Disclaimer: cf chapitre 1
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Merci et bisous à Mistycal, ma super beta...
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Réponses sur mon forum, aux commentaires de : -Lion - Guest anonyme - Yzeute -
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Bonne lecture!
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Pièges 4 / 5
Acte 9 : Internum Frigore Perniciosa
Environ 10 mn auparavant…
Harry
Ah ! Voilà Lee et Olivier ! Ils n'ont pas été longs à arriver et j'en suis heureux. Je leur explique en trois ou quatre phrases où nous en sommes de la matinée et je file aussi sec, dévalant l'escalier à toute vitesse.
Zut ! J'ai failli oublier ! me dis-je, alors que j'allais entrer dans la cuisine. Je fais aussi sec demi-tour et je me précipite vers le bureau, ouvrant la porte à la volée…
« Dud ! La voix est libre ! Vous pouvez de nouveau circuler dans toute la maison ! Préviens les autres, faut que je me sauve ! » m'exclame-je, avant de repartir en sens inverse
« T'as une urgence ? Tu vas t'battre ? » me demande Dudley en retour, le ton inquiet
J'entends qu'il se lève d'un bond, bousculant son fauteuil, pour me suivre en courant…
« Oui… Non… L'attaque est passée. A Poudlard ! Il y a des blessés graves et je vais aux nouvelles !… » réponds-je, en traversant le hall et la cuisine en quatre pas, puis me saisissant de Poudre de Cheminette
« Oh merde ! Des élèves que j'connais ? Tiens-moi au courant ! » s'exclame Dudley, tandis que je jette la Poudre dans l'âtre et pars déjà…
J'ignore s'il a eu le temps de me voir acquiescer du chef…
Le bureau du professeur Dumbledore est vide bien sûr quand j'arrive, trébuchant sur le tapis. Je peste en reprenant mon équilibre et m'engouffre en vitesse dans les Passages Internes, prenant tous les raccourcis possibles, pour arriver au plus vite et au plus près de l'infirmerie. Et lorsque je déboule de derrière le rideau pourpre, je suis obligé de faire un bond en arrière, pour éviter de me prendre un Brancard dans la figure…
Ils acheminent les blessés en volant sur des Balais pour aller plus vite ! Pas demander si ça urge !
Je remonte en courant le couloir, lorsque je vois Cho sortir de l'infirmerie et se précipiter à ma rencontre…
« Qui ? » demande-je, avec urgence…
Cho me raconte rapidement le peu qu'elle sait, avant de me laisser pour aller se changer. Elle est trempée de la tête aux pieds et commence à claquer sérieusement des dents.
Quand j'entre dans l'infirmerie, c'est l'effervescence. La porte de l'annexe est fermée, mais pas mal de lits sont occupés ici aussi. Mesdames Faucett, Midgen et McMillan, des profs, Bill, les Jumeaux et des élèves s'affairent autour d'eux. Les ordres sont donnés d'une voix urgente.
Un peu à ma droite, je vois Ron auprès de Draco. Il le soulève dans ses bras et se précipite vers un lit et je cours vers eux. Ron sent ma présence et tourne brièvement son regard vers moi…
« Regarde derrière ! C'est Théo qui arrive ! Va t'occuper de lui ! Je me charge de Draco ! » dit-il, avant de fermer le rideau du baldaquin
Je stoppe net et fais demi-tour.
Théo est déposé sur un lit par Elinor et je me précipite vers lui.
« Je m'en occupe Elinor ! » m'exclame-je, avant d'ajouter, en avisant sa mise : « Va te réchauffer, tu as l'air gelée… »
Tout comme Cho, elle est trempée…
« Oui. Le Calmar n'est pas content du tout. Il a soulevé une gerbe d'eau pour arroser les Ânes Bâtés quand je passais tout près, avec Théo. Marian et quelques autres sont restés au bord du Lac, pour tâcher de le calmer et finir de lui donner ses soins. » explique-t-elle, en rabattant les rideau du lit autour de nous, tandis que je déshabille Théo et le couvre rapidement de quelques bonnes couvertures bien épaisses.
Puis, alors que j'allais jeter un Sortilège de Diagnostic, elle ajoute :
« Pas la peine, Harry. C'est déjà fait. Il a reçu deux Sortilèges de Réchauffement, pour contrer son hypothermie, j'ai refermé une plaie importante de son cuir chevelu et appliqué un Onguent pour faire désenfler sa grosse bosse. J'ai aussi ressoudé cinq côtes qui avaient subi des fractures simples, soigné la foulure de sa cheville, neutralisé un Maléfice de Conjonctivite et un de Fièvre de Cheval. Je lui ai également administré deux Potions. Une pour calmer la douleur de son dos et une autre pour prévenir les infections. Il s'en sort bien, crois-moi, comparé à d'autres… Mais donne-lui de la Pimentine en prime, masse son dos avec du Baume contre les hématomes et frictionne ses membres pour achever de le réchauffer, ça ne lui fera pas de tort, bien au contraire. Allez, j'y vais. Je suis transie, faut que je me change ou je vais attraper la mort… »
Elle sort aussitôt et je me penche vers mon frère, pour lui caresser la joue…
« Comment va ? » demande-je, tandis qu'il ouvre péniblement ses yeux, encore un peu gonflés…
« Ça va, juste gelé et inquiet pour Ginny… » répond-il, la voix un peu rauque…
« Ginny est entre de bonnes mains et on viendra sûrement te donner de ses nouvelles dès que possible. Allez, je vais te réchauffer. Mais la Pimentine, d'abord. Tiens… » dis-je, en l'aidant à se redresser, pour boire la Potion
Il l'avale avec une grimace et je lui propose également de l'eau, pour faire passer le gout de la Pimentine. Il fume déjà des oreilles, quand le rideau de son lit se soulève et qu'Elinor revient en coup de vent…
« J'allais oublier… » dit-elle, avant de se pencher vers Théo, de passer vivement sa main dans ses cheveux et d'ajouter dans un murmure: « Non, il n'y a rien… »
« Quoi ? » demande-je en haussant un sourcil…
« Oh ! J'avais mis une de mes plus jolies pinces à Théo, pour tenir ses cheveux loin de la plaie de son cuir chevelu afin de la fermer proprement, mais elle a dû tomber en route. Tant pis, j'en achèterai une autre… » répond-elle avec un sourire, avant d'ajouter : « Allez, cette fois, je vais prendre ma douche et me changer… »
Elle sort vivement et je termine de donner l'eau à Théo. Puis je sors ma Baguette pour déshabiller mon frère afin de le frictionner, quand le rideau est de nouveau ouvert….
