Chapitre 218: Envolé !

Ces deux personnes entrèrent dans la pièce et ils y passèrent un certain temps. Mon cœur battait à tout rompre. Pourvu qu'ils ne tombent pas sur Louis !

Au bout d'un quart d'heure, n'y tenant plus, je failli succomber à la tentation de pousser la porte de la réserve. Pourtant, j'y résistai. Puisque aucun cri n'avait retentit, c'est que mon assistant blond avait eu le temps de se cacher. Me montrer n'aurait fait qu'aggraver les choses.

Les deux personnes ressortirent, bredouilles. Louis n'avait pas été découvert.

- L'évangile hérétique est toujours à sa place, constata la dame en refermant la porte à clé. Personne n'est entré dans cette pièce.

- Mais le registre ? demanda fébrilement le préposé. Il n'est pas là !

- Un membre de la section l'a peut-être rangé ailleurs... émit la conservatrice comme hypothèse. C'est Simpson et Trevor qui s'en sont occupés. Je leur demanderai, dès qu'ils arriveront... S'ils arrivent, parce que vu l'épaisseur de la couche de neige...

- Sauf votre respect, madame, j'aimerais que vous placiez une personne de garde devant la porte, pour être sûr qu'on n'y entre pas... L'homme n'a peut-être pas encore accomplit son forfait...

- Il a mentionné le nom du professeur Stanford, m'avez-vous dit...

- Oui, madame la conservatrice. Vous le connaissez ?

- Oui, de nom et de réputation. Nous avons des thèses écrites par lui, dans la section « Histoire » et « Archéologie », mais je ne sais pas s'il a déjà emprunté des livres chez nous.

Elle réfléchit un instant :

- Oui, il est déjà venu chez nous, dans le cadre de ses cours. Pour consulter le code civil, aussi. Mais je vais suivre votre idée, Barney, et faire garder la porte, on ne sait jamais. Ces chercheurs sont parfois prêts à tout pour consulter des ouvrages.

La conservatrice soupira et appela un autre homme qui passait dans les parages.

- Phillips ? Veuillez rester devant cette porte ! La clé de monsieur Barney a disparu et il suspecte l'un de nos rares clients de vouloir y entrer en cachette. Pour le reste, nous devrons attendre que l'homme à tout faire vienne, pour faire les réparations qui s'imposent...

On était fichu ! Jamais Louis ne pourrait sortir de ce piège. Pourquoi avais-je donné l'aval à un plan aussi foireux, moi ? La situation m'avait échappé...

L'autre employé était devant la porte, droit comme un « i » et il prenait sa mission très au sérieux. Que faire ?

- On y va ? fit soudain la voix de Louis dans mon dos. Il nous reste beaucoup de choses à faire !

Je me retournai et fut surpris de me trouver avec le petit, tout souriant, près de moi.

- Co... Co... Comment es-tu sortit ? demandai-je, tellement estomaqué que j'en bégayais. Tu n'es pas sorti avant qu'ils entrent, j'ai surveillé la porte. Et ensuite, toute sortie était impossible.

- J'ai eu chaud... me confia-t-il. Mais j'ai négocié mon affaire comme un chef ! On devrait rendre la clé discrètement et filer...

- Et le registre ? demandai-je fébrilement.

- Envolé ! me répondit-il en haussant les épaules.

- Comment ça, envolé ? Il n'était pas dans la pièce ?

- Si, mais il s'est envolé maintenant, me dit-il malicieusement.

- Louis, d'habitude, c'est moi qui fais ce genre de réponses sibyllines à Watson, et cela l'énerve.

- Siby... Quoi ? fit-il en me regardant. Parle avec des mots que je comprends.

- Louis, explique-moi où se trouve le registre !

- Envolé, je te dis, me répondit-il énigmatique. Tu...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, que des cris résonnèrent dans le couloir.

- Les voilà ! vociféra le gardien en marchant vers nous à grandes enjambées, ne me laissant pas le temps d'élucider ce mystère. C'est lui qui voulait consulter le registre ! Et ce dernier a disparu.

Il me ceintura de manière indélicate et me poussa vers son comptoir où se trouvaient deux policiers, tout en faisant marcher Louis devant lui, sa main lui tenant le col de la veste en mouton.

