Hello tout le monde!

Voici le dernier chapitre pour un moment. Je révise à fond la tonne de matière pour mes examens finaux de la semaine prochaine. *soupir*

Je tenais à publier ce chapitre avant de m'enfermer dans mes fiches jusqu'à fin juin!

Bref, merci pour vos reviews!

Guest: Contente que tu ne regrette pas ton choix! Et merci beaucoup pour tes encouragements!

Bonne lecture ~


Chapitre 49: Ombrage

Une fois nos assiettes bien entamées, Flitwick passa chez tout le monde et distribua notre emploi du temps.

- Oh nooooon! On a DFCM avec le crapaud rose! s'énervèrent les garçons d'une manière un peu excessive.

Il n'avait pas tort mais bon, c'était comme ça.

- Pourquoi vous m'avez abandonnée hier soir après le banquet ? demandai-je, curieuse.

Ils se regardèrent avant de tous pointer un doigt accusateur sur Terry.

- C'est lui qui a proposé de te laisser dormir. C'est sa faute. scandèrent-ils en chœur.

Terry était gêné pendant quelques instants avant de se tourner vers les autres.

- Eh ! Vous n'aviez qu'à dire non et je l'aurais réveillée !

Tout le monde avait de la peine à le croire. S'il voulait un truc, comme ne pas me réveiller, il faisait tout pour y parvenir. Un pur Serpentard dans ce sens.

Le reste du petit déjeuner se passa dans un ton de colère, à cause de l'emploi qui était revenu au centre de la discussion, un peu trop exaspérant pour moi mais je ne disais rien, préférant les laisser s'énerver pour rien. Peu de temps avant le début, nous nous rendîmes en traînant les pieds vers la salle de Défense. Le crapaud nous attendait, un sourire collé aux lèvres. Nous nous assîmes dans un grand silence.

- Bonjour. dit-elle.

- Bonjour. nous répondîmes en choeur.

- Non, non, non. Ce n'est pas correct. J'aimerais que vous me répondiez "Bonjour Professeur Ombrage." Essayons à nouveau: Bonjour tout le monde.

- Bonjour professeur Ombrage. nous dîmes avec une légère pointe d'agacement.

- Voilà qui est beaucoup mieux. Rangez vos baguettes et sortez vos plumes.

Nous sortîmes nos affaires, prêts à écrire. Elle sortit sa baguette et tapota le tableau.

Défense contre les Forces du Mal

Retour aux principes de base

- On n'a pas déjà fait ça en première année? murmurai-je à Padma, ma voisine de bureau.

- Oui mais je ne sais pas pourquoi on doit refaire.

Ombrage comme ça son discours. Je ne comprenais rien, elle allait trop vite pour moi et les mots qu'elle employait ne faisaient pas du tout partis de mon vocabulaire. J'hésitais à lever la main pour lui demander de ralentir le rythme mais c'était le début, peut-être que ça irait mieux après.

- Elle a dit quoi? demandai-je à nouveau.

- Que le programme a été modifié par le Ministère. me répondit-elle, un peu agacée par mes questions.

- Aaaah, fallait le dire, c'est plus clair.

- T'as de la peine à suivre?

Je hochai la tête, un peu honteuse. Elle me sourit. Ombrage inscrivit de nouveaux mots au tableau. Des sortes d'objectifs, à ce que je comprenais. Mais rien n'indiquait une utilisation des sorts de défense. On allait faire que de la théorie? C'était qui l'abruti qui avait eu la brillante idée de ne donner que de la théorie sur un sujet bien réel?! D'autres élèves remarquèrent cette "anomalie" et levèrent immédiatement la main, notamment Terry.

- Qu'y a-t-il Monsieur Boot?

- Pourquoi ne fait-on pas de pratique?

Un silence de mort s'installa et nous attendions sa réponse. Réponse qui fut évasive et compliquée à comprendre avec son débit élevé et ses mots bizarres. Je regardai Padma avec désespoir qui me lança un regard compatissant. Je levai la main.

- Oui Miss Menoude?

