Don't forget 3. oct. 11... Ca vous dit quelque chose ? Sinon, vous pouvez toujours aller chercher dans le tome 05 de FMA XD Ceci est ma petite contribution en ce jour particulier qui n'arrivera plus de si tôt.
Bonsoir à tous ! Cela faisait longtemps mais il suffit que je dise que ça va mieux pour que ça reparte en sucette... Bref ! Me revoilà avec un nouveau chapitre, quelques explications, quelques hypothèses, un peu de tout, vous verrez bien. Cela dit, soyez sympa, je ne suis pas une spécialiste des affaires criminelles, en plus de ne pas être médecin légiste (merci Wikipédia d'ailleurs XD).
Merci pour vos reviews, ça fait vraiment du bien. J'espère toujours être capable de vous offrir une histoire de qualité.
Ywena: moi, c'est le contraire, j'ai fini par flasher sur Grimmjow justement parce qu'il avait la même voix que Greed... Il me manque, Grimmjow T_T (Kubo-sensei, si vous m'entendez...).
Merci aussi à mon bêta-lecteur pour son avis et ses critiques. Alors bien sûr, FMA ne m'appartient pas, toujours pas.
Bonne lecture et à... je ne sais pas quand. Je réfléchis toujours à la suite, mais j'ai dû mal à mettre ça par écrit. Donc je préfère ne pas avancer de date pour le moment.
Chapitre 53
Le silence se fit alors au sein du petit groupe en réponse à l'exclamation de Julia alors qu'ils se trouvaient toujours au plein milieu du couloir, heureusement désert en cette heure matinale et à cet endroit du QG. Les trois soldats se regardaient à présent tour à tour afin de savoir qui expliquerait la situation à la jeune femme, celle-ci commençant à s'impatienter. Ils semblaient pris au dépourvu, ne s'attendant visiblement pas à revoir leur collègue en un seul morceau, ce qui lui déplaisait assez vu qu'elle n'appréciait pas vraiment qu'on la fasse passer pour morte, tout en souhaitant que cette information ne soit pas parvenue aux oreilles de sa famille, ce qui risquait de provoquer le débarquement de tout le clan Morton à Central afin d'apprendre le pourquoi et le comment de son décès alors qu'elle était toujours vivante.
« Eh bien ? », demanda soudain Kimblee qui souhaitait également avoir le fin mot de l'histoire. « Pourquoi devrait-elle être morte, je vous prie ? »
« En fait… », commença Morris que la proximité de l'alchimiste mettait mal à l'aise pour une raison qu'il ignorait. « Cela vous concerne aussi, monsieur. »
L'écarlate se contenta de cligner des yeux à plusieurs reprises avant de se tourner vers Julia qui le fixa de manière perplexe avant de hausser les épaules, ne comprenant ni l'un, ni l'autre ce que cette histoire signifiait et se demandant soudain si Bradley n'avait pas soigneusement oublié de leur parler de quelque chose.
« Pourriez-vous être un peu plus précis ? Comme vous le voyez, nous sommes bel et bien vivants. », reprit Kimblee en se tournant vers Morris, le choisissant par là comme interlocuteur principal.
« Comme… hum… Comme vous le savez, le général Raven nous a renvoyés à Central après votre départ pour Briggs et… », commença le jeune homme avec une certaine nervosité avant de se rendre compte que quelque chose n'allait pas. « Mais attendez une minute, vous étiez grièvement blessé, non ? Comment cela se fait-il… ? »
« Plus tard ! », le coupa sèchement Kimblee pour qui cette histoire n'avait plus aucune importance. « Venez-en au fait ! »
« Oui… Donc vous êtes ensuite partis pour la forteresse avec le général Raven et Meyer… », continua le soldat mais il fut interrompu par l'un de ses collègues.
« Mais où est-il au fait celui-là ? », demanda Mitchell en fronçant les sourcils.
« Pas ici, en tout cas. », répliqua l'alchimiste qui commençait à se demander qui il allait tuer en premier si les réponses n'arrivaient pas bientôt.
« Bref, peu de temps après, le QG a reçu un rapport provenant de la forteresse mentionnant le fait que le général Raven s'y était perdu… », expliqua enfin Morris en voyant la mine que tirait Kimblee. « Et quelques jours plus tard, un autre disant que vous et Morton aviez été portés disparus durant la poursuite de Scar, suite à l'effondrement d'une ancienne mine. »
« Comment pouvez-vous être au courant de tout cela ? », demanda alors Julia tandis que Kimblee restait coi. « Ce sont des rapports officiels, voire confidentiels, pas des potins qui paraissent dans les journaux. »
« Eh bien, l'annonce de la disparition de deux alchimistes d'État, puisqu'il y a aussi le Fullmetal Alchemist, a tout de même été transmise à certains journaux mais les informations circulent vite ici, c'est pour ça que nous savons. », continua Morris sur le même ton nerveux.
