Une si fragile flamme.
2e partie : le Purgatoire.
Disclaimer: tous les personnages sont à JK Rowling, sauf ces 8 là: Aurelius, Mireán, Kermar, Eric Sidle, Mathilde Soledango, Adrian Celas, Crimson Lance et Elric. Les poèmes et citations qui sont en tête de chapitres ne sont pas de moi non plus. Et la track-list, c'est juste pour l'ambiance…
Chapitre 19: L'ombre du doute.
Le départ de Poudlard se fit dans la discrétion la plus totale alors que tous les élèves étaient retournés dans leurs Salles Communes respectives. Dumbledore ouvrait la marche, suivi de McGonagall et de Snape encadrant Ron et Ginny. Lupin, à l'arrière, put voir les oeillades meurtrières que le professeur de potions lançait au directeur et qui signifiaient sans aucun doute que la conversation entre les deux hommes n'avait pas été agréable.
- Nous y voilà enfin, dit Dumbledore en soulevant la trappe.
Des raclements sur le plancher trahirent la présence de monsieur et madame Weasley. Ron et Ginny se précipitèrent dans les bras de leurs parents sitôt sortis du tunnel sans que quiconque ait pu les ralentir.
- Comment vont les autres ? demanda Ron après que ses parents les aient rassurés, lui et sa sœur, sur leur état de santé.
- D'après les guérisseurs, il n'y a plus aucun danger pour leur survie. Je voulais justement vous ne touche deux mots, ajouta Arthur à l'intention de Dumbledore.
- Sans problème. Est-ce que l'un de vous veut bien raccompagner Ron et Ginny au château ? demanda ce dernier en regardant tour à tour McGonagall, Lupin et Snape.
- J'y vais, lâcha le professeur de potions, trop heureux de se libérer de l'endroit.
Les deux Gryffondors acceptèrent ce chaperon avec une mauvaise grâce manifeste. Ils s'engagèrent à nouveau dans le tunnel avec Snape sur les talons et disparurent.
- De quoi vouliez-vous me parler ? demanda Dumbledore en se tournant vers monsieur Weasley quand la trappe se fût refermée.
- Il n'y a plus de danger pour leur vie, ça c'est une chose certaine. Mais leur présence dans l'Ordre ou leur carrière d'Auror, c'est autre chose.
- Que voulez-vous dire ?
- Vous savez que ceux qui sont le plus gravement touchés sont ceux qui passaient le plus inaperçus lors de leurs missions, poursuivit Molly (1). Normalement, ils ne devraient pas garder trop de séquelles. Mais pour Tonks, c'est autre chose. C'est une Métamorphomage, et les conséquences de cet incendie sur son pouvoir peuvent être désastreuses. Son cas est inquiétant, d'après les guérisseurs.
- Mais elle va s'en tirer ? demanda Lupin.
- Ça, oui. Reste à savoir si elle pourra encore travailler au service de l'Ordre.
Un silence gêné passa entre eux. Aucun n'osa poser la question qui lui brûlait les lèvres. Ce fut Dumbledore qui jeta le pavé dans la mare.
- Je vais essayer de dissiper tout malentendu, puisque personne n'ose aborder le sujet. Seule l'enquête que je mènerai là-bas nous ira qui a mis le feu. Est-ce bien clair ?
- Tout ce que nous savons, Albus, c'est qu'il était sorti quand cet incendie s'est déclaré. Ça fait une sacrée coïncidence, non ?
- C'est sûr. Mais quel était l'intérêt de revenir dans une pièce si il savait qu'elle était piégée ?
- Ceux qui servent le Seigneur des Ténèbres sont prêts à tout, dit Remus en guettant par un interstice de la fenêtre.
- Y compris à subir la pire des pertes où à payer de leur propre vie, annonça gravement Albus. Il a perdu sa femme alors qu'elle était toute sa vie. Si il avait pu la faire passer avant ses missions pour l'Ordre du Phénix, il l'aurait fait. Un Mangemort n'existe que pour servir Voldemort. Ça m'étonne que ce soit vous qui fassiez cette remarque, Remus. Vraiment. Je pensais que vous le connaissiez mieux que ça.
Lupin se retourna et regarda Dumbledore. Ce qu'il avait dit du professeur Snape avait touché le vieux sorcier, c'était certain. Et pourtant, il ne pensait pas vraiment ses paroles.
- Désolé. Mais comme vous l'avez dit vous-même, il n'a pas toujours été clair dans son attitude. Reconnaissez-le.
- Soit. Mais je ne me serais pas porté garant pour lui si j'avais vraiment eu des doutes.
- Que comptez-vous faire concernant Severus ? demanda Arthur brusquement. Même en admettant que nous soyons sûrs qu'il est de notre côté, d'autres membres de l'Ordre du Phénix pourraient être tentés de régler le problème eux-mêmes si vous ne faites rien.
- Et c'est pour ce motif que j'ai décidé de l'exclure de l'Ordre. Peut-être plus pour le protéger lui que pour notre sécurité. Il nous a été d'une aide précieuse jusqu'à présent. Le fait qu'il ait été un Mangemort nous a été d'un grand secours à de multiples reprises. J'espère juste que nous n'en paierons pas le prix fort.
Flash-Back
McGonagall et Lupin quittèrent le bureau, et Dumbledore fit un geste de la main.
- Asseyez-vous, s'il vous plaît.
