Chapitre 55 : Une vérité mal jugée
Comme promis, le lendemain matin, Aurore était de retour au square Grimmaurd. Elle se tenait entre le n°11 et le n°13. En arrivant, elle et le merle qu'elle portait sur l'épaule avaient été surpris de ne pas réussir à voir le n°12. "Dumbledore ne perd pas de temps" pensa Aurore amusée. "Il a déjà mis en place un Fidelitas".
- Vous cherchez quelque chose ?
Aurore se retourna d'un bond. Quelqu'un était assis dans l'ombre, sur un muret qui était censé faire face au 12 square Grimmaurd. "Déjà un ennemi ?" se demanda-t-elle sur ses gardes. Il était encore tôt, le soleil ne brillait pas assez pour permettre à Aurore d'apercevoir un visage. Mais la voix était celle d'une femme. Excepté Bellatrix, Aurore ne se souvenait que d'un nom de femme mangemort.
- Alecto Carrow ? demanda-t-elle en sortant sa baguette.
- Carrow ? Cette mégère qui vénère ma tante Bellatrix ? Pitié... soupira la femme. Ne me confonds pas avec elle.
"Ma tante Bellatrix ?!"
La femme descendit de son muret pour s'approcher d'Aurore. Celle-ci reconnu les cheveux d'un doux brun coupés courts, le visage en forme de coeur, les yeux noisette pétillants. Jusqu'à nouvel ordre, Bellatrix n'avait qu'une seule et unique nièce.
- Tonks, sourit Aurore avec joie en baissant sa baguette.
- On se connait ? s'étonna sa grand-mère.
- Oh... Sirius m'a parlé de toi.
Aurore ne pouvait pas lui dire qui elles étaient l'une pour l'autre, ni qu'elle l'avait un jour tenue dans ses bras alors que Nymphadora n'avait que 3 ans. Aujourd'hui, sa grand-mère avait une vingtaine d'années, mais Aurore n'avait pas vraiment vieilli.
- Ah oui ? dit Tonks perplexe. Ton visage ne me dit rien. Depuis quand vous vous connaissez ?
- Longtemps, murmura Aurore nostalgique en se rappelant la première fois qu'elle était "tombée" sur Sirius.
Tonks la fixait toujours d'un air circonspect. Elle aussi devait se demander si Aurore n'était pas une ennemie essayant de l'amadouer. Mais lorsqu'elle posa les yeux sur l'oiseau noir qui était toujours solidement accroché à l'épaule d'Aurore, Nymphadora leva les sourcils. Sentant qu'elle allait se méprendre, Aurore précisa :
- Non, ce n'est pas un corb...
- Un merle ! s'exclama Tonks dont le visage s'était éclairé.
Sa grand-mère semblait avoir laissé toute suspicion de côté pour se jeter sur Aurore. Tonks était toute excitée. "Je me rappelle de la petite fille qui courait partout entre les tables des Trois Balais avant d'être attrapée par son père. Andromeda l'avait qualifiée de petit diable. Je me demande si elle et Ted vont bien" pensa Aurore.
- Qu'il est mignon ! Il est à toi ? Il a un nom ? Je peux le caresser ? C'est fou ! Il était sur ton épaule depuis le début. Tu crois qu'il va s'envoler si je le touche ?
- Heu... dit Aurore amusée sans savoir à quelle question elle devait répondre en premier.
- Oh pardon, rit Nymphadora en se rendant compte qu'elle lui avait sauté dessus sans prévenir. Je suis Nymphadora Tonks, une cousine de Sirius. S'il t'a parlé de moi tu dois savoir que je n'accepte qu'on m'appelle que par mon nom de famille.
- Je suis Aurore, sourit-elle.
- Aurore ? Hum... bizarrement, ça me dit quelque chose.
- Eh bien...
- Quelle surprise de vous trouver ensemble, intervint une voix familière.
Aurore devina qu'il s'agissait de Dumbledore avant même de s'être retournée. Le directeur était apparu par magie, sortant de la maison qui leur était encore invisible.
- J'avais donné rendez-vous à Miss Tonks, ajouta-t-il. Mais je suis heureux de trouver deux autres membres de l'Ordre avec elle.
Perplexe, Dora essayait de compter jusqu'à trois alors qu'elle ne voyait qu'Aurore et elle dans les parages. Elle était sur le point de demander à Dumbledore s'il savait compter quand celui-ci annonça tout bas en se penchant vers les deux femmes :
- Le quartier général de l'Ordre du Phénix vous est ouvert, au 12 square Grimmaurd.
oOo
À l'intérieur, Sirius buvait une tasse de café en grommelant. Il s'était levé de très mauvaise humeur, sachant qu'Aurore n'était toujours pas revenue. Heureusement que Remus s'était installé ici depuis l'année dernière. Son ami lui avait tenu compagnie une bonne partie de la nuit, jusqu'à ce que Remus lui ordonne d'aller se coucher s'il ne voulait qu'il le mette lui-même au lit. Sirius avait été obligé d'obtempérer, mais il ne pouvait s'empêcher de penser à Aurore. C'était idiot, elle lui avait dit qu'elle reviendrait ce matin. Pourtant il avait peur qu'elle s'évapore de nouveau dans la nature, avec Regulus. "Je serai revenue avant que tu t'en rendes compte ? C'est ça..." pensa-t-il exaspéré. Soudain, il perçut un bruit sourd en provenance du hall. "Ça, c'est Tonks qui a dû faire tomber le porte-parapluies en entrant" devina Sirius. Il entendit d'ailleurs la voix de sa cousine s'excuser alors que les hurlements de Walburga retentissaient comme d'habitude. Mais parmi tout ce vacarme, Sirius perçut autre chose. Un éclat de rire.
Il reposa sa tasse si violemment sur la table que Kreattur fit un bond de surprise alors qu'il lui servait son petit déjeuner. Sirius se précipita hors de la cuisine. Il savait que du monde devait venir ce matin. Mais cette voix, c'était celle qu'il attendait.
- Aurore ! s'exclama-t-il en débarquant dans le hall.
Il la trouva avec sa cousine en train de tirer sur le rideau de Walburga pour la faire taire, tout cela sous les yeux de Dumbledore qui souriait en remettant le porte-parapluies à sa place.
- Oh ! Sirius ! le salua Tonks une fois le rideau rabattu.
Son cousin courut vers elle, mais ce fut la blonde qu'il serra dans ses bras. Aurore lui rendit son étreinte alors que le merle quittait son épaule pour se poser sur celle de Nymphadora. Cette dernière en fut folle de joie et se mit à caresser son plumage.
- Tu aurais dû rentrer plus tôt Aurore, lui reprocha Sirius.
- Mais il est très tôt... répondit-elle amusée. Je t'ai quitté hier soir, ne me dit pas que tu as veillé toute la nuit ?
- Moi ça fait un bon bout de temps que tu ne m'as pas vu, fit remarquer Tonks à Sirius une fois passé son enthousiasme pour le merle. Mais tu t'en fiches pas vrai ?
- Bien sûr que je suis content de te voir, répondit-il en relâchant Aurore. Mais elle c'est pas pareil. Elle a la manie de me faire poireauter.
- Alors vous êtes ensemble, devina Tonks. T'es pas un peu trop vieux pour elle ?
- Hé toi ! se vexa-t-il alors qu'Aurore pouffait de rire. T'es mal placée pour parler.
- Moi ? dit Tonks en feignant l'ignorance. Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Le loup-garou est dans le salon, lui annonça-t-il.
- Alors je vous laisse ! s'exclama-t-elle en décampant vers la direction indiquée et Regulus toujours bien accroché à son épaule.
- Hum... ceci explique peut-être cela, dit Sirius en baissant les yeux sur Aurore.
- Quoi ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Telle grand-mère, telle petite-fille, répondit Dumbledore à la place de Sirius en suivant Nymphadora.
- Ah bon ? dit joyeusement Aurore.
- C'est pas un point positif, lui fit remarquer Sirius. Toutes les deux vous êtes de vraies girouettes. De quoi rendre chèvre n'importe qui.
- Je peux m'en aller si ça te gêne, plaisanta-t-elle.
- Essaye un peu pour voir, marmonna-t-il en l'attrapant par la main pour la trainer vers le salon.
Aurore éclata de rire, puis elle entrelaça ses doigts avec les siens. Sirius n'avait pas fermé l'oeil, ça se voyait sur son visage. "Il a vraiment eu peur que je ne revienne pas. C'est ma faute s'il est aussi inquiet. Comme il l'a dit, je l'ai toujours fait attendre..." Mais plus jamais ce ne serait le cas. Peu importe ce qui lui arriverait, disparition ou pas. Aurore ne le quitterait plus jusqu'à la fin. Quelle qu'elle soit.
Ils entrèrent dans le salon quelques secondes après Tonks et Dumbledore. Et le silence se fit dans la pièce qui était pourtant bondée. Tout le monde observait le chat de Van. Mais Nymphadora n'avait pas remarqué l'arrivée de Sirius et Aurore, trop occupée à fixer Remus qui discutait avec les frères Prewett. Le silence attira son attention et Remus tourna la tête vers l'entrée de la pièce. Son regard croisa celui de Tonks. Remus eut l'air troublé, comme si c'était un véritable choc de la voir ici. Le fait qu'il la dévisage ainsi la fit rougir. Et ses cheveux prirent instinctivement une couleur rosée. Remus eut alors l'air de se reprendre en clignant des yeux. Puis il détourna le regard, l'ignorant délibérément. Que se passait-il ?
- Je vous présente à tous Miss Aurore Devan, annonça Dumbledore. Le fameux chat de Van.
- Aurore Devan ? dit Hagrid perplexe. Mais Aurore... ouch !
À côté de lui, Minerva venait de le pincer avec force. Hagrid connaissait ce nom, mais le visage ne correspondait pas. Dumbledore et Minerva devaient l'avoir mis au courant, tout comme Alice et Frank. Mais la légendaire habitude de Hagrid à faire des gaffes ne devait pas être prise à la légère. Dans un coin de la pièce, Abelforth soupira exaspéré. "Bande de bras cassés".
