Chapitre 50 - Monstres et Dragons
Les yeux du garçon se remplirent de terreur. Toute sa bravoure semblait l'avoir quitté en un instant.
Voyant le changement drastique du comportement du garçon, Lillian le reposa rapidement avec un air inquiet.
"Est-ce que tu vas bien ?" Demanda-t-elle avec inquiétude alors que le garçon serrait ses genoux contre sa poitrine et commençait à marmonner.
Il était en pleine crise de panique.
Harry sentit deux autres personnes sortir du bâtiment et deux hommes armés de fusils de chasse pointés sur eux arrivèrent en courant.
"Éloignez-vous du garçon, tout de suite !" Crièrent-ils. Un Américain et un Irlandais, pensa Harry, à en juger par leurs accents.
Harry n'avait pas l'intention de laisser les deux moldus dicter leurs termes. D'un léger mouvement de tête, il arracha les fusils des mains des deux hommes. Un autre mouvement de la tête envoya les fusils de chasse loin d'eux. "Ne faites rien de stupide," ordonna Harry en ignorant l'expression stupéfaite et apeuré qui se manifestait sur leurs visages.
"S'il vous plaît," commença l'un d'eux, mais Harry le coupa.
"Approche et prends le gamin," dit-il. "Nous ne sommes pas là pour vous faire du mal, nous sommes là pour vous aider."
Très nerveusement, l'un des hommes s'avança légèrement et l'autre le suivit de près. "Ça va aller, Michael," murmura-t-il à l'oreille du garçon alors qu'il le soulevait. "Tout ira bien," dit-il au garçon tremblant. Il le passa à son compagnon et lui demanda de ramener le garçon.
"T'es sûr ?" Demanda-t-il d'un accent irlandais prononcé.
"Le soleil va bientôt se coucher, Rick," dit l'Américain. Son accent rappelait à Harry les dessins animés de cow-boy que Dudley avait l'habitude de regarder quand ils étaient petits.
"Personne ne bouge d'ici," dit Harry.
"Écoutez-moi bien," claqua l'Américain. "Je ne sais pas qui vous êtes, mais vous n'êtes pas naturel et je ne reçois pas d'ordres de monstres ! En particulier le genre de monstres qui ont ravagé cette ville !"
"Oubliettes."
Harry lança le sort sur les deux hommes. Il contempla l'idée de l'utiliser sur le garçon, mais y renonça. Les sortilèges d'amnésie étaient dangereux sur le cerveau toujours en développement d'un enfant.
"Qu'est-ce que tu fais ?!" Siffla Lillian sous le choc. Harry l'ignora et sortit rapidement sa cape d'invisibilité de son sac et la drapa sur eux. Harry pressa son doigt sur ses lèvres, lui signalant de se taire. Durant ces quelques secondes, Harry avait effacé leur existence de l'esprit des deux hommes.
"Michael, Michael !" Appela Rick avec inquiétude, mais le garçon ne réagissait pas. "Ramenons-le à Shannon," dit-il et les deux se retirèrent rapidement dans le bâtiment.
Harry et Lillian les suivirent de près après avoir lancé un sort de silence sur leurs bottes. Ils suivirent les moldus à travers le bâtiment et une porte arrière dans la rue parallèle. La lumière du jour diminuait rapidement et les mouvements des moldus devenaient plus pressés et plus paniqués.
Quelque chose d'étrange se passait ici.
Ils s'arrêtèrent devant un bâtiment décrépit et regardèrent autour d'eux, à la recherche de signes de problèmes. Un moment plus tard, Rick se pencha et roula le tapis recouvrant le sol sur le côté pour découvrir une trappe. Il toqua trois fois à différents intervalles et attendit.
Le son d'un loquet étant ouvert résonna sous la trappe avant qu'elle ne s'ouvre pour révéler une tignasse blonde. "Vous l'avez trouvé ?"
"Nous ne serions pas là si ce n'était pas le cas," dit l'Américain avec irritation.
"Il a dû sortir quand Théo est allé chercher du matériel," ajouta Rick.
L'homme à l'entrée de la trappe acquiesça et passa un sac aux deux hommes avant de prendre le garçon dans ses bras et de retourner à l'intérieur. Harry regarda, perplexe, alors que le contenu du sac, qui se révéla être du sel, était répandit tout autour de la trappe. Les deux hommes entrèrent ensuite avec précaution et réarrangèrent la moquette avant de fermer la trappe.
"Je pense que nous devrions trouver un abri maintenant," murmura Lillian. Le comportement des moldus était assez révélateur de ce qui arrivait aux survivants de cette ville.
Harry hocha la tête et les conduisit dans le bâtiment opposé. Ils trouvèrent une pièce relativement propre donnant sur la rue et y installèrent leur tente. Ils auraient pu rester dans la pièce, mais leur tente leur fournissait des protections qui les rendaient complètement invisibles. Le défaut principal était que si quelqu'un connaissait l'emplacement approximatif de la tente, les protections tout autour risquaient d'échouer.
