Chapitre 50 : Le début de la fin…

POV : Rose Weasley

Je suis assise sur l'herbe dans le parc face au lac noir. Les collines me font face et je prends une grande respiration. Je tourne la tête vers Théo, il me regarde en souriant, le visage encore pâle.

Merlin, j'ai vraiment cru que je vous avais perdu

C'est ce que j'ai cru comprendre…

Il y a un long silence puis Théo prend ma main et la serre tout en me souriant.

Crivey… il voulait que tu ressuscites son frère n'est-ce pas ?

Oui, il était persuadé que ma magie pure était la solution. Théo, est-ce que vous pensez que c'est vraiment possible de réanimer quelqu'un ?

Rose, regarde autour de toi. Rien est éternel, pas même les étoiles. Tout a un commencement et une fin. La seule manière de ressusciter quelqu'un, c'est de le garder toujours en mémoire, de ne jamais l'oublier, répond-il en posant son index sur sa tempe droite

Je tourne la tête vers le lac noir, un épais brouillard stagne au-dessus de la masse liquide, comme si à tout moment quelque chose pouvait surgir. Je croise à nouveau le regard du professeur, il m'adresse un sourire à nouveau avant de déclarer :

Je sais que tu ne m'oublieras pas Rose, je serais à jamais dans ta mémoire. Ce rêve en est la preuve !

Je me réveille en sursaut, je ne suis pas dans mon lit, ni dans celui de Scorpius. Je regarde tout autour de moi et je reconnais le bureau de Blanchard. Je me suis endormie sur un des canapés. Les rayons matinaux du soleil diffusent une douce lumière dans la pièce. Son odeur est partout, ce mélange de livre anciens et de senteur de pin. Je me lève et je parcours la pièce. Finalement je m'assois à son bureau. Une tasse avec un fond de café froid trône à côté des manuscrits de deuxième année qu'il n'a pas eu le temps de terminer de corriger. J'ouvre son tiroir et tombe sur une photo qui montre Spencer portant dans ces bras la petite Charlie qui n'a que quelques jours. Je la range rapidement comme si j'avais peur d'être prise sur le fait.

Tout est silencieux autour de moi, j'ai très peu de souvenir d'hier soir. La dernière chose dont je me souviens c'est de serrer le corps de Théo contre moi. Il est mort, je le sais, c'est une évidence, un fait. Pourtant je n'éprouve rien, tout est brouillé autour de moi, comme dans un rêve. Je n'ai pas prononcé un mot, j'ai peur que cela brise la protection que mon esprit a bâti sur mon corps. Un calme froid s'est emparé de moi. Pas de deuil, pas de vengeance, pas de chagrin, juste le vide. J'ai l'impression de flotter, d'être en apesanteur.

Mon regard est soudainement attiré par le paysage du parc. Je m'approche de la fenêtre et je vois cette colline verdoyante que Théo aimait tant. Elle se dresse fièrement au-dessus de Poudlard à l'exacte opposé du lac noir. Il m'avait promis qu'un jour nous y monterions tous les deux. Selon lui, c'est là-bas qu'on a la meilleure vue du domaine. Je ressens alors l'irrésistible envie d'y monter. Je ne réfléchis pas plus longtemps. Je sors du bureau et je parcours rapidement les couloirs vides. Il doit être encore tôt parce que le château semble plongé dans un profond sommeil. Je n'ai donc aucun problème à me glisser à l'extérieur. Je m'éloigne au fur et à mesure du château, je dépasse les serres de Mr Longdubat et je marche sans m'arrêter. J'éprouve une haine soudaine pour cette colline qui est toujours là, à dominer le paysage alors que lui ne vit plus. Je ne sais pas combien de temps je marche mais quand j'arrive au sommet, le soleil est bien haut et commence même à décliner. Je suis en sueur, la respiration saccadée. J'ai mal au pied et ma veste est maintenant nouée à ma taille. Je me retourne enfin pour apercevoir tout Poudlard. Mr Blanchard ne mentait pas, il n'y a pas de plus belle vue que celle-ci. On peut tout y voir : le château, la maison d'Hagrid, les serres, le terrain de Quidditch, le lac et la forêt interdite. Rien ne manque. Je soupire et me laisse brutalement tomber sur les fesses. Je reste là à observer la merveille que j'ai devant les yeux. Je me sens si proche de lui à cet instant que j'en oublie toute notion du temps.

C'est vraiment magnifique ! Je commente tout haut comme s'il allait me répondre.

