Chapitre 43Carpe diem

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- Bonne année, tout le monde ! s'exclama Emmeline en arrivant essoufflée dans l'appartement de Sirius (magiquement agrandi pour tous les accueillir). Désolée de ne pas être venue plus tôt, je ne devais revenir sur Londres que pour le Poudlard Express, mais Sirius a dit que c'était important…

- Très, sourit-il. Et puis, tu n'es pas la dernière, Benjy doit encore arriver…

- Il amène un ami, le frère aîné d'Amélia, dit Remus. La dernière recrue de l'Ordre.

- Edgar ? dit Emmeline. C'est un chic type… et un sacré plaisantin, vous allez voir…

Ils virent en effet. L'aîné des Bones se présenta avec un bouquet de fleurs… derrière lequel il avait caché un pistolet à eau… (Les farces moldues étant considérées à l'époque comme le summum du raffinement dans leur groupe, il marquait un point).Emmeline eut droit aux fleurs – visiblement, Edgard la connaissait par le biais de sa petite sœur. Il travaillait au service des Oubliators et avait travaillé sur l'incident d'Heathrow. Il avait parlé à Dumbledore. Il faisait à présent partie de l'Ordre, sous la tutelle – et la surveillance étroite - de Benjy et Alastor.

Dommage pour lui, il était arrivé juste avant Alice, qui s'extasia sur la main de Lily pendant cinq bonnes minutes, puis se mit à serrer tout le monde dans ses bras, sans exception, sous le regard indulgent de Frank. Après qu'elle a écrasé sans ménagement les côtes d'Edgar, elle se rendit compte qu'elle serrait dans ses bras un parfait inconnu.

- Oh. Pardon, monsieur.

- Il n'y a pas de quoi, « madame ».

Alice sourit et recula d'un pas, très gênée.

- Quand tu auras fini d'effrayer la nouvelle recrue de l'Ordre… rit Lily.

Alice revint vite à la réalité. Oh-oh.

- Tu peux m'expliquer pourquoi tu n'as pas prévenue ta meilleure amie que tu t'étais fiancée !?

- Tu m'as annoncé tes fiançailles un sac poubelle à la main, alors excuse-moi d'avoir préféré attendre un moment plus propice !

Elles se chamaillèrent sous le regard amusé de leurs mari et fiancé. Ils engloutirent bon nombre de Fondants du Chaudron et de friandises que Peter avait ramené d'Honeydukes – des fois que leurs hanches n'aient pas encore suffisamment pâti de la période des Fêtes.

- On a failli causer une attaque à la mère de James, racontait Lily à Gidéon Prewett. Et crois-moi, au Réveillon, son cœur avait déjà été sacrément éprouvé par tes neveux …

Car entre autres évènements marquants du 31 décembre, il y avait eu Sirius, recruté par les enfants pour incarner le Croque-mitaine (le méchant du jeu sorcier du même nom), qui avait crié un « Bouh ! » retentissant à Bathilda Tourdesac, alors que celle-ci amenait le thé de la cuisine. Ne jamais sous-estimer le dynamisme d'une sextagénaire. Elle avait giflé Sirius, avait crié au satire, avant qu'il ne s'excuse et ne lui prenne galamment le plateau des mains. Elle avait finalement grommelé un « ce garnement chevelu….» et s'était rassise.

Lily se retint d'exploser de rire dans sa tasse de thé et se força à écouter Emmeline.

- Vous avez reçu l'invitation pour la réunion des Anciens élèves ?

- Yep… et ça tombe pendant un de mes séminaires de mycologie, se lamenta Lily.

- Sèche, dirent en même temps les quatre Maraudeurs, comme si c'était l'évidence même.

- Non, je vais plutôt demander une dispense à mon supérieur.

- Encore ce Belby ? grommela James. J'ai toujours pensé qu'il était beaucoup trop jeune pour être Médicomage…

- Tu ne l'aimes pas parce que tu es jaloux.