- Menoud. On ne prononce pas le "d". Hum, pourriez-vous parler plus lentement et avec un vocabulaire plus simple s'il vous plait? J'ai du mal à vous suivre.

Un autre silence de mort. Ombrage soupira en me fixant d'un air agacé.

- Vous savez parfaitement l'anglais, puisque vous êtes ici à Poudlard.

- Je ne le sais pas parfaitement, même si je fais des efforts.

Ma patience commença à atteindre sa limite. Non seulement, elle m'insultait et ne baissait en rien sa vitesse de parole.

Elle commença un autre discours sur la langue cette fois. Elle n'avait pas du tout suivi ma demande, au contraire, elle semblait même avoir accéléré le rythme. Putain ce que je la détestais. Mais, une chose était sûre, elle ne faisait pas le moindre effort, je n'en ferais pas non plus de mon côté.

- Avez-vous compris Miss Menoud?

- Parfaitement. C'est clair comme de l'eau de roche. répondis-je en français.

Ses yeux s'agrandirent jusqu'à presque sortir de leurs orbites. Elle n'avait pas dû me comprendre.

- Veuillez parler en anglais dans mon cours Miss Menoud. ordonna-t-elle doucement, cachant un ton glacial.

- Si vous parlez moins vite, je ferai peut-être des efforts. répondis-je en anglais, histoire de voir si elle accédait enfin à ma demande.

Elle émit un petit "Hmpf!" avant de nous faire lire le premier chapitre de ce livre pour enfant. Mais quel ennui mortel. Je déchirai la page juste avant, qui était blanche, fis un quadrillage et mis une croix dans un coin avant de passer la feuille près de Padma. Elle regarda un instant la feuille, puis moi, puis elle inscrivit un cercle dans une autre case et me redonna le papier. Ainsi commença nos deux parties de morpion en cours. Nous nous arrêtâmes juste avant de la voir se lever marquer quelques trucs au tableau et recommencer à parler trop vite.

- Parlez moins vite s'il vous plait. dis-je à haute voix.

- Votre main, Miss Menoud!

Je levai ma main.

- Parlez plus lentement s'il vous plait.

- Je vous ai déjà dit que vous devez savoir aussi bien que vos camarades.

- Mais tous vos collègues parlent plus lentement pour moi! Et j'ai pas l'impression que ça dérange mes camarades.

Un hochement de tête commun appuya ma déclaration. Heureusement qu'ils étaient là parfois.

- Hors de question de faire du favoritisme.

- Alors je parle en français dans vos cours.

Elle n'appréciait pas du tout ma "résistance" mais si elle n'était pas capable de comprendre que je peinais à suivre, elle n'avait rien à faire ici.

- Je vous retire quinze points à votre maison pour votre impertinence et une retenue, Miss.

- Comme vous voulez. répliquai-je en français.

Aucun sourire sur son visage, un sourire narquois sur le mien. Voilà qui était bien assez pour la forcer à écrire sur un parchemin.

- Venez ici, Miss Menoud.

Je me levai et m'approchai d'elle. Elle me tendit son parchemin bien fermé avec un seau.

- Apportez ceci au Professeur Flitwick.

- Mais avec plaisir, Professeur.

Je pris le papier de ses mains avec vigueur et sortis de la salle à grands pas. Le plus de distance je mettais entre elle et moi, mieux je me portais. Seulement, Flitwick était en cours. Je me postai devant son bureau attendis. Même pas deux minutes après, la sonnerie retentit et les élèves se ruèrent vers leur prochain cours. Je toquai à la porte de la salle de classe.

- Professeur? demandai-je.

- Miss Menoud! Que me vaux votre visite?

Il l'ouvrit et parcourut le contenu. Il fronçait les sourcils au fur et à mesure qu'il descendait vers le bas du papier.

- Venez avec moi.

Il sauta de sa pile de livres et marcha vers son bureau. Je le suivis, curieuse de savoir ce qui le mettait en colère. Son bureau était toujours aussi bien rangé malgré les quelques tas de livres en forme d'escaliers pour lui. Il s'assit à son bureau et, à l'aide sa baguette, attira un fauteuil vers moi.