Merci Théo, je souffle finalement

Prononcer son prénom est bien plus dur que ce que j'imaginais. Je me rends compte alors que c'est les premiers mots que je prononce depuis sa disparition. J'ai du mal à reconnaître ma voix. J'ai la sensation que le vent répète en écho ses deux syllabes « Thé-o ». Mes pensées dévient sur lui et je sais qu'à tout moment je peux craquer alors je me relève rapidement. Pleine de poussière, je décide de continuer ma marche. Je veux savoir ce qu'il y a derrière cette colline mais j'ai à peine fait quelques pas que je suis violemment projetée en arrière. Secouée, je reste un moment allongée, la tête dans les feuillages secs. Qu'est-ce que ça veut dire ? Je me relève et retente l'expérience même résultat. Furieuse, je sors ma baguette – la seule chose que les aurors ont été capable de ramener de leur descente dans la cabane hurlante – et prononce une formule. Une lumière aveuglante se projette contre la paroi invisible et se perpétue de tout côtés jusqu'au lac noir. Je comprends alors qu'il s'agit du sort de protection de Poudlard qui l'empêche d'être vu par les Moldus et qui protège des intrusions. Je me sens si bête que je jette ma baguette à terre. Je n'abandonne pas pour autant, je continue d'essayer de traverser le mur invisible, je tente tous les sortilèges possibles mais rien ne fonctionne, le sortilège ne cède pas. Déçue, fatiguée et en colère je hurle, comme je n'avais jamais hurlé. Soudain, j'ai l'impression que quelque chose renaît en moi, des larmes coulent sur mes joues poisseuses, pleines de sueur et de terre. Je continue à hurler jusqu'à ce que tout l'air de mes poumons soit rejeté puis j'éclate en sanglot. Je reste un moment à terre jusqu'à ce que la crise de larme passe. Quand je reprends mes esprits, je me relève et je décide de redescendre. A mi-chemin, je trébuche sur une racine et dévale la pente sur moi-même à une vitesse impressionnante. Je finis par m'arrêter quand la pente s'adoucit. J'ai la tête qui tourne, j'ai envie de vomir mais je n'ai rien avalé depuis au moins 24h alors rien ne se passe. J'ai les bras écorchés. J'ai perdu ma veste durant la descente mais je me fiche. J'ai toujours ma baguette, c'est ce qui compte. En repensant à ma chute, je ne peux pas m'empêcher de rire de moi-même. J'en pleure, tellement je trouve ça drôle. Finalement quand des crampes commencent à déchirer mon ventre je pense à me calmer. Je marche alors en direction du château. Le ciel s'assombrit et à peine deux minutes plus tard, il se met à pleuvoir des cordes.

Alors que je m'approche de la porte du château trempée et tremblante, le concierge apparaît. Il m'observe de ses yeux bleus clairs.

Rose Weasley, murmure-t-il en me fixant. Entre immédiatement, tu es la dernière !

Je m'exécute sans poser de questions. La lourde porte se ferme derrière moi, dans un cliquetis infernal. Je continue mon chemin, dans les couloirs tout le monde semble affolé. Je vois des serdaigles de première année se précipiter vers les cachots. Au deuxième étage, tout le monde est effrayé, on se pousse et personne ne semble vraiment comprendre la raison de cette agitation. Dans ce remue-ménage personne ne semble me reconnaître, ou même me voir. Je suis toujours dans cette bulle, invisible et spectateur de l'égarement de mes camarades. Je monte jusqu'à l'appartement des préfets. Je rentre et je trouve Scorpius et Albus en pleine conversation.

… tu ne me feras pas changer d'avis, c'est tout.

Scorpius, ce n'est pas une bonne idée de prendre une telle décision dans ce contexte, si seulement …

Albus ! Le professeur Blanchard est mort, Rose a disparu dans le parc, le château est en effervescence, c'est au contraire le moment parfait. Il est hors de question que Rose reste une heure de plus dans cet endroit et même dans ce pays. Ma décision est prise !

Un lourd silence emplit la pièce pendant lequel les deux garçons se rendent compte de ma présence. Ils m'observent tout deux avec un étonnement non feint. Je me remarque alors que je suis dans un état lamentable. Mon jeans est troué et je suis couverte de terre, mes cheveux mouillés sont collés à mon visage boueux.

Je…

C'est la seule chose que je suis capable de prononcer, Scorpius ne me laisse pas le temps d'essayer d'en dire plus. Il se précipite vers moi et me prend dans ses bras.

Rose, ce n'est pas vrai, qu'est-ce qui s'est passé ?

Je vais bien …

Entendre ma voix me paraît encore surréaliste tandis que je serre contre moi le corps de Scorpius.

Qu'est-ce qui se passe ? je demande en me détachant de son étreinte.

Scorpius et Albus échangent un regard, comme s'ils hésitaient à me mettre dans la confidence. Finalement Scorpius prend la parole :

Après ce qui s'est passé cette nuit, McGonagall a décidé de mettre le château en quarantaine, toutes les issues sont condamnées, et tous les élèves doivent rejoindre les classes situées dans les cachots. Elle pense que l'Assassin est toujours là.

