Belmene : Je suis contente alors si ce passage t'a plu ! C'est vrai que je l'ai fait soft, contrairement à ce que j'écris d'habitude. Et oui quelles papouilles ^^.
Chachou35 : Et oui le Teylon j'ai promis, il fallait bien que ça arrive. Et John est pas si tête de mule et borné que ça. Il arrive à se remettre en question. Et ça va continuer. Désolée de te frustrer O_o
J'espère que cette suite vous plaira tout autant !
Elle ouvrit les yeux. Le soleil perçait au travers des rustiques volets en bois.
L'air était tiède. Elle ne sentit aucune couverture sur elle. Etrange. Elle ferma les yeux… et les rouvrit bien vite. Elle tourna la tête de côté.
Il était toujours là. Un bras reposant sur sa hanche. La respiration régulière. Il dormait encore.
Elle sourit. Il était paisible. Tout le contraire d'hier soir.
Hier soir.
Elle rougit et détourna la tête.
Hier soir avait été…. Elle ne savait pas. Elle ne voulait d'ailleurs pas chercher de mot. Ca s'était passé. Elle l'avait voulu. Ils l'avaient voulu tous les deux.
Et elle ne regrettait rien.
Elle regarda autour d'elle. Elle avait dormi dans ses quartiers et….
Elle sursauta.
Torren ! Où était-il ? Quelle heure était-il d'ailleurs ?
Teyla sentit une vague de culpabilité la submerger. Elle avait pensé à elle avant son fils.
C'est un silence que la jeune femme sortit du lit, en prenant bien soin de ne pas réveiller l'homme reposant à ses côtés.
Enfilant à la hâte ses habits, elle gagna la froidure du dehors, bien loin du cocon créé par leur chaleur respective.
Un bref coup d'œil au ciel l'informa que l'aube était levée depuis quelques temps déjà.
D'un pas rapide, l'Athosienne se dirigea vers la maison qu'elle partageait avec Elizabeth, espérant qu'elle ait pris soin de son fils.
Malgré son appréhension, la jeune femme ouvrit précautionneusement la porte en bois vernis. Après quelques secondes nécessaires pour s'adapter à la pénombre ambiante, elle entra et se figea presque aussitôt. Sur un lit reposait l'ex-dirigeante…. Sur l'autre John….
Des questions lui vinrent en tête. Questions plus ou moins gênantes…. Elle se reprit bien vite. Il était hors de question qu'ils…. Non ! Sa situation avec Ronon faussait son jugement.
C'est à reculons qu'elle sortit de la maison, le rose aux joues…. Un sourire furtif aux lèvres. Elle ne pensait pas que…. Mais pourquoi pas… après tout eux aussi avaient assez attendu…
Un grincement. John grogna et ouvrit un œil. Le soleil…. Bon sang il était quelle heure ? Le militaire soupira. Peu importait ! Il n'était pas en service. Ou plutôt si, mais… oh et puis zut, il était trop tôt pour se poser ce genre de questions !
Un soupir le figea.
Lentement, il se retourna dans son lit et se détendit.
Elizabeth.
Il la contempla un instant.
Un fin sourire dessina ses lèvres.
Il ne l'avait jamais vu endormie…
Elle avait l'air paisible. Cela tranchait tellement avec l'énergie qu'elle dégageait durant ses heures d'éveil, énergie qu'elle employait essentiellement à retrouver la mémoire.
Le regard du colonel se perdit dans la contemplation des traits de la femme étendue à quelques centimètres de lui.
Ils avaient fait pas mal de progrès hier soir. Il s'était évertué à lui rappeler une partie de leur passé commun. Passé qui tantôt la laissa de marbre, elle n'avait aucun souvenir de leur retour sur Terre de six mois, et tantôt fit ressurgir des images, brèves, mais des images tout de même, la plus forte étant celle de leur première dispute sur un balcon de la cité.
Ils y avaient passé une bonne partie de la nuit, mais ils avaient récupéré une partie de la mémoire de la jeune femme.
Un mouvement.
John ne bougea plus et retint sa respiration.
Elizabeth se mit sur le dos, faisant glisser le drap sur sa poitrine. Seule une fine chemise en lin, ou du moins ce qui s'n rapprochait le plus sur cette planète, la couvrait.
