C'était la soupape de direction. Ce devait être la soupape de direction, se disait John en avisant la voiture face à lui. Voiture qui le narguait depuis près de deux heures, sans qu'il ne trouve la source de cette foutue panne. Mais sa journée était finie donc la vérification de la soupape serait pour demain. Son patron allait râler mais cela faisait longtemps qu'il ne craignait plus ses remontrances...Ce soir, il voulait le passer avec sa femme et son fils. La période était difficile. On se rapprochait doucement mais sûrement du mois de Mai et donc, de l'anniversaire de Sam. Cela angoissait tout le monde, Sam en premier.

Dean n'avait pas donner signe de vie depuis qu'il s'était sauvé de son anniversaire, dans le sillage de son ami. Ou plutot, son ami dans le sillage. Il n'avait pas appelé, ou même écrit. Eux non plus n'avait pas appelé, par peur sans doute. Ou par fierté. John avait remarqué que Sam se faisait plus sombre ces derniers temps et il ne parlait plus que très peu de son frère. Le jeune garçon en avait vraiment voulu à son aîné pour son départ, ce jour-là. Il l'avait vécu comme une trahison. Il s'était fait l'avocat du diable sur ce coup-là, tentant de raisonner Sam. Il avait bien vu lui, que partir ne faisait pas du tout plaisir à Dean. Il l'avait vu se disputer avec son ami, en faisant un geste ample vers la maison. Peut-être fabulait-il mais pour lui, cela signifiait que Dean n'avait pas fait cela par gaieté de coeur.

John mentirait s'il disait ne pas être inquiet. Il était fou d'inquiètude. Il voulait savoir où était son fils et s'il était sain et sauf. Une partie de lui était certain que Dean allait bien. Du moins physiquement. Il devait surement être chez un ami, traînant toute la journée et faisant je-ne-sais-quoi...Et c'était sans doute cela qui l'enervait le plus. Que faisait Dean, Bordel de Merde! A quoi passait-il ses journées? Avant, quand Dean était encore sous leur toit, il avait pu affirmer que Dean ne se droguait pas. Pouvait-il faire pareil aujourd'hui? Alors qu'il trainait du matin au soir avec des amis louches? John savait combien il était facile de déraper lorsqu'on était mal dans sa peau...Mais Dean n'avait jamais semblé mal dans sa peau. Il n'avait pas le comportement d'un ado désoeuvré, qui ne comprend pas sa place dans le monde, et qui s'accroche à n'importe quoi pour donner du sens à ce qu'il vit. Au contraire. Dean avait toujours semblé avoir une parfaite maîtrise de lui, prenant déjà soin de son corps à un âge où apparence et hygiène de vie ne sont encore que des mots sans réelle signification.

Il soupira en coupant le moteur de sa voiture, un étrange sourire sur les lèvres. Combien Dean aimait cette voiture! Il pouvait se rappeller avec facilité les heures passées à lui apprendre la mécanique, le nez penché sous le capot. Dean avait alors ce sourire étrange sur les lèvres et le regard à la fois ailleurs et tout à fait sérieux. Il avait eut plus d'une fois l'impression que le garçon ne l'écoutait pas mais cela n'avait eu, au final, que peu d'importance. Même à l'époque, chaque moment où il avait l'attention de son fils était chéri.

L'ami d'un ami, un psychologue, lui avait dit un jour que si Dean agissait comme il le faisait, c'était pour réclamer de l'attention. John avait du prendre sur lui pour ne pas lui rire au nez. Dean ne voulait pas de leur attention. Dean n'avait pas besoin de leur attention. Il n'en avait jamais eu besoin...Son aîné n'avait jamais été à l'aise avec les compliments ou les marques d'affection. John se souvenait pourtant clairement d'un petit bonhomme de 2 ans, réclamant à corps et à cris les bras de son papa...

- Sam t'attendait pour finir ses devoirs. L'informa sa femme alors qu'il déposait ses affaires dans le corridor.

- Ha oui?

- Il doit écrire un texte sur ton métier. Continua-t-elle en venant l'embrasser. Bonjour, mon amour. Ta journée s'est bien passée?

