Bonjour à toutes et à tous,
Merci encore aux personnes qui continuent à lire et à commenter, pour ceux et celles qui le font, mon histoire.
Streema : Effectivement, la mère de Sakura donne envi qu'on lui fasse comprendre une bonne fois pour toute que son comportement est exécrable. Merci à ma grand-mère de m'avoir prêtée sa personnalité pour créer ce personnage.
Bonne lecture à tous et à toutes.
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Quand Hinata estima que la récréation avait assez duré et qu'il était temps de retourner dans la salle qui lui servait de classe, elle s'y dirigea et d'un petit petit tintement de clochette sonna le retour au sérieux. Néanmoins, contrairement à leur habitude, ses petits élèves se firent prier, la faisant patienter. Ni comprenant plus rien, la Hyuga se dirigea de nouveau vers le jardin et y vit Naruto entouré des enfants, alors qu'Hélène et Sasuke les observaient un peu à l'écart. D'ailleurs, le ténébreux commençait à trouver le temps long et espérait ne pas décoller trop tard. Mine de rien, Juugo lui manquait et il était certainement entrain de l'attendre chez l'Uzumaki maintenant, au vu de l'heure. Cependant, il devait encore attendre que son meilleur ami en termine avec son cinéma. La lueur dans ses yeux azur ne présageait rien de bon et il allait encore faire des siennes. Il en mettrait sa main à couper.
Heureusement que ce n'était qu'une expression car la blond ne mit pas longtemps pour confirmer ses doutes. S'avançant, Naruto se mit à signer un "je t'aime" avec ses mains à l'intention d'Hinata. Cette dernière en fut toute émue. Alors comme ça, les enfants avaient eu le temps de le lui enseigner. Attendrie, elle allait s'avancer pour le remercier de cette attention qu'elle se stoppa face aux gestes de son aimé. Ce dernier n'en avait pas terminé visiblement, et continua à s'exprimer en langage des signes. En voyant les signes, la Hyuga en fronça les sourcils. En effet, n'ayant pas eu le temps d'apprendre tout un discours en ce langage, il invita donc les enfants de le faire à sa place. Ce fut donc dans un silence religieux que ces derniers récitèrent une prose bien maladroite. En gros, ils plaidaient pour qu'elle en termine avec son cours pour suivre son chevalier servant sur son cheval blanc.
"- C'est si romantique, mademoiselle Hinata, plaida encore Astrid. J'aimerai bien être à votre place, kidnappée par mon amoureux. Je vous en prie dite-lui oui.
- Dite-lui oui," appuyèrent ses camarades.
Les quatre avaient les yeux brillants où on aurait pu y voir des coeurs danser. Face à ces visages de chatons battus, Hinata sentit son coeur s'emballer. Son devoir d'institutrice lui criait de refuser. C'était sa responsabilité. Cependant, une part d'elle désirait céder à leur requête. Son hésitation était flagrante qu'elle en baissa la tête. Que devait-elle écouter, ses sentiments ou sa raison ? Au moment où elle pensait avoir pris sa décision et qu'elle leur fit face à nouveau, Naruto se trouva devant elle, une main tenant une rose tendue vers sa personne, un sourire tendre et ses pupilles azur étincelantes d'amour illuminant son visage. Une aura irradiante le recouvrait entièrement au point qu'elle ne pouvait pas se détacher de ce spectacle. Entouré ainsi de ses petits élèves, cette image le rendit des plus irrésistibles.
"- Je t'en prie ma princesse. Fais-nous ce plaisir."
Cette supplique eut raison de la résolution de la future institutrice. Elle, qui aurait voulu faire passer le bien des bambins avant tout et de remplir son devoir, se vit lever les doigts pour se saisir de la fleur qui lui offrait. Prenant cela pour un oui, le blond la serra contre lui devant les enfantins yeux émerveillés. Si les petits spectateurs avaient eu la capacité de parler, tous aurait pu les entendre glousser devant un tel spectacle. Astrid et ses copines s'imaginaient bien à la place de leur professeure particulière. Leur camarade masculin, un peu dégoûté comme l'étaient les garçons à son âge, en faisait une petite grimace. A cela, l'Uzumaki lui sourit malicieusement, se rappelant qu'il avait eu la même réaction durant cette période de son enfance jusqu'à ce que ses premiers émois n'apparaissent dans sa vie. Dommage que ces derniers n'avaient pas concerné la belle jeune femme qu'il tenait dans ses bras, mais bon, mieux vaut tard que jamais.
Quoi qu'il en soit, maintenant qu'elle avait accepté sans vraiment en prendre conscience, Hinata ne pouvait plus revenir en arrière. Elle partit donc ranger sa classe avec l'aide de ses élèves, plus qu'enthousiastes face à cette tâche. Puis, elle les attendit un instant pour voir son petit-ami faire un check en guise d'au revoir à son homologue plus jeune, qui n'osa pas faire de même avec Sasuke. Ce dernier le regardait tellement de haut, avec son regard habituel, c'est-à-dire froid et sombre, qu'il préféra passer devant lui, la tête entre ses épaules. Par contre, les petites filles le dévisageaient du coin de l'oeil, le trouvant mine de rien si mystérieux qu'il avait aussi son charme. Naruto était le chevalier blanc, alors que l'Uchiwa représentait pour elles le chevalier noir, l'anti-héros au coeur de pierre que l'amour d'une princesse changeait à la fin. A cette vue, l'Uzumaki charria son meilleur ami alors que les enfants s'éloignaient d'eux.
"- Alors comme ça, tu fais aussi tourner les têtes aux filles à peine sortie des couches. Quel dragueur !
- Moi au moins, j'ai du succès. Charisme Uchiwa oblige.
- Hey, moi aussi, je te ferais dire, s'offusqua son ami.
- Dis celui qui n'est jamais sorti avec quelqu'un avant aujourd'hui, ironisa Sasuke.
- Toi non plus, je te ferai remarquer.
- Et tu sais pourquoi. Cependant, sans cela, je n'avais plus qu'à claquer des doigts pour avoir une fille à mes pieds.
- Pft," s'offusqua Naruto.
Ce dernier croisa les bras et s'éloigna, un peu en colère. Sa taquinerie s'était retournée contre lui. L'Uchiwa venait de remuer dans son coeur le couteau de sa solitude et qu'à part lui gratifier de moqueries et d'insultes, la majorité de ses anciennes camarades de classe ne l'avaient pas considéré comme un prétendant potentiel. Néanmoins, Hinata l'aimait déjà à cette époque et en cet instant, ce constat le détendit et le poussa à la regarder tendrement. Finalement, il n'avait pas à regretter ces années passées sans aucunes amourettes, bien qu'il aurait aimé en vivre une. Mais pourquoi ? Pour faire comme les autres ? Recevoir la considération de ses compères ?
Il était vrai qu'il avait vu les autres lorgner les couples avec une telle envie, une telle jalousie et admiration qu'il aurait plus qu'apprécier d'être la nouvelle attraction du moment et d'être le principal sujet de conversation de la cour de récréation, ou du moins de la classe. Visiblement, certains s'en étaient contrefichés comme Shikamaru et Temari, eux qui s'aimaient depuis le lycée, ne nourrissant aucun regret, mais d'autres s'étaient pavanés suite à cette valorisation, leur égo en construction bien caresser dans le sens du poil. Kiba en avait été un sacré exemple, en tombant "amoureux" presque tous les jours. Il aimait cette considération encore aujourd'hui, mais il était devenu plus honnête contrairement à ses jeunes années, en révélant à ses conquêtes que rien de sérieux ne découlerait de leur aventure d'un ou de plusieurs soirs.