- Avec raison ! Il te tourne autour depuis le début…

- Et ça ne m'a pas empêché de dire « oui » à une certaine demande d'un certain binoclard brun, plutôt qu'à celle d'un beau blond comme lui.

James regarda ses amis, l'air choqué, comme pour les prendre à témoin.

- Vous voyez à quoi j'ai droit ? Et on se demande où est passé ma confiance en moi…

- Sous les semelles de Lily, dit Peter sur un ton fataliste.

- Piétinée avec application, confirma Sirius, avec un vigoureux hochement de tête.

- Dans les yeux de ta chère et tendre, fit Remus.

- Ouille, trop de romantisme sirupeux, mon cher Lunard, dit Sirius en se cachant les oreilles. Quand est-ce qu'on sort la Bièraubeurre ?

- Encore ?

….

Ils passèrent une bonne partie de l'après-midi chez Sirius, et ne parlèrent finalement que très peu des dernières missions de l'Ordre (surveiller les maisons de personnes susceptibles d'être la cible de Mangemorts, comme des Nés-moldus ou des journalistes, enquêter sur les Mangemorts confirmés, sur l'endroit où pouvait être cachés les Lestrange, Voldemort, etc.)

Au cours de l'après-midi, Remus reçut du courrier.

Lily ne dit rien, mais elle reconnut parfaitement le papier à lettres de l'expéditeur – du papier fin, de première qualité, indéniablement empreint de classe française.

Les autres sorciers présents ne cillèrent même pas : les hiboux traversaient Londres de long en large depuis une semaine, on recevait des cartes de vœux à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, à n'importe quel endroit qu'on soit. Mrs Evans s'était crue personnellement attaquée, quand le hibou de Mrs Potter avait débarqué dans sa salle de bain, bien décidé à délivrer le courrier qui lui avait été confié.

- Comment va Margot ? glissa-t-elle à Remus.

- Toujours fidèle à elle-même… Elle a trouvé un job dans une Fondation Anti-Discrimination du Monde magique, et elle cherche des financeurs pour un de ses projets … Elle cherche toujours un collaborateur, dit-il en évitant son regard.

- Une fille te répète ça dans chacune de ses lettres et tu ne traverses pas la Manche ? Tu es encore plus bouché que James, parfois…

- Oh, ça va… et puis, je peux parler de son cas à Gringotts, c'est près du magasin et c'est le deuxième centre financier du monde magique après la Bourse de Salem…

- Remus, tu sais parfaitement qu'elle préférerait un collaborateur qui travaille avec elle autrement que par hiboux interposés…

Il reposa sa tête sur un coussin et regarda le plafond.

- Alors je suppose que je suis un peu lâche.

- Tu as été à Gryffondor. Ca veut dire beaucoup.

- C'est la maison qui me parait incarner l'idéal de vie le plus porteur, mais pas forcément celle qui me convient… il y a des gens qui vont à Serpentard sans être fourbes, et le contraire… J'ai toujours pensé que j'étais un Serdaigle refoulé…

- Tu es un vrai Gryffondor dans d'autres aspects de ta vie, Rem'… cet Ordre, et tout le reste…

- Alors peut-être que je veux rester en Angleterre à cause de cet Ordre. Crois ce que tu préfères…

Elle eut l'air triste, mais n'ajouta rien. James lui lança un regard interrogateur depuis le lit de Sirius, où il était affalé, mais elle secoua la tête. Pas plus qu'elle ne l'interrogeait sur ses discussions avec Sirius il ne l'interrogeait sur ce que Remus et elle échangeaient. Et elle appréciait.

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Salut Lily ! Joyeux Noël et Bonne Année !

Comment ça se passe à Sainte-Mangouste ? J'espère qu'ils ne t'exploitent pas trop... Xenophilius a repéré des traces de ce qu'on pense être un Enormus à Babille, du côté de Rio Parana ! On devait rentrer un peu avant ton anniversaire, mais finalement, si on retrouve ces traces, on restera plus longtemps… Xeno t'embrasse !