Tu veux dire, dans le château ?

Oui, mais il n'y a son nom nulle part sur la carte du Maraudeur, précise Albus

Rose, il faut qu'on parte, déclare Scorpius en prenant mes mains. Tu as toujours le sac que ta mère avait préparé au cas où nous devions nous enfuir ?

Oui… bien sûr, je l'ai mais… tu veux partir maintenant ?

Scorpius lança un regard à Albus comme pour le demander son soutient mais mon cousin reste muet, j'ai bien compris qu'il ne voulait pas qu'on parte.

Rose, c'est le seul moyen de te protéger, tout cela est allé beaucoup trop loin. Il faut s'en aller.

Mon regard passe de Scorpius à Albus, j'hésite à répondre, pourtant je sais que ma décision est prise. Blanchard est mort, je suis brisée et plus influençable que jamais. J'ai confiance en Scorpius.

On part maintenant, je réponds

Très bien alors je pars avec vous ! s'exclame Albus

Mais…

Il n'y a pas de « mais », vous pensez sincèrement que vous allez réussir à survivre sans moi ? Allons-y avant que je change d'avis !

Je vais chercher mon sac dans ma chambre et nous partons sans regarder derrière nous. Pas le temps pour les au revoir ou pour les discours. Ma mère comprendra ce qui m'a poussé à partir, elle rassura mon frère, j'en suis sûre.

Les passages secrets ont été condamné, la grande porte est gardée par le concierge, on sort par où ?

Rose, tu te rappelles dans la salle sur demande, il y a une armoire à disparaître. La jumelle est chez moi, dans le grenier. Ça forme un passage, une fois au manoir on sera libre de transplaner où l'on veut

Albus et moi hochons la tête, c'est une idée brillante, je ne sais pas si j'y aurais pensé. Alors que nous marchons d'un pas décidé dans le couloir du troisième étage. Un homme apparaît au détour d'un couloir. Je reconnais immédiatement son visage, il s'agit de James Anderson. Scorpius se place instinctivement devant moi mais c'est inutile. Il m'a vu et quelque chose me dit que c'est moi qu'il cherche.

Qu'est-ce que vous foutez là ? demande Albus sur un ton mauvais

Anderson me sourit et répond :

Je suis là pour garantir la sécurité des élèves. C'est le professeur McGonagall qui m'a envoyé. La question est plutôt qu'est-ce que VOUS faîtes là ? Les élèves sont sensés se regrouper tous dans les cachots

Justement on y allait, ment Albus

J'aimerais parler à Rose Weasley

Hors de question ! s'exclame aussitôt Scorpius sa main droite serrant sa baguette

Je pose ma main sur son bras pour l'empêcher de faire quelque chose de stupide. Je passe devant lui et m'éloigne un peu, accompagnée de Anderson. Juste assez pour que les garçons n'entendent pas ce que j'ai à lui dire.

Qu'est-ce que vous voulez ? je demande en croisant les bras sur ma poitrine

Corrige-moi si je me trompe mais j'avais la sensation que vous et vos deux compagnons étaient sur le point de partir, or je vous rappelle que votre vie m'appartient, nous avons fait un accord.

L'accord ne tient plus, je réponds d'un ton catégorique. Vous étiez censé protéger mes proches en échange de ma vie. Mon frère a été enlevé et Blanchard est mort en essayant de nous sauver. Vous n'avez pas honoré votre part du contrat, il n'y a aucune raison que j'honore la mienne !

Si vous pensez vous en sortir comme ça…

Anderson saisis mon poignet mais il soudainement projeté contre le mur, il semble privé de sa faculté de respirer. Scorpius et Albus n'y sont pour rien. Je n'ai pas non plus bougé le petit doigt, il a suffi que j'y pense. Ma magie le maintien contre le mur et appuie sur sa tranchée

Comment osez-vous me menacer ? Je suis bien plus puissante que ce que vous pouvez imaginer ! je m'exclame

Albus et Scorpius qui sont restés dernière moi, me prennent par le bras et brisent le lien. Anderson tombe au sol et tente tant bien que mal de reprendre sa respiration.

Rose, tu aurais pu le tuer ! s'exclame Albus

Je ne réponds rien et regarde James Anderson le visage rougi, sa main massant son cou. Je crois que je n'avais jamais pris conscience du fait que je pouvais délibérément tuer quelqu'un sans baguette. Cette pensée me frappe, la magie pure peut tout aussi bien être utilisée comme une arme, j'en ai pleinement conscience maintenant. Cela fait de moi une des sorcières les plus puissantes, puisque à présent ma magie semble parfaitement répondre à mes ordres.

