mieux… » dit seulement Sirius. « On ne sait pas vraiment ce qui s'est passé mais les séquelles sont celles…du doloris. »
« Merlin » balbutia le vieil homme.
« Albus, comment est-ce possible ? » demanda Remus. « Comment quelqu'un a pu envoyer un doloris à notre fille à Poudlard ! »
« Malheureusement, mes enfants, je n'ai qu'une seule hypothèses à l'esprit mais je pense que c'est ce qui s'est passé. »
« Qu'est-ce qu'il s'est passé Albus ? » demanda Sirius d'une voix dure.
« Je pense que cela à quelque chose à voir avec la malédiction qui pèse sur le poste de professeur de Défense. »
« Quoi ? Mais c'est juste une blague » s'exclama Sirius. « Une plaisanterie entre les élèves pour expliquer la raison du changement fréquent de professeur…n'est-ce pas ? »
« Malheureusement non, mon garçon » soupira Dumbledore en secouant la tête. « Cette malédiction est bien réelle. Elle a été jetée par Tom Jedusor après que je lui ai refusé le poste il y près de trente ans. J'avais déjà mes soupçons sur lui après l'affaire de la Chambre des Secrets et j'avais pu voir que déjà à l'époque il était bien trop impliqué dans la magie noire… »
« La magie sombre » dit distraitement Sirius.
« Je te demande pardon ? »
« C'est la magie sombre qui vous inquiétait, pas la magie noire. »
« Il y a bien longtemps que personne n'a plus fait la distinction en face de moi. »
« Mon oncle Alphard me l'a apprise. Je l'ai ensuite transmise à Erik et à ses amis. »
« C'est bien. Malgré le besoin de notre société d'évoluer, il est bon que certaines personnes se souviennent de nos anciens usages. »
« Désolé de vous interrompre » dit Remus, « Mais pour la malédiction… quel et le rapport avec Agnès ? »
« La malédiction, Remus, la malédiction. Malgré tous mes efforts, je n'ai jamais pu la les professeurs que j'ai engagé ont du partir après un an. Il y avait toujours des accidents ou des problèmes qui survenaient et quand ça ne les touchait pas directement, ça touchait leur famille. »
« Vous voulez dire… »
Remus blêmit.
« Un grande partie des candidats étaient partis des les examens et aucun n'a jamais atteinte la fin des cours alors quand rien ne t'es arrivé j'ai pensé… »
Il ne finit pas sa phrase. Le remord se lisait dans ces yeux.
« Et elle a eu mal quand je vous ai dit que j'acceptais de rester » dit Remus d'une voix blanche. « C'est ma faute ! C'est ma faut si Agnès… »
« Non ! » s'exclama Sirius en prenant son compagnon dans ses bras. « Ce n'est pas de ta faute ! Ce n'est pas de ta faute ! C'est celle de V…la sienne ! »
Malgré ce que lui disait son compagnon, les yeux de Remus se mirent à déborder et des larmes coulèrent sur ses joues. L'une d'elle tomba sur le visage de sa fille et coula sur sa joue. Les yeux d'Agnès s'ouvrirent puis papillotèrent avant de se lever vers le visage de l'un de ses pères.
« Dis, papa 'mus, pourquoi tu pleure ? »
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Alors qu'habituellement le doux roulis du train avait tendance à le faire somnoler, il n'avait pour une fois aucun effet sur Haldus. En fait cela faisait deux semaines qu'il était préoccupé, au point d'avoir presque faillit faire des erreurs assez graves pendant ses examens.
Ses amis avaient bien essayés de l'aider mais ils ne pouvaient pas grand-chose pour son état. Bien entendu, ils se doutaient de ce qu'il avait mais aucun d'eux ne voulait s'en mêler avant qu'il ne soit prêt.
Il avait rencontré son oncle.
C'était tout bête, vraiment. Beaucoup de gens ont des oncles et puis il était possible de ne jamais les avoir vus et de les rencontrer un peu par hasard. Mais voilà, son oncle à lui avait été en prison et s'était évadé.
Haldus se sentait étrange. Il ne savait pas quoi ressentir. Après tout, c'était sn oncle, le frère de son père, un membre de sa famille, l'un des premiers qu'il rencontrait. Bon, c'est vrai, il y avait bien Draco mais ce n'était pas pareil. Après tout, Draco c'était son cousin, et il n'avait jamais rencontré ses parents mais son oncle, lui, il l'avait fait, il avait vécu avec eux.
Alors oui, c'est vrai que c'était des criminels, des meurtriers, des fous, mais c'était quand même ses parents. Il se souvenait avec un pincement au cœur la sensation qu'il avait éprouvé il y a bien longtemps de cela quand il avait pour la première fois demandé à ses tuteurs de lui parler de ses parents. Le conte épique qu'ils lui avaient raconté l'avait rendu si fier d'eux. Il avait tellement hâte de les rencontré quand ils s'enfuiraient de leur prison où ils étaient enfermé alors qu'ils avaient défendus leurs valeurs.
Et puis il y avait eu les cauchemars. Horribles, sanglants. Et c'est là qu'il avait vu le vrai visage de ses parents, le visage de deux tueurs sans pitié et qui, loin de se battre pour des valeurs, se battaient pour le seul plaisir de faire couler le sang et tuer.
Cela avait été si dur. Pendant des jours il s'était demandé ce qu'il devait croire. L'image donnée par ses tuteurs ou bien celle qu'il avait vu dans ses rêves. Il voulait croire que ses tuteurs lui avaient dit la vérité et que ses parents combattaient pour la bonne cause et que ces rêves n'étaient que des mensonges. Mais il ne pouvait pas faire comme si les images qui hantaient son sommeil n'existaient pas.