Ce n'était qu'une fois à l'abri sous leur tente que les deux adolescents se mirent à discuter.
"Pourquoi est-ce que tu as effacé leur mémoire, Harry," demanda immédiatement Lillian. Cette question lui brûlait la langue depuis qu'Harry lui avait dit de rester silencieuse.
"Il est clair qu'il se passe quelque chose ici," dit-il calmement.
"Sans blague," se moqua Lillian.
"Nous ne pouvons pas aider les moldus à moins que nous sachions ce qui se passe," dit Harry en élevant la voix. "Si nous les avions accompagnés en agitant un drapeau blanc, on aurait pu être découverts."
"Comment ?! Nous pouvons les protéger de ce qui les terrorise !"
"Ce qui révélerait notre présence à l'ennemi ! Tu n'as pas oublié qu'on chasse un savant fou avec un penchant pour le meurtre de masse, n'est-ce pas ?"
"Donc, s'ils sont attaqués, nous ne les aidons pas ?" Demanda-t-elle.
"C'est exact."
Lillian se tut, mais son expression lui dit à quel point elle n'aimait pas cette réponse.
"Ils ne sont pas importants pour notre mission," dit calmement Harry. "Si nous les avions accompagnés, on n'en aurait appris davantage sur leurs problèmes et ils nous auraient demandé de les aider. Tu penses qu'on aurait été capable de refuser face à ce genre de misère ?"
Lillian se détourna de lui.
L'obscurité s'était finalement abattue sur eux et il n'y avait aucun bruit à l'extérieur. Mis à part la lumière venant de leur tente qui était ensorcelée pour ne pas éclairer au-delà des protections magiques, les seuls objets émettant de la lumière dans l'obscurité étaient les étoiles scintillantes et la lune montante.
"Il est préférable pour eux de ne pas être au courant de notre présence. Il est clair que quelque chose les attaque la nuit. Cela pourrait être n'importe quoi et il est impératif que nous restions cachés, à nos ennemis tout autant qu'à nos alliés, jusqu'à ce que notre mission soit terminée." Dit encore Harry.
"Nous aurions pu leur expliquer notre mission et leur demander leur coopération," dit faiblement Lillian en s'asseyant sur une chaise devant la tente. Elle savait qu'Harry avait raison, mais ses actions semblaient inutiles.
Harry amena une autre chaise et s'assit à côté de sa petite amie. "On aurait pu," acquiesça-t-il. "Mais on n'avait pas le temps. Cet enfant semblait avoir un problème médical et nous aurions perdu beaucoup de temps à régler leurs problèmes."
Lillian soupira en regardant par la fenêtre.
Harry prit sa main dans la sienne et la serra doucement. "Nous ne pouvons pas interférer s'ils sont attaqués," répéta-t-il sombrement. "Si notre cible a vent de la présence de sorciers dans cette zone, notre couverture sera grillée."
"Donc, nous les laissons mourir même si nous sommes capables de les sauver," dit Lillian. "Je comprends le raisonnement, mais je n'aime pas ça du tout."
"Attendons d'abord de voir à quoi nous sommes confrontés," dit Harry.
"Je vote pour un monstre qui chasse les humains," marmonna Lillian.
"Je suis d'accord," dit Harry avec fatigue.
Ils se turent, se tenant toujours les mains.
Ils restèrent assis pendant dix bonnes minutes avant que Harry ne se lève et entre dans la tente. La tente ressemblait à une tente de cirque miniature, mais à l'intérieur, elle était assez spacieuse. Une seule colonne de bois épaisse la soutenait du centre. En face de l'entrée de la tente, se trouvait une petite cuisine et autour de la colonne centrale se trouvait une table ronde qui servait de table à manger. À côté de l'entrée, se trouvaient deux chambres équipées d'une salle de bain. Il y avait deux chaises autour de la table et beaucoup de coussins éparpillés sur le sol rendant l'endroit plus confortable. Une seule boule de lumière orange accrochée au sommet illuminait toute la tente.
Les chambres étaient identiques. Un lit simple se trouvait dans le centre et une salle de bains qui y était attachée avec lavabo, douche et toilettes. L'eau était produite grâce à des sortilèges infusés dans les structures nécessitant l'utilisation d'eau.
Cinq à six personnes pourraient facilement vivre dans la tente si elles le souhaitaient. Les murs n'étaient pas vraiment des murs, mais l'étoffe dont la tente était faite. Le tissu était plus dur qu'il n'y paraissait.
"Qu'est-ce que tu fais ?" Demanda Lillian doucement.
