Helloooo

Chose promise : voici un nouveau chapitre avant Hésitation. Je tenais à vous remercier de votre patience et de vos gentils mots, ça me touche beaucoup. Je pars en vacance la semaine prochaine donc ne vous inquiétez pas si il n'y a pas d'autre postage pendant le mois de juillet. A vrai dire je me suis remise à écrire, mais l'histoire devient un peu plus "agitée" donc il me faut du temps pour bien écrire tout ça, et puis y'a plein de rebondissements qui n'arrêtent pas de surgir dans ma tête et...je raconte trop ma vie lol

Réponses à Poupette : Non Seth et Lexie n'ont rien fait encore mais dans quelques chapitres le thermomètre va monter.

La mort de Livia et les façon de la tuer ne sont qu'une théorie de Nessie. Livia était là à la demande de quelqu'un, mais qui, ça on le saura assez vite.

Paolo...Paolo...je ne t'en dis pas plus, mais lis ce chapitre qui parle un peu de lui. Et puis Poupette s'il n'y avait pas de trouble-fête l'histoire ne serait pas intéressante ! Un seul indice : rappelle toi que la mère de Lexie lui a donné un pendentif pour son anniversaire qui augmente le pouvoir de ses intuitions...(déjà là j'en ai trop dit).

Donc je vous laisse avec ce chapitre.

Enjoy


Chapitre 52

Secrets

POV Renesmée

Les semaines passèrent et même si je passais un week-end sur deux à la Push nous n'avions plus eu de visite de vampires récalcitrants. Alice regardait les décisions d'Aro et ne voyait rien de dangereux. Mais d'un autre coté Livia lui était inaccessible, si cela lui chantait de revenir m'harceler ma tante ne pouvait pas le prévoir. Cependant je ne pouvais pas vraiment être apeuré outre mesure, Emmett et Rose vivaient à quelques mètres de chez moi, mes grands-parents de l'autre coté de la ville et Jacob était souvent avec moi. Succombé à la peur serait comme mépriser les forces surnaturelles et protectrices autour de moi.

Mon esprit commençait donc à se calmer, j'avais fourré la menace dans un coin de ma tête. Je commençais à apprécier le nouveau rythme de ma vie ainsi que ma nouvelle relation avec Jacob. Être l'amie de Jacob était génial mais être sa petite amie était encore plus que génial. J'étais heureuse. Je ne m'ennuyais jamais avec lui, il arrivait à transformer n'importe quelle situation en séance de rigolade. Comme lorsque nous étions avachis dans le fauteuil devant la télé, qu'il coupait le son et que nous refaisions les dialogues en prenant des voix débiles. Ou bien quand il m'amenait manger une glace à Port Angeles et qu'elle finissait sur nos visages, et que nous nous léchouillions après. Tout était prétexte à rigoler avec lui. Je me sentais aussi légère qu'un ballon baudruche et chaque soir, après notre coup de fil journalier je m'endormais le sourire aux lèvres.

Seattle était une ville sympa, il y avait tellement à faire et...oh ils savaient faire du café ! J'étais devenu accro à la caféine. Long, noir, sucré : 5 min de bonheur. J'appréciais également la vie nocturne de la ville et quand je n'étais pas avec Jacob ou Lexie, Paolo se révélait être un compagnon...surprenant.

Derrière ses airs sauvages et bourrus, il avait de la répartie et un sens critique aiguisé. Nous ne passions pas une soirée ensemble sans refaire le monde. Mais j'étais surtout intrigué par sa personne, par ce qu'il dégageait. Dans son odeur résidait un élément très enivrant, une émanation capiteuse et hypnotique. J'imagine qu'à des narines simplement humaines son parfum apparaitrait juste attirant, mais mon odorat hybride ne pouvait pas s'empêcher d'être constamment titillé quand il s'approchait de moi. A chaque coup de vent, son arôme si particulier emplissait mes narines et me montait au cerveau. C'était étrange, car il ne sentait pas bon dans le sens comestible du terme mais son parfum était entêtant, presque ensorcelant. Je n'arrivais pas à me l'expliquer, je n'avais jamais rencontré un humain dont l'odeur me faisait autant d'effet.

C'était un peu comparable à l'effet que Jasper avait sur les gens ; cette influence irrésistible.