Il était perdu.
Ce soir-là, dans la Cabane Hurlante, il avait tout fait pour se faire le plus petit possible afin que son oncle ne le remarque pas et en même temps il n'avait pas ou s'empêcher de scruter son visage à la recherche de points commun entre eux deux, des signes qu'ils étaient de la même famille.
Tout s'embrouillait dans sa tête. Il voulait se couper. Il se leva et sortit du compartiment sous les regards inquiets de Vincent et Gregory. Ce n'était pas pratique de faire ça dans un train en mouvement mais quand il revint, il se sentait mieux. La douleur lancinante de son poignet distrayait son esprit de ses pensées et il se prenait même à somnoler, bercé par le roulis.
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Hermione venait juste de dire au revoir à ses amis lorsqu'elle rejoignit sa mère qui discutait avec Augusta. La mère et la fille saluèrent alors la matriarche avant de repasser du côté non magique de la gare. Juste au moment de passer, Hermione jeta un dernier coup d'œil à ses amis et vit Haldus partir avec ses tuteurs. Puis son regard se décala légèrement sur Vincent et Gregory qui regardait leur ami partir, un air inquiet sur le visage.
« Dis Maman, tu pense qu'on à encore le temps d'aller à la librairie ? » demanda-t-elle.
« Quoi ? Tu vies déjà de rentrer de l'école et tu veux à nouveau étudier ? » plaisanta sa mère.
« Non, pas celle du Chemin de Traverse, une autre…une de notre côté. »
Mme Granger cligna des yeux puis acquiesça. Il n'y avait pas de librairie dans la gare, enfin, pas de vraie librairie. Heureusement, Maud en connaissait une tout prêt. Une fois à l'intérieur, elle laissa sa fille aller chercher ce qu'elle voulait pendant qu'elle restait près des caisses à feuilleter les nouveautés.
Hermione dû monter des escaliers mais elle arriva finalement dans un rayon dédié à la psychologie. Elle regarda quelques livres, les feuilleta et commença à en sélectionner certains. Quand les haut-parleurs se mirent à annoncer que la librairie allait bientôt fermer, elle se dépêcha de regarder sur le reste du rayon avant de prendre les livres qu'il lui fallait et de redescendre.
« Tu as fini, ma chérie ? » demanda Maud.
« Oui, oui » répondit Hermione. « Je paye et on y va. »
« Laisse, je vais le faire. J'ai des livres à payer de toute façon »
La jeune fille voulu protester mais sa mère ne lui en laissa pas le temps et prit les ouvrages qu'elle tenait. Quand elle vit de quoi il s'agissait, elle fronça les sourcils et jeta un coup d'œil inquiet vers sa fille.
« Ce n'est pas pour moi » dit Hermione en roulant des yeux. « C'est pour aider des amis. »
« Si tu le dis » répondit Maud en jetant un nouveau coup d'œil aux ouvrages.
Tous traitaient de la meilleure manière d'aider un ami ayant des problèmes psychologiques. En particulier ceux qui se scarifiaient.
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Il y avait quelque chose d'étrange chez ses tuteurs quand ceux-ci viennent le chercher. C'est comme s'ils étaient…excités. Pourtant leurs visages étaient aussi inexpressifs que d'habitude mais Haldus les connaissait bien et il pouvait presque toujours voir ce que pensaient Amycus et Alecto Carrow.
Haldus n'éprouvait pas de haine à l'encontre de ses tuteurs. Il n'éprouvait pas d'amour non plus. Leur relation avait toujours plus été celle de professeurs que de parents. Quand il les voyait c'était toujours pour qu'il apprenne quelque chose ou alors pour qu'ils surveillent son attitude, même (et surtout) à table. Pour le reste et ce depuis qu'il était petit, c'était Ríona, enfin « Biki », qui s'était occupé de lui.
Pendant toutes ses années où il avait « fréquenté » ses tuteurs (dans les deux sens du terme), il ne les avait pratiquement jamais vu exprimer autre chose qu'une indifférence légèrement apathique sauf quand il faisait une erreur. Dans ces moments là, ils exprimaient soit de l'exaspération, soit un certain dégoût ou même du mépris. Bref, rien de bien positif.
C'est pour cela qu'Haldus ne comprenait pas bien l'attitude des Carrow. Cela l'inquiétait même un petit peu. Pourtant il les suivit aussi docilement que d'habitude, ayant placé sur son visage la même expression détachée et indifférente qu'il avait depuis des années et qu'il n'abandonnait qu'avec ses amis. Cependant, alors qu'il avait l'habitude de cette expression et qu'il avait toujours réussit à la maintenir quel que soient les circonstances, il avait faillit la perdre en voyant les trois personnes qui se trouvaient dans le salon à les attendre.
A voir la ressemblance avec Rabastan qui se trouvait aussi dans la pièce, Haldus déduisit que le second homme était son père. Il avait les mêmes cheveux châtains que son frère mais les siens étaient plus court et coiffés en arrière. En fait les deux frères se ressemblait énormément mais Rodolphus était indéniablement plus…viril que son frère. Son torse était large, son visage plus anguleux et même sa barbiche faisait moins maniérée que celle de son frère. Tout comme lui, ses yeux étaient bruns mais n'avait pas cette courbe féminine et participaient à ciseler son visage qui, malgré la fatigue et la maladie, demeurait extrêmement ferme.
Et puis il y avait la femme.