« Besoin de Potions, de Baume ou d'Onguents ? » demande Latton, en haussant un sourcil, l'air inquiet.
Faussement, bien sûr. Dans le fond, je suis sûr qu'il se réjouit des évènements.
« Non, merci. J'ai tout ce qu'il faut. » réponds-je, un peu plus sèchement que je l'aurais voulu…
Je me retiens de lui foutre mon poing sur la gueule. Ce salaud devait être courant de ce qui allait arriver. Après tout, n'est-ce pas son fils, qui a amené Brandburgy au Manoir ?
« D'accord. En tout cas, vous savez que je suis ici avec de bonnes réserves, alors si… » commence-t-il, avant que je l'interrompe…
« Oui, merci. Excusez-moi, mais il faut que je découvre Théo pour le frictionner maintenant et il est pudique. Alors si vous pouviez sortir… » le congédie-je, avec assez d'autorité pour qu'il ne cherche plus à se taper l'incruste ici…
Il me jette un regard réprobateur et amorce sa retraite, quand le rideau se soulève pour la troisième fois. C'est à croire que c'est un hall de gare ici.
« Professeur Latton, le professeur Dumbledore m'envoie vous dire que les professeurs Vector et Bibine ont besoin de Pimentine pour les enfoi… les prisonniers, dans les cachots. Il leur faudrait aussi un Baume pour les hématomes et un Onguent pour les égratignures. Le professeur Dumbledore souhaite que vous vous y rendiez en personne, pour aider à soigner ces sales crev… les prisonniers, puis les surveiller en attendant que les Aurors viennent les chercher… » déclare Seamus, en faisant de gros efforts pour rester poli…
« Très bien. Dites au professeur Dumbledore que je m'empresse auprès de mes collègues. Je vous confie ces réserves de Potions, Baumes et Onguents. J'en prendrai d'autres dans mon laboratoire, pour soigner les prisonniers. Faites le tour des lits avec ces réserves, pour les proposer, Monsieur Finnigan...» répond Latton, en lui fourrant sa caisse de Potions dans les bras…
Puis il sort avec un peu de raideur, non sans m'avoir jeté un coup d'œil pincé au préalable. Mon hostilité à son égard lui a-t-elle mis la puce à l'oreille et se rend-il compte, que le professeur Dumbledore vient de le mettre sciemment à l'écart de l'infirmerie ?
« Va te faire foutre avec tes réserves, ducon. Les nôtres sont bien meilleures et efficaces. Et le professeur Dumbledore ne veut pas de toi ici ! Bien pour ça qu'il t'envoie dans les Cachots avec ces fumiers d'Ânes Bâtés… » maugrée Seamus, après s'être assuré que Latton ne puisse pas l'entendre, avant de me demander si j'ai besoin d'un coup de main pour soigner Théo…
« Non, merci Seam… Mais va voir Ron, s'il te plait. Il tarde avec Draco et ça me pose question… » réponds-je, d'un ton nettement plus aimable pour mon pote, esquissant même un sourire…
Seam hoche la tête et sort avec sa caisse. Mais à peine le rideau tombé, je l'entends maugréer que nous n'avons pas besoin des « réserves de merde de ce sale con de Latton » et poser la caisse avec brutalité sur le sol…
« Qu'est-ce qu'il a Draco ? » demande Théo, dont je découvre les jambes, après avoir bien chauffé notre espace.
Bien évidemment sa voix est très inquiète…
« Je ne sais pas, Théo. Apparemment, il est venu à l'infirmerie sur ses jambes, mais au moment où j'arrivais, Ron le portait vers un lit. Et comme tu arrivais à ton tour, il m'a dit qu'il s'occupait de lui, pendant que je m'occupais de toi. Il doit le frictionner lui aussi peut-être. Enfin, quoi qu'il en soit, ce ne doit pas être si grave, sinon Ron l'aurait mené dans l'annexe… » réponds-je, essayant d'être rassurant
Et me gardant de dire tout haut ce que je pense tout bas. Ron n'a peut-être pas mené Draco dans l'annexe, tout simplement parce qu'elle était déjà pleine…
J'ai versé une bonne quantité de Friction Calor dans ma main, une Potion qui va permettre de bien réchauffer mon frère et je le frictionne avec vigueur. Elinor avait raison, ça ne va pas lui faire de tort. Ses pieds sont encore très froids, malgré les Sortilèges de Réchauffement.