Moins de la moitié de l'Ordre savait qu'Aurore n'avait pas toujours eu cette apparence et qu'elle était métamorphomage. "Aujourd'hui je leur montre à tous mon vrai visage".
- Alors le chat de Van... dit Bill Weasley perplexe. C'est cette Aurore que tu cherchais partout Sirius ?
En remarquant son deuxième grand-père, Aurore sentit les larmes lui monter aux yeux. "Il est si jeune... et si beau, sans ses cicatrices. Grand-mère avait raison, Bill a toujours eu beaucoup de charme" pensa-t-elle en espérant voir un jour Fleur se joindre à eux.
- C'est bien elle, répondit Sirius. Mais j'ignorais qu'elle était le chat de Van. Voilà pourquoi elle m'a si longtemps échappé.
- Elle est si jeune, remarqua Molly.
- Je suis plus âgée qu'il n'y parait, dit Aurore gênée. J'ai un peu de sang de Vélane dans les veines... vous comprenez...
Elle n'avait pas envie que Sirius passe pour un amateur de jeunes filles. Il la cherchait depuis trop longtemps pour qu'elle puisse être âgée de seulement 20 ans. Les autres semblèrent accepter son excuse, même si c'était dur à croire. "Moi qui était persuadée qu'on avait environ le même âge" pensa Tonks impressionnée avant de remarquer que Remus fixait intensément Aurore. C'était un regard tout à fait différent de celui auquel Nymphadora avait eu droit. Il l'avait regardée comme si elle n'aurait jamais dû se trouver dans son champ de vision. Alors qu'Aurore... "Remus se soucie d'elle. Il ne détourne pas le regard. L'a-t-il connue lui aussi ?"
- Alors il parait que tu peux te transformer en chat ? demanda Fabian curieux.
- Oui, acquiesça Aurore. En chat de Van.
- Mais pourquoi tu es restée toute seule ? Ça aurait été plus pratique pour protéger Harry si on s'était tous associés.
- J'avais mes raisons. Et je n'étais pas seule, dit-elle mystérieusement.
Au même moment, le merle sur l'épaule de Tonks pris son envol pour revenir se nicher sur celle d'Aurore.
- Depuis tout à l'heure je me demande ce que cet oiseau fiche ici, grommela Alastor.
- Ce n'est pas un oiseau ordinaire, sourit Aurore en lui caressant la tête du bout des doigts.
Le merle s'envola de nouveau pour reprendre son apparence humaine. Tout le monde retint une exclamation de surprise. Aucun doute sur son identité.
- Regulus Black... souffla Emmeline.
- Alors c'est avec toi que j'ai parlé ! s'exclama brusquement Edgar en le pointant du doigt. Quand tu m'as sauvé de Travers.
- Le mec qui faisait du bénévolat ? s'étonna Benjy.
- Le duo de rats, hein ? dit Gideon amusé.
- Le nom, c'était son idée, répliqua Regulus en pointant Aurore du doigt.
- Mon idée c'était le duo R-A ! s'exclama-t-elle frustrée.
- Combien de fois je dois te répéter qu'on est pas des super-héros ?
- T'y connais rien, c'est la classe d'avoir un nom !
- Le duo de rats ? Quelle classe...
- C'était pas censé être ça !
- J'ai l'impression qu'on reprend le même débat qu'il y a 15 ans... soupira-t-il. C'est toujours sans fin avec toi.
Leurs chamailleries déclenchèrent l'hilarité de l'assistance. Qui aurait cru que Regulus Black était capable de se montrer aussi détendu en public ? Il avait l'air beaucoup plus accessible que le jours où il était venu leur donner le médaillon de Serpentard. "Elle a dû lui en faire voir de toutes les couleurs" devina Dumbledore amusé.
Le directeur présenta Aurore à chacun des membres de l'Ordre. Qu'ils soient anciens ou nouveaux. Elle eut donc le privilège de faire connaissance avec Kingsley Shacklebolt, Dedalus Diggle et Hestia Jones. Mais aussi avec Molly et Arthur Weasley, ses arrière-grand-parents. Et elle discuta longuement avec Bill de son nouvel emploi à Gringotts grâce auquel ils espéraient trouver un moyen de forcer le coffre des Lestrange. D'ailleurs il lui parla d'une certaine française qui travaillait avec lui pour perfectionner son anglais.
Seul Severus manquait à l'appel. Il était certainement auprès de Voldemort, sur ordre de Dumbledore. Rogue devait reprendre son rôle de mangemort espion. "Mais pourquoi Véga n'est-elle pas ici non plus ?" se demanda Aurore. "Je suis certaine qu'elle aurait été la première à vouloir rejoindre l'Ordre du Phénix". Lorsqu'elle posa la question à Dumbledore, voilà ce qu'il lui répondit :
- Malheureusement, la santé de Mrs Rogue s'est considérablement détériorée. Je ne peux permettre son entrée dans l'Ordre.
- Et toujours pas de remède ?
- Severus fait de son mieux.
"Il faut absolument que j'aille voir Véga. Je me demande combien de grains de sable il lui reste..."
- On ne pourrait pas avoir plus d'aide du bureau des aurors pour traquer les mangemorts ? demanda James à Kingsley.
- Tant que le Ministre s'obstinera à ignorer les déclaration d'Harry sur le retour de Voldemort... répondit-il. Je ne peux pas dépêcher plus d'effectifs que ceux déjà présents ici. Fudge n'hésiterait pas à me renvoyer, et ça ne nous avancerait en rien.
- Alors il faut le convaincre ! s'exclama Fabian. Ça fait déjà plusieurs jours qu'il fait la sourde oreille. Pendant ce temps, Voldemort à le temps de prendre tranquillement de la puissance.
- Cornélius est buté, intervint Albus. Tant que Voldemort ne se présentera pas sous son nez, il y a peu de chances de le convaincre. Mais je suis d'accord, il faut essayer.
- Il faut quelque chose de fort, réfléchit Gideon. Une preuve qu'il ne pourra pas contester.
- Personnellement, je n'en vois qu'une, soupira Elphias. Le véritaserum.
- Vous voulez l'utiliser sur Harry ? s'enquit Lily. Le faire comparaître devant Fudge et... il est encore sous le choc ! Vous ne pouvez pas l'obliger à se rappeler les horribles souvenirs de cette nuit où il a vu un camarade mourir sous ses yeux. Ce monstre lui a pris du sang, il l'a obligé à se battre... Harry a failli y laisser la vie ! Et vous voulez qu'il raconte tout ça à des juges sans coeur qui feront semblant de n'avoir rien entendu ?
- Elphias a raison, il n'y a pas d'autre solution Lily, lui fit remarquer Alastor. Et sous véritaserum, Harry n'aura pas vraiment conscience de ce qu'il va raconter. Une fois la séance terminée, il se peut qu'il ne s'en souvienne même pas.
- Il se peut ?! s'exclama-t-elle furieuse.
- Du calme, intervint Dumbledore. S'il faut avoir recours à cette méthode, Harry devra le faire de son plein grès. James, vous voudrez bien lui exposer la situation ?
- Oui... répondit-il en jetant un coup d'oeil à sa femme.
Lily était manifestement contre. Aurore partageait son avis. Harry n'avait pas encore 15 ans. L'expérience qu'il avait vécu dans le cimetière était traumatisante pour lui. Et comme Lily l'avait dit, il était probable que Fudge ne veuille pas admettre la vérité malgré tout. Devait-on le laisser traiter une nouvelle fois Harry de menteur ? Le garçon n'avait pas besoin de ça... "Mais que pouvons-nous faire d'autre ?"
oOo
Tonks était restée assez silencieuse tout au long de cette première réunion. Elle entrait pourtant dans une organisation qui avait vraiment l'intention de combattre Voldemort. Contrairement au bureau des aurors qu'elle venait à peine d'intégrer. Cela l'avait beaucoup déçue. Car elle croyait Dumbledore sur parole. S'il disait que le mage noir était de retour, ça ne pouvait qu'être vrai. Alors pourquoi ces idiots de magistrats faisaient la sourde oreille ? Cela l'exaspérait. Mais ce n'était pas la seule raison à sa mine basse. Remus n'avait plus posé les yeux sur elle depuis son entrée. Tonks déprimait littéralement. Ça ne lui ressemblait pas, et Sirius le remarqua.
- Qu'est-ce qui t'arrive Tonks ? Tu m'avais l'air bien plus énergique en entrant.
- C'est rien...
- Quoi ? Tu peux me le dire. Je parie que ça a un rapport avec le loup-garou, ajouta-t-il tout bas.
Tonks sursauta et elle jeta rapidement un coup d'oeil vers Remus pour voir s'il avait entendu. Mais le loup-garou en question continuait de l'ignorer royalement.
- Je le savais, soupira Sirius en suivant son regard.
- Laisse-moi tranquille Sirius, marmonna-t-elle en détournant la tête.
- Hum... Et si tu restais ici avec nous ? lui proposa-t-il tout haut. Ce sera plus pratique pour toi et moins embêtant pour tes parents. Je ne manque pas de chambres libres.
- Mais... dit-elle inquiète alors que Remus venait enfin de tourner la tête dans sa direction.
- T'en fais pas, ça me fait plaisir, rit-il en lui donnant une tape dans le dos. Andromeda sera rassurée si je veille moi-même sur ma petite cousine.
- Heu... je...
- Allez, c'est décidé.
Tonks vit Remus lancer un regard assassin à Sirius. Cette nouvelle venait de le rendre furieux. Dora était de plus en plus perplexe. Qu'avait-elle fait pour susciter une telle fureur chez Remus ? Pourquoi ne tenait-il pas à ce qu'elle s'installe ici ? "Je ne comprends pas... il a pourtant toujours été gentil envers moi".