A son plus grand bonheur et sa plus grade honte, il se retrouvait beaucoup en elle. Ils partageaient cette même chevelure imposante et frisée qui, bien que malmenée en prison, restait tout de même l'un des plus magnifique attrait de sa mère, Bellatrix Lestrange. Les autres attraits venaient de son visage aux traits fin et de son corps de liane qui se révélait à peine sous les robes sombres serrés à la ceinture qui le recouvraient.
Elle était belle…enfin, elle aurait pu si son regard n'avait pas glacé le sang d'Haldus dès qu'il l'avait vu.
Bellatrix se leva alors de son fauteuil puis s'avança vers son fils alors que les Carrow s'écartaient pour la laisser passer. Haldus ne savait pas vraiment à quoi s'attendre avec elle mais il ne s'attendait sûrement pas à ce qu'elle prenne son visage dans sa main. Les longs doigts qui pressaient ses joues étaient glacés et le bout de ses ongles longs lui égratignaient les pommettes. Avec une moue dubitative, elle se mit à l'observer en tournant sa tête dans tout les sens. Enfin, elle releva son visage et le regarda droit dans les yeux. Elle sembla y voir quelque chose car ses lèvres fines s'étirèrent en un large sourire qui donnait à Haldus l'envie de s'enfuir en même temps qu'il le paralysait de peur.
« Mon fils ! » s'exclama-t-elle alors en posant sa main derrière la tête d'Haldus et en le serrant contre elle.
Son corps était plus osseux que ce que le garçon pensait au premier abord. Et plus froid aussi. La main qui tenait sa tête lui griffait plus qu'elle ne caressait son crâne. Manifestement, Bellatrix n'avait qu'une notion assez sommaire des gestes d'affection.
« Regarde Rodolphus ! » s'écria-t-elle en tournant la tête vers son époux. « C'est mon fils ! »
Celui-ci regarda son épouse quelques instants puis son regard descendit vers celui d'Haldus. Il eu un léger haussement de sourcil mais ce fut le seul mouvement que fit son visage à la vue de son Héritier avant qu'il ne détourne les yeux.
« Oui, Bella, c'est ton cher fils » dit alors Rabastan d'une voix moqueuse en se rapprochant d'elle. « Cela faisait tellement longtemps que tu voulais le voir. Surtout depuis que je t'ai parlé de lui après l'avoir vu, il y a deux semaines…en compagnie de l'ennemi de notre maître, Harry Potter. »
Le mouvement de Bellatrix fut si soudain qu'Haldus faillit en tomber par terre. La femme se rua sur son beau frère et le prit par le cou avant de le plaquer contre un mur avec sa baguette sur la tempe.
« Silence, raté ! » s'écria-t-elle d'une voix stridente. « Mon fils est intelligent. Il s'est rapproché de Potter pour mieux apprendre des choses sur lui, tout comme le fils de ma chère Cissy, Draco, sauf que lui, il n'a eu besoin de personne pour lui ordonner de le faire, c'est un chef ! Un meneur ! »
Haldus aurait bien voulu s'enfuir mais il savait qu'il ne devait pas. Il devait tenir son rôle.
« Dis-toi bien que le Maître à été trop clément avec toi pour ton plan stupide ! » continua Bellatrix. « S'il avait réussit, le loup-garou aurait dévoré mon fils et le Seigneur des Ténèbres t'aurait réservé un châtiment pire que la mort ! »
« Pourquoi se soucierait-il du sort du rejeton de l'un de ses Mangemorts ? » cracha Rabastan.
Bellatrix eut alors un petit sourire.
« Mais c'est parce que je suis l'une de ses plus fervente fidèle, voyons, et que notre Seigneur se soucie de mes sentiments. »
« Tu n'as pas de sentiments » cracha Rabastan.
Bellatrix poussa un cri de rage et le griffa au visage. Rabastan s'effondra au sol en tenant sa joue meurtrie.
« Mon frère ! » s'exclama-t-il alors. « Comment peux-tu la laisser me traiter de cette façon ! »
Rodolphus jeta un coup d'œil à son frère puis soupira et se détourna de lui. Rabastan se releva avec difficulté puis sortit de la pièce en grommelant sous les rires de Bellatrix. Quand il fut sortit, celle-ci se tourna vers son fils puis le prit à nouveau dans ses bras.
Le dîner qui suivit fut…pour le moins étrange. Bellatrix, à côté de qui Haldus était assis, ne cessait de lui frotter la tête, ou de lui pincer les joues quand elle ne l'attirait pas contre elle, le tout en gloussant de manière assez inquiétante. Au final, Haldus avait prétexté la fatigue du voyage pour aller se coucher.
Comme d'habitude, ses affaires avaient déjà été rangées par Ríona. Il e lui restait plus qu'à se mettre en tenue avant de se coucher. C'est à moment où il revenait de la salle de bain qu'il entendit frapper à sa porte. C'était sa m…c'était Bellatrix qui lui apportait un verre d'une potion étrange.
« C'est pour te fortifier » dit-elle simplement.
Ne voyant pas pourquoi il refuserait, Haldus le bu malgré le goût assez horrible puis rendit le verre avant de se coucher.
C'est alors qu'il se mit à rêver. Il était bien sûr coutumier des rêves perturbant mais là c'était encore plus étrange. Il rêvait encore de batailles mais cette fois, la personne qu'il voyait ce n'était pas ses parents ou les autres Mangemorts. Celui qu'il voyait…c'était lui-même. Il se voyait lancer des sorts contre des adversaires désarmés, leurs os se briser, leur corps s'ouvrir et leur sang couler. A flot.
