Je sais, c'est pire que du retard. C'est même impardonnable. Exceptionnellement, je ne répondrais pas aux reviews. Pas le temps. Disons que ces derniers temps les journées sont bien trop courtes et en plus... ben j'ai pas envie d'écrire. Je n'en ressens pas le besoin. Pour cette fic comme pour mes autres projets.
La fic arrive vraiment à sa fin. Encore 2 chapitres je pense. Pas plus car de toute façon j'arrive pas à écrire. J'ai les idées en tête, mais n'arrive pas à les coucher sur papier. Bref je vous laisse découvrir ce chapitre où les personnages m'échappent encore et toujours.
Les éclats de notre passé
Je regarde la porte de l'infirmerie qui se referme derrière moi. J'ai déjà envie de retourner auprès de Draco. Mais cela ne servirait à rien. Il est toujours endormi. Comme dans une sorte de coma. Je ne peux faire qu'une chose ; attendre. De toute façon, je ne suis qu'une loque depuis cet épisode. Je ne dors presque plus, ne mange presque pas et passe tout mon temps collé à Draco. Et parfois… je pleure. Quand je n'arrive plus à retenir le flot d'émotions qui m'enserre le cœur. Quand les souvenirs de ma mère me reviennent bien trop violemment. Quand je crois sentir bouger Draco, mais que ce n'est pas le cas. Quand Sévérus vient nous voir et secoue la tête en signe de négation. Je crois que parfois n'est pas le bon terme en réalité. C'est plutôt souvent.
Trois jours comme ça.
Trois jours jusqu'à ce que Madame Pomfresh m'ordonne de quitter son infirmerie et de n'y revenir que pendant les heures de visite, quand je n'ai pas cours. La menace lancée en cas de non-respect de cette consigne fut si terrifiante que j'ai fini par me lever et me préparer.
Dans le couloir, j'entends des voix d'élèves qui se dirigent probablement vers la Grande Salle, afin de prendre leur petit-déjeuner. Je pourrais faire de même, aller rejoindre mes amis qui s'inquiètent pour nous, passer un peu de temps avec eux. Je pourrais… mais je n'en ai pas envie.
Alors je me dirige vers ma première salle de classe, le pas lent et la tête basse. Je regarde à peine où je vais et évite de justesse les quelques élèves que je croise. Petit à petit la fraicheur des cachots vient se poser sur ma peau et me fait frissonner.
- Harry ?
Je redresse la tête, reconnaissant aussitôt la voix de mon parrain.
- Tu es en avance pour mon cours.
J'hausse les épaules.
- J'ai eu des nouvelles de ton père.
Je me crispe à cette nouvelle. Bonne ou mauvaise ?
- Il est en vie. Blessé, mais en vie. Il n'a pas voulu me dire où il se trouvait. Tout ce que je sais, c'est qu'il se cache encore plus qu'avant.
- Et Mère ? Son… corps ? je demande d'une voix tremblante, trahissant mes émotions.
- Je m'occupe de l'enterrement. Enfin, ce ne sera pas une grande cérémonie. Elle sera enterrée dans le caveau familial, comme elle le souhaitait. Je suis en train de négocier avec le directeur pour que tu sois présent, évidemment sous couvert de la protection de l'ordre du phénix.
Je grogne à l'entente de ses derniers mots.
- Salaud, je marmonne en serrant les dents. C'est de leur faute.
Sévérus s'avance jusqu'à moi et s'arrête à mes côtés, une main posée sur une de mes épaules.
- Tu as raison.
Et il s'en va, me laissant face à ma colère, à ma haine et à ma tristesse. Je les déteste tous. Tous autant qu'ils sont. Dumbledore, l'ordre, le Seigneur des Ténèbres. La guerre, les sangs-purs, la magie.
