Bonjour tout le monde ! J'espère que vous avez passé un agréable weekend. En ce qui me concerne je n'ai pas mis le pied dehors.
*mode hermite*
Hellehaare : Disons la vérité. On aimerait tous être à la place d'Harry. Juste pour les Potter et pour avoir Draco dans son lit u_u.
Chochocolat : Haha ça fait vraiment beaucoup d'amour en effet. Bon je ne crois pas que ça soit très judicieux que Draco voit cette photot mais je promet des rebondissements ouaai ! Oui mais regarde le premier ami qu'Harry invie : c'est Draco. Si c'est pas magnifique ça ! Ouai j'avoue que Ginny est chic comme fille u_u. Mais uniquement quand elle est pas avec Harry. Draco et Hermione se comporte exactement comme Ron et Hermione envers Harry haha. Enfin…BIEN SUR QU'ILS VONT FAIRE DES BB ! et c'est Harry qui aura un ventre tout rond XD ! Je plaisante, je ne joue pas dans la catégorie mpreg mais…j'aime bien l'idée.
May : Haha oui, ça peut choquer. Mais je n'en ai jamais lu et globalement ça ne m'interesse pas:/. Si en plus tu me dis que certaines sont abandonnée en cours de route. Je préfère le post Poudlard, avec Harry et Draco dans la trentaine courant après leurs vies. Après si j'ai écris une histoire de retour dans le temps c'était sûrement pour pouvoir en lire une qui me conviendrait XD (on est jamais mieux servis que par soi même). En même temps Harry est mort avant de pouvoir s'approcher de Draco…ouch dis comme ça c'est plutôt triste ! Merci à toi, j'espère que ce chapitre répondra à tes questions :p !
Aussidagility : « Y'a plus qu'a », comme on dit XD.
Ewi : On ne surestime pas assez Ginny en amie compréhensive. Enfin moi je ne le faisais pas. Ce qui est cool avec Ginny c'est qu'elle peut vraiment faire tout les roles, de la diabolique sorcière à la douce amie supportive en passant par la fourbe gryffondor. Mais…ils sont déjà dans la même maison…Serpentard ! Je m'arrête avec mes blagues nulles.
Je ne bavasse pas plus, je vous laissez avec ce chapitre corrigé par…vous savez qui. Et non je ne parle pas de Voldemort mais bien de Titou Douh u_u.
.
ALORS DIS LA VERITE
«Je ne sais pas comment te faire de l'effet sereinement
Toi tu fais comme si les mecs se comportaient sereinement »
Sereinement. Booste
.
- Ils sont quoi ?
- Ensemble. En couple. Ils s'aiment. Ils copulent. Ils…
- J'ai compris, j'ai compris, mais… Et toi, tu…
- Vis chez eux, oui… BINGO !
Louve donna un coup de hanche dans le flipper avec un sourire victorieux au moment où trois sept s'alignaient sur le cadran du dessus. Draco tourna la tête pour chercher Harry des yeux mais ce dernier était encore en train de tenter d'attraper une peluche difforme pour Charles et Tabitha. Louve ramassa les pièces qui tombaient dans un fracas déplaisant.
Cela faisait quatre jours maintenant qu'il était chez les Potter.
Quatre jours où il avait découvert des choses incongrues. Celle qui l'était le plus était la relation qu'entretenaient Severus Rogue et Sirius Black. Draco en était resté bouche-bée en les voyant si proches. Il n'y avait pas eu de baiser ou de mains tenues. Ils étaient juste… Proches.
Alors Draco avait posé la question fatidique à Louve, après que cette dernière eut décidé de les trainer dans une salle d'arcade.
- Depuis quand ?
- Depuis quand quoi ?
- Depuis quand sont-ils ensemble ?
Louve se redressa et le regarda de bas en haut.
- C'est ta seule question ?
- Quelle autre question veux-tu que je pose ?
- Je ne sais pas…
- Tu t'attendais à ce que je fasse une remarque déplacée sur leurs penchants contre-nature !? ironisa Draco.
Sa réplique fit mouche. Louve le fusilla du regard et ça le soulagea énormément.
- Tu aurais pu... Après tout, tu es un sang-pur et le seul héritier de ta famille. Aux dernières nouvelles, les hommes ne font pas de bébé. Ça rentre dans la « préservation du sang sorcier ».
- Fred Weasley aime les hommes, ce n'est un secret pour personne. Si ça me préoccupait vraiment de choisir mes amis en fonction de leurs goût, je ne passerais pas du temps avec lui. Et puis…
- Et puis quoi ?
Draco se mordit la langue et secoua la tête. Avouer à Louve qu'il ressentait probablement quelque chose d'ambigüe pour son frère de cœur était contre productif et jusqu'à preuve du contraire, Harry et Ginny étaient toujours ensemble, même s'il trouvait étrange qu'Harry n'ait pas prévu de passer un peu de temps en sa compagnie.
- Ils sont ensemble depuis Poudlard. Ils se détestaient avant, tu sais ? Il y avait une sorte de guerre entre Gryffondor et Serpentard. Sirius a failli faire de mon père un assassin en envoyant Severus chasser le loup-garou.
- C'est une blague !? s'offusqua Draco.
Louve papillonna des yeux et se mit à rire.
- Harry te dit tout ou quoi ?
Draco préféra ne pas la contredire et lui dire que c'était Pansy qui avait avoué à Draco que le père de Louve, Remus Lupin, était un loup-garou et non Harry.
Il se sentit tout de suite mal à l'aise. Harry, en vérité, ne lui disait pas tout et il déplorait ça.
- Enfin… James Potter a tendu un piège à mon père et tout est rentré dans l'ordre quand mon parrain a bravé quelques lois pour ramener une potion qui le rendrait docile le temps des pleines lunes.
- C'est un truc de Potter de sauver tout le monde ?
- Apparemment, fit tristement Louve.
- Ouah ! Louve, t'as gagné tout ça !? Regarde ce qu'Harry m'a eu !
Tabitah leva vers elle une peluche rose bonbon avec des dents en tissus pointues.
- C'est, hum… Adorable, tenta Louve.
Elle jeta un regard alarmé à Harry qui rigola doucement.
- Et toi, Charles ? demanda Draco.
- Une tortue !
- Bon, on a assez joué, je vais échanger mes points contre des billets pour le bowling ! Et Nolan va manger la poussière, cette fois-ci ! pesta Louve.
Draco leva les yeux au ciel mais il sourit. Il n'avait jamais constaté la compétition qui se jouait parfois entre Louve et Nolan mais il découvrait que les élèves qu'il fréquentait à Poudlard étaient loin de l'image qu'ils offraient une fois dans le confort de leur famille. Louve, par exemple, portait des tenues improbables, des T-shirt et des jeans déchirés, supportant des groupes de musiques obscurs qu'elle s'entêtait à leur faire écouter. Et la couleur de ses cheveux restait un vrai mystère.
- Tiens.
Draco tourna la tête vers Harry. Ce dernier lui tendait une peluche : une boule planche et touffue ressemblant à un renard.
- En quel honneur ?
- C'est ton alter ego pelucheux.
Draco prit la bestiole et lança un regard noir à Harry qui le devança en riant. Harry ne lui disait pas tout mais ça n'empêchait pas Draco de l'aimer.
Bien sûr, ce soir-là, Nolan gagna au bowling.
OooooooooooooOooooooooooooO
Draco entoura sa nuque de son écharpe aux couleurs de Serpentard. A coté de lui, Harry fit pareil et ajouta à sa tenue des gants en peau de dragon. Debout dans le jardin couvert de neige des Potter en compagnie de Louve, Nolan, Sirius, Severus et Lily, ils regardaient tous James Potter sortir deux énormes tapis de la cabane du jardin, puis enfin un troisième.