Mais le pire, c'est que ces images, en quelque sorte, l'excitait. Il sentait la fièvre du combat s'insinuer en lui et bientôt il fut prit entre deux sentiments : d'abord une exaltation farouche pour la bataille et le sang et ensuite une horreur qui grandissait mais restait latente face à cette débauche de violence.
Et puis soudain, ce fut comme si son esprit enfiévré avait reçu une douche fraîche, comme si la lumière s'allumait dans son esprit. C'est alors qu'il vit une autre image, une image qui remplit son cœur non pas de violence et d'exaltation mais d'une chaleur réconfortante. Il se tenait debout en face de Neville. Tout deux étaient habillés de blanc et ils se regardaient droit dans les yeux. C'était le jour de leur mariage.
Haldus se sentait mieux.
Le lendemain matin, Bellatrix lui demanda s'il avait bien dormi et il répondit que oui. En effet, après cette image, il avait dormi comme un loir. La femme sourit mais dit rien.
Le soir, à nouveau, elle lui amena le fortifiant. Haldus hésita quelques instant mais finalement le bu.
A nouveau les images de batailles s'étaient succédé dans son esprit avec d'autres images de lui commandant à des esclaves et les faisant fouetter s'ils ne lui obéissaient pas. Et puis à nouveau l'image de son mariage avec Neville avait purifié son esprit.
Le soir suivant, Haldus ne but pas le fortifiant tout de suite. Il attendit que Bellatrix fût partie puis il le jeta dans une plante.
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Au bout de la troisième année on pouvait dire que la routine des vacances d'été en Arendelle s'était installée. Comme à leur habitude, les jeunes sorciers s'étaient attelés à leurs devoirs dès le lendemain. Ils auraient bien voulu les faire vérifier par les Flamel mais le couple n'était pas encore arrivé. Ils étaient bien restés pendant quelques mois dans la jolie maison qu'on leur avait offerte mais ni l'un ni l'autre n'était vraiment casanier. Depuis, ils ne faisaient que de courts séjours de temps en temps bien qu'ils restent généralement en Arendelle pendant les deux mois d'été afin de donner des cours supplémentaires à leurs jeunes élèves sur des sujets qui n'étaient même pas enseigner à Poudlard (et le plus souvent illégaux en Grande Bretagne).
Bien entendu, après leurs devoirs, ils avaient repris leurs cours une dernière fois afin de bien les avoir en tête. Aucune fiche à faire cette fois-ci puisqu'ils avaient rattrapé leur retard l'année précédente et qu'ils les avaient mit à jour au fur et à mesure. Ils avaient bien l'intention de réviser à nouveau avant la rentrée avant de commencer à regarder le programme de l'année suivante. Juste pour être prêt.
Mais en attendant, ils avaient quartier libre jusqu'à la fin de la semaine, trois jours entier de détente avant que leurs autres courts reprennent, qu'ils soient physiques, magiques ou intellectuels.
La routine, quoi.
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Les quatre jeunes gens se regardèrent les uns les autres tout en jetant des regards de temps en temps à l'homme sec et nerveux d'une soixante d'année qui se tenait droit comme la justice devant le tableau. Erik n'était pas arrivé et le professeur Bolstad n'aimait pas vraiment attendre.
Claus Bolstad faisait partie de la nouvelle vague de précepteurs que la Reine avait invité au palais. Comme il s'était avéré l'année précédente que les jeunes sorciers avaient atteints les limite de connaissances du maître d'école de la ville, la Reine avait fait venir au palais les précepteurs qui avaient fait leur éducation à Anna et elle des années auparavant.
Ainsi, Claus Bolstad, professeur de langues et de littérature était venu jusqu'à Arendelle à l'appelle de la Reine de la même façon que les autres. Le groupe comportait également un professeur de sciences et mathématiques, un d'histoire et géographie, un de droit et d'étiquettes, un autre de dance, de musique et de bonnes manières et enfin un dernier pour la diplomatie et l'économie. Tous étaient d'un très haut niveau, non seulement pour l'excellence de leur intellect que pour la rigueur et la ponctualité qu'ils mettaient à accomplir leur tâche, deux qualités qu'ils attendaient également chez leurs élèves.
C'est l'une des raisons pour laquelle ses amis s'inquiétaient qu'Erik soit en retard. L'autre étant qu'il n'était jamais en retard.
« Bien, j'ai assez attendu » soupira le professeur avec exaspération. « Je sais que vous avez un moyen de…communiquer entre vous. Utilisez-le pour prévenir son Altesse que le cœur commence maintenant. »
« Attendez ! » s'exclama Ingrid. « Erik n'est jamais en retard ! Ce n'est pas normal ! »
« Je n'arrive pas à communiquer avec lui » dit Hotun.
« Il s'est peut-être endormi » proposa Hans.
En effet ils avaient eu une séance d'entraînement assez intense ce matin avant le petit déjeuner. Ils avaient tout essayé : leurs armes, leur magie, leurs pouvoirs, rien n'y avait fait, les Maîtres restaient imbattables quoiqu'ils fassent. Ils étaient donc rentré épuisés pour se changer et prendre leur petit déjeuner avant d'aller à leur cœur de littérature.
« Ce n'est pas son genre de sécher un cours » dit Ingrid.
A ce moment là, Wolf eu un mauvais pressentiment. Il se leva avec précipitation et sortit de la classe en coup de vent sous les récriminations du professeur. Les autres se regardèrent puis le suivirent sans se soucier du nouveau flot de reproches que leur lançait l'homme qui trépignait devant son tableau.
Wolf marcha d'un pas rapide jusqu'à la chambre de son ami et ouvrit la porte avec fracas. La chambre était vide. Son pressentiment se transforma alors en malaise et il décida de contacter ses amis.
