Hello Venin du Basilik ! C'est vrai qu'on voit moins Dumbledore. Mais il n'en continue pas moins ses manipulations, même si Crystall ne peut pas être au courant de tout ce qu'il fait. Ne t'inquiète pas, ça n'en restera pas là ;)

On arrive doucement à la fin de la fic Stilandra Black ! Il fallait bien que ça s'assombrisse à un moment où à un autre... Ce chapitre continue sur la lancée du précédent, malheureusement.

Et oui, Peter est sorti avec Marlène Maluna ! Pas seulement pas intérêt. Mais c'est bel et bien lui qui l'a vendue à Voldemort. Entre la fille qu'il aimait et sa vie, il a choisi (même si Voldy ne lui a pas vraiment laissé le choix en fait). D'après les paroles de Maugrey (Tome 5) a propos de la mort des McKinnon, je pense qu'ils sont tous morts ensemble. Et non, son nom n'ira pas sur le dos de Crystall : elles n'étaient pas assez proche.

En fait, je ne vois pas Peter particulièrement moche. Il est juste un peu rond. Mais il ne tient pas la comparaison avec Sirius qui, lui, en a parfaitement conscience. Crystall le dit d'ailleurs : s'il perdait du poids, il serait séduisant.

Fidelitas ou pas fidelitas, telle est la question ! L'avenir nous le dira X)

Bonne lecture !


Vengeance !

Vendredi 31 Juillet 1981 : maison

Je rentre tout juste de chez les Potter. On fêtait l'anniversaire de Mary aujourd'hui. Sirius n'a pas pu venir. Il est parti avec Maugrey ce matin et je pense que ça a quelque chose à voir avec l'Ordre.

En fait, pour cet anniversaire j'étais la seule présente en plus de James et Lily ainsi que Bathilda Tourdesac. Je n'avais jamais rencontré cette femme jusque là. Elle a l'air tellement vieille que sa peau ressemble à du parchemin qui peut s'effriter au moindre contact.

Mais elle s'est chargée de faire l'animation de cet après-midi autours d'une part de gâteau pendant que Mary s'amusait avec ses cadeaux. A ma grande déception, elle a largement préféré le balais de Sirius, tout comme James. Lily a été intriguée par mon livre, elle ne connaissait pas les Contes de Beedle le Barde. Ce qui est scandaleux.

- J'ai connu Albus quand il n'était pas plus haut que trois pommes, m'a confiée Bathilda avec un sourire.

- Albus Dumbledore ? ai – je demandé en ouvrant de grands yeux.

- Oui, a souri Lily. C'est incroyable non ? Le professeur Dumbledore habitait à deux pas d'ici !

- J'ai du mal à visualiser Dumbledore petit, ai – je rétorqué.

Et Merlin, mais quel âge à cette femme ?

- Oh, il l'a un jour été ! Il courrait après son frère Abelforth qui lui-même courrait derrière les chèvres du voisin. Le pauvre n'avait pas le choix. Avec l'envoie de son père à Azkaban et sa mère obligée de s'occuper d'une sœur malade, il ne restait que lui pour prendre soin du cadet. C'était déjà quelqu'un d'admirable quand il était petit.

Là, je me suis demandée si j'avais bien entendu. Le père de Dumbledore est à Azkaban ? Et je ne savais pas qu'il avait un frère et une sœur ! J'ai appris ensuite le pourquoi du comment. L'histoire est assez triste. Le père de Dumby est à Azkaban pour avoir vengé sa fille qui a été agressée par des gamins. Apparemment, seul Abelforth est encore vivant on ne sait où. Bathilda n'a plus jamais eu de nouvelles de lui.

Elle a enchaîné sur quelques anecdotes plus légères en nous disant qu'une fois Dumby a couru à poil dans la rue quand il était petit parce qu'il refusait de prendre son bain.

J'ai rigolé toute la soirée. S'il savait ce que cette femme raconte sur lui il ne serait sans doute pas très content. Mais c'était hilarant. Ça faisait longtemps que je n'avais pas ri comme ça. Et quand elle en a eu assez de parler de Dumbledore, elle a enchaîné sur James qui était aussi un cas. Qui l'est toujours en fait.

On a été interrompus par Mary qui avait récupéré son balai-jouet pendant qu'on se fendait la poire et s'est envolée dessus. En moins d'une minute elle a failli tuer le chat, nous éborgner et elle a réussi à aller jusque dans l'entrée où elle a cassé le vase hideux que Pétunia a un jour offert à Lily. On l'a retrouvée échouée au sol hilare. Et James était fier comme un paon, disant qu'elle deviendra une grand joueuse de Quidditch vu ses prouesses lors de son premier vol.

Moi, je vais tuer Sirius de lui avoir offert ce satané balai. Elle va se tuer dessus avant d'avoir eu le temps d'apprendre à dire Quidditch.

Avant de partir Lily m'a prise à part pour me demander de faire passer un message à Sirius. Elle s'inquiète pour James. Après presque un mois consigné dans la maison il commence à devenir fou. Il ne souhaite qu'une seule chose : sortir. Elle aimerait que Sirius passe dès qu'il a du temps libre pour essayer de le distraire un peu. C'est vrai qu'ils n'ont pas grand-chose à faire…

Mardi 4 Août 1981 : orphelinat

J'ai emmené Aileen et Maxime faire leurs achats pour la rentrée. C'était moins fatiguant cette année que l'an dernier. Essentiellement parce que j'étais accompagnée.

Tobias était encore à l'orphelinat quand je suis arrivée et il s'est soi disant gentiment proposé pour m'accompagner. Il s'est juste totalement imposé en réalité. J'avais aucune envie de lui parler moi. Du coup, je l'ai consciencieusement ignoré pendant la majeure partie de la matinée.