- Prenez place.

J'obéis sans discuter.

- Prenez un bonbon à la menthe.

- Non merci, j'essaie de faire un régime.

Il me balança un bonbon au visage, m'obligeant à le prendre. Je le mis en bouche malgré mon dégoût pour ce genre de trucs.

- Le Professeur Ombrage a écrit que vous vous êtes opposée à elle. Est-ce juste?

- Plus ou moins. Tout dépend du sens au mot "opposée".

- Vous lui auriez manqué de respect en parlant français.

- J'ai parlé français, oui. J'ai été impertinente, oui. Mais pas au point de manquer de respect. A part si parler une autre langue est un manque de respect.

Il hocha la tête.

- Elle a également écrit que vous souhaitez un traitement de faveur.

- Un traitement de faveur? J'ai juste demandé si elle pouvait parler un peu plus lentement! Comme vous ou les autres professeurs!

- Vraiment?

- Oui! Vous me parlez un peu plus lentement qu'avec les autres élèves mais je vous comprends et je peux vous répondre. Avec elle, je n'y arrive pas. Je ne comprends pas ce qu'elle dit, alors pas la peine de tenter de répondre.

Il se contenta de hocher à nouveau la tête.

- J'ai fait une simple demande et elle m'a envoyé au loin en parlant encore plus vite. Comme elle n'a pas fait d'efforts, je ne vois pas pourquoi je devrais me forcer à parler en anglais dans ces conditions.

- Je vois le problème. Je vais lui en parler. En attendant, elle vous a mis en retenue avec elle toute la semaine à partir d'aujourd'hui à cinq heures.

- Supeeer... Le Professeur Snape va adorer me voir sécher mes heures avec lui. ironisai-je à l'extrême.

- Allez, filez à votre prochain cours. Vous direz que je vous ai retenu un peu trop longtemps. Et prenez un autre bonbon pour le chemin.

Je pris un autre bonbon à contre-coeur et sortis du bureau pour me rendre aux cachots. Je toquai à la porte avant d'entrer. Le beau regard noir de Snape se posa sur moi, mécontent de me voir débarquer en retard dans son cours.

- Pardonnez mon retard. Le Professeur Flitwick m'a retenue un peu plus longtemps et prévu.

- Dix points en moins pour votre retard, Miss Menoud. Allez-vous asseoir.

Merci l'accueil.

Je m'installai tout au bout de la première ligne, à côté de Lavande Brown. Tout le monde était concentré sur sa potion. Je jetai un œil sur la potion de ma voisine pour deviner un début de Philtre de Paix. Je sortis mes affaires sans bruit et me mis au travail. J'avais quelques stades de retard mais rien d'insurmontable. Je mis le turbo, connaissant bien la préparation. Je rattrapai rapidement mon retard et me trouvai vite devant la phase d'attente. Brown avait des problèmes et paniqua en voyant que je l'avais dépassée dans la préparation. Snape se promena dans les rangs, jetant un oeil aux mixtures. Il observa la mienne, il manquait juste le dernier ingrédient. Il ne dit rien et commença à critiquer la potion de Lavande. La pauvre.

Dix minutes avant la fin du cours, ma potion fut terminée et de faibles vapeurs argentées s'en dégageaient. J'étais fière de mon résultat malgré que je n'avais absolument rien fait pendant les vacances d'été. Snape nous demanda de lui donner un échantillon de notre potion et de la poser sur son bureau, comme d'habitude. La sonnerie retentit et les Gryffondor furent les premiers à sortir de la salle pour aller manger. Je ramassai mes affaires avant d'aller chez l'enseignant.

- Professeur Snape?

- Qu'y a-t-il Laï?

- Euh, je voulais juste vous prévenir que cette semaine j'ai des heures de retenues à cinq heures.

- Qu'est-ce que tu as fait en si bon début d'année? railla-t-il.

- Je me suis un peu exprimée avec la Ombrage. Et elle a mis en retenue avec elle toute la semaine à partir d'aujourd'hui.