- Hop, Hop ! On se réveille Agrabah, Apu et Rajah ! Debout !
Sous le regard ahuri de Draco, les trois tapis se déroulèrent paresseusement, étendant leurs tissus aux couleurs chaudes et chatoyantes.
- Ce sont des tapis volants !? Mais c'est interdit !
- Grossière erreur, grogna James. Ils autorisent les voitures volantes mais refusent toujours les tapis. C'est du racisme !
- Non, c'est juste que le Ministère a totalement oublié de rayer cette loi. Et tu es en infraction avec ta voiture, James. Tu ne l'as pas déclarée.
- On en parle, de ta moto ?
Sirius renifla mais ne répondit rien.
- Bon, qui monte ?
- Moi ! cria Louve.
- Moi ! fit Harry sur le même ton.
Louve et Harry se précipitèrent sur un tapis chacun. Draco suivit et avança vers celui que le brun avait choisi.
- Tu vas pouvoir le gérer ? demanda James à son fils.
- Il m'aime déjà, non ?
Et c'était vrai : le tapis caressait le menton d'Harry avec ses pompoms. Son ami posa un pied dessus et l'aisance avec laquelle il se retrouva debout subjugua Draco.
- Tu dois être une créature du ciel, marmonna Draco.
- Quoi ?
- Rien, pousse-toi.
Draco posa un genou prudent sur le tapis. Derrière lui, Louve avait attrapé les bras de Nolan pour l'aider à monter.
- Severus ? Lily ?
- Loin de moi cette affreuse monture, Potter, grinça Rogue.
- Tu sais que ça me rend malade, ajouta Lily.
James leva les yeux au ciel. Sirius s'était déjà installé, s'allongeant sur Agrabah en croisant les bras sous sa tête. Draco avait croisé les jambes et Harry se tenait toujours debout derrière lui. Louve aussi était debout. Quant à Nolan, ce dernier s'était agenouillé au centre d'Apu et enfonçait son bonnet sur sa tête.
James passa devant chaque tapis et y déposa une lanterne qu'il alluma sans attendre puis grimpa à son tour sur le même tapis que Sirius.
- Hop Hop !
Draco sentit son estomac remuer étrangement quand le tapis s'envola. Il entendit un son de contentement s'échapper des lèvres d'Harry et osa tourner la tête. Le brun était droit, les mains enfoncées dans les poches de sa veste en cuir. Ce soir-là, il ressemblait à une version jeune de Sirius Black. Louve portait aussi une veste similaire avec un nom étrange inscrit au dos.
Honnêtement, le Serpentard ne savait pas quoi penser de ses vêtements mais il aimait le style d'Harry. Il l'aimait d'autant plus quand il pensait à ses pyjamas et ses boxers aux dessins extravagants.
- Potter ! On fait la course !?
- Tu vas manger de la poudreuse, Lupin, je te préviens !
- Non ! cria Nolan. Pas de course ! Pas de….
Mais sa voix mourut au moment où Louve se pencha en avant, donnant un coup de fouet à son tapis volant. Draco retint un cri peu viril et fut envoyé en arrière quand Harry appuya d'un pied sur le tapis. Son dos se cogna contre les jambes d'Harry et le brun attrapa son épaule en riant.
- Ça va ?
Le blond fut incapable de répondre. Les yeux d'Harry brillaient tellement, c'en était hallucinant. Ses doigts se pressèrent sur son épaule.
- Regarde ! cria Harry.
Draco se détacha du visage du brun pour voir ce qu'il montrait : le ciel noir piqué de ses étoiles lumineuses, la voix lactée traçant un chemin de brume blanche au dessus d'eux. Le vent s'engouffrait à une vitesse folle dans ses cheveux. Il ne craignait plus rien.
Il en avait la tête qui tournait, les sensations étaient différentes de celles procurées par un balai. La main d'Harry était toujours là et le brun menait le tapis comme s'il avait fait ça toute sa vie.
Draco se dégagea et se pencha pour regarder par-dessus le tissu. De la neige et des arbres à pertes de vue mais aussi des maisons, des villages, des lumières oranges, rouges et blanches.
- La rivière ! cria Louve.
- Compris ! répondit Harry avec un rire dans la voix.
Draco se fit plaquer contre le transport et attrapa les bords du tapis avec ses doigts. Harry les faisait descendre à une vitesse fulgurante ; à coté, Louve et James faisaient pareil.
Très vite, ils se retrouvèrent juste au dessus du torrent d'eau. Le bruit éclatait contre ses oreilles. L'eau noire reflétait par moment la clarté de la lune. Ils allaient aussi vite que l'onde, descendant les rapides de la rivière avec une dextérité incroyable.
- Ce rêve bleuuuu ! hurla Louve.
- C'est un nouveau monde en couleurs ! chanta Harry à sa suite.
- Où personne ne nous dit, c'est interdit ! cingla la voix de Sirius
- De croire encore au bonheuuuur ! crièrent Nolan et James.
Draco était abasourdi. Il se tourna pour regarder Harry qui avait écarté les bras. Le tapis donna une impulsion et remonta haut dans le ciel, puis le brun lui fit un clin d'œil et se laissa tomber dans le vide.
- HARRY ! hurla Draco.
Le blond se jeta sur le bord pour voir qu'en dessous Harry était tombé sur le tapis de Sirius et James. Ils riaient aux éclats.
S'enchaîna alors un ballet affolant. Les tapis passant les uns en dessous des autres et Harry, son père et Sirius trouvant le moyen de se laisser tomber, se jetant dans le vide, sautillant comme des êtres dominant le vent, jusqu'à ce qu'Harry revienne vers lui et lui prenne les mains pour l'aider se lever.
- Tu es fou ! cracha-t-il.
- Saute avec moi !
- Ne raconte pas de bêtise ! s'alarma Draco.
Harry recula sur le bord du tapis pour l'entrainer avec lui. Il posa ses mains sur ses épaules et se laissa tomber en arrière. Draco attrapa son col avec une force inouïe mais le tapis avança sans eux, les faisant plonger dans le vide des landes Anglaises.
A ce moment-là, Draco ne vit pas les terres se rapprocher. Il ne voyait que le visage d'Harry. Ils savaient qu'ils auraient du chuter plus vite, mais ils flottaient.
- Comment…
Draco leva la tête pour voir le décor descendre lentement. Durant un infime instant, il se sentait libre. Rien n'existait à part lui et Harry. Draco referma sa poigne sur le col d'Harry et le brun serra ses bras.
Oh, comme il avait envie d'effacer ce petit sourire satisfait des lèvres du brun ! De l'effacer avec ses propres lèvres... Mais il eut juste le temps de voir le tapis revenir en dessous d'Harry et ils atterrirent tous les deux dessus en un « mph » étouffé. Draco et Harry se retrouvèrent allongés sur ce dernier, côte à côte. Au dessus d'eux, ils entendirent l'éclat de rire de Louve et les deus autres tapis s'éloigner rapidement. Celui d'Harry et Draco avait pris un rythme de croisière normal.
Harry passa ses mains sous sa tête et Draco fixa le ciel avec intensité.
- C'est… De la folie.
- C'est génial ! s'amusa Harry.
- Harry… commença Draco.
- Mh, fit le brun.
- Qui sont… Cornedrue, Patmol et Lunard ?
- Je croyais que tu avais deviné…
Draco se redressa sur ses coudes pour observer Harry. Le brun avait un petit sourire satisfait sur sa jolie bouche.
- Lunard… C'est le père de Louve, n'est-ce pas ? C'est pour ça que le bar de ton père s'appelle comme ça.
- Tu vois, quand tu veux.
- Tu as décidé de ne pas me faciliter la tâche, grogna Draco.