Est-ce que tu as des nouvelles de Liv ? Il est possible que ses dernières lettres aient été perdues, mais ça fait tout de même longtemps que j'attends son hibou… son dernier message disait qu'elle avait aperçu une troupe de trolls près de son bivouac ! Fascinant, non ?

Chiara (et Xenophilius)

PS1 : Arabella s'est installée avec ses « chats » à Little Whinging, et ses voisins d'en face s'appellent Dursley : un rapport avec ta grande sœur?

PS 2 : Attention aux Nargols autour des décorations de Noël que vous installez, ça peut être mauvais pour vos patients les plus sensibles…

Lily replia la lettre, le sourire aux lèvres. Elle se promit de vérifier rapidement si sa sœur était poursuivie par le monde des sorciers (comme elle le craignait tant…).

Chiara Figg et Xenophilius Lovegood. Faits l'un pour l'autre. Sang-purs. Complètement givrés. Passionnés de plantes et animaux disparus. Lily se fit la réflexion que les ravages de la consanguinité se manifestait de manière très évidente avec les sœurs Figgs : trois générations de mariages entre cousins, et ils avaient eu droit à une Cracmol, qui donnait dans le commerce et l'élevage illégal de Fléreurs, et à des jumelles albinos, surdouées mais aussi indéniablement un peu folles…

- Lily ! On y va ? Le prochain train est dans moins d'une demi-heure !

A croire que James était le plus excité des deux à l'idée de retourner à Poudlard… Elle, n'était pas revenue assister à tous les matchs de Quidditch avec Peter…

- Wow. Mademoiselle Potter, rit James, en bas des escaliers.

C'était le nouveau surnom qu'il lui avait trouvé.

- Qu'y a-t-il de « wow » dans cette jupe et ce chemisier ?

- Toi ?

Elle leva les yeux au ciel, mais accepta le compliment. Elle attrapa le manteau qu'il lui tendait et ils traversèrent Godric's Hollow jusqu'à la station de bus. Elle passait vraiment beaucoup trop de temps chez son petit ami, ses parents en étaient jaloux… Déjà qu'elle les avait fait mariner près d'une semaine avant d'annoncer qu'elle s'était fiancée… (Après que James a demandé sa main à ses parents le 24, les Evans n'avaient pas compris qu'elle ne débarque pas chez elle le 25 en criant « Je suis fiancéééée »…ce qu'avait fait Pétunia, en son temps.)

Lily s'endormit dans ses bras, au cours du trajet vers Londres. Elle avait très peu dormi ces derniers jours, à cause de ses gardes de nuit à Sainte-Mangouste. Transplaner jusqu'à Pré-au-lard prendrait moins de temps, mais utiliser les transports moldus avait l'avantage de lui faire passer du temps avec James. Ils allaient chez les Londubat - James ne posait jamais de question quand elle réclamait une discussion entre filles avec Alice… pas plus qu'elle n'en posait quand il réclamait une soirée exclusivement avec les Maraudeurs.

Alice les accueillit avec son sourire habituel. Frank avait l'air plus fatigué – il commençait à accompagner les Aurors plus âgés dans des missions de nuit – mais il ne le montra pas, et parla Quidditch avec James, pendant que les deux meilleures amies se calaient dans la cuisine, protégées par un Assurdiato. Alice savait très bien ce qui la tracassait.

- Tu paniques ?

- Je me pose des questions. Je n'ai pas fermé l'œil depuis deux semaines, et mes gardes à l'hôpital n'y sont pour rien… Est-ce que toi, tu te posais autant de questions quand tu as accepté d'épouser Frank ?

- Non. Mais nous ne sommes pas un modèle. Il n'y a pas de manuel en amour, Lily, et Frank et moi nous sommes fiancés d'un commun accord. Bien sûr, il m'a demandé en mariage avec une bague et tout le tralala, mais on en avait parlé avant, ce n'était pas une surprise.

- J'ai la trouille.