- Exprimée?

- J'ai demandé si elle pouvait parler moins vite mais elle a fait le contraire et j'ai commencé à lui répondre en français.

Il me fixa quelques instants.

- Et c'est pour ça que tu dois passer des retenues avec elle?

Je hochai la tête.

- Cette bonne femme n'a vraiment rien dans le crâne. Le directeur l'avait prévenue de cette "exception".

Parce que j'étais une exception? Fantastique.

- Bref, cette semaine, pas de potions. résumai-je.

Il soupira longuement.

- Sinon, passé de bonnes vacances? demanda-t-il.

- Oui, je les ai passées à la maison comme chaque année.

- Je n'ai jamais eu l'occasion de me rendre en Suisse. On dit que c'est un beau pays.

- C'est le plus beau pays! m'exclamai-je, fière. Après mes études, je vous ferai visiter!

Un rictus naquit sur ses fines lèvres.

- J'attendrai Laï.

Je lui souris en sentant mes joues légèrement rougir sans raison. Mais mon estomac me ramena sur terre. Il se leva et nous marchâmes côte à côte, dans un léger silence.

- Avez-vous fait quelques potions durant les vacances?

- ... Non, je n'ai pas eu le temps entre les amis, les parents et le petit frère qui n'en fait qu'à sa tête.

Je me gardai bien de dire que j'étais partie dans les méandres de l'histoire interdite aux sorciers. Et je ne mentais pas totalement avec ma réponse. Le silence fit à nouveau place entre nous et plusieurs élèves nous dévisagèrent plus ou moins discrètement tout en murmurant entre eux.

- Professeur, j'ai trouvé un vieux livre de potions chez moi.

Il ne dit rien, attendant la suite.

- Et je pensais que ça pourrait vous intéresser de le feuilleter.

- Et pourquoi me dire ça?

- Ben... le livre est en allemand et je ne connais pas tous les ingrédients dans toutes les langues. Malheureusement, je n'ai pas de sort de traduction et je pensais... que je pourrai avoir une idée ce que c'est que ces potions...

Je fuyais son regard, honteuse de faire une telle demande. Moi qui savais l'allemand, me retrouver à faire ça parce que mon vocabulaire anglais était plus large qu'en allemand. Quelle honte. Heureusement que je pouvais compter sur lui pour ne pas piquer un fou rire devant tout le monde.

- Où est passé la grande Laïcifitra Menoud? L'élève qui sait toutes les langues et qui ne sait pas les ingrédients dans sa langue maternelle? railla-t-il bien fort devant quelques élèves de deuxièmes années.

- Rho, c'est bon! Si ça ne vous intéresse pas, dites-le et je trouverai facilement un livre pour traduire les morceaux manquants! m'énervai-je.

- Vous ne comprenez pas l'humour... murmura-t-il.

- Si mais c'est un peu excessif et surtout devant des élèves. Je vous passe le livre à la fin des cours, avant d'aller chez l'autre. Bon appétit.

Je le quittai avant d'entendre un quelconque autre mot de sa bouche et rejoignis ma table pour enfin manger quelque chose.

L'après-midi passait lentement avec les Runes anciennes et l'Histoire de la Magie. Toujours aussi barbant et avec le même discours sur les B.U.S.E. Comme si on n'avait pas encore compris que la cinquième année allait être difficile niveau études. Mais tout ça n'empêchait pas le professeur fantôme d'être aussi dynamique qu'une limace et Babbling, la prof de Runes, de donner un texte de quarante centimètres à traduire pour le prochain cours.

A la fin des cours, j'étais déjà épuisée de cette journée et passer ma soirée avec ce crapaud rose me saoulait légèrement. Pour ne pas dire totalement. Je rentrai dans mon dortoir pendant quelques secondes pour prendre le livre et je ressortis aussi vite dans les couloirs vers les cachots.

Je toquai à la porte du bureau de Snape, puis j'entrai.

- Bonjour, j'apporte le livre avant de filer en salle de Défense.