Lorsque tout le monde quitta la maison, Aurore resta près de Sirius, Remus et Tonks, laquelle arborait un air gêné en disant au revoir aux autres. Quand elle regarda Regulus prendre son envol dans la rue, Aurore pensait que tout le monde était parti. Mais derrière elle retendit distinctement la voix de Minerva McGonagall.
- Miss Devan... fulmina le professeur en s'approchant d'Aurore avec l'air de se remonter les manches.
Aurore se crispa et un frisson lui parcourut l'échine. Le ton du professeur de métamorphose n'annonçait rien de bon.
- Oui ? se risqua-t-elle à demander.
- Vous avez osé prendre un élève sans l'autorisation de votre maître ?! s'écria Minerva en lui tirant l'oreille.
- Aïe...! gémit Aurore. Je suis désolée !
- Vous auriez pu tout lui apprendre de travers ! Mr Black a eu de la chance de ne pas se retrouver bloqué moitié homme, moitié merle !
- Pardonnez-moi maître, je suis désolée, s'excusa-t-elle en s'inclinant plusieurs fois devant Minerva.
- Elles ont l'air de super bien s'entendre, remarqua Tonks.
- Tu crois ? demanda Sirius septique alors que Minerva continuait de remonter les bretelles d'Aurore qui se prosternait presque devant elle.
- Alors c'est Minerva qui lui a appris à devenir animagus ? s'étonna Remus.
- Tel maître tel chat ! rit Sirius. Ça m'aurait bien plu de voir Regulus coincé à mi chemin vers sa forme de merle. Il aurait pris une bonne leçon, ce crâneur.
- Tu ne le penses pas, dit Tonks.
- Oh que si, dit-il avec un petit sourire sadique.
- Arrête de sourire comme ça, lui ordonna Remus en montant à l'étage. Tu me fais froid dans le dos.
- Ah ! s'exclama soudainement Sirius. Viens Tonks, je vais te montrer ta chambre.
Il entraina sa cousine à la suite de Remus, laissant la pauvre Aurore aux prises avec son maître qui ne le serait en fait que dans 50 ans. De quoi vous donner la migraine.
Tonks suivit Sirius en silence. Mais plus ils avançaient, plus elle remarquait une chose. Ils étaient toujours en train de suivre Remus. Celui-ci l'avait aussi sûrement remarqué, car il jeta plusieurs fois un coup d'oeil par dessus son épaule à Sirius qui se contentait de lui sourire d'un air innocent. Finalement, Remus ouvrit la porte de sa chambre pour disparaître à l'intérieur. Mais il n'eut pas le temps de fermer la porte qu'il entendit son ami annoncer :
- La chambre d'à côté est libre. Tu peux t'installer là Tonks.
Remus ressortit d'un pas vif en s'exclamant :
- Sirius !
- Quoi ? répondit-il en ouvrant la porte voisine pour faire signe à Tonks d'entrer.
Remus était fou de rage. Nymphadora ne savait plus quoi faire. Entrer ? Ou pas ? Elle sentait qu'elle était la cause de la colère de Remus, et elle n'aimait pas ça.
- Je peux prendre une autre chambre... proposa-t-elle.
- Mais non, celle-ci sera parfaite, dit Sirius en la poussant à l'intérieur. Bonne nuit Tonks.
Il referma la porte avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit. Mais c'est Remus qui lui fit remarquer :
- Il n'est même pas encore midi.
- Alors pourquoi tu es venu t'enfermer dans ta chambre ? répliqua Sirius.
- Mais à quoi tu joues ?!
- Moi ? Je ne fuis pas en tout cas.
- Arrête ! Ne te mêles pas de ça Sirius.
- Mais qu'est-ce qui se passera si je ne m'en mêle pas ? Je pense à Aurore, sa vie dépend de...
- Qu'est-ce que tu crois ? Moi aussi je pense à Aurore. Je sais ce qui est en jeu. Mais je t'interdis de forcer les choses. Ce que je pense de Tonks n'a pas changé. Elle ne devrait pas... je n'arrive pas à croire que...
- Dépêche-toi d'y croire, parce que je ne laisserai pas Aurore disparaître, lui lança Sirius déterminé en tournant les talons.
Il entendit la porte de Remus claquer. "Remus le fait exprès ou quoi ? S'il ignore Dora comme il l'a fait toute la matinée Aurore disparaîtra sans l'aide du sablier. Hors de question !"
- Tu y es peut-être allé trop fort un peu trop vite, lui fit remarquer la voix d'Aurore alors qu'il passait devant elle sans la voir trop aveuglé par sa colère.
- Est-ce que j'ai le choix ? répliqua-t-il. Si je suis buté, il l'est tout autant !
- Ça fait à peine une semaine que Remus a compris qui devait être Nymphadora pour lui. Il faut lui laisser plus de temps.
- Mais s'ils ne se mettent pas ensemble... dit-il inquiet.
- Sirius, sourit Aurore en lui prenant la main. Je suis là. Cesse de t'inquiéter ainsi. Et tu sais que tu ne peux pas forcer les sentiments.
- Je suis sûr que Tonks lui plait, s'obstina-t-il.
- Toi alors, rit-elle. Si tu les laisses tranquilles, tout se passera naturellement. Regarde-nous. Qui aurait parié quand on s'est rencontrés qu'on finirait un jour ensemble ?
- Pas moi en tout cas, plaisanta Sirius.
- Ni moi, répliqua-t-elle en lui donnant un coup sur l'épaule.
- Bon, ça va j'ai compris. Laissons les choses se faire d'elles-même.
- Bien ! Je suis fière de toi.
- Mais... marmonna-t-il. J'hésiterai pas à leur donner un coup de pied où je pense si je sens que ça traine trop.
- Dis donc... soupira-t-elle.
- Ne parlons plus de ça. Il faut te trouver une chambre à toi aussi.
- Une chambre ?
- Tu as bien dit que tu comptais t'installer ici.
- Oui...
Ils se fixèrent en silence. Aurore n'avait aucun problème pour deviner les pensées de Sirius. Quand il lui demandait de choisir une chambre... c'était pour ne rien lui imposer. Pour qu'elle ait le choix. "Mais je sais que dans sa tête il est en train de hurler : CHOISI LA MIENNE !" pensa-t-elle en se retenant d'éclater de rire. "Je le connais trop bien..."
- Hum... réfléchit-elle. Si je devais choisir... je pense que je prendrais ma chambre.
- Ta chambre ? s'étonna-t-il alors qu'elle redescendait au premier étage.
- Oui, dit-elle amusée en entrant dans la chambre de Sirius. Voilà ma chambre. Je dors ici depuis que je suis toute petite. Dans le futur, le square Grimmaurd est ma maison. Je ne te l'avais jamais dit ?
Sirius resta bouche-bée. Il n'en croyait pas ses oreilles. Dans le futur... Aurore occupait sa chambre ? Elle travaillait sur son bureau ? Elle dormait dans son lit ?
- Tout est exactement comme à mon époque, soupira-t-elle nostalgique. Excepté tes photos sur les murs. Je me souviens que j'ai choisi cette chambre parce que je la trouvais plus chaleureuse que les autres.
- Tu es vraiment sérieuse ?
- Je te jure que c'est vrai, lui assura-t-elle. C'est notre chambre.
-...
- Je pensais que ça te ferais plaisir... Je peux aller m'installer ailleurs si tu v...
Sirius la prit brusquement par les épaules. Il avait toujours l'air incrédule, mais il souriait.
- Toi... dit-il. Tu m'étais vraiment destinée.
- J'ai parfois de la chance, sourit-elle.
Il l'embrassa avec passion et Aurore passa ses bras autour de son cou. Depuis le baiser qu'il lui avait donné quelques jours plus tôt, elle s'était languie de se blottir à nouveau dans ses bras. Sentir les doigts de Sirius sur sa peau. Leurs souffles entremêlés. Aurore en avait des frissons. Mais elle trouva naturellement les boutons de la chemise de Sirius. Et il passa ses mains sous son haut pour le lui ôter. Alors qu'il l'allongeait sur ce qui était désormais leur lit, Aurore se souvint d'une nuit de solstice d'été qu'ils avaient passé au milieu d'un lac, entouré de fleurs scintillantes. Cette nuit là, elle ne pourrait jamais l'oublier. Sirius avait réussi à la faire entrer dans l'eau. Il lui avait donné de l'amour et un cadeau d'anniversaire romantique à souhait. Ils avaient aussi observé les étoiles, allongés l'un contre l'autre dans une barque. Et même si cette soirée de rêve s'était terminée une fois sur la rive... Aurore se souviendrait toujours de cette soirée comme l'une des plus merveilleuses qu'elle ait pu vivre. "Aujourd'hui, ce qui m'effrayait ne me fait plus peur" pensa-t-elle en passant une main dans les cheveux de Sirius pour les replacer en arrière car les mèches lui cachaient les yeux gris qu'elle aimait tant. "Sirius me voit telle que je suis". Celle qu'il touchait et embrassait... c'était son vrai visage.
- Tes cheveux sont toujours aussi longs, remarqua-t-elle.
- Je croyais qu'ils te plaisaient comme ça, dit-il amusé.
- Je n'ai jamais dit le contraire, sourit Aurore alors qu'il lui caressait tendrement la joue.
- Tu es vraiment très belle... et je ne te dit pas ça à cause de...
- Je sais, le coupa-t-elle. Je le vois dans tes yeux. Quand tu me regardes... tu me vois. Ça a l'air stupide dit comme ça mais... pour moi c'est le plus important.
- Je te promets de toujours te regarder de la même façon.
- Je te fais confiance, murmura-t-elle en tendant les lèvres vers lui.