Le militaire détourna les yeux.
Ils se posèrent sur la porte. Cette même porte qu'il aurait jurée entendre se fermer. Quelqu'un était entré. Mais qui ?
Sheppard avisa son fauteuil. Il ouvrit les draps. Il se concentra et fit glisser ses jambes l'une après l'autre, tranquillement. Elles lui obéirent presque facilement. Un regard à son fauteuil. Allez, peut-être que cette fois…. Il posa son pied droit au sol. Puis le pied gauche. Il sentait le parquet. Prudemment, il se leva en prenant appui sur la frêle table de chevet. Sa jambe droite le soutint, en tremblant un peu. Il porta un peu de son poids sur sa jambe gauche. Les tremblements cessèrent. Le militaire lâcha la table de chevet et attendit. Une seconde…. Deux…. Cinq….. Vingt ! Il n'avait pas tenu debout plus de dix secondes depuis une éternité ! Il inspira de nouveau et bougea sa jambe droite. Elle racla le parquet, mais avança néanmoins. La gauche fit de même.
Le militaire était debout quand il arriva près de son fauteuil. Mais son regard fixait autre chose. Des béquilles. Celles que Ladon avait fait préparer spécialement pour sa période de rééducation. Ca lui coûtait un peu de s'en servir, il avait la désagréable impression de devoir quelque chose au chef Genii… en même temps il lui importait plus que tout de récupérer et de prouver à Elizabeth qu'il était digne du don, ou du sacrifice de son point de vu, qu'elle lui avait accordé. En prenant son temps pour ne pas trébucher et chuter, ce qui aurait été une humiliation supplémentaire, qui plus était devant elle, John parvint au mur sur lequel reposaient les deux béquilles en bois. Il s'en saisit en silence et put appuyer une partie de son corps sur elles, ce qui soulagea ses jambes. Il fallait qu'il les utilise progressivement.
« Vous faites de très grands progrès, murmura une voix derrière lui. »
Sheppard sursauta violemment et se retourna, manquant de tomber à la renverse. Heureusement, le mur derrière lui le retint.
« Je suis désolé, je voulais pas vous réveiller.
Ce n'est rien. »
Assise en tailleur, le drap sur ses genoux, la simple chemise en lin épousant à la perfection les courbes de son corps, Elizabeth souriait faiblement au militaire se tenant devant elle. Sa mine chiffonnée indiqua au militaire qu'elle non plus n'était pas forcément du matin.
« Comment vous sentez-vous ? demanda la jeune femme au bout d'un temps.
Je… bien. C'est plutôt à vous qu'on doit le demander.
Ca va. C'est la première nuit à peu près calme que je fais depuis… enfin l'accident.
A peu près calme ?
Oui….Je rêvais de Wraith depuis un moment, finit-elle par avouer sous le regard insistant du militaire. »
Les traits de John se durcirent. Il fallait que ça soit le souvenir le plus pénible qui remonte en premier….
« Oh, et j'ai découvert un nouvelle facette de vous, continua-t-elle.
Ah ?
Oui, vous ronflez ! »
Heureusement qu'une pseudo pénombre masquait le visage du colonel. Il venait de piquer un fard !
« Ce n'est qu'un léger ronflement, précisa Elizabeth, devant le mutisme gêné de John.
Ah… désolé…Bon je vais… faire un tour dehors et nous ramener des trucs à manger. »
Aussi vite que ses béquilles le lui permirent, le militaire regagna la porte et l'ouvrit.
« Au fait, très jolis les grognements. »
Devant la mine stupéfaite de l'ex dirigeante le militaire referma la porte, assez fier de lui.
Oooooooooooo
Une porte qui claquait. Ronon ouvrit les yeux et en un éclair passa la main sous son oreiller pour en tirer son couteau.
Il se détendit lorsqu'il vit qu'il n'y avait personne.
Vraiment personne….
« Teyla ? »
Aucune réponse.
Le Satédien se passa une main sur le visage. Pourquoi était-elle partie ? Elle regrettait sûrement ! Pourtant il avait eu l'impression de l'avoir rassurée la veille. Il se leva rageusement du lit et enfila à la hâte ses vêtements avant de sortir à son tour.