"Je cartographie notre emplacement actuel. Viens ici," répondit Harry. Il sortit la carte magique que Croaker lui avait donnée et l'étendit par terre. "Selon Warlow, Nicolaï est caché quelque part au nord-ouest d'ici. Ces deux endroits semblent idéals pour installer une base secrète," dit-il en pointant un doigt sur la carte.
"Les tourbières," murmura Lillian.
"Les tourbières," acquiesça Harry. "Nicolaï est un maître des potions et je suis sûr qu'il chercherait un endroit où les ingrédients sont facilement accessibles."
"On peut trouver des ingrédients de potions dans une tourbière ?" Demanda Lillian en fronçant les sourcils.
"Regarde ici. Cet endroit, Drumard, est entouré de tourbières et de forêts. On ira là-bas chercher des indices dans la région si cette ville ne nous apprend rien."
"Donc nous avons un plan jusque-là," dit Lillian en regardant par-dessus la carte, cherchant d'autres endroits viables qu'un maître de potions pourrait utiliser.
"Un plan un peu vague," dit Harry. "S'il se cache sous un fidelitas, nous n'aurons aucune chance de le trouver."
"Je pense qu'ils seront trop arrogants pour se cacher sous trop de protections alors qu'ils sont persuadés d'avoir déjà gagné la guerre," dit Lillian. "Mais si on trouve la créature qui attaque ces personnes, il nous suffira de placer subtilement un sort de localisation sur elle et la suivre là d'où elle vient."
"Bonne idée," dit Harry. "Mais les sort de localisation sont facilement détectables et cela pourrait nous faire repérer."
"Un faible sort de localisation n'est pas facilement repérable," répondit Lillian.
"Ils ne durent pas longtemps non plus," dit Harry.
"Mais cela nous donnera une direction générale," dit-elle. "De plus, s'ils se concentrent sur cette ville, ils doivent venir d'un endroit proche d'ici. Le fait qu'ils ne sortent pas pendant la journée nous dit aussi qu'ils ont des problèmes avec la lumière du jour."
"Ou ils aiment simplement la couverture de l'obscurité," dit Harry. "Donc, si on rencontre une de ces créatures, on utilise un sort de pistage extrêmement faible et nous n'interférerons pas si les moldus sont attaqués."
Lillian hésita un moment avant d'acquiescer. "Comment va-t-on appliquer le sortilège ?" Demanda-t-elle. "Nous ne pouvons pas le faire d'ici. Un sort venant d'un bâtiment ne passera pas inaperçu."
"Tu t'occuperas du sort," dit Harry. "S'ils viennent, on suivra tous leurs mouvements avec nos Multiplettes et dès qu'une occasion se présentera, tu prendras la cape, tu te téléporteras à leur emplacement et tu placeras le sort sur le corps de la créature."
"Euh…"
"Tu devras faire vite," avertit Harry. "Nous ne pouvons pas risquer que tu sois découverte."
"Ils pourraient me voir, tu sais," dit-elle nerveusement. "Ma téléportation de feu n'est pas exactement subtile."
"C'est pourquoi tu utiliseras la cape et tu te téléportera à un endroit où tu seras suffisamment cachée," dit Harry en roulant des yeux. "Tu n'as pas besoin d'avoir peur."
"Je n'ai pas peur !" Répliqua Lillian avec indignation.
Harry sourit. "Alors, enlève cet air incertain sur ton visage, ce n'est pas du tout attirant."
Lillian grommela, mais l'air confiant qu'Harry était habitué à voir en elle était de retour. Harry sourit et lui donna une petite pichenette sur le front.
Harry évita rapidement sa main qui essaya de lui rendre la pareille et se releva en riant. "Allez," dit-il en riant. "Occupe-toi de sortir les Multiplettes et je m'occupe de la nourriture en conserve. La nuit va être longue alors mieux vaut t'y préparer."
Emplacement inconnu
Dumbledore, pour la première fois depuis qu'il avait combattu Grindelwald, se sentait vraiment vivant et libre. Ses os, qui s'étaient mis à craquer quand il marchait, vibraient maintenant de magie, lui rappelant sa jeunesse. Un sourire, que Dumbledore ne se permettrait pas d'afficher au combat, s'étendait d'une oreille à l'autre alors qu'il utilisait habilement les explosions magiques des dragons pour manœuvrer et faire pleuvoir une puissante magie destructrice, ce qu'il ne pouvait faire nulle part ailleurs.
Oh, comme il était libérateur de se lâcher vraiment.
Les dragons décidèrent de changer de stratégie après que Dumbledore ait redirigé leur magie contre eux. Ils prirent position autour de Dumbledore, qui était dans les airs après avoir détourné une explosion vers un autre dragon. Ce dragon rugit de fureur alors qu'une partie de son aile était incinérée et qu'il accélérait en spirale vers le sol recouvert de neige.