La comparaison m'interpella car j'avais beau adorer mon oncle, il fallait admettre que son pouvoir était pour le moins manipulateur. Il ne serait pas végétarien qu'il l'utiliserait sans doute d'une toute autre manière et à d'autres fins. Ce qui me poussa à me poser cette question : Devais-je me méfier de Paolo ?

Lexie semblait le penser : « y'a écrit problème sur son front » m'avait t-elle dit un jour.

Mais moi je ne voyais rien d'autre qu'un garçon solitaire et un peu renfrogné.

De plus j'étais un des seules personnes avec qui il parlait sans paraître ennuyé. Nous avions de réelles conversations alors qu'il se contentait de répondre avec un minimum de mots aux autres personnes.

Un soir que nous revenions du cinéma, et après avoir disséquer le film d'auteur que nous venions de voir (l'histoire d'un artiste misogyne dans le creux de la vague qui se faisait séquestrer par une féministe bipolaire) j'essayais d'en savoir un peu plus sur sa vie. Jusqu'à présent il avait toujours été évasif ou incohérent, mais je sentais qu'il y avait beaucoup plus que ce qu'il montrait.

-Je ne veux pas être trop indiscrète mais ça te dérangerait de me parler de ton ex ?

-Pourquoi ? Que veux-tu savoir ? Demanda t-il sur un ton défensif et suspicieux.

-Tu réagis toujours bizarrement quand elle est évoquée lui fis-je remarquer.

Un silence prit place. Nous marchions le long de la jetée. Il s'approcha du bord et s'accouda sur la clôture. L'eau miroitait les lumières des grattes ciels et des panneaux publicitaires, lumières qui se reflétaient à leurs tour sur le visage de Paolo, lui donnant un air irréel.

Il fixa l'eau et son regard sembla se perdre dans le liquide sombre. Alors que je le dévisageais j'eus l'impression que ses yeux, son expression s'accordaient avec l'obscurité de l'eau. Il inspira longuement comme pour se calmer :

-C'est parce que ça fait toujours mal me révéla t-il au bout d'un moment.

-Que s'est-il passé ?

-Elle s'est faite tuer répondit-il à voix basse.

Je compris maintenant pourquoi il avait cette attitude bizarre, il était en deuil.

« Je suis navré » dis-je en posant ma main sur mon bras. Il regarda ma main avant de lever ses yeux vers moi. Un fantôme de sourire passa sur son visage maussade. J'essayais de pousser plus loin : « Comment ? Par qui ? »

-Un monstre lâcha t-il en serrant la mâchoire.

S'en souvenir lui faisait clairement mal.

-Je suis désolé de te faire repenser à tout ça, on peut changer de sujet si tu veux.

-Ce n'est pas toi soupira t-il tristement : j'y pense tout le temps. Chaque fois que je vais me coucher, que je me lève. Je n'arrive même plus à penser au futur. Tout ce que je veux c'est qu'elle revienne. Mais ça ne sera jamais le cas...et c'est cette réalité, ce manque qui me ronge, qui me tue.

Sa peine m'émeut et j'eus soudain un élan consolateur envers lui. Je le pris dans mes bras. Je ne supportais pas de voir quelqu'un triste à coté de moi. De plus il venait de m'ouvrir son cœur, je ne pouvais pas le laisser là sans rien faire.

-Je n'ai pas la prétention de dire que je comprends ce que tu vis mais je sais que si je perdais la personne que j'aime, je deviendrai folle.

-Des fois je pense que je deviens fous tu sais...murmura t-il dans mes cheveux : je me dis que ça ne sert à rien de vivre.

-Si bien sûr Paolo m'exclamais-je en l'écartant et vrillant mes yeux dans les siens : Tu sais ce qu'on dit tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir.

Il poussa un petit rire moqueur :

-C'est nul Ness, j'aurais pensé que tu m'aurais dit quelque chose de beaucoup plus censé renifla t-il.

-Tu es en vie et tu portes son souvenir, c'est comme si elle vivait à travers toi dans un sens.

Il poussa un rire fatigué :

-Il faut que tu arrêtes de regarder le roi Lion, ça te fait délirer !

« Je n'ai que son souvenir soupira t-il après un moment comme s'il adhérait finalement à mes dires : mais crois moi, je la vengerais »

Il s'accouda à nouveau sur la clôture et fixa l'eau : « Je pense que la mort a ses avantages » dit-il d'un air serein et rêveur. On aurait cru qu'il déclamait de la poésie.