Il balaya les environs des yeux et tomba enfin sur elle. Elle ressortait de la maison qu'elle partageait d'ordinaire avec Elizabeth.
« Teyla ? »
La jeune femme posa une main sur ses lèvres, lui intimant le silence.
Ronon serra les dents et s'approcha rapidement d'elle.
« Ronon, qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi tu es partie ?
Je cherche Torren.
Oh…. »
Il se sentit subitement mal à l'aise.
« Tu croyais que j'étais partie comme ça, sans explication et sans raison ?
…. Tu regrettes ?
Ronon….
Tu regrettes ? ?
Non. Non, évidemment. C'est juste que…. J'ai privilégié notre moment hier et j'ai négligé mon fils.
Bien sûr que non !
Bien sûr que si ! Ronon, je me suis laissée aller hier et….
Et ça t'a fait du bien. »
Teyla soupira.
« Non ?
Oui, avoua-t-elle le rose aux joues. Mais je suis une maman et….
Une femme aussi. Tu ne peux pas être une bonne mère si tu ne t'accordes pas du temps pour toi.
Pas sans avoir de certitude sur l'endroit où se trouve mon fils !
Il est avec McKay.
J'espère que tu te trompes, sinon je n'ose pas imaginer la tête de Rodney quand je viendrai chercher Torren.
Tu sais que ça fait deux d'entre nous qu'il mène par le bout du nez ? grogna le Satédien.
Je trouve moi que tu t'en sors très bien avec lui.
Ah ouais ?
Oui… »
Les deux corps s'étaient rapprochés. Lui la tenait à présent par la taille. Elle avait posé ses mains sur son torse.
Ronon jeta un coup d'œil autour d'eux. Personne. Il inspira et d'une voix qu'il espérait assurée….
« On est ensemble maintenant ?
Oui.
On peut officialiser ? »
Après une seconde, Teyla hocha la tête.
Il se pencha.
Au moment où leurs lèves allaient se toucher, une porte d'ouvrit.
Les deux Pégasiens sursautèrent sans pour autant se détacher.
« John ? »
Le militaire sourit en coin.
« Bonjour Teyla. Ronon. »
Le Satédien se contenta d'hocher la tête.
« Vous vous passez du fauteuil à ce que je vois, constata l'Athosienne, ravie.
Oui, je tente le coup, on verra bien. C'est vous que j'ai entendu tout à l'heure ?
C'est exact. Je ne voulais pas vous réveiller. Je cherchais Torren.
Il est pas avec McKay ?
Teyla espère que non.
Vous avez peur pour Torren ?
Pas tout à fait, sourit Ronon, songeant à tout ce que l'enfant aurait pu faire subir à Rodney durant la nuit.
Contrairement à Ronon que tout cela semble réjouir, je m'inquiète vraiment pour Rodney. Il est sous pression en ce moment, et ce n'était pas le moment de lui imposer Torren.
Alors allons sauver ce pauvre Canadien, suggéra John en se dirigeant déjà vers la maison attribuée au scientifique, et qu'il n'avait voulu partager avec personne, ne souhaitant pas être déranger, d'aucune manière, dans son travail, de même que durant ses nombreux encas. »
Teyla passa devant. John attendit qu'elle soit assez loin pour donner un coup d'épaule à Ronon.
« Bravo mon vieux. J'y croyais plus.
Ouais, moi non plus. Merci de pas avoir rappliqué cette nuit.
Y'a pas de quoi, j'aime pas forcément les plans à trois. »
Cette fois, même Ronon fut choqué.
« Mh, bon on y va ? demanda John en accélérant les béquilles. »
Le groupe arriva bientôt devant la porte de Rodney.
Teyla imposa le silence et frappa doucement.
Pas de réponse.
Elle ouvrit la porte en douceur.
Le tableau qui apparut surprit tout le monde.
Rodney était couché dans son lit, Torren dans ses bras, et les deux semblaient dormir à poings fermés.
« Ben ça alors, s'exclamèrent en un murmura Ronon et John. »
Teyla, elle, resta sans voix. Bientôt le soulagement prit le pas sur la surprise. Elle regrettait d'avoir douter des aptitudes de son ami. Après tout, il avait changé depuis leur première rencontre…
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