« Vous étiez ensemble pendant tout ce temps alors ? », demanda soudain Maxims d'un ton qui déplut immédiatement à Julia, d'autant qu'il la fixait avec une drôle de lueur dans le regard. Julia se rappela alors les commentaires qu'il avait faits sur son compte en ce qui concernait Kimblee et que Meyer lui avait rapportés, tandis qu'elle avait suivi l'alchimiste jusque Briggs, la nuit où il avait été blessé.
« Tout à fait, nous avons fait un magnifique voyage, très romantique, au frais de l'État... Après tout, comme je suis amoureuse de lui, il fallait bien que j'en profite pendant qu'on me croyait morte. D'autres questions ou tu as entendu ce que tu voulais entendre ? », lâcha alors Julia en se croisant les bras, tandis que Kimblee et les deux autres soldats manquaient de s'étouffer en entendant la réplique de la jeune femme, l'alchimiste se demandant alors si elle n'avait pas perdu l'esprit. Mais à la vue de la mine que tirait à présent Maxims, il comprit qu'il devait y avoir une histoire entre ceux-là dont il ignorait tout, pour le moment.
« Désolé. », répondit finalement l'autre soldat d'un air contrit. « Mais avoue quand même que… »
« Bien ! », le coupa soudain Kimblee étant donné que la conversation prenait une tournure qui ne lui plaisait pas vraiment non plus. « Pour répondre à votre question, nous avons eu la chance de survivre à l'effondrement mais vu que j'ai ensuite reçu des ordres pour une autre mission, extrêmement urgente et importante, j'ai emmené le soldat Morton avec moi, en effet. Comme cela devait rester confidentiel, vous nous excuserez de ne pas vous avoir envoyé de carte postale pour dire que nous allions bien. »
« Euh… Oui…Bien sûr. », reprit Morris d'un air gêné car bien qu'il ne sache pas pourquoi, il sentait que la remarque de sa collègue possédait un fond de vérité. « Et nous allons peut-être éviter de vous retenir plus longtemps, surtout si vous avez de nouveau une mission à accomplir. »
« C'est le cas, nous avons un tueur à attraper. », répondit Julia en secouant la tête. « Vous en avez entendu parler ? »
« Le tueur d'enfants ? Toute la ville en a entendu parler, vous avez passé les dix derniers jours dans une grotte ou quoi ? », répliqua Maxims d'un ton moqueur avant de croiser le regard de Kimblee qui lui fit perdre de sa superbe. « Ou pas… », murmura-t-il alors pour lui-même.
« Disons que c'est un heureux hasard, nous avons reçu une nouvelle affectation et c'est justement sur cette affaire que nous devons travailler. », expliqua Mitchell d'un ton neutre. « Prêter main forte à la police de Central et à l'alchimiste d'État qui y sera affecté. »
« Mais nous ne savions pas que ce serait vous… », continua Morris alors que son malaise revenait comme Kimblee avait de nouveau reporté son attention sur lui.
« Cela vous pose-t-il un problème ? », lui demanda alors l'écarlate, comme s'il était prêt à mordre ou à lui en faire voir de toutes les couleurs au vu de la situation qui s'annonçait. Les trois soldats s'empressèrent de nier rapidement et avec véhémence le fait que la présence de cet alchimiste en particulier leur déplaisait mais ils savaient qu'ils ne pourraient pas cacher la drôle de peur qui s'emparait d'eux en sa présence.