- Comme d'habitude. Répondit-il avec un haussement d'épaules. Et...Comment va Sam, sinon? Demanda-t-il plus doucement.

Sa femme lui jeta un regard blasé avant de soupirer lourdement. Tout comme lui, Mary ne cessait de penser à leur fils. A l'endroit où il dormait, à ce qu'il mangeait,...

- Comme d'habitude. Son devoir l'a attristé. Le sujet exacte était l'occupation et/où emplois de chaque membre de la famille. Il était morose tout l'après-midi.

- Tu ne penses pas qu'on pourrait l'appeller? Demanda-t-il au bout de quelques secondes.

- On pourrait. Souffla sa femme. Mais on ne le fera pas parce qu'on lui a promis que ce n'était qu'en cas d'urgence.

- Et bien c'était une connerie! S'enflamma John avec colère. Je veux savoir où est mon fils! Je veux savoir ce qu'il fout, où il est, s'il a toujours cet arme et ce qu'il en fait! On le perd, Mary! Et si on réagit pas, il va foutre sa vie en l'air!

- Le ramener par la peau du cou n'amenera rien! Tu sais très bien que ça ne marche pas! Dean est...

- Hoo! Ne revient pas avec ça! Dean est peut-être particulier mais c'est un ado! Un ado avec une arme, de mauvaises fréquentations, du temps à tuer et pas de diplome en vue!

- Arrête de toujours assumer qu'il nous ment! Il n'a pas abandonné l'école, il...

- Et toi arrête de croire tout ce qu'il nous dit! Dean n'a jamais aimé l'école, tu crois vraiment qu'il l'a continué en élève libre?! Franchement, Mary!

- Comment veux-tu qu'il nous fasse confiance! Tu n'as pas la moindre parcelle de confiance en lui!

Le ton était monté graduellement, sans qu'ils ne s'en rendent vraiment compte et ils se retrouvaient maintenant tout les deux debout autour de la table à se vociférer dessus. Dire que cela était rare serait mentir. Ce n'était pas non plus fréquents. Mais ça arrivait parfois, sans crier gare. Dans ces cas-là, Sam allait se terrer dans sa chambre, une sourde colère aux fonds des tripes.

- La confiance, ça se mérite! Désolé mais pour le moment, tout ce qu'il m'a prouvé c'est qu'il sait encaisser l'alcool et voler des voitures!

- Tu rabaches toujours les mêmes histoires! Pourquoi veux-tu qu'il revienne si c'est pour lui rappeler constamment ses erreurs?!

- Papa? Maman? Lança la voix penaude de Sam.

- Oui?! Lança Mary, d'une voix plus douce mais toujours abrupt.

- Télephone pour papa...Répondit le jeune garçon.

John sourpira, se pinça l'arête du nez et se dirigea finalement dans le salon où le téléphone décroché l'attendait.

- Allo? Demanda-t-il, sèchement.

- Monsieur Winchester? Demanda la voix désincarnée.

- Oui. Qui est-ce?

- Je...Je vous appelle parce que je trouve que vous devriez le savoir. J'ai pas encore de gosses mais je sais que je voudrais savoir ce qui se passe si j'en avais.

- De quoi vous parlez? Demanda John, à présent plus confus que rude.

- Il serait certainement pas d'accord mais je m'en fiche. En fait, il s'rait capable de me faire la peau juste pour ça...Il a toujours dit qu'on devait pas vous embeter mais...

- De quoi vous parlez, à la fin! S'énerva finalement John.

- De Dean. Je vous parle de Dean.

- Dean?! Répéta le père, hébété.

Autour de lui, ce seul nom avait suffit à ammener un silence de cathédrale. Mary se rapprocha de lui en de grandes enjambées tout comme Sam qui se précipita à ses cotés.

- Oui...Il...Il vient d'être admis en salle d'opération.

