- Comment va-t-il ? murmura Drago pour lui-même.

- TU L'AS TUE ! ! VOILA CE QUE TU AS FAIT, SALAUD ! !


Drago ne ressentait rien. Son esprit ne captait plus rien. Ses oreilles bourdonnaient comme si une ruche d'abeilles s'était implantée dans sa tête. Ses yeux regardaient dans le vide. Son corps était engourdi. Un froid morbide s'insinuait en lui.

Les paupières du Serpentard tremblèrent imperceptiblement avant de se fermer devant ses yeux. Drago ressemblait à un animal abasourdi, prostré et vacillant qui chercherait à oublier les assauts meurtriers de son prédateur.

- Réfléchis bien à ce que tu vas nous dire, poursuivit le plus calme des Aurors. On te laisse la nuit pour ça. Alors à demain...

Les trois sorciers s'éclipsèrent, non sans lui avoir retiré ses menottes et jeté un regard méprisant dans la foulée. Cela ne changea rien. Drago ne bougea pas de sa chaise.

Dans le couloir, les trois sorciers partageaient leurs impressions à voix basse.

- Je pense qu'il t'a compris de travers, nota le plus calme des Aurors en s'adressant au plus colérique. Il a vraiment l'air de croire que Harry Potter est mort.

- Tant mieux, grommela l'Auror colérique. Avec un peu de chance, il se sentira suffisamment coupable et minable pour tout nous raconter.

- En même temps, ton mensonge risque de devenir réalité, remarqua le plus discret des trois. Harry Potter est apparemment entre la vie et la mort...

Quelques kilomètres plus loin, à l'hôpital Ste Mangouste, les plus éminents Médicomages s'afféraient à comprendre le mal qui était en train de ronger le corps de l'Elu. Le jeune Gryffondor avait plongé dans un coma semi-profond après son overdose, mais ce n'était pas cela qui inquiétait autant les Médicomages.

Impuissant et nerveux, Severus Rogue observait la scène du couloir, à travers le hublot de la chambre. Cinq sorciers aux cheveux blancs, baguettes en mains, discutaient avec animation au-dessus du corps de Harry. Le maître de potions soupira de frustration. L'extrémité de sa jambe amputée avait beau être en sang, le Mangemort n'en avait que faire en cet instant. Toute son attention était focalisée sur Harry.

- Severus ! Par Merlin, que passe-t-il ? ! demanda Isabel en replaçant nerveusement une mèche de ses cheveux longs derrière son oreille.

D'un pas décidé, la jeune femme avança vers le maître de potions jusqu'à ce que leurs épaules entrent en contact. Côte à côte, Isabel suivit son regard. Ses lèvres s'entrouvrirent sous le choc.

- C'est vraiment... lui ? murmura-t-elle en détournant son regard vers l'homme qui se tenait tout près d'elle.

Rogue hocha gravement la tête, avant de courber l'échine.

- Comment avez-vous su que j'étais là ?

- Fol'Oeil a jugé bon de m'avertir de votre état...

- Ce n'est rien qu'un peu de sang, expliqua le sorcier d'une voix morne.

- Je vous avez dit de ne pas courir, rappela la jeune infirmière avec douceur. Vos cicatrices sont encore fragiles. Allez, venez, que je m'occupe de votre jambe.

- Vous n'en avez pas marre de vous occuper de moi ? soupira le maître de potions en suivant la jeune femme dans la pièce inoccupée en face de la chambre de l'Elu.

L'infirmière resta silencieuse, un sourire énigmatique planant sur ses lèvres. Le Mangemort fronça des sourcils, quelque peu décontenancé par sa réaction. Sa poitrine se comprima douloureusement, une sensation qu'il ne voulait plus ressentir...

Malgré tout, Rogue la laissa faire. Il la laissa remonter son pantalon au-dessus de son genou et retirer sa prothèse. Avec des mains délicates, Isabel nettoya la plaie avant de la recoudre de façon moldue. Le sortilège de "gangrejambe" empêchait tous soins magiques.

Le Mangemort ne put s'empêcher d'admirer sa beauté. Isabel ressemblait tant à Lily jusque dans son caractère : douce et forte à la fois. Son coeur se mit à palpiter plus vite. Ses paupières se fermèrent un instant, le temps d'étouffer son trouble.

- Au cas où vous n'auriez pas compris, je ne m'occupe pas de vous pour des raisons professionnelles, en tout cas plus maintenant. Toutes ces promenades pour vous aider à vous habituer à votre prothèse, ce n'était bien sûr qu'une excuse pour rester près de vous, avoua Isabel en plongeant son regard dans les prunelles sombres de l'homme dont elle était éperdument amoureuse.