Répondant à ses attentes, Sirius rejoignit ses lèvres et fit glisser sa main de la joue d'Aurore à sa nuque, puis son épaule. Mais quand il vint effleurer sa poitrine, et qu'il entra en contact avec le sablier... Aurore et Sirius rouvrirent les yeux au même moment. Oui, une épée de Damoclès était suspendue au-dessus d'eux. Et peut-être qu'ils ne réussiraient pas à l'éviter. Mais ce dont ils étaient certains... c'est qu'elle ne tomberait pas aujourd'hui. "Pas maintenant" pensa Aurore en entourant le torse de Sirius pour le presser contre elle. Il déposa un baiser dans le creux de son cou, le visage caressé par les doux cheveux de cette femme palpitante dans ses bras, pleine de chaleur et de vie. Oui... de vie. "Que quelqu'un essaye de me dire le contraire. Je l'attends de pieds fermes" pensa Sirius en faisant glisser sur les hanches de son amante ses derniers vêtements. "Elle m'est destinée. Personne ne peut me l'arracher".
"Je vous en supplie" pria Aurore de toutes ses forces. "S'il y a une chance que je puisse rester à ses côtés... accordez-la moi".
- Je t'aime Sirius... ah... souffla-t-elle en enfonçant ses ongles dans le dos de l'homme qui la possédait.
- Oui... répondit-il en l'embrassant. Et tu resteras près de moi. Jusqu'à la fin Aurore.
- Oh... oui... Sers-moi fort, lui demanda-t-elle les larmes aux yeux en enroulant ses jambes autour de sa taille.
Le soleil brillait haut dans le ciel. Baignés par ses rayons, ils se donnèrent l'un à l'autre dans une infinité d'étreintes et de caresses. Rien ne pouvait les séparer. Ils ne formaient plus qu'un.
oOo
Harry avait écouté attentivement la proposition que lui soumit James. On comptait sur lui pour faire admettre au Ministre la vérité. Une vérité que le jeune garçon avait hurlé dès son retour du cimetière, alors qu'il serrait encore le bras froid et sans vie de Cédric Diggory entre ses doigts. Rare étaient ceux qui avaient voulu l'entendre. Personne ne voulait y croire. Ils préféraient tous s'accrocher à leur petite vie paisible plutôt qu'accepter le retour des jours noirs. Le retour de Lord Voldemort.
"Alors qu'ils ont vu le corps de Cédric... je dois encore leur prouver l'évidence ?" se demanda-t-il, assis dans un couloir du département de la justice magique.
- Harry ? Ça va ?
Ginny était assise à côté de lui. Elle venait de lui prendre la main et le fixait d'un air soucieux. Harry lui avait tout raconté après la troisième épreuve. Ce qu'il avait vu dans le cimetière, mais aussi... son destin. Elle aurait pu ne pas le croire. Elle aurait pu avoir peur de rester près de lui. Ginny fêterait seulement 14 ans dans un mois. Mais elle était avec lui. Elle lui tenait la main aujourd'hui. "Elle me croit" pensa-t-il, reconnaissant envers sa petite amie.
- Il faut que je le fasse, répondit Harry.
- Moi je pense comme ta mère. Ils ne t'écouteront pas...
- Il doivent m'écouter. Et même s'ils décident de garder les yeux fermés... ils sauront que je dis vrai.
Elle serra sa main un peu plus fort. Et Harry sourit en se penchant pour l'embrasser délicatement. Ginny garda un petit air inquiet. Mais elle ne put s'empêcher de rendre son sourire à Harry.
Soudain, ils se figèrent, sentant l'ombre d'un regard posé sur eux. Tournant la tête, c'est alors qu'ils le remarquèrent. Le chat. Assis au milieu du couloir, à quelques mètres d'eux. Ils les observait.
- Est-ce que c'est...? murmura Ginny.
- C'est elle, confirma Harry les yeux écarquillés.
Puis il jeta rapidement un coup d'oeil autour d'eux. Il n'y avait personne d'autre dans le couloir. Pour l'instant... Mais le chat ne bougeait pas. Il semblait attendre quelque chose. Ginny le devina.
- Je vais retrouver Lilas et tes parents, dit-elle en se levant. Je ne comprends pas pourquoi ça prend autant de temps.
Elle pressa une dernière fois la main de Harry avant de s'éloigner vers le bout du couloir. Une fois qu'elle eut disparu, le chat s'approcha. Et il prit forme humaine. La femme dont il n'avait pas pu voir le visage dans le miroir du Risèd. Celle qui s'était interposée entre lui et Voldemort à la fin de sa première année. Ses longs cheveux blonds-argentés. Les yeux de Vérone.
- Où étiez-vous ? lui demanda Harry.
"Où étiez-vous quand j'avais besoin de vous dans ce cimetière ? Et pendant toute l'année, alors que j'affrontais des dragons, que je manquais de me noyer, que je me retrouvais face à des sphinx et des scrouts à pétard géants ? Alors qu'un mangemort m'avait mis la main dessus..."
- J'ai été retenue... commença Aurore.
Soudainement, la porte d'une salle s'ouvrit et Harry se tourna en sursautant vers le sorcier qui venait d'en sortir. Chargé d'une pile de dossiers, il leur jeta un rapide coup d'oeil avant de partir dans la direction qu'avait prise Ginny. Sidéré que le sorcier ne se soit pas attardé sur le physique atypique de la femme qui se tenait près de lui, Harry retourna la tête vers elle. Il eut un mouvement de recul en trouvant une toute autre femme à ses côtés. Une brune aux cheveux courts. Et ça ne pouvait pas être qu'une perruque. C'était une femme radicalement différente.
- Vous... vous...
- Je crois que tu connais Tonks, dit-elle gentiment. Je suis comme elle. Mais ça doit rester un secret.
-...
- Oh Harry... soupira-t-elle en s'asseyant à côté de lui. Je suis désolée. Je sais que tu m'en veux beaucoup. Mais crois-moi, si j'avais pu être à tes côtés tout au long de l'année... je l'aurais fait. Et je regrette d'être arrivée trop tard. Pour Voldemort, et... pour Cédric.
- Trop tard ?
- Je suis arrivée dans le cimetière quand ta baguette et celle de Voldemort se sont... connectées. J'aurais dû être là avant. Mais tu as été assez fort pour t'en sortir seul. Tu as été admirable Harry. Et tu l'es d'autant plus pour ce que tu as accepté de faire aujourd'hui.
- J'ai pas le choix, il le faut.
- Quand tu vas te retrouver face à eux, et qu'on te fera boire le véritaserum, n'oublie pas que tous les gens qui t'aiment seront là eux aussi. Cette pensée te donnera du courage.
- Du courage... ce n'est pas le courage qui m'a sauvé dans le cimetière. C'est ma baguette. Moi... j'étais terrifié, souffla-t-il en baissant la tête.
- Tu t'es retrouvé face à lui... et tu as pensé à la prophétie, devina Aurore.
En voyant les épaules d'Harry se crisper, elle sut qu'il s'agissait de cela. Il connaissait son destin, et Harry avait pensé que le moment était venu pour lui de l'accomplir. De détruire Voldemort maintenant qu'il était réapparu.
- Si l'un survit l'autre disparaîtra... en même temps que le Seigneur des Ténèbres...! s'exclama Harry en récitant la fin de la prophétie. Vous aviez disparu ! J'ai cru que... que c'était le moment pour le faire disparaître lui aussi. Mais j'étais mort de peur ! J'ai vu Cédric mourir... je me suis imaginé étendu au sol à côté de lui ! J'ai vu Voldemort renaître sans rien pouvoir y faire ! J'étais pas à la hauteur ! Je serai jamais à la hauteur... Je ne peux pas être l'élu... vous vous êtes tous trompés...
- Harry, dit Aurore en posant doucement une main sur son épaule. Tu as eu peur, et c'est tout à fait normal. Être l'élu ne signifie pas que tu dois devenir une machine à tuer sans le moindre sentiment. Voldemort est ainsi. Pas toi. Même si tu n'as pas pu le détruire dans ce cimetière, le plus important, c'est que tu t'en sois sorti vivant. Le moment n'était pas venu, voilà tout.
-...
- Je te jure que tu es l'élu. Un jour tu y arriveras. Tu le détruiras. D'ici là, peu importe qui prétend que je dois disparaître, ton chat de Van continuera à veiller sur toi. Jusqu'au bout.
Lentement, Harry releva la tête. Son ange gardien souriait. Elle croyait en lui, elle se souciait de lui... elle le protègerait, quoi qu'il en coûte. "On m'a dit que c'était le chat de Van qui avait fait disparaître Voldemort la première fois" pensa-t-il en fixant la cicatrice en forme d'éclair qu'Aurore portait sur le front. "Qu'elle était venue se battre seule contre Voldemort. Déjà à ce moment... elle était allée se sacrifier pour moi". Soudain, un brouhaha éclata au bout du couloir. On venait le chercher.
- Harry, je ne te laisserai plus jamais tomber, dit rapidement Aurore en se levant. Je serai moi aussi dans la salle d'audience. Et quoi qu'il puisse s'y passer, rappelle-toi de ceci : Tu n'es pas venu pour être jugé, seulement pour dire la vérité.
Le garçon vit soudainement son parrain surgir au coin du couloir. Sirius se précipitait vers eux.
- Au fait. Je m'appelle Aurore, sourit la femme en adressant un clin d'oeil à Harry.
Puis elle se retransforma en chat, avant de courir vers Sirius. Aurore sauta dans ses bras écartés. Sirius glissa le chat sous son manteau alors que les Potter, Ginny, Dumbledore, Fudge et une femme surchargée de vêtements roses débarquaient derrière lui. "Oh non... pas elle" pensa Aurore en apercevant Ombrage une fois que Sirius se fut tourné.
- Tu as eu raison de lui parler, lui murmura Sirius. Harry a l'air plus confiant.
"Oui... j'espère que ça ira" pensa-t-elle alors que Harry se levait de sa chaise.
- Mrs Potter, je ne reviendrai pas là dessus ! s'exclama Fudge en avançant à grands pas vers Harry. Un journaliste de la Gazette du Sorcier est essentiel pour que mon verdict soit connu de tous.