Il a profité que les enfants soient en train de s'extasier sur le dernier balai sorti. Apparemment un nouveau fabriquant tente de s'imposer. Nimbus, je crois. C'est leur premier modèle qui est en vitrine. Et même moi qui n'est pas passionnée par les balais je trouve que celui-là a de la gueule.

- Crystall, tu pourrais arrêter de te comporter comme une gamine et cesser de m'ignorer de la sorte ?

- C'est toi qui te comporte comme un gamin en imposant ta compagnie à des gens qui n'en veulent pas, ai – je répliqué. Tu as passé l'âge, non ?

- Je voulais te parler et vu que je ne sais pas où tu habites, il a bien fallu que je te force un peu la main. Tu n'es pas très coopérative.

- Et les hiboux, tu connais ? Ils peuvent retrouver n'importe qui je te rappelle.

- Aurais – tu accepté de me rencontrer si je t'avais envoyé une lettre ?

J'ai dû admettre que j'aurais sans doute refusé. Tobias et moi n'avons jamais été de grands amis et j'ai autre chose à faire, très sincèrement. Il a dû deviner ma réponse à mon expression parce qu'il a continué :

- Tu vois bien : tu ne m'as pas laissé le choix.

- Bon, alors pourrais – tu me dire pourquoi tu voulais me parler ?

- Je veux demander Kathie en mariage, a t –il dit de but en blanc.

J'ai failli m'étouffer en entendant ça. Autant dire que je ne m'y attendais pas. Et pourquoi, par Merlin, suis- je la personne à qui il a décidé d'en parler ? Pourquoi les gens insistent pour me parler de trucs pareils ? Y'a marqué assistante sociale sur mon front ou quoi ?

- Et ? l'ai – je encouragé.

- Et je ne sais pas comment m'y prendre…

- A quel moment ton cerveau tordu a t –il décidé que moi je saurais le faire ? Je n'ai encore jamais demandé personne en mariage, à ce que je sache.

- Ben… Je me suis dit que tu pourrais m'aider ?

- Merlin doit être contre moi, ai – je soupiré en levant les bras au ciel. Tu vas lui acheter une bague, tu l'invites à dîner et tu te mets à genoux pour lui demander de t'épouser ! J'vois pas ce qu'il y a de compliqué là dedans. Je suis sûre que tu savais déjà que c'est comme ça que ça se passe en général.

- Tu ne te foutrais pas de ma gueule là ? a t –il demandé.

- C'est ma question ça. Qu'est ce que je viens faire là dedans ? J'ai pas l'intention d'ouvrir une agence matrimoniale alors va demander à un de tes amis.

- Billy est mort, a t –il jeté. A qui veux – tu que je demande conseil sinon toi ?

- Tu as dû te faire des amis à la fac merde ! Alors c'est le moment de les solliciter !

Il s'est renfrogné en comprenant qu'il n'obtiendrait rien de moi. De toute façon, qu'est ce qu'il voulait que je lui dise ? Je peux pas le faire à sa place et j'aurais même pas eu la plus petite idée de quel genre de bague Kathie aimerait. On ne parle pas de ça quand on se voit.

- Ah, je me disais bien que j'avais entendu ta douce voix Crys', est intervenue une troisième personne.

- Salut Dante, ai – je soupiré. Je te présente Tobias, on était à Poudlard ensemble et il est en train de me faire chier.

- Vu ton seuil de tolérance, le contraire m'aurait étonné, a t –il dit à mon encontre avant de se tourner vers Tobias : enchanté.

- De même.

- Tu es encore en train de te balader au lieu de travailler ? ai – je demandé.

- Tes insinuations ne m'atteignent pas. Mais pour ta gouverne, je reviens de Gringotts pour Arlem. Il a horreur des Gobelins.

- Sûr que c'est un peu embêtant.

C'est à ce moment là que les enfants ont choisi de nous rejoindre. Dante a salué Maxime en lui demandant s'il continuait d'utiliser sa baguette sans blesser les gens et a du coup aussi rencontré ma sœur.

- Vous ne vous ressemblez pas tellement, a t –il commenté.

- C'est sûr que comparé à Queenie elles ne se ressemblent pas, a renchéri Tobias, amusé.

- Queenie ? Je me souviens de ce nom. Je te l'ai tatoué.

- C'était ma sœur jumelle, ai – je grogné. Qui veut une glace les enfants ?

Ma diversion a marché à merveille et Dante est retourné travailler. Tobias a tenu à payer et quand il a sorti l'argent de sa poche il y avait des bonbons dans le tas. Je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire. Ça fait trois ans qu'il est sortie de Poudlard, mais il se balade toujours avec des bonbons en poche. Je me souviens qu'il en distribuait à tour de bras à l'époque, même si je n'en ai jamais accepté un seul.

- Je me demande comment ça se passe pour les Poufsouffles, a t –il dit en comprenant pourquoi je riais.

- De mieux en mieux.

- C'est-à-dire ? Qu'est ce que tu as encore fait ?

- Je suis allée à Poudlard, j'ai jeté des sorts à ceux qui emmerdaient les gens de la Maison. Puis, je suis allée gueuler sur Dumbledore, sur Chourave et sur tous les profs.

- Sérieusement ?

- T'as qu'à demander à ta sœur. Elle était présente et je suis étonnée qu'elle ne te l'ai pas déjà dit.

- Je n'ai pas passé beaucoup de temps avec elle ces dernières années… Et elle ne me parle plus comme avant.

- L'adolescence ça ne pardonne pas, ai – je commenté.