Il s'est fait tirer dessus, fut la première pensée de John avant que son coeur ne s'emballe. Il a eu des ennuis... Ca devait finir par arriver... Pourquoi je ne l'ai pas ramené à la maison?...Et s'il était trop tard?...Je ne veux pas le perdre...Mary ne le supportera pas...Sammy va être annéanti...Toutes ces pensées tournaient dans la tête de John qui était incapable de réflechir clairement.

- Monsieur Winchester? Le surprit la voix, le ramenant instantanément sur terre.

- Où est-il? Demanda-t-il, le coeur dans un étau.

- Jasper, dans l'Indiana. Memorial Hospital. Lui répondit l'autre d'une voix presque gênée.

- Que s'est-il passé? Qui êtes-vous? Questionna-t-il alors, la voix pleine de colère.

- Vous...Vous feriez mieux de venir voir par vous-même. Je ne suis pas médecin mais je ne pense pas que cela mette sa vie en danger...Lui répondit simplement la voix désincarnée.

- Sa vie en danger? Répéta presque bêtement John.

- Heu...oui.

Et l'autre raccrocha avant que John n'ait pu rajouter quoique ce soit. Pourquoi les autorités ne les avaient pas contactés? Ils devaient bien se rendre compte qu'il était mineur, non? Et qui l'avait appelé, justement? Un ami?

John dû prendre sur lui pour faire face à Mary et Sam. Il du se faire violence pour ne pas se laisser aller à la panique et leur raconter ce qu'on venait de lui dire.

Une heure plus tard, la maison était vide alors qu'ils embarquaient tout les trois dans un avion.

. . .

- Il va t'écharpé quand il le saura...Lança une voix derrière lui.

Caleb fusilla du regard Bobby alors qu'il empochait son téléphone. Il faisait plutot chaud en cet fin du mois d'Avril et il était sorti de l'hopital pour passer son coup de fil. Il n'avait apparement trompé personne puisque Bobby, Bill et Jim se trouvaient à présent devant lui.

- Je trouvais important qu'ils sachent. Répondit-il simplement, feintant un air dégagé en haussant les épaules.

- Mais ce n'était pas à toi de le décider. Lui répliqua Bobby, apparement agaçé.

- Dean nous a bien préciser que dans pareille situation, sa famille ne devait rien savoir. Continua Bill.

- Et bien ce n'est pas parce que Dean l'a dit que c'est une bonne chose. Conclut-il sur la défensive. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas vraiment un ado qu'il ne peut pas se tromper, non?! Ses parents ont le droit de savoir.

- Ca ne va pas arranger les choses, Caleb. Soupira Jim. Que vas-tu leur dire?

- Moi?

- Tu les as appelés, tu assumes. Lança Bobby avec un air narquois. Et d'après ce que je sais, Dean ne tient pas son foutu caractère de n'importe qui... De toute façon, je vais rester avec toi. Décida-t-il malgré tout.

- Tu ne devras pas leur dire ton vrai nom cepandant. Lui rappela Jim. Ils savent que Dean a un ami s'appelant Bobby Singer et celui-ci est sensé avoir 16 ans.

- Vous vous entendez parler! S'irrita Bill en les regardant durement. Et qu'est-ce que vous allez leur répondre quand ils demanderont pourquoi Dean est inscrit sous un faux nom? Quand ils voudront le transférer à Lawrence? Il a 16 ans, ils ont tout les droits sur lui...

- On peut broder une histoire, on est pas des novices en la matière, non? Tenta Caleb.

- C'est sans moi, les gars. Souffa Bill. Je suis désolé mais sur ce coup-là, je peux pas prendre le risque d'impliquer ma famille. Le père Winchester pourrait avoir l'envie d'appeler la police et c'est la dernière chose dont j'ai besoin...

- On comprend. Toi non plus, Jim, tu ne peux pas rester. Lâcha Bobby en se retournant vers le pasteur.

- Pourquoi?!

- Ils te connaissent et deviendront suspicieux quand ils comprendront que tu étais en contact avec lui mais que tu ne leur a pas donné de nouvelles.

- C'est logique...Soupira le pasteur. Donc...Reste plus qu'a trouver une histoire assez vraisemblable pour convaincre un père que son fils blessé est en sécurité là où il est, c'est ça?