« Saint Lestrade, priez pour nous ! » murmurai-je entre mes dents.

- Hé ! cria Louis. Lâchez-nous ! Vous n'avez pas le droit ! C'est une... une... une... arrestation arbitraire ! Vous n'avez pas de preuves de ce dont vous nous accusez !

Mon avocat de sept ans avait déjà acquis les bases de la défense. Son parrain avait dû lui expliquer les grandes lignes de son métier.

- Je parie que c'est lui qui a volé le registre ! vociféra le dénommé Barney. Fouillez-les, tous les deux !

Misère ! Je n'avais pas le registre sur moi, mais Louis devait avoir, soit les feuilles, soit le livre en entier, dans sa besace.

- Rien sur le père, fit un des policiers que je ne connaissais pas.

Il avait même palpé ma veste, mon manteau et ma cape pour s'assurer que rien n'était caché dans la doublure. Lestrade aurait été fier de lui.

- Rien dans le manteau de son gamin, poursuivi l'autre. Rien de caché dans les doublures. Et dans sa besace... Des livres !

Il nous montra ensuite une pochette en cuir souple, et Barney se rua dessus pour en sortir un livre...

- « Pirate of the caribbean » ? dit-il étonné, sous le regard assassin de Louis.

- Rend-moi mon livre, fit Louis, menaçant. Touche pas à ça, non plus !

Il leva les bras pour récupérer ses affaires, mais le préposé leva le sien plus haut, le contraignant à sautiller.

- Et ça ? fit Barney, soupçonneux. Un carnet de croquis... (Il feuilleta toutes les pages pour vérifier). Non, rien que des dessins de chevaux et de paysages...

- J'te dis d'me donner mes affaires ! lui répéta Louis, fort mécontent, récupérant du même coup son langage moins châtié, datant de l'époque où il courait les campagnes.

- Oh ! s'exclama Barney tout heureux. Un carnet de notes ! (Il vérifia aussi). Non, juste des notes...

- Lâche ça, j'te dis ! s'énerva l'enfant, écrasant le pied du préposé qui cria de douleur.

- Monsieur Barney ! fit la voix de la conservatrice dans notre dos. Que signifie ?

Son employé baissa la tête pendant que Louis, rageur, remisait ses affaires dans sa besace. Ses yeux bleus fusillaient le préposé et les policiers.

- T'as pas le droit de toucher à mes affaires, grogna Louis. T'auras de mes nouvelles.

- Cet homme nous accuse d'avoir volé un registre... fis-je avec désinvolture. Il nous a même fouillé, sans raison aucune... N'ayant rien trouvé, je suppose qu'il va nous présenter des excuses...

L'employé reçu ma flèche en plein dans la poitrine et il se recroquevilla encore plus.

- Barney ! fit la femme, indignée. Mais enfin...

- J'ai pensé qu'il avait volé ma clé et ensuite le registre... (Il eut un sursaut). Mais il a peut-être eu le temps de le cacher ailleurs.

- Je ne resterai pas une minute de plus dans cette bibliothèque ! fit soudain Louis en me regardant droit dans les yeux. Déjà que je me suis fait agresser par des voyous, ici, que vous avez été incapable de me défendre, ensuite on se fait accuser de vol... On retourne à la maison.

- Qui me dit que vous n'avez pas volé ma clé ? fit le préposé, en essayant encore une fois d'obtenir gain de cause.

- Il suffit de regarder, non ? lui répliqua Louis.

- J'ai déjà regardé par terre, petit insolent !

- Laissez ces personnes s'en aller, Barney, ordonna la conservatrice. Vous en avez fait assez ! Je vous présente mes excuses pour le comportement, un peu trop zélé, de mon employé.

- Ouais, murmurai-je en tournant les talons. Ne comptez pas sur nous pour faire un don à la bibliothèque !

Barney enfonça ses poings au fond de ses poches, eut l'air ébahi, et sa main gauche ressortit avec... Sa clé !

- Mais... fit-il en louchant dessus. Par quel miracle ?

Moi, je poussai discrètement Louis vers la sortie, pour mettre le plus de distance entre eux et nous.