- Qu'est ce que tu veux savoir ?
- Tout, répliqua t-il d'un ton doct.
- D'accord, s'amusa Harry. Je vais te raconter la fameuse histoire des Maraudeurs et ça commence… Dans le Poudlard Express.
Draco écouta Harry parler.
Il parla de Sirius Black et de la fierté de sa famille. De Sirius Black et de la déception qu'il était pour cette même famille. Il parla de James Potter, de son courage, de ses bêtises. Il parla de Remus Lupin, de sa douceur et son espièglerie. Il parla de Peter… Il en parla peu.
Tout ce qu'Harry lui dit ce soir là, Draco ne pouvait pas savoir que c'était ce qu'il avait appris d'une autre vie. Harry ne savait pas non plus qu'il aurait du savoir bien plus de choses encore.
Harry ne savait pas qu'il avait bien plus d'histoires à raconter sur les Maraudeurs que ce que Louve lui avait dit, que ce que ses parents ramenaient parfois lors des repas en anecdotes amusantes. Il ne savait pas, mais Adams savait.
Et ces souvenirs là étaient perdus.
Alors Draco écouta Harry lui parler de James, Sirius, Remus et Peter parcourant les rues de Pré-au-Lard sous des formes animales. Et de tout ce qu'il savait d'eux dans cette vie là.
Le blond ne demanda rien sur Severus et Sirius. Il était déjà comblé par les évènements de cette soirée et rien au monde n'aurait pu lui faire autant de bien.
Il ferait ce qu'il fallait pour qu'Harry n'ait confiance qu'en lui. Un jour alors, peut-être, il finirait par tout savoir sur Harry Potter. Draco ne demandait que ça… Sans savoir que cette demande amènerait bien plus de douleur qu'il ne l'aurait cru.
A ce moment-là, il n'en savait rien du tout.
OooooooooooooOooooooooooooO
Il se demandait juste comment sa vie allait reprendre après ça.
Comment pourrait-il se réveiller à Poudlard seul dans son lit avec la respiration lointaine d'Harry ?
Comment pourrait-il reprendre une vie routinière ? Prendre son petit déjeuner dans la salle commune sans les discours sans queue ni tête de Charles et Tabitah, sans les disputes d'Harry et Nolan et les soupirs exaspérés de Louve ? Sans les blagues de James Potter et ses idées farfelues pour avoir rendu ces vacances extraordinaires ?
Le tapis volant, le voyage en traineau conduit par des rennes volant dont l'un d'eux, du nom de Rudolph, éclairait le brouillard, leurs promenades au dessus du village de BellTown, un village sorcier vivant les fêtes moldues, le vin chaud, le lait de poule, le pain d'épice, la grande roue... Toutes ces choses que Draco n'avait jamais pris le temps d'apprécier. Non pas qu'il s'ennuyait avec ses parents ou que sa vie d'avant n'avait aucun goût : il savait s'amuser, il savait rire. Il savait ne pas s'ennuyer.
Mais entrer dans la vie d'Harry ou laisser Harry entrer dans la sienne avait donné un sens au reste.
Il avait la sensation que rien ne serait pareil après ça. Les couleurs étaient plus chaudes, le vent plus doux. Le bruit du feu crépitant dans la cheminée était délicieux. Les draps dans lesquels il dormait étaient plus réconfortant.
Il savait précisément ce qui lui arrivait, pourquoi tout avait l'air d'avoir meilleur goût : ça, il ne le devait qu'à la présence d'Harry.
C'était une douce torture de rester à ses cotés sans pouvoir le toucher comme il en avait envie et pourtant, il était le centre de ses attentions : Harry ne lui laissait pas le temps de s'ennuyer ou de se poser des questions sur la nature complexe de ses sentiments. Il y avait toujours quelques choses à faire et sa bonne humeur était communicative.
Il n'y avait que le matin, quand la lumière blanche du ciel venait éclairer la chambre d'Harry, que Draco essayait de mesurer la chance qu'il avait.
Et ce matin-là ne fit pas exception.
Il se redressa, papillonna des yeux et fit ce qu'il faisait tous les matins : observer Harry dormir. Le brun était tourné vers lui, dormant dans sa position habituelle, la respiration lourde et tranquille. Draco amena sa main vers le visage d'Harry et caressa du bout des doigts la tempe du brun avant de descendre sa main sur son épaule et le secouer doucement.
- Harry…
- Mmh.
- Harry, debout… C'est Noël.
Harry ouvrit les yeux brusquement. Et il eut bien fait de le faire : son prénom fut crié à travers la porte.
- HARRY ! LES CADEAUX !
Le brun se redressa d'un coup, se jeta hors du lit et Draco le regarda faire, amusé.
Son pyjama blanc avec des têtes de loups cachait à peine son ventre plat et Draco s'en voulut d'avoir les idées mal placées si tôt.
- Ne reste pas planté là, Draco, debout !
- Tu serais encore en train de ronfler si je ne t'avais pas réveillé, pesta le blond.
- Je ne ronfle pas ! s'indigna Harry.
- Tu ne t'entends pas, voilà tout.
Draco abandonna le lit et Harry, choqué au plus haut point, pour la salle de bain.
Le salon était déjà envahi par l'énorme sapin qu'ils avaient décoré tous ensemble. La tante d'Harry, Pétunia, déposait déjà des biscuits en forme de cerf sur la table qui croulait sous d'autres victuailles.
Nolan, Tabitah et Charles y étaient assis.
- Bonjour, Draco.
- Bonjour, Lily.
- Salut Draco, minauda Tabitah avec des étoiles dans les yeux.
Le blond était presque sûr qu'il avait tapé dans l'œil de l'enfant. Le bruit étouffé de la cheminée indiqua l'arrivé d'autres convives.
- Salut, blondinet, fit Louve.
- Le genre de surnom que tu es mal placée pour me donner, rétorqua Draco.
Louve portait un pull de noël rouge sur lequel était cousu un loup hurlant à la lune, la couleur du pull jurant avec ses cheveux bleu électrique.
- Bouge, gamine, tu bloques le passage, rigola Sirius.
Draco remarqua qu'il portait le même pull ridicule sauf qu'au lieu d'un loup, c'était le visage d'un chiot au nez rouge. Draco craignit le pire en voyant apparaître Severus Rogue mais ce dernier portait un pull de noël bien plus sobre : vert et argent avec comme motif trois petits chiots noirs.
Si ça ce n'était pas affreusement romantique, Draco ne savait plus quoi penser.
- On peut ouvrir les cadeaux, maintenant ?
- Patience fils, intervint James.
Ici, c'était la totale : pull jaune, avec un lion portant un bonnet de noël. Draco faillit s'étouffer devant le mauvais goût affligeant de James Potter mais ne fit aucune remarque... Jusqu'à ce qu'Harry se présente.
Il fut alors de très mauvaise foi. La laine de couleur noir représentait un dragon argenté dont les traits grossiers le rendaient inoffensif ; au-dessus était inscrit « Groar Noël ».
C'était ridicule. Mais Draco fut incapable de le trouver hideux. Harry avait mis ses lunettes, ses cheveux noirs encore humides de sa douche retombaient en boucles désordonnées sur son visage et le pantalon vert qu'il portait mettait en avant la minceur de ses jambes.
Et le sourire qu'il affichait était diablement excitant.
- Ne reste pas planté là, gamin, le poussa Sirius.
- C'est quoi cette manie d'appeler tout le monde gamin !? gronda Pétunia. N'est-ce pas ton élève ?
- Hors des murs de Poudlard… Non. Bon, ces cadeaux !?
- Hey, fit Harry en courant vers la porte du jardin.
- Et voilà..., soupira Louve. Attends-toi à ne plus exister dans cinq, quatre, trois, deux…
- Regulus est là ! s'exclama Harry.