Pour la conserver à l'époque de leur scolarité, il avait été prêt à "essayer" en enchaînant les relations les unes après les autres et cela sans vraiment de sentiments, les illusionnant à sa "copine", sans aller à tromper, mais rompant simplement aux moindres doutes ou difficultés. Cependant, cela n'avait engendré pas mal de coeur brisé et lui-même ne devait pas bien le vivre au final, même s'il voulait montrer le contraire et le disait encore aujourd'hui-, à moins d'avoir une pierre dans le thorax. L'Inuzuka n'avait pas été le seul, puisque certains garçons et certaines filles avaient fait de même, mais leur raison oscillait entre la peur de se fourvoyer, de faire fausse route sur leur choix de partenaire et celle d'être seul au milieu de couples. Cependant, régler de cette manière cette angoisse de ne jamais être sorti avec quelqu'un en aurait-elle vraiment valu le coup s'il l'avait fait aussi ? En effet, Naruto était maintenant persuadé qu'il était presque naïf de croire que d'agiter sa langue dans la bouche de l'autre prouvait quelque chose, puisqu'on pouvait embrasser sans aucun amour.
Il se rappelait d'une certaine Ryûzetsu qui avait tenté sa chance lorsque sa notoriété avait augmenté en flèche. Elle s'était jetée sur ses lèvres par surprise devant toute sa classe. Bien qu'il y avait répondu, il n'avait rien ressenti d'aussi fort qu'aujourd'hui et il avait su ne pas l'avoir aimée comme elle aurait voulu. Néanmoins, les sifflements d'approbation qui lui étaient parvenus aux oreilles avaient failli le convaincre de tester une amourette avec elle. En réfléchissant, l'Uzumaki réalisa alors que c'était sûrement ce que son ancienne camarade d'école avait eu comme objectif. Oh, il aurait pu craquer. Ce fut une jolie fille, mais il avait refusé en s'excusant alors qu'elle était partie, furibonde et vexée. D'ailleurs, son comportement avait radicalement changé après cela, devenant distante. Elle, qui avait eu pour habitude de le coller dès qu'elle le voyait au même titre que Shion, faisant parti de sa petite bande, avait fini par l'ignorer complètement, comme s'il avait eu la peste. Finalement, ses intentions amoureuses n'avaient pas été aussi véridiques que cela.
En fait, il réalisa qu'elle s'était arrêtée au moment où la reine de leur groupe qui n'était qu'autre que Shion avait commencé à perdre son assurance. Cela correspondait assez avec ce qu'il savait du harcèlement de cette dernière par Sakura. Son refus avait-il donné à la rose une sorte de feu vert pour s'en prendre à leur camarade de lycée ? Peut-être et cette idée réveilla en lui une lueur de culpabilité. Le blond ne le saura sans doute jamais, car il se refusait de réveiller en la fiancée de Shisui les blessures du passé qui devaient justement rester dans le passé. L'avenir lui souriait actuellement et ce n'était pas lui qui allait le mettre en danger. En tout cas, dans l'hypothèse d'avoir accepté de sortir avec Ryûzetsu, aurait-il été heureux de la situation ? Peut-être au début du fait de l'attention des autres sur lui. Néanmoins, au fil du temps, cette expérience n'aurait été que superficiel et dépourvu de sens, surtout si aucun amour n'était partagé. L'intérêt de son entourage se serait estompé et après quoi ? Rester avec la fille par habitude, pour ne pas rester seul, pour faire toujours genre ?
Cela n'aurait pas été très représentatif de respect vis-à-vis de sa camarade, de ses sentiments et même pour lui-même. La joie d'être populaire se serait estompée pour se transformer en regret. En plus, plus le temps serait passé, plus la rupture aurait été difficile, si au final, un attachement avait naquis chez la dite copine. Et puis, ses propres amis n'auraient certainement pas applaudi. Oh, ils auraient toléré sa "petite-amie", mais connaissant les sentiments d'Hinata pour lui et conscient ce qu'ils auraient jugé sa décision comme de l'hypocrisie, Naruto était presque certain qu'ils auraient tenté de lui faire réaliser l'absurdité de la situation, enfin surtout Sasuke ou Shikamaru. Finalement, s'il s'était lancé dans ce genre d'aventure ou d'autres situations, l'Uzumaki aurait été bien à plaindre de jouer un rôle, de ne pas être vraiment lui-même à collectionner les conquêtes, changeant tous les quatre matins sous prétexte d'essayer ou pour faire enrager les copains et les copines. De toute façon, cela ne lui correspondait pas du tout, même aujourd'hui.
Finalement qu'est-ce qu'il l'aurait incité accepter, à part répondre à une idée reçue comme quoi le célibat s'est nul, qu'on était considéré que parce qu'on était un bourreau des coeurs et que c'était ce qu'on attendait d'un adolescent ? Devait-il accuser la puberté et les chamboulements que cette dernière impliquait, si on rajoutait en plus, tout ce qu'il avait traversé durant son enfance et son adolescence ? En effet, comme le signalait Jiraya, son cerveau et celui de ses camarades adolescents avaient dû s'habituer et s'adapter aux nouvelles informations apportées par les hormones sexuelles. Le souci d'indépendance, de penser par soi-même, de montrer une image d'adulte et le désir profond, souvent inconscient, de garder des liens forts avec leur famille se mélangeaient, et les avaient complètement déboussolés. Un nouveau schéma s'était créé durant la période pubère et cela n'avait pas été forcément facile de s'y retrouver dans cette période de rébellion externe et interne.
Naruto se souvenait très bien de ses yeux attirés par une belle fille, enfin selon les critères de son époque et véhiculés par les médias. C'était bien plus tard, quand Shikamaru lui avait expliqué un passage de son cours de biologie, qu'il avait plus ou moins compris qu'inconsciemment, ses instincts le poussaient à chercher celles qui possédaient potentiellement les qualités suffisantes pour porter sa descendance. Il se rappelait très bien ses camarades féminins traiter de pervers, ainsi ses copains et lui-même pour les avoir trop fixées, interprétant mal leur comportement. Les mecs pouvaient apprécier leur beauté sans pour autant vouloir les mettre dans leur lit. Pourtant, elles n'avaient pas été en reste non plus. En effet, le mythe du bad boy sauvé par l'amour de l'ingénue et la sensation de force physique qui émaneait de certains par leur attitude les attiraient tout autant que la vue d'une jolie fille pour leur compagnon de classe. Tout comme eux, elles les jugeaient ainsi et sans s'en rendre compte, comme possédant des gênes assez forts pour leur donner des enfants en bonne santé.
Que ce soit les garçons ou les filles, ils étaient tous sous l'influence hormonale qui transformait le physique de l'enfant qu'ils étaient en celui de l'adulte en devenir. L'incompréhension des réactions de leur corps et la pensée erronée qu'il était vital d'écouter leurs hormones sans aucun contrôle les poussaient parfois à commettre des erreurs plus ou moins récupérables. Dans le moindre des cas, l'image érotique, comme sur certaines affiches publicitaires, ou juste attirant l'oeil par une belle physionomie, faisait connaître aux adolescents et adolescentes leur première réaction sensuelle réflexe et un désir animal hérité de nos lointains aïeuls et qu'ils ont du mal à comprendre. Dans le pire des cas, l'image qu'ils renvoyaient d'eux-mêmes était en péril pour leur futur. A jouer un rôle, et à voler trop près du soleil, on se brûlait les ailes et la société mettait sur les adolescents, ceux en perdition et à la recherche de soi-même, une étiquette qui ne reflétait pas du tout leur vraie personnalité.
L'hyper-sexualisation de la société par les médias et ce qu'ils présumaient comme vrai ne les avaient pas beaucoup aidés non plus à trouver leur place et à se construire une image de la sexualité à sa juste valeur. Il fallait qu'il le reconnaisse. La jeunesse était bien souvent soit trop pousser au romantisme tel un conte de fée, croyant naïvement que l'amour ne touchait que durant les jeunes années, que leur premier émoi serait l'unique de leur vie et, en cas de rupture, pensant que celle-ci ne valait plus la peine d'être vécue, soit enclin à mettre le sexe ou les conquêtes sans lendemain au premier plan. Tout cela poussé bien sûr par les émissions de télé-réalité qui ne l'étaient pas du tout et qui surfaient sur cet aspect d'instabilité émotionnelle des adolescents pour faire de l'audimat en vendant une vie qui était tout sauf réelle, mais qu'artificielle. Les scénarios étaient construits de toute pièce chaque jour et s'adaptaient à la part d'improvisation des personnes choisies pour réaliser l'émission.