- Tu penses que tu vas faire une énorme bêtise ?

- Non. Je pense juste à ce dicton qui dit que l'amour ne dure que trois ans.

- On ignore où on sera dans trois ans.

« Si on sera vivants dans trois ans » disaient les yeux d'Alice.

- Ce n'est pas une bonne raison de se marier !

- Mais c'est une très bonne raison de mépriser un vieux dicton. Tiens, j'en connais un autre : carpe diem. Breveté par les Latins il y a plus de dix-neuf siècles. Ils se posaient moins de question que toi, et ça marchait très bien.

- Je « psychote » encore trop ?

- Il semblerait. Mais si tu veux une preuve que vous êtes faits l'un pour l'autre… JAMES ! appela-t-elle. Ramène tes fesses ! Et ta baguette, avec !

- Ouille, fit James d'une voix douloureuse. A peu de choses près, j'aurais pu croire que c'était Lily qui me parlait...

- Un Patronus, je te prie, exigea Alice. Lily, même chose.

James leva un sourcil. Lily en leva un autre. Ils sortirent leur baguette. Yeux rivés l'un à l'autre – quelle meilleure inspiration que James pour Lily et Lily pour James? – ils prononcèrent les mots bien connus.

La biche et le cerf argentés s'observèrent avec curiosité. Ils se rendirent compte qu'ils n'avaient jamais produit de Patronus en présence l'un de l'autre, mais le petit doigt d'Alice lui soufflait souvent bien des choses intelligentes...

Le regard de James croisa celui de sa fiancée. Il sourit, et elle sourit. Les inquiétudes s'étaient évanouies.

- Prêts pour le grand retour ? fit Alice.

- Un peu, oui !

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Les tours s'étiraient vers le ciel comme les doigts d'une main accueillante. Lily frissonna sous sa jupe, et accepta avec gratitude le bras de James. Le lac était gelé, et on pouvait voir Hagrid émerger des volutes de vapeurs qui montaient de la terre, tel la locomotive du Poudlard Express à King's Cross, et recouvrir certaines plantes de son potager avec de l'engrais fumant.

La Réunion des Anciens Elèves avait lieu dans un des cachots, une heure après la fin du dîner des élèves. Le temps qu'ils arrivent, Lily frissonnait, malgré les sorts de réchauffement que James lui appliquait discrètement sur les jambes. Ils retrouvèrent leurs camarades de classe, dont une Hildegarde toute bronzée, qui s'extasia sur la bague de fiançailles de Lily pendant plusieurs minutes, avant de leur parler de son poste d'assistante à Buenos Aires aux bureaux du Courier international des sorciers. Elle non plus n'avait pas eu de nouvelles de Liv Figg depuis plusieurs mois. Mary, Briséis, Timothy, Ethan, Gulliver et les autres vinrent les saluer et les féliciter, et Nick-Quasi-sans-tête sortit même un énorme mouchoir à dentelle pour s'essuyer les yeux.

- Il a toujours été aussi émotif, ou seulement depuis qu'on est partis ? rit Alice en le regardant ranger son mouchoir dans une fantomatique poche.

- Bonjouuuur, fit la voix trop sucrée de Dumbledore et McGonagall dans leur dos.

Comme par réflexe, la main de James quitta la hanche de Lily. Puis, il sembla se rappeler que leur Directrice de maison n'avait plus vraiment le droit de leur faire de réflexion...

- Bonsoir, professeurs, sourit le groupe de Gryffondors.

- Alors comme ça… vous vous êtes fiancés ? dit Dumbledore en échangeant un regard avec le professeur de Métamorphose.

Celle-ci leva les yeux au ciel, fouilla sa poche, et fit tomber deux Gallions dans la main de Dumbledore.

- Albus, je déteste faire des paris avec vous…

- Vous faites des paris sur la vie amoureuse de vos élèves ? fit Alice, mi-choquée, mi-amusée.