Draco jeta un regard perplexe à Louve.
C'était une question qu'il s'était posée, s'il allait croiser Regulus Black. Durant les dix jours qu'il avait passé chez les Potter, il ne l'avait pas croisé une seule fois. Maintenant qu'il l'avait sous les yeux, il se rendait compte qu'il n'avait pas été aussi pressé de le voir que ce qu'il avait cru.
Le brun pénétra dans la maison et, avant même de retirer son manteau, serra brièvement Harry contre lui.
Draco se sentit renvoyé des mois en arrière, durant la Coupe du Monde de Quidditch. Il y avait quelque chose d'étrange dans la manière de Regulus de regarder Harry : un regard d'une telle douceur que s'en était presque douloureux. Draco cligna plusieurs fois des yeux avant de s'adresser à Louve.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Tu ne feras pas le poids contre Regulus.
Le commentaire le fit grogner mais Draco savait aussi se faire voir quand il le fallait. C'était peut-être vrai qu'Harry et Regulus avaient l'air d'avoir oublié tout le monde dans la pièce. Mais ça ne voulait rien dire. Ils étaient juste très proches.
Regulus capta immédiatement son regard.
- Bonjour, Draco. C'est un plaisir de t'avoir avec nous, j'espère que tu apprécies ton séjour.
- Plus que de raison, répondit sobrement Draco.
- Tu restes combien de temps ? demanda Harry.
- Jusqu'au jour de l'an., mais je logerai chez Sirius : j'ai cru comprendre qu'une autre invité allait vous rejoindre.
- Oui, Hermione arrive demain.
- Harry, trésor, vient m'aider !
- J'arrive, maman !
Harry laissa Draco et Regulus seuls. Le brun se débarrassa de son lourd manteau et des cadeaux qu'il avait apportés. Le blond constata qu'il portait lui aussi un pull affreux, avec une chimère dessus.
- Je ne pensais pas que tes parents accepteraient de te laisser ici toutes les vacances.
- Pourquoi ça ?
- Je me souviens de Narcissa lorsque tu étais enfant : elle avait refusé de te laisser chez ta tante Andromeda plus d'une semaine… Enfin, je suppose que les Potter ont une place particulière dans le cœur de ta mère.
- Quel genre de place ?
Regulus lui fit un sourire énigmatique puis il tira légèrement sur le collier de Draco.
- Du genre irremplaçable.
Draco récupéra son collier en fronçant les sourcils.
- C'est une manie, chez les Black, de parler avec autant de mystère ?
- Il n'y a rien de mystérieux dans ce que je dis. Tes parents ont raison de faire confiance aux Potter.
- Pourquoi mes parents craignent pour ma vie ?
- Ils ont raison de le faire.
Draco leva les yeux au ciel.
- Est-ce que c'est ce dont vous et Harry parlez, le plus souvent ? Du danger constant qui m'entoure ?
Regulus haussa un sourcil étonné.
- Harry m'a dit que vous lui avez fait part de votre inquiétude à mon propos lors du Tournoi.
Le brun ouvrit la bouche, abasourdi, et tourna la tête vers Harry et en fit de même : ce dernier tentait vainement d'éloigner Apophis des petits sablés.
- Je n'étais probablement pas le plus inquiet, finit-il par dire.
Draco aurait aimé comprendre le sens profond de cette phrase mais Regulus fut rapidement alpagué par le reste de sa famille.
Au final, le petit déjeuner se passa dans un mélange sonore de rires, de cris, de sifflements sournois et d'éclats de voix qui montèrent crescendo quand on annonça l'ouverture des cadeaux.
Charles et Tabitah se jetèrent sur les leurs sans attendre, tout ça sous les remontrances de Nolan.
Draco les regarda faire avec envie.
Louve hurla de joie en ouvrant le sien : une guitare électrique et des clefs.
- Des clefs ? demanda Draco.
Harry se renfrogna.
- Elle vient d'obtenir la moto de Sirius.
Louve sauta de joie et sauta au cou de Sirius.
- Remercie plutôt Severus.
Draco fut abasourdi en voyant la jeune fille plaquer deux baisers sur les joues de Severus Rogue.
Nolan, lui, avait reçu des cadeaux de nature plus pratique, ce qui était tout à son image : de nouvelles chaussures et un trench coat bleu Prusse qui lui allaient vraiment bien, des boucles d'oreilles en forme de rose et une montre à gousset gravée à son nom.
- Hey, dit-il. C'est d'Hermione !
Il ouvrit un paquet dans lequel se trouvaient des boutons de manchettes serties de pierres ambrées, accompagnés d'un joli nœud papillon de la même couleur que la veste qu'il venait de recevoir.
Draco vit du coin de l'œil Louve et Harry se faire un clin d'œil.
- Ouvre les tiens, Harry chéri, fit Pétunia.
Harry ne se fit pas prier. Il avisa le premier paquet qui s'avéra être un manteau du même acabit que celui de Nolan mais d'une couleur vert sombre. Les deux garçons l'enfilèrent en même temps et plaisantèrent sur leur ressemblance. Draco aurait presque pu croire à deux frères si l'un n'était pas blond comme les blés et l'autre beaucoup trop brun.
Harry continua à ouvrir ses paquets. Il trouva de nouvelle paire de boucle d'oreille en forme d'œil d'Horus et s'empressa de les mettre.
- Merci, Louve !
- De rien, gloussa t-elle.
La suite fut tout aussi plaisante. Il avait lui aussi reçu un cadeau d'Hermione : un coffret de poudre magique et de craie faites de différentes matières.
- Comment est-ce qu'elle à trouvé ça ? murmura Harry.
- Tiens, fit Regulus. Celui-ci est de Luna et de moi, tu pourras y répertorier tous tes cercles. Bien sûr, il ne sera consultable que par toi.
Harry trouva un petit carnet en cuir noir dont la couverture avait été gravée d'une chimère aux traits argentés.
- Dans ce cas, tu peux ouvrir le mien.
Draco, qui avait vu Harry prendre un jour entier pour travailler sur le cadeau de Regulus, n'avait pas eu le loisir de voir le projet final parce que le brun l'avait envoyé en urgence à Hagrid. A présent, il allait enfin voir ce qu'Harry savait faire.
Regulus déballa soigneusement son cadeau et montra ce qu'il en était.
C'était un serpent, enroulé autour d'une baguette qui tenait debout. Draco reconnut la baguette d'Harry et le serpent qui devait sûrement être Lord. L'animal glissait et roulait autour de la baguette, ses yeux verts scintillant intensément.
- Magnifique, souffla Regulus. Toi et Hagrid êtes vraiment doués.
De la part de ses parents, il reçut son propre sceau pour sceller ses lettres : un « HP » entouré d'une tête de cerf et de renard de profil.
- Bien évidement, ça protégera ton courrier, mais pas que… Tu l'apposes sur n'importe quel coffre, boite ou parchemin et tu seras seul capable de lire ou cacher ce que tu veux garder secret.
- Incroyable, souffla le brun.
Même Draco n'en revenait pas.
- A toi, Draco, fit Lily.
- Quoi ?
- Enfin ! souffla Louve. Ouvre le mien d'abord !
Draco fronça les sourcils puis une pile de cadeaux se présenta devant lui. Il y en avait beaucoup.
- Tout ça… C'est pour moi ?
- Tu vois un autre Draco dans cette pièce ? plaisanta Harry.
Le blond s'empara du petit paquet offert par Louve. Il y trouva un petit écrin et l'ouvrit précautionneusement pour y trouver une chevalière estampillée des armoiries de Serpentard. Le bijou était en platine mais le socle, lui, était d'un joli vert émeraude.