- Dis comme ça...

. . .

John passa une main fatiguée sur son visage alors qu'il sortait du taxi. Le vol lui avait semblé interminable entre ses propres inquiétudes et les peurs de Mary. Sam était resté silenceux tout le long du trajet, plus pâle qu'à l'ordinnaire. Il n'avait pas été d'accord pour l'emmener. Il aurait largement préféré le laisser chez les voisins en attendant d'en savoir plus. Mais Sam était aussi tétu que lui quand il le voulait.

Alors ils étaient tout les trois là, devant cet hopital, au coeur d'une petite ville, perdue dans l'Indianna. Qu'est-ce que Dean était venu foutre par ici? A coté de lui, Sam réprima un baillement ce qui donna une drole de grimace dont il se serait bien moqué dans d'autres circonstances...

Arrivé à l'acceuil, il prit le temps d'observer les lieux et de respirer. Il avait espéré que les autorités l'appellent mlagré tout - peut-être que l'ami de Dean avait simplement été plus rapide? - mais non. Aucun coup de fil. Rien. Mary, quant à elle, trépignait sur place et tout deux se sentaient gênés de leur dispute. Ils avaient tout les deux les interêts de Dean à coeur même s'ils ne percevaient les choses de la même manière.

- Excusez-moi? Lança-t-il en interpellant la standardiste.

- Je peux vous aider? Lui demanda tout de suite la jeune femme.

- Je cherche mon fils, répondit-il légèrement hésitant. Il a été admis par les urgences hier, dans la fin de soirée.

- Comment s'appelle votre fils, Monsieur? Lui demanda simplement la jeune femme, un sourire de façade sur le visage.

- Dean. Dean Winchester. Répondit-il, de plus en plus anxieux.

La secrétaire tappa rapidement sur son clavier avant que ses sourcils ne se froncent. Et le coeur de John se serra.

- Winchester? Cela s'écrit bien comme l'arme, n'est-ce pas? Demanda-t-elle en le regardant brièvement.

- Oui, oui. Comme l'arme. Souffla-t-il alors qu'elle secouait la tête en regardant son écran.

- Pouvez-vous me dire sa date de naissance, Monsieur? S'enquit-elle encore, le visage ennuyé.

- heu...le 24 janvier 1979. Il a seulement 16 ans...Souffla-t-il d'une petite voix.

- Je suis désolé Monsieur, je ne trouve personne de ce nom dans l'ordinateur. Lança-t-elle après quelques secondes.

- Pardon?

- Je n'ai aucun Dean Winchester admis par les urgences. Répéta-t-elle d'un ton légèrement agaçé. Je suis désolé.

- Mais...On m'a appelé et...

- L'hopital vous a appelé? Questionna-t-elle.

- Non. Pas l'hopital. Mais...

- Alors je suis désolé Monsieur. Je ne sais rien faire pour vous. Lâcha-t-elle en les avisant tout les trois d'un regard qui se voulait compatissant.

- Ecoutez...Lança Mary avant d'être brutalement interrompue par un éclat de voix, derrière eux.

- Monsieur Winchester! Lança une voix jeune et grave.

John se retourna promptement et rencontra un regard emprunté qui lui paraissait famillier. Le jeune homme devant eux devait avoir une petite vingtaine, une allure négligée et une mine fatiguée. John le reconnu après quelques secondes...

- Jeff? Jeff Smith? Lança-t-il pour en être certain.

- Ouais, ouais, c'est ça. Approuva le garçon. Jeff Smith, répéta-t-il comme si ces mots sonnaient étrangement dans sa bouche.

- Dean n'est pas là?! S'empressa de demander Mary, maintenant totalement désinteressée de la standardiste.

- Si, si. Répondit-il, l'air penaud. Venez...Souffla-t-il en les entrainant dans le dédale de couloir.

- Comment va mon fils? Gronda la voix graveleuse de John en empoignant pratiquement le garçon.