- Moi je vous dis que vous ne vous entretiendrez pas seul avec mon fils ! répliqua Lily en marchant aussi vite que lui. Et arrêtez de parler de verdict ! Il ne s'agit pas d'un procès !
- Vous vous adressez au Ministre de la magie Mrs Potter, lui fit remarquer Dolores outrée. Ne l'oubliez pas.
- Et vous, vous n'auriez pas oublié un de vos foulards roses dans le bureau ? Ne vous gênez surtout pas pour aller le récupérer.
Ginny et Lilas pouffèrent de rire alors que les joues d'Ombrage devenaient aussi roses que son chandail. Fudge et elle s'étaient arrêtés pour continuer à débattre houleusement avec Lily. Pendant ce temps, James en profita pour se rapprocher de son fils. Sirius en fit de même.
- Désolé de t'avoir laissé seul Harry, s'excusa son père. Ta mère et le Ministre n'arrivent pas à s'entendre.
- Ça va, j'étais pas seul.
- Ouais, sourit James en passant une main sous le manteau de Sirius pour caresser la tête d'Aurore.
Ils faillirent tous éclater de rire en entendant un long ronronnement.
- Très bien ! s'exclama Fudge exaspéré. Vous pourrez assister à la séance. Tout comme le journaliste.
Accompagné d'Ombrage, le Ministre entra dans la salle qu'avait quitté le sorcier un peu plus tôt. Lily leur emboita le pas en poussant Ginny et Lilas à se dépêcher. Quant à Dumbledore qui était resté silencieux jusqu'ici, il prit son temps pour s'approcher d'abord de Harry, James et Sirius.
- Si Fudge tient tant à la présence du journaliste... dit James. C'est qu'il est sûr de son coup.
- Heureusement que nous aussi nous le sommes, sourit Albus.
Ces mots rassurèrent un peu Harry qui pénétra dans la petite salle d'audience. Il y trouva le Ministre et la sous-secrétaire d'état déjà installés. Mais ils avaient l'air contrariés.
- Où est-il ? marmonna Fudge alors que Harry prenait place sur la chaise face à eux.
- Il ne devrait plus tarder monsieur, lui assura Dolores.
Harry jeta un coup d'oeil inquiet à ses parents assis sur un banc contre le mur droit de la salle. Ils sourirent pour le rassurer. Mais le garçon ne put s'empêcher de tourner la tête vers Sirius, assis sur le banc d'en face en compagnie de Lilas et Ginny. Et cachée sous le manteau de son parrain, Harry pouvait à peine distinguer le reflet des yeux d'Aurore. Je ne te laisserai plus jamais tomber, lui avait-elle dit. Mais personne ne pourrait l'aider une fois qu'il aurait bu le véritaserum. "Je serai obligé de répondre... et devant un journaliste si j'ai bien compris..."
- Ne t'en fait pas Harry, dit doucement Dumbledore qui se tenait près de lui. Tout se passera bien.
- Oui...
- Désolé du retard ! s'exclama brusquement un homme en entrant avec le sourire aux lèvres.
Harry l'observa avec attention. Cet inconnu, avec son appareil photo en bandoulière, ne lui disait rien qui vaille.
- Veuillez m'excuser monsieur le Ministre, dit le journaliste en se passant une main derrière la tête d'un air gêné. Je sais que vous vouliez me parler avant que l'audience commence mais...
- Asseyez-vous ! s'exclama hargneusement Ombrage en le fusillant du regard. Vous nous avez déjà mis assez en retard !
- Vous pouvez commencer, sourit-il en se plaçant de l'autre côté du Ministre et sortant de quoi écrire. Je suis prêt.
"Pas moi" pensa Harry. "Fudge voulait parler au journaliste avant l'audience ? Papa avait raison, le Ministre veut être sûr de son coup. Ce journaliste est là pour me discréditer".
- Bien, alors... commença Fudge.
- Avant de commencer Cornélius, intervint Dumbledore. Je vous supplie d'entendre raison immédiatement. Le retour du Seigneur des Ténèbres ne fait aucun doute. Et il n'est pas nécessaire d'imposer cette épreuve à Harry. Vous savez très bien pourquoi Cédric Diggory est mort. C'est aussi la raison qui a poussé un mangemort à infiltrer mon corps enseignant. Vous devez m'entendre. Voldemort est de retour.
- Cette audience a lieu pour que vous puissiez prouver vos dires ! répliqua Dolores. Sur un tel sujet, le Ministre ne peut prendre aucun risque. Une fausse annonce jetterait le discrédit sur...
- On se fiche de votre fierté mal placée ! s'exclama Lily. Mon fils vous dit que Voldemort est revenu ! Il faut prendre des mesures en conséquence !
- Si vous voulez rester assister à cette audience, veuillez garder le silence, persiffla Ombrage. À présent, commençons.
- Oui, approuva Fudge. Qu'on fasse boire le véritaserum à ce jeune homme.
- Je l'ai ici, dit Dumbledore en sortant un petit flacon et un parchemin de sa poche. Ainsi qu'un document attestant de son authenticité. Signé du médicomage Léon Pride.
- Bien... marmonna Fudge en mettant le parchemin de côté sans prendre la peine de l'ouvrir. Maintenant, qu'il boive.
Harry se tendit sur sa chaise. Dumbledore lui offrit un sourire rassurant en s'avançant. Puis il lui remit la fiole de véritaserum. Le garçon hésita. Le journaliste venait de prendre son appareil photo, et se tenait prêt. L'angoisse l'envahissait, comme lors du tournois des trois sorciers. Il n'aurait jamais dû être choisi par la coupe. Et il n'avait rien à faire ici. Harry savait qu'il disait la vérité. Mais ce n'était pas suffisant. Tout le monde devait savoir. "Je ne suis pas seul" pensa-t-il pour se donner du courage avant de vider la fiole. Le flash de l'appareil photo l'aveugla. Mais il se sentait déjà glisser dans une douce torpeur. La potion faisait effet.
- Qui êtes vous ? le questionna Fudge.
- Harry Potter, répondit lentement le garçon. Né le 31 juillet 1980. Domicilié à Godric's Hollow.
- Avez-vous bien participé à la troisième épreuve du tournois des trois sorciers ayant eu lieu à Poudlard le 24 juin dernier ?
- Oui. J'étais le quatrième champion. Nous devions affronter un labyrinthe.
- Que s'est-il passé dans ce labyrinthe ?
Le journaliste prenait activement des notes alors qu'Harry racontait son épreuve. Contrairement à Ombrage qui boudait sa plume, bien qu'elle était censée être là pour tout retranscrire. Elle avait l'air d'être certaine que c'était inutile. Heureusement, Harry n'avait plus conscience de rien en dehors des questions auxquelles il se sentait obligé de répondre. Ils en étaient venus à la coupe qui était en fait un portoloin. Vers le cimetière...
- Et que s'est-il passé... dans ce cimetière ? demanda Fudge en plissant les yeux.
La plume du journaliste resta suspendue en l'air. Harry mettait du temps pour répondre. On aurait presque dit qu'il luttait contre le véritaserum.
- Je... j'ai... dit-il difficilement.
- Courage Harry, murmura Ginny en serrant fort la main de Lilas qui tremblait à ses côtés.
- J'ai assisté... lâcha Harry. À la mort de Cédric Diggory... et au retour de Voldemort.
Fudge et Ombrage écarquillèrent les yeux. Quand au journaliste, il fixait Harry l'air d'avoir oublié sa rédaction. Le garçon était sous véritaserum et il affirmait que Voldemort était de retour. La potion qui donnait à Harry un air détendu aurait pu faire penser qu'il n'éprouvait rien en disant cela. Mais les larmes qui perlaient au coin de ses yeux prouvaient le contraire. Harry pleurait. Et il était obligé de continuer :
- Cédric était mort avant que je puisse intervenir. Je n'ai rien pu faire... Un homme l'a tué, et dans ses bras, il tenait la forme affaiblie de Voldemort. Il l'a plongé dans un chaudron... il a sorti un os d'une tombe... il a coupé sa propre main... et il m'a pris du sang. Voldemort est revenu à la vie.
- Mensonges, souffla Ombrage les dents serrées.
- Comment osez-vous dire cela ?! s'insurgea Lily. Harry est sous véritaserum ! Il vous dit la vérité !
- J'ai plutôt l'impression qu'il s'agit d'une comédie bien préparée, répliqua-t-elle.
- Je ne vous permets pas ! s'écria Lily alors que son mari la retenait pour éviter qu'elle se jette sur la sous-secrétaire d'état.
- Nous sommes seuls juges, lui fit remarquer Fudge. Veuillez rester tranquille jusqu'à la fin de l'audience.
- Harry vient de vous confirmer ce que je vous ai annoncé Cornélius, dit Dumbledore. L'audience prend fin ici.
- S'il nous faut le croire, nous devons en savoir plus, répondit Fudge. Je ne peux pas me contenter de...
- De quoi d'autre avez-vous besoin ? demanda Sirius exaspéré.
- Que Harry vous ramène Voldemort ici ? renchérit James. Au Ministère ? Alors seulement vous le croirez ?
"Si seulement tu savais..." pensa Aurore fatiguée. "Tant qu'il ne l'aura pas sous le nez, Fudge n'admettra jamais l'évidence".
- Rien ne prouve que ce véritaserum soit fiable, dit Fudge. La parole d'un seul médicomage ne suffit pas.
- Vous n'avez qu'à le tester, lui proposa Lily. Je suis sûre que Harry vous en a laissé un peu. Pour une fois on pourrait entendre la vérité sortir de votre bouche.
- Mrs Potter ! s'exclama Ombrage en se levant d'un bond. Pour la dernière fois, je vous ordonne de mesurer vos propos envers le Ministre !
- Vous n'avez rien à m'ordonner ! répliqua Lily en se débattant toujours contre James qui avait de plus en plus envie de libérer sa furie de femme.