Les dragons restants battirent leurs puissantes ailes, créant un puissant tourbillon d'air qui tournoyait autour de Dumbledore en se rétrécissant rapidement. Albus savait qu'il y avait de la magie dans ce vent qui déchirerait son corps en lambeaux, mais sans s'arrêter un moment, il se retourna, la baguette brandit en avant et fit jaillir un torrent de flamme.
Les dragons savaient que c'était un geste suicidaire, car le vent alimentait les flammes avec plus de puissance et Dumbledore était toujours à l'intérieur de ce torrent de feu et de vent.
Cependant, un feu de cette ampleur donnait à un phénix une force inimaginable et la force combinée de Dumbledore et de Fumsec, qui étaient arrivés juste à temps pour absorber ce pouvoir, explosa avec une telle force que les dragons sentirent le feu mordre dans leur peau impénétrable comme des éclats de verre ardents, les blessant gravement.
Le sortilège qui maintenait Dumbledore dans les airs s'arrêta avec le choc de l'explosion de Fumsec et Dumbledore atterrit doucement sur le sol.
Un sorcier contre quatre dragons. Cela aurait dû être un combat facile pour les dragons, mais avec Fumsec se joignant à la bataille, ils étaient presque égaux. Un des dragons ne pouvait plus prendre son envol et les autres étaient blessés gravement.
Dumbledore, quant à lui, semblait intouché, mais c'était uniquement grâce à la magie avec laquelle il s'était armé. Il savait qu'une fois ce pouvoir épuisé, il allait ressentir les dégâts qu'il était supposé sentir tout de suite.
"Reprends des forces et reviens, Fumsec," dit doucement Dumbledore. "Nous allons avoir besoin de tout le pouvoir qu'on peut pour ce dernier round."
Les trois dragons, prirent une fois de plus position autour de lui, mais ils le regardaient avec ce qu'il pouvait interpréter comme un air calculateur.
"Vous avez une créature noble et ancienne en tant qu'allié," gronda le chef.
"Cela vous fait-il plaisir ?"
"Nous pouvons sentir la magie qui le lie à vous," dit-il. "Des créatures comme celle-là ne peuvent pas être liées."
Dumbledore entendit l'accusation. "C'était sa volonté, pas la mienne," dit doucement Dumbledore. "Êtes-vous prêt à discuter comme des êtres civilisés ?"
Le dragon rugit et Dumbledore eut l'impression que la créature riait.
"Déclinez votre identité, sorcier."
"Albus Dumbledore." Dumbledore hésita à leur dire son nom complet, mais décida de ne pas faire d'humour dans cette situation.
"Avec des corps comme le nôtre, ne pensez-vous pas que se cacher pendant des millénaires serait impossible ?"
"J'imagine que cette barrière est un bouclier incroyable," dit Dumbledore avec précaution. Quelque chose n'allait pas, il pouvait le sentir. Il y avait une certaine pression dans l'air qui sentait la malveillance.
"Non Albus Dumbledore. Cette taille immense a pour unique but d'intimider les créatures minuscules. Voici notre vraie forme."
Les yeux de Dumbledore s'agrandirent alors que l'image du dragon scintillait et commençait à changer. Une fine brume rouge planait autour de leurs corps alors qu'ils devenaient de plus en plus petits jusqu'à ce qu'ils soient debout sur leurs pattes arrière, le dominant à trois mètres de hauteur.
Le chef était le plus petit et ils avaient l'air plus effrayants que jamais. Des écailles acérées comme des rasoirs couvraient leurs corps et leurs têtes étaient devenues plus reptiliennes avec des jambes puissantes et épaisses. La partie terrifiante était les fissures dans leurs corps qui brillaient intensément ; comme un incendie à peine contenu.
Si le souffle du dragon avait été puissant alors qu'ils étaient énormes, Dumbledore ne voulait même pas imaginer le pouvoir qu'ils pourraient libérer avec leurs corps et leur magie compressés à des niveaux aussi incroyables. Il pria pour que son plan fonctionne, sinon il ne ressortirait pas vivant de cette confrontation.
"Bien," dit Dumbledore avec une fausse bravade. "Si vous pensez que votre petite taille est censée m'effrayer, alors pourquoi ne pas essayer ce que vous envisagez d'essayer ?" Il laissa un sourire narquois grandir sur son visage. Oui, il n'y avait rien à craindre. Sa structure runique était solide. Le piège était solide. Il n'y avait rien à craindre.
Il n'y avait rien à craindre.
Quand le dragon ouvrit la gueule, révélant une concentration inconcevable de magie ; Dumbledore pria pour qu'il n'y ait rien à craindre.
Un rugissement jaillit du plus profond de ses poumons quand la concentration de magie explosa à l'extérieur et que sa magie fut drainée comme de l'air aspiré dans le vide. L'activation des protections de Poudlard n'était plus qu'un souvenir lointain de sa magie étant doucement caressée. C'était de la pure agonie en comparaison.
