Bonjour
Désolé pour le retard mais Mardi, j'étais trop fatiguée pour pouvoir publier quoi que ce soit (représentation de théâtre samedi + inspection mardi + conseil de classe aujourd'hui). Merci à ceux et celles qui m'ont laissé un mot d'encouragement sur Loin de la foule déchaînée.
Merci à Aliena qui continue de me lire avec fidélité depuis maintenant un an. (promis, c'est à toi que je dédis mon premier livre!)
merci à Angie-Corleone qui vient de découvrir ma fic et qui a eu le courage de lire 54 chapitres de conneries. ^^
En voici un cinquante-cinquième.
LV
Star-crossed Lovers
Dwalin, John et Aragorn n'avaient eu qu'à suivre les rires gras de quelques mercenaires orcs qui plaisantaient au sujet de la petite pute de nain qu'ils venaient de se faire pour trouver la quasi-location de la cellule de Lucas. Aragorn avait compris que ces mercenaires n'étaient que du menu fretin tout juste bon à monter la garde. cependant il ne fallait pas les sous-estimer. Un orc restait toujours une machine à tuer. Ils conduisaient un de leurs camarades à la cellule où il pourrait se décharger pour reprendre leurs termes. Pour les trois hommes coutumiers des zones de combat, ce n'était pas compliqué de comprendre ce qu'ils sous-entendaient. Confrontés sans cesse à la violence et à la mort, les hommes devenaient des bêtes sans pitié qui s'attaquaient de toutes les manières possibles aux plus faibles. Le pillage et les meurtres étaient toujours accompagné de leur soeur Viol. Et il ne fallait pas croire que seules les femmes en étaient victimes. Après tout, un trou était un trou, comme disaient les plus atteints de cette folie. Les orcs n'avaient même pas besoin de cette excuse pour se livrer à ce genre d'activités. Dwalin serra les poings jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent. Il avait beau être un loyal sujet britannique depuis plus de quarante ans, il n'en restait pas moins que Thorin était le roi qu'il avait suivi et auquel il était resté fidèle. La simple idée qu'on ait pu simplement le toucher de cette manière le révulsait et lui donnait des envies de meurtres. On ne s'attaquait pas à son suzerain.
Cela, les hommes de Sauron le comprirent trop tard. Surpris, ils entendirent charger sur eux un guerrier, digne héritier du sang des Highlanders qui coulait dans ses veines, qui brailla quelques mots de gaélique incompréhensibles tout en tirant à bout portant sur eux. Il ne leur laissa guère le temps de réagir: en à peine quatre minutes, ils gisaient dans leur sang, les yeux grands ouverts, le regard à jamais figé dans une surprise stupide.
Si John et Aragorn furent d'abord pris de court par ce brusque accès de folie, ils surent y réagir avec intelligence, en couvrant les arrières de leur compagnon. Ils s'abstinrent de tout jugement. Bien que l'acte de Dwalin eut pu les tuer, ils comprenaient parfaitement que le vétéran ne puisse plus laisser l'agent du MI-6 aux mains de telles abominations. Il l'avait perdu une fois. Il avait vu de loin sa chute: perdre Thorin fut le début d'une longue et douloureuse chute aux enfers qui l'avait privé de ceux qu'ils aimaient: Balin, Ori...Il ne pouvait accepter que cela se produise une nouvelle fois. Dwalin ramassa le trousseau de clés que l'une de ses victimes portaient à la ceinture. Moriarty avait beau utiliser les nouvelles technologies pour soumettre le monde, en matière d'accueil des prisonniers, il semblait qu'il restât très traditionnel. Leur groupe avait remarqué de nombreuses portes fermées à clé lors de leur progression. Retrouver Lucas allait être aussi facile que trouver une aiguille dans une botte de foin ou que de retrouver l'Arkestone dans la salle du trésor d'Erebor. Silencieusement, Aragorn s'approcha des cadavres. Pataugeant dans le sang, il tourna autour des cadavres, les observant scrupuleusement, les touchant parfois sous le regard interrogateur de Dwalin. Aragorn avait un comportement de chien de chasse. Il ne comprit pas d'abord en quoi cela pouvait les aider. Puis quand l'ancien monarque s'éloigna suivant une piste invisible à ses yeux, il comprit:
"Vous étiez un de ces rôdeurs, n'est-ce-pas?"
Aragorn acquiesça silencieusement. Toute son attention était focalisée sur l'infime trace qu'avaient laissé les tortionnaires de Lucas North.
Dwalin et John le suivirent religieusement.
"Un rôdeur ?"chuchota John pour ne pas déconcentrer leur pisteur.
"J'oublie toujours que vous êtes le seul à ne pas avoir un passé comme le nôtre. Ouais, un rôdeur. Ces gars-là descendaient du peuple béni de Numénor. Comme ils n'avaient plus de royaume, ils parcourraient toute la Terre du Milieu. Ils surveillaient la progression de Sauron. Il valait mieux ne pas se frotter à eux. Rien ne leur échappait jamais. c'était les meilleurs traqueurs après les Nazgûls. J'aurais jamais cru que le roi du Gondor, l'héritier d'Elendil fut un de ces vagabonds."