On est restés sur le Chemin de Traverse le temps qu'Aileen et Maxime finissent leurs glaces puis je les ai laissés avec Tobias devant l'orphelinat. Je suis arrivée au bout de mon compteur de sociabilité pour aujourd'hui. Tobias l'use à une vitesse faramineuse.

Vendredi 7 Août 1981 : maison

J'ai eu une idée tout à l'heure. Le loup veut sortir. Alors j'ai qu'à aller sur mon île la nuit de pleine lune. Là-bas il pourra courir autant qu'il veut s'il a des envies de liberté. J'emmènerais de la nourriture. Par contre il n'y aura pas Sirius. Mais il ne peut pas tout avoir. On verra bien ce que ça donnera.

Lundi 10 Août 1981 : maison

Voldemort a lancé ses géants sur un village en Écosse. Et cette fois il y avait une horde entière. Il devaient être une dizaine. Les Aurors n'étaient que trop contents de recevoir notre aide. On a fait croire qu'on habitait dans le village. On a réussi à en capturer certains, mais une bonne moitié s'est enfuie. Heureusement, un géant ça ne passe pas inaperçu et ils sont en train de les poursuivre.

Mais l'incident le plus notable c'était que James était sur les lieux pour nous aider.

- Qu'est ce que tu fous là ? me suis – je enquise en l'attrapant par le T-shirt. Qu'est ce que ton misérable petit cerveau de Gryffondor n'a pas compris dans "reste à la maison et ne sors pas " ?

- Vous aviez besoin de renfort et je n'en suis pas mort.

- Et qu'est ce que tu en sais ?

- Pour le moment, je sens encore mon cœur battre et je respire.

- Pas ça sombre crétin !

- Le badge a transmis une demande de renfort. Je ne pouvais pas rester à la maison sachant que Sirius et toi seriez sur place.

- Le badge ?

- Notre Badge transmet les ordres, et les lieux d'intervention, m'a appris Sirius qui nous avait rejoint en sortant le badge des aurors. Je pensais qu'il l'avait redonné lorsqu'il est entré en congé forcé, mais non.

- Ah, ben alors le problème est facile à régler, ai – je dit. Accio badge de James Potter.

Il a essayé de le rattraper, mais sans succès. L'objet de notre désaccord a atterri dans ma main.

- Auror James Potter, je vous relève de vos fonctions jusqu'à ce que vous ne risquiez plus votre vie en sortant, lui ai – je appris. Sirius, tu le redonneras à Maugrey ?

- Bien sûr.

- Faux frère, a grommelé James.

- Désolé vieux, mais c'est avec elle que je vis et je ne tiens pas à avoir la guerre à la maison.

Je suis contente que Sirius voit où sont ses intérêts. James m'a jeté un regard noir et je l'ai raccompagné jusque chez lui où Lily lui a fait la morale après l'avoir serré contre elle à l'en étouffer.

- Tu vois ce qui arrive quand on obéit pas à Lily, petite Mary ? ai – je demandé à ma filleule qui regardait curieusement la scène entre ses parents. Veille à ne jamais mettre ta mère en rogne contre toi…

J'espère qu'il ne recommencera pas !

Mercredi 12 Août 1981 : maison

L'hécatombe continue. Aujourd'hui, j'ai appris la mort de Dorcas Meadowes. Apparemment, elle était à nouveau allée se cacher à quelque part après la dernière réunion. Maugrey avait fini par la retrouver et prévoyait de la laisser dans un centre psychiatrique avec un sort d'oubliette. Mais cette fois, on a pas été les seuls à la chercher, ni les premiers à la retrouver.

Il était déjà trop tard quand il est allé la récupérer. Voldemort en personne ressortait de la bicoque à moitié en ruine. Il n'a même pas engagé le combat en voyant Maugrey. Il devait sans doute être de bonne humeur après avoir tué une femme qui a non seulement réussi à berner ses mangemorts pendant des mois et a appris de nombreux secrets, mais aussi qui a réussi à échapper à de sa prison et le tout sans rien lâcher à propos de l'Ordre.

Il faut qu'on leur rende la monnaie de leur pièce.

Dimanche 16 Août 1981 : Ramsey Island

Le loup a adoré la liberté la nuit dernière. Il m'a fait faire tout le tour de l'île au pas de course. Je crois que j'ai jamais autant couru. Je vais avoir des courbatures pendant des jours !

Bon, à côté de ça il a préféré délaisser la nourriture que j'avais emmené avec moi pour égorger un mouton. Je ne sais pas vraiment comment il a fait pour réussir avec mes pauvres mains et mes dents d'humaine, mais il a réussi et j'étais couverte de sang. Je crois que c'est tant mieux si je ne me rappelle pas comment il a fait.

Je viens de prendre une douche. Et je vais faire une petite sieste ici avant de rentrer. Les nuits blanches de pleine lune sont fatigantes.

*Maison*

J'ai fait plus qu'une petite sieste. En fait, c'était presque le soir quand je suis rentrée et j'ai inquiété Sirius pour rien. En tout cas ça aura gâché notre dimanche ensemble. Et une partie du samedi. On ne se voit déjà pas beaucoup en semaine, et un week-end est déjà pris par une des gardes qu'il doit effectuer, si en plus la pleine lune commence à faire chier, on ne va pas aller loin !

Mardi 18 Août 1981 : près de chez Andreas

J'avais rendez-vous ici avec lui et les frères Prewett pour un entraînement. On a commencé par faire deux équipes et lancer une vaste chasse à l'homme aux alentours de chez Andreas. C'était à ceux qui immobiliseraient le plus rapidement l'autre binôme. Andreas était visiblement extrêmement bien entraîné pour ça. Moi, c'était la première fois. Du coup, je nous ai fait perdre. Je suis le maillon faible du groupe, visiblement.