- Posez-le sur le bureau.

Je remarquai Drago en train de me fixer. Oups, réunion? Je posai et repartis à la vitesse de l'éclair tout en le saluant d'un signe de la main. Il ne me restait plus beaucoup de temps, alors je me mis à courir.

J'arrivai, essoufflée, devant le bureau du crapaud. Je respirai quelques instants avant de toquer.

- Entrez. fit une petite voix fluette bien irritable.

J'entrai et je découvris un monde très bizarre. Des tasses en porcelaine avec des chatons qui te fixaient sur des murs rose bonbon. Le bureau d'Ombrage était recouvert de nappes, des vases avec des fleurs en train de mourir disposés par-ci par-là.

- Bonsoir Miss Menoud. dit-elle.

- Bonsoir.

Elle émit un petit raclement de gorge. Ah oui.

- Bonsoir Professeur Ombrage. repris-je en m'inclinant légèrement.

- Voilà qui est mieux. Asseyez-vous.

Elle m'indiqua une petite table où un parchemin et une plume m'attendait. De la dentelle recouvrait le bois. D'un air perplexe, je pris place. Voilà longtemps qu'on ne m'avait plus fait recopier des lignes en guise de punition. Depuis l'école moldue si mes souvenirs étaient bons. La vieille peau se rapprocha de moi.

- Bien, vous allez copier des lignes.

*Comme si je ne m'étais pas attendue à ça avec le parchemin et la plume noire.*

- Je veux que vous écriviez: Je ne dois pas parler français à Poudlard.

- Quelle originalité. ironisai-je, un sourire narquois sur mon visage.

- Écrivez! m'ordonna-t-elle.

- Mais je n'ai pas d'encre.

- Vous n'en aurez pas besoin. murmura-t-elle, étouffant un petit rire.

Je regardai la plume avant de commencer à écrire. C'était ennuyant au possible! Même faire le ménage avec Rusard était plus amusant, sérieux! J'écrivais sans relâche, ma main gauche soutenant ma tête en signe d'ennui. L'encre était rouge brillant comme du sang. Je ne serais même pas étonnée si j'étais vraiment en train d'écrire avec mon sang. J'entendis des pas arriver vers moi.

- Tout va bien? demanda la prof d'une petite voix fluette.

- Parfaitement bien. murmurai-je en français.

- Puisque que vous le prenez sur ce ton, vous resterez plus longtemps que prévu.

Je haussai vaguement les épaules tout en écrivant. Les heures défilèrent, je commençais à penser à mon tas de devoirs à faire. Je poussai un tout petit soupir. Je sentais venir la nuit blanche juste pour bosser.

Finalement, elle m'ordonna de venir vers elle.

- Votre main.

Ma main? Qu'est-ce qu'elle avait ma main? Je lui tendis la gauche.

- Non, la droite.

Je m'exécutai et fis des yeux ronds en la voyant. J'avais des blessures, des fentes qui formaient les mots que j'avais écrits sur ce fichu parchemin! J'avais bel et bien écris avec mon propre sang! C'était légal, ce genre de punition?!

Mais en réalité, je n'avais rien remarqué de ce changement sur ma peau. Aucune douleur, ni avant ni maintenant. Une petite couleur rouge entourait les plaies mais ce n'était pas grand-chose. Papa m'avait fait subir bien pire que cette petite crotte de Ombrage.

- Je n'ai pas réussi à vous le faire rentrer dans le crâne. Nous n'aurons qu'à recommencer demain soir, n'est-ce pas? Vous pouvez partir.

Je ramassai mon sac et sortis de la pièce sans un mot, fixant ma main gauche d'un air perplexe. Comment avais-je pu ne rien sentir? Tout le monde pouvait sentir toutes les douleurs, même les plus légères. De plus, j'avais du mal à croire que ça c'était une gentille douleur. Le crapaud était venu pour me demande si j'allais bien, sûrement pour voir si je ne faisais pas semblant de ne pas sentir la douleur.