Rogue était bien content d'être assis sur une table d'examen, les jambes dans le vide. Personne ne lui avait jamais fait une telle déclaration. L'homme en eut le souffle coupé. Il l'avait senti depuis un moment. Il savait que la jeune infirmière l'appréciait beaucoup, mais jamais n'aurait-il pensé qu'elle puisse se livrer ainsi, comme si elle lui faisait aveuglément confiance, comme si elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal.

- Je n'ai rien à vous donner, lâcha le Mangemort sans pouvoir s'en empêcher.

La panique transpirait de chacun de ses mots et Rogue se détesta pour être si transparent.

- Je ne cherche pas autre chose que ce que vous êtes déjà, Severus. Vous me plaisez ainsi, c'est tout. J'aime votre côté bougon. J'aime votre cynisme. J'aime votre sincérité comme votre mauvaise foi. J'aime votre noirceur. J'aime votre regard et votre léger sourire. J'aime votre discrétion, votre silence qui en dit plus long que tous les mots qui sortent de votre bouche...

- Je vois en vous la seule femme que je n'ai jamais aimée, expliqua le Mangemort sans arriver à croire qu'il était en train de se livrer à Isabel. Je vous le répète, je n'ai rien à vous donner.

- Je ne vous demande rien, Severus, si ce n'est que je puisse rester auprès de vous.

La jeune infirmière lui remit sa prothèse en place qu'elle dissimula sous son pantalon noir. Le maître de potions se mit immédiatement debout avec la ferme intention de rejoindre Harry. Isabel se plaça alors devant lui, une main sur son épaule pour qu'il ne s'échappe pas. L'homme se raidit brusquement sous ses doigts.

- Ne m'ignorez pas, Severus, s'il vous plaît.

- Vous êtes jeune. Je pourrais quasiment être votre père, raisonna-t-il plein d'amertume. Il y a très longtemps, j'ai gâché ma chance. Mais vous, vous avez toute la vie pour trouver quelqu'un qui puisse vous rendre heureuse. Si cela vous amuse de courir derrière l'impossible, alors allez-y, mais ce ne sera pas avec moi.

- Alors pourquoi ne m'avez-vous pas rejetée plus tôt ? demanda la jeune femme en plaçant son autre main sur la joue du Mangemort dont les yeux s'écarquillèrent visiblement.

- Je vous croyais suffisamment intelligente pour comprendre vous-même. Cette discussion est tout à fait inutile.

- Vous avez raison, répondit-elle en souriant malicieusement. Les mots sont inutiles...

Et Isabel l'embrassa doucement. L'esprit du Mangemort se vida un instant de toute substance avant que son corps tout entier ne soit parcouru de frissons incontrôlables. C'était la première fois qu'une femme posait ses lèvres sur les siennes. L'homme hallucina le goût de cerise dans sa bouche et son estomac se tordit délicieusement. Rogue se sentit défaillir en sentant ce goût si délicat se diffuser sur sa langue. Au lieu de la repousser, ses bras entourèrent la jeune femme, d'abord avec hésitation, puis avec conviction.

Le couple resta dans la pièce un long moment, le maître de potions oubliant momentanément l'existence du Gryffondor et tous les drames qui avaient jalonnés sa vie depuis son enfance. En cet instant, l'amnésie avait un parfum de bonheur.

Un étage plus bas se trouvait Hermione Granger. Loin d'être amnésique, la jeune femme regardait tristement par la fenêtre les quelques flocons de neige qui tombaient sur un sol nu et stérile. Son esprit ressassait inlassablement les flashbacks de la Bataille Finale, à la recherche du moment où tout avait basculé.

Tant de questions planaient dans sa tête. Avait-elle fait tout ce qu'elle pouvait pour aider Ron et Harry ? La jeune Gryffondor se sentait tellement impuissante et coupable de leur situation. C'était elle "le cerveau" et elle n'avait pas été à la hauteur.

- Tu tiens le coup ? demanda Ginny en s'asseyant près d'elle.

Hermione soupira longuement, s'accordant un moment de silence pour réfléchir à sa question.

- Je suis fatiguée et découragée...

- Hermione Granger, fatiguée ? Découragée ? Impossible ! firent les jumeaux Weasley en coeur, ce qui réussit à décrocher un léger sourire à la jeune femme en question.

- Oh la ferme vous deux, gronda Ginny en tapant Fred sur le bras. Ce n'est vraiment pas drôle.

- J'ai du mal à croire que cela fait seulement deux jours que Joseph n'est plus avec moi, soupira Hermione en perdant son sourire.