Rose, on y va ! s'exclame Scorpius en m'agrippant le bras.

C'est inutile, je murmure. Mr Anderson a parfaitement compris de quoi je suis capable. Je ne dois plus me cacher à présent. Si quelqu'un s'en prend moi ou à mes proches, je suis tout à fait capable de me défendre !

J'échange un regard avec le directeur de l'OSCM qui se relève difficilement.

Vous n'êtes qu'une bande de gamins, nous ne comprenez rien… parvient-il à articuler. Il a toujours un coup d'avance sur vous et même sur moi.

De quoi est-ce que vous parlez ? demande Albus

James nous lance un regard dédaigneux, puis il croise les bras contre sa poitrine.

L'Assassin est bien ici à l'intérieur de Poudlard, en réalité il est là depuis un bout de temps.

C'est impossible, la carte…

Là où il est, la carte ne le détecte pas ! le coupe-t-il

Mon cerveau se met à turbiner à toute vitesse, comment est-ce possible qu'il n'apparaisse pas sur la carte ? Il n'a pas pu se cacher pendant tout ce temps dans la salle sur demande c'est impossible. Je me retourne immédiatement vers James Anderson et je lui demande :

De quoi vous parliez quand vous disiez qu'il avait toujours un coup d'avance ?

Vous ëtes en train de comprendre n'est-ce pas Rose ? Ce soir-là à la remise de votre prix, il n'est pas simplement venu pour essayer de te tuer ou pour faire parler de lui…

J'avale ma salive avec difficulté, je sais très bien ce qui suit…

… Il a volé le monde parallèle que j'avais créé, je réponds à sa place

Exact ! On a cru qu'il avait été détruit par l'incendie comme les autres représentations mais il s'en est emparé. Il faut retrouver le portoloin qui permet l'accès au monde parallèle.

Autant sauter toute suite dans le lac noir ! Mon portoloin est une simple pierre, parmi toutes celles du château. On ne peut pas simplement la retrouver comme ça !

A cet instant le professeur McGonagall fait sont interruption dans le couloir.

Potter, Malefoy, Weasley que faîtes-vous dans le couloir ? Tous les élèves doivent rejoindre les cachots, nous sommes en alerte maximum. Vous connaissez les règles ! Mr Anderson, veuillez me suivre, j'ai besoin de votre aide.

Nous les regardons s'éloigner tous les deux, et je suis rassurée de ne plus devoir supporter la présence de cet homme. Albus se tourne vers moi et me demande :

On fait quoi maintenant ?

On met fin à cette histoire, maintenant. J'ai menti à Anderson, je pense savoir où la pierre se trouve et si j'ai raison, tout se termine ce soir.

Alors que nous montons les escaliers quatre-quatre pour atteindre la plus haute tour du château. Des voix provenant du couloir du troisième nous interpellent. Je vois Alice courir vers moi, suivie de Louis, Lily, Sarah et Margaret.

Qu'est-ce que vous faîtes là ? je demande à bout de souffle

On est là pour t'aider. Peu importe ce que tu as en tête, on te suit.

Je suis tellement touchée par cette attention de leur part que j'ai tous envie de les prendre dans mes bras mais je n'ai pas le temps pour les débordements d'affection. Je leur explique rapidement la situation.

Crivey se cache dans le monde parallèle que j'ai créé et qu'il a réussi à voler cette fameuse nuit. C'est une pierre toute simple, mais je crois qu'il l'a placé dans la tour d'astronomie. D'un point de vue psychologique c'est l'endroit phare de Poudlard pour lui. C'est là qu'il a essayé de me tuer en manipulant Jeffrey et qu'il a presque réussi. Il faut qu'on y pénètre et qu'on le coince. Mais d'abord, j'ai une chose à faire, seule. Pendant ce temps, Sarah je veux que tu restes près de mon frère fait en sorte qu'il ne lui arrive rien. James Anderson serait capable de tout pour m'influencer. Albus, amène la carte du maraudeur, on ne s'est jamais elle marche peut-être dans le monde parallèle. Alice et Louis, je veux que vous restiez aussi ici et que vous préveniez les aurors que tout ce passe ici. Albus, Lily, Scorpius, on se rejoint en haut de la tour dans dix minutes. Quatre contre 1 ça devrait suffire.

Où est-ce que tu vas toi ? demande Scorpius d'un ton un peu inquiet

Il faut que je vérifie quelque chose, je vous rejoins.

Je cours dans les escaliers jusqu'à l'appartement des préfets. J'entre en sachant très bien ce que je cherche. Je prends le livre que Jeffrey m'a donné et je l'ouvre à la page ou le nom de Lily Evans avait été noté. Je lis la double page qui concerne le sortilège puis je repose le livre et repars en courant. Je retrouve Scorpius, Albus, Lily dans la salle d'Astronomie. Une petite pierre, qui dans un tout autre contexte serait passée incognito, est placé au centre de la tour. Tous la fixe puis leur regard se tournent vers moi.