- Il va bien, Monsieur Winchester. Lui répondit l'autre avec sincérité tout en se défaisant habilement de sa prise. Vraiment, il va bien. Répéta-t-il. J'ai peut-être fait une erreur en vous appellant mais je pensais que vous voudriez savoir que Dean était à l'hosto...Expliqua-t-il en haussant les épaules...Juste, je pensais que vous deviez le savoir.

- Evidemment! Siffla presque Mary d'une voix aigue. Ou est-il? Pourquoi ne le trouvait-elle pas dans l'ordinateur?

- L'informatique, vous savez...Eluda-t-il en se remettant en marche.

- Donc il va bien? Demanda Sam, en parlant pour la pemière fois.

- Oui, il va bien. Rien d'insurmontable. Et tu dois être le fameux Sammy, c'est ça? Demanda-t-il en avisant le jeune garçon devant lui.

- Heu...Le fameux Sammy? S'étonna Sam, les sourcils bien haut.

- Et mon frère ceci, et mon frère cela. Et mon petit frère, il est vraiment intelligent. Et Sam par-ci, et Sam par-là...Ton grand frère est intarrissable à ton sujet, Sam.

- C'est vrai?! S'exclama le cadet, clairement réjoui à cette idée.

- Ho oui! Tu n'as qu'à lui demander toi-même...Répondit Caleb en poussant la porte d'une chambre.

Une fois la porte ouverte, Sam oublia tout les ressentiments qu'il avait pu avoir envers Dean. Tout ce qui comptait était que son frère avait été blessé et qu'il se trouvait juste là. Il fonça dans la chambre, indifférent à la présence de deux autres personnes, il bondit littéralement dans le lit de son frère.

- Dean! Lança-t-il en voulant l'étreindre.

-Doucement petit...L'en empêcha quelqu'un, en posant une main ferme sur son épaule.

Sam regarda avec un interêt particulier l'homme qui l'avait retenu. Il était avide de connaitre cette partie-là de la vie son frère. Avide de connaître ses amis et ses occupations. C'était une homme d'âge mure, légèrement enrobé. Une barbe mangeait la moitié de son visage et une casquette était vissée sur sa tête.

- Sam! L'invectiva rapidement son père. Vient ici!

Le jeune garçon retourna sagement vers ses parents qui se tenaient toujours dans l'encadrement de la porte, comme hésitant à entrer. Ils avaient le regard braqué sur la forme allongée et pratiquement immobile de leur fils. Dean était pâle et plus calme qu'ils ne l'avaient jamais vu. Sa jambe gauche était platrée et des bandages étaient visibles sous la mince blouse d'hopital qu'il portait. Ses yeux verts fatigués et pourtant plein de vie les regardaient, partageant certainement leur sentiment de confusion.

- Hey...Salut, les gars...Souffla-t-il d'une voix basse qui se voulait pleine d'humour.

- Que s'est-il passé?! Tonna la voix forte de John, le regard braqué sur son fils.

- Je vais bien, papa, pas la peine de demander...Marmonna simplement Dean en retour.

Cela sembla réveiller Mary qui se précipita vers lui, le visage partagé entre l'inquiètude et le soulagement de le voir éveillé. Elle passa une main dans ses cheveux éparses et l'embrassa doucement sur le front, comme seule une mère peut le faire. C'était tout ce qu'il fallu à Sam pour qu'il reparte à l'assaut. Il renvint au côté de son frère qui se poussa légèrement pour lui faire une place sur le lit. Sam avait un sourire jusqu'aux oreilles lorsqu'il s'installa contre son aîné.

- Commen tu vas, mon ange? Demanda doucement Mary en l'observant minutieusement.

- Ca va, souffla-t-il avec un sourire alors que Bobby reniflait de sarcasme.

John et Mary se retournèrent presque d'un seul mouvement vers les deux hommes qui se tenaient toujours dans la chambre. L'un, celui avec de l'embonpoint, se tenait addossé au mur de la chambre tandis que l'autre se trouvait tout proche du lit. A une dizaine de centimètres à peine de Dean. Celui-là portait un long impair informe et Mary remarqua tout de suite son regard inconfortablement perçant.