La voix de la conservatrice résonna dans le hall. Pourvu que Barney n'ait pas d'ennuis. Il avait raison sur toute la ligne, cet homme...

Nous montâmes en vitesse sur les chevaux – Wiggins ne s'y trouvait plus, trop dangereux après ce qu'il s'était passé – et nous nous éloignâmes de la bibliothèque, du plus vite que les chevaux le pouvaient.

- Bonhomme, il va falloir me donner des explications ! fis-je ne me tournant vers lui. Où se trouve ce registre ? Tu ne le portes pas sur toi, il n'est plus dans la réserve... L'as-tu vu au moins ?

- Oh que oui ! me dit-il en ricanant dans sa main. Et c'est nous qui le possédons, en plus. Tourne à droite ! Si, tu comprendras.

- As-tu l'intention de jouer, comme je le fais avec Watson ? m'enquis-je.

- Non... Le livre est à nous et il s'est envolé de chez eux...

- Comment ? Tu as ouvert la fenêtre et tu l'as lancé dans la rue ?

- Non, j'avais mis au point un plan, avec Wiggins, lorsque je suis sortit pour aller chercher ta fameuse liste. Je voulais pas sortir avec le livre ou avec les feuilles sur moi. Trop dangereux. On vient de le constater avec la fouille. Wiggins connaissait bien les bâtiments de la bibliothèque et surtout les toits... Je lui ai expliqué où se trouvait la réserve, avec les livres interdits, lui ai parlé de la fenêtre et du fait que l'on pourrait sortir le registre par là, à condition qu'il soit sur le toit. Il a réfléchit à la position exacte de la fenêtre et au moyen d'y parvenir. Ensuite, on a décidé qu'ils montraient à quatre, sur le toit de la bibliothèque, avec la corde, et que j'y attacherais donc le livre, pour le faire passer par les airs. Ainsi, même surpris, j'étais innocent. Mais l'arrivée des deux autres à tout fichu en l'air. La fenêtre était déjà ouverte, lorsque j'ai entendu leurs voix. Alors, j'ai mis le livre dans ma besace, attaché la corde à ma ceinture, que j'ai accrochée en dessous de mes bras – sous toutes mes couches de vêtements – j'ai refait deux tours autour de ma taille, avec la corde, pour plus de sécurité, et les autres m'ont soulevé dans les airs...

- QUOI ? m'étranglai-je en pensant aux milles accidents qui auraient pu arriver.

- En fait, j'ai grimpé sur la façade. Comme un singe ! Je n'ai pas oublié de fermer le battant de la fenêtre, pour qu'ils pensent à un oubli d'un employé... C'est Wiggins qui a le livre. Une fois arrivé sur le toit, qui n'est pas très haut, je te rassure, puisque nous étions au rez-de-chaussée, plus les dix marches de l'entrée, et qu'il n'y a rien au-dessus de la réserve, je lui ai confié le registre et nous sommes redescendu. Profitant que le comptoir à l'accueil était désert, je suis rentré, comme si je n'étais jamais sorti.

Je restai sans voix, bluffé que j'étais par son plan mit au point avec d'autres enfants.

- Et si les autres avaient lâché la corde sans le faire exprès ?

- Wiggins est débrouillard, lui aussi ! rigola-t-il. Il y a un mât sur le toit, pour faire flotter un drapeau. Quant il a su qu'il devrait me tracter, il a tourné deux fois la corde autour du mât, ce qui leur donnait plus de force et l'impossibilité pour la corde de leur échapper facilement des mains !

Tiens, la même technique que l'assassin avait dû utiliser pour soulever, seul, le crucifié.

- Tu as pris beaucoup de risques, le grondai-je, tout en étant fier de sa tactique. J'ai frôlé la crise cardiaque quand je les ai vu entrer dans la réserve. Encore plus, avec le garde devant.

- J'ai bien accompli ma mission ? me demanda-t-il tout en guettant mon approbation.

- Oui, j'ai oublié de te féliciter... Bravo, tu avais un bon plan !

- Oh ! s'exclama-t-il soudain avec un sourire hilare. Quand je raconterai cette histoire à Hélène, elle sera fière de moi !

- Heu... Il vaudrait mieux ne rien lui dire... Tu as pris des risques !

- Oui, mais je veux qu'elle soit fière de moi !