« Tu n'as pas de nouvelles de Ginny alors. Marian m'a dit qu'elle a une épaule salement fracturée, mais je sais qu'il ne m'a pas tout dit et que son état est bien plus grave. Elle ne se réveillait pas quand je l'appelais. Et Cho, Elinor et lui ont pris beaucoup de précautions pour la mobiliser… » soupire Théo, d'un ton vraiment très inquiet…
« Non, je n'ai pas de nouvelles. J'ai juste croisé Cho en arrivant. Elle m'a dit que Ginny est dans l'annexe et que Richard et Mondingus s'occupent d'elle, sans rien préciser d'autre à son sujet. Elle m'a aussi appris que Blaise et Hagrid sont également dans l'annexe. Hagrid est dans le coma et son état est critique. Selon ce que je sais d'autre, il y a beaucoup de blessés gravement atteints et pour faire face à la situation, le professeur Dumbledore a dû requérir en plus de Richard, la présence de Madame Prewitt et d'Augustus Pye.… » explique-je, en sentant une horrible boule me monter dans la gorge et des larmes me picoter les yeux…
Je suis terriblement inquiet pour Ginny et Blaise, bien sûr. Je les aime vraiment beaucoup tous les deux et ça me ferait très mal de les perdre. Mais je suis carrément angoissé, à la pensée que Hagrid, mon cher et si bon Hagrid, puisse mourir. Il a tellement d'importance à mes yeux ! Et je me rends compte maintenant, que je ne le lui ai jamais dit. Combien je le regrette ! Et je me promets de réparer ce manque, si je le peux, en ravalant mes larmes
Ce n'est pas le moment de pleurer. Il faut que je me montre fort, pour Théo et pour toutes celles et ceux qui souffrent…
« On s'est fait avoir comme des bleus, Harry… » soupire encore une fois Théo, d'un ton bas et tremblant…
« Du peu que j'ai compris, ils ne vous ont laissé aucune chance de vous en sortir indemnes. Ils vous ont eu par surprise et vous étiez à découverts, quand ils étaient à l'abri derrière les rochers, n'est-ce pas ? Je suis sûr que vous avez fait tout ce que vous pouviez, compte-tenu de la situation. Alors ne te mets pas à culpabiliser, quand tu n'as certainement rien à te reprocher, Théo… » tâche-je de le tranquilliser, avant de le faire tourner sur le ventre…
Théo ne répond pas. Je sens monter vers moi des vagues douloureuses. Il se repasse le film de l'attaque, j'en suis certain …
« Nous avons été complètement piégés, c'est vrai. Heureusement, à part Brandburgy qui a essayé de l'utiliser deux fois contre Ginny, aucun encore ne devait savoir jeter l'Avada. Mais une chose est sûre, Harry : ils n'y sont pas allés de main morte. Ils cherchaient à tuer, pas seulement à blesser. Ils s'acharnaient encore sur ceux qui étaient déjà à terre et ne pouvaient pas se relever. Si Marian n'était pas arrivé à temps, Jugson nous aurait achevés, Ginny et moi. J'ai vu dans ses yeux qu'il allait vraiment le faire… » murmure-t-il, au bout de quelques secondes, marquant une hésitation, avant de me demander : « Sais-tu s'il y a des morts ?… »
« Je ne sais pas, non. Je t'ai dit tout ce que je sais… » réponds-je avec douceur, un long frisson me parcourant l'échine…
Comment peut-on être aussi sauvage et barbare ?
Bordel ! Ces Ânes Bâtés ont tous entre quinze et seize ans, seulement ! Depuis combien de temps ressentent-ils le désir de tuer ? Pourquoi tellement de cruauté, de férocité dans leur cœur ?
« Comment te sens-tu, est-ce que tu te réchauffes ? Et tes yeux, ça va mieux ? » demande-je à mon frère, alors que je lui masse doucement le dos, bleuis par de gros hématomes…
« Oui, ça va, je me réchauffe bien. Mes yeux sont encore un peu douloureux. Mon dos aussi, mais ton massage lui fait du bien. Je n'ai plus mal à la tête, non plus. Ça tire juste un peu là où j'avais le cuir chevelu éclaté…» répond Théo, d'un ton tristounet.
« Ouais, c'était une sale coupure, à voir. Et tu devais avoir une sacrée bosse aussi. Mais elle dégonfle déjà. Demain, il n'y paraitra plus du tout… » commente-je, en massant avec insistance ses épaules
Il est tout crispé. Et il soupire de nouveau, avant de rester silencieux durant quelques minutes. Je respecte ce silence. Je connais Théo. Il a besoin de faire le point avec lui-même et de temps pour se confier. Et je fais durer le massage, juste pour le bichonner maintenant, écoutant d'une oreille distraite le remue-ménage et le brouhaha de murmures, qui anime l'infirmerie…
Que fait donc Ron ? Pourquoi Seamus n'est pas venu dire ce qu'il en est ?
« Je voudrais être auprès de Ginny… Je voudrais être à sa place et qu'elle aille bien… » murmure soudainement Théo, la voix douloureuse
Encore une fois un long frisson me secoue. Je comprends ce qu'il ressent. Je serais dans le même état d'esprit, si Ron était gravement blessé. Il faut cependant que je le rassure du mieux que je peux…
« Son état est certainement grave, mais personne n'a dit que sa vie est en jeu, n'est-ce pas ? Raccroche-toi à ça, Théo et ne pense pas au pire déjà. Ça ne fait que te torturer l'esprit. Aie confiance. Ginny n'est pas morte et elle ne mourra pas. J'en suis convaincu… » réponds-je donc avec douceur
« Mais si ça arrivait ? S'ils n'arrivaient pas à la sauver ? Je ne pourrai pas vivre sans elle…» souffle Théo, la voix emplie de larmes, alors que Ron écarte le rideau…
Le voilà enfin ! me-dis avec soulagement, avant d'être de nouveau saisi d'inquiétude…
« Ça n'est pas le cas, Théo. Je viens d'avoir des nouvelles. Ginny va s'en tirer. Ses cervicales sont bien amochées, mais sa moelle épinière est intacte. Elle ne sera pas paralysée, comme Marian, Cho et Elinor le craignaient. Alors détends-toi… » intervient-il avec un mince sourire dans la voix
Théo soupire pour la énième fois. De soulagement cette fois. Il ne le ferait certainement pas, s'il voyait le regard de Ron. Un regard sombre. Terriblement sombre…
« Tu as d'autres nouvelles ? » demande-je dans un souffle, en remettant Théo sur le dos, avant de bien remonter son drap et ses couvertures sur lui…
« Tout le monde s'affaire toujours auprès des autres et je n'en sais pas plus à leur propos. Je ne me suis pas enquis du bilan encore… » répond-il, son regard profondément ancré dans le mien, hésitant un quart de poil, avant de préciser : « En fait, je viens de laisser Draco aux mains plus expertes que les miennes, de Bill et Tonton Sev… »
« Qu'est-ce qu'il a ? » demande-je, en me précipitant déjà en direction du lit où je sais Draco allongé..