-Lesquels ?

-Tu ne ressens plus rien, tu es déchargé de tes soucis et préoccupations, tu es libre. Il n'y a rien de plus heureux qu'un cadavre.

Je fronçais les sourcils. Tout dépendait de quel sorte de cadavre il était question. Les bien portant comme ma famille ou les vrais comme le commun des mortels ? J'imagine que je penserais la même chose que Paolo si Jacob venait à disparaître...Je comprenais sa peine, mais je devais être la personne qui le remonte vers le haut et pas celle qui l'accompagne vers le bas.

-Ce n'est pas la solution lui dis-je avec compassion.

-Si, ça l'est. Ça et la vengeance rétorqua t-il d'un air calme mais féroce.

-Et comment veux-tu la venger si tu meurs ? Répliquais-je les yeux ronds.

Un sourire flotta sur ses lèvres :

-J'ai un plan.

-Lequel ?

La notion « complicité de meurtre » flotta dans ma tête après avoir posé à voix haute ma question.

-Quoi ? Tu veux m'aider à mettre en œuvre ma vengeance ?

-Si je peux éviter ta mort !

-Tu n'as aucune idée de ce que tu es en train de dire souffla t-il en secouant la tête et me donnant un air condescendant.

-Ouais peut-être dis-je en faisant une moue. « Tu sais qui c'est, celui qui l'a tué ? »

-Oui.

-Tu l'as vu ? Il n'a pas été arrêté ?

-Non il court toujours, il est en liberté. Il vit tranquillement, pendant que moi je souffre.

-Tu sais où il est ?

-Pas très loin d'ici j'imagine, j'essaie d'avoir le plus d'information possible.

-Il n'y a pas eu d'enquête policière ? M'étonnais-je.

-Non. Ils ne servent à rien répondit-il agacé.

-Ne dis pas ça, mon grand-père est policier.

-Et ? Rétorqua t-il en haussant un sourcil goguenard : En quoi ça a changé ma vie ? La police ne sert à rien.

-Tu ne va pas te tuer ou faire un truc insensé ? Lui demandais-je vraiment soucieuse alors qu'il me raccompagnait à ma voiture.

-ça te ferait de la peine ?

-Bien sur t'es malade ou quoi ? M'exclamais-je.

-C'est gentil dit-il avec un sourire : Mais ne t'inquiète pas pour moi, j'ai l'habitude d'être seul avec mon chagrin.

-Tu n'as pas à l'être. Écoute si tu te sens mal ou si tu as des idées noires tu peux m'appeler ou passer à la maison proposais-je sans vraiment réfléchir.

-Ta coloc ne m'aime pas soupira t-il en secouant la tête, ses boucles noires bougeant délicatement sur son front.

-Tu n'es pas obligé de lui parler ou de la croiser.

Moi-même je préférais éviter que ces deux là se rencontrent, à chaque fois c'était aussi irritant et effrayant que de regarder des chats défendre leur territoire. Leur détestation mutuel passait par les yeux mais on s'étonnait à chaque fois de ne pas entendre de feulements et de voir des poils hérissés.

Il haussa les épaules : « Ok si tu veux. »

-T'es vraiment une fille en or ajouta t-il.

-Oui c'est ce qu'on dit plaisantais-je en m'engouffrant dans ma voiture.

-Hé m'interpella t-il alors que je démarrais : je ne me suis jamais autant ouvert à quiconque, j'espère que tu garderas ce que je t'ai confié.

-Bien sûr je le garderais pour moi.

-Je ne tiens vraiment pas à ce que quelqu'un d'autre soit au courant de tout ce que je t'ai dit insista t-il.

J'hochais la tête le rassurant quand à mon secret : « Ne t'inquiète pas, je te promet de ne rien dire à personne. »

En chemin vers la maison, un désagréable sentiment me parcourut. Je n'arrivais pas à déterminer si cela venait de sa révélation de vengeance ou bien de l'effet de sa présence sur moi ou encore de son flirt avec l'idée de la mort. Je secouais la tête : c'était un grand garçon, je ne devais pas autant m'inquiéter pour lui. C'était bien mon défaut, à force de fouiller et fourrer mon nez partout, je soulevais des saletés. J'espérais que Paolo n'en était pas une.