- Pas besoin, elle l'est déjà...

Louis me demanda de tourner à gauche et nous retrouvâmes Wiggins, ainsi que le registre, et je donnai l'argent aux jeunes gamins qui avaient fait semblant d'agresser Louis à coup de boules de neige, ainsi que ceux qui avaient fait diversion dans la rue.

Wiggins fit un salut militaire à Louis, les yeux pétillants.

- Louis, t'es un chef ! Tu mérites le grade de colonel. M'sieur Holmes, votre nouvel assistant est au point !

- Oncle John est viré ! exulta Louis.

Nous quittâmes les enfants et les trois Irréguliers, qui retournèrent à la mission que je leur avais confiée. Wiggins m'avait expliqué que deux membres de sa troupe l'avaient retrouvé, lorsqu'il nous attendait sur le cheval, pour lui demander des ordres, car toutes les boutiques étaient encore fermées. Louis en avait profité pour les engager à mettre la bibliothèque sens dessus dessous, faire diversion ensuite pendant que les autres montaient sur le toit.

- Tu ne regardes pas le registre ? me demanda Louis, tandis que nous chevauchions dans les ruelles encombrées de neige.

- Si, mais on va aller s'asseoir dans un endroit tranquille et boire une boisson chaude !

Un peu plus loin, il y avait un établissement nommé « The White Horse » et à cette heure de la journée, il était fréquentable.

- N'oublie pas de couvrir les reins des chevaux ! me rappela Louis, tout en déployant la couverture liée à l'arrière de sa selle. Ils transpirent beaucoup, à force de faire tous ces efforts, dans la neige. Et le mien a de nouveau des gros monceaux de neige, tassés sous les sabots. Pourtant, Karl les a déferré il y a une semaine... Malgré tout, la neige adhère quand même. Karl est en train de tester une fausse sole en caoutchouc qu'il vaudrait bien fixer entre le fer et la corne du sabot pour que la neige ne colle pas et...

- Mais tu n'arrêtes donc jamais de parler, toi ? m'exclamai-je tout en curant le pied de mon cheval.

- Non...

Après avoir ôté péniblement la glace qui s'était formée dans la sole des sabots, nous pénétrâmes dans le café.

Nous commandâmes deux cafés et pendant que Louis buvait son breuvage – tout en râlant et en m'expliquant le café de son parrain, de Meredith ou d'Amélia était mille fois meilleur ! – je feuilletai fébrilement le registre.

- Comment ça, mon café il est pas bon ? fit une femme d'une trentaine d'années en l'entendant maudire le breuvage.

- Oui, j'ai connu mieux ! maugréa-t-il. Pas toi, Sherlock ? Amélia et Meredith en font du terrible ! Ah, oui, je suis bête, tu en as déjà bu des litres...

Plongé dans mon livre, je hochai la tête. La serveuse lui répliqua :

- Les seules femmes que je connaissent qui s'appellent Amélia et Meredith, tu peux pas les connaître, t'es trop jeune...

Elle eut un rire grivois, m'est avis que le soir, elle endossait un autre costume : celui de prostituée. Et elle connaissait Amélia et Meredith.

- Il est le petit chéri d'Amélia, la patronne du « Blue Lagon», murmurai-je tout en tournant les pages. C'est son nouveau petit poussin... Mais lui, il va dans l'établissement « privé ». Pas dans le « public ». Cela va de soi...

- Oh mon Dieu ! fit la fille en posant sa main devant sa bouche. Le gamin vous a appelé « Sherlock ». Vous êtes monsieur Sherlock Holmes, celui qui a viré le père et les frères de Meredith ! Donnez-moi ça !

Elle reprit nos tasses de café médiocre et nous en apporta deux autres, digne de ce nom.

- Offert par la maison, nous dit-elle. J'ai, hem, « travaillé » dans le même établissement que Meredith. L'ami de mon amie sera bien reçu. Bonne journée, monsieur le détective ! Toi aussi, poussin !

Louis et moi, nous nous regardâmes, toujours étonné de la vitesse à laquelle nos tasses avaient été changées. Comme quoi, le fait de pérorer sans cesse, avait parfois du bon.

- Et le registre ? me demanda-t-il en dégustant son café. Il t'apprend des choses ?