Mais Ron me retient d'une prise ferme…
« Laisse Bill et Tonton Sev faire leur boulot, Harry. Draco ne sentira rien du Contre Maléfice auquel ils vont procéder, car nous l'avons profondément endormi… » dit-il avec douceur, m'incitant à m'asseoir auprès de Théo…
« Ok. Mais dis-moi ce qu'il a, tout de suite. » réponds-je, m'assoyant auprès de mon frère et passant un bras autour de ses épaules…
Il s'est redressé dans le lit, l'air vivement inquiet lui aussi et je glisse un autre oreiller dans son dos pour le soutenir...
Ron prend place sur la chaise, avant de répondre…
« Avant tout, sachez tous les deux qu'il va se rétablir très vite. Il a été pris en charge à temps. » dit-il, en nous regardant alternativement, Théo et moi…
« Ouais. On a compris. Tout va aller bien pour Draco. Maintenant crache le morceau, Ron… » insiste-je, mes cheveux hérissés sur ma nuque.
Toutes ces précautions pour nous annoncer de quel Maléfice Draco a été victime, ce n'est pas de bon augure. Pas du tout…
« Internum Frigore Perniciosa. » lâche brusquement Ron, sur un soupir…
« Quoi ! » nous exclamons-nous, Théo et moi, d'une même voix…
Je ne sens subitement devenir exsangue..
Internum Frigore Perniciosa ! Le Maléfice de Congélation Interne Pernicieuse…
Une monstrueuse saloperie ! Insidieuse et mortelle, si elle n'est pas contrée à temps…
Oh ! Putain ! Pourvu que Draco s'en sorte indemne !
Ni Théo, ni moi n'avons cependant le temps d'exprimer notre angoisse, car Ron reprend précipitamment la parole…
« C'est bon, il va s'en sortir ! Il a été pris en main à temps, je vous l'assure ! Et Bill a fait faire le tour de tous les lits. Deux autres élèves ont reçu le Maléfice mais ils ont été détectés à temps aussi !… » s'exclame-t-il, soupirant une fois de plus, avant d'expliquer : « Bon, c'est vrai, Draco est passé par une belle porte et il s'en est fallu d'un poil qu'on passe à côté. Bien entendu, il a été frappé dans le dos et ne l'a pas senti. Et puis, s'il n'avait pas passé sa main dans sa chevelure alors qu'il me parlait, je n'aurais pas eu l'œil alerté par la petite coloration verdâtre à la racine des cheveux, qui permet d'identifier cette saloperie. Je l'aurais mis au lit pour qu'il se réchauffe et se repose et on l'aurait retrouvé mort complètement congelé de l'intérieur, dans une heure au plus. Bill et moi, nous avons stabilisé son état et nous l'avons endormi. Une chance qu'il soit possible de le faire, avant de contrer le Maléfice ou il aurait salement morflé encore une fois, le pauvre. Là, il aura sans doute un peu mal au ventre pendant un jour ou deux, le temps que ses organes reprennent leur cours normal, mais ça va aller. Il n'aura pas de séquelles. Du moins, je ne crois pas. Bill et Tonton Sev non plus… »
« Putain de bordel ! Comment des cinquièmes années peuvent-ils connaître ce genre de Maléfices tordus ? C'est impensable ! » m'exclame-je, assez discrètement cependant pour ne pas troubler davantage qu'il ne l'est déjà, le repos des blessés…
La colère me gagne…
Et quoi qu'ait dit Ron, je ne suis qu'à demi rassuré. Si le processus de congélation avait commencé dans certains de ses organes, les cellules seront mortes et rien ne pourra tout à fait guérir Draco…
« Faut pas se leurrer. Certains d'entre ces petits salauds, ont été formés à la Magie Noire dès leur plus jeune âge. Soyons heureux qu'ils ne soient pas encore assez puissants, pour rendre leurs Maléfices plus efficaces et dangereux encore, qu'ils le sont déjà… » déclare Ron, sous le hochement de tête positif de Théo
« Oui, mais quand même ! L'Internum Frigore Perniciosa, tu te rends compte ! » m'exclame-je, tandis qu'il acquiesce, le regard fataliste…
« Ron a raison, Harry. Certains sont bien entraînés à la Magie Noire, dès qu'ils ont leur première Baguette en main. Parfois même avant. Et ils ont dû être de bons élèves. Moi, mon géniteur a bien essayé quelques fois de m'apprendre de ces trucs dégueulasses, dès mes onze ans, mais je n'y ai jamais mis de bonne volonté et il a abandonné l'idée de me former si jeune. Il disait qu'on s'y remettrait, quand j'aurais passé mes buses… » dit-il, poussant un petit soupir, avant d'ajouter : « Bien sûr, ça m'a coûté chaud, de ne pas être doué… »
Ni moi, ni Ron ne répondons à cela. Il n'y a rien à dire de toute façon…
« Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu soupçonnais l'Internum Frigore Perniciosa, quand je suis arrivé ? » demande-je à Ron, à la place…