- Pas besoin. Je sais ce que vous allez me dire. Ça a un rapport avec l'incendie.
- En effet, c'est lié. Mais je ne voudrais pas que vous pensiez que ce que je fais sera de gaieté de cœur. C'est surtout pour tranquilliser les autres membres du groupe et pour vous protéger de ce qu'ils pourraient faire.
- Je n'ai jamais eu peur d'eux. De toute façon, il est trop tard pour avoir peur. J'ai pris tous les risques pour apporter mon aide à l'Ordre, et j'ai perdu la femme que j'aimais parce que je n'ai pas pu être là.
- Je sais tout ça, Severus. Mais vous connaissez la façon de penser de l'ancienne garde de l'Ordre à propos des Mangemorts qui se sont « repentis ». Parmi la plupart de tous ceux-là, il nous a été impossible de déterminer qui était sincère et qui ne l'était pas. Je n'ai eu aucun doute en ce qui vous concerne. Mais tout le monde n'est pas d'accord avec moi. Et je préfère vous exclure de l'Ordre et vous savoir en sécurité à Poudlard plutôt que d'apprendre que vous avez été victime d'une obscure vengeance. Vous me comprenez ?
- Oui, répondit Snape d'une voix caverneuse.
- Bien. Dans ce cas, je leur ferai part de ma décision tout à l'heure. Mais avant que nous descendions rejoindre les autres, je voulais vous dire que pour moi vous n'êtes pas exclu. Vous allez continuer. Après tout, rien ne m'oblige à signaler aux autres membres que vous travaillez toujours pour nous.
- Donc vous m'excluez du groupe, mais vous continuez à vous servir de moi et de ce que je sais sans que les autres l'apprennent. C'est bien ça ?
- Exactement.
- Et ça ne vous pose pas de problème de conscience ?
- Non, pourquoi ? Ça devrait ? Il n'y a que cette solution pour que vous puissiez continuer à agir. Á moins que vous ne préféreriez rester à attendre que tout s'effondre ? Ça m'étonnerait fort, venant de vous. Je vous connais suffisamment, Severus, pour savoir que vous ne pourriez pas rester sans rien faire.
- C'est vrai, marmonna Snape en jetant un regard en coin à Dumbledore.
- Êtes-vous d'accord avec moi ?
- Je crois que je n'ai pas le choix…
- Non, Severus. C'est le contexte qui ne vous donne pas le choix.
Fin du flash-back
- Mais si ce n'est pas lui qui a mis le feu à Square Grimmaurd, qui l'a fait ?
- Kreattur, très probablement, bien qu'il nous soit impossible de le vérifier vu qu'il a brûlé avec la maison. Reste à savoir sur ordre de qui.
- Comment a-t-il pu allumer cet incendie ? C'était là qu'il avait toujours vécu…
- Vous savez que les elfes de maison peuvent lancer des sorts mais n'ont pas le droit de posséder de baguette. En plus, la mise à disposition de cette maison pour l'Ordre représentait pour Kreattur la pire des trahisons. Elle était irrémédiablement souillée. Et comme Sirius nous l'avait léguée après sa « disparition », Kreattur n'a vu que cette solution pour être enfin débarrassé des traîtres que nous étions à ses yeux. Mais ça, seule l'enquête nous le confirmera.
- Vous avez dit vouloir interrompre les réunions de l'Ordre jusqu'à nouvel avis, dit McGonagall, un peu pincée. C'est toujours votre intention ?
- Plus que jamais. Le ministère va avoir les yeux braqué sur ce qui s'est passé à Londres. En plus, je ne veux pas donner à quiconque une occasion d'affaiblir un peu plus l'Ordre qu'il ne l'est déjà, surtout si Voldemort a constitué une armée, ce dont je ne doute pas.
La trappe s'ouvrit une nouvelle fois, laissant apparaître Snape. Il se redressa avant de s'épousseter, puis il les regarda tour à tour.
- Á voir vos têtes, je suppose que le professeur Dumbledore vous a annoncé la nouvelle. Nous pouvons rentrer à Poudlard, alors ? Je n'ai vraiment pas envie de m'éterniser ici.
Remus et Arthur s'approchèrent de lui, mais il recula d'un pas.
- Non surtout pas ! Je ne vois pas ce que je pourrais faire pour prouver ma bonne foi. Autant laisser tomber les faux-semblants maintenant, non ? Vous n'aurez plus à vous forcer, puisque je suis exclu définitivement de l'Ordre.
- Severus…
- Pas vous, Dumbledore. Nous en avons discuté à de nombreuses reprises. J'ai bien vu que la plupart des membres de l'Ordre me considéraient toujours comme étant à part. Mais avant de partir, je voulais que vous sachiez que je serai de votre côté jusqu'au bout, malgré ça, dit-il en relevant sa manche et en montrant la Marque des Ténèbres.
Il relâcha sa manche, leur tourna le dos et se laissa glisser dans le trou sans un mot. Arthur et Molly rentrèrent à leur tour, et Remus et Albus se retrouvèrent seuls.
- Vous êtes sûr que c'était une bonne idée de l'exclure ? demanda Lupin à voix basse.
- Non. Mais c'était le seul moyen que j'avais de calmer les survivants, admit Dumbledore à regret.
(1) C'est normal que ce soit Molly qui parle.
Prochain chapitre: où Harry va finalement voir Dumbledore et que ce dernier convoque Neville.