- C'est magnifique, fit Draco.
Il leva un regard réellement ému vers Louve. Il savait combien c'était important pour elle de créer pour ceux qu'elle aimait et qui faisait partie de sa famille. Jamais il n'avait cru recevoir quelque chose d'aussi précieux.
- Celui-ci est de notre part, fit Sirius.
Draco découvrit un livre avancé sur les potions et le feuilleta presque avidement. A l'intérieur, il y avait des tas d'annotation et il savait qu'elles avaient été écrites de la main du professeur Rogue.
- Tu en as un d'Hermione aussi, fit Harry.
Le blond secoua la tête : ça, c'était de bonne guerre, parce qu'il était sûr qu'Hermione devait apprécier son propre cadeau. Il trouva lui aussi des boutons de manchettes du même acabit que ceux de Nolan mais en argent et sertis d'émeraude.
Puis vint enfin le cadeau des Potter. C'était une écharpe en cachemire, d'un bleu pâle qui saillait parfaitement à ses yeux. Sur le bord, il trouva brodé en lettres d'argent son nom : Draco Lucius Malfoy. A l'intérieur de la boite, il vit que cette dernière était accompagnée d'une broche pour écharpe à l'effigie de l'écusson de Serpentard.
- Merci… Merci beaucoup.
- Voyons, ce n'est pas grand-chose ! Tu as reçu celui-ci de tes parents et un autre de ta tante.
Draco tomba sur un énorme paquet de friandises et de sucreries de la part de sa tante et Tonks et le fameux pull qu'il recevait tous les ans.
Harry le regarda étrangement.
- Tu vas le mettre ?
Draco se rendit compte alors qu'il n'était pas le seul à le fixer.
- J'aimerais bien, finit-il par dire. J'en reçois tous les ans mais ils me vont de moins en moins. Celui qui portait ça était plus maigre que moi.
Lily Potter s'agenouilla alors près de lui et prit le pull.
- Voilà une chose que tu n'as pas prise en compte, souffla Pétunia à sa sœur.
- Comment ça ? fit Draco.
- Je suis navrée, Draco… J'avais oublié que les enfants grandissaient. Des fois, on ne s'en aperçoit même plus.
- Ce pull ? demanda t-il.
- C'est ma mère qui l'a cousu pour un ami qui était à Serpentard. Il semblait logique que tu en hérites vu qu'il était aussi un ami de tes parents, mais c'est vrai qu'il était bien trop maigre...
- Et ce n'est pas faute d'avoir essayé de le remplumer, intervint Severus.
- C'est toi qui parles !? rétorqua Sirius. Je te rappelle que tu étais un poids plume, à Poudlard. Je suis sûr que si tu donnais tes pulls à Harry, il n'arriverait même pas à les enfiler !
Lily replia le pull en riant et le moment de flottement étrange qu'ils avaient vécu s'évapora pour revenir à des échanges plus normaux.
- Vient, fit doucement Harry.
Le brouhaha avait repris et presque personne ne vit les deux garçons remonter dans la chambre d'Harry.
- Tu savais pour le pull ?
Harry le regarda avec étonnement.
- Quoi ?
- Tu sais à qui il appartenait ?
- Un ami de la famille qui est mort pendant la guerre. Imagine : si tu avais fini à Poufsouffle ou Gryffondor, ces pulls seraient resté dans le grenier, plaisanta Harry. Voilà !
Il se redressa et tendit une petite boite à Draco.
- Joyeux Noël.
Draco essaya de ne pas revenir sur le fait qu'Harry avait peut-être tenté de changer de sujet.
- Tu m'as acheté quelque chose ?
- Une broutille, vraiment.
Draco déballa le petit paquet pour trouver une boite tout à fait normale de chocogrenouille.
- C'est une plaisanterie, rit Draco.
- Ouvre-la.
Le blond s'exécuta. A l'intérieur, il trouva une grenouille dorée, totalement immobile et solide. Ce n'était pas du chocolat, juste une petite figurine, mais la carte qui l'accompagnait valait sûrement tous les chocolats du monde. C'était eux : Draco et Harry, lors de leur petite escapade au village de BellTown. La photo avait été prise par Lily, il s'en souvenait parfaitement. Draco ne souriait pas vraiment dessus mais Harry, lui, le faisait.
Et il était beau.
- Tu pourras la ranger à coté de celle de nous bébés, plaisanta le brun. Mon premier meilleur ami.
C'était ça, pensait Draco. Des amis. Ils étaient des amis. La déception afflua de partout. Refreiner l'amour, le désir, le besoin. Il allait devoir travailler sur ça.
- Je reste toujours le plus beau de nous deux.
- Ta gueule, Malfoy, rit Harry.
- La tienne, plutôt, rétorqua Draco amusé.
OoooooooooooooOoooooooooooooO
- Verse le sang de salamandre dedans !
- Ne le fais pas, tu dois tourner deux fois dans ce sens avant !
- Mais je viens déjà de tourner, verse-le Draco !
- Mais le livre dit expressément que...
- HERMIONE ! l'interrompirent les deux garçons.
Draco versa immédiatement la fiole dans le chaudron et le mélange noir vira doucement au rouge vif. Le blond soupira. Harry s'empara des morceaux de charbon qui reposaient dans du papier et versa le tout dans le chaudron.
- Voilà, dit-il. Et ensuite ?
Hermione tourna la page et lut scrupuleusement les instructions.
- On attend que le charbon ait absorbé tout le liquide. Ca prendra environ une heure.
- Faire des pâtes prend moins de temps, grogna Harry.
- C'est surprenant, fit Draco. Tu es doué en potions mais tu ne prends aucun plaisir à en faire.
- C'est plus simple de jeter des sorts, répondit Harry en faisant rouler sa baguette entre ses doigts.
- C'est vraiment un super livre que le professeur Rogue t'a offert.
- Tu n'as pas le droit d'être jalouse, Granger ! Dois-je te rappeler la formidable collection d'ouvrages médicomagiques que Lily Potter a accepté de partager avec toi ?
- Et je te laisserai les consulter parce qu'il n'y a pas de mauvaise connaissance. En parlant de ça, Harry, le carnet que t'a offert Luna… Aucun de nous ne peut jeter de coups d'œil dedans ?
Harry sentit les regards d'Hermione et Draco se braquer sur lui. Il avait déjà commencé à y inscrire ses cercles définitifs : le tatouage de Natasha, la prison d'eau, même celui de la peau de serpent. Mais il n'avait rien montré à Draco ni à Hermione. Pour lui, c'était une magie qui le liait encore à Durmstrang et une partie de lui ne voulait garder ça qu'entre Dimitri, Natasha, lui et son école.
Mais il avait aussi compris que ce n'était pas pour rien qu'Hermione lui avait offert tout cet attirail pour tracer des cercles. Elle était curieuse.
- Est-ce qu'au moins tu continues à t'entrainer ?
Harry haussa un sourcil.
- Ça t'intéresse vraiment ?
- Tu as modifié un corps humain ! Bien sûr que ça m'intéresse ! Et je suis sûr que Draco est intéressé !
Harry se tourna vers Draco le blond s'était allongé sur le dos tout en s'appuyant sur ses coudes. Il fixait le feu d'un regard morne mais adressa un petit sourire en coin à Harry.
Le brun ne savait pas interpréter ce sourire. En fait, depuis Noël, il ne savait plus rien interpréter des mimiques de Draco : c'était comme si le blond avait radicalement changé. Ça ne se voyait pas de prime abord, il restait poli avec sa famille et acceptait toutes les activités proposées. Mais il était plus distant avec Harry. Il n'y avait plus de longues discussions dans sa chambre avant de s'endormir. Il ne posait plus de question audacieuse sur ses souvenirs, ses parents et le reste.