Je…je crois qu'Erik à disparu…
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Erik reprit conscience avec difficulté et papillonna des yeux. Heureusement, il portait toujours ses lunettes. Il se trouvait à nouveau dans une cabane délabré. Cela faisait quand même deux fois qu'il se réveillait dans une vieille cabane en moins d'un mois.
Il essaya de rassembler ses souvenirs. Il s'était entraîné le matin puis quand les maîtres les avaient enfin libéré il été remonté dans ses appartements et…ça devait être à ce moment là qu'il avait été enlevé…encore. Il se souvenait vaguement de quelqu'un l'attaquant par derrière en lui mettant un mouchoir sur le nez, probablement du chloroforme.
Il portait toujours ses vêtements d'entraînements et ceux-ci étaient encore un peu humides. Cela devait donc faire moins d'une heure qu'il avait été enlevé. Il essaya de bouger mais il se rendit compte qu'il était entravé par des cordes assez épaisses. Ce n'était rien qu'un peu de magie sans baguette ne pouvait défaire mais son entraînement l'avait vraiment épuisé.
Il était encore en train de se concentrer quand la porte qui menait sur l'extérieur s'ouvrit. Erik vit plusieurs hommes bien charpentés entrer avant de dégager le passage pour un dernier homme.
Le jeune garçon pâlit en même temps que son souffle se coinça dans sa gorge et que son cœur se mette à battre la chamade.
Cet homme, c'était Lord Alva.
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L'alerte avait immédiatement été sonnée par les jeunes amies d'Erik et la Reine avait mise place les recherches au sein du château. Personne ne s'était encore demandé qui pouvait bien avoir enlevé le prince (le fait qu'il soit parti de lui-même n'était pas envisageable, pas de cette façon) jusqu'à ce que Lord Aksel demande à la Reine :
« Avez-vous vu Lord Alva ? »
Elsa blêmit à la question et fit passer le mot de chercher aussi le noble. Pendant ce temps, les amis d'Erik avaient un peu été laissés à l'abandon.
« Ce n'est pas bon » dit Ingrid en se rongeant les ongles. « En plus il n'est peut-être même pas dans le château. Le temps qu'ils vérifient, Dieu sait ce qui pourrait lui arriver. »
« Il n'y aurait pas un moyen magique de chercher ? » demanda Hotun.
« Ce sera peut-être pas nécessaire » dit Wolf en se levant et en sortant de la pièce, son loup sur les talons.
Il grimpa à nouveau jusqu'à la chambre d'Erik et y entra.
« On peut savoir ce que tu as en tête ? » demanda Hotun en entrant à sa suite.
Mais Wolf n'eut pas besoin de leur expliquer quand ils le virent prendre le pyjama d'Erik et le mettre sous le nez de don familier. Grâce à cela, Mørke allait pouvoir suivre la trace de leur ami.
Le loup tourna quelques instants dans la chambre pour bien s'imprégner de l'odeur puis sortit dans le couloir en suivant la piste le plus fraîche. Les quatre Arendils se précipitèrent à sa suite jusqu'à l'escalier de service qui les amena aux cuisines. Quand Erik avait été enlevé, cet endroit devait grouiller de monde à cause du service du matin. Pas étonnant que personne n'ait rien remarqué. Il avait suffit à l'assaillant de cacher Erik dans un sac pour passer totalement inaperçu. Cela voulait aussi dire que Lord Alva n'avait pas enlevé Erik lui-même et avait des complices. Un seigneur se serait fait remarqué en passant par là.
Des cuisines ils remontèrent jusqu'à la petite court arrière qui servait à recevoir les livraisons. De là, il avait été facile pour le ravisseur de mettre Erik dans une charrette, de le recouvrir d'une bâche et de se faire passer pour un fournisseur sur le départ.
Mørke passa rapidement la porte sous l'œil médusé du garde puis se dirigea directement vers les docks royaux puis, en contournant le château, vers la pente qui menait jusqu'à grand pont qui reliait le château à la ville. De là, le loup se dirigea vers l'ouest et sortit de la ville.
« On avait raisons, il n'est plus au château » souffla Ingrid.
« Quelle qu'on fait ? » demanda Hotun. « On va le dire à la Reine ? »
« Ça prendrait trop de temps » soupira la jeune fille. « Mieux vaut qu'on le trouve nous même. »
« On peut faire les deux » dit Hans. « Continuez sur la piste et moi je vais prévenir la Reine et les autres. »
« Tu es sûr ? »
« Mais oui. J'ai un truc à aller chercher de toute façon. »
« Un truc ? » demanda Ingrid. « Quel truc ? »
Mais Hans était déjà parti.
« J'espère qu'il n'a pas encore une idée stupide » soupira Ingrid.
« Mørke s'enfonce dans la forêt » dit Wolf.
« Ça va être un peu plus dur de le suivre » dit Hotun sur un ton inquiet.
« Sauf si on change forme » répliqua Wolf avec un petit sourire.
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« Je vois que vous êtes réveillé, votre Altesse » dit Lord Alva.
Il avait craché le titre du jeune prince en faisant une grimace de dégoût teinté de mépris. Il était assis sur une vieille chaise poussiéreuse et accoudé à une table tout aussi vieille et tout aussi poussiéreuse. Autour de lui, les hommes qu'il avait embauchés faisaient comme un mur de muscle.
« L…Lord Alva » dit Erik.
Il espérait avoir réussit à prendre un ton détaché mais la terreur était trop grande et il contrôlait mal sa voix.