« J'ai dû penser que c'était mieux ainsi. Je m'occupais déjà de lui et je savais Bill tout près. Et puis Théo arrivait et avait certainement besoin de toi, alors que Draco ne se rendait compte de rien… Mais à vrai dire, je n'en sais rien. Je crois que j'ai juste réagi comme ça par instinct… » répond Ron, en haussant les épaules…
Un instinct protecteur, bien sûr. Il savait combien je me ferai d'angoisse pour Draco, si j'étais auprès de lui. Il a voulu m'épargner ça le plus longtemps possible. Pouvoir me donner des nouvelles les plus rassurantes, bien sûr…
« C'est donc pour ça, qu'Elinor est revenue tout à l'heure. Il n'y avait pas de pince dans mes cheveux. Elle venait vérifier que mes racines n'étaient pas vertes… » murmure Théo, sourcils froncés, en passant machinalement un main dans ses cheveux…
Ah, oui, tiens je n'avais pas percuté. Elle a bien joué sa comédie, Elinor. Je ne l'ai pas un instant soupçonnée de raconter des cracks…
« A part Draco, qui a été touché par l'Internum Frigore Perniciosa ? » demande-je vers Ron…
« Rose Hunchenson et Albert Griffith. D'après Bill, ils ont été touchés après Draco. Et c'est tant mieux pour eux parce qu'ils étaient déjà bien amochés tous les deux. » répond Ron, avant de se lever et de dire qu'il va voir où en est la situation pour Ginny…
Il a la bougeotte bien sûr…
Quant à moi, je résiste à l'envie d'aller voir Draco. Je ne veux pas laisser Théo ronger son frein tout seul. Papa viendra me donner des nouvelles, j'en suis sûr, dès qu'il aura terminé de lever tous les Maléfices qu'on doit lui demander de contrer. Ou alors Ron repassera par là…
« Tu veux un thé ou un chocolat peut-être ? » demande-je à mon frère, qui se ronge maintenant les ongles…
« Je ne dis pas non pour un chocolat. A la cannelle si possible. » répond-il, sur un pauvre petit sourire.
J'appelle donc Dobby, pour qu'il nous apporte ça, assez même pour en proposer aussi à toutes les personnes qui sont dans l'infirmerie et dès que le chocolat arrive, j'en sers un grand bol à Théo, avant d'en boire un aussi, que je sirote à petites gorgées.…
« Ginny ça va. Les copains ont fait du bon boulot en l'immobilisant bien avant de l'amener à l'infirmerie. Son épaule a salement morflé, mais tout est de nouveau en place et Papa m'a confirmé que ses vertèbres n'avaient pas bougées, que la moelle est intacte. Ginny est vraiment encore une fois passée par une belle porte, mais finalement, elle aura juste l'épaule et le cou un peu raide pendant quelques temps. Blaise aussi ça ira. Il a eu une fameuse chance d'être arrivé à temps à l'infirmerie pour qu'il n'y ait aucun dégât irréversible. Les Maléfices de Congélation Interne Pernicieuse sont levés et il n'y aura pas de conséquences fâcheuses, ni pour Draco, ni pour les autres. Voilà pour les bonnes nouvelles. En revanche ce n'est pas top pour Hagrid, Shon McGowen et Swan Griffin. Ils sont tous les trois dans un profond coma et tous les Médicomages s'activent encore autour d'eux. Quand leur état sera stabilisé, Shon et Swan seront transférés dans des appartements privés, tout à côté. Comme ça, leurs parents pourront rester avec eux. Tatie Nally est allée les chercher. En fait, le professeur Dumbledore a demandé au Ministère d'envoyer quelqu'un avertir aussi tous les autres parents. En ce qui concerne les Ânes Bâtés prisonniers, ce sont les Aurors qui doivent s'en charger…» nous apprend Ron, lorsqu'il revient quelques minutes plus tard…
Il reprend place sur sa chaise et se sert un chocolat, nous expliquant encore que les familles des blessés devraient arriver d'ici une petite heure et celles des Ânes Bâtés, une heure plus tard. Ça permettra comme ça, qu'elles ne se rencontrent pas dans le Hall.
Soudainement, nous entendons un remue-ménage effervescent un peu plus loin. De toute évidence, il y a une nouvelle urgence. Un des élèves qui sont restés au bord du Lac et qui aura été blessé alors qu'ils essayaient de calmer et soigner le Calmar ?…
Ron passe aussitôt la tête entre les rideaux, mais la rentre vite…
« C'est de l'autre côté que ça se passe… » dit-il, avant de se lever et de faire vite fait le tour du lit…
Il passe de nouveau la tête entre les rideaux, regarde de chaque côté et revient vers nous…
« Trop tard. Mais ça venait de l'annexe je crois. Pompom a dû aller en vitesse chercher un truc dans son bureau… » dit-il, en revenant s'asseoir sur la chaise, en se frottant le nez, ce qui m'inquiète illico, ainsi que Théo, dont le regard s'assombrit...