- Cornélius, s'imposa Albus d'une voix forte. Même si vous continuez de la nier, vous connaissez maintenant la vérité. Voldemort est de retour. Et c'est Harry qui est destiné à le détruire. Vous le savez, n'est-ce pas ? Le responsable de la salle des prophéties vous l'a sûrement annoncé.
Tout le monde tourna les yeux vers Dumbledore alors que Fidge grimaçait de rage.
- La salle des prophéties ? demanda James perplexe.
- Elle est ici, ajouta Dumbledore. Sous nos pieds. La petite sphère de verre contenant la prophétie qui annonce que Harry vaincra Voldemort. Alors à quoi bon traiter ce garçon de menteur Cornélius ? Il est l'élu.
- Vous... enragea Dolores en le pointant du doigt. Comment osez-vous révéler les secrets du Ministère de la Magie ?!
- Il n'y a plus le temps pour les secrets, répondit Albus. Azkaban doit être renforcée. Les Aurors doivent se remettre en chasse. Car plusieurs mangemorts ont déjà retrouvé leur maître.
- Dont Severus Rogue ? ricana Ombrage. C'est bien cela ?
Harry qui sentait peu à peu les effets du véritaserum s'estomper releva brusquement la tête en entendant cela. Lily fulminait de rage. On aurait dit qu'elle était prête à tuer Ombrage. Quant à Lilas et Ginny, elles étaient aussi abasourdies que Harry. Rogue ? Un mangemort ?
- Severus Rogue est un cas à part, dit Dumbledore sur un ton menaçant. Il n'est pas question de lui ici.
- Mais vous comprendrez que le Ministre ne peut pas faire confiance à des personnes qui ont des mangemorts dans leur entourage. Des personnes telles que vous. Ce n'est pas très sérieux.
- Ce qui n'est pas sérieux, c'est votre folie ! s'exclama Lily en se dégageant de James pour rejoindre son fils. Viens Harry, partons.
Elle soutint Harry pour le conduire jusqu'à la sortie, suivie de son mari, de Sirius et des deux jeunes filles. Dumbledore resta en arrière. S'il avait encore la patience pour essayer de raisonner Fudge et Ombrage, Lily ne pouvait plus supporter de les voir profiter de la faiblesse de son fils.
- Là, dit-elle en le déposant sur la chaise du couloir qu'il occupait un quart d'heure plus tôt. Tout va bien mon chéri ?
- Je... non... avoua-t-il en essuyant les larmes qui perlaient encore sur ses joues.
- Je vous avais prévenu, dit Lily furieuse alors que Dumbledore sortait à son tour en claquant la porte qui rebondit au lieu de se fermer. Je savais qu'ils n'écouteraient pas.
- Il fallait essayer, la calma James.
- James a raison, approuva Dumbledore. Et peu importe s'ils nient, ils savent maintenant.
- Mais à quoi ça sert s'ils ne font rien ? demanda Sirius. Harry a subi cette épreuve mais aucune mesures ne seront prises pour contrer Voldemort.
- C'est donc à nous qu'il revient de prendre ces mesures, dit Albus. L'Ordre du Phénix a été fondé dans ce but. D'une façon ou d'une autre, le courage de Harry sera récompensé.
- Harry... dit Lilas inquiète en s'asseyant à côté de son frère. Parle-moi.
- J'ai tout revu... dans ma tête... comme si j'y étais encore.
- J'aurais voulu qu'ils te croient, murmura sa soeur en baissant la tête.
- Ils n'auraient jamais dû te traiter de menteur, dit Ginny furieuse en tournant la tête vers la porte entrouverte de la salle d'audience.
- Ils t'ont mal jugé... ajouta Sirius.
- Non, le coupa Harry en relevant la tête d'un air assuré. Je ne suis pas venu pour être jugé, seulement pour dire la vérité.
Si Sirius avait l'impression que Harry le fixait, en vérité son filleul avait les yeux rivés vers la petite bosse crée par le chat sous son manteau. Aurore avait raison. S'il voulait un jour être capable de détruire Voldemort, il devait surmonter ce genre d'épreuve. Et ce ne serait pas la dernière, il le savait. Jamais il n'oublierait la mort de Cédric, ni sa terreur face au mage noir. Mais il devait transformer sa peur en force. "Tout finira quand j'aurai détruit Voldemort" se promit-il.
Le chat de Van était fier de lui. "C'est toi l'élu Harry".
- Oh non ! gémit soudainement Ginny.
Elle était toujours concentrée sur l'entrebâillement de la porte, les mains maintenant plaquées sur sa bouche.
- Le journaliste... expliqua-t-elle. Fudge vient de lui donner une bourse de gallions.
- Quoi ?! s'exclama Lilas en se levant.
Mais elle n'eut pas le temps de la rejoindre. Ombrage et le Ministre sortaient de la salle. Ils passèrent devant eux en leur adressant un regard noir, mais triomphant. Puis ils disparurent sans un mot. Le journaliste sortit quelques secondes plus tard. Les regards assassins des deux jeunes filles aux cheveux flamboyants le clouèrent sur place.
- Tout va bien ? demanda-t-il en levant les sourcils.
- Vous osez le demander ?! s'exclama Ginny. Fudge vient de vous payer ! Sûrement pour rabaisser Harry dans un de vos articles ?
- Oh, vous parlez de ça, dit-il en sortant la bourse de sa poche.
Dans les yeux de Ginny on pouvait lire : je vais vous tuer. Et elle était d'autant plus furieuse car, à part Lilas, personne d'autre ne faisait de reproches au journaliste. Elle comprit pourquoi quand James dit en souriant :
- Alors John ? Comment ça va ? Ça fait un bail.
- Les entrainements me manquent cruellement capitaine, répondit le journaliste en lui faisant un clin d'oeil.
- Il fallait choisir le Quidditch plutôt que la Gazette, rit James.
- Tu connais cet homme papa ? s'étonna Lilas.
- Harry, Lilas, Ginny, je vous présente John Crivey. Un ancien poursuiveur de l'équipe de Gryffondor.
- Et le pire ragoteur que la planète ait porté, ajouta Lily.
"Ça c'est bien vrai" approuva Aurore.
- Ravi de faire votre connaissance, dit John en serrant la main de Harry. Toute cette histoire est fascinante pour un journaliste tel que moi. Mais ne t'en fais pas Harry, je publierai dans mon article tout ce que tu as dit. Mot pour mot. Trop peu de gens disent la vérité de nos jours, il faut que les gens sachent.
- Heu... merci, répondit Harry incertain.
Une minute plus tôt, il était certain que cet homme allait lui causer des problèmes. Alors qu'en fait, c'était tout le contraire. "Quand Dumbledore disait que nous étions sûrs de notre coup, il ne plaisantait pas" comprit-il. L'Ordre du Phénix avait eu une longueur d'avance sur Fudge qui était maintenant persuadé que l'article de John serait à l'avantage du Ministère.
- J'imagine déjà la tête de Fudge quand il lira le journal, se réjouit Sirius.
- À votre avis, Ombrage va devenir rose de colère ? plaisanta Lily.
Ils éclatèrent de rire, mais Albus les ramena vite à la réalité.
- L'article de John sera un atout pour nous, mais Cornélius va nier en bloc. Et il a déjà prévu son prochain coup.
- C'est à dire ? s'inquiéta James.
- La colère rose va se déverser sur Poudlard, annonça-t-il. Ombrage est notre nouveau professeur de défense contre les forces du Mal.
- Vous plaisantez ?! s'exclamèrent les enfants.
- Je n'ai malheureusement pas mon mot à dire semblerait-il, déplora Albus.
- On sort d'un traquenard pour tomber dans un autre, soupira Lilas.
- Allons, dit John en lui tapotant l'épaule. Toi et Harry vous êtes des enfants de Maraudeurs. Si vous ne pouvez pas vous débarrasser d'un vieux bonbon rose prémâché, où va le monde ?
- C'est vrai ça, acquiesça James. Il est temps que vous mettiez en pratique tout ce que je vous ai appris.
Lily le fusilla du regard, et il ajouta aussitôt :
- Enfin... les deux ou trois mini choses que vous avez dû entendre par hasard. Hein ?
- Je t'en foutrai du hasard, marmonna sa femme en lui tirant l'oreille alors que Sirius et les enfants pouffaient de rire.
- Avec de tels parents, ils s'en sortiront sans problème, sourit John amusé.
- Et toi John ? s'intéressa Sirius. Comment va Jane ?
- Elle attend le troisième, dit-il fièrement. D'après les médicomages, c'est un garçon.
- Félicitations, dit joyeusement Lily en délaissant enfin l'oreille de son mari.
- Ça me manque de ne plus la voir te donner des coups de batte sur le crâne, rit Sirius.
- Il faudrait qu'on réunisse l'équipe pour se faire un dîner, approuva James en se massant l'oreille. Tu sais que Sally me seconde pour le club de Flaquemare ?
- Oui, et je propose qu'on fasse ce dîner maintenant, dit-il en faisant sauter la bourse pleine de gallions dans sa main. C'est Fudge qui invite.
oOo
La vérité qu'il vous faut entendre.
Pas plus tard qu'hier, Harry Potter a été entendu par le Ministre de la Magie, Cornélius Oswald Fudge, et par la sous-secrétaire d'état, Dolores Jane Ombrage. Ce jeune garçon de 15 ans affirme que le Seigneur des Ténèbres est de retour depuis la fin du tournois des Trois Sorciers. En tant que quatrième champion, Harry aurait assisté lui-même au retour du mage noir au cours de la troisième épreuve. La mort de Cédric Diggory, champion lui aussi de Poudlard, laissait déjà à penser que Harry pouvait dire vrai. Mais après l'audience où il a accepté de boire du véritaserum pour raconter en détail ce qu'il s'était passé, il n'y a plus l'ombre d'un doute. Les avertissements de Harry Potter et d'Albus Dumbledore sont à prendre au sérieux. Vous-Savez-Qui est bel et bien de retour. Ayant moi-même assisté à l'audience, je peux vous affirmer qu'Harry a dit toute la vérité. Cependant, le Ministre continue à faire la sourde oreille, cela au détriment de la sécurité des sorciers. Il serait temps que le Ministère admette le retour du Seigneur des Ténèbres, ou nous courrons à la catastrophe. Personne ne veut revivre les années noires où il était le plus puissant. Ci-contre la photo du jeune Harry buvant le véritaserum. Le récit détaillé d'Harry Potter, ainsi que le certificat du médicomage Léon Pride attestant de la fiabilité de la potion, page 3 et 4.