Bref, il était très tard et je devais traverser tout le château pour rejoindre ma tour pour travailler. Hors de question de rentrer dormir avec la tonne sur le dos. J'esquivai facilement Rusard et son chat, connaissant les raccourcis par cœur et je rentrai enfin dans mon nid. Pas un chat, un paisible silence régna dans la salle. Je montai doucement les marches pour rejoindre mon dortoir, entrai comme un ninja pour prendre mes papiers et ressortis travailler dans la salle commune. Sakura, qui était réveillée, me suivit en bas et sauta sur mes genoux pour s'y lover. Je lui donnai quelques caresses avant de m'attaquer aux devoirs de potions, le plus facile. Puis, l'Histoire. Encore une guerre entre des bestioles, apparemment, intelligentes. Pff, c'était encore pire que chez les moldus. Les tout me pris à peu près deux heures à faire et il me restait les Runes. Il était quatre heures et demi du matin lorsque je terminai tous mes devoirs. Je remontai mes affaires dans le dortoir, enlevai quelques vêtements à la va-vite, m'affalai sur mon lit et m'endormis à moitié nue pour deux heures et demi de sommeil avant me devoir me réveiller pour manger.

Le mardi fut plus ou moins pareil que lundi. Les enseignants nous mettaient la pression, nous donnaient une tonne de devoirs à faire et le soir, je devais me rendre chez Ombrage pour ma retenue. Je vis Harry qui s'y dirigeait également.

- Salut Harry. T'as un truc à faire chez Ombrage? demandai-je.

- Salut Laï. Une retenue plutôt. dit-il, de mauvaise humeur.

- Super, tu me tiendras compagnie! Je suis collée pour le reste de la semaine depuis hier.

Il fit des yeux ronds.

- Depuis hier?

Je hochai la tête avant de nous retrouver devant sa porte. Nous entrâmes. Il observait la décoration dégueulasse alors que je me dirigeai vers un bureau, l'autre étant pour Harry. Ils discutèrent de Quidditch. Il était le capitaine de Gryffondor cette année, à ce qu'on m'avait dit et cette chose ne voulait pas le laisser aller à l'entraînement. Un peu plus tard, nous nous mîmes à écrire nos lignes. Toujours la même foutue phrase. J'entendis une exclamation étouffée de sa part, probablement la douleur sur sa main. Nous restâmes impassibles, ignorant au mieux - pour lui - la douleur. Nous nous jetions quelques regards de temps à autre afin de nous soutenir mutuellement alors que les heures défilaient. Enfin, elle nous appela l'un après l'autre pour vérifier l'état de notre blessure. Chez Harry, c'était rouge mais rien de trop grave alors que chez moi, les mots commencèrent à rester, même si c'était difficile à voir pour le moment. Elle nous laissa partir à une heure impossible. Je saluai Harry d'un signe de tête avant de partir vers ma tour, faire mes devoirs.

Une nouvelle journée de cours, une nouvelle journée où je manquais de sommeil à cause du tas de devoirs. Des cours ennuyants et des enseignants qui mettaient la pression. J'adorais cette première semaine de cours et mon seul vœu était d'arriver au week-end. Malgré ces journées, la retenue était encore pire. Je voyais Harry se contenir de crier à la douleur alors que je commençais à la ressentir au bout de la retenue de jeudi, l'avant-dernière. D'ailleurs ce soir-là, Ombrage était heureuse de voir nos messages gravés sur notre main, de minces filets de sang y coulaient le long du poignet. Elle nous laissa sortir de son bureau. Une fois dans le couloir, je ronchonnai.

- Connasse de prof… C'est de la torture ce qu'elle nous fait.

Il ne répondait pas, comme plongé dans ses pensées. Il y était tellement plongé qu'il ne me salua pas avant de partir dans une autre direction. Moi, j'hésitai à descendre aux cachots me soigner juste pour l'énerver. A la réflexion, non. Je le ferais quand la série de retenues serait terminée. Et Snape devait dormir à cette heure-ci. Je rentrai, esquivant Peeves de justesse en me cachant derrière une armure. Il passa devant moi, ricanant sur un quelconque plan sur le chemin de la Volière. Fallait éviter de s'y diriger ces prochains jours. Une fois disparu, je marchai sur la pointe des pieds le plus vite possible, espérant ne pas le voir débarquer juste devant moi et prévenir Rusard ou Ombrage.