« Ainsi nous sommes de nouveaux face à face. Cela fait combien de temps ? Quatre ans si je ne m'abuse… »
Lord Alva avait semblé dire ces mots sur le ton de la conversation mais sa voix était totalement dénuée de sentiments.
« Je me rend bien compte que mon action de la dernière fois n'était pas…appropriée » reprit-il. « Au lieu de jouer avec vous j'aurais simplement dû vous tuer. Je vais réparer cela aujourd'hui même. »
« P…Pourquoi faites-vous ça ? » demanda Erik.
Il savait que sa voix était paniquée et en fait, faire semblant n'avait plus vraiment la même importance que précédemment
« Pourquoi ? Vous me demandez pourquoi ? Parce que c'est de votre faute ! Vous l'avez tuée ! » cria l'homme en se levant.
Erik n'avait jamais cherché à comprendre les raisons d'Alva. En fait, il avait soigneusement essayé de ne pas penser à cette raison parce que ça voulait dire ressasser encore et encore son presque viol sans jamais pouvoir passer à autre chose. Mais maintenant qu'il était face à son agresseur, il voulait savoir.
« Qui croyez-vous que j'ai tué, Lord Alva ? » demanda-t-il.
Aussitôt le seigneur se rua sur lui et lui envoya un coup de pieds dans le ventre. Heureusement, Erik avait bandé ses muscles pour amortir le coup.
« Qui je crois ? Qui je crois ! » cracha-t-il. « Misérable monstre ! Je ne crois pas ! Je sais ! C'est de votre faute si ma tendre Elizaveta est morte ! »
Erik ne comprenait rien. Qui pouvait bien être Elizaveta ? Et soudain, il se rappela. Il se souvenait d'une discussion qu'il avait eue avec sa mère peu après avoir rencontré Lord Alva pour la première fois. Il avait eu une fille qui était morte quelques années auparavant. Sa mère lui avait dit que son nom était Elizaveta.
« Je n'ai pas connu votre fille, Lord Alva »
« Silence démon ! » cria à nouveau Lord Alva.
Il se mit à bourrer Erik de coup de pied qui faisait de son mieux pour amortir les chocs mais entravé comme il était, ce n'était pas des plus simple. Soudain, il fut percuté en plein visage et faillit retomber dans les pommes. Il sentit une douleur dans son nez en même temps qu'un liquide chaud en coulait. Erik lécha le dessus de sa lèvre et goût son propre sang.
« C'est toi qui l'a tué » reprit Alva. « Tu l'as contaminé avec tes diableries. Elizaveta était la seule chose qui me restait depuis la mort de sa mère et toi, tu me la prise ! »
Lord Alva leva alors les yeux au ciel et se mit à regarder le plafond d'un air rêveur.
« Elizaveta était un ange tombé du ciel, mon petit trésor adoré. Mais un jour, elle a été contaminée par le mal, par ton mal, par ta magie démoniaque ! Je n'ai pas eu d'autre choix que de la purifier pour sauver son âme. Elle criait et elle pleurait mais je savais que ce n'était plus elle, c'était le démon qui implorait pour sa vie. »
Erik en avait le souffle coupé. Les yeux exorbités, il regardait Lord Alva avec horreur.
« Vous avez tué votre fille ? » balbutia-t-il.
Alva se mit à crier puis recommença à le frapper.
« Non ! Non ! Non ! Je ne l'ai pas tuée ! Dieu m'en est témoin, je l'ai sauvée ! C'est toi ! C'est toi qui l'as tué en donnant son âme au diable pour en faire un pantin magique à ta solde ! C'est toi ! C'est toi ! C'est toi ! »
La douleur aurait dû être quasiment insupportable pour Erik mais un autre sentiment anesthésiait totalement son corps. Il ne ressentait plus de la peur, non. Il était en colère. Cet homme, ce…ce…ce bigot avait tué sa fille parce qu'elle avait fait de la magie et il osait dire que c'était lui le démon ?
A chaque fois auparavant qu'il avait pensé à Lord Alva, il l'avait fait avec les sentiments qu'il avait à ses neuf ans. Alva était pour lui une sorte de croquemitaine tout puissant sur qui il ne pourrait jamais avoir emprise. Mais c'était faux, ce n'était qu'un homme, un homme fou et handicapé par ses préjugés qui plus est. Erik, lui, avait affronté un troll, un cerbère, des pièces d'échecs folles, des balles possédés, un basilic et des Mangemorts. Un être aussi misérable que Lors Alva n'était rien.
La colère montait encore en lui et se transforma en rage. Il se mit alors à crier, à crier très fort et sa magie se mêla à son cri. L'onde de choc fut si forte qu'Alva fut propulsé en arrière et que ses hommes de mains tombèrent au sol.
Erik entreprit alors de se relever. Il ne sentait plus la douleur, seulement la colère, une colère froide et déterminer. Les cordes autour de son corps se recouvrirent de givre puis se fissurèrent au point qu'elles se brisèrent net avec une simple pression. Le froid se propagea alors dans la pièce à mesure que le gel recouvrait le sol et les murs.
Les gros bras reculaient au fond de la pièce en chuchotant entre eux de façon paniquée mais Lord Alva, lui, s'avança. Il mit la main dans son col et en sortit un crucifix doré qu'il brandit devant lui.
« Arrière, démon ! Arrière ! Au nom de notre Seigneur et de son fils Jésus Christ, je t'ordonne de reculer ! »
« Pauvre idiot » siffla Erik en tendant la main vers l'homme. « accio crucifix. »
Lord Alva poussa un petit cri mais il ne put empêcher son pendentif de filer vers la main tendue du garçon, brisant la chaîne au passage.