John Crivey, journaliste pour la Gazette du Sorcier.
oOo
Le journaliste John Crivey accusé d'avoir dit la vérité.
Le Ministre de la magie a lancé un communiqué dans lequel il accuse le journaliste de la Gazette du Sorcier, John Crivey, de diffamation concernant l'audience d'Harry Potter au sujet du retour de Vous-Savez-Qui. "Il s'agit là d'une infâme fourberie venant d'un homme à qui j'ai accordé ma confiance, ainsi que celle du Ministère. Pour ma part, il était évident que le véritaserum n'avait aucun efficacité. Que tout le monde se rassure, le Seigneur des Ténèbres n'est pas prêt de revenir" affirme Cornélius Fudge. Ce à quoi John Crivey nous a répondu : "Fudge n'a pas fait que m'accorder sa confiance. En complément, il y a ajouté une pleine bourse de gallions. Mais je ne me permettrais pas de supposer qu'il s'agissait là d'un pot de vin pour que je discrédite Harry Potter, j'aurais trop peur d'être à nouveau accusé d'infâme fourberie". Je vous laisse donc, chers lecteurs, le soin de décider qui a le plus de choses à se reprocher.
Xénophilius Lovegood, rédacteur en chef du Chicaneur.
oOo
Les deux exemplaires de la Gazette du Sorcier et du Chicaneur étaient posés sur une table dans le salon du manoir Malefoy, leurs premières pages, bien en évidence. Severus ne pouvait s'empêcher d'y jeter un oeil alors que Voldemort se murait dans le silence, assis sur son fauteuil. Le mage noir l'avait fait venir ici, mais depuis son entrée dans la pièce, Rogue n'avait pas eu le droit à un seul mot de sa part. Finalement, Voldemort entama la conversation par un cri de rage :
- Comment en est-on arrivés là ?! fulmina-t-il en frappant du poing sur la table. À présent de plus en plus de gens vont faire confiance à Dumbledore ! Comment as-tu pu passer à côté de cette audience ?! Je croyais que Dumbledore te faisait part de tous ses plans !
- Il ne m'a pas parlé de celui-ci. J'ai été aussi surpris que vous.
- Surpris ?! Non, je ne suis pas surpris. Je suis furieux ! À quoi me sers-tu Severus ?
- Je suis votre espion au sein de Poudlard maître. J'y suis d'autant plus utile depuis que Dolores Ombrage a annoncé qu'elle s'octroyait le poste de défense contre les forces du Mal. Le Ministère tente tant bien que mal de garder la situation sous contrôle. Je pourrais empêcher cela...
- Non ! Au contraire, je veux que tu épaules Ombrage. Il est à présent évident que Fudge veut remplacer Dumbledore à la tête de Poudlard. Une fois qu'Ombrage aura pris sa place, nous pourons aisément en faire de même. Voilà à quoi tu vas me servir, Severus. À éjecter Dumbledore de sa chère école. J'ai toujours rêvé de voir ça, jubila-t-il.
- Si tel est votre souhait maître, acquiesça Severus.
Soudain, la porte du salon s'ouvrit sur Lucius. Il avait l'air inquiet d'interrompre cette entrevue.
- Maître... comme vous me l'avez demandé...
- Fais-le entrer, ordonna Voldemort. J'en ai fini avec Severus.
Il était donc temps pour Rogue de se retirer. Mais en sortant du salon, il trouva Drago derrière la porte. Le jeune garçon faisait de son mieux pour le cacher, mais il était terrifié.
- Drago ?
- Entre mon cher Drago, l'appela Voldemort depuis l'intérieur.
Le fils Malefoy déglutit lentement avant d'obéir. Severus se retrouva dans le couloir en compagnie de Lucius. Celui-ci n'avait toujours pas l'air tranquille.
- Que veut-il à Drago ? lui demanda Rogue.
- Seul le maître connait ses propres plans, marmonna Lucius. Viens, je te raccompagne.
Severus fut obligé de le suivre. Bien qu'il avait envie d'essayer d'entendre quel était le contenu de la discussion qui se déroulait dans le salon. Pourquoi Voldemort avait-il fait appel à Drago ? Ce n'était pas un mangemort. Et il était bien trop jeune pour lui être utile contre Dumbledore. "Je ne comprends pas... pourquoi Voldemort m'a-t-il laissé en dehors de ça ? Commencerait-il à se méfier ?" pensa-t-il en transplanant une fois sorti du manoir Malefoy.
En réapparaissant Impasse du Tisseur, Severus fut surpris de trouver deux personnes devant sa porte d'entrée. Dont une qu'il ne supportait pas de voir ici.
- Tu t'es trompé de maison Black, fit-il remarquer à Sirius en passant entre lui et Aurore pour ouvrir sa porte.
- Nous sommes venus voir Véga, expliqua Aurore avant que Sirius ait eu le temps de répliquer. On m'a dit que son état s'était de nouveau aggravé.
-... elle est sûrement endormie, marmonna-t-il en faisant mine de leur claquer la porte au nez.
- Tu permets qu'on vérifie quand même ? demanda Sirius exaspéré en passant son pied dans l'entrebâillement.
Finalement, Severus consentit à les faire entrer quand Aurore le lui demanda gentiment. Mais alors qu'ils montaient l'escalier qui menait à la chambre, Rogue demanda à Aurore en désignant le merle perché sur son épaule :
- D'où il sort cet oiseau ?
- Véga sera sûrement très heureuse de le voir, sourit-elle.
- Hum... dit-il dubitatif en ouvrant doucement la porte de sa chambre.
À l'intérieur, Véga était bien réveillée. Assise contre les coussins du lit, elle avait le regard fixé sur la fenêtre. En entendant le bruit de la porte, elle tourna tout de suite la tête vers eux en disant :
- Je t'attendais Severus, tout s'est bien...?
Apercevant Aurore et son cousin, un sourire éclatant étira les lèvres de Véga.
- Vous êtes là ! Je désespérais de te revoir un jour Aurore.
Soudain, le merle quitta l'épaule d'Aurore pour voler vers la malade, et Regulus reprit forme humaine sous les yeux surpris de Rogue.
- Toi aussi, ajouta Véga en tendant les bras à Regulus. Tu m'as manqué.
Il se pencha pour la serrer contre lui. Regulus put alors sentir que sa cousine avait perdu beaucoup de poids depuis la dernière fois. Même trop. Il avait l'impression qu'elle était devenue une petite brindille, qui pouvait s'envoler au moindre coup de vent, et qu'il pourrait casser en la serrant trop fort.
- Véga... dit-il inquiet en la relâchant.
- Je vais bien, sourit-elle.
Elle avait beau sourire, ils savaient tous que c'était faux. Mais Véga avait encore suffisamment de force de caractère pour leur montrer un visage joyeux. "Elle est très courageuse" pensa Aurore en jetant un coup d'oeil au sablier de Véga. Seulement quelques grains. Si peu qu'on les voyait à peine de loin. "Elle ne passera pas l'hiver..." comprit Aurore en serrant les poings.
- Je t'avais demandé de dormir, dit Severus en s'avançant à grands pas pour remonter les draps qui avaient glissé sur ses genoux.
- Tu sais bien que je ne peux pas fermer l'oeil quand tu vas là-bas, répondit-elle en posant sa main sur l'une des siennes. Que voulait-il ?
-...rien d'important.
- Severus, insista Véga qui n'était pas dupe en serrant sa main dans la sienne.
- Il m'a reproché de ne pas l'avoir prévenu pour l'audience de Potter, avoua-t-il en soupirant.
- Est-ce qu'il t'a puni ? s'inquiéta-t-elle en scrutant son visage.
- Non, assura-t-il en retirant sa main. Et ce n'est pas pour moi que tu dois t'inquiéter.
- Tu devrais être reconnaissant qu'elle le fasse, marmonna Sirius énervé en voyant la tristesse passer sur le visage de sa cousine. Je ne la comprendrai jamais.
- T'est-il déjà arrivé de comprendre quoi que ce soit ? répliqua Severus en le bousculant pour sortir de la pièce.
- Un jour je tuerai ce type, fulmina Sirius.
- C'est ma faute, avoua Véga. Severus m'en veut pour ne pas lui avoir dit plus tôt que je me sentais mal. Pendant des mois, j'ai fait de mon mieux pour le lui cacher.
- Pourquoi ? demanda Regulus.
- Il s'en voulait déjà assez parce qu'il ne trouvait pas de remède... Mais maintenant c'est pire. Il me demande de dormir, mais je sais que lui ne ferme jamais l'oeil. Severus a peur de...
Elle releva soudainement les yeux vers Sirius. Véga avait l'air inquiète d'avoir failli gaffer. Mais son cousin la rassura :
- Je sais. Aurore m'a tout avoué.
- Tu as bien fait, dit Véga en se tournant vers son amie.
- Fini de me cacher, sourit-elle faiblement. Mais ni toi ni moi ne devons abandonner. Il doit y avoir un moyen de se débarrasser de ces sabliers...
- Mais ça fait si longtemps que nous cherchons Aurore, soupira Véga. Severus se tue à essayer de me guérir pour gagner du temps. Mais je crains que sa peur de me voir disparaître finisse par le trahir aux yeux de Voldemort. Il doit garder l'esprit bien fermé quand il se trouve face à lui, et si jamais Voldemort le démasquait à cause de moi... je préfère disparaître tout de suite.