POV Jacob

-Salut Jacob !

Lexie descendait avec fluidité les escaliers : « Qu'est ce que tu fais là ? Nessie est partie. »

-Où ?

-Un vernissage.

Ah, sans doute était-ce la raison pour laquelle elle ne m'avait rien dit. Elle savait que ce genre de soirée n'était pas mon truc. Des gens prétentieux dissertant autour d'une toile où des fientes de pigeons colorées s'étalaient. De l'art..mouais.

-Je vais l'attendre.

-Ok. T'as faim ? Tu veux grailler un truc ?

-T'embête pas.

-Je vais me faire un sandwich de toute façon, griller 4 tranches de pain supplémentaires ne vont pas me fouler le poignet.

-Dans ce cas ! Mais pas grillé s'il te plait.

-Ok, chef dit-elle en souriant. Elle disposa les ingrédients devant elle sur le plan de travail et commença à préparer les sandwich les plus garni que je n'avais jamais vu une fille faire.

-T'as pas de problème de poids à ce que je vois.

-Toi non plus rétorqua t-elle.

-Non, les elfes et les loups obèses ça n'existe pas.

-Peut-être dans le monde de Shrek...

-Ouais Shrek-land est la version supra-calorique du conte de fée.

Elle poussa un petit rire jaune :

-Au moins je n'ai pas besoin de faire mon coming-out, avec votre habilité à lire dans les pensées, tous les loups sont au courant pour moi.

-Ouais dis-je un peu désolé, c'est pas la bonne bande de potes si tu veux garder un secret.

-ça doit être vraiment désagréable, je veux dire, y'a des choses que je n'ai pas envie que vous sachiez du style...quand je suis avec Seth.

-Je sais. Mais c'est pareil pour tous le monde.

Elle haussa les sourcils en soupirant : « ça ne me console pas. »

-ça devrait, dans un sens. Aucun mec n'aime que sa copine soit vu nue par d'autres gars, même si ce sont ses frères, surtout si se sont ses frères plaisantais-je.

-C'est dégoutant Jake...dit-elle en faisant un sourire gêné. Elle devint plus rouge qu'une tomate. Y'avait pas de quoi. Sérieusement. Seth dans ses périodes les plus rock and roll m'avait envahi d'images beaucoup plus dérangeantes que celles qui berçaient son esprit maintenant. Dans un sens depuis qu'il était avec elle il avait retrouvé une certaine innocence. L'imprégnation était la meilleure chose qui aurait pu lui arriver, son coté rock star commençait à m'agacer. Lexie était arrivé dans sa vie au bon moment.

-Oh ! T'as qu'à te dire que c'est la version masculine de vos bavardages sur nous, on est beaucoup plus visuel que vous donc c'est parfait ! La taquinais-je.

Elle me jeta un cornichon à la figure. Il atterrit dans ma bouche.

-C'est malpoli de jeter la nourriture aux gens m'exclamais-je en croquant le légume.

-C'est malpoli de mater les copines de ses potes !

-C'est pas de notre faute !

-C'était pas de ma faute, le cornichon est parti tout seul !

-Sérieusement, te prends pas la tête, on est habitué, regarde nous : on se voit à poil tout le temps.

Elle me donna un regard incrédule, levant les sourcils et retenant un rire :

-Tu va me dire que vous êtes tellement exposé à la nudité que voir une fille nue ne vous fait rien du tout ?

-A vrai dire, on ne voit pas les autres filles lui révélais-je.

A nouveau son sourcil incrédule s'arqua.

-Nos yeux les voient expliquais-je : mais y'a pas l'info qui monte au cerveau, les autres sont aussi insignifiantes que des plantes vertes.

Un petit sourire en coin glissa sur ses lèvres. Elle posa le sandwich devant moi. Je me tâtais à lui poser une question très personnelle.

-Quoi ? Demanda t-elle voyant mon hésitation.

-Non, c'est vraiment super indiscret et c'est pas mes affaires.

Elle fronça les sourcils, sourit :

-Je serais curieuse de savoir ce que tu voudrais savoir que tu ne sais pas déjà.

-Le fait qu'on soit dans la tête les uns des autres...c'est à cause de ça que toi et Seth vous n'avez pas...?