Mon poing s'abat violemment contre le mur le plus proche. Je grimace sous la vive douleur qui s'empare de mes chaires meurtries. Des gouttes de sang perlent de mes plaies et s'étalent sur ma peau. Voila un bon prétexte pour retourner à l'infirmerie. Je pourrais… Mais mes jambes ne me portent plus et je m'écoule lamentablement le long des pierres froides. Recroquevillé sur moi-même, se sont désormais des gouttes salées qui inondent mon épiderme et se mêlent au rouge de ma main. Je n'en peux plus. Je ne tiendrais plus. Je ne sais plus. Une seconde. Aussi éphémère soit-elle. Je donnerais tout pour une seconde de plus avec lui. Juste une. Juste ça. Et ensuite je partirais avec lui, m'éteindrais en son sein. Mais ce n'est pas la réalité. Cette dernière est bien différente. Bien plus douloureuse. Parce que cette seconde s'est déjà envolée, échappée d'entre mes doigts et file rejoindre ses consœurs du passé immuable. Et j'ai beau tendre la main, tenter de la rattraper, je n'y arrive pas.
- Ha.. Harry ? C'est toi ?
Je relève la tête et me retrouve face à Daphné qui est penchée vers moi.
- Tu n'es pas à l'infirmerie ? Qu'est-ce qui se passe ?
D'un geste vif j'essuie mes larmes et renifle.
- Pomfresh m'a viré, je réponds la voix tremblante.
- Tu aurais dû venir dans la Grande Salle. Tu as mangé au moins ?
Je secoue la tête alors que le tumulte de mes émotions s'apaise. Une mélancolie prend le relais et mon regard se perd dans la contemplation du sol. D'autres pas résonnent contre ce dernier et je reconnais aussitôt la voix de Blaise.
- Harry ? Mais…
Sauf qu'il est coupé par Daphné qui lui murmure je-ne-sais-quoi. Et puis plus rien. Juste le silence. Et ma tristesse. Tous les trois assis dans le couloir, nous attendons que le temps file.
J'attends…
oOo
Mes doigts triturent le bas de mon pantalon. Assis dans un couloir, j'attends.
Encore et toujours.
Trois semaines se sont écoulées depuis que Draco est dans le coma. Mère a été enterrée et j'ai failli salir sa mémoire en apprenant que l'homme qui était responsable de ma garde rapprochée était celui en charge de celle de mes parents le soir où ils se sont fait attaquer. Heureusement que Sévérus a su trouver les mots pour me calmer et m'éviter de commettre une erreur que j'aurais regrettée par la suite. Et puis la vie a repris son cours. Pour les autres. Moi, je continue d'attendre. Tous les soirs, tous les week-end, chaque seconde de libre, je me rends à l'infirmerie et reste avec Draco jusqu'à ce que l'infirmière me menace et me jette dehors. Je me retrouve alors seul, comme un enfant perdu dans son lit bien trop grand. La nuit m'enveloppe de son grand manteau noir et m'étouffe avec sa noirceur. Tout est si noir. Lors de ces nuits sans fin, je n'ai qu'un seul souhait. Qu'une lumière brille dans ce ciel sans étoile. Je crois que j'ai laissé bien trop de choses là où je ne peux revenir. Et j'ai envie de les reprendre avec lui, d'essayer tout ça en sa compagnie. Mais il n'est pas là. Il n'est pas dans son lit, ses cheveux étalés sur l'oreiller, son corps se pressant contre le mien en un contraste qui me fait sourire.
Alors j'attends.
La nuit glisse sur mes larmes silencieuses.
Et j'attends.
Encore et toujours.
Sans que rien ne s'arrange.
Je crois même que l'espoir commence à vouloir prendre des vacances tellement je le sollicite ces derniers temps. Et c'est probablement ce qui provoque une nouvelle vague de larmes sur mes joues.
- Potter ?
Je sursaute en entendant mon nom et redresse vivement la tête. D'un geste vif je chasse les traitresses à ma peine.
- Granger ?
Cette dernière s'accroupit devant moi et me tend un mouchoir en esquissant un faible sourire de compassion.
- Tes amis s'inquiètent beaucoup pour toi. Et je pense que Parkinson devrait se tenir à ma place en ce moment.
- Je ne t'ai pas demandé ton avis, je crache tout en essuyant les dernières larmes sur mes joues.
- Et tu sais très bien que je le donne quelle que soit la situation, réplique-t-elle.