C'est celle-là ? demande Lily

Oui, je souffle

Mon cœur bat à toute vitesse dans ma poitrine. Je m'approche doucement et mes doigts effleurent la pierre. Immédiatement je me retrouve emportée dans un tourbillon et j'atterris sur l'herbe du parc de Poudlard. Il fait jour, bien sûr la notion du temps n'est pas la même ici. Tout est en pause, ou plutôt se répète. Toute les heures les oiseaux, animaux, feuilles, chaque chose retrouve sa position initiale. Comme une cassette qu'on rembobine à la fin du film. Quelques secondes plus tard, Scorpius apparaît à mes côtés, suivi par Lily et Albus. Ils regardent autour d'eux un peu perdu avec le décalage.

Regardez le château ! s'exclame Lily impressionnée

Poudlard est un champ de ruine recouvert d'une couche de cendre grise.

J'ai vraiment la sensation d'avoir fait un bond dans le temps, murmure Albus. Bon boulot Rose !

Merci ! Mais on n'est pas là pour juger mon travail. Il faut trouver l'Assassin maintenant !

Nous marchons vers le château, nous habituant peu à peu au décor qui nous entoure.

Il doit être dans la tour d'astronomie, propose mon cousin

Albus regarde autour de toi, la tour d'astronomie a été détruite ! soupire sa sœur.

Il sort de sa poche la carte du maraudeur mais cette dernière refuse de faire apparaître le plan du château.

On aura essayé, je murmure. Il faut rester ensemble à tout prix.

Nous parcourons le château de long en large à la recherche de l'Assassin. Les fondations sont fragiles et nous savons qu'à tout moment le château peut s'effondrer. Il suffit de mettre le pied au mauvais endroit pour se retrouver un étage plus bas. Nous avançons, nos baguettes tendues devant nous, mais aucune trace de l'Assassin.

Il se moque de nous, soupire Scorpius alors que nous arpentons le troisième étage une fois de plus.

Ça doit l'amuser de nous faire marcher…

Oh oui ça m'amuse beaucoup, répond une voix derrière nous.

Nous nous retournons immédiatement pour apercevoir Crivey à quelques mètres de nous. Je me place immédiatement devant mes amis.

Je vois que tu as trouvé ma cachette Rose ! Je dois avouer que tu es très douée pour créer des mondes parallèles !

Ça suffit Crivey, on en termine une bonne fois pour toute aujourd'hui !

Je n'aurais pas mieux dit.

D'un geste rapide de la main, il lance un sort qui ricoche sur le plafond et fait s'effondrer des pierres dans notre direction. Je n'ai pas le temps de comprendre ce qui se passe que mon corps est emporté dans un tourbillon et quand j'ouvre à nouveau les yeux, je suis allongée sur l'herbe entouré de Scorpius, Lily et Albus.

Qu'est-ce qui vient de se passer ? demande ma cousine toute secouée

Ça fait une heure qu'on est là, la boucle du temps reprend. On retrouve notre position initiale, je réponds à bout de souffle. Est-ce que tout le monde va bien ?

Je ne dirais pas ça… grogne Albus, sa main plaquée contre son front

Il a la moitié du front ensanglanté, je me précipite pour regarder de plus près sa blessure, mais la vérité c'est que je n'y connais en rien en médecine et je suis incapable de dire si c'est grave mais le flot continu de sang et la pâleur de mon cousin m'oblige à admettre que c'est grave.

Il faut que tu sortes d'ici, que tu rejoignes Poudlard, le vrai !

Ça va, rétorque-t-il avec un sourire, juste une petite pierre qui m'a frôlé

Albus ce n'est pas drôle ! s'exclame sa sœur

Rose… articule Scorpius. Où est le portoloin ?

Quoi ? je demande en me retournant vers le Serpentard

Le portoloin ! La pierre qui nous amener ici, où est-elle ? Elle devrait être ici, on est revenu au point de départ, non ?

Un silence s'abat sur le groupe, le temps que tout le monde saisisse la gravité. On est coincé dans un monde parallèle que j'ai créé avec un assassin psychopathe et mon cousin sévèrement blessé.

C'est lui, c'est sûr, il nous a tendu un piège. Il savait qu'on allait le chercher dans le château et il en profiter pour changer de place le portoloin, je déclare en jetant des regards effrayés tout autour de moi.

Mais je ne comprends pas Rose ! La pierre aurait dû revenir ici au bout d'une heure, comme nous ! fait remarquer ma cousine

Non, pour la portoloin c'est différent, c'est l'essence même du monde parallèle. Il ne répond pas les même règles…

Scorpius croise mon regard affolé, il devine que je n'ai pas tout dit, je ne veux pas assener le coup fatal.