« Regardez ! » lui dit Erik en lui tendant le crucifix qu'il tenait à présent fermement dans sa main. « Ce que je suis n'a rien à voir avec le Diable et s'il à quelque chose à voir avec Dieu, c'est seulement de nous avoir créé à son image comme il l'a fait avec les humains sans pouvoirs. »
« Blasphèmes ! » cria Lord Alva. « Tes péchés… »
« Mes péchés ? » ricana Erik. « Non, Lord Alva, il ne s'agit pas de mes péchés mais des vôtres. Vous avez tué votre fille. »
« Non ! Elle était déjà morte ! Quand je l'ai vu faire fleurir les fleurs autour d'elle j'ai su ! Quand elle m'a regardé je savais que ces yeux n'étaient pas ceux de ma tendre Elizaveta mais du démon qui possédait son corps ! »
« Vous êtes un fou Alva » renifla Erik. « Un fou et un meurtrier »
À ce moment là, une sorte de rugissement se fit entendre au dehors puis quelques instants plus tard, quelque chose de lourd percuta la porte. Surprit, Erik se calma puis sourit. Alors que sa colère se dissipait, le froid faisait de même et le gel cessait de progresser.
A nouveau il y eu un rugissement et un choc sur la porte. Les hommes de Lord Alva, déjà effrayés par Erik, étaient maintenant fous de terreur et se demandait quel était la chose, énorme à n'en pas douter, qui rugissait et frapper la porte. Soudain, celle-ci se mit à craquer et fut arraché de ses gonds avant de tomber au sol.
C'est alors que tous virent un ours énorme passer sa tête par l'ouverture de la porte, forçant pour faire rentrer son corps massif. Il rugit à nouveau et finalement réussit à passer non sans abîmer les poutres qui formaient le cadre de la porte. Il se remit à quatre pattes et se mit à avancer vers les hommes terrifiés. Juste derrière lui, un loup et une espèce de gros chat au pelage fauve tacheté, un lynx, entrèrent à leur tour pour menacer les hommes tout en se plaçant juste devant Erik, comme pour le protéger. Les hommes se mirent à courir vers la porte mais quelqu'un les attendait juste devant la maison.
Ne leur laissant pas le temps de réagir, Ingrid leur lança de sortilèges de pétrification qui les firent tomber au sol, dur comme des statues.
Dans la maison, Erik souriait mais ses jambes ne cessaient de trembler. Voyant son désarroi, l'ours s'avança tout près de lui et se tourna pour permettre à Erik de s'appuyer sur lui. Celui-ci passa ses bras autour du large cou de l'animal et plongea son visage dans son épaisse fourrure brune.
« Wolf » murmura-t-il d'une voix soulagée.
L'ours poussa un grognement doux puis se mit à avancer doucement pour guider le garçon qu'il aimait vers la sortie, le lynx et le loup trottinant derrière eux.
« Ça va aller ? » demanda Ingrid sur un ton inquiet en voyant son ami sortir.
Il y avait une traînée de sang séché sous son nez et son visage était parsemé de bleus. Elle était prête à parier que c'était pire sur son corps.
« Ouais » répondit Erik. « Ça ira. »
Puis il lui lança un sourire moqueur.
« Mais je suis déçu que tu ne sois pas venu me sauver sous ta forme animagus comme Wolf et Hotun. »
« Ouais, ben désolé mais je ne suis pas vraiment un oiseau d'intérieur. »
« Ah ? Et sous ta forme animagus ? » demanda Hotun avec un brin de malice après avoir repris forme humaine. »
Il éclata ensuite de rire suivit par Erik et Wolf même si le rire de ce dernier ressemblait plus à une suite de grognement.
« Je suis morte de rire » grinça Ingrid en jeta des regards noirs aux garçons.
Finalement, Erik réussit à se calmer et regarda autour de lui. Il fronça les sourcils.
« Mais où est Alva ? »
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Le Seigneur Alva galopait le plus vite que lui permettait sa monture. Il avait réussit à s'enfuir discrètement quand cette salle catin de sorcière avait attaqué ses hommes et avait détaché son cheval pour s'enfuir.
Maudit démon ! Il l'aurait un jour, il l'aurait. Et ses amis aussi. Il nettoierait le royaume de cette sale engeance qui le pourrissait en commençant pas le prince. Mais pour le moment il fallait fuir, fuir loin pour échapper à la Reine, cette sale succube des enfers qui avait amené la mal au sein de leur royaume. Il se jura de tous les tuer pour la plus grande gloire de Dieu et alors…
Il n'eut pas le temps de terminer sa pensée. Quelque chose heurta son cheval et le désarçonna. Il tomba lourdement sur le sol et roula dans la poussière du chemin avant de relever la tête.
« Impossible » murmura-t-il, abasourdi.
Devant lui se tenait la forme imposante d'un bœuf musqué. L'énorme animal à la toison abondante et aux larges cornes rabattues le long de sa tête le regardait avec ses petits yeux sombres. Soudain, il se mit à onduler, puis à changer et bientôt, à la place de l'énorme bovidé se tenait un jeune garçon aux cheveux blond et aux yeux bleus rieurs.
« Salut ! » dit Hans en faisant un signe de la main.
« Toi » cracha Alva en reconnaissant l'un des amis du prince. « Misérable insecte ! Je vais… »
Il essaya de se relever pour l'attaquer mais Hans fut plus rapide que lui. Il plongea la main dans son sac et en sortit deux objet qu'il présenta à Alva. Celui-ci n'eut que le temps de voir deux yeux jaunes avant que tout ne sombre autour de lui.