Mes lèvres s'étirent faiblement face à sa répartie. Puis elle s'assoit à mes côtés et laisse sa tête reposer contre le mur.
- Alors comme ça le grand Harry Potter a failli faire exploser l'infirmerie de Pomfresh. Dommage que je n'ai pu assister à ce spectacle.
J'hausse les sourcils, ne comprenant pas vraiment où elle veut en venir.
- Voir Snape perdre son sang-froid devait vraiment être génial. Je donnerais tout pour voir ça.
Cette fois, c'est un petit rire qui franchit mes lèvres et s'échappe. C'est vrai que Sévérus est si souvent maître de lui-même, que les quelques rares fois où il ne l'est pas est un moment à graver dans les annales.
- Merci, je souffle.
Puis le silence. Apaisant. Ce qui dernièrement est assez rare. Il semble que la présence de Granger me fasse du bien. Et je n'aurais jamais pensé ça de sa part. Mais je m'en moque. En ce moment, le peu que je peux avoir, je le prends. Egoïste ? Peut-être un peu. Et dans un sens, c'est compréhensible. Alors je me laisse aller à ce sentiment de calme qui s'empare de moi et ferme les yeux. Dans ma poitrine, mon cœur ne bat plus comme un dératé et l'air dans mes poumons circule à nouveau normalement. Je sais très bien que ca répit ne sera que de courte durée, mais cela est si agréable.
- Potter ?
- Hum ?
- Je sais que je ne devrais pas poser cette question, mais… comment va Malfoy ?
Je tourne la tête en sa direction et ouvre les yeux. Je crois qu'il y a de nouveau des larmes qui menacent de m'échapper. Pourquoi a-t-elle ouvert la bouche ? Ne pouvait-elle pas garder le silence ?
- J'ai entendu dire qu'il était comme dans une sorte de coma suite à la tornade que tu as déclenchée dans l'infirmerie. Un peu comme quand tu étais encore Henry Malfoy.
- Il n'a pas bougé, je réponds en retenant comme je peux ma colère.
J'ai envie de la frapper, de me défouler sur son visage contrit. Mais je ne peux pas. Ce n'est pas de sa faute.
- Je suis certaine qu'il est toujours là, murmure-t-elle en baissant la tête et en regardant ses pieds.
- Qui ?
Mes poings se serrent et mes ongles se plantent douloureusement dans mes paumes. Mais cette souffrance est salvatrice. Elle me raccroche à la réalité et me retient dans mes gestes de folie.
Et alors qu'elle plonge son regard dans le mien, je remarque alors que ses pupilles sont humides.
- Henry Malfoy. Ton ancien toi.
De quoi parle-t-elle ?
- Même si tu as changé, autant physiquement que dans ta façon d'être, parfois, c'est con, mais c'est Henry que je vois et non toi. Comme en cet instant où je dois être folle pour voir des éclats argentés dans tes yeux, finit-elle en secouant la tête.
Je fronce les sourcils et porte mes mains à mon visage.
- Je l'aimais, reprend-elle faiblement. Je ne te l'ai jamais dit, mais j'étais amoureuse d'Henry Malfoy.
- Tu ? Moi !? je m'exclame, étonné.
- Non, secoue-t-elle. Pas toi. Tu es différent. C'est d'Henry que je parle. Je sais que ça peut prêter à confusion, mais pour moi vous êtes deux personnes distinctes. Et, désolée, mais Harry Potter ne m'attire pas.
- Oh.
Eh bien on en apprend tous les jours. En tout cas je suis désolé pour elle car Henry Malfoy n'est plus qu'une réminiscence qui réside au fond de moi. Un souvenir qui dort au creux de mon cœur, de mon âme, mais qui sera toujours présent. Il y aura toujours une part d'Henry Malfoy en moi. Et alors que je me perds dans mes pensées, dans celles de cet ancien moi, le sort lancé par Sévérus se rappelle à moi. Est-ce que ces éclats qu'elle a cru voir étaient si faux ? Je crois que je dois vérifier…
En un bond, je suis debout et tends une main à Granger pour qu'elle se lève aussi. Elle s'en saisit et me fixe avec interrogation.
