Coucou

J'espère que vous avez tous passé de bonnes vacances (ou que vous êtes encore en vacances, les veinards).

Voilà un nouveau chapitre. Je tiens à m'excuser encore de l'attente et je ferais de mon mieux à l'avenir pour éviter les absences de plusieurs mois.

Alors l'histoire commence à se compliquer et devenir un petit peu plus sombre (que voulez vous j'aime les drames, il n'y a pas mieux que des situations dramatiques pour révéler les personnages), mais bon c'est pas permanent hein, j'ai des tendances émo mais pas dépressive, (en plus en ce moment je suis en pleine phase de lecture thriller). Je vous en dis pas plus mais j'espère que vous allez apprécier.

Merci pour vos reviews et bienvenue aux nouvelles lectrices.

lymiss-you : oui, j'ai bien peur que tu ai raison d'avoir peur...cependant, cela sera bien plus compliqué qu'un simple et classique triangle amoureux.

Khassidy Masen Cullen : roooh je viens de me faire un marathon des trois films twilight avec des copines et je crois que je sombre de plus en plus dans la team switzerland. Edward est vraiment un gentleman, on en fait plus comme ça de nos jours, je vais arreter de le malmener désormais. Mais super contente de t'avoir fait apprécier mes petits loups.

Enjoy !


Playlist :

"fly one time" Ben Harper

"look away" Lissie


Chapitre 53

La normalité des licornes.

POV Lexie

C'était vraiment étonnant de constater que plus ma vie plongeait dans le surnaturel plus mon humeur s'élevait. J'étais consciente que j'étais dans une phase de ma vie où les jeunes se cherchent et se découvrent. Moi, je ne cherchais rien en particulier mais la vie semblait vouloir me faire découvrir des choses surprenantes sur moi. La grande différence avec ma vie d'avant était que je n'avais plus peur des découvertes.

Après voir ruminé un bon moment un matin, en prenant le petit déjeuner chez Seth, j'étais venu à la conclusion certes un peu candide que même si ma vie était bizarre, elle était remplie d'amour, ce qui me rendait plus forte en un sens, moins peureuse de ce qui pouvait m'arriver. Farrel, ma mère (même si son amour devenait étrange), Calion, Tawarion, Nessie et bien sûr Seth, tous me remplissaient d'amour à leur façon. C'était comme la théière devant moi : j'avais l'impression d'être une eau chaude et eux un mélange fin et gourmand d'herbes aromatisées, de fleurs, de fruits secs et de racines revigorantes qui s'infusaient en moi. Ce genre d'image (à la limite entre le romantique et le loufoque) trottaient dans ma tête depuis pas très longtemps, mais j'étais tellement contente que les images noires soient parties que je ne cherchais même pas à savoir si ma nouvelle félicité d'esprit était normale. Je savais maintenant que c'était mon ancienne vie qui ne l'était pas.

Quand je lui avais partagé ma jolie métaphore, en rajoutant que j'avais besoin de ma dose quotidienne de thé, Seth avait souri et m'avait dit : « Je t'adore, tu es délicieusement timbrée. Je suis quoi moi dans le mélange ? »

-Mmmh une racine forcément. J'hésite entre le ginseng et le gingembre.

-Pourquoi ? Quelle est la différence ?

-Les deux sont des stimulants, très bons pour la santé. L'un peut-être utilisé en cas de fatigue générale, physique ou intellectuelle mais l'un est réputé pour être aphrodisiaque répondis-je l'air de rien.

Il arrêta de mâcher ses céréales, pencha la tête de coté, le regard intéressé et dit :

-Je veux être celui là, peut importe son nom.

-Oohh fis-je sans m'empêcher de rougir et de sourire à m'en craquer les joues, tu veux être mon gingembre ?

Je sirotais mon thé et je dus faire de mon mieux pour avaler correctement le liquide quand il se leva de sa chaise et s'approcha de moi, son demi-sourire craquant aux lèvres et son regard qui me rendait toute chose.

-Ouais, c'est ça ton gingembre dit-il sensuellement en me prenant par la taille et me faisant asseoir sur le plan de travail. Il posa sa bouche au-dessus de ma poitrine et commença à parcourir la région entre cet endroit et derrière mon oreille. Je sentais son souffle chaud et la douceur de ses lèvres comme si mon t-shirt n'existait pas. Jacob était arrivé à ce moment dans la cuisine et sans s'arrêter dans sa marche vers le frigo avait lâché avec un flegme digne de Buster Keaton :

-Les enfants, on mange dans cet endroit, allez dans votre chambre.

Nous avions ri et Seth m'avait redescendu.

Cela tombait bien que ma force et mon courage augmentent, parce que j'avais besoin d'être solide en ce moment.

Je ne savais pas si c'était dû au pendentif de ma mère mais j'avais des sensations bizarres envers les gens. Cela me prenait quand ils me frôlaient. J'avais alors comme une onde qui me traversait. Agréable ou déplaisante, elle glissait sur moi sans prévenir et les effets étaient plutôt physiques que mentaux. Lorsque je marchais dans la rue ou allais faire des courses, il m'arrivait d'être envahi par une nausée intempestive ou contrairement un nuage de bien-être quand quelqu'un passait près de moi.

C'était vraiment bizarre, j'imaginais que c'était les sensations que ma mère souhaitait que je ressente, que mes intuitions soient accentuées, néanmoins je n'aurais pas deviné que l'effet serait aussi corporel.

En plus de mes intuitions accentuées ma vue s'était améliorée. Enfin, améliorée...disons que je voyais plus de choses qu'auparavant, bien sûr des choses que j'étais seule à percevoir. Aussi surprenant que cela paraissait, cela ne m'effraya pas outre mesure quand un matin en partant en cours je remarquais que ma vue était légèrement plus saturée que d'habitude. Je me frottais les yeux mais rien ne changea, les brouillards colorés autour des gens ne disparurent pas.

Oh non soupirais-je avec résignation.

Les auras. Je voyais les auras des gens