Georges posa une main réconfortante sur son épaule.

- Ils s'occuperont bien de lui, dit Fred d'une voix posée. Tu n'as pas à t'inquiéter pour ça.

- Mais ce n'est pas juste, protesta faiblement Hermione. Certes, je ne suis pas majeure, néanmoins je suis quelqu'un de responsable. Ils auraient pu me laisser l'adopter. De toute manière, je ferai une demande dès mes vingt-et-un ans. J'ai promis à Joseph que je m'occuperai de lui. Un point c'est tout.

- Je comprends, enchaîna Ginny avec compassion. Moi aussi il me manque, le petit Joseph.

La porte s'ouvrit brusquement et Madame Weasley déboula dans la chambre, quasi hystérique. Sur ses talons, Monsieur Weasley entra également, la mine préoccupée.

- Oh mon dieu ! C'est horrible ! Les Aurors ont retrouvé Harry, le pauvre ! sanglota Molly. Lui aussi est dans le coma !

Comme si la foudre venait de la traverser, Hermione se mit debout, totalement fébrile.

- Où est-il ? ! demanda-t-elle en agrippant le bras de Ginny.

- A l'étage au-dessus, l'informa Arthur Weasley, les sourcils froncés.

Accompagnée des jumeaux, Hermione et Ginny se précipitèrent à l'étage pour voir l'Elu de leurs propres yeux. A peine avaient-ils atteint l'étage que le petit groupe de Médicomages leur barra la route avec hostilité.

- Les visiteurs sont interdits à cet étage, précisa l'un d'eux, le ton sec.

- Nous savons que Harry Potter se trouve ici, tenta courageusement Hermione. Comment va-t-il ?

- Vous n'êtes pas de la famille. Vous savez bien que nous ne pouvons pas vous répondre. Et maintenant, quittez ces lieux.

- Très drôle, enchaîna Fred, un sourire en coin. En parlant de sa famille, vous voulez dire ses parents ou Sirius Black ?

- Dites plutôt que vous ne savez pas quoi dire, continua Georges avec la même malice.

Démasqués, les Médicomages se braquèrent davantage. Entre ceux qui bombaient le torse, ceux qui arboraient une moue exagérée et ceux qui fronçaient les sourcils comme des enfants boudeurs, la scène semblait être tirée d'une mauvaise pièce de théâtre.

- Maintenant cela suffit ! Quittez cet étage ou j'appelle la sécurité.

- Quand pourrons-nous le voir ? S'il vous plaît, insista Hermione d'une voix qui se voulait respectueuse et apaisante. Harry est mon meilleur ami. Il est comme un frère pour moi...

L'un des Médicomages soupira après un long temps de silence. Le discours de la jeune femme avait fait mouche.

- Demain matin, vous pourrez refaire une tentative...

- Merci. Merci infiniment, dit-elle avec gratitude, quelque peu soulagée.

Accompagnée des Weasley, Hermione rebroussa chemin avec la ferme intention de revenir dès les premières lueurs du jour. S'activer par tous les moyens était devenue vitale pour la jeune Gryffondor qui n'en pouvait plus de se morfondre des heures entières au chevet de Ron dont le corps restait désespérément inerte.

Harry était inconscient, mais la jeune femme refusait de se laisser abattre. L'espoir, aussi fragile soit-il, venait de se raviver en elle...

Si Hermione fut dans l'impossibilité d'en savoir davantage concernant l'état de santé de son meilleur ami, Severus Rogue réussit à obtenir d'importantes informations, du fait de son statut particulier. Le maître des potions était venu questionner le groupe de Médicomages après une énième série d'examens.

- Savez-vous enfin ce qui le maintient dans cet état ? demanda-t-il à voix basse, en observant l'Elu à travers le hublot.

- Le problème ne vient pas de son état comateux, expliqua l'un des Médicomages, la mine songeuse. Grâce à vos informations, nous savons que cela est dû à ce mélange de substances moldues. Monsieur Potter a fait une overdose.

- Et cela n'est pas notre principal problème ? questionna Rogue, un sourcil relevé, une expression incrédule figée sur le visage.

- Non. (L'homme se tortilla sur place, visiblement mal à l'aise et hésitant.) Je suis quasiment certain que nous sommes intervenus assez rapidement pour qu'il se réveille sans séquelle cérébrale. Mais quelque chose d'autre est en train de détruire Monsieur Potter et nous n'arrivons pas à identifier la cause de ce mal.

- Qu'entendez-vous par détruire ? interrogea le Mangemort en détournant la tête du hublot pour la première fois depuis le début de leur discussion.