Elle me regarda avec des yeux ronds, rougit, baissa la tête :

-Euh non...répondit-elle en se reprenant : non, même si en effet c'est pas très...euh...encourageant, de se dire que tu peux devenir la star d'un peep show.

-Tu sais je plaisantais plus tôt, on a quand même un certain sens de respect de la vie privée. C'est pas comme si on se drapait dans les pensées des autres quand par mégarde ils laissent échapper une vision..inappropriée. On est sous forme lupine quand on patrouille ou lorsqu'on se bat donc on est concentré sur autre chose.

Elle me sourit timidement en hochant la tête et accrochant une mèche de cheveux derrière son oreille.

-Alors demandais-je la bouche pleine, changeant de sujet : comment ça va dans le monde des fées ?

-Bien dit-elle en haussant les épaules comme si elle voulait éviter le sujet.

-J'ai dit un truc qu'il fallait pas ?

-Non, non, c'est juste que je commence un peu à paniquer, je n'ai pas vu mes paternels depuis un moment.

-Tu ne dois pas juste trouver une clairière ou un truc comme ça ?

Un rapide sourire plissa ses lèvres :

-Votre télépathie est comme un téléphone arabe. Non ce n'est pas la clairière qui importe c'est la végétation, les champignons au sol. Je n'ai plus le temps d'en chercher et les rares fois où cela m'arrive je ne trouve rien.

-Tu va en retrouver, j'en suis sur.

-J'espère mais en attendant j'ai l'impression de perdre un petit peu de moi, comme si je n'arrivais plus à me connecter à une partie de mon identité.

-Tu restes médium.

-ça ! S'exclama t-elle avec dépit : je n'ai rien vu de surnaturel depuis un bon moment, pas que ça me déplaise tant que ça, mais quand même.

Nous continuâmes de bavarder en mangeant nos sandwichs. J'aimais bien parler avec Lexie, elle me rappelait par moment moi quand j'avais commencé à morpher, quand j'avais compris que ce changement ferait parti intégrale de ma vie et que je devais apprendre à l'accepter, vivre avec et pourquoi pas en trouver des avantages. Et puis c'était dur de ne pas l'apprécier, la voir constamment dans l'esprit énamouré de Seth facilitait la tâche. Au début je croyais qu'il délirait quand à chaque fois qu'il pensait à elle, il l'a voyait auréolé d'une lumière diffuse genre...ouais bon...genre l'elfe du Seigneur des Anneaux. Maintenant je comprenais, il ne se droguait pas.

Finalement Nessie arriva.

Elle fut surprise de me voir, pas aussi surprise que je l'aurais aimé néanmoins :

-Qu'est ce que tu fais là ? Me demanda t-elle.

-Je suis venu te voir.

-Tu ne m'a pas dit que tu passais ce soir.

-Je ne pensais pas que je devais prendre rendez-vous avec ma copine pour la voir rétorquais-je.

Elle leva les yeux au ciel et sourit : « Bien sur que non ! » Elle ouvrit les bras et les serra autour de mon cou.

-Tu étais ou ? Lui demandais-je.

-A un vernissage, je ne t'en ai pas parlé connaissant ton amour pour l'art contemporain.

-C'était bien ?

-Ouais fit-elle en haussant les épaules : intéressant.

-N'empêche ça doit être encore plus nul de le voir seul.

-Je n'étais seule dit-elle en se dégageant de mon étreinte.

-Tu as trouvé un compagnon qui trouve fascinant les fientes de pigeons ?

-Il m'en fallait bien un puisque mon copain est complètement hermétique à l'art.

-Je ne suis pas hermétique, c'est juste que ces trucs me passent complètement au dessus de la tête. C'est qui ? Ce compagnon ?

-Un ami, il s'appelle Paolo.

Lexie leva les yeux au ciel de manière agacée et sortit de la cuisine. Nessie l'a regarda partir d'un air tout aussi agacé mais teinté d'ennui.

-Paolo ? C'est quoi ce nom ? Demandais-je en grimaçant.

-C'est la version italienne de Paul répondit-elle d'un ton un peu condescendant.

-Comment se fait-il que je n'ai jamais entendu parler de lui ?