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Ingrid et Hotun avaient aidé Erik à grimper sur le dos de Wolf pour le ramener au château. Ils avaient laissé les hommes de mais d'Alva à ma cabane mais ils ne s'en faisaient pas trop pour eux. Bientôt, sur les indications des jeunes, des gardes arriveraient sur les lieux pour les mettre aux arrêts.
Ils marchaient depuis quelques temps quand ils entendirent un léger sifflotement. Ils regardèrent sur le chemin et virent Hans qui venaient vers eux, les mains dans les poches.
« Et en ce n'est pas trop tôt » lui cria Ingrid alors qu'il était épreuves à quelques mètres d'eux. « Ça va ? Bien tiré au flanc ? »
« Que nenni ma chère » dit-il avec une emphase comique. « Point n'ait tiré au flanc. Et pour preuve… »
Il s'écarte et tous purent voir flotter derrière lui le corps de Lord Alva.
« Il est figé ? » demanda Hotun en fronçant les sourcils.
« Pétrifié plutôt » répondit Hans.
Il mit la main dans son sac et en sortit deux sphères blanches.
« Les yeux du Basilic ! » s'exclama Ingrid. « Mais comment ? Je croyais qu'ils étaient inactifs ! »
En effet, il s'était avéré que les yeux de basilic n'avaient plus de pouvoir quand celui-ci mourrait. Cela n'avait en fait rien d'étonnant et Erik ne s'était pas attendu à grand-chose quand il les avait négocié avec Severus, il voulait juste un souvenir. Il avait eu l'intention de les conserver d'une façon ou d'une autre, par exemple dans une solution à base de formol mais ils avaient très rapidement durcis pour devenir aussi résistant que de la pierre alors il les avait conservé tel quel.
« En fait » expliqua Hans. « Il est possible de réactiver leurs pouvoirs en faisant passer un courant magique à l'intérieur au travers de l'arrière. »
Il retourna l'un des yeux et montra à ses amis le creux rouge et cristallin où se trouvait auparavant l'attache du nerf optique d'Alaiciaga.
« Et qu'est-ce que tu as utilisé pour créer la vision indirect des yeux ? » demanda Hotun qui avait prit l'un des yeux et le regardait sous toutes les coutures.
« Rien du tout » répondit Hans. « L'effet dépend de la force magique qu'on met à l'intérieur, regardez ! »
Il mit l'œil dans le creux de sa main et le présenta à ses camarades. Aussitôt, le vert de l'iris fut remplacé par une couleur jaune.
« Oh ! Fait gaffe ! » s'exclama Ingrid alors qu'elle et les autres se cachaient les yeux.
« Ne vous inquiétez pas » dit leur ami. « Il n'y a même pas assez de puissance pour vous donner mal au crâne alors vous tuer… »
« Je ressens quand même quelque chose…de dérangeant » dit Hotun qui avait été le premier à regarder de nouveau.
« Rien de dangereux…enfin je pense… »
« Tu pense ? Ok, va suffit, donne-moi ça avant de nous refiler un genre de choléra magique ! » s'exclama Ingrid en lui arrachant l'œil des mains. « Comment tu sais tout ça, au fait ? »
« J'ai…expérimenté » répondit Hans en haussant les épaules.
« Sur qui ? » s'exclama Hotun.
« Mais sur personne ! » s'exclama son ami, outré. « Juste quelques araignées ! »
« Et les humains ? » demanda Ingrid en levant un sourcil.
« Euh…ben…Alva est le premier. Mais c'était un coup de génie quand même, non ? »
« Un coup de chance, oui ! Non mais franchement ! Comment ça se fait que tu t'amuse avec ces trucs ! Ils sont à Erik. »
« Il m'a demandé s'il pouvait les examiner et j'ai dit oui » répondit celui-ci en haussant les épaules.
Hans se tourna alors vers lui et fronça légèrement les sourcils.
« Ça va toi ? » demanda-t-il.
« On fait aller » répondit Erik en haussant une nouvelle fois les épaules.
« T'as une sale gueule. »
« Non ? C'est pas vrai ? A quoi tu l'as vu ? » persifla Ingrid. « Vu comme ta seconde paire de mirettes te sert à rien, tu la rendre à Erik ? »
« Oh non, qu'il les garde »
« C'est vrai ? » s'exclamèrent Ingrid et Hans en même temps.
« Je n'en ai pas l'usage. Et puis si ça t'amuse. »
« Merci mon pote ! » s'exclama Hans.
Des étoiles dansaient dans ses yeux. Des étoiles inquiétantes promesses de problème pour la suite.
« Je te déteste » soupira Ingrid.
Erik éclata de rire. Il était tellement heureux. Heureux d'être avec ses amis. Heureux de ne plus avoir cette épée de Damoclès nommée Lord Alva au dessus de sa tête. Tout simplement heureux d'être en vie.
A suivre…
Et voilà, 19 jolies petites pages rien que pour vous ! C'était bien ? En plus c'était le dernier chapitre de l'arc des Trahisons.
En tout les cas, on a eu la conclusion de l'histoire avec Lord Alva. Je me suis dit qu'il manquait un c***ard de fanatique religieux dans les parages donc voilà.
Et en prime, des animagus ! 3 pour être précis…enfin, 3 et demi puisqu'on sait qu'Ingrid est un oiseau.
Et voilà, j'espère que ça vous a plus. Je vous dis à la semaine prochaine pour le dernier chapitre de la première année d'Hariel à Poudlard et à dans d'ex semaines pour le tout nouvel arc de Prince des Neiges : l'Arc des Héros !