Et à peine est-il assis, que Ron fronce les sourcils, se relève et plonge sa main dans la poche arrière de son treillis, dont il sort un joli bracelet en or…
« Oh… J'avais oublié que j'avais ramassé ça, tiens. Il faudra que je le rende à Cho, c'est elle qui l'a perdu tout à l'heure. Je l'ai bien appelée pour lui dire, mais elle est sortie si vite qu'elle ne m'a pas entendu… » dit-il, en posant le bracelet sur la table de nuit…
Soudainement, je me sens devenir exsangue et je me lève d'un bond…
« Cho ! Elle tremblait et claquait des dents ! Bill a fait faire le tour des lits, mais l'a-t-il fait faire des septièmes qui faisaient partie des renforts ? Et puis, Cho partait prendre une douche pour se réchauffer quand je l'ai croisée ! Et elle avait une manche un peu déchirée ! Elle m'a dit que ce n'était qu'une égratignure, qu'elle n'a même pas senti quand elle se l'est faite ! Elle s'est peut-être pris l'Internum Frigore Perniciosa ! » m'exclame-je, franchissant aussitôt le rideau du lit, pour chercher une Serdaigle du regard…
Je n'en vois aucune, mais le professeur Flitwick est là et je me précipite vers lui…
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Ron
Théo et moi échangeons un regard.
« Il faut espérer que Harry n'ait pas vu juste, parce que depuis le temps que Cho est partie, je doute que nous puissions maintenant la sauver… » souffle-je, terriblement inquiet, car je ne sais pas si Bill a fait faire le tour des Septièmes aussi…
Et mon pif frétille… Pas bon, ça. Pas bon du tout…
« Va avec Harry. De toute façon, il faut que vous alliez aussi voir les autres copains et copines. Demande juste à quelqu'un de me tenir au courant pour Ginny, Draco et tous les autres… » me répond Théo, tandis que nous entendons Harry appeler l'attention du professeur Flitwick…
« Sûr ? » demande-je, en retapant machinalement ses oreillers…
« Ouais. Vous viendrez tout me dire après. Allez, va !… » répond Théo, en m'encourageant aussi à partir, d'un geste de la main…
Je ne me le fais pas dire une troisième fois et, en sortant du couvert des rideaux, je repère Seamus et Dean, qui débarrassent les fioles de Potions vides. Ils ont l'œil morne et l'air fatigué tous les deux. Je les appelle pour qu'ils viennent tenir compagnie à Théo, avant de rejoindre Harry en quatre longues enjambées…
« C'est Cho qu'on a amenée dans l'annexe il y a deux minutes. Elle a été retrouvée inconsciente et recroquevillée dans une douche des vestiaires de la Salle d'Entrainement, l'eau chaude coulant à fond sur elle. » dit-il, en plongeant son regard infiniment triste dans le mien…
Il n'est pas besoin d'être devin, pour comprendre que Cho est probablement fichue…
Mon pif le sent…
« Pourquoi a-t-elle été retrouvée si tardivement ? » demande-je, catastrophé…
« C'est Elizabeth Rosewood, qui est partie à sa recherche. Elle s'est proposée d'y aller quand Bill a demandé qu'on vérifie l'état de santé des septièmes qui étaient allés en renfort au Lac, parce qu'elle avait entendu Cho dire qu'elle allait prendre une douche. Quand elle ne l'a pas trouvée dans les quartiers des Serdaigles, elle l'a cherchée un bon moment, avant de revenir pour signaler qu'elle ne la trouvait pas. Nev a alors pris contact avec le QG pour qu'on la trouve sur la Carte et il est allé la chercher avec Miranda… » répond Harry, en passant une main tremblante dans ses cheveux…
Putain… Quelle malchance pour Cho !
Elle a dû penser qu'elle avait avantage à aller prendre sa douche dans les vestiaires de la Salle d'Entrainement, bien plus proches de l'infirmerie, que ses quartiers. Mais voilà, Elizabeth Rosewood ne fait pas partie du Comité. Elle ignore donc tout de la Salle d'Entrainement et de la Carte de Poudlard, qui aurait permis de trouver Cho très rapidement…
Et en prime, tout le monde ici était tellement occupé à soigner les uns et les autres, que personne ne s'est inquiété, de n'avoir pas de nouvelles de Cho. Car après tout, Elizabeth pouvait l'avoir trouvée en excellente santé, n'est-ce pas ? Et après sa douche, Cho pouvait être restée à s'occuper des plus jeunes, qui doivent être bouleversés, effrayés, même…
« Pauvre Cho. Elle a eu vraiment la poisse… » murmure-je, profondément attristé, en regardant Bill, le professeur Dumbledore et Tonton Sev sortir de l'annexe.…
Ils ont l'air lugubre tous les trois et ils nous font signe de les rejoindre dans le bureau de Madame Pomfresh…
Cho va mourir. Cette fois, aucun doute n'est permis. Et je ne suis pas le seul à penser ça…
« Il n'y a pas d'espoir pour Cho, n'est-ce pas ? » demande effectivement Harry, en fixant mon frère et Tonton Sev
« Non, il n'y en a pas. Nous avons stabilisé son état, uniquement pour que ses parents puissent encore la voir en vie et veiller sur sa fin. Nally, qui venait à peine de rentrer de chez les McGowan et les Griffin, est partie les chercher… » soupire Tonton Sev, qui ne masque pas sa peine…
Harry soupire et ferme les yeux. Je sens sa douleur et son lourd chagrin. C'est normal. Je sais qu'il m'aime bien plus profondément qu'il l'a aimée, mais Cho a été son premier émoi amoureux. C'est avec elle, qu'il a échangé son premier baiser, qu'il s'est promené pour la première fois, main dans la main. Ce ne sont pas des souvenirs qui restent impérissables pour lui, mais cela reste des souvenirs attendris…
« Et naturellement, on ne pourra pas déterminer qui a fait ça, simplement en contrôlant les Baguettes ! Putain ! J'espère que le Magenmagot décidera que ces sales petites ordures d'assassins peuvent être traités comme des adultes et de faire procéder à des interrogatoires sous Veritaserum ! » m'exclame-je, tandis que la colère m'envahit peu à peu…
Comment des parents peuvent-ils entraîner leurs enfants à tuer ? Eux aussi devraient être arrêtés tiens ! Ils sont complices les salauds !