- Et vous êtes, Messieurs? Demanda Mary, d'un ton beaucoup plus concilliant que celui qu'aurait utilisé son mari.

- David Harley, se présenta concisément le premier alors que le second resta silencieux. Et lui, ajouta-t-il après un moment, c'est Castiel Novak.

- Et d'où connaissez-vous Dean? Demanda encore Mary, tentant d'afficher un sourire affable.

- Ce sont des amis, maman. Lui répondit simplement Dean, un bras déjà posé autour des épaules de son frère.

La tension monta d'un cran dans la pièce. Bobby et Caleb échangaient des coups d'oeil complices, Castiel était toujours aussi silencieux, se tenant droitement au côté de Dean pendant que celui-ci se repaissait de la présence de son petit-frère. Petit-frère qui brisa le lourd silence qui s'était installé...

- Qu'est-ce que tu as exactement, Dean? Sur que ce n'est pas trop grave? Demanda-t-il en fixant le cathéter planté à la base du cou de son aîné.

- Ne t'inquiètes pas, le rassura Dean, juste des égratignures.

- Des égratignures? S'éleva la voix de Castiel pour la première fois.

Mary sursauta légèrement devant le ton imbibé d'une incrédulité rageuse et d'inquièude. L'homme regardait Dean avec passion, de ces mêmes yeux perçant qui l'avaient dérangés tout à l'heure. Cet homme était spécial, tout son corps le lui criait. Elle pouvait presque sentir l'aura de puissance qui l'entourait...

- Le fémur gauche brisé net, deux côtes brisées, le sternum fissuré et un hématome à la rate? Sans mentionné les multiples lacérations sur l'abdomen? Nous n'avons pas vraiment la même notion des égratignures, je pense...Lâcha Castiel d'une voix atone.

- Cass...Souffla Dean en se retenant de tout simplement prendre la main de son compagnon...Je vais bien. J'te jure...

- Ho mon dieu! Souffla Mary, une main devant la bouche à l'annonce des blessures de son fils.

- Et comment est-ce arrivé? Demanda encore John, plus pâle qu'à l'accoutumée.

- J'ai été aggressé...Expliqua simplement Dean, platement.

- Aggressé? Répéta John, ces mots sonnant étrangement à ces oreilles.

- Mmh mmh...Acquièsça Dean d'un hochement de tête. Et quand ils ont vu que je n'avais pas beaucoup d'argent sur moi, ils se sont énervés...

- D'accord...Souffla John, à moitié convaincu. Et...Vous étiez avec lui? Demanda-t-il ensuite en regardant les trois amis de son fils.

- Pas à ce moment précis, non. Lança Castiel. Mais c'est moi qui l'ait trouvé, oui.

- Donc, heu...C'est par ici que tu habites maintenant? Demanda Sammy, avec curiosité.

- Non, lui répondit son frère avec un sourire. On était de passage.

- De passage? Se renseigna John.

- Ouais, on voyage quoi. Pour voir du pays...

- Voir du pays?! Répéta encore John d'une voix tendue. Tu te fous de moi?! Siffla-t-il.

- John! Cingla Mary pour le rappeler à l'ordre. Pas maintenant!

- Je suppose que vous venez directement de l'aéroport. Commença Bobby pour changer de conversation. Si vous voulez, je peux vous conduire au motel qu'on a trouvé pour que vous y preniez une chambre. Au moins pour cette nuit.

- Ce serait gentil, Monsieur Harley. Merci. Le remercia Mary en jetant des coups d'oeil d'avertissement à son mari. Allez, John, on reviendra après pour parler plus tranquillement...Souffla-t-elle assez haut pour que les autres comprennent qu'ils voulaient parler seuls à seuls avec leur fils.

- Ouais, approuva Bobby d'un signe de tête. Viens avec nous...heu...Jeff.

- Non, non, ça va, je vais rester avec Dean et Castiel...Lui répondi le jeune homme.

- Viens ave nous, Jeff. Insista le vieux chasseur en lançant un regard suggestif vers le jeune couple.

- Ho...oui. J'arrive, j'ai besoin de me délier les jambes tout comptes fait!