« Bien… », fit l'alchimiste au bout de quelques secondes. « Dans ce cas, je vais être clair dès le départ : votre intérêt réside dans la façon dont vous travaillerez. Comportez-vous comme des idiots et je demanderai votre départ immédiat de l'enquête. Comportez-vous comme des poids morts et je n'hésiterai pas à me débarrasser de vous comme on se débarrasser d'un mouchoir usagé. Cette affaire s'annonce compliquée avant même que nous ne commencions à travailler dessus alors je voudrais éviter d'avoir à vous tenir par la main en même temps que de devoir traiter avec ce capitaine de police. »
« Traiter, monsieur ? », demanda Morris d'un ton surpris. « Ne sommes-nous pas censés travailler ensemble pour coincer ce malade ? »
« Idéalement, si mais il semblerait que le capitaine Holmes n'apprécie pas de devoir partager son enquête avec l'armée. », expliqua l'écarlate d'un ton ennuyé. « Aussi, je vais vous demander de ne suivre que mes ordres. Je doute qu'il vous porte la moindre attention à tous les quatre mais au cas où il voudrait faire de l'excès de zèle, rappelez-lui que vous ne prenez vos ordres que de moi… »
« Ou de moi aussi ? », lança soudain Julia en sortant de la poche de son manteau la fameuse lettre de promotion et en la tendant à l'alchimiste. « C'est à vous que je le dois, monsieur Kimblee ? »
Celui-ci prit le temps de sortir la lettre de son enveloppe et tandis que les trois autres soldats se plaçaient autour de lui pour en lire le contenu, il commença lui aussi sa lecture avant de hausser les sourcils de surprise devant l'annonce à laquelle il ne s'attendait pas.
« Caporal ? », demanda alors Maxims en se tournant vers Julia d'un air surpris. « Mais c'était quoi cette mission pour que tu aies une telle promotion. »
« Secret défense, très cher. », répondit la jeune femme en haussant les épaules. « Pourtant, je n'ai pas fait grand-chose, pas assez pour mériter tout ça en tout cas. »
« Ne vous sous-estimez pas, Miss Morton. », fit alors l'écarlate en lui rendant la lettre. « Cela dit, je suis navré de vous apprendre que je n'y suis pour rien. Peut-être aurez-vous plus de chance en cherchant du côté de King Bradley… »
« J'aurais dû m'en douter. », dit simplement la jeune femme en levant les yeux au ciel, alors que les autres soldats tentaient de comprendre le sens de la conversation.
« Cela explique pourquoi il a parlé de vous en tant qu'assistante tout à l'heure. Mais quoiqu'il en soit… », reprit Kimblee au bout d'un moment alors qu'il voyait que les trois autres allaient soudain repartir dans une salve d'exclamations et autres questions, ce qui allait encore leur faire perdre du temps. « Vous restez sous mes ordres tous les quatre, cela ne change rien à la situation. Si le capitaine Holmes nous refuse en grande partie son aide, nous devrons faire avec nos propres moyens. Est-ce clair ? »
« Oui, monsieur ! », s'exclamèrent les soldats en chœur.
Et sans répondre, Kimblee repartit en direction de la salle où travaillait en principe la petite équipe hétérogène, suivi par les quatre militaires qui se demandaient comment ils allaient être reçus, tandis que trois d'entre eux brûlaient d'impatience de questionner leur collègue sur ce qui s'était passé pendant tout ce temps. Le local où tout avait commencé ne se trouvait pas loin de l'embranchement où ils venaient de se rencontrer, aussi furent-ils rapidement sur place. Ce fut l'alchimiste qui frappa à la porte, espérant recevoir une réponse rapide mais comme le silence lui répondit, il ne prit pas la peine de frapper une seconde fois et entra directement, suivi de ses subordonnés, pour trouver une salle vide.
« Je pensais pourtant que c'était ici que les enquêteurs se réunissaient. », fit-il alors que l'agacement le gagnait devant cette nouvelle perte de temps qui s'annonçait. « Aurais-je été mal informé ? »
Il avait dit ça en se retournant vers les trois soldats qui devaient sûrement avoir pris leurs ordres de quelqu'un d'autre que de Bradley lui-même et qui pouvaient donc avoir reçu des informations supplémentaires.
« Euh… On nous a indiqué le même endroit à vrai dire. », répondit simplement Mitchell en haussant les épaules. « Mais il est encore tôt, peut-être arriveront-ils plus tard. »
« Tôt ? Il est déjà neuf heures passé. Si la police de Central attend qu'il soit midi pour se mettre au travail, je ne m'étonne plus que le meurtrier coure toujours. », lança Kimblee en déposant le dossier ainsi que son chapeau sur la table qui se trouvait toujours au milieu de la pièce. Très peu de choses avaient changé dans l'agencement du local, si ce n'est qu'à présent, plusieurs tableaux noirs avaient rejoint celui qui s'y trouvait déjà et comportaient de nombreux documents épinglés dont une carte de la ville marquée de divers endroits. Le long des murs s'adossaient à présent des caisses d'où débordaient des dossiers, résultat des heures d'audition des différents témoins, plusieurs chaises avaient été rajoutées et de nombreux rapports jonchaient une partie de la table où Kimblee s'était à présent installé.