Elle haussa de nouveau les épaules : « je n'ai jamais eu l'occasion de t'en parler. »

-Vraiment ? Tu me racontes tes journées en long et en large mais tu n'as jamais l'occasion de me parler d'un mec que tu considères comme un ami ?

Mon ton avait été sans doute beaucoup plus suspicieux qu'il aurait du l'être. Je lui faisais confiance, je n'avais jamais eu l'occasion de douter d'elle, justement car elle me disait tout. Cette soirée était sans doute anodine mais je n'aimais pas la savoir avec un inconnu.

-Arrête Jacob râla t-elle en posant sa main sur sa hanche.

-Que j'arrête quoi ?

-Ça. Je suis désolé de ne pas t'en avoir parlé mais c'est juste un gars avec qui j'ai des cours en commun.

-Et il aime bien l'art.

-Oui, ce n'est pas un crime.

-Non, le crime c'est le parfum abominable qu'il porte.

-Tu exagères Jake s'emporta t-elle : tu ne le connais pas, pourquoi tu dis des trucs comme ça !

Son envolée me prit au dépourvu, on aurait dit que je l'avais blessé :

-Je n'ai rien dit d'offensant ! M'exclamais-je en tentant d'apaiser l'atmosphère : Il doit juste changer d'eau de Cologne et éviter de te serrer contre lui !

-Pfff fit-elle dépitée en quittant la cuisine.

Je la suivis du regard les yeux ronds : Ok, j'avais dû louper un épisode, avec de sacrés rebondissements. Pourquoi avait-elle pris la mouche ainsi ? Enfin j'veux dire c'est vrai le gars empestait aussi fort qu'une pharmacie qui aurait explosé. Je n'aimais pas quand Nessie sentait autre chose que son odeur si particulière et agréable.

Je la retrouvais dans sa chambre. Ses bottes noires étaient déjà au sol et sa petite veste brillante jetée sur le lit.

-Je suis désolé Nessie, je ne voulais pas t'énerver m'excusais-je.

Elle me tournait dos, enlevait ses bijoux. Tous sauf mon bracelet qu'elle ne quittait jamais. Elle partit ensuite dans sa salle de bain tandis que je m'asseyais au bord de son lit, et en ressortit avec un shorty à la place de son jean :

-C'est rien mais je n'aime pas quand les gens parlent sans savoir soupira t-elle.

-Ok. Qu'est ce que je dois savoir ? Demandais-je en l'attrapant doucement par le poignet.

-Rien Jacob répondit-elle en posant ses mains sur mes épaules.

-Tu me dis tout d'habitude, on n'a pas de secrets dis-je en caressant ses cuisses.

Elle me toisa de ses grands yeux perçants :

-Tu me fais confiance ?

-Bien sûr.

-Bon sujet clos alors déclara t-elle. Elle repartit dans la salle de bain et en ressortit quelques minutes après totalement en pyjama et avec une brosse à la main.

Elle me l'a tendit : « Tu restes jusqu'à ce que je m'endormes ? »

Son sourire était revenu.

-Bien sur dis-je en prenant la brosse à cheveux : « Pourquoi je suis venu ! »

Elle se coucha et je m'assis à coté d'elle, lui brossant ses cheveux.

-Tes boucles me manquent murmurais-je au bout d'un moment.

-Ça repousse les cheveux.

-Les tiens repoussent plus vite non ? Remarquais-je. Sa coiffure n'avait pas changé depuis la rentrée.

Elle ne répondit pas. Je me penchais vers elle. Ses yeux étaient grands ouverts :

-En effet dit-elle d'un voix soudain peu assurée.

-C'est normal ?

Elle se releva rapidement et fila dans la salle de bain. Je la retrouvais devant le miroir. Elle examinait ses cheveux d'un air perplexe. Un pli s'était formé entre ses sourcils :

-Je comprends pas.

-Tu devrais sans doute aller voir Carlisle lui suggérais-je.

-Ouais..t'a raison marmonna t-elle sans quitter des yeux son reflet.

-Allez viens te coucher.

Nous revînmes dans le lit mais je voyais qu'elle n'était pas tranquille, le ralentissement de sa repousse de cheveux la dérangeait. Elle s'endormit néanmoins au bout d'un quart d'heure. Je restais un moment à la dévisager. Le pli entre ses yeux ne s'était pas défroissé.


Bonne vacances et à la prochaine