- Votre mariage avec Mr Londubat a renfloué Minerva comme jamais…

Ils plaisantèrent comme de vieux amis, plutôt que d'anciens professeurs et élèves, flûtes de Champagne à la main. Slughorn virevoltait entre ses anciens élèves, à la recherche des perles desquelles requérir les faveurs. Briséis Jones ignora ouvertement les trois allusions qu'il fit à la prochaine Coupe de Quidditch – sa grande sœur avait été sélectionnée pour l'équipe d'Angleterre. McGonagall regardait le petit manège de son collègue en reniflant dédaigneusement, et prétexta l'envie de parler avec un ancien élève de Serdaigle, situé à l'autre bout de la salle…

- Hum, professeur ? lui glissa Lily, avant qu'elle ne s'éloigne. Si vous voulez récupérer ces Gallions, peut-être aurais-je dû préciser que je n'ai pas accepté la première demande de James…

Les lèvres du professeur McGonagall s'étirèrent en un mince sourire. Elle se retourna.

- Albuuus ?

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- Hellooo la compagnie !

- Sirius ! « Une heure de retard, ta mère ne t'a donc rien appris » ? dit Remus dans une parfaite imitation de Molly Weasley – qui avait ainsi accueilli son mari, le soir du Nouvel An.

- Je cherche Dumbledore, répondit-il sérieusement.

- Suis le chapeau de sorcier à pompons.

- Le chapeau à pompons et à motif de soleils, précisa Alice.

Sirius localisa ainsi le Directeur et se dirigea vers lui. Ils échangèrent quelques mots et quittèrent un instant la salle.

Lily échangea un regard interrogateur avec James, mais il ignorait ce qui se passait, tout autant que Remus et Peter.

Sirius revint comme si de rien n'était, et leur conseilla les petits fours. Lily suivit un moment le pompon qui dodelinait au-dessus de la tête du directeur, puis baissa subitement les yeux. Elle avait failli croiser le regard de Severus. Il quitta le cocktail quelques minutes après. Lily était presque sûre que ce n'était pas seulement elle, mais l'anneau qui brillait à sa main gauche qu'il avait regardé avec un air de profond dégoût, voire de rage. Et oui, si James l'épousait, les Potter cesseraient d'être considérés comme des Sangs-purs, ce qu'ils avaient été pendant des dizaines de générations.

- Excellent tartare de dragon, dit le professeur McGonagall en revenant vers eux. Vous savez, vous m'avez beaucoup manqué, cette année…

McGonagall avait les yeux suspicieusement humides.

- Amélia était un très bon choix de Préfète-en-chef, mais je vous ai tout de même regrettés…

Lily avait été assez satisfaite de voir que le professeur avait pris en compte ses impressions, avant de désigner la « succession » de ses préfets.

- Emmeline et Amélia nous ont un peu tenus au courant… il semblerait que les problèmes disparaissent avec nous…

- Mais le peu de soucis que nous avons eu n'ont pas été réglé aussi efficacement… Regardez, il suffit que Mr Black revienne ici, pour que Dumbledore m'annonce qu'il a trouvé le coupable des empoisonnements de hiboux… on devrait peut-être créer un poste rien que pour vous, en plus des Aurors de garde…

Ils rirent et lancèrent un regard curieux vers Sirius, qui l'ignora obstinément. « Pas ici » disaient ses yeux. Ceux de McGonagall les remerciaient clairement de leur investissement dans l'Ordre.

Le ballet des retrouvailles reprit un moment, et Lily en profita pour aller parler à Dumbledore du cas Liv Figg. S'il y avait une personne qui pouvait savoir ce qui se passait sur le territoire de Poudlard, c'était bien lui…

- Malheureusement, je n'ai pas plus de nouvelles que vous… j'ai demandé à Hagrid de se renseigner auprès des centaures et des autres créatures amicales de la région, mais je n'ose pas envoyer mon précieux garde-chasse trop profondément dans la Forêt… comme je l'ai dit à Liv, lorsqu'elle m'a exposé son projet, je ne pense pas qu'obtenir un répertoire exhaustif de la faune et de la flore de la Forêt vaille de perdre la vie d'une brillante élève et d'une future zoologiste…

Lily acquiesça, et quitta le Directeur plus inquiète que jamais. Elle comprenait seulement maintenant que le professeur Dumbledore n'était pas un superhéros avec une réponse à tout.