John se tut, grave. Il sentait comme une injustice le fait de n'avoir pas eu, lui aussi de passé. Puis il se rappela les cauchemars de Béatrice qui le réveillaient en pleine nuit par ses hurlements ou ses crises de somnambulisme, des crises d'énervement de Sherlock pour un détail ou de son apathie des jours durant; et ce n'était là que les symptômes mineurs de ce qu'il avait vu au fil des années. Si c'était là le prix à payer pour avoir connu cette vie, il devait s'estimer heureux de ne pas avoir fait le voyage avec eux.
Une centaine de mètres plus loin, Aragorn s'arrêta. Il tira une ouverture aménagée au niveau des yeux dans une porte et regarda à l'intérieur d'une cellule.
"Je l'ai trouvé."annonça-t-il simplement en tendant la main pour qu'on lui donne le trousseau de clés.
Dwalin s'approcha et les lui donna. le vétéran vit apparaître quand la porte s'ouvrit un spectacle qui ne lui rappela que trop l'hécatombe de Ravenhill. C'était une chance que ni Mitchell, ni Harry et ni Béatrice ne soient là pour voir cela. John Corcoran ne savait même pas si Lucas North était encore vivant ! N'écoutant que qon courage, il entra dans la cellule pour tirer son ami de là. Il était venu pour sauver l'agent North; il ne partirait pas sans accomplir sa mission. Il s'approcha doucement de la masse inerte.
"Thorin ?"
Aucune réponse.
"Thorin, c'est Dwalin."
Toujours rien.
"Mon vieux, tu ne vas pas nous refaire ce coup-là. Bilbo ne te le pardonnerait pas."
Alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres du grabat où gisait l'agent plus mort que vif, le corps zébré de coupures et de plaies sanguinolentes, les chairs encore intactes complètement tuméfiées, Aragorn et John se tournèrent vers l'extrémité du couloir opposée à celle qu'ils avaient empruntée. Leurs sens étaient tout aux aguets car ils venaient d'entendre des pas qui résonnaient contre les murs et la voûte de pierre. prudents, ils s'abritèrent et dégainèrent leurs armes. Cependant ils remarquèrent que l'écho produit n'était pas régulier. Ceux qui arrivaient n'étaient pas vraiment en bonne santé car ils distinguaient un écart dans les sons qui pouvaient être attribués à un boitillement.
"Halte!" cria Aragorn "Qui va là ?"
Les bruits de pas s'étaient arrêtés.
"Qui est là ?" demanda une voix qu'ils reconnurent.
"Mary!" cria John soulagé et rassuré quant au sort de sa femme.
"John! Non mais tu n'as pas idée de nous accueillir comme ça. Viens m'aider! Béatrice est blessée." le pressa Mary en sortant de l'ombre et supportant une béatrice rendue blanche par la douleur.
Dwalin aurait voulu pouvoir demander un compte-rendu de ce qui leur était arrivé. mais il n'eut que le temps de gémir de douleur quand une pierre le frappa rudement à la tête. Son champs de vision devint rouge et la douleur bourdonna à ses oreilles. Il fut brusquement projeté au sol et le monde devint noir.
Il ne savait plus vraiment qui il était, ni où il était. La seule chose dont il pouvait être sûr, c'était que ceux passant cette porte en avait après son esprit et tentait de le détruire. Mais il ne se laisserait plus faire. Ils ne le retiendraient plus loin d'elle. Celui qu'il tentait d'étrangler ne serait qu'un obstacle qu'il renverserait pour la rejoindre.
Quand ils entendirent le cri de Dwalin, John et Aragorn voulurent intervenir immédiatement, mais, en s'appuyant contre le mur, Béatrice s'avança et leur coupa la route. Avant qu'ils n'aient pu réagir, elle referma la porte derrière elle sans un mot. Elle sentait ses dernières forces l'abandonner mais elle était trop près du but ppour abandonner. Glissant au sol, elle rampa jusqu'à son mari.
"Thorin !"l'appela-t-elle en posant sa main sur sa jambe blessée.
Elle vit la pression de ses mains se relâcher avant qu'il ne se retourne vers elle. Si son visage n'avait que peu souffert, recouvert de quelques ecchymoses, il en allait autrement de son corps.
"Oh!Seigneur!Non!"s'écria-t-elle en voyant ses blessures et ses plaies.
Elle le revoyait étendu sur la glace en train d'agoniser et de l'abandonner. Lucas n'avait pas bougé.
"Tout va bien, Lucas. Je suis là. Tout est fini."chuchota-t-elle en levant la main pour essayer de toucher délicatement sa joue meurtrie.
Mais, soudain, les mains de Lucas, ces mêmes mains qui l'avaient caressée et adorée, se retrouvèrent autour de son cou. Et de toutes ses forces, il se mit à serrer.