- Je te demande de garder le secret sur ce que tu vas voir.
Sans un mot, elle hoche de la tête.
- Amimésis Velum, je murmure.
Et vu la réaction qui se dessine sur le visage de Granger, le sort fonctionne toujours.
- Tu… il… Henry, chuchote-t-elle.
Je lui souris doucement et me rapproche d'elle pour déposer chastement mes lèvres sur les siennes.
- Merci, je lui susurre.
Les doigts sur sa bouche, elle me fixe avec étonnement. Devant moi, Granger laisse une larme couler sur sa joue alors que je sais que je suis en train de retrouver ma vraie apparence. Mais je pouvais au moins lui offrir ceci. Juste pour la remercier d'avoir été présente ce matin. Juste pour cet amour qu'elle a eu pour moi, un jour passé. Juste pour ses mots qui m'ont frappé en pleine face et me pousse à avancer, malgré la douleur.
- Tu diras au professeur que je sèche.
- Je n'ai pas cours avec vous, souffle-t-elle, encore perdue dans les événements récents.
- Alors tant pis, je finis en haussant les épaules et en quittant le couloir, direction l'infirmerie.
Sur le chemin, un nouveau souffle emplit mes poumons. Je dois savoir. Je dois comprendre. Je me trompe peut-être, mais j'ai envie de me laisser guider par cette nouvelle poussée. Cette pensée que je viens d'avoir, cet espoir fou et impossible qui se dessine devant moi est presque irréaliste. Tous se focalisent sur moi. Moi et ma magie. Moi et mon ancienne apparence. Et si la réponse à tout ceci se trouvait ailleurs ?
Sans douceur, je pousse les portes de l'infirmerie et me dirige vers le lit où repose Draco. J'entends Pomfresh m'interpeller et commencer à me crier dessus. Mais je me moque de ses menaces. Juste pour cette fois, peu importe les conséquences… je dois simplement savoir si cette bouffée d'oxygène qui m'étouffe de plus en plus en vaut vraiment la peine. Alors je m'assois sur le lit et repousse une mèche de cheveux qui barre le front de Draco. Doucement, je pose mes lèvres sur les siennes et glisse mes mains sur son visage. Jusqu'à ses yeux clos. Jusqu'à ses paupières immobiles. Et avec une certaine appréhension, j'en soulève une, délicatement. Cela fait si longtemps que je n'ai pas vu ses iris. Mais ils sont vides, sans vie et cela me fait bien plus mal que je ne l'aurais imaginé.
- Monsieur Potter ! crie une fois de plus l'infirmière, tout en posant une main ferme sur une de mes épaules.
- Il n'y a pas de vert, je marmonne.
- Pardon ?
- Il n'y a pas de vert dans ses yeux, je reprends en me reculant
- Comment ça ?
- Je pensais qu'il y aurait du vert dans ses pupilles… comme moi il y a du gris dans les miens. Mais ce n'est pas le cas.
- Oh. Vous pensiez à une nouvelle piste pour comprendre pourquoi Monsieur Malfoy reste inconscient. Et vous vous êtes…
- Ce n'est pas vert. C'est noir, je la coupe.
- Noir ?
- Ma magie est toujours en lui. Est-ce que c'est encore à cause de moi qu'il est dans cet état ? je demande la voix tremblante, sentant la douleur revenir à la charge.
- Je ne sais pas Monsieur Potter, dit-elle en resserrant sa prise sur moi. Vous devriez faire part de votre découverte au professeur Snape. Il est le seul à avoir les connaissances pour vous aider. Moi, je ne peux que veiller à ce que Monsieur Malfoy ne manque de rien. Je suis désolée.
Et je reste là, accablé de chagrin, le cœur lourd et la gorge brûlante. Ma main serre celle de Draco en une rage qui me donne mal à la tête. J'ai tant besoin qu'il soit là, qu'il me donne le courage nécessaire pour faire face à la vie.
Est-ce que mes sentiments peuvent l'atteindre même avec cette distance que j'ai créée entre nous ?
A suivre...