- Vous rentrez ? remarqua-t-elle en voyant Sirius remettre sa veste.

- Je veux savoir qui empoisonnait les hiboux, et Dumbledore ne veut pas que j'en parle dans l'enceinte du château… De toute façon, plus personne n'arrive…

Lily ne protesta pas. Elle était certaine de pouvoir obtenir de Slughorn une visite du château à chaque fois qu'elle en aurait envie. Il ne servait à rien qu'elle s'attarde – ce n'était pas tant les vieilles pierres que l'animation permanente de ses années d'études qui lui manquait.

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Ils s'enfoncèrent dans la nuit noire, petit groupe bruyant et rieur, bras dessus bras dessous.

- Alooors ?

Sirius la regarda de travers. Alice dut se rendre compte que l'excitation bon enfant n'était peut-être pas l'attitude adéquate pour entendre le nom d'un tueur…

- Charles d'Oxville. Le professeur de Divination. Dans la volière. Avec une boîte de Miamhibou.

- Cluedo, souffla Lily. Comment tu l'as su ?

- Comme l'a remarqué notre chère Alice ici présente, à qui je devais cruellement manquer (Alice grimaça) j'étais en retard - pour une raison totalement indépendante de ma volonté…

- Elle a un nom, cette raison totalement indépendante de ta volonté ? ricana Remus.

- Lunard ! Bref, pour rattraper mon retard, j'ai choisi de… (il lança un regard prudent vers Alice, qui ignorait qu'il était un Animagus) me métamorphoser en chien… et mon flair hors pair a repéré la même odeur qu'à la volière… jusqu'à son bureau. Je suppose que Oxville a voulu être sur son trente-et-un pour la réunion des Anciens élèves, et qu'il a mis la dose de parfum, sans se douter que Super-Sirius était là…

- Bra-vo… quelqu'un connait ce Oxville ?

- Eh bien, c'est triste à dire, mais j'ai, en toute logique, du assister à ses cours en troisième année… et je n'en garde rien…

- Non plus.

- Niet.

- Nada…

- Pauvre prof.

- Qu'est-ce que Dumbledore va faire à son sujet ? Le dénoncer ? Le renvoyer ?

- Pour l'instant, enquêter sur lui, et lui faire entendre qu'il n'aura plus sa place dans le corps enseignant l'an prochain…

Ils avancèrent en silence. Le givre crissait sous leurs pieds, mais ils arrivèrent sans heurt à la grille du château.

- Vous rentrez en transplanant ? demanda Lily (selon elle, les transports moldus avaient ce double avantage d'apprendre aux gens à prendre leur temps, et de constituer un espace de discussion entre amis).

- Oui, dit Alice d'un air désolé (elle savait que son amie aimait le train). Frank m'attend pour dîner – quoique je doute d'être capable d'avaler une seule bouchée de plus… Et ce tartare de dragon m'a donné une haleine de troll… quelqu'un aurait une pastille à la menthe ? … N'importe quoi ?

- Ouch, c'est un coup à divorcer, rit Sirius en sortant, sans surprise, une potion anti-mauvaise-haleine de sa poche. Tiens…

- Bon, et le nom de cette « raison totalement indépendante de ta volonté » ?

- Une cousine d'une amie d'une bonne amie…

- Pervers, dit Remus.

- Carpe diem, mon cher Lunard, carpe diem ! Breveté par les Latins depuis presque 2000 ans !

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Je m'excuse auprès des fans de Sirius, mais j'ai besoin d'un personnage comme lui sur lequel projeter tous mes stéréotypes de loubard et de séducteur invétéré ! Pour le bien de cette histoire ! ^^