Dans un réflexe de survie, la jeune femme chercha d'abord à se libérer de cette emprise. Il allait la tuer...il avait déjà failli le faire et il l'avait déjà fait.
Alors que ses poumons brûlaient du manque d'oxygène et que sa bouche s'ouvrait grande pour aspirer un air qui lui faisait défaut, que sa vue se réduisait peu à peu à un tunnel noir, elle sentit de nouveau son esprit basculer dans le passé, débloquant les derniers souvenirs manquant de Bilbo:
Il faisait froid. La neige avait commencé à tomber mais rien n'était plus froid que son coeur que Thorin venait de briser. ce dernier la regardait droit dans les yeux. Dans ses iris bleus, elle ne retrouvait plus le respect et l'affection, l'amour qu'il y avait jusqu'alors quand il posait les yeux sur lui. Thorin était enfermé dans un monde auquel elle n'avait pas accès.
"J'en ai fini des magiciens et des gens de la Comté."
La voix grave et menaçante de celui qu'elle aimait si désespérement claqua comme un coup de fouet, lui lacérant le coeur déjà saignant. Quelque part en contre-bas, elle entendit quelqu'un appeler Thorin et tenter de le raisonner. Gandalf le suppliait de ne pas faire de mal à son hobbit et de le lui rendre en bonne santé. Mais qu'était la santé si Thorin la chassait de sa vie ? Que serait sa vie si elle ne pouvait plus se dépasser pour lui prouver qu'elle était digne de lui ? Elle préférait encore mourir de ses mains que retourner à sa vie si tranquille, si banale !
Le souvenir s'estompa, remplacé par un autre qu'elle ignorait posséder jusque là. Une forêt, du sang, une épée dans sa poitrine d'homme et la douleur. Thorin était là au-dessus d'elle, le visage au supplice, le regard toujours aussi fou. Mais elle y retrouvait l'amour qu'elle croyait perdu. Il l'avait tuée mais il lui demandait pardon. Elle sentait sa chaleur qui chassait tant bien que mal le froid qui l'engourdissait. Il ne l'avait pas oublié.
Béatrice sentit que sa fin arrivait. Elle allait mourir à nouveau des mains de celui qu'elle aimait. Voilà pourquoi elle l'avait d'abord repoussé: elle ne voulait pas qu'ils souffrent à nouveau de cette fin inéluctable. Etaient-ils donc nés sous des étoiles contraires pour voir leur amour à chaque fois contrarié ?
"Reviens-moi...Lucas. Et je te reviendrai."articula-t-elle péniblement
Et ses yeux se fermèrent tandis que son esprit sombrait dans les ténèbres. Tout était terminé.
Lucas continuait de serrer avec une ardeur renouvelée. Personne ne pourrait l'empêcher de quitter cet enfer et de rejoindre sa femme. Il lui avait fait une promesse. Il lui avait fait la tresse d'union dans ses cheveux blonds. Une tresse comme celle que portait ce démon qu'il venait de vaincre. On tentait encore de le soumettre avec de vaines illusions. Mais il lui suffisait de tirer dessus pour qu'elle se défasse. Il n'y avait que les tresses naines pour résister au vent, à l'eau, aux doigts qui ne seraient pas ceux à l'avoir produite.
Ce n'était qu'une pâle copie. Rien de plus qu'une nouvelle torture infligée à son âme...
Mais comment avait-on pu reproduire à l'identique l'entremêlement de ses cheveux d'or ? L'éclat en était le même. Il n'y avait pas jusqu'au nuances de châtain qui ne fussent reproduites.
Dans le brouillard de son esprit, la clarté de la raison commença à poindre. Ses doigts poisseux de sang et engourdis attrapèrent l'ornement de la jeune femme. Il tira dessus fermement.
La tresse résista.
Etendue à ses pieds sans connaissance, ce n'était pas une illusion mais sa Béatrice, son Unique...qu'il venait de tuer.
Alertés par son hurlement de désespoir, semblable à celui d'une bête mortellement blessé, John, Mary et Aragorn entrèrent à temps dans la cellule: Lucas venait de prendre l'arme de Dwalin et s'apprêtait à se tirer une balle en pleine bouche, la tête de Béatrice reposant sur ses genoux. John se saisit de l'arme et tordit le poignet de Lucas pour la lui faire lâcher. L'agent misérable s'écroula sur le corps de son épouse et hurla son nom. Il tenta de nouveau d'attraper l'arme hors de sa portée. Aragorn le retint mais face à la violence dont il faisait preuve pour se libérer de son étreinte, John dut l'assomer.
Aussi, épuisé par ses trop nombreuses blessures, l'ancien roi sous la montagne perdit à son tour connaissance, en espérant ne plus se réveiller dans un monde où il avait tué la femme qu'il aimait.
Je suis sadique je sais. Alors c'était le dernier cliffhanger.