Le Médicomage regarda autour de lui, s'assurant que personne ne les espionnait dans le couloir. Par mesure de précaution, le sorcier se mit à chuchoter.

- C'est comme si le phénomène naturel de détérioration cellulaire s'était accéléré chez lui. Du coup, le phénomène de renouvellement cellulaire ne suffit plus pour remplacer les cellules mortes. En plus de ça, nous avons remarqué que les tissus de son organisme présentent quelques caractéristiques spécifiques des tissus qu'on observe chez les personnes âgées. Ah oui, et nous avons noté la présence de profondes cicatrices sur son visage ainsi que sur ses mains. D'étranges cicatrices qui semblent être d'origine magique. C'est peut-être une piste…

Un malaise oppressant se mit à serrer la gorge du Mangemort.

- Vous voulez dire qu'il vieillit plus vite que nous ?

- Oui. Nous revenons de faire le calcul et nous arrivons à la même conclusion que tout à l'heure : si l'état de Monsieur Potter reste constant, il vieillira chaque jour l'équivalent de trois ans de vie. Si nous n'arrivons pas à arrêter le phénomène, il sera mort en moins d'un mois...

Une pierre lourde et glacée s'écrasa dans l'estomac du professeur. Mais aussi violent soit-il, le choc fut rapidement balayé par un sentiment de colère. Tout au long de sa vie, Harry n'avait cessé de frôler la mort. Pourquoi ? Quel sens pouvait-il bien donner à ce beau gâchis ? La tournure de la vie avait de quoi écœurer de par son apparence de chemin tortueux semé d'embûches, d'impasses, de regrets, d'injustices et de désillusions.

L'homme serra ses mâchoires de colère, une colère qu'il retournait à présent contre lui. Au lieu de s'apitoyer sur son propre sort et d'aspirer à ce que la mort ne le gangrène de la tête aux pieds, le Mangemort se dit qu'il aurait dû employer son temps à retrouver Harry. Il aurait dû se sentir responsable de l'Elu, même, et surtout, après le fiasco de la Bataille Finale. Cependant, Rogue avait fini par baisser les bras et il avait préféré se convaincre que le Gryffondor avait probablement détruit le corps du Seigneur des Ténèbres, comme il l'avait annoncé avant de partir loin de Poudlard.

Ce n'est qu'en sentant sa marque des ténèbres se réveiller ce matin-là, alors qu'il était en train de se promener avec Isabel dans le parc de l'école, qu'il avait compris l'étendue de sa bêtise. Il avait alors abandonné la jeune femme, sans aucune explication, et avait rejoint Fol'Oeil quelques mètres en arrière. L'Auror avait relevé la manche gauche de son manteau après avoir craché un chapelet de jurons à qui voulait bien l'écouter. Rogue lui avait alors expliqué la signification du phénomène après quoi les deux sorciers rebroussèrent chemin en direction du château. Là, ils avaient réuni un maximum d'Aurors avant de transplaner. Le professeur de potions savait que cela n'indiquait rien de bon pour le Gryffondor et que ce dernier devait certainement se trouver en grand danger. Il avait seulement espéré ne pas arriver trop tard...

En posant à nouveau son regard sur Harry, le Mangemort ne put s'empêcher de serrer sa mâchoire d'impuissance et de culpabilité. Restait-il seulement un espoir ? Pouvait-il encore imaginer un avenir pour ce jeune homme dont la vie n'avait été qu'une succession de catastrophes et de drames ? Qu'avait-il fait pendant ces quelques mois d'absence ? Ses réflexions dérivèrent alors vers Drago et le sorcier se promit de prendre de ses nouvelles...

Installé dans sa cellule, le jeune Malefoy expérimentait les affres de la solitude et de l'impuissance. Toujours sidéré par la funeste nouvelle, Drago s'était recroquevillé dans un angle de la pièce, les paupières lourdes, une partie du visage comprimée contre le mur glacé de sa cellule.

La douleur était telle qu'il ne la sentait même pas, comme lorsque le corps est plongé dans la glace et que le cerveau se trouve anesthésié, comme si la sensation de froid n'existait plus. Une anesthésie émotionnelle. Drago n'arrivait pas à encaisser la nouvelle. Il ne restait que le néant dans sa tête.

Les heures s'écoulaient lentement telle une douce agonie. Son dos s'engourdissait, ses mains finirent par trembler et son esprit se remplit d'images du passé. Un passé fictif où il pouvait s'imaginer dans sa maison, entouré de Jade, Harry et Pansy. Un passé où ils auraient tous trouvé la paix. Un passé sans sacrifice et sans retournement de situation.