Rose, qu'est-ce qui se passe ? demande-t-il d'une voix posée et un peu autoritaire

Le portoloin s'il est détruit, tout le monde parallèle par en pièces…

Et si on est encore dedans ? ose questionner Albus

Réponds Rose ! s'exclame Scorpius

Je ne sais pas… je murmure. Il n'y a jamais eu de tel cas. Les mondes parallèles habités ont toujours été sous le contrôle du ministère. Personne n'est jamais resté coincé. La logique voudrait que si le monde est détruit, tout est détruit…

Scorpius se laisse tomber sur l'herbe en signe de découragement. Il faut qu'on trouve une solution rapidement. On a à peine une heure pour sortir d'ici, parce que l'urgence c'est surtout ça. Mais comment faire si notre unique issu a disparue ? J'ai soudain une idée et Scorpius semble avoir eu la même parce qu'il relève la tête et je croise son regard gris animé d'une lueur d'espoir.

L'armoire à disparaître… murmure-t-il en se levant

Dans la salle sur demande, je l'ai refaite à l'identique. L'armoire est intacte telle qu'on peut la trouver à Poudlard. Elle est jumelée avec celle de Poudlard et du grenier de chez tes parents. Elle forme un passage.

Scorpius laisse échapper un rire nerveux.

Je n'arrive pas à croire que tu y aies penser en créant ce monde. Bon sang je t'aime ! s'écrie-t-il en m'embrassant rapidement. Allons-y, pas de temps à perdre !

Nous remontons vers le château, aussi vite que l'on peut avec Albus et est quelque peu sonné. Lily l'aide à avancer, elle a vraiment l'air inquiète pour lui. Elle est aussi blanche que lui. Nous arrivons enfin devant la tapisserie et la porte de la salle sur demande apparaît.

Allez-y tous les deux, déclare Scorpius à mes cousins. On vous rejoint dès qu'on en a fini avec Crivey. Je suis sûr qu'il tient assez à sa vie pour ne pas détruire le portoloin. Je ne sais même pas s'il sait qu'il peut le détruire. Ce mec est loin d'être un génie, il est juste fou. Une fois à Poudlard prévenez McGonagall, Harry Potter et le père de Rose.

Lily hoche la tête, je vois sur son visage qu'elle hésite cependant à nous laisser. Mais c'est mieux comme ça, elle est deux doigts de craquer et de fondre en larmes. Je m'en veux de l'avoir entraîné là-dedans. Au moins elle sera en sécurité à Poudlard avec Albus. Ils traversent la porte et nous restons avec Scorpius dans le couloir jusqu'à ce que la porte disparaisse.

Une idée ou pourrait se trouver Crivey

Il a un endroit où on n'a pas vérifié mais avant il faut que je te dise un truc Scorpius.

J'ai les mains moites, je déteste me retrouver dans ce genre de situation. Je n'ai pas envie de penser au pire mais juste au cas où, je ne veux pas avoir de regret.

Une fois tu m'as dit que si je me m'étais dans une situation qui pourrait m'être fatale, je devais te prévenir. Voilà, je te préviens.

Scorpius laisse échapper un sourire moqueur.

Rose, je crois que j'avais saisis. Mais ne t'en fais pas, tout va bien se passer.

Il a raison, tout va bien se passer. Même si sa définition de « tout va bien se passer » est un peu différente de la mienne. Il ignore que j'ai un plan. Un plan certes de dernière minute mais qui devrais sans aucun doute le sauver. Pour mon cas, rien n'est moins sûr. Scorpius s'approche de moi et me caresse la joue.

On n'a pas besoin de se dire au revoir Rose ! Je n'ai pas besoin de te répéter que je t'aime et que jamais rien ne nous séparera.

Tu viens de le faire, je murmure en souriant.

Avant qu'il ne réponde, j'ajoute :

Je t'aime Scorpius Malefoy, reste sain et sauf

Je l'embrasse comme pour sceller une promesse puis prends sa main et nous descendons jusqu'au hall. Je marque un temps d'arrêt devant la porte de la Grande Salle. C'était tellement évident qu'on n'a même pas vérifié la dernière fois. Je lâche la main de Scorpius et je pousse la porte.

Crivey est assis à la place du directeur, le vent qui s'engouffre par les fenêtres brisées ne semble pas le déranger. Il nous observe avec un sourire sur les lèvres. Mon cœur se met à battre plus fort.