Et puis ça s'arrêta. Pendant un instant, il se sentit complètement engourdi, mais la douleur de son noyau magique commença à rayonner à travers son corps. Il avait trop abusé de sa magie.
Le froid de la glace s'imprégna dans sa peau et il réalisa qu'il avait littéralement fondu dans le sol. Son corps grésillait contre la glace et il se sentait si fragile qu'il savait qu'une autre explosion du dragon entraînerait l'explosion de son corps.
Tremblant, il se releva et à travers des yeux brumeux, il observa les dégâts que son piège runique avait fait.
Le dragon était en mauvais état. Ses ailes avaient été incinérées et il y avait un liquide noir qui dégoulinait sur tout son corps. Il était gravement blessé, mais il était toujours debout et furieux. Les autres n'avaient rien tenté, attendant les instructions de leur chef.
Dumbledore lui adressa un sourire sanglant.
"Des runes impressionnantes," siffla le dragon. Sa voix profonde et grondante semblait désormais plus faible. "Qu'un sorcier contienne ma magie est quelque chose d'impressionnant."
"Ha. Essayez encore une fois votre explosion et vous serez effacé de cette réalité."
"Je déchirerais ces protections en lambeaux et vous serez annihilé, Albus Dumbledore," dit le dragon d'un ton simple, mais le fait qu'il n'ait pas encore attaqué indiqua à Dumbledore que le dragon n'était pas si confiant après tout. Il pouvait voir les jambes du dragon trembler à cause des dégâts qu'il avait subis, mais il savait qu'il avait raison. C'était lui qui mourrait si l'un des dragons décidait d'attaquer.
"Le monde est en guerre," dit-il doucement. "Une ancienne créature se réveillera et détruira notre planète si nous perdons, mais avec la force de votre espèce, nous pouvons gagner."
"Nous en sommes conscients, jeune sorcier. Nous attendons l'éveil de l'aîné et seulement alors, nous et les autres prendrons position."
Dumbledore comprit tout de suite de qui il parlait.
Harry.
"Je sais de qui vous parlez, c'est mon pupille. Mais il est jeune et il a besoin de temps pour grandir. Si vous n'agissez pas maintenant, il n'y aura plus rien à sauver."
Le dragon rugit de rire et les trois autres l'imitèrent. "Le monde est beaucoup plus grand que ce que vous pensez, sorcier ! La perte de la race humaine est équivalente à la perte d'un seul gobelin. Vous ne savez rien, Albus Dumbledore."
"Je sais comment les Peverelle ont lutté contre cette créature. J'ai connaissance de la baguette, la cape et la pierre. Je sais que la baguette a choisi un successeur et je sais que Tom Jedusor est conscient du lien entre votre monde et le nôtre. Tôt ou tard, vous vous rendrez compte que les humains sont beaucoup plus capables que ce que vous pensez. Si vous ne me croyez pas, allez-y et attaquez moi de toutes vos forces."
"Je n'échouerais pas."
Les secondes de silence qui suivirent semblèrent être une éternité pour Dumbledore. Les dragons se regardèrent et Dumbledore se demanda s'ils communiquaient.
"Vous avez gagné, sorcier. Nous vous autorisons à parler devant les portes d'Haldor."
Dumbledore chercha un signe de mensonge mais n'en trouva aucun. "Vous ne le regretterez pas," dit-il, soulagé et avec ses dernières réserves de magie, il laissa tomber les protections. L'utilisation de ce petit acte de magie était trop pour lui et il succomba finalement à l'obscurité.
Les deux dragons encore entiers battirent des ailes de manière intimidante, mais le chef leva ses mains griffues et leur ordonna de se retirer. "Son destin sera décidé à Haldor. Occupez-vous de Drevius et je prendrai l'humain."
Le dragon humanoïde posa sa main griffue sur l'épaule inconsciente d'Albus avant de s'élever dans le ciel et de traverser un minuscule portail noir.
Il était minuit passé et Harry et Lillian s'ennuyaient complètement. L'anticipation de l'attaque d'une créature horrible avait disparu depuis longtemps.
"Je vois quelque chose de noir," dit Lillian. Les premières heures, ils étaient restés vigilants. Puis ils avaient commencé à discuter et maintenant, ils jouaient à des jeux.
"Le ciel," soupira Harry.
"Nan."
"Mes cheveux."
"Ouaip."
"Génial."
"Oui," soupira Lillian. "À ton tour."
"Parle moi de ta vie."
"Je te demande pardon ?" Lillian était soudainement réveillée. Cette question sortait de nulle part.
"Où tu as grandi. Tes amis. Les trucs que tu aimes faire."
"Oh. Ouais… .. Quoi ?"
"C'est une question simple," dit Harry, amusé par sa réaction.