Harry avait une petite idée de l'éloignement soudain de Draco.
Les secrets. Les secrets étaient un poison.
Draco n'était pas idiot. Il avait sûrement depuis longtemps fait le rapprochement entre son tableau secret et le fameux ami aux vêtements de Serpentard. Il avait essayé d'en savoir plus, comme ça, l'air de rien, et Harry l'avait ignoré, alors il pouvait comprendre que Draco soit fatigué des secrets… Ou même fatigué de lui.
Mais bordel, pensa t-il, ça faisait mal !
Il était le seul à avoir remarqué le changement d'attitude. Le seul à comprendre que leur amitié se dégraderait petit à petit. Comme ça aurait du l'être depuis le début.
Harry avait essayé de repousser l'échéance. Le seul moyen aurait été de tout dire maintenant. A Hermione et à Draco. Tout dire à propos d'Adams et du tableau. Mais que pouvait-il dire quand il ne savait même pas la moitié des choses ?
Il comprenait Draco. Il comprenait parce qu'il avait vécu cette situation. Celle où Dumbledore décidait de l'éloigner de toute information dans le but de le protéger ou de se protéger lui-même.
Et c'était ce que faisait Harry : il se protégeait lui-même, d'une vérité qui serait immonde et dangereuse. Parce qu'il faudrait aussi qu'il avoue tout de son propre passé. De ses liens avec Draco.
- Si Harry veut garder ça pour lui, c'est son droit, Granger. Même si j'avoue être très curieux.
Son ton était sucré mais aussi condescendant au possible. La colère qu'il n'avait plus ressentie pour Draco refit une apparition remarquée et Harry la ravala difficilement.
C'était typiquement ce comportement qu'il avait essayé d'éviter. Draco se moquait de lui. Parce qu'ils jouaient dans des camps différents et qu'ils savaient tous les deux qu'il fallait que l'un d'eux cède... Mais ça ne serait pas lui et ça ne serait pas Draco.
Ils étaient donc dans une impasse.
- Est-ce que c'est parce que Durmstrang t'as soumis à un Serment Inviolable ?
- Ne dis pas de bêtise, Hermione.
- Alors montre-moi, le supplia la jeune fille.
Harry grogna mais se redressa. Il regarda autour de lui, fouillant dans les divers produits de la cave de sa mère, et trouva ce qu'il cherchait : de la poudre de métal.
- Écartez-vous.
Draco et Hermione se mirent debout et se rapprochèrent le plus possible du mur. Harry se mit alors à tracer un cercle avec la poudre autour du chaudron.
- Tu connais un sort éponge ?
- Aspirant, répondit Hermione.
Harry l'écrivit avec la poudre dans le premier cercle puis ajouta les runes de Fehu et Kenaz dans le cercle extérieur. Il releva ensuite ses hanches et toucha le cercle.
- Expecto Aspirant.
Il vit Hermione et Draco se pencher sur le chaudron, du coin de l'œil. Puis un petit cri stupéfait s'échappa des lèvres de la jeune fille. Harry leva les yeux à son tour. Le charbon avait bu tout le liquide à une vitesse folle, laissant trois morceaux rougeoyant au fond du chaudron.
- Je n'y crois pas, souffla Draco.
Harry récupéra sa baguette et l'agita pour faire disparaître le cercle.
- Je pense que ça plaira à Apophis, n'est-ce pas ?
Après ça, ils récupèrent le charbon avec des gants en peau de Dragon et les posèrent dans une boite qu'ils avaient fabriquée la veille.
Ça avait été l'idée de Draco à la base, de créer des pierres chauffante pour le serpent, afin que ce dernier passe l'hiver correctement, et la boite, une idée d'Hermione pour que ce dernier ne se glisse plus dans le lit de n'importe qui.
- Qu'est ce qu'on fait maintenant ? demanda Draco d'un ton polaire.
- Vous avez fait vos devoirs ?demanda Hermione.
Harry jeta un regard amusé à Draco et ne tomba que sur un visage impassible et ennuyé.
Si à un moment de sa vie, Harry aurait aimé être anesthésié de tout sentiment, c'était un bon jour pour que ça arrive.
OoooooooooooOoooooooooooO
- Tu as toutes tes affaires ?
- Oui, je vous remercie.
- Est-ce que tes parents sont chez toi ?
- Ils le sont, ils sont prévenus.
- C'était un plaisir de t'avoir avec nous, Draco.
Le sourire qu'offrit Draco fut réellement sincère et ça Harry le constata amèrement.
- N'oublie pas de leur dire pour le nouvel an.
- Je n'oublierai pas. On ne manquera pas ça.
- Harry, tu viens dires au revoir à ton ami ?
Harry se détacha de la porte et fixa Draco de la manière la plus neutre possible.
- Rentre bien, dit-il.
- Merci, répondit Draco.
Il hésita, Harry le vit. Mais Harry était du genre rancunier et Draco avait voulu jouer au con.
- On se revoit au nouvel an, conclut Harry.
Puis il fit un pas en arrière. Draco se renfrogna immédiatement et se dirigea vers la cheminée. Quelques secondes plus tard, il n'était plus là.
- Harry ? demanda sa mère presque silencieusement.
- C'est insupportable, fit Harry d'une voix qu'il essaya de maitriser. C'est insupportable de ne pas savoir comment gérer sa vie.
Sa mère fut sur lui en un instant. Elle le serra dans ses bras.
- Je suis désolée que ça soit difficile pour toi.
Harry ne savait pas quoi répondre à ça. Il s'éloigna de sa mère et tenta un sourire maladroit.
- On trouvera une solution, mon amour.
Le brun haussa les épaules.
- En un sens, c'est mieux que comme ça. Je vais essayer de garder Hermione, tout de même. Elle, je ne peux pas la perdre.
Sa mère caressa ses cheveux et le regard triste qu'elle lui lança l'acheva.
- Je monte, dit-il.
- Bien sûr.
Harry grimpa les marches quatre à quatre. Il avisa la chambre d'ami, où se trouvaient normalement Hermione et Louve. Il s'arrêta au niveau du deuxième escalier et hésita.
Mais la porte qui s'ouvrit ne lui laissa pas le choix. Louve l'attrapa par le bras et le fit entrer.
- Mais qu'est ce qu'il s'est passé !?
Harry se mordit l'intérieur de la bouche. Ce qu'il s'était passé… Draco avait plein de questions et il supposait assez justement qu'Harry avait des réponses. Mais des réponses sans queue ni tête.
- Ses parents ont demandé à ce qu'il rentre plus tôt, au moins pour passer un peu de temps avec lui.
- C'est des conneries !
- Louve, supplia Hermione. Vous vous êtes disputés ?
Harry leva la tête et observa le plafond de la chambre. Il sentit les larmes poindre au coin de ses yeux. Bon sang, est-ce que Malfoy était responsable de ça ?! Il n'allait pas fondre en larmes comme un gosse, c'était absurde !
Il renifla fortement et sourit de toutes ses dents.
- A quel propos ?
Louve et Hermione échangèrent un regard lourd de sens.
- Et si on allait en ville ? finit-il par proposer. Un ciné, ça vous tente ?
OoooooooooooOooooooooooooO
- Draco ! Draco !
Draco ignora sa mère et grimpa les marches de sa propre maison. Les poings serrés, il s'enferma dans sa chambre et s'écroula contre sa porte.
- Putain, jura t-il entre ses dents.
Il s'était comporté comme la pire des personnes. Le pire des cons. Le pire des amis.
Qu'est ce que ça pouvait bien lui faire qu'Harry ne lui parle pas ? Qu'il se taise sur des sujets aussi sensibles ? Pourquoi fallait-il qu'il s'entête à tout savoir du brun ? Pourquoi voulait-il tout savoir ?