On a ensuite recommencé deux autres fois en changeant les binômes cette fois. Fabian et Gideon ont eu du mal quand ils ont été séparés. Ils sont si coordonnés l'un à l'autre qu'ils ne prennent plus la peine de parler. Autant dire qu'avec Andreas et moi ça ne fonctionnait pas ce genre de truc.

Ça c'est mieux passé avec Fabian que Gideon. Lui, il pensait que parce que j'étais une femme j'étais plus fragile et je me devais de le laisser faire le plus difficile, le plus dangereux etc… En gros il essayait de tout faire tout seul et du coup on a forcément perdu. J'ai également failli plusieurs fois l'ensorceler parce qu'il se mettait sur la trajectoire de ma baguette.

- Je ne suis pas une pauvre petite chose sans défense, ai – je sifflé à son encontre quand Fabian et Andreas nous ont libérés. J'ai pas besoin de ta protection ou de ton machisme. Alors fourre les toi dans cul et considère moi comme ton égale. Sinon on va pas être copain longtemps tous les deux et je risque de te foutre mon poing dans la gueule. Pigé ?

Il m'a regardée, bouche ouverte, les yeux exorbités par la surprise. Et je lui ai dédaigneusement tourné le dos. Non mais il se prend pour qui celui-là ? J'ai survécu sans lui et je continuerais sans lui, merci bien ! C'est pas parce qu'il a la carrure d'un boxeur et que j'ai l'air petite et fragile à côté de lui que ça l'autorise à se croire meilleur merde ! Jusque là, j'avais pas remarqué qu'il était comme ça et j'ai sans doute laissé passer des choses auxquelles je vais couper court à partir de maintenant.

Après ça, l'entraînement s'est vite achevé. Essentiellement parce que je me suis barrée à pied pour éliminer un peu ma frustration. Là, ça va mieux. Je vais rentrer.

Jeudi 20 Août 1981 : maison

Je viens de réaliser que c'est bientôt la rentrée de nouveau ! J'ai l'impression que le temps passe trop vite et que le début des vacances (même si je ne peux pas parler de vacances en ce qui me concerne) était hier. Aileen va bientôt revenir à Salem. Peut –être qu'on devrait faire quelque chose ensemble avant qu'on parte. Mais quoi ?

*Labo*

En attendant qu'une idée de génie ne me vienne pour Aileen, je vais commencer à travailler sérieusement sur ma potion anti-loup. Je vois déjà quelques ingrédients que je vais utiliser. Certains ont des noms suffisamment évocateurs pour que je les relie à ce que je veux. Comme le Tue-Loup. Je refuse de croire que des plantes avec des noms pareils ne puissent pas avoir des propriétés qui m'intéressent.

Vendredi 21 Août 1981 : maison

Sirius vient de me dire que je n'ai qu'à emmener Aileen dans le parc d'attraction mi-moldu, mi-sorcier où on est allés une fois. C'est une bonne idée. D'autant plus qu'avec son âge et sa taille les attractions qui sont les plus dangereuses ne lui seront pas ouvertes.

Je vais envoyer un courrier à Kathie pour lui en parler et peut –être qu'on pourra faire ça avant qu'elle parte. Faut que je la dépose le 30 Août à Salem. Là bas les arrivées se font forcément le dimanche, même si elle n'aura pas cours avant le 1er Septembre.

Samedi 22 Août 1981 : labo

Ma potion vient de m'exposer à la figure. Encore heureux que j'ai pris toutes les précautions nécessaires. Sinon j'aurais pu me retrouver sans cheveux. Ou sans peau. Ou des trucs pires encore.

Ce n'était que mon premier essai. Il va sans doute m'en falloir beaucoup d'autres étant donné qu'il faut que je détermine si certaines associations sont possibles ou pas… Je me lance véritablement dans l'expérimentation et la recherche pour la première fois depuis que j'ai mon diplôme de Maître des Potions.

Dimanche 23 Août 1981 : maison

Sirius est venu courir avec moi ce matin. Ça faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé (généralement, il dort quand je vais courir, ou alors il est au travail). Mais pour la première fois il est venu sous sa forme humaine.

Il prétendait que sa formation d'auror l'avait suffisamment endurci pour ça. Mais que dalle, il a fait demi-tour à mi parcours. Il n'avait pas pris en compte que j'avais rallongé le trajet au fur et à mesure que mon endurance augmentait. L'avantage avec mon métier c'est que j'ai la possibilité de faire ce que je veux et donc si j'ai envie de courir deux heures le matin je peux me le permettre sans avoir besoin de me lever plus tôt exprès.

Lundi 24 Août 1981 : orphelinat

Je suis en train d'attendre Aileen. Elle dormait encore quand je suis arrivée et j'ai pu aller la réveiller. Elle se prépare.

- Je dois lui prévoir un petit-déjeuner ? m'a demandé Kathie quand je me suis installée dans la salle commune.

- Non, on va petit-déjeuner toutes les deux. Apparemment il y a des sorciers qui ont ouvert un restaurant proposant des repas venant des quatre coins du monde.

*Maison*

Aileen est arrivée vêtue d'une robe blanche avec des roses et coiffée à la hâte, des étoiles plein les yeux. J'ai pris le temps de la coiffer en quelques coups de baguette pour que ses cheveux en bataille deviennent une natte et nous sommes parties.

- Ou va t –on ? a t –elle demandé. Pourquoi on y va ?

- Tu n'es pas contente qu'on sorte un peu toutes les deux pour autre chose que faire tes achats scolaires ?

- Si !

- Alors tais toi et profite de la surprise.