"Je sais, ça m'a juste prise par surprise," dit-elle en riant nerveusement.
"Pourquoi tu es si agitée tout d'un coup ?" Demanda Harry en fronçant les sourcils. Il espéra soudainement qu'elle ne lui demanderait pas la même chose. Parler de sa vie serait un moyen rapide de plomber l'ambiance !
"Et bien," dit-elle, puis prit une profonde inspiration. "Où est-ce que je commence ?"
"Où est-ce que tu as grandi ?"
"Je suis née à Peckham," dit-elle en y réfléchissant. "J'ai déménagé à Bromley quand j'avais sept ans."
Harry haussa les sourcils. "Mon oncle et ma tante n'avaient jamais rien de bon à dire sur Peckham," dit-il.
"Bromley était un peu mieux," dit-elle en riant. "Ce n'était pas si terrible que ça; Peckham, je veux dire. J'étais très jeune et je m'en souviens à peine. Mais je me souviens m'être bien amusé avec mes amis là-bas."
"Tant mieux," dit Harry. "Parle-moi de tes amis."
Lillian sourit. "C'étaient une bande de fous. Il y avait Sally et Anne; elles étaient jumelles. Ensuite, il y avait Brook, David et Rutford. C'étaient mes amis les plus proches et leurs parents étaient proches de mon père. Ils ont déménagé en même temps que nous à Bromley après Peckham."
Harry hocha la tête.
"Notre passe-temps préféré était de faire éclater des pétards devant les maisons des gens quand ils étaient occupés, si tu vois ce que je veux dire," dit-elle avec un clin d'œil.
Harry éclata de rire. "T'es sérieuse ? C'est juste méchant."
"Oh, on a eu des ennuis à plusieurs reprises, mais David et Rutford étaient des bagarreur et ils ne reculaient jamais devant un combat, même s'ils savaient qu'ils avaient tort. Ils se faisaient cogner souvent." Elle se tut alors qu'elle se rappelait les bons moments avec ses amis. Ils étaient probablement morts maintenant, pensa-t-elle sombrement.
"Désolé de te l'avoir rappelé," dit doucement Harry en devinant ce à quoi elle pensait.
"Ça va," dit-elle avec un sourire. "On a des choses plus importantes à craindre." Harry pouvait voir qu'elle n'était pas complètement honnête.
"Je n'ai jamais eu d'amis en grandissant," dit-il. "Mon oncle et ma tante me détestaient à cause de ma magie. Ils pensaient que j'étais un monstre et ils se sont assurés que tout le quartier pense la même chose."
Lillian écarquilla les yeux.
"J'imagine que je pourrais les remercier pour ce qu'ils ont fait. Sans ça, je ne serais jamais devenu aussi puissant que je le suis maintenant. C'est à cause d'eux que j'étais déterminé à prendre le contrôle de ma magie et à exceller dans son utilisation."
"Harry…"
"Je sais," dit-il brusquement. "C'est déprimant, mais ça en valait la peine."
Lillian rapprocha sa chaise de lui et plaça sa main sur sa joue. Elle tourna doucement son visage vers elle et le regarda dans les yeux. "Tu aurais été incroyable malgré tout," dit-elle doucement avant de poser ses lèvres sur les siennes.
Il savoura la sensation avant de passer ses doigts dans ses cheveux et de se rapprocher pour lui rendre passionnément son baiser, mais il se figea soudainement.
"Pourquoi t'es-tu arrêté ?" Grogna-t-elle avant de planter un baiser sur son oreille. Harry frissonna et ce n'était pas dû au froid. "J'ai entendu quelque chose," murmura-t-il.
Il attendit, ne bougeant pas, et Lillian plissa les yeux quand elle entendit un bruit étrange dans le vent.
Ils forcèrent leurs hormones à se calmer et Harry apporta rapidement leurs Multiplettes. "Tu vois quelque chose ?" Demanda-t-il.
Lillian tourna un cadran qui permettait de voir clairement dans la nuit et plissa les yeux dans la direction d'où venait le son. "Rien," répondit-elle. "Non, attends ! Il y a quelque chose qui bouge près de ce bâtiment."
"Lequel ?"
"Celui avec le toit vert," murmura-t-elle.
Harry ajusta ses Multiplettes en s'attendant à voir quelque chose d'horrible, mais c'était juste un groupe d'humains normaux dans la rue. Qu'ils soient sorciers ou moldus était encore à déterminer.
"Ils ont l'air effrayés," marmonna Lillian. "Que se passe-t-il ?"
Les quelques dizaines d'hommes et de femmes se rassemblèrent les uns contre les autres et une minute plus tard, un vortex de portoloin s'ouvrit derrière les humains et des vampires en sortirent avec d'énormes cages à côté d'eux. Il était facile d'identifier les vampires avec leur peau blanche et pâteuse qui collait à leur corps comme un masque couvrant leurs personnalités laides. Ce qui était plus intéressant, c'étaient les cages fermées qui criaient le danger.