« Bien. Nous avons donc quatre victimes à présent. », commença-t-il en ouvrant à nouveau le volumineux dossier que Bradley lui avait remis.
« Quatre ? », fit alors Morris. « Je pensais que la quatrième était seulement portée disparue. »
« Si je me fie à ce que je lis, plus le temps a passé et plus on a retrouvé les cadavres des victimes rapidement après leur enlèvement. », commença l'alchimiste sans lever les yeux de son dossier. « La dernière en date a été enlevée samedi, nous sommes à présent lundi et je viens seulement d'être nommé sur l'affaire… Entre nous, vous croyez sincèrement que nous allons la retrouver vivante ? »
« Nous pourrions au moins essayer. », murmura Julia en fixant la carte où étaient situés les lieux des enlèvements ainsi que les endroits où les corps avaient été retrouvés.
« Je ne dis pas que je suis l'homme de la situation, Miss Morton. », répondit Kimblee en levant enfin les yeux du rapport qu'il lisait car il avait parfaitement entendu la remarque de la jeune femme. « Mais j'estime que s'ils tenaient vraiment à ce que je retrouve cette enfant vivante, ils m'auraient appelé le jour de sa disparition, pas quarante-huit heures trop tard. »
« Nous devons donc considérer la petite Nelly Werner comme morte ? », déclara soudain Maxims, resté silencieux depuis leur arrivée dans le local.
« Pour moi, oui. Cela nous permettrait de penser à la prochaine victime éventuelle et donc nous faire gagner du temps au lieu de tergiverser sur le sort d'une enfant dont nous ne savons rien. », conclut l'écarlate d'un ton sérieux.
« C'est extrêmement cruel… », murmura de nouveau Julia, tout en se rapprochant de la table où se trouvait l'alchimiste.
« Mais nécessaire, si nous la retrouvons vivante, tant mieux. Si non… », répondit simplement celui-ci avant de se tourner vers les trois autres soldats. « Bien. Je disais donc que nous avons donc pour le moment trois victimes avérées et une quatrième victime potentielle. Jusqu'ici, elles ont toutes été égorgées et leur corps ne comprenaient aucune trace de lutte ou de sévisse particulier. »
« Aucun signe qui nous permette d'identifier le meurtrier alors ? », demanda Morris, tout en fixant un des tableaux où étaient accrochées des photos des scènes de crime, ou plutôt des lieux où les cadavres avaient été retrouvés.
« Rien… », répondit Kimblee après quelque instants de silence, le temps de lire les conclusions du médecin légiste. « Et les victimes ne semblent pas avoir de points communs, mis à part que ce sont des enfants. »
« Ils n'allaient pas dans la même école, ne fréquentaient pas les mêmes lieux d'amusement… Ils ne sont pas de la même classe sociale non plus. », lut Julia par-dessus l'épaule de Kimblee. « Ils ont juste sensiblement le même âge : entre 7 et 9 ans… »
« C'est comme s'il les choisissait au hasard, du moment que ce sont de jeunes enfants. », conclut alors Morris en fronçant les sourcils.
« Et du côté des endroits où ils ont été enlevés… », commença Kimblee en cherchant dans les rapports, victime par victime. « Thomas Langton, la première victime, a été enlevé dans un parc à l'Ouest de la ville et retrouvé… »
« Dans une ruelle du quartier des marchés couverts. », termina Morris en suivant les indications qui se trouvaient devant lui. « La deuxième victime, Cassandra Parker, a été retrouvée sur une berge peu fréquentée du canal. »
« Et elle a été enlevée en début de journée, dans l'artère principale de la ville. », compléta Kimblee en se levant pour venir se placer aux côtés de Morris tandis que les autres soldats se rapprochaient pour avoir sous les yeux les différents éléments. « Il a pris un risque mais c'est bien connu, la foule permet de faire ce que l'on veut du moment que l'on s'y prend bien. »
« Tout de même, un samedi matin dans une artère commerçante, il fallait l'oser. », commenta Maxims avec une moue dubitative. « Ensuite ? La troisième victime n'est pas n'importe qui, je crois. »
« Elizabeth Saint-James… Petite-fille de Lady Katarina Saint-James. », soupira l'alchimiste qui se dit soudain que sa nomination afin de donner un coup de fouet à l'enquête devait sûrement avoir pour origine l'influence de la famille Saint-James, l'une des plus riches du pays. « Enlevée dans la parc principal de la ville après avoir échappé à la surveillance de la nurse. »
« Retrouvée au même endroit trois jours plus tard… », continua Morris, à présent concentré sur la carte de la ville marquée de différents points. « Et enfin, la quatrième victime, enlevée samedi dernier sur le chemin de retour de son cours de danse. »
« Qui laisserait une enfant de neuf ans se rendre seule à son cours de danse quand un tueur rôde en ville ? », lança soudain Julia, choquée devant le manque de précaution des parents.