Elle s'est exécutée et a agrippé ma main dès que je l'ai tendue pour le transplanage d'escorte. Le restaurant dont j'avais parlé se trouvait en périphérie du centre ville de Londres, coincé entre deux magasins de vêtement. Il y avait déjà quelques personnes installée à l'intérieur. Une sorcière d'une cinquantaine d'année nous a accueillies avec un sourire avant de nous installer à l'étage avec les cartes. Quand on regardait l'un des petits-déjeuners proposé la photo concernée s'affichait, nous donnant une idée de ce qu'il se cachait derrière les plats avec des noms parfois incompréhensibles.

Aileen a demandé si elle pouvait choisir ce qu'elle voulait et quand j'ai acquiescé elle a opté pour le petit-déjeuner espagnol en disant qu'elle n'avait jamais mangé de petit-déjeuner du pays dont venait notre mère.

Je m'en souviens moi. J'adorais quand notre mère nous emmenait en Espagne… Mais ça c'était avant qu'elle n'hérite de tout et que toute la famille qui nous restait là-bas meure soudainement. En une année, il n'y avait plus eu personne pour nous accueillir dans de superbes villas construites sur la plage et nous servir de petits-déjeuners traditionnels.

Pour ma part, j'ai opté pour celui Suédoise composé de crêpes à la marmelade et de fruits. Autant dire que la matinée commençait très bien. Je reviendrais à l'occasion vérifier si le déjeuner et le dîner sont aussi bons.

Ensuite, j'ai emmené ma sœur jusqu'au parc d'attraction. Elle a été émerveillée, me disant avec beaucoup d'enthousiasme que John, son ami Né-Moldu lui en avait déjà parlé totalement ébahi que les sorciers ignorent ce qu'étaient un parc d'attraction.

- Je ne sais pas ce qu'il en est aux États-Unis, mais tu pourras dire à ton John que tu as fait non seulement des attractions moldues, mais aussi sorcière.

- Sorcière ?

- Oui, ce parc est à moitié sorcier. Le seul d'Angleterre. Alors profites –en bien.

Et c'est ce qu'elle a fait. Elle m'a fait courir de tous les côtés, voulait tout essayer, a fait la gueule quand elle n'a pas réussi à gagner la peluche qu'elle visait. Il a fallu que je la lui gagne pour qu'elle retrouve le sourire. Elle s'est écrasé le nez contre une paroi du Palais des Glaces sorciers qui avaient vraiment des parois invisibles. On a eu du mal à en ressortir d'ailleurs.

Au final, c'était une super journée. Je me suis bien plus amusée que quand je suis venue avec Sirius, James et Lily. Sans doute parce que je n'ai pas été obligée de monter dans ces attractions de malheur. Ça faisait du bien de voir Aileen rire aux éclats après toutes les horreurs qu'elle a pu vivre. Je renouvellerais peut –être l'expérience une prochaine fois, tiens !

Mercredi 26 Août 1981 : chez les Potter

J'ai été appelée par Lily via un Patronus. Les Mangemorts étaient en train d'attaquer la maison. Les barrières tenaient bon, mais ils avaient besoin d'aide. J'ai averti les Prewett et Andreas avant de transplaner à Godric's Hollow.

Il y avait en effet plusieurs Mangemorts qui attaquaient de tous les côtés les barrières que j'avais mise en place. Ils étaient déjà passé au travers de celle que les parents de James avaient placée. Une trace de sang sur le bouclier prouvait qu'un des mangemorts avait eu la mauvaise surprise de trouver la seconde barrière sur son passage.

Arrivant derrière eux, je les ai fauché d'un sort, les éloignant de leur cible pour m'interposer.

- Regardez ça, a ricané l'un d'eux. L'Ordre du Phénix vient sauver un de ses membre.

Ils ont tous éclaté de rire en concert sans que je comprenne ce qu'il y avait de drôle là dedans. Mais un autre a renchérit :

- On devrait plutôt les appeler l'Ordre des Poules Mouillées ! Ils se cachent, terrifiés par notre force.

- Ah bon ? Pourtant il n'y a rien entre vous et moi, ai – je répondu en serrant ma baguette dans la main. Et c'est vous qui avez l'air d'hésiter à attaquer. Qui sont les poules mouillées maintenant ?

Ils sont beaucoup plus susceptibles que moi apparemment (ce qui n'est pas une mince affaire), parce que ça les a incité à attaquer. Le combat s'est engagé et j'ai adopté une stratégie qui a déjà fait ses preuves face à des adversaires multiples : j'ai créé un bouclier avec la baguette de Greg et j'ai attaqué avec l'autre.

- Dis ! m'a interpellée l'un des mangemorts, toujours le même vu la voix. Tu sais pourquoi vous perdez ? Parce que vous êtes trop faibles. Des faibles et des lâches.

- Et vous, vous savez pourquoi vous êtes toujours en troupes ? Parce qu'il faut plusieurs Mangemorts pour avoir un cerveau digne de rivaliser avec celui d'un membre de l'Ordre ! ai – je rétorqué avec un sourire. En face à face, aucun de vous ne tiendrait plus d'une demi-seconde !

- Oh, un des poulets a vraisemblablement un peu de répartit ! T'as tout faux cocotte : c'est nous qui gagnerions. Et tu sais pourquoi ? Parce que nous on a des couilles. Vous, vous vous contentez de casser celles des autres.

- Où t'es allé chercher ça ? Voldemort vous donne des cours pour ne pas avoir l'air trop débiles si jamais vous devez parler ?

- NE PRONONCE PAS SON NOM !

- Tu préfères que je l'appelle l'autre connard ? Ou le véracrasse putride qui se noie dans ces déjections ? Il est pas mal celui – ci.