Harry et Lillian continuèrent à les observer. Des mots furent échangés et les humains semblaient maintenant terrifiés. Ils commencèrent à courir et les vampires aux yeux rouges se contentèrent de sourire. Une image plus claire de ce qui se passait dans cette ville commençaient à se former dans l'esprit des deux adolescents.
"Harry, c'est une chasse," murmura urgemment Lillian. "Nous devons aider ces moldus !"
"Non !" Dit Harry durement. "Nous ne pouvons pas nous révéler tout de suite. Je pensais avoir été clair, Lillian ! Si nous le faisons, nous perdons notre seul espoir de traquer les vampires jusqu'à leur tanière."
Les minutes passèrent et les vampires attendaient toujours que les moldus s'éloignent un peu plus et se cachent.
"Ce qui se trouve dans ces cages est probablement la cause de tous ces corps que nous avons vus," murmura Harry. "Je pense que cette ville est leur terrain d'essai."
Lillian hocha la tête. "Des créatures magiques expérimentales ? Nous avons déjà tant de créatures dangereuses et maintenant, ils essaient de les rendre encore plus dangereuses ?!"
"Ne nous avançons pas trop vite," murmura Harry, bien qu'il fût d'accord avec elle. Ces cages mesuraient plus de deux mètres et il pouvait voir qu'elles étaient magiquement renforcées. La créature qui en sortirait allait être très dangereuse.
Au moment où l'anticipation devenait trop difficile à supporter, les vampires sautèrent sur les quatre cages et les ouvrirent avant de s'enfuir immédiatement. L'ouverture, comme dans un véritable film d'horreur, tomba lentement et heurta le sol avec un bruit sourd.
Une créature imposante émergea. Une fourrure noire épaisse couvrait tout son corps. Elle avait d'énormes yeux rouges qui brillaient de malice et de folie. Ses crocs étaient longs et pointus et, à la place des doigts, elle avait des griffes comme des aiguilles. Son dos était un peu plié alors qu'elle faisait un autre pas en avant, mais soudain, elle leva sa grande tête vers le ciel et hurla à la mort.
"Oh Merlin," dit Harry. Il n'arrivait pas à en croire ses yeux. Cette créature n'était qu'un mythe, une expérience magique infructueuse. Mais ici et maintenant, il semblait que Wanbosi avait réussi l'impossible.
"Qu'est-ce que c'est que ça, Harry ?"
"C'est un hybride," dit Harry d'un ton sinistre. "Un mélange d'un vampire et d'un loup-garou avec la force d'un géant. Du moins en théorie."
Les bêtes disparurent soudainement et avant qu'ils n'aient le temps de réagir, un moldu, à un kilomètre de là, était déchiré en lambeaux. Ils ajustèrent rapidement leurs Multiplettes et regardèrent avec une fascination horrifiée une des bêtes plonger ses griffes dans l'intestin du moldu et agripper son cou avec sa mâchoire.
Le pauvre homme était mort en quelques secondes. La bête déchiqueta le cou de l'homme quand elle se dégagea violemment.
Harry jeta un coup d'œil à Lillian et il ne savait pas s'il devait être heureux ou triste qu'elle n'ait pas bronché. Il espérait qu'elle serait capable de surmonter les effets secondaires d'un élémentaliste comme il l'avait fait.
"Ces choses sont plus rapides que les vampires," dit calmement Lillian, surprenant Harry.
"Je me demande comment ils les contrôlent," murmura-t-il et grimaça quand le cri d'un autre moldu retentit dans la ville.
Lillian ne répondit pas.
Il leur était difficile de rester assis et d'attendre sans même essayer d'aider les moldus, mais c'était la seule façon de ne pas être détecté. Harry savait que ces créatures les sentiraient à l'instant où ils quitteraient les barrières magiques.
"Il y en a un qui arrive par ici," dit-elle soudainement. Un moldu courait vers leur bâtiment.
"Sois rapide," dit Harry alors qu'elle se levait et posait un pied sur le rebord de la fenêtre. "Ne manque pas ta cible et…."
Elle s'arrêta et se tourna vers lui.
"Et fais attention à toi," dit-il doucement. Lillian sourit et se retourna. Elle sortit sa baguette, drapa la cape d'invisibilité autour d'elle et attendit que la bête arrive.
Harry retint son souffle alors que l'homme terrifié trébucha près de leur immeuble. Quelques secondes plus tard, la bête, encore plus défigurée et dévorée par la rage, traversa les murs du bâtiment opposé comme si c'était du papier et avec un bond, elle était au-dessus de l'homme qui criait.
"Maintenant !" Dit Harry avec urgence et Lillian disparut dans un torrent de flammes.