Mais Drago savait. Il le sentait au fond de lui. Le plus habile des mirages ne pouvait suffire à masquer l'atroce vérité : ils avaient tous échoué : Blaise, Dumbledore, sa mère, Pansy, Harry et lui-même.

Harry.

Drago se sentit tout d'un coup étouffer. La réalisation venait de s'ancrer en lui et semblait l'aspirer de l'intérieur tel un trou noir cosmique. Le nœud autour de son estomac se défit, laissant au passage une désagréable impression d'un corps en liquéfaction. Etre aspiré de l'intérieur et, en même temps, se répandre sur le sol telle une matière fondue ou en décomposition, voilà ce que ressentait Drago.

Ce qu'il pensait avoir accompli n'était qu'une illusion de plus. Un monde d'illusions et de faux espoirs, voilà ce qu'était sa vie.

Les émotions avaient beau être réelles, elles n'en étaient pas moins invisibles et inconsistantes. Voilà tout ce qui lui restait de bon : son amitié pour Blaise, son affection pour ses chauves-souris, son amour pour sa mère, son amour pour Pansy, son amour Jade, son amour pour Harry.

Harry.

Harry venait de mourir.

Animé par un désespoir qui semblait prendre la forme d'un gouffre sans fond, Drago lâcha un hurlement écorché et douloureux. Ecrasant ses poings dans les murs et dans le sol jusqu'à ce qu'il ne puisse plus tant la douleur physique était intenable, les larmes se mirent alors à perler sur ses joues et Drago se roula en boule sur le sol, le corps secoué de violents sanglots.

Et Jade ?

Qu'allait-elle devenir ?

Ses sanglots redoublèrent d'intensité en pensant à elle. Pourrait-il seulement la revoir un jour ?

- Jade, murmura-t-il comme pour s'assurer que ce nom avait toujours sa place entre ses lèvres.

Les bras encerclant sa cage thoracique, Drago avait toujours l'impression de sentir deux autres cœurs battre dans sa poitrine, mais le jeune homme repoussa cette sensation avec amertume. Il en avait tellement l'habitude qu'il pensait se l'imaginer, d'autant plus que les battements étaient quasi imperceptibles. Le jeune Malefoy ferma les yeux et resta prostré ainsi pendant plusieurs heures.

La nuit était tombée lorsque Drago rouvrit les yeux. Une minuscule lucarne permettait à la lune d'éclairer son cachot d'une lueur étrangement bleutée. Le jeune homme constata qu'un plateau-repas avait été déposé à même le sol, près de la porte. Drago avala péniblement quelques bouchées avant de s'allonger sur le lit miteux, complètement hagard.

Plusieurs heures se succédèrent encore. En sentant les tremblements au niveau de ses mains gagner peu à peu en intensité, le Mangemort réalisa avec horreur qu'il n'avait plus de quoi soulager son manque et qu'il allait devoir affronter seul l'épouvantable épreuve qu'était le sevrage.

Tremblements, hausse drastique de température, sueur, crampes abdominales, vomissements, hallucinations et autres réjouissances.

Voici ce qui l'attendait…


Salut tout le monde !

J'espère que vous allez bien et que ce chapitre vous aura plu. Tout va découler des éléments rappelés dans ce chapitre, donc voilà. J'aime reprendre ces éléments du passé et les emboîter les uns aux autres comme si j'avais planifié tout ça depuis le chapitre 1, ce qui n'est pas du tout le cas lol !

Enfin, je suis conscience que beaucoup d'éléments importants de cette fanfiction ont été traités avec légèreté ou dirons-nous plutôt qu'ils ont été bâclés dans leur écriture (sans compter le fait que l'impact de certains évènements auraient dû être plus important). Bref, je remercie tous ceux d'entre vous qui se risquent à poster une critique constructive. Néanmoins, je ne veux pas abandonner cette histoire ou la réécrire pour le moment mais bel et bien la finir. Je l'accepte avec ses défauts, mais j'espère un jour trouver le courage de retravailler les passages qui clochent sérieusement.

Allez, j'espère vous poster la suite dans les prochaines semaines !

A bientôt…

DarkPotter

PS : Ah oui, musique d'inspiration : « Young and beautiful » de la B.O de Gatsby pour le passage Severus/Isabel (chanson qui définit leur amour, pour moi), « Over the Love » pour le passage d'Hermione, « Love is blindness » et « Meaning » de Cascadeur pour le passage de Drago. Cette dernière chanson est juste parfaite pour décrire la situation de Drago dans cette histoire, écoutez les paroles comme s'il était en train de les chuchoter dans votre oreille, vous comprendrez… Bonne écoute !