- Avada

- Expulso !

Je l'ai touché en pleine poitrine, profitant du fait que sa fureur lui ai fait baisser sa garde. Il est parti en arrière sur ses potes qui ne s'y étaient pas attendus. J'ai laissé tomber mon bouclier et je me suis approchée. J'ai lentement levé ma baguette jusqu'à ce qu'elle pointe son front. Et je l'ai fixé.

- Tu affirmes qu'on a pas de couilles. Alors reviens me redire ça après !

- No…

- Avada Kedavra !

Ils n'ont jamais eu le temps de terminer leur "non". Ils étaient morts bien avant. Et j'ai regardé leurs cadavres s'affaisser sans rien ressentir. J'étais vide de l'intérieur. J'avais même pas la satisfaction d'avoir fait ça.

D'un Levicorpus, je les ai amené avec moi. Et je les ai jetés sur ceux des leurs qui étaient encore en train de combattre. L'arrivée de trois cadavres au milieu des duels a eu l'effet escompté : ils se sont tous arrêtés. Ils ont regardé les corps avant de me fixer.

- Ça, c'était pour Marlène McKinnon, sa famille et Dorcas Meadowes. Ramenez donc mon petit cadeau à l'autre connard de Voldemort. Et dites lui que les poules mouillées n'attendent que le moment où se sera son tour. Partez ! Sinon, j'ai encore de quoi vous envoyer les rejoindre : on a besoin que d'une personne pour porter un message !

Après ça, ils se sont cassés. Ils ont eu peur. Après tout, je crois que c'est l'une des première fois qu'ils voient l'un des leur mourir. Les aurors ne les tuent pas, ils les emprisonnent. Et l'Ordre se contente de les mettre en fuite en général.

Il y a eu un long moment de silence après leur départ et j'ai fini par me tourner vers les membres de l'Ordre. Les frères Prewett me fixaient bizarrement et je leur ai envoyé un regard noir avant de me détourner. Andreas m'a tapoté l'épaule comme pour approuver ce que je venais de faire.

Je suis entrée dans la maison en m'annonçant pour ne pas me prendre un mauvais sort si jamais ils pensaient qu'un Mangemort avait réussi à passer. J'ai retrouvé toute la famille dans le salon. James semblait dormir sur le canapé et Lily marchait en tenant Mary dans ses bras, sa baguette à la main.

- Pourquoi James est – il en train de pioncer ? lui ai – je demandé.

- J'ai dû lui lancer un sort de sommeil pour l'empêcher de sortir, a expliqué Lily avec un sourire contrit. Qu'en est – il de la situation ?

- Ils sont partis et je pense qu'ils ne reviendront plus avant un moment.

- Pourquoi ?

- Je leur ai laissé un cadeau et un message à transmettre. Ils auront d'autres priorités dans les prochains temps.

J'ai refusé de lui en dire plus et après m'être assurée que tout le monde allait bien je suis ressortie pour dire aux autres qu'ils pouvaient s'en aller et que je resterais un peu plus longtemps au cas où.

- Enwthistle ? m'a interpellée Gideon alors que Fabian et Andreas s'éloignaient et que j'allais rentrer.

- Hum ?

- Je te dois des excuses, je crois. J'aurais pas dû…

- Laisse tomber Gideon, ai – je soupiré. Tu n'es pas le premier et tu ne seras sans doute pas le dernier. Du temps que tu ne recommences plus c'est bon.

- Je ne risque pas : tu as réussi à avoir trois Mangemorts toute seule et à faire fuir les autres.

- J'avais une vengeance à terminer. Ils nous ont pris des vies, on les leur a reprises. Point.

- Peut –être, mais bien joué quand même.

Il m'a lancé un sourire avant de transplaner à son tour. Je suis retournée à l'intérieur et j'ai fait le tour de mes runes et glyphes de protection. J'ai réécrit ceux qui avaient un peu souffert par les attaques et je pense que je vais rapidement réécrire sur la première ligne de défense qui a été brisée. Mais ça a extraordinairement bien résisté. Je suis assez fière de moi.

Dimanche 30 Août 1981 : maison

Je rentre tout juste de Salem. Aileen était impatiente d'y retourner alors je l'ai déjà emmenée ce matin. Nous sommes passées par la Witch House, qui n'était ouverte que pour les sorciers et sorcières se rendant à dans l'Institut. Le vieil homme était toujours présent.

- Bonjour Gardien, lui a dit Aileen. Aileen Eudora Enwthistle, troisième année. Nous voudrions nous rendre au dortoir des troisièmes années.

Le vieil homme a fouillé de ses mains tremblantes dans les papiers avant d'en sortir d'une page où un glyphe étrange était dessiné.

- Voici le glyphe qui conduit aux dortoirs de troisième année, a t –il trembloté.

- Merci Gardien.

Aileen a sorti sa baguette tout en me faisant signe de la suivre. Elle a ensuite étudié le glyphes attentivement avant de tapoter un côté d'une des Arches et d'écrire le glyphe dessus du bout de sa baguette. La lumière bleue au centre de l'Arche est brièvement devenue blanche avant de retrouver sa couleur d'origine.

- C'est fait ? ai – je demandé.

- Je viens de changer le point d'arrivée de cette arche, a t –elle indiqué en hochant la tête. Viens, dépêchons nous avant que quelqu'un d'autres ne le fasse de l'autre côté.

- Que se passe t –il s'il y a un changement pendant que tu la traverses ?