Harry regarda, haletant, alors que Lillian reparaissait silencieusement au-dessus de la bête et la toucha avec un sort de localisation. La bête devait être capable de ressentir la magie, car à l'instant où le sortilège quitta la baguette de Lillian, la bête se tourna et fit glisser ses griffes vers la position de Lillian. Mais l'élémentaliste était plus rapide. Elle avait déjà disparue et la bête se contenta de balayer de l'air chaud.
Elle l'avait fait !
Elle réapparut derrière lui et tomba par terre.
"Aïe."
"Est-ce que tu vas bien ?" Demanda-t-il avec un air concerné.
Lillian ne répondit pas, mais se leva rapidement pour regarder dehors.
"Ne regarde pas," conseilla Harry. Il savait que le meurtre qui se passait à l'extérieur serait sanglant.
"Je veux voir ce que je n'ai pas empêché d'arriver," répondit-elle sans émotion et en silence, ils regardèrent les cris de l'homme se transformer en flaque de sang. Harry ne montra pas le moindre signe de dégoût alors que la victime était démembrée, mais Lillian avait un regard étrange. Le dégoût était l'émotion prédominante en elle, mais il y avait autre chose en arrière-plan.
De la soif de sang.
"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" Souffla Lillian en fermant les yeux. La bête en avait fini avec sa victime et était maintenant à la recherche de sa prochaine proie. Elle n'avait pas détecté les deux élémentaliste qui l'observaient à quelques mètres d'elle.
"Maintenant, nous attendons et continuons à observer. Quand ces monstres partiront, nous aurons une bonne idée de l'endroit où nous pourrons trouver une nouvelle piste."
"Tu penses qu'ils vont nous mener à la cachette de Wanbosi ?"
"Espérons que ce sois aussi facile," rit Harry sèchement.
Emplacement inconnu
Dumbledore se réveilla avec une sensation de chaleur se propageant dans son corps. Ses yeux s'ouvrirent et il sentit une douleur sourde dans sa poitrine. Les souvenirs de la bataille et de sa conclusion revinrent rapidement et il se redressa aussitôt, ses yeux en alertes.
Ses yeux grandirent de manière exponentielle à la vue devant lui.
De l'or.
Des piles d'or se trouvaient tout autour de lui ainsi qu'une dizaine de dragons. Ils n'étaient pas tous gigantesques, comme il l'avait imaginé, mais de taille différente, le plus petit mesurant environ deux mètres. Leur taille avait beau être un facteur d'intimidation, leurs yeux étaient vraiment le plus effrayants. Dumbledore pouvait sentir ces yeux fixés sur lui et il savait qu'ils réprimaient tous l'instinct de tuer cet étranger.
"Albus Dumbledore. Bienvenue aux portes d'Haldor."
Albus se retourna, baguette à la main; mais il s'agissait seulement du dragon qu'il avait combattu. Toutes les traces de ses blessures avaient disparu et ses ailes étaient complètement ouvertes. Dumbledore se demanda combien de temps, il avait été inconscient et ce que les dragons lui avaient fait pour qu'il ne ressente pas la douleur qu'il était censé ressentir.
"Porte ?" Demanda Dumbledore d'un air confus. Il n'y avait pas de porte en vue.
Le dragon pointa son doigt derrière Dumbledore. Il se retourna et vit les plus belles portes qu'il verrait de son vivant. Elles étaient un peu plus grandes que celle de son château bien-aimé, mais alors que celles de Poudlard étaient en bois, celles-ci étaient faites d'un métal étrange qu'il ne pouvait pas identifier et était symétriquement parsemé de pierres précieuses. La plupart des pierres précieuses étaient des diamants, de la taille de sa tête. Mais il y avait plusieurs autres pierres colorées intégrées autour d'eux. Les pierres semblaient former une sorte de runes.
Il avait tout simplement le souffle coupé.
"Nous n'avons pas traversé ces portes depuis des millénaires, car nous en sommes les gardiens, protecteurs du royaume des races cachées."
"Ais-je gagné le droit de les franchir ?" Demanda Dumbledore prudemment.
"En effet," gronda le dragon. "Mais les informations que vous nous apportez vous ont valu ce droit. Votre petit triomphe ne suffisait pas." Dumbledore réalisa que sa victoire avait blessé l'ego de ce dragon.
"Peut-être que vous devriez écouter ce que les gens ont à dire avant d'essayer de les tuer," dit Dumbledore avec humour.
Le dragon ignora la blague et posa les mains sur les portes. Il laissa sa magie traverser le métal, le faisant briller de mille feux. La lumière devenait de plus en plus forte et alors qu'elle devenait aveuglante, le dragon poussa les portes et les ouvrit.
"Oh, mon dieu," haleta Dumbledore.
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Comme d'habitude, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre !
À la prochaine !
Chapitre 51 - Nicolaï Wanbosi