« D'après le témoignage de la mère, elle était souffrante ce jour-là et sa fille a donc décidé de s'y rendre seule pour ne pas manquer la… répétition de son prochain spectacle. », reprit l'alchimiste après avoir consulté un des documents qui se trouvait dans le dossier.
« Ouais, eh bien, elle le manquera son spectacle, ça c'est sûr… », murmura Maxims pour lui-même mais c'était sans compter sur l'ouïe de Kimblee qui se retourna vivement vers lui.
« Je sais que j'ai dit qu'il serait préférable de ne pas espérer la retrouver vivante mais vous éviterez ce genre de remarques à l'avenir. », lui dit Kimblee assez fermement.
« Oui, monsieur. », répondit le soldat, tout penaud.
« Nous avons donc très peu de points communs entre les victimes. Que nous disent les lieux où l'on a découvert les corps ? », continua l'écarlate, l'incident étant déjà oublié pour lui.
« En fait… C'est comme si la police ne s'en était pas préoccupée. », répondit une fois de plus Morris. « Il n'y a que très peu de photographies des lieux, on dirait qu'ils se sont concentrés sur les corps uniquement. »
« Les imbéciles… Nous avons peut-être perdu des indices essentiels. », fit Kimblee avec mécontentement.
« Pourtant… il y a quelque chose mais peut-être l'ont-ils déjà remarqué en fait. », enchaîna le jeune homme en se tournant vers l'alchimiste avec hésitation. « Ce n'est peut-être rien… »
« Poursuivez. », lui ordonna presque Kimblee, s'étonnant de la façon dont Morris arrivait à intégrer les éléments de l'enquête et se demandant s'il avait bien en face de lui la même personne qu'il avait laissée à North City trois semaines auparavant.
« Eh bien, ça vient de la façon dont sont disposés les corps. », commença le jeune homme, toujours aussi nerveux et espérant ne pas raconter de bêtises comme il ne voulait pas se voir rabaissé par l'écarlate. « Ils ne sont pas simplement déposés là, comme si le meurtrier voulait s'en débarrasser parce que devenu encombrant. Non, il les dispose correctement, les bras croisés sur le torse, couché sur le dos. Il ne manque plus que le bouquet de fleurs et on pourrait croire qu'il voulait leur rendre un dernier hommage. »
« Et il aurait pris la peine de le laver, ainsi que leurs vêtements ? », le coupa Maxims qui ne partageait pas l'avis de son collègue. « C'est un peu tiré par les cheveux ton histoire. »
« Mais c'est possible. Il est vrai que d'après les rapports du médecin légiste, la rigidité cadavérique était encore présente pour deux des trois victimes, Cassandra Parker ayant été retrouvée plus tard, elle avait commencé à disparaitre. », expliqua Kimblee qui commençait à entrevoir quelque chose. « Mais j'imagine que rhabiller un enfant, même devenu en partie raide, ne doit pas être difficile, surtout comparé à un adulte. »
« Mais il a dû être extrêmement rapide, non ? J'ai entendu dire à de nombreuses reprises que la rigidité apparaissait très vite après la mort. », reprit Maxims qui avait encore du mal à croire ce qu'il venait de découvrir.
« Très rapide, puisqu'il a encore eu la possibilité de leur croiser les bras sur le torse avant que ça ne devienne complètement impossible. », continua l'écarlate qui haussa soudain les sourcils de surprise à la lecture d'une feuille contenue dans un des rapports du médecin légiste. « Eh bien, voilà… Il a gagné du temps tout simplement parce qu'il n'a pas rhabillé les victimes avec leurs propres vêtements. »
« Il en a changé ! », s'exclamèrent alors les autres, presque en même temps.