« C'est ce qui arrivera sans doute. Mais il est aussi possible que le coupable ne soit pas parmi nos prisonniers… » soupire Tonton, avant de prendre appui sur le bureau de Pompom
Le professeur Dumbledore s'est assis. Il a l'air terriblement las. Plongé dans des pensées pénibles et terriblement peinées.
« Brandburgy ? Tu penses que c'est lui ? Le petit fumier ! » crache-je, avec mépris…
« Non, ce n'est pas à lui que je pense. Pour Bill et moi, il n'y a aucun doute : Cho a été touchée après Albert Griffith et Rose Hunchenson, mais avant Draco. Et si nous en jugeons le stade où en était le Maléfice dont Draco a été victime, au moment où il a été stabilisé, il est fort possible que Brandburgy était déjà parti et que les septièmes aient été déjà au bord du Lac… » répond Tonton, dont le regard s'allume d'une lueur coléreuse…
« Et par conséquent, tu penses fort probable que ce soit un septième de la classe de Chourave qui ait usé de l'Internum Frigore Perniciosa et non un des Ânes Bâtés de cinquième. C'est logique. Maîtriser un tel Maléfice doit exiger beaucoup d'efforts et de temps. Et j'ai du mal à imaginer qu'un cinquième puisse le faire… Mais je suppose qu'il n'y avait pas d'Âne bâté, parmi les renforts… Enfin, je veux dire, pas d'Âne Bâté déclaré… » réagit Harry, qui pose une main sur mon épaule, pour m'aider à maîtriser ma colère grandissante…
Putain ! Sous couvert d'aller porter secours à celles et ceux qui étaient attaqués, un enfoiré de pro-Voldemort a saisi au contraire l'opportunité de leur faire davantage de mal encore !
« Non. Il n'y en avait pas. Gabe avait demandé à Pomona et deux élèves sûrs, de les garder à l'œil. » répond Tonton Sev, avant de se tourner vers le professeur Dumbledore et d'ajouter : « Il faut prendre une décision à ce propos, Albus. »
« Il n'y a pas à réfléchir, Severus. Quitte à froisser quelques susceptibilités, je vais demander à Kingsley d'interroger les septièmes années, s'il n'obtient aucun aveu des cinquièmes. » répond le professeur Dumbledore, sur un soupir…
La susceptibilité des amis du Comité ne risque certainement pas d'être froissée. Bien au contraire ! Ils voudront justice pour Cho. En revanche, effectivement, ce sera peut-être une couleuvre à avaler pour certains ou certaines des autres élèves de cette classe…
Surtout s'ils sont pro-Voldemort non déclarés et qu'ils risquent de voir leurs convictions découvertes, alors qu'ils se sont tenus à carreau jusqu'à présent…
Une porte s'ouvre dehors et je jette machinalement un coup d'œil vers celle du bureau, que Bill entrebâille à peine, avant de la refermer…
« Maman et Narcissa. Elles emmènent Cho déjà dans l'appartement où ses parents pourront rester auprès d'elle. C'est donc Papa qui va rester pour veiller sur Ginny… » déclare-t-il, en reprenant appui sur la porte…
« Combien de temps lui reste-t-il à vivre ? » demande alors Harry, la voix nouée…
« Nous avons stoppé le processus de Congélation, alors elle peut vivre encore quelques heures. Mais ses parents voudront peut-être que nous lui épargnons une lente agonie et demanderont-ils qu'il soit mis fin à sa vie. Ils ne devraient pas tarder à arriver. » répond Tonton Sev, la voix non moins nouée que celle de Harry, avant de jeter un coup d'œil sur l'horloge et d'ajouter : « Les autres parents non plus ne devraient pas tarder d'ailleurs. Et une heure après ce seront ceux de Carla Patroni et de nos prisonniers, avec les Aurors… »
« Effectivement. Descendons maintenant. Je tiens à accueillir Monsieur et Madame Chang comme il se doit. » déclare le professeur Dumbledore, en se levant…
Et il a beau redresser le dos, je le trouve soudainement ratatiné sur lui-même et vieilli de dix ans au moins…
Cette guerre va finir par le tuer, me dis-je, en lui emboîtant le pas…
« Carla Patroni ? Pourquoi la citer à part des autres Ânes Bâtés ? Que se passe-t-il donc avec elle ? » demande-je, en fronçant les sourcils…
« D'après ce que nous savons, le Calmar qui était déjà énervé à cause de sa blessure, s'est mis carrément en colère lorsque l'attaque a débuté et qu'il a essuyé quelques Maléfices lui aussi. Comme elle était la plus proche du Lac parmi les assaillants, il s'est saisi d'elle et il l'a jetée à quelques mètres dans l'eau. Si elle avait su nager, elle aurait pu revenir sur la rive. Mais voilà, elle ne savait pas et elle s'est noyée… » répond Tonton Sev, avant de me précéder hors de l'infirmerie
« Ah… Ben ses parents auraient mieux fait de lui apprendre à nager, que de lui apprendre à jeter des Maléfices vicieux pour assassiner des gosses… » murmure-je, en emboitant le pas à Tonton.
Il acquiesce, d'un hochement de tête, tandis que Harry se penche vers moi
« Allons voir Cho, je veux lui dire au revoir. Ensuite, nous irons dans la Grande Salle… » murmure-t-il, avant de demander clairement où se situent les appartements dans lesquels Cho a été transférée il y a un instant…
C'est la troisième porte à gauche, nous indique Tonton Sev, sans se retourner…
Les appartements sont silencieux, lorsque nous y entrons. Une seule des portes du petit couloir est ouverte et nous nous dirigeons vers elle. Les rideaux n'ont pas été tirés, il fait donc aussi clair que la couleur du ciel le permet, depuis que la neige a cessé de tomber. Maman et Tante Narcissa sont assises de chaque côté de Cho et nous regardent approcher avec tristesse.