On s'est jetées dans la lumière bleue et une seconde plus tard on reprenait pied saines et sauves dans un petit hall. On s'est écartées de l'arche pour monter les escaliers pendant qu'Aileen me répondait :

- Ça dépend… Si tu as de la chance tu arrives à ta destination initiale. Sinon, tu peux aussi arriver à l'endroit où le sorcier était en train de modifier la destination. Ou alors tu arrives en plusieurs morceaux dans les deux endroits. Enfin, mais c'est plus rare parce que le trajet ne dure même pas une seconde, tu peux être perdue.

- Perdue ?

- Oui. On ne sait pas très bien si les gens disparaissent simplement où s'ils tombent à l'endroit voulu, mais dans le passé ou le futur. En tout cas, on ne les revoit jamais.

- C'est rassurant. Ça arrive souvent ?

- Pour le moment, il y a eu 5 Perdus depuis la mise en place des portails qui s'est faite de 1500 et quelques.

Bon, finalement, le chiffre est assez rassurant. Mais quand même. Je passerais dorénavant avec plus de prudence à travers ces Arches.

Le dortoir des 3ème années n'était pas du tout comme ceux des 2ème années. Ces derniers se trouvaient au bord de l'Océan, là, on était en périphérie de la ville. Et j'avais l'impression que c'était plus grand. On a été accueillies par une sorcière d'âge moyen qui s'est présentée comme Mrs Owen l'une des surveillantes.

- Aileen ! s'est exclamée une voix alors qu'on saluait la surveillante.

- Gaby !

C'était sa minuscule amie que j'avais déjà rencontrée en Juin dernier. Elles se sont étreintes comme si leurs vies en dépendaient avant que la plus petite nous tire vers le dortoir où elle avait gardé un lit pour sa meilleure amie.

- Regarde ! On voit l'écurie des hippogriffes à travers la fenêtre !

Intriguée, je me suis approchée en même temps que ma sœur pour voir un grand bâtiment entouré de prés clôturés. Ce qui est stupide étant donné que les hippogriffes volent et ne mangent pas d'herbe. Et il y en avait en effet plusieurs en train de marcher paisiblement.

- Waouh… a chuchoté Aileen.

- Pourquoi y a –il une écurie pour les hippogriffes ici ? me suis – je enquise.

Je n'avais jamais entendu parler d'une écurie de ce genre. Gabrielle a eu l'air étonnée de ma question.

- Salem a une équipe d'Hippo-ball, m'a t –elle expliquée sur le ton de l'évidence. Et donc il fallait de quoi accueillir les hippogriffes.

Aucune idée de ce qu'est l'hippo-ball, même si je crains de comprendre vu le nom. Mais j'ai préféré ne pas insister vu la mine choquée que la gamine a fait quand j'ai posé la question. J'aime pas passer pour une ignare surtout devant les amis de ma sœur qui n'ont que 12 ans cette année.

Bref, je suis partie peu après, non sans lui avoir répété une nouvelle fois d'être prudente et tout le blabla. Je m'inquiète toujours autant de la laisser. Mais je me dis que je reviendrais bientôt la voir…

Jeudi 3 Septembre 1981 : Clinique sorcière de l'hôpital Royal Hallamshire, Sheffield

Je me suis faite avoir par les Mangemorts. Qu'ils aillent pourrir en enfer. On était en train de se battre à quatre contre je ne sais combien d'entre eux lorsque j'ai été touchée. Je ne sais pas quel genre de sort c'était mais ça m'a dilacéré et broyé la jambe gauche. Je crois que je n'ai jamais eu aussi mal de ma vie. Et j'espère que c'était la dernière fois que je verrais mon tibia et mon fémur dépasser de ma peau

Ce qui nous a sauvé c'est l'arrivée des aurors avec Maugrey. Ils sont venus nous tirer de là pendant que je pissais le sang et pleurait de douleur. Je me suis agrippée à lui quand il s'est penché et je l'ai fixé droit dans les yeux :

- Pas Ste Mangouste, lui ai – je dit. Je ne veux pas aller à Ste Mangouste.

- T'iras nulle part tant que tu pisseras le sang comme ça Gamine. On peut pas te transporter dans cet état. Faudra peut –être amputer.

Ce salopard m'a rappelé par là le moment où la situation était inversée. C'était lui qui avait le jambe en compote et moi qui parlait d'amputation. Je l'ai regardé férocement même si les larmes dans mes yeux devaient faire tache. Et je me suis tournée vers ma jambe pour cesser l'hémorragie. Autant dire que ça a été désagréable et que ça allait compliquer le travail des Guérisseurs, mais pas question que je me fasse amputer. Le mot m'avait remis les idées en place et je savais que je n'étais pas suffisamment blessée pour qu'on en arrive là.

Il m'a ensuite transportée dans la clinique où il avait choisi de se faire transférer la dernière fois. Ça a été un peu confus après. Il y a eu de l'agitation et je me suis retrouvée endormie.

Quand je me suis réveillée, j'étais dans une chambre. Les premières choses qui me sont parvenues ont été trois voix qui discutaient au dessus de moi :

- C'est le grand-méchant-pas-beau qui l'a amenée, disait la première.

- Ils n'ont même pas eu besoin de couper, est intervenue la deuxième avec l'air extrêmement déçu.

- Te plaint pas, c'était quand même bien sanglant. On voit rarement des coupes pareilles chez les sorciers, a terminé la troisième voix.

- Oh ! Elle se réveille.

J'ai ouvert les yeux et je me suis retrouvée en face des trois esprits frappeurs que j'avais déjà vu une fois. Ils étaient à plat ventre dans les airs, le menton sur leurs bras croisés et me regardaient en tournoyant.

- Bonjour, leur ai – je dit.

- Tu as mal ? s'est immédiatement enquis l'un d'entre eux.

- Non.