Alors cette fois-ci c'est la bonne ? demande-t-il

Je hoche la tête et lance un regard entendu à Scorpius. Je n'ai même pas le temps de reprendre ma respiration qu'un sortilège de l'éclair se dirige droit vers moi. Je l'évite de peu et je sens mon sang bouillir dans mes veines. Un combat féroce s'en suit, Crivey parvient à avoir le dessus sur nous deux, sans que je comprenne pourquoi. Le combat traine et ça ne me plaît pas ! Je n'ai aucun moyen de vérifier l'heure mais je sais qu'on s'approche bientôt des 60 minutes. Je jette un regard vers Scorpius qui se débat avec les sortilèges qui ricochent contre les murs dans un boucan infernal. C'est le problème avec la pierre, elle fait rebondir certains sortilèges. Ils reviennent comme des boomerangs. Alors que je trouve refuge derrière une table renversée de la grande salle pour échapper à un sortilège, je sens un long filet de sang descendre le long de mon bras. J'ai été touché à l'épaule droite, je grimace mais je me relève. Scorpius tente tant bien que mal de garder la face seul avec l'Assassin. Je sens que plus il résiste, plus Crivey est furieux et ce qui devait arriver arriva.

Je l'entends prononcer :

« Avada Kedavra ! »

Le sort fonce droit sur Scorpius près pour l'atteindre à l'abdomen. Je suis trop loin pour m'interposer, je pousse un cri qui rétablit immédiatement le silence. Alors que je m'apprête à voir le sortilège toucher Scorpius de plein fouet, la lumière verte semble s'éteindre et Scorpius est propulsé contre moi. Nous roulons tous les deux contre le sol. Il a un moment de flottement, ou je sens une vive douleur parcourir tout mon corps puis j'entends la voix de Scorpius.

Rose, articule-t-il en cherchant ma main

Il la serre de toute ses forces et son regard croise le mien.

Ça va ? murmure-t-il

Je suis incapable de lui répondre, je n'arrive presque plus à bouger mon corps.

Crivey… j'articule avec difficulté en tournant la tête vers l'Assassin.

Il semble qu'il est été aussi projeté par mon cri. Une fois de plus ma magie pure s'est trouvé être efficace. La gorge en feu et je suis prise d'une quinte de toux. Scorpius se lève et se dirige vers le mur opposé ou Crivey y est appuyé, comme pour reprendre sa respiration. Le Serpentard s'empare de la baguette du frère de Colin et continue d'avancer vers lui. Pendant ce temps je parviens à me mettre en position assise non sans difficulté. J'ai la sensation que mon tour de magie blanche à drainer toute mon énergie.

Allez-y tuez-moi ! marmonne Crivey en grimaçant. De toute façon je suis fichu !

Il soulève sa chemise pour laisser apparaitre une plaie infectée.

Un petit souvenir de mon combat avec le professeur Blanchard ! La lame du couteau était empoisonnée, mais vous devez le savoir, lui aussi a été blessé. J'imagine que ça a dû vous faire tout drôle de le voir s'effondrer à vos pieds. Ses blessures étaient bien plus profondes que les miennes n'est-ce pas ? questionne-t-il à mon attention

Peut-être, mais nous avons trouvé un remède ! s'exclame Scorpius

Je lance un regard étonné au Serpentard. Mais qu'est-ce qu'il raconte ? A quoi il joue ?

Vous mentez, il n'y a pas de remède, c'est du venin de serpent brun !

Vous n'avez pas bien compris. Le professeur Blanchard est bien mort mais Rose est parvenue à le ressusciter exactement comme vous attendiez qu'elle le fasse pour votre frère.

Le regard de Colin s'illumine aussitôt et il semble reprendre vie.

C'est comment… comment c'est arrivé ?

Scorpius se tourne vers moi, il attend sans doute que j'invente un mensonge mais je suis incapable de prononcer une parole. Je ne vois pas pourquoi Scorpius a dit tout cela.

Après tout, je m'en fiche, se reprend Crivey. Ça n'a plus d'importance maintenant, il ne me reste que quelques heures en étant optimiste.

C'est à ce moment que je comprends la stratégie de Scorpius. A défaut de ne pas le tuer, Scorpius veut lui voler sa mort. Je reconnais là son esprit Serpentard et je ne peux pas m'empêcher d'entrer dans son jeu. Après toutes les souffrances que j'ai enduré à cause de cet Assassin, hors de question qu'il meurt si paisiblement.

Vous n'allez pas mourir, je souffle en me relevant pour rejoindre Scorpius. Vous pouvez compter sur moi. A la seconde où votre cœur s'arrête, je le fais redémarrer. Vous vous réveillerez plus vivant que jamais dans une cellule à Askaban, je susurre en appréciant le regard effrayé qu'il m'adresse.

Vous allez vivre une longue et ennuyeuse existence entourée de détraqueurs à pleurer votre frère, ajoute Scorpius avec un sourire presque malveillant

Je m'approche de lui pour prendre violement son menton dans ma main.