- Ne dis pas ce genre de choses, lui interdit Regulus. La Véga qui souriait tout à l'heure était bien plus forte que ça.
- Mais plus le temps passe, plus mes forces m'abandonnent...
- Severus n'a pas encore abandonné, lui, remarqua Aurore. Et il s'inquiètera moins pour toi si tu te reposes quand il te le demande. Ne gâches pas ses efforts, tu as autant envie que lui de rester ici, ensemble.
- Oui, acquiesça-t-elle. Pardon. Tout ce que je veux c'est qu'il ne soit pas blessé.
- Si seulement la pierre de résurrection avait fonctionné, déplora Regulus. Si on avait pu parler avec le premier utilisateur du sablier, nous aurions pu savoir où il l'avait trouvé.
- La pierre de résurrection ? s'étonna Véga.
- Ceci, dit Aurore en sortant la bague de sa bourse. On peut parler avec les esprits grâce à elle. Mais... tous ceux qui ont utilisé le sablier ne se trouvent pas dans l'au-delà. Leur âme a été piégée. Comme le seront les nôtres si nous devons vraiment disparaître.
- Piégées dans le sablier ? murmura Véga.
- Khronos ne t'avait pas parlé de ça, devina Aurore.
- Non, avoua-t-elle. Il m'a seulement parlé de ce que je savais déjà. Tout ce que je t'ai dit dans ma lettre. Et il m'a annoncé le temps qu'il me restait. Du genre... profites-en bien, parce qu'un jour tu perdras tout.
- Le salaud... rumina Sirius.
- De toute façon, quand il m'a parlé c'était déjà trop tard. J'avais remonté le temps et j'étais liée au sablier. Mais dès le départ, je savais ce qui m'attendait. Cependant je ne pensais pas que je finirais par regretter à ce point mon geste... je ne veux pas que Severus m'oublie... ni vous, dit-elle les larmes aux yeux en s'adressant à ses cousins.
Sirius et Regulus échangèrent un regard avant de venir s'asseoir de chaque côté de Véga. Elle passa un bras autour de chacune de leurs épaules pour se blottir contre eux. Pour elle, les deux Black pouvaient faire un effort et lui rendre son étreinte. Regulus et Sirius étaient presque collés épaule contre épaule. "Les cousins que Véga avait tant souhaité rapprocher" pensa Aurore en souriant doucement face cette superbe scène. En revenant, Severus les trouva ainsi. Les frères Black se relevèrent aussitôt en se tournant le dos. Malgré la brusquerie de leur mouvement, Véga sourit. "Ils sont gênés. Mais si mignons" pensèrent Aurore et Véga en échangeant un regard amusé.
- Si vous avez fini de vous câliner, j'aimerais que vous laissiez Véga se reposer maintenant, lança Severus en tendant une fiole de potion à sa femme.
- ON NE SE CÂLINAIT PAS ! s'écrièrent les deux frères d'une même voix.
- Merci Severus, dit Véga en avalant sa potion. Tu as raison, je vais dormir un peu.
Il l'aida à s'allonger confortablement, laissant trainer sa main sur la joue de Véga qui sourit. Severus allait se pencher sur elle quand il se souvint qu'ils n'étaient pas seuls.
- Dégagez tous de chez moi.
oOo
Le 1er septembre arriva trop rapidement au goût d'Harry. Il entrait en cinquième année, mais cela ne l'enthousiasmait pas. Car il voyait déjà sur le quai de la gare le genre de regards qu'on lui lançait. Qu'est-ce que ce serait une fois à Poudlard ? Apparemment, beaucoup de monde préférait continuer à croire Fudge. On le dévisageait comme s'il était un menteur doublé d'un fou. Voldemort revenu à la vie en sortant d'un chaudron et se battant avec un garçon de 15 ans qui avait finalement réussi par lui fausser compagnie ? Une histoire de baguettes jumelles et d'esprits venus pour aider Harry ? Qui voudrait croire ça ?
- Moi je te crois, affirma rêveusement la fille blonde que Ginny venait de leur présenter comme étant la fille du rédacteur en chef du Chicaneur. Mon père aussi, et tout le monde sait qu'il n'écrit que la vérité dans son journal. Alors c'est bien la preuve.
- J'aimerais que ce soit aussi simple pour tout le monde, soupira Harry.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué à accepter la vérité, haussa-t-elle les épaules.
Neville suivit du regard les drôles de petits navets qui se balancèrent aux oreilles de Luna Lovegood. Comment pouvait-on dévisager Harry alors que cette fille étrange se trouvait juste à côté de lui ?
- La vérité fait parfois peur, intervint Aurore qui avait repris l'apparence de la brune aux cheveux courts pour les accompagner. Maintenant, montez dans le train ou vous risquez de rater cette superbe année d'étude en compagnie d'Ombrage.
- Très drôle, marmonna Ginny en trainant des pieds pour rejoindre le Poudlard Express. Lilas, tu viens ? Lilas !
La soeur d'Harry sursauta en se rendant compte qu'on l'appelait. Ginny tendit le cou pour essayer d'apercevoir ce qui avait accaparé son attention. Elle ne vit qu'un garçon brun qui disait au revoir à sa mère. "Ça me dit quelque chose..."
- Dis donc toi, commença Ginny en suivant de près son amie qui s'était précipitée vers le train en rougissant légèrement.
Aurore essaya de comprendre ce qui se passait. Mais Luc et sa mère venaient de lui être cachés par la famille Malefoy. Elle croisa les bras en grognant.
- Ne te frottes pas trop à Drago Malefoy cette année, prévint-elle Harry.
"Severus nous a dit que Voldemort avait discuté avec ce garçon"
- Et pour ce qui est d'Ombrage, ajouta-t-elle, je suis sûre que vous saurez lui tenir tête.
- Alors... tu ne viens pas avec moi ? demanda Harry comme s'il avait espéré le contraire.
Aurore quitta les Malefoy des yeux pour les baisser sur Harry. Il avait vraiment l'air abattu. "Je lui ai dit que je ne le laisserais plus tomber" comprit-elle.
- Harry, dit-elle gentiment. Je ne peux plus jouer le rôle de Vérone. Voldemort est de retour, et il aura sûrement dit aux enfants de mangemorts quel genre de chat doit te protéger. Mais même sans te suivre partout je peux veiller sur toi de l'extérieur. Je ne t'abandonne pas.
- Oui.
- Ne t'en fais pas, tant que Dumbledore est à Poudlard tu ne risques rien. Et même s'il y a Ombrage, tu peux aussi compter sur les professeurs McGonagall et Rogue. Oui, sur Rogue aussi, lui assura-t-elle en remarquant sa moue. Tu ne dois pas douter de lui.
- Mais... est-ce que c'est vrai ? Rogue est un...
- Chut, le coupa-t-elle en posant un doigt sur ses lèvres. Il ne faut pas parler de ça ici.
"Alors c'est vrai..." comprit-il. "J'aurais dû m'en douter, ce type est imbuvable. Mais pourquoi ils lui font tous confiance ?"
- Allez, dit Aurore en le poussant vers le train où l'attendaient Ron et Hermione en pleine discussion sur leurs responsabilités de préfets. Essayez de ne pas trop faire de bêtises.
Elle offrit un clin d'oeil à Harry, et le garçon se demanda ce qui l'amusait tant. Cette année à Poudlard s'annonçait pourrie de son point de vue. Mais elle ne pouvait pas l'être plus que l'année précédente...
Réponses aux reviews :
Typhon21 : ha... tu as raison pour Hélia. J'aimais tellement ce personnage que j'ai oublié qu'elle devait mourir lol. shit, je dois changer ce passage du chapitre. Je pense que Fudge ne pense qu'à une chose : se couvrir pour garder son poste. S'il avoue que Dumbledore avait raison alors qu'il n'avait pas voulu le croire au tout début, on pensera qu'il a manqué de discernement, et je suis sûre que la plus grande crainte de Fudge, c'est d'être remplacé par Dumbledore. Il se pose donc en ennemi face à lui. Vous ne savez pas ce que Voldy a demandé à Drago ^^ je garde le mystère. Avec Ombrage au château, comment l'AD ne pourrait-elle pas voir le jour ? C'est obligéééé ! xD biz
Beliectioner : Je n'avouerai rien du tout ! inutile de me torturer xD moi aussi j'adore Ombrage (vous la sentez l'ironie ? Un crapaud rose, pouah !)
Nala : une scène Tonks/Regulus ? ça peut s'arranger ^^ Aurore et Tonks sont espiègles toutes les deux. Mais c'est vrai que Tonks est bien plus maladroite lol.
Maman bouba : ouais, c'est Sirius, il fait pas dans la délicatesse mdr. La 5e année sera très importante, on va passer un moment dessus ^^ bisous !
Yaga-Poplar : ouais, ils sont chous les trois cousins ^^ biz
glagla60800 : merci beaucoup ! à bientôt ;)
Git : ouiiiiiii ! xD C'est la vision que j'ai d'Ombrage. Un vieux chewing-gum qui reste collé sous ta semelle pour t'emmerder lol. Mon Harry est différents de celui des livres. C'est normal et j'aime ça. Il a que 15 ans le pauvre. Normal qu'il soit effrayé et dépassé, vu qu'il sait déjà quel est son destin. ah, les plans de Khronos, vous risquez de vous arracher les cheveux là dessus ^^ Il faudra deviner ce que Voldy a demandé à Drago ;) biz !
LauraNyra : oui, Ombrage va leur taper sur le système ^^ C'est difficile pour Remus, mais il devra bien accepter Tonks un jour. à bientôt ;)
azilea : ben... à suivre :p
glagla60800 : oui, tu en as pour un moment ;) (je réalise toujours pas que la fic soit aussi longue... O.O)
Beliectioner : mdr. Doucement, j'ai pas fini de l'écrire ^^.