Vendredi, dernier jour de la semaine. J'étais complètement morte de fatigue et le temps maussade n'aidait en rien à me tenir éveillée. Je n'arrivais pas à boire ma tasse sans en mettre partout sur moi sauf dans ma bouche.

- Tu devrais aller dormir au lieu de travailler jusqu'à pas d'heure. Sermonna Terry, inquiet.

- Les retenues sont si dures que ça ? demanda Padma.

- Non, juste des lignes à recopier. Mais pendant des heures. Je ne rentre pas avant minuit minimum.

- Bon, ça pourrait être pire. Dit Anthony.

S'ils savaient. Mais je n'avais pas envie de leur ficher la trouille ou pire, une révolte si je montrais l'état de ma main. Du coup, à tous les cours, j'étais toujours assise tout à droite de la salle, comme ça, personne ne pouvait bien ma cicatrice en forme de : « Je ne dois pas parler français à Poudlard. ». En plus, je finissais la semaine par Ombrage comme je la commençais avec elle. On allait adorer cette année moi et mes camarades de maison.

- Au fait, on ne fera vraiment pas de pratique ? J'avais pas compris sa réponse, lundi. demandai-je tout bas à Mandy, ma voisine.

- Non, la première pratique sera à l'examen en fin d'année.

- Mais elle est conne…

- Silence derrière ! fit la petite voix stridente d'Ombrage en me fixant avec des yeux globuleux.

La semaine s'acheva enfin ! Mouais, presque. Encore une retenue. Je rejoignis Harry peu avant cinq heures devant le bureau de la prof et nous entrâmes. J'en avais marre de voir ces bureaux et ces parchemins vides. Harry se mit au bureau le proche de la fenêtre et moi à celui près du mur. On écrivait, notre plaie s'ouvrait et on saignait. Plus on écrivait, plus notre parchemin ressemblait à un papier ensanglanté. J'avais mal, oui, mais j'avais connu pire. Cette fois-ci, elle nous lâcha plus tôt, un énorme sourire sadique sur ses lèvres. En particulier à Harry. Il avait grimacé et violemment réagi lorsqu'elle avait pris sa main en sang entre ses doigts. Je restai stoïque devant son contrôle de ma main.

- Vous êtes plus tenace que je ne le pensais mais je pense que je me suis fait comprendre, Miss Menoud. Vous pouvez partir.

Je ramassai mon sac et partis le plus vite possible de cette pièce de malheur. Direction le bureau de Snape, surtout ses appartements. Je devais me soigner. Je laissai une trace de sang sur tout le chemin, peu visible mais présente. Tant pis, les elfes nettoieront. Je toquai, personne ne me répondit. J'entrai et fermai la porte, cherchant le Dictame des yeux. Je le vis mais avant de l'utiliser, autant montrer à Snape que j'en avais besoin. J'activai le passage et j'entrai sans grande politesse dans le salon de l'enseignant. Il était assis dans le fauteuil et lisait un livre.

- Laï ? On ne t'a jamais appris à frapper ?

- Si mais là n'est pas la question. Je peux utiliser le Dictame dans votre bureau s'il vous plait ?

Il parut surpris, se leva de son fauteuil et s'approcha de moi.

- C'est quoi ces gouttes qui coulent de ta main ? Du sang ? demanda-t-il.

Je ne répondis pas. A la place, je lui tendis ma main ensanglantée. La plaie était rouge vive et une quinzaine de filets de sang s'échappèrent par-ci et par-là. Il écarquilla les yeux.

- Qui t'a fait ça ? murmura-t-il, prenant doucement ma main dans les siennes, lisant la phrase.