Shikamaru le leur avait bien prouvé en piratant lors d'un défi idiot les systèmes d'une chaîne de diffusion. Cela les avait bien dégoûtés, enfin surtout le groupe des poufs qui prenaient en exemple celles qui se trouvaient derrière l'écran de télévision. L'Uzumaki aurait dû s'en douter, au vu du physique que les responsables de la chaîne choisissaient. Tous des stéréotypes non représentatifs de la majorité de la population et qui faisaient plus de mal que de bien. Ils poussaient les jeunes à croire en des choses factices. En plus de prôner un idéal physique complètement retouché et artificiel, ces divertissements audiovisuels vendaient une notoriété éphémère qui avait plus de chance de leur apporter malheur que du bonheur, surtout si on voyait certains de leurs acteurs devenir soit drogués, soit incapable de subvenir à leur vie en dehors de ce phénomène. Leur célébrité disparaissait aussi vite qu'elle leur était apparue et le seul moyen qu'ils avaient de la conserver était de n'engendrer scandales sur scandales ou de surfer sur la vague. Ce n'était pas vraiment une vie et revenir en arrière était parsemé de dépression à l'exemple de Loana de Secret Story.
Enfin, les jeunes faisaient ce qu'ils jugeaient corrects pour eux, mais Naruto trouvait cela bien dommage de les voir se laisser influencer ainsi par des images erronées qui avait failli lui donner une vision de la vie si éloignée de la réalité, engendrant parfois violence et déstabilisation. Oh, il était permis de rêver, ce n'était pas le problème. Cependant, le rêve n'avait pas pour but de détruire le songeur de l'intérieur comme le faisaient certains détournements engendrés par l'hyper-sexualisation et la télé-réalité. Le rêve devait transporter vers l'avant. Certains croyaient en leur bonne étoile et la poursuivait comme Louane. Oui, elle avait percé grâce à The Voice, mais contrairement à l'émission Les Anges, celle-ci permettait de découvrir des talents. Par la suite, elle a dû suer sang et eau dans un travail acharné pour conserver les bénéfices de sa participation. Les Anges ne marchaient que parce que l'être humain est une créature curieuse d'observer la vie des autres, mais surtout leurs déboires et leurs peines. Ils montraient une vie bien superficielle, influençant certains jeunes à l'être à leur tour.
Finalement, ne valait-il pas mieux, pour les adolescents, de se laisser le temps de grandir sans aller trop vite en étant les acteurs de leur vie, avançant étape par étape sans chercher à afficher le visage de quelqu'un qu'ils n'étaient pas ? Chacun avait son propre rythme et personne n'avait à la juger ou à les inciter à imiter les fictions et ce qu'ils pensaient pour acquis, alors que tout était en mouvement et qu'il faut de tout pour faire un monde. Etre en couple ou célibataire ne regardait que soi-même. On n'avait pas à les critiquer s'ils faisaient le choix de ne pas faire comme les autres et d'être soi-même. Aduler ou être adulé sous prétexte qu'ils sortaient avec une ou plusieurs individus ne devraient pas être le but de leur adolescence, car il existait tellement de chose à vivre que c'était dommage de se pourrir son estime de soi pour quelque chose qui ne regardait quiconque et qui arriverait un jour ou l'autre. Oui, c'était difficile et le risque de ne pas vivre une romance pendant longtemps était présent. Et pourtant, tout arrivait à ceux qui savaient attendre et qui gardaient leur coeur ouvert sans se trahir soi-même. Les relations amoureuses devraient rester dans la sphère du privée, tout comme l'esprit critique devrait être l'apanage de l'apprentissage des jeunes, en plus du développement de de leur amitié, de leur culture et de leurs connaissances.
Naruto était là de ses réflexions, assis sur le bord du patio et à fixer sans le voir le ciel au couleur de ses yeux, qu'il revint à la réalité en entendant des pas légers dans le couloir qui reliait l'intérieur de la maison au jardin. Se tournant vers cette source, il vit alors la silhouette de sa dulcinée s'avancer vers lui. Hinata était si belle en cet instant et elle était à lui, rien qu'à lui qu'il en sourit narcissiquement. Enivré par ses souvenirs et ses pensées philosophiques, durant un instant, il crut voir durant qu'elle marchait aussi légèrement qu'une plume le doux faciès de sa bien-aimée changé et affiché les traits de ses seize années. Pendant un court moment, il y vit son sourire bienveillant briller, mais il était entouré d'une aura de détresse d'un coeur blessé et reflété dans ses claires pupilles. Elle semblait triste tout en lui souhaitant d'être heureux. En cet instant, sa mémoire lui renvoya l'image d'Hinata lorsqu'il enlaçait Sakura ou que Shion le collait et l'invitait à sortir avec lui.
Il eut alors une révélation. Il réalisa que c'était grâce à elle s'il avait réussi à combattre la tentation du piège d'une relation sans signification, celle qui partait déjà vers les abysses des sans lendemains avant même de débuter. Ce qu'il pouvait maintenant qualifier de grimace reflétant la peine de la Hyuga de ne pas être à lui et de le voir avec une autre. Oh, cela n'avait pas duré longtemps, juste les minutes que lui avait fallu pour repousser à la fois Shion et Ryûzetsu. Ce souvenir lui fit réaliser que déjà à l'époque, le secret de la préserver avait habité son inconscient et l'avait fait réagir en conséquence. Dommage, que son coeur ne se soit pas ouvert plus tôt. En tout cas une chose était sûre, en cette seconde, Naruto précéda sa petite-amie et sans préalable se saisit d'elle pour la serrer contre lui, à sa grande surprise.
"- Naruto, que..."
La Hyuga n'eut pu dire plus que cela que ses lèvres furent prises en otage par celles de son blondinet. Cette marque de tendresse s'intensifia au fil des secondes, elle se blottissant contre le corps musclé de son aimé, lui la pressant de plus en plus fort contre lui. Leurs langues finirent par danser ensemble. Cela faisait si longtemps que le couple ne s'était pas embrassé ainsi que le vide engendré par le manque se remplissait pour finir par les enivrer d'une tension sensuelle. Hinata avait arrêté de compter les jours qu'elle avait fini presque par désespérer et son coeur se réchauffa et se ragaillardit d'une nouvelle force. La douce sensation de la peau charnue de l'autre les transporta dans un autre monde, leur faisant oublier qu'ils étaient toujours sous le toit d'une famille aux moeurs très strictes, acceptant difficilement ce genre de témoignage amoureux. Ce fut donc sous le regard assez désapprobateur de certains vieux jeux que le baiser s'éternisa, alors que les plus jeunes les regardaient avec des étoiles dans les yeux. Ce fut un raclement de gorge qui les fit ramener à la réalité.
"- Je vous rappelle que vous n'êtes pas tout seuls et que je commence à en avoir marre d'attendre.
- Oh ne fais pas ton rabat-joie Sas'ke, répliqua Naruto avant de se concentrer sur sa belle. C'est bon, tu es prêtes ou doit-on attendre l'arrivée des parents de tes diablotins d'élèves.
- Hélène s'en occupe. Elle les ramène tous dans la voiture de ses parents... donc, oui, je suis prête... Laisse-moi juste le temps de prévenir mon père et de prendre mon sac à main.
- D'accord... Je t'attends."
Libérée de l'étreinte de son petit-ami, Hinata s'éloigna avant de se voir de nouveau arrêter dans sa course, son bras retenu par une prise douce mais ferme. Se tournant vers la source d'une telle retenue, elle tomba sur un blond qui l'obligea dans un mouvement souple à revenir contre son torse. Avant qu'elle puisse affirmer quoi que ce soit, elle l'entendit lui murmurer au creux de son oreille un petit merci. Il l'invita ensuite à faire vite et qu'il patienterait devant la maison. Alors qu'il s'éloignait en compagnie de Sasuke, sa dulcinée en resta bouche bée, ne comprenant pas pourquoi il avait prononcé ces mots. Elle n'avait rien fait d'extraordinaire. Ne désirant pas s'attarder sur un sujet dont elle ne saisissait pas la signification, elle préféra s'enquérir de sa tâche.
Et pourtant, les remerciements de son blond aurait été un sacré réconfort pour elle et peut-être le film cicatrisant à la fissure qui s'était installée en catimini en elle depuis quelque temps et qu'elle ne réalisait pas encore la présence. Cela aurait été fort de savoir qu'il la remerciait d'avoir toujours été là pour lui montrer le chemin, de l'avoir empêché, sans le savoir, de se perdre dans des relations non sincères, mais surtout de l'avoir aimé depuis si longtemps, elle qui était l'exemple même que l'amour était possible, même au plus jeune âge et que cela valait la peine d'attendre. Oui, l'Uzumaki ne regrettait pas une seule seconde d'avoir laissé son coeur se remplir d'amour avant de tenter l'expérience d'une romance qui avait enfin un sens et un aboutissement heureux, il en était persuadé.
De son côté, Hinata était devant le bureau de son père, un peu stressé car pour une fois, elle voulait tenter de ne pas se servir de Tenten ou de Sakura comme prétexte à dormir en dehors de la demeure Hyuga. Naruto lui avait bien fait entendre qu'il n'avait pas prévu qu'elle dorme chez elle. De plus, il était un peu tard pour s'organiser, surtout qu'elle se mettrait la main à couper que sa meilleure amie était avec Neji. Pour ce qui était de Sakura, elle ne voulait pas la déranger alors qu'elle était chez ses parents, mais surtout à cause de l'état maladif dont elle avait été témoin à sa dernière visite. Bon, elle pouvait toujours refuser et rentrer, mais il fallait qu'elle le reconnaisse, elle avait envi de rester le plus longtemps avec lui. Elle ressentait ce besoin de combler ce vide que les jours qui l'avaient séparés de lui avait creusé. Peut-être qu'il était temps de tout révéler à son père sur son semi-aménagement chez son aimé. Ainsi, ce fut un peu tremblante qu'elle leva son poing vers sa porte pour y toquer. A l'ordre d'entrer, elle le fit, l'angoisse augmentant chaque seconde. Elle l'était encore tellement qu'elle eut du mal à commencer la conversation quand elle se trouva devant lui alors qu'il écrivait sur son bureau.
"- Que souhaites-tu Hinata ? Cassa Hiashi le silence, mais sans lever la tête de son papier.
- Et bien... Je...
- Je n'ai pas toute la journée, s'excéda son père. Je n'ai pas des heures à te consacrer.
- Pardon... Je...
- Hinata, si c'est juste pour me faire perdre mon temps, je t'inviterai à sortir et de me laisser travailler, la coupa son père qui cessa son activité pour la regarder d'un oeil réprobateur, mais surtout un peu déçu de la voir avec si peu de confiance en elle.
- Euh, se paralysa Hinata face à ce regard glacial. J'ai eu la visite de... Naruto et...
- Naruto ! Que fait donc ce jeune homme dans cette histoire ? Il n'était pas censé être à l'école préparatoire ?!
- Apparemment, il y a eu confusion. Il est arrivé à l'improviste et comme il a réussi à être admissible, il désire m'inviter à fêter avec lui cette première étape franchie et...
- Tu n'étais pas censée faire cours ce matin ? La coupa son paternel d'un ton sec. Serais-tu entrain de me dire que tu as éconduit les enfants à cause de Naruto ?
- Pas exactement, mais..., hésita sa fille face au ton accusateur qui la fit frissonner d'appréhension comme si elle était en faute. Ce n'était pas mes intentions, soyez-en sûr, mais... les enfants ont insisté et...
- Déjà que je trouve que tu te laisses beaucoup trop influencer par ton petit-ami, ma fille, maintenant c'est au tour d'enfants, affirma son père dans un souffle presque désespéré face à ce qu'il qualifierait à la limite de faiblesse de caractère. Tu devrais y faire attention à l'avenir.
- Je..., oui, père,..., je le ferais, lui répondit Hinata en baissant la tête, les yeux tristes avant de vouloir quand même se justifier. Cependant, les enfants étaient fatigués et comme c'est la fin de l'année, j'ai pensé qu'il n'y avait pas de mal à accepter l'invitation de passer la journée avec Naruto... D'ailleurs, je voudrais vous dire...
- Après tout, fait comme bon te semble, souffla Hiashi qui visiblement était excédé par la discussion avant de se lever de son fauteuil. Bon, puisqu'il est là, je désire le saluer et le féliciter de sa réussite."
Aussitôt dit, aussitôt fait, le chef de famille invita sa fille à lui indiquer le chemin à suivre pour rejoindre son aimé. Ce fut assez rapidement que les deux Hyuga retrouvèrent ce dernier sur le perron faisant tourner la tête à Sasuke à force de faire les cent pas. Quand le blond entendit la porte s'ouvrir, il allait se jeter sur la personne qu'il pensait être sa belle qu'il interrompit son mouvement à la dernière minute quand il en identifia le faciès.
"- Monsieur Hyuga ?!
- Bonjour Naruto, salua celui-ci avant de se tourner vers l'Uchiwa. Sasuke.
- Monsieur, répondit le ténébreux.
- J'ai appris par Hinata que vous étiez tous les deux admissibles. Je vous en félicite.
- Merci monsieur, remercia l'Uzumaki, une main derrière la tête alors qu'il vit sa dulcinée à quelques pas de son père, un peu effacée.
- Bien, à ce que j'ai compris, je crois que vous désirez m'enlever ma fille pour fêter cela.
- Oui, en effet, confirma Naruto. Je sais que c'est dans la précipitation, mais je désire vraiment bénéficier de sa présence... Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus... Maintenant, si vous le refusez, je peux le comprendre tout à fait car je vous prends de cours. Veuillez m'en excusez."
Un silence suivit cette affirmation. Naruto était stressé car il priait que Hiashi accepta de lui passer son imprévisibilité. Il fallait dire que tout ceci était de l'improvisation pure et dure. Hinata, quant à elle, était sortie de l'ombre et s'était mise à côté de son blond qui lui saisit les doigts pour les lier. A ce geste, le chef de famille ferma les yeux et après un souffle discret, les rouvrit. D'un signe de tête montrant son accord, il ne rajouta pas un seul mot avant de reprendre le chemin de son bureau. Cependant, alors qu'il était de dos au couple, il s'interrompit un instant et reprit la parole alors qu'il fixa une dernière fois les deux tourtereaux.
"- Je me doute que nous nous te verrons pas au dîner ce soir, Hinata.
- En effet, je...
- Je compte sur toi, Naruto, pour ne pas la ramener trop tard, continua Hiashi, la coupant.
- Père,..., c'est justement de ça dont je voulais vous parler tantôt... Je... Je pense que je vais dormir chez... Na...
A la vue d'une lueur étrange dans les pupilles de son père au prénom qu'elle était sur le point de de prononcer, Hinata suspendit ses mots, bloqués dans sa bouche. De son côté, Naruto avait le gorge sèche et le souffle coupé. Il nourrissait l'espoir de voir enfin leur secret révélé et qu'enfin, son couple ne se cacha plus en inventant des alibis devenus de plus en plus difficiles à rendre crédibles. Oui, il avait de plus en plus envi de crier la réalité à la figure des Hyuga et vivre finalement au grand jour ce qu'il partageait avec sa belle. Cependant, par respect pour elle, il se retenait en priant qu'enfin, elle prenne l'initiative de tout avouer. En effet, elle lui avait bien comprendre qu'elle désirait le faire elle-même quand elle jugerait que ce soit le moment. Peut-être que ce dernier était enfin arrivé.
De son côté, Hinata ne savait plus quoi annoncer. Le regard noir de son père venait d'ébranler toutes ses convictions. Elle qui avait été prête à se jeter sur l'occasion pour lui avouer leur secret, elle se trouvait avare de mots, incapable d'ouvrir la bouche pour les libérer de sa gorge. Par réflexe, elle se tourna vers son blond qui lui offrit un sourire encourageant, tout en serrant ses doigts par les siens pour l'encourager. La lueur dans ses pupilles azuréens brûlait d'un espoir qui serra le coeur de la jeune femme. Elle était divisée en deux, entre le satisfaire pour ne plus vivre dans le secret et la peur de la réaction paternelle. Faisant de nouveau face à Hiashi, ses lèvres s'entrouvrirent mais aucun son ne parvint à sortir. Le silence s'installa, un silence gêné et gênant, un silence qui fit froncé les sourcils de Hiashi, un silence qui mettait à rude épreuve sa patience, un silence qui bloqua encore plus Hinata face à ce visage si fermé et sombre, quand soudain, une voix y mit fin.
"- Chez Sakura."
A cette affirmation dite d'une voix sûre et posée, trois regards dévisagèrent le nouveau intervenant. Ce fut le chef de famille qui lui répondit.
- Chez mademoiselle Haruno ?! Vraiment ? Interrogea-t-il.
- C'est vrai. J'avais presque oublié, s'exclama Naruto en claquant son poing dans sa paume. Elle avait parlé d'organiser une soirée chez elle avec tous nos amis pour fêter notre réussite. C'était il y a longtemps, bien avant le concours... Par contre, je ne savais pas qu'elle l'avait fait finalement.
- Cela devait être une surprise, renchérit son meilleur ami. Mais Juugo n'a pas su tenir sa langue et me l'a avoué la veille de notre départ de l'école préparatoire.
- Je ne suis pas au courant. Hinata, l'étais-tu ? Demanda Hiashi. Si oui, tu aurais dû me prévenir avant. C'était ton devoir.
- Je... Pas... Pas avant ce jour, dit-elle d'une petite voix, impressionnée par son père. Je vous assure.
- Sakura n'a pas eu visiblement la capacité de prévenir tout le monde, intervint encore le ténébreux d'un ton toujours aussi posé. Juugo m'a informé que son invitation était totalement improvisée et organisée à la dernière minute. Elle a même proposé de nous loger au cas où la soirée s'éternisait.
- J'ai eu quelques problèmes avec mon téléphone ces derniers temps, affirma la jeune femme en se rappelant d'une affirmation d'Hélène. C'est sûrement pourquoi je n'étais pas au courant.
En effet, avant le début de son cours particulier, cette dernière lui avait signalée qu'elle avait tenté de l'appeler la veille et le matin même, mais en vain.
- Possible en effet, continua l'amant de Juugo. Je comprends pourquoi mon ami s'était proposé pour prendre Hinata dans ces conditions. C'est moi qui aie insisté auprès de lui pour venir la chercher, en emmenant Naruto derrière moi sans lui en donner la vraie destination de la fête pour garder la surprise.
- Je vois, souffla Hiashi. Tu devrais alors te dépêcher de prendre quelques affaires Hinata.
- J'y vais de ce pas. Merci père.
- Bien, messieurs. Au revoir et bonne soirée.
- Au revoir, monsieur Huyga," le saluèrent les deux jeunes hommes.
Pendant ce temps, Hinata rentrait dans le couloir amenant à sa chambre pour prendre son sac. Au moment où elle allait rentrer dans la pièce, elle se fit retenir par Hiashi qui l'avait suivie calmement.
"- J'espère que ce n'est pas un mensonge.
- Pour... pourquoi Sasuke vous mentirait-il ? Je ne vois aucun intérêt à ce qu'il le fasse.
- Mmm..."
Le Hyuga n'affirma rien d'autres et partit dans l'ombre des murs, laissant sa fille dans un malaise des plus blessants. Pendant sa marche, il était tellement préoccupé par ses propres pensées qu'il n'avait pas réalisé la portée de ses paroles qui firent mal à Hinata. Cette dernière avait l'impression de revenir des années en arrière, elle enfant devant le regard froid et sévère de son père alors qu'elle couvrait une des bêtises d'Hanabi, ou plutôt d'Halya qui avait voulu faire porter le chapeau à sa jeune soeur. Elle se rappelait bien comment elle avait essayé de lui expliquer la situation, mais il ne l'avait pas crue et avait préféré écouter sa cousine qui était venue le prévenir. Il fallait dire que les débris d'un vase précieux en morceaux à ses pieds l'avaient accusé et ne l'avait pas aidée à se disculper. Halya avait ce don de se donner l'image de l'innocence et de la gentillesse, ainsi que de masquer ses réelles ambitions.
En ce jour, Hinata ne comprenait plus le comportement de celui qui lui avait donné le jour. II y a encore quelques mois, leur relation n'avait fait qu'en s'améliorant, Hiashi s'ouvrant un peu plus à elle sur son passé et celui de sa mère, ainsi que sur leur vie avant et après sa naissance. Cependant, depuis quelques semaines, il avait repris son ancien comportement. Il était redevenu aussi froid que la glace avec elle, mettant presque encore en doute ses paroles, ses intentions et ses compétences, voir même ses décisions. Bien que déçue, ne voulant plus y penser et s'assurant que personne ne la voyait, elle prit juste son sac à main et rejoignit le plus calmement possible son petit-ami, luttant contre son envie de courir pour éviter d'éveiller les soupçons. Sur le perron, Naruto lorgnait sur son meilleur ami, un peu en colère contre lui.
"- Je peux savoir pourquoi tu lui as sorti ton cinéma ?
- Je ne vois pas pourquoi tu te mets en colère. Je croyais que vous ne vouliez pas que Hiashi soit au courant de votre petite organisation.
- C'est vrai, mais..., se résigna le le blond en regardant au loin. J'espérais que... peut-être Hinata allait enfin le dire à son père. Elle semblait en voie de le faire quand tu ais intervenu.
- Mmm, si tu le dis, admit Sasuke. Je voulais juste vous aider... Et puis, tu as appuyé mes dires en rentrant dans mon jeu, je te signale. Tu n'avais qu'à ne pas le faire si tu désirais un autre scénario.
- Mouais," bouda l'Uzumaki.
Il bougonna encore dans son coin alors que son meilleur ami lui cacha ses réelles pensées. Contrairement à lui, il avait bien vu qu'Hinata était loin d'être sur le chemin des révélations. Tout son paralangage avait exprimé la fuite et non la confrontation. Et encore une fois, il n'avait pas voulu ruiner les espoirs de son frère de coeur en coupant court à la conversation. Il espérait juste ne pas avoir fait une erreur de l'avoir laissé dans ses illusions. Enfin, il ne s'attarda pas longtemps dans ses réflexions puisque peu de temps après, il vit Naruto se jeter une nouvelle fois sur sa copine qui était revenue et la tirer vers leur voiture. Encore une fois, Hinata fut un peu déçue de pas avoir droit à la promenade en moto qu'il lui avait promis. Enfin, elle n'allait pas se plaindre et s'éloigna donc de sa demeure, loin de se douter des difficultés de son père. D'ailleurs, ce dernier ne réalisa pas vraiment le départ de sa fille. Il était de nouveau derrière son bureau, devant une feuille de comptabilité, se demandant d'où venait cette perte bizarre d'argent. Etait-ce une erreur ou une manigance ? Bon, la somme perdue ne mettrait pas l'entreprise en danger, mais si cela se répétait, cela pouvait devenir inquiétant.
Et puis, un autre souci le questionnait. La nouvelle firme qui venait de voir le jour au sein de Konoha lui demandait avec empressement une coopération avec Hyuga corps. Elle avançait des arguments avantageux et semblait répondre à des critères commerciaux sérieux. Cependant, il ne savait pas vraiment quoi, mais quelque chose clochait. Etait-ce leur amabilité un peu trop poussée à l'extrême ? Ou était-ce cette "invitation" qui revenait à chaque fois et qui le mettait dans l'embarras ? Pour le moment, il avait refusé, prétextant que les Hyuga n'avaient pas besoin d'un nouvel partenariat, mais encore une fois, une minorité d'anciens n'était pas d'accord avec lui. De plus, cette firme ne voulait pas lâcher l'affaire, faisant pression en l'assommant de courriers et de propositions. Alors, il n'arrivait pas à s'empêcher de se faire des noeuds au cerveau. Cette zone d'ombre dans les comptes, cette baisse de la productivité étaient-elles une simple coïncidence ou faisait-elle partie d'un plan plus sournois d'un de ses concurrents ? Il resta ainsi sombre et plongé dans ses interrogations jusqu'à ce qu'on annonce qu'Hanabi venait de rentrer de sa promenade et ensuite jusqu'au souper.
Pendant ce temps, Hinata fut étonnée de se retrouver chez l'Uzumaki. Pas qu'elle fut malheureuse de revoir Juugo et Iruka. D'ailleurs, ce dernier l'avait accueilli avec surprise, mais fut heureux d'avoir une présence féminine sous ce toit. Le roux était aussi enchanté de la voir. Oh, les deux universitaires se côtoyaient de temps en temps, mais pas aussi souvent que les mois précédent. Pour eux aussi, les semaines passées et avenir étaient consacrées à réussir le passage à l'année supérieure. De plus, avec son travail au centre ornithologique, le roux avait un peu moins de temps à consacrer à sa camarade. Le responsable lui avait confié un peu plus de missions et de responsabilité et cela à l'égard de son sérieux et de son implication. Bon, pour le moment, il était plus concentré sur le retour pour le week-end de son amant et ne le quittait pas vraiment d'une semelle, tout en gardant une certaine distance avec lui dès qu'il pressentait qu'il avait besoin d'un peu d'espace vital. D'ailleurs, cela lui fut accordé par son petit-ami quand Sasuke se trouva avec Hinata, seule dans son coin. Surpris, le ténébreux chercha des yeux Naruto et le vit, le téléphone à l'oreille, dans le jardin, sous le regard de sa belle.
Alors comme ça, le blond y était encore accroché. Cela faisait presque une heure qu'il l'avait vu répondre à un appel et qu'il était parti en direction de la volière. A croire que l'Uzumaki était devenu accro à cet appareil et puis qui pouvait bien l'accaparer autant. Son ami y passait de longs moments depuis plusieurs jours. Au début, l'Uchiwa pensait que c'était avec la jeune femme devant lui qu'il était, mais ce qui avait devant les yeux le contredisait. Il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait. C'était peut-être Tsunade ou Jiraya. Le parrain et la marraine de Naruto étaient les seuls en dehors de Hinata qui le retenaient aussi longtemps. Bon, en temps normal, il y avait aussi Sakura, mais depuis quelques jours, c'était à peine si la rose restait en conversation plus de cinq minutes quand il faisait l'effort de prendre des nouvelles d'elle. En fait, en réfléchissant bien, cela faisait pas mal de temps qu'elle ne l'avait pas appelé de sa propre initiative. Enfin, pour le moment, secouant la tête en signe de désapprobation, il s'approcha près de la jeune femme aux cheveux bleutés.
"- Naruto n'est qu'un idiot.
- Ah Sasuke, tu m'as surprise, sursauta-t-elle, perdue dans ses songes. Pourquoi dis-tu ça ?
- Parce que c'est vrai, commença l'Uchiwa en regardant son meilleur ami. Naruto m'a tarabusté pour te voir. Il te force presque à annuler ton cours et au lieu de profiter de toi, il est là au téléphone depuis maintenant presque une heure.
- Dis celui qui était amoureux de lui, l'attaqua Hinata avant de le réaliser. Pardon, ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu as dû souffrir d'aimer sans aucun retour.
- Je rêve ou la petite Hyuga est capable de sortir les griffes, la charria l'amant de Juugo avec un sourire narquois. C'est dommage que tu ne sois pas comme ça face à ton père.
- Par... pardon. Fit toute penaude la jeune femme.
- Ne t'inquiète pas. Je te taquinais. Je pense juste que tu devrais montrer que tu es capable de prendre tes propres décisions, sans cette peur de faire un écart à l'éducation de la petite fille de bonne famille. Tu en es trop prisonnière.
- Tu as peut-être raison, mais ce n'est pas si facile... Je pense que toi qui a été élevé dans ce genre de famille que tu peux comprendre cela... Le jugement est parfois trop lourd à porter et...
- N'en parlons plus, invita Sasuke qui avait compris que ce sujet était délicat. Sinon, en revenant à Naruto, c'est un ami formidable, mais il n'est pas très prévenant avec toi à mon avis, surtout après tout son cinéma chez toi.
- Ce n'est pas grave. Cela semblait important, justifia Hinata en lui offrant un petit sourire, se rappelant avec quel empressement son aimé avait saisi son phone pour décrocher.
- Mmm, ne sut pas trop quoi dire le ténébreux.
Un silence s'installa entre eux. Regardant sa montre, la Hyuga constata que l'après-midi était bien avancée. Repensant à ce que les deux garçons avaient annoncé plus tôt, elle s'interrogea sur la suite du programme.
"- Quand devons-nous aller chez Sakura ? Peut-être que nous pourrions y aller maintenant pour l'aider à organiser la soirée et ne pas la laisser tout faire toute seule.
-...
- Je vais prévenir Naruto, se décida Hinata face au silence de crédulité de Sasuke. Voir ce qu'il en pense."
En fait, l'Uchiwa était sidéré par ce qu'il venait d'entendre. La jeune femme était-elle si naïve que cela ? Avant qu'elle fasse le moindre pas, il se saisit de son bras pour l'obliger à rester sur place. A ce geste, la Hyuga le regarda et tomba sur deux onyx qui semblaient analyser chaque expression de son visage. Face à ce faciès innocent et complètement perdu par son acte, Sasuke prit une nouvelle fois la parole.
"- Tu n'es pas croyable, Hinata. Ne me dis pas que tu n'as pas réalisé qu'on a monté un flan à ton père pour qu'il ne soupçonne pas ton semi-aménagement chez Naruto et que tu allais dormir chez lui ce soir ?
- Je... Je ne vais pas te mentir... Je m'en doutais un peu, mais... j'espérais ne pas lui mentir cette fois... Encore une fois, j'ai manqué de courage, désespéra la Hyuga.
-... Tu devrais peut-être appeler Sakura pour la prévenir que nous l'avons utilisée pour te donner un alibi avant que quelqu'un de malintentionné l'appelle pour savoir si tu es effectivement chez elle," ne put que dire le ténébreux, très mal à l'aise et des plus démunis face au désespoir qu'il lisait en elle.
Bon dieu qu'il n'était pas doué pour rassurer ou consoler les femmes en détresse. Heureusement pour lui, la petite-amie de son meilleur ami lui offrit un petit sourire, le rassurant quelque peu. Après tout, Sasuke avait sacrifié un peu de son honneur pour la couvrir. C'était le moins qu'elle pouvait le faire, en prenant le poids de son mensonge sur ses épaules.
"- Oui, tu as raison, ajouta-t-elle. Je vais le faire, vu que Naruto est occupé."
Aussitôt dit, aussitôt fait. La Huyga imita son petit-ami et se retrouva bientôt son combiné à l'oreille. Seulement, cela sonna occuper. Un peu désappointée, elle laissa donc un message à la rose en lui proposant même de passer un moment avec eux le lendemain, avant le départ des deux futurs officiers. Après avoir raccroché, elle se tourna vers son camarade au regard si froid que seuls ceux qui le connaissait bien l'abordaient. Il ne l'avait pas quitté et regardait au loin devant lui, se perdant dans la contemplation du paysage. Il eut cependant la curiosité de savoir le résultat de cet appel.
"- A t'entendre, tu n'as pas réussi à la joindre.
- En effet, confirma la soeur d'Hanabi. Cela sonne occuper.
- J'espère que Sakura aura ton message avant que quelqu'un ait la mesquinerie de vérifier ta présence auprès d'elle.
- A ta voix, tu n'as pas l'air d'approuver notre façon de faire, remarqua Hinata. Et cela malgré ton intervention de tantôt.
- Ce n'est pas à moi de juger de vos actions, répondit-il sans la lui gratifier un seul regard, confirmant sans le savoir les doutes de sa voisine. Vous faites ce que vous jugez bon pour vous...
- Mais tu n'es pas d'accord, continua Hinata d'une voix triste au bord des larmes.
-... Faites juste attention au retour de bâton, affirma juste Sasuke alors que sa camarade afficha un visage de plus en plus triste.
-... Tu as peut-être raison... Je suis consciente que nous ne pourrons pas rester indéfiniment dans cette situation, mais... je ne suis pas encore prête à faire face à...
- Je peux savoir pourquoi ma copine pleure au juste, intervint la voix qu'elle aimait tant entendre. Qu'est-ce qu'il t'a fait ce dobe ?
- Oh, Naruto, fit-elle en s'essuyant du bout des doigts ses paupières, coupant l'herbe sous le pied de Sasuke qui était prêt à se jeter sur son meilleur ami pour lui faire payer son affront. Ce n'est rien. En plus, je ne pleurais pas... Juste un peu de poussière et mon allergie au pollen qui revient me titiller les narines.
- Mmm, fait voir, ordonna le blond en se saisissant son visage entre ses deux mains formant une coupelle. Ouais, tes yeux sont un peu rouge... Viens rentrons se mettre à l'abri du vent pour te protéger.
- Merci," le remercia Hinata qui ne put que le suivre tant il s'était empressé de lui prendre la main pour la conduite à l'intérieur de la maison.
De son côté, Sasuke fulminait contre Naruto en grommelant dans sa barbe. Ce dernier ne perdait rien pour attendre. Comme s'il était capable de faire du mal à Hinata et savoir que son meilleur ami pouvait le penser le mettait en rogne. Et puis, ce surnom réveillait toujours sa rage Il allait se venger d'une manière ou d'une autre, à moins d'oublier d'ici là, mais il se targuait d'avoir une bonne mémoire, à l'image d'un éléphant. D'ailleurs, une possibilité ne se fit pas trop attendre, enfin lui sembla-t-il quand suivant le couple, il surprit leur conversation.
"- Sinon, c'était qui au téléphone ? Quémandait Hinata.
- Tu es bien curieuse, se tendit Naruto.
- C'est juste pour savoir, se défendit sa dulcinée.
- Personne en particuliers, se résout à lui révéler l'Uzumaki d'un ton peu sûr de lui.
- Ah bon, s'étonna sa petite-amie. Cela avait l'air pourtant important. Tu as des soucis, s'inquiéta-t-elle.
- Non, non... Tout va bien.
- Tu es sûr, intervint le ténébreux faisant sursauter son ami. C'était bien long dis-moi, pour une simple conversation, mais surtout bien confidentiel. Bizarre ton besoin de t'isoler comme tu l'as fait.
- De quoi je me mêle, Sas'ke, se mit presque en colère Naruto. Je ne voulais pas vous déranger avec notre bavardage.
- Mouais, fit l'Uchiwa. Je trouve juste étrange ta manière de nous empêcher à te rejoindre ou de t'éloigner pendant ton appel. Tu as quelque chose à cacher ?
- Mais non, qu'est-ce que tu vas chercher encore ?"
Un silence s'installa entre les trois. Naruto foudroya son meilleur ami d'un regard froid qui se reflétait sur le miroir que celui-ci lui renvoyait. Les deux futurs officiers se défiaient à savoir lequel allait baisser les armes avant l'autre. Finalement, ce fut l'Uzumaki qui perdit, mais pas parce que Sasuke avait été le plus intimidant. Non, un poids sur son thorax vint accaparer l'attention du blond qui dirigea son visage vers l'origine d'une telle pression. Le jeune homme vit alors Hinata se serrer contre lui, de nouvelles larmes au bord des yeux. Visiblement, elle ne supportait pas cette tension entre les deux frères de coeur. Elle se sentait responsable. Si au moins, elle avait gardé sa curiosité au placard, cela ne se serait certainement pas produit. Face à la crainte qu'il lisait en elle, Naruto l'engloba dans ses bras comme une armure pour lui offrir protection et sécurité. Il lui embrassa le haut de sa tête devant un Sasuke des plus suspicieux. Ce dernier doutait fort des explications de son frère de cœur, vu l'empressement, mais surtout le ton d'hésitation employé.
"- Tout va bien, Hinata, essaya de calmer le blond.
- Mais..., je m'inquiète... Tu avais l'air si préoccupé lors de cet appel que j'aimerai t'aider... Cependant, tu sembles le refuser et...
- Bon, écoute,..., j'étais avec... Jiraya.
- Jiraya ?! S'étonna Sasuke qui se jeta sur cette occasion. Pourquoi nous le cacher ?
- Sasuke, souffla son ami désespéré qu'il intervienne encore.
A croire que le ténébreux voulait engendrer de la zizanie entre sa belle et lui. A quoi il jouait au juste ? En tout cas, les doutes de l'Uchiwa atteignirent Hinata qui se décolla un peu de son aimé. C'était vrai que c'était assez étrange comme attitude. Pourquoi ne pas leur dire ? Qu'est-ce qu'il y avait de si confidentiel pour s'être ainsi isolé d'eux ?
"- Et il va bien ?... Je veux dire, de quoi avez-vous parlé tous les deux ?
- Euh,..., de tout et de rien, dit Naruto. Rien de très important en tout cas.
- Naruto, l'hésitation dans ta voix me souffle que tu ne nous dises pas la vérité, attaqua Sasuke que les frissons de sa belle confirmèrent ses doutes.
- Tu m'énerves, Sas'ke, affirma le blond.
A cela, sa dulcinée se tendit car visiblement, le ténébreux avait vu juste.
- Comme si j'allais laisser Hinata être le témoin d'un échange un peu trop en dessous de la ceinture avec mon cher parrain, s'offusqua l'Uzumaki. Je me permets de te rappeler, mon cher, que c'est une véritable pipelette quand il s'y met, surtout quand il me tarabuste pour lui raconter mes "exploits" en guise d'inspiration pour ses livres... Comme si j'allais lui raconter, mon intimité avec elle."
A cette image, sa princesse se sentit défaillir et rougir jusqu'aux oreilles. Non, effectivement, son aimé avait eu raison. Cela aurait été trop gênant. Elle comprenait un peu mieux son visage fermée lors de sa précédente conversation téléphonique. En tout cas, les explications de son ami avaient bouclé le clapé de Sasuke qui reconnut la justesse de ses paroles, au vu de la timidité de la dite demoiselle. Et puis, cela n'a pas du être facile au blondinet de donner le change à son parrain quand on connaissait son pucelage. Au moment où la Hyuga allait reprendre la parole pour remercier son chevalier servant, son téléphone décida de se remettre à marcher normalement en vibrant dans son sac. Elle le prit sans avoir pu s'empêcher de voir son aimé se saisir du sien, croyant l'avoir entendu. Elle fronça les sourcils quand elle lut l'identité de l'émetteur.
"- Tiens, c'est bizarre, commença la Hyuga.
- Quoi donc, demanda Naruto, un peu intrigué alors qu'il rangeait son portable dans sa poche.
- Je viens de recevoir un message de Sakura, répondit sa belle. Elle me dit que ce n'était pas nécessaire que je la sollicite, qu'elle était déjà au courant que j'aurai eu besoin d'elle.
- Ah oui ?! Fit le blond, un sourire gêné et une main derrière la tête. Sakura a dû le deviner quand je lui ais parlé de ce week-end et de mon désir que tu dormes chez moi.
- Ah, se surprit sa dulcinée. Cela fait quelques temps qu'Ino a des difficultés à la joindre, comme si elle faisait la morte. Tu l'as eu au téléphone tantôt ?
- Ben oui... Je l'ai de temps en temps. Les dernière fois s'étaient quand j'ai eu mes résultats et main..., affirma-t-il avant de se reprendre en devenant silencieux.
Alors c'était Sakura à qui son meilleur ami était suspendu quand il avait surpris sa conversation téléphonique à l'école préparatoire, se dit Sasuke. Ce dernier se tourna vers Hinata qui avait baissé la tête. Il ne fallait pas être sorti de West Point pour se douter qu'elle avait très bien compris de quoi Naruto avait parlé avec la rose, de ses notes et de son admissibilité. Il ne fut pas le seul à voir son abattement puisque cela interpella le principal concerné.
- Pourquoi, il y a un problème ?
- Non,..., non, aucun, fit Hinata d'une petite voix déçue en relevant le visage, un petite sourire figé. Tu as le droit d'appeler qui tu veux. Bon, il est bientôt l'heure de dîner. Je vais aller...
- Attend, Hinata, la bloqua Naruto. J'ai l'impression de t'avoir blessée... Pourtant, je crois que je ne fais rien de mal à communiquer avec Sakura. C'est vrai qu'elle a été dure avec toi, mais c'est du passé et...
- ... Arrête, voyons. Je sais tout ça, coupa sa princesse. Sakura est ta meilleure amie. Elle nous a demandé pardon et nos relations, sans être intimes, sont revenues normale... Alors il n'y a pas de problèmes.
- J'en suis heureux... Alors tout va bien ?
- Oui, lui répondit Hinata en lui offrant un baiser chaste. Maintenant, si tu le permets, je vais aller aider Iruka à la cuisine."
Sous ce prétexte, la Hyuga fuya donc cette réalité qu'encore une fois, Sakura était passée avant elle. C'était peut-être insignifiant comme raison de son affliction, mais elle ne pouvait empêcher son coeur d'avoir mal car ce genre de choses était entrain de s'accumuler. Son aimé n'avait donc rien appris de la dernière fois. De son côté, Sasuke n'était pas si satisfait par la fin de la discussion. Naruto était beaucoup trop hésitant, mais surtout il le soupçonnait d'avoir voulu noyer le poisson. Enfin, encore une fois, il laissa pisser. Son ami avait décidé de garder des choses pour lui et bien soit. Il ne se mêlera plus de sa vie. En sa demeure, une jeune femme aux cheveux roses se mit à éternuer sans raison apparente. Visiblement, quelqu'un parlait d'elle. Reniflant, elle était entrain de sortir de sa chambre quand elle entendit son père parler au téléphone du salon. Son oreille perçut un prénom qu'elle connaissait très bien. Interloquée, et par curiosité, elle le regarda et réalisant ce qu'il tenait à la main, entra. Arrivée à porter de vue, elle lui fit signe pour lui montrer sa présence et qu'elle désirait lui parler.
"- Je vais devoir vous laisser... Sakura est là.
-...
- Oui, je vous la passe. Elle pourra mieux que moi vous renseigner. Au revoir, salua monsieur Haruno avant de tendre l'appareil à sa fille qui s'en saisit avant de s'isoler, loin des oreilles de son paternel.
- Oui allo ?
-...
- En effet. J'ai organisé une petite fête et Hinata a bien sûr été invitée. D'ailleurs, nous étions ensemble tout le jour avec nos amis. Pourquoi, il y a un souci ?
-...
- Mon père n'a pas pu croiser Hinata puisque nous avons passé la journée dehors ou au sein de mon appartement. Je suis juste venue récupérer quelques matelas supplémentaires chez mes parents pour la nuit chez moi."
Cette étrange discussion prit rapidement fin avec une Sakura complètement abasourdie par cette dernière. En cet instant, elle plaignait Hinata de devoir vivre avec une telle surveillance sur le dos qu'elle connaissait que trop bien. Au final, beaucoup de choses les liaient, toutes deux. Dommage que Naruto l'ait choisie Hinata plutôt qu'elle. La rose se demandait encore ce que la Hyuga avait de plus qu'elle... Tout sûrement que ce soit sur le plan de la beauté et de la position sociale. Soufflant, le coeur désespéré d'être seule, la Haruno alla voir son père et d'une petite voix prit la parole.
"- Papa, pourquoi t'ai-je retrouvé mon portable à l'oreille?
- Il sonnait et comme tu étais occupée, j'ai décroché... C'était peut-être important.
- D'accord,..., merci, mais à l'avenir, je préférerai que tu ne décroches pas. Laisse-le sonner. Si c'est important, il y aura un message et je rappelerai.
- Comme tu le souhaites, consentit monsieur Haruno. Mais dis-moi, c'est quoi cette histoire avec Hinata ?
- Oh rien de spécial. Disons que je rends service à des amis, que je paye ma dette.
- Quelle...
- Ne cherche pas à comprendre Papa... Vraiment," insista Sakura.
Cette dernière ne laissa pas le temps à son père de rajouter un mot, l'abandonnant dans une incompréhension totale. De quelle dette parlait-elle ? Enfin, il ne la retint pas et l'entendit remonter dans sa chambre où la rose se jeta sur son lit, fermant les yeux alors qu'une larme coulait sur sa joue. Le reste de la journée ne se passa pas trop mal, à part peut-être le fait que le blond était souvent à regarder son téléphone ou à le triturer dans sa poche. Ce comportement mettait à rude épreuve les nerfs de son frère de coeur, car il délaissait quelque peu la seule femme de la maisonnée. Il était présent près d'elle, mais semblait plus préoccupé par ce fichu appareil que par les pupilles tristes de sa belle. De son côté, le soir tombant, la dite petite-amie avait eu un autre sujet de préoccupation. Comment éconduire Naruto sans le blesser au moment où ils devront aller se coucher ?
En effet, à chaque fois qu'elle venait dormir chez lui ou qu'elle était seule avec lui, il se montrait des plus entreprenants et réalisait de plus en plus de tentatives. A chaque fois, son comportement l'oppressait au point qu'elle avait de plus en plus peur de tout lui dire. Cette crainte était peut-être irrationnelle, mais oui, elle avait peur qu'il se mette en colère et que toute sa frustration explose, le rendant brutal. Elle avait encore dans sa tête l'image des hommes qui, à l'image de celui qu'elle avait aidé à envoyer en prison, tombaient dans la violence dès qu'on leur refusait une faveur. Avait-elle été donc plus traumatisée que ce qu'elle pensait de son harcèlement ? Enfin, pour le moment, Hinata se trouvait devant la porte de sa chambre, entrain d'embrasser son Naruto en guise de bonne nuit, dans un baiser savoureux. Cependant, à la différence des multiples fois, il se montrait doux et sensuel, sans être affamé et sans une balade déplacée de ses mains sur la peau laiteuse de sa copine. Lâchant les lèvres de celle-ci, le blond appuya son front sur le sien avant d'y déposer un doux effleurement.
"- Bonne nuit ma princesse, finit-il par dire avant de se séparer d'elle.
- Bonne nuit, Naruto."
Après sa salutation, il partit vers sa propre suite, laissant Hinata toute abasourdie au moment où elle disparaissait dans sa chambre. Son blond n'avait rien tenté, pas de baiser passionné en lui faire perdre la tête, pas de forcing de sa porte, pas de yeux de chien battu pour l'attendrir, pas de visage déçu à la culpabiliser au moment des adieux... rien. Bien que bizarre, alors qu'elle se changeait et se couchait, la jeune femme se sentit soulager d'une telle attitude et pensa que peut-être avait-il compris de lui-même. Si c'était ça, alors son coeur en sera soulagé. Grâce à cette perspective, elle put alors s'endormir l'esprit plus tranquille que les fois précédentes. Par contre, Naruto n'eut pas cette chance. Il était sur son lit, les mains derrière la tête, les yeux grands ouverts. Il était inquiet et cette inquiétude était assez puissante pour lui avait retiré toutes envies sensuelles. Oh, il désirait toujours Hinata, c'était indéniable. Il ne savait pas pourquoi, mais l'atmosphère lui avait coupé la chique. Son esprit était trop préoccupé et cela le frustrait encore plus.