- Oui. Que le nom d'un des suspects est noté dessus. De nombreuses fois, en plus. Il a consulté très souvent le fameux « évangile », un autre nommé « Démonicus », ainsi que « Le grand livres des démons recensés », ainsi que deux autres sur les tortures moyenâgeuse... Bon sang, le nom de Bradley est inscrit sur toutes les pages ! Il n'y a que lui qui a travaillé sur ces livres...

Refermant violemment le registre je me mis à réfléchir. Oui, tout s'emboîtait... Mais... Il me faudrait aller au Yard pour interroger le suspect.

J'avais mémorisé les questions à lui poser. Guillaume en avait inscrit quelques unes qui concernaient les francs-maçons.

Que faire maintenant ? Aller visiter les compagnies maritimes, pour vérifier que leurs billets étaient bien les bons ? Ou aller directement au Yard pour interroger Bradley et Roshentall.

La porte du « White Horse » s'ouvrit à la volée et un gamin des rues s'y engouffra, louvoyant entre ceux qui voulaient l'en empêcher.

- C'est Terry ! s'exclama Louis.

- Laissez-le ! criai-je tout en me levant. C'est pour moi...

Le gamin arriva à ma table, de la neige jusqu'aux genoux, la respiration haletante.

- Rapport du soldat Terry, au général Holmes, de la part des soldats Peter et David... Ils ont trouvés l'tisserand ! La pièce a été faite par... (Il fouilla sa poche et me tendit un papier où un autre avait écrit, péniblement, le nom et l'adresse du tisserand). Heu... J'sais pas lire.

- « Maison Hardwicke et Burke ». (1) Peter a eu affaire au patron ?

- Non, à l'apprenti, par l'plus grand des hasards... L'type était coincé avec sa charrette dans la neige et les deux autres l'ont aidé. Quand ils se sont rendus compte qu'il s'arrêtait d'vant la maison d'un tisserand d'luxe, ils se sont dits qu'ils étaient veinards... Ils z'ont r'fusés les pièces que l'homme voulait leur donner en échange du coup de main – vous leur devez six pences, au fait – et ont d'mandé un renseignement. L'apprenti s'en souvenait, parce qu'une toile noire de c'genre là et aussi grande, c'était la première fois qu'il devait la préparer pour que l'patron s'en occupe.

- Commande passée par... James Bradley ! fis-je, n'en croyant pas mes yeux. Comment a-t-il payé ?

- Comptant, après un acompte et tout en liquide. Trois cent livres sterling. Mais il a envoyé son neveu avec sa copine... Non, le contraire ! Sa nièce et un ami de elle.

- Le bon de commande ?

- Le gars leur a montré, mais ils ont pas pu le prendre. Mais l'tisserand avait r'connu l'écriture du monsieur, car il lui a déjà fourni des tas de choses.

- Tiens Peter, voici pour ta course dans la neige, les six pences sont pour ceux qui ont dégagé la charrette de l'apprenti. Et la récompense suprême, pour l'information, Wiggins viendra la prendre demain matin.

- J'sais pas où il est, lui. Il doit chercher d'son côté. C't'un plaisir de travailler pour vous, m'sieur Holmes ! (Il se tint raide comme la justice). Vous payez toujours rubis sur l'ongle. Louis, content d'avoir travaillé sous tes ordres. T'es un vrai gars d'la rue toi aussi ! Roublard et malin. C'est quand tu veux !

- Ta diversion dans la rue était au point et au bon moment !

- Merci ! lui répondit-il tout fier. J'ai fait ce que tu m'as dit... J'suis content que j'ai fait c'que tu voulais. Salut !

Et il s'en alla en courant.

- Allez, en route ! On va au Yard !


Demain, publication de "Interrogatoire au Yard" première partie. Un chapitre sur lequel j'ai sué et que j'ai retravaillé souvent, ajoutant des petites choses...

Note de l'auteur :

(1) Les fans de la série « Sherlock Holmes » tournée par la Granada auront reconnu le nom des deux Watson de la série : David Burke pour commencer (les 13 épisodes de la saison 1) et ensuite Edward Hardwicke à partir de la saison 2, dans l'épisode « La maison vide » (The empty house).