- Ombrage…

Je sentis immédiatement la colère l'envahir. Il n'aimait pas que quelqu'un me fasse du mal. Et Ombrage devait être la première sur la liste des gens qu'il voulait loin de moi. Non, deuxième s'il savait pour papa.

- J'ai ce qu'il faut ici, assied-toi sur le canapé et enlève ton manteau.

J'obéis sans broncher. En enlevant mon manteau, je vis que ma chemise était imprégnée de sang. Je relevai le manche sanguinolent et attendis. Il revint vite avec un flacon et une pipette. Il s'assit à côté de moi et me soigna. L'affaire lui prit très peu de temps et la plaie disparut. Il ne restait que de vagues traces.

- Elles disparaîtront d'ici quelques jours.

- Merci…

Instinctivement, je me collai contre lui, souhaitant sa présence et rien d'autre que sa présence. Mon cœur battait fort mais le sien ne battait pas à la même vitesse. Il était plutôt lent. Je levai les yeux vers son visage pour rencontrer ses iris noirs. Je sentis ses bras se poser le long de mon dos, une main sur ma tête et l'autre au bas de mon dos. Nous restâmes un moment dans cette position, jusqu'à ce que je me sentis un peu à l'étroit.

- J'ai terminé ton livre. Il est très intéressant mais certaines des potions inscrites sont interdites.

Je le regardai, à peine étonnée. Ce livre datait de peu avant 1940, alors pas très choquant d'entendre que certaines choses avaient changées. Il me lâche et se leva pour prendre le dit livre.

- Euh, on peut regarder ça demain ? Je suis fatiguée…

- D'accord. Le couvre-feu est déjà passé, reste ici.

Je hochai la tête avant de commencer à préparer les coussins du canapé lorsqu'il m'obligea à me lever. Il me traîna dans la salle de bain où un pyjama était posé sur le rebord du robinet.

- Mets ça pour cette nuit. Je toquerai dans quelques minutes.

Il me laissa seule dans sa salle de bain. J'enlevai mes vêtements et regardai le pyjama. Une robe de nuit noire avec des manches courtes. Zut. Les marques allaient être apparentes. Tant pis, on inventera une excuse bidon. Ou avec un peu de chance, il ne verrait rien.

- Tu t'es changée ?

Je mis la robe de nuit en vitesse avant de répondre un faible oui. Il ouvrit légèrement la porte et tendit une brosse à dent neuve.

- Tiens.

- Merci. dis-je en la prenant.

Il referma la porte et je me brossai vite les dents. Mes marques sur les bras et sur les jambes n'étaient vraiment pas discrètes. Pff, heureusement que la pire était sur l'abdomen. Je sortis de la salle de bain, mon uniforme cachant un peu mes coupures sur les bras.

Bien qu'il souhaitait que je dorme ici, je ne comprenais pas vraiment où j'allais exactement dormir. Pas dans son lit quand même ?!

- Installe-toi dans mon lit.

" Oje, oje… " (Ouh la, ouh la) *

J'obéis sans réfléchir et me coucha du côté le plus éloigné de la salle de bain. Je l'entends arriver et se coucher juste à côté de moi. Je devais rêver. Un truc aussi… aussi…. Je n'arrivais même pas à définir cette action. Certes, il n'était déjà arrivé de me retrouver dans son lit mais c'était pour une raison dont je ne me souvenais plus. Je paniquai. Quelle situation embarrassante ! Même si, au fond, mon cœur s'emballait de bonheur. Je me tournai légèrement vers lui, pensant qu'il s'était endormi.

Pff, il me fixait intensément. Je rougis fortement en me tournant définitivement vers lui, attirée par ce regard, ne montrant aucune émotion.

- Bonne nuit… murmurai-je.

Ses yeux s'adoucirent.

- Bonne nuit. murmura-t-il à son tour.

Je fermai les yeux, voulant plonger dans mon sommeil. Je sentis quelque chose m'entourer et une odeur de parchemin envahit mes narines. Là, je trouvai mon sommeil.


* A prononcer "Oyé" comme au Moyen-Age :)

J'espère que le chapitre vous ait plu et laissez une review! Une review = un encouragement!