Non, ce n'était pas que ça... Il voulait qu'Harry lui fasse confiance. Qu'Harry le considère mieux que n'importe qui au point de s'ouvrir à lui sur tous les sujets.
Il avait cru qu'Harry estimerait assez son amitié pour finir par cracher le morceau... Mais c'était mal connaître le brun. Harry était une tombe et ses secrets étaient plus importants que Draco. Le blond aurait du faire l'effort de le comprendre, d'être patient. Mais il n'y arrivait pas : il devait déjà étouffer tellement de choses, quand il s'agissait d'Harry...
Il détestait ce sentiment : celui de se sentir impuissant, de ne pas pouvoir comprendre la personne qui prenait une importance croissante dans sa vie.
Il n'avait jamais rien ressenti de tel et c'était affreux.
La dureté du regard d'Harry. Ses lèvres serrées. Ses rires, ses sourires. Ses yeux verts pétillants. Sa voix, sa voix…
Draco fouilla sa poche et en sortit la photo qu'Harry lui avait offerte. Il regrettait de ne pas avoir souri. Harry souriait, lui.
Il écarquilla les yeux. D'un , il se redressa et ouvrit la porte de sa chambre. Il traversa le couloir et fonça vers la porte du fond. Baguette en main, il la pointa sur la serrure.
- Alohomora !
Un clic se fit entendre. Elle n'était même pas vraiment protégée. Draco entra et se dirigea vers le tableau. La sensation de terreur qui s'abattit sur lui lui donna la nausée.
Le tableau était toujours là. Harry était toujours là.
Les mains croisées, le regard fixe, ses yeux verts, deux billes d'émeraude, regardant droit devant lui.
Des lunettes rondes. Des cheveux blonds et fins. Une cicatrice en forme d'éclair.
D'une main tremblante, Draco leva la photo devant lui, comparant chaque petit trait de leurs visages.
Rien n'était différent.
Le Harry du tableau avait peut-être les joues plus creuses... Il avait peut-être l'air plus maigre, mais rien n'était diffèrent : ses lèvres, son nez, sa bouche, ses yeux, son menton, sa mâchoire... Tout était pareil.
- Qui es tu !? siffla Draco.
Le blond tourna la photo en direction du tableau.
- Regarde-le ! Regarde-le et dis-moi que tu ne sais pas qui c'est !
Le tableau resta immobile. Immobile et silencieux.
Cette histoire n'avait pas de sens. Draco passa une main nerveuse dans ses cheveux.
- Mais qu'est ce que tu es…
- Draco ?
Le Serpentard sursauta et se tourna vivement. Son père était là. Il se tenait droit derrière lui et avait délicatement fermé la porte.
- Père…
- J'avais fermé la porte. J'aurais peut-être du… Cacher ce tableau.
Les mains de Draco se mirent à trembler.
- Qui est-ce ? Est-ce que c'est Harry !?
- Non.
Lucius s'approcha de lui et observa le portrait.
- Je l'ai vu mourir, Draco. Ce garçon… Est mort.
- Alors pourquoi est-ce qu'il…
- Même si je le voulais, le coupa son père, je ne pourrais rien te dire. Cette histoire ne te concerne même pas.
- Bien sûr que si elle me concerne ! éructa Draco.
D'un geste vif, il tira sur son collier.
- C'est lui, n'est-ce pas ? Et les pulls, ce sont les siens ! Pourquoi me faire porter ça !? Les vêtements d'un mort !?
- Ce sont des cadeaux. Ses cadeaux.
- Mais de qui ?! Qui est-ce ?!
Le visage de son père se crispa douloureusement.
- Pourquoi tu ne peux rien dire ?
- Je suis sous Serment, Draco.
- Quoi !? souffla le blond. Tu… Pourquoi…
- Parce qu'il le fallait. Tu n'étais pas supposé être si proche des Potter. Tu n'aurais jamais du autant le croiser. Te laisser y aller était une erreur.
- Quoi ? Non ! Quel rapport avec Harry ?!
- Draco… Ne rentre plus dans cette pièce. Tu ne sais pas à quel point ça me rend furieux.
Draco écarquilla les yeux de terreur. Jamais son père ne lui avait parlé de cette façon. Jamais il n'avait été aussi sec et froid envers lui.
Comment serait son monde, maintenant ? S'il n'y avait plus Harry pour tout rendre plus doux et délicieux... Comment allait-il faire ?
Les jambes en coton, il passa à coté de son père et sortit de la pièce.
Comment ?
OoooooooooooOooooooooooO
James Potter poussa un soupir à fendre l'âme.
- Dans deux heures, il sera minuit, James Fleamont Potter. Si je t'entends encore soupirer, je te jure que tu vas débuter cette nouvelle année avec un balai dans le c…
- Je crois que j'ai compris, Sirius.
- Maintenant, tu m'expliques ?
Tout en essuyant des verres, James leva la tête vers la mezzanine du bar. Son aîné s'amusait avec Louve à modifier la couleur de cheveux de Syracuse et le garçon, qui était sensé avoir leur âge, riait aux éclats comme un gamin.
- Les Malfoy ne sont pas venus.
Sirius écarquilla les yeux.
- Tant mieux, William aurait sûrement fait un malheur.
- Je ne le crois pas.
- En quoi l'absence des Malfoy peut bien te faire soupirer autant ?
James s'appuya contre les étagères de son bar.
- Adams est sorti avec William.
- C'est vraiment le moment pour…
- Sirius. Tu entends ce que je dis ? Harry Adams est sortis avec William Chester.
- Je sais, oui. Aux dernières nouvelles, j'étais là. Je peux même… Te…
Sirius suivit le regard de son frère de cœur. Il fixait Harry qui faisait à présent tinter une coupe de champagne avec Regulus.
- Non, souffla Sirius.
- Et pourquoi, non ?
- Il est sortis avec une fille à Durmstrang. Il sort avec une Weasley, il s'est même fait attaquer pour ça !
James se gratta le menton.
- Pourquoi Draco Malfoy a-t-il été invité, alors ?
- Parce que c'est son camarade de chambre. Il a aussi invité Hermione Granger.
- Parce que c'était sa meilleure amie dans… C'est son amie.
- Tu ne peux pas savoir ça.
- Est-ce que ça te dérange ? Qu'il le soit ?
- Tu te moques de moi !? Tu sais à qui tu parles ?
James cacha son sourire derrière sa main.
- Est-ce que toi ça te dérange ?
- Tu vois comment il rit, là ?
Sirius fit oui de la tête. Harry riait.
- Est-ce que c'est trop demandé que de vouloir ses enfants heureux ?
- Non, bien sûr que non, gémit Sirius.
- Alors tu as ta réponse.
OoooooooooOooooooooooO
Harry avait mal partout. Au dos, aux côtes, a la tête. Il avait trop ri, trop dansé et sûrement trop bu aussi. Louve continuait de s'appuyer sur lui et, à coté, Hermione se laissait porter par Nolan qui était plus joyeux que d'habitude.
- Attention, jeune gens ! cria Sirius en se mettant debout sur le comptoir. Dans exactement trente secondes, c'est le nouvel an. Soyez prêts !
Harry attrapa Hermione et la jeune fille entoura sa taille de son bras en éclatant de rire. Elle avait les joues rouges et ses cheveux partaient dans tous les sens. Pourtant, elle était jolie dans sa robe en fourreau noir.
Ils étaient tous beaux.
- Dix ! Neuf ! Huit !
- BONNE ANNEE !
- LA FERME !
- DEUX !UN ! BONNE ANNEE !
- Bonne année !
Hermione se jeta dans ses bras et comme mu par une idée stupide, il plaqua ses lèvres contre les siennes. Ils faillirent s'écrouler de rire tous les deux tellement ils riaient. Nolan semblait perdu et Louve hurlait des « ouhou » à s'en déchirer la gorge.
Harry laissa tomber ce petit monde pour rejoindre ses parents dans une étreinte étouffante.
- CHAMPAGNE !
Il vit Cassius Corgan, Rebecca et l'auror Chester tenter de faire tinter leurs verres mais ils ne réussirent qu'à les briser. De l'autre côté, Regulus et Sirius se serraient l'un contre l'autre devant le visage mortellement ennuyé de Severus Rogue.
Harry en pleura de rire.
La musique reprit sous le jukebox. Les serveurs se remirent en marche sous les cris de Europe et son « The final countdown », et leur danse enfiévrée recommença.
Harry ne sut combien de temps il dansa mais ça n'avait pas d'importance. Il avait tout ce qu'il voulait : sa famille, son amie et l'esprit loin de Draco.
Du moins, c'est ce qu'il pensait.
Il cessa de bouger et ressentit toute la chaleur du bar. Elle était suffocante et insupportable. D'un pas chancelant, il sortit du Lunard pour se retrouver dehors dans la neige.
Des groupes passaient devant lui, criant « bonne année », et Harry les saluait en répondant d'un signe de la main.
Ne pas penser à Draco était plus facile à dire qu'à faire. Son odeur avait inondé sa chambre et sa salle de bain. Harry aurait pu faire disparaître tout ça mais ça avait été impossible à exécuter.
Il ne devait pas y avoir de limite à sa propre bêtise.
Tomber amoureux était la pire chose qui pouvait lui arriver.
Tomber amoureux de Draco Malfoy, la plus inconsciente.
- Stupide Malfoy ! grogna Harry.
- Harry ?
Le brun bondit sur ses jambes et se tourna vers la voix.
- Ollie ?
Le blond trottina en direction d'Harry.
- Tu es rentré pour les vacances ?
- Oui, fit Harry. On est passé chez le disquaire mais tu n'étais pas là.
- Tu aurais du prendre mon numéro si tu voulais me voir...
Harry sentit ses joues rosir.
- Hum… Tu fais quoi ?
- Je reviens d'une soirée et…
- EMBRASSE-LE ! crièrent des voix derrière lui.
Ollie secoua la tête.
- Désolé… Ils sont insupportables. Tu retournes quand en cours ?
- Dans deux jours.
- Zut, c'est court.
Harry donna un petit coup de pied dans la neige et pencha la tête pour fixer les amis d'Ollie qui sifflaient bruyamment.
- Ils t'attendent, non ?
- Non... J'ai un peu menti : on est passés ici exprès.
Harry leva un regard interrogateur.
- Tu permets ? commença Ollie.
- Qu…
Mais le blond avait déjà glissé sa main contre la joue d'Harry.
La suite… Ce furent des lèvres froides et légèrement humides qui se posèrent contre les siennes. Harry se sentit fondre de l'intérieur. La main d'Ollie était plus large que celle de Ginny, ses lèvres un peu plus rêches.
Harry ferma les yeux. Parce que, bon sang, c'était bon...
- Harry…
Le brun se figea. Il s'écarta brusquement d'Ollie et tourna la tête.
Draco était là.
Bien sûr. Cet abruti fini qui était incapable de savoir ce qu'il voulait était là. Au moment où Harry avait cru qu'il ne viendrait plus.
- Mais… Tu sors avec Ginerva ?
Ce n'était pas vraiment une question. Plus un reproche. Draco grimaça. Le genre de grimace qu'Harry avait été sûr de voir tôt ou tard sur le visage de Draco : du dégoût. De la honte.
Harry ne se sentit pas la force de se justifier. Ça devait arriver. Ils y étaient et c'était une façon mémorable d'enfoncer le clou dans une amitié en carton.
- Qu'est ce que tu fais ici ? soupira Harry avec lassitude.
- Va te faire foutre, Potter !
Draco se détourna de lui et retourna à l'intérieur.
- C'est si poliment demandé, plaisanta Ollie.
Mais Harry n'avait plus envie de rire.
- Désolé, Ollie…
- De quoi ? Je me demande combien on est à essayer de se battre pour toi...
- Je ne crois pas que ça soit son cas mais, merci, sourit Harry.
- Donc… Ginerva ?
- Ma petite amie… Enfin, on a rompu et j'ai… Sûrement oublié de lui dire ?
- Pourquoi ? C'est ton ami ?
- Vraiment ? Je ne sais pas pourquoi je ne lui ai pas dit. C'était plus facile.
- Plus facile de mentir au mec que tu aimes que de lui avouer que tu l'aimes.
Harry écarquilla les yeux avant d'éclater de rire.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.
- Toi ! Toi, tu es drôle. Tu viens ici avec tes amis super ouvert, heureux de savoir que tu peux embrasser le garçon que tu veux. Et je devrais être aussi insouciant et marcher tranquillement en pensant que tous les types que j'ai envie d'avoir vont gentiment ouvrir la bouche pour moi ?
- Je n'ai pas dit ça.
- Tu penses que j'ai honte ?
- Harry…
Le brun recula.
- Je suis fatigué, Ollie… Merci d'être passé. Bonne année.
- Harry, attends !
Mais Harry n'attendit pas. Il retourna à l'intérieur, aperçut de loin Lucius et Narcissa Malfoy et d'encore plus loin Draco discutant avec Louve. Harry les évita. Il évita tout le monde et marcha jusqu'à la réserve où se trouvait une cheminée de secours. Il s'y engouffra et rentra chez lui.
- Ça va être une putain de bonne année, fit-il contre son oreiller.
- Sssssuuculente, siffla Apophis.
OoooooooooooOooooooooooooO
Louve ne l'avait pas épargné le lendemain.
Furieuse qu'il ait quitté la soirée sans rien dire à personne alors que son soi disant ami avait fait l'effort de venir.
Alors Harry lui avait raconté l'épopée Ollie et Louve l'avait frappé.
Pas méchamment bien sûr mais Harry avait du subir des remontrances sur son comportement inacceptable.
- Tu vas aller t'excuser Harry James Potter !
- Envers qui ?
- Envers Ollie.
- Pourquoi je ferais ça ?
- Parce que c'est un gentil garçon !
- Qui m'a embrassé sans me le demander !
Louve s'était mordu la lèvre et Harry avait compris.
- Je pensais que ça te remonterais le morale.
- Tu lui as demandé de faire ça ? Mais qu'est ce qui t'as pris ?
- Je ne sais pas ! J'ai écouté mon instinct et je me disais qu'Olli te ferait passer une douce soirée.
Harry avait écarquillé les yeux choqué.
- Tu l'as utilisé et tu m'as utilisé moi ! Nous ne sommes pas des rats de laboratoire, tu ne peux pas tester tes prévisions amoureuses sur n'importe qui, s'était-il emporté.
Louve avait vraiment eut l'air penaude.
- Je suis désolée.
- Tu fais bien d'être désolée. Au final ce n'est pas à moi d'aller m'excuser auprès d'Ollie.
- Harry…pour Draco…
- Ne me parle pas de Draco.
- Il voulait te parler.
- C'est ça, il va avoir du mal à me parler après m'avoir vu embrasser Ollie.
Louve l'avait fixé avec incompréhension.
- Mais pas du tout, Draco n'est pas…
- Louve. Je ne veux pas parler de Draco.
Alors Louve s'était tu. Et Harry l'avait remercié pour ça.
.
.
Voilà pour aujourd'hui. Bon d'accord…j'avoue tout. Je continue à les faire tourner en bourrique. Pardonnez-moi mais je vous promets que le chapitre suivant vaut le détour ! Sur ce les agneaux à la prochaine !