« Oui, les familles sont formelles : ce ne sont pas les vêtements que les enfants portaient le jour de leur disparition. », expliqua Kimblee avec un petit sourire étrange devant le travail presque parfait qui s'étalait sous ses yeux. « Et c'est un malin, après analyse des vêtements, rien ne permet d'indiquer leur provenance, ni nom, ni marque de fabrique particulière. Il a pris soin d'effacer toutes ses traces. »
« Il doit bien avoir commis une erreur. », lança soudain Julia, qui comme Mitchell était restée très silencieuse jusque là. « Le crime parfait n'existe pas. »
« Non, en effet. Et c'est à nous de la trouver ou de le forcer à en commettre une. », conclut Kimblee en se tournant alors vers Morris. « Voyez-vous autre chose qui pourrait nous éclairer ? »
« Euh… Eh bien… Euh, oui. », hésita de nouveau le soldat, un peu pris par surprise que l'écarlate s'adresse encore à lui pour tenter d'éclaircir la situation. « Est-ce que vous avez remarqué que les enlèvements ont toujours lieu en fin de semaine ? »
« Voilà qui est intéressant, je crois avoir lu quelque chose de semblable dans le rapport. », répondit simplement Kimblee. « Mais continuez votre raisonnement, qu'est-ce que cela peut nous apprendre, selon vous ? »
« Que le meurtrier doit travailler pendant la semaine… ? Mais pas le samedi puisque les victimes ont été enlevées un samedi, sauf la première. », tenta Morris.
« Les employés ne travaillent pas le samedi… », lança alors Mitchell, qui sembla soudain se réveiller.
« Et au contraire, les commerçants travaillent forcément le samedi qui est le jour le plus important de la semaine pour eux. », conclut Maxims tandis que Kimblee écoutait attentivement les trois soldats discuter sur l'éventuel métier du meurtrier.
« Et si jamais ce commerçant-là a des horaires particuliers qui fait que le samedi matin est son demi-jour de congé ? », dit soudain Julia d'un air dubitatif. « Si nous vous écoutons, nous sommes partis pour interroger tous les employés de Central et de sa région. »
« Alors il aurait attiré l'attention sur lui car des informations circulent dans les journaux sur les meurtres et les gens ne sont pas idiots. », répliqua Maxims avec force. « Ils auraient fait le rapprochement. »
« Tu soupçonnerais le boulanger au coin de la rue parce qu'il est fermé le samedi matin, toi ? », lança Julia avec agacement. « Pour avoir réussi à faire autant de victimes sans se faire repérer, il doit sûrement avoir la tête de monsieur-tout-le-monde et personne ne ferait attention à lui ou à ses horaires de travail parce que les gens seraient habitués. »
« Pas vraiment, il ne s'est pas fait repérer parce qu'il fait très attention à ne laisser aucune trace. », commença à son tour Mitchell. « Si ça se trouve, il n'inspire confiance à personne mais les gens n'ont pas fait le rapprochement parce qu'il est doué pour dissimuler. »
« Monsieur Kimblee aussi est doué pour dissimuler puisque c'est un véritable sociopathe. Pourtant lorsqu'on ne le connait pas, on lui donnerait presque le bon Dieu sans confession parce qu'il inspire confiance ! », s'énerva soudain la jeune femme, ne se rendant pas du tout compte de ce qu'elle disait, ce qui provoqua la réaction immédiate de l'alchimiste.
« Cela suffit maintenant ! », lança-t-il alors aux trois soldats tandis que Julia aurait voulu que le sol s'ouvre sous ses pieds afin de disparaitre. « Vous seriez assez aimable de ne pas tout mélanger et de laisser mon état psychologique en dehors de ça, ce n'est pas de moi dont il s'agit ici. »
Les trois militaires ne répondirent pas et se contentèrent de hocher la tête, Julia lançant un regard désolé à Kimblee car elle se rendait compte qu'elle avait été un peu trop loin, ce que Morris ne manqua pas de remarquer, sans y accorder plus d'importance pour le moment, même s'il trouvait cela dérangeant et ne comprenait pas pourquoi. L'alchimiste allait de nouveau reprendre la parole afin d'essayer de démêler l'écheveau dans lequel les trois soldats s'étaient fourvoyés lorsque la porte du local s'ouvrit brusquement pour laisser apparaitre un officier de la police de Central à la mine sévère et au regard clair où se lisait une certaine intelligence.
« Qui êtes-vous ? Et que faites-vous ici ? », demanda-t-il directement à l'encontre des cinq personnes présentes. « Qu'est-ce que c'est que ce bordel ! »
« Eh bien, quel accueil ! Ça commence bien… », songea alors Kimblee en se tournant vers son interlocuteur afin de se présenter.