Vous avez, torturé, tué certains de mes proches. Vous avez tenté de me tuer, vous m'avez presque tout prit. A moi de tout vous prendre, Colin. Je vous prends votre mort.

Vous ne pouvez pas… articule-t-il apeuré… vous n'avez pas le droit

Je me recule et le juge d'un regard dégouté. Alors que je le regarde maintenant dans les yeux, je comprends à quel point cet homme est faible. Il n'a plus rien d'impressionnant, il ne me fait plus peur. Mais je le déteste trop pour avoir pitié de lui. Quelque chose au fond de moi me dit que si j'avais réellement le pouvoir de le réanimer je le ferais sans hésiter. J'aimerais le voir pourrir en prison pour les cinquante prochaines années.

Maintenant Crivey, donnez-nous la pierre ! ordonne Scorpius en tendant la main

Quelle pierre ?

Le portoloin ! précise le Serpentard impatient. Donnez-le-nous je sais que vous l'avez !

Je ne l'ai pas ! s'écrie le quadragénaire

Alors qu'il s'apprête à ouvrir la bouche pour dire autre chose, il est frappé par un sortilège de mort et s'effondre à mes pieds. Je regarde dans la direction Scorpius choquée, persuadée que le sortilège vient de sa baguette mais je comprends à l'air étonné du blond qu'il ne s'agit pas de lui. Je me retourne pour apercevoir James Anderson.

Je n'en pouvais plus de l'entendre gémir, se justifie-t-il

Il sort de sa poche le portoloin qu'il manie avec précaution. Il fait tourner la pierre dans sa main puis relève la tête pour nous sourire.

Bon maintenant on peut parler tranquillement.

Je me place immédiatement devant Scorpius. Quelque chose me dit que le combat n'est pas fini.

Maintenant que nous sommes débarrassés de Crivey, Miss Weasley vous allez me suivre !

Ça sonne plus comme des menaces ça, crache Scorpius

Combien de fois je vais devoir vous le dire Anderson ? Je ne vous suis plus ! Notre contrat à été rompu à la seconde ou vous avez laissé mon frère se faire kidnapper par l'Assassin. Maintenant donnez-nous la pierre ou…

Ou quoi ? me coupe-t-il. Vous allez utiliser votre magie contre moi. Regardez-vous Rose, vous savez à peine l'utiliser. Votre pouvoir vous consume de l'intérieur, un seul sort et vous êtes vidée de toute votre énergie. Cette chose qui est en vous, vous ne pouvez pas la contrôler. Au fond de vous, vous le savez. Cette magie met vos proches en danger. Vous ne pouvez plus vous cacher derrière cet escroc qui vous servait de professeur de défense.

Au fond il n'a pas tort, je mets en danger ce que j'aime mais cette même magie me permet également de les protéger

C'est l'occasion que vous attendions, ajoute-t-il. Il suffira de dire que vous avez été tuée dans un combat avec l'Assassin. Vous serez l'héroine de cette histoire dramatique.

Je n'ai jamais cherché à être une héroïne, je rétorque

Je le sais bien…

Je me retourne vers Scorpius pour croiser son regard.

Ne fais pas ça, murmure-t-il presque inintelligiblement

Je suis désolée…

J'avance vers James Anderson et je lui tends la main. Je n'ai pas le choix c'est toujours lui qui tient le portoloin. Notre moyen de rentrer. Ses lèvres s'étirent dans un sourire satisfait et il me serre la main. Comme la dernière fois, j'ai la sensation d'avoir fait un pacte avec le diable, mais après tout ça n'a pas d'importance.

Il reste un détail, cependant, déclare Anderson. Je ne peux pas me permettre de garder un témoin en vie.

Son regard se pose sur Scorpius et mon cœur s'accélère.

Non, attendez ! je m'écrie

Tout se passe alors rapidement, je vois la lumière verte se former au bout de la baguette du directeur de l'OSCM. Je me précipite vers Scorpius et je me jette sur lui. Mon poids nous fait tout les deux basculer au sol et avant de nous effondrer je sens l'impact du sort me frapper dans le dos. Etrangement quand nos deux corps touchent le sol froid de la grande salle, je n'éprouve aucune douleur. J'ai juste la sensation de ne plus pouvoir respirer. Tout est flou et bientôt je ne distingue plus rien. Ni les sons, ni les couleurs, ni la froideur des pierres. Juste un vide presque apaisant

Voilà, j'espère que ces deux chapitres vont ont plu. Je ne peux rien vous promettre en ce qui concerne le prochain chapitre. Cependant, j'ai déjà commencé à l'écrire donc ça ne devrait pas trop tarder !

Vos reviews me manquent – merci c'est grâce à ça que je tiens !

Xoxo

SunPotion