- Oh… Les potions n'ont pas encore cessé de faire effet, a soupiré un deuxième déçu.

- On reviendra plus tard, a proposé le dernier.

Et ils s'en sont allés sans plus un regard pour moi. Apparemment je n'étais pas intéressante tant que je n'étais ni pleine de sang, ni enfoncée dans la douleur. Lentement, je me suis redressée et j'ai écarté le drap pour voir ma jambe. Je n'en ai pas vu grand-chose à part qu'elle était toujours attachée à mon corps. Elle était recouverte de bandage et quand j'ai essayé de la bouger je ne pouvais pas : j'étais immobilisée.

Un Guérisseur est arrivé quelques minutes après mon réveil et m'a souri.

- Bonjour Miss Entwhistle. Comment vous sentez vous ?

- Bien.

- Profitez en, ça ne va pas durer.

- Merci, je me sens tout de suite moins bien.

- On a réussi à réaligner vos os, mais il faut encore que vous suiviez une cure de poussos.

J'ai grimacé rien qu'à la mention. Je n'en avais jamais pris jusque là. Mais je sais que c'est dégueulasse et affreusement douloureux. Et pas question de le mélanger avec d'autres potions comme celles pour la douleur, sinon les effets s'estompent.

- Je retrouverais toute ma mobilité ?

- Oui, m'a t –il assuré. Vous garderez peut –être quelques cicatrices vu qu'on ne pouvait pas appliquer de baume anti-cicatrices sur vos plaies en plus des baumes de cicatrisation.

- J'en suis plus à ça près, ai – je soupiré.

- On a vu ça… Je repasserais dans une heure quand toutes les potions auront cessé de faire effet. Vous allez passer une mauvaise nuit Miss Entwhistle.

- Si c'est tout ce qu'il faut pour que je guérisse, je le supporterais.

- C'est bien. En attendant mon retour vous avez un visiteur. Vous voulez que je le fasse entrer ?

- Bien sûr.

Ce n'est pas Sirius qui est apparu dans l'encadrement de la porte, mais Gideon. J'ai haussé un sourcil interrogateur quand il est entré.

- Je suis juste venu te dire que la mission était un succès : les aurors les ont achevé. Heureusement que Maugrey s'est pointé. Ah, et Sirius te fait savoir qu'il passera après son service. Il n'a pas eu le droit de partir plus tôt.

- D'accord. Et les autres ? Personne n'a été blessé ?

- Quelques plaies et de la fatigue, rien de plus.

- C'est déjà ça de pris.

- Et toi ?

- Je guérirais entièrement.

- Tant mieux. Soigne toi bien et reviens vite nous prêter main forte.

Je lui ai adressé un signe de la tête pour lui confirmer que j'en avais l'intention et il est parti. Le temps que Sirius débarque, j'étais déjà en train de souffrir le martyr avec le Poussos.

Il m'a retrouvée pâle et souffrante et il a pensé que c'était plus grave que ce qu'en réalité. Il a fallu un moment pour qu'il se calme.

- Ce sort ressemblait à de la magie noire. Tu as eu de la chance de n'être touchée qu'à une jambe : ça t'aurait entièrement disloqué autrement.

- Charmant… Je n'ai pas eu de la chance : j'ai utilisé un bouclier qui a contenu le sort et l'a stoppé.

- Alors tu as agi à temps. Tu aurais pu y passer.

- Comme à chaque fois, Sirius. J'ai déjà vécu pire.

- Je sais.

Il a voulu rester la nuit, mais les Guérisseurs sont venus le jeter dehors disant que l'heure des visites était passée, et que je devais me reposer. Tu parles, ces salopard savent pertinemment que je ne vais pas fermer l'œil de la nuit. J'ai droit à un verre de Poussos toutes les 6 heures jusqu'à ce que je n'ai plus mal (ce qui signifiera que je suis guérie). Autrement dit, ça peut prendre très longtemps.

J'ai l'impression que ça ne s'arrêtera jamais. Qu'il y a des fourmis qui rampent sous ma peau et dans mes muscles pour arracher petit à petit des bouts d'os. Je vais essayer de méditer pour y échapper.

*Hôpital*

Pendant ma méditation, je suis allée rejoindre le loup. Il n'avait pas l'air très bien non plus et n'arrêtait pas de se mordiller la patte gauche. J'imagine qu'il sentait aussi ce que mon corps était en train de subir.

Samedi 5 Septembre 1981 : maison

Ils m'ont enfin laissée partir. Après plus d'une journée sous poussos, ils m'ont encore gardée en observation une nuit. Et quand j'ai vu l'état de ma jambe au moment de changer mes bandages je n'ai pu qu'approuver. Elle était encore pleine de plaies en cicatrisation et en gros c'était rien de plus qu'un bout de viande coupé de tous les côtés. Ils m'ont appliquée du baume de cicatrisation environs toutes les deux heures toute la nuit pour que ma jambe retrouve un aspect à peu près humain et j'ai pour mission de continuer toute la semaine prochaine.

Je marche avec une béquille pour ne pas trop m'appuyer sur mes nouveaux os et ne pas trop tirer sur les plaies qui sont à peine fermées. Mais je marche et presque sans douleur.

Puisque j'ai une semaine de repos plus ou moins forcé, je vais travailler pour la potion anti-loup et essayer d'approfondir un peu le côté théorique avant de recommencer la pratique. Ça m'occupera utilement.


Voilà déjà le 50ème chapitre de passé ! Les bonus arrivent bientôt et il y en aura un comme dans le tome 1. S'il y a des scènes que vous voulez voir d'un autre point de vue que celui de Crystall, c'est le moment de me commencer à me le signaler.

A suivre...