Harry s'arrête au pied du lit. Il tremble un peu. Je pose une main compatissante sur son épaule, puis je m'approche de Cho. Sa peau à la pâleur de la cire, ses yeux en amande sont un peu cernés de bleu et ses lèvres sont également bleutées. Son visage luit légèrement, comme s'il était délicatement givré. Et si sa superficielle respiration n'était pas un peu sifflante, je jurerai qu'elle est morte…
Ça me fait mal au bide, de la voir comme ça. Cho était vraiment belle. Même ainsi, aux portes de la mort et malgré les stigmates du Maléfices qu'elle a reçu, elle reste aussi jolie et délicate qu'une poupée de porcelaine. Je comprends que Harry ait eu un coup de cœur pour elle.
Mes doigts s'avancent, pour saisir une mèche de cheveux et la replacer avec les autres, sur sa poitrine. Ils sont lisses et doux sous mes doigts. Je sens leur délicat parfum monter vers moi.
Je me penche à son oreille, dont l'ourlé est orné d'un tout petit diamant…
« Je ne te dis pas adieu, mais au revoir Cho, car j'espère bien qu'on se reverra, quand mon tour viendra d'aller au Paradis. Je suis honoré de t'avoir connu, tu sais. Je t'aimais bien. Tu étais une chouette fille et tu vas me manquer. Et s'il te plait, quand tu seras là-haut, dis bonjour à mon frère pour moi, si tu le vois. Et à Lucy et Ursula également. Et puis, dis aussi bonjour de ma part à Cédric Diggory, je suis sûr qu'il sera là pour t'accueillir. Je ne le connaissais pas, mais je sais que c'était un chic type. Au revoir, Cho. Au revoir… » chuchote-je avant de déposer un baiser sur sa joue…
Elle est glacée. Plus encore que l'était celle de Percy, lorsque je l'ai embrassé pour la dernière fois. Mon cœur se pince. A combien de nos proches et de nos amis devrons-nous encore avoir à dire au revoir, avant la fin de cette guerre ?
Je me redresse, puis je prends Maman par le coude et je l'entraîne avec moi, en effectuant un signe de tête à Tante Narcissa, pour qu'elle nous suive. Elle est étonnée de ma requête, mais elle le fait quand même…
A mon passage, Harry me jette un regard de remerciements…
Maman, Tante Narcissa et moi nous rendons dans le salon. Un plateau de thé attend sur la petite table et je leur en propose…
« Pourquoi as-tu… » commence Tante Narcissa, en levant vers moi un regard empli d'incompréhension…
« Il m'a semblé normal de laisser Harry seul, pour faire ses adieux à Cho. Elle a été sa petite amie et a beaucoup compté pour lui pendant un temps. » réponds-je avec douceur, en lui donnant sa tasse de thé…
Elle acquiesce simplement de la tête, pour signifier qu'elle comprend et c'est en silence que nous buvons notre thé. Harry n'est pas très long à sortir de la chambre de Cho. Il n'entre pas dans le salon, me faisant un léger signe de tête depuis la porte pour que je le rejoigne, avant de tourner le dos.
Aussitôt Maman et Tante Narcissa, se lèvent et repartent auprès de Cho.
Harry se tourne vers moi, quand je le rejoins. Il a les yeux un peu rougis, mais ils sont secs. Il ne s'est pas autorisé à pleurer. Il a ravalé ses larmes et elles gonflent son cœur d'une peine infinie. Et lourde. Tellement lourde…
Je le prends dans mes bras et je le serre doucement contre ma poitrine.
« Allons-y. J'ai besoin de voir Jérémy et Jodie, maintenant… » murmure-t-il, au bout de quelques secondes…
« Ne veux-tu pas voir les parents de Cho ?… » demande-je, avec douceur, en le retenant contre moi…
« Pour leur dire quoi ? Que leur fille est une héroïne ? Albus va le faire, bien mieux que je pourrais le faire moi… » répond-il, en se dégageant doucement de ma prise.
Je ne manque pas de noter qu'il a dit Albus et non le professeur Dumbledore. Il a franchi un nouveau pas en avant. Mais ce n'est pas ce qui compte le plus pour l'heure. Une fois encore je le retiens et je plonge mon regard dans le sien…
« Non. Pour leur dire qu'elle est ton amie, que tu l'aimes beaucoup et que tu as de la peine. Ou simplement pour les embrasser. » insiste-je, en lui caressant la joue…
« Je n'en ai pas le courage. Je ne tiendrai pas le coup. Je risque de craquer et ce n'est pas le moment… » avoue Harry, en appuyant son front contre ma poitrine…
« Alors laisse-moi avoir du courage et tenir le coup pour nous deux. Tu as le droit de craquer, Harry. Tu as le droit d'avoir du chagrin parce que Cho va mourir et que tu crains aussi pour la vie de notre bon Hagrid, ton premier ami du Monde Sorcier. Tu as le droit d'avoir de la peine, parce que des gosses ont attaqué d'autres gosses, pour les tuer et que ton frère y aurait laissé sa peau, s'il n'avait pas reçu les soins adéquats, juste à temps. Bon sang Harry ! Tu pleures si souvent pour les autres, si peu pour toi-même ! Alors vas-y, je t'en prie. Pleure maintenant. Pleure pour ton chagrin et uniquement pour ton chagrin. Pas pour la douleur des autres. Pour la tienne. Tu en as le droit… » déclare-je, en le serrant très fort contre moi…
Et Harry craque. En silence. Il laisse couler ses larmes.
Et je le laisse pleurer.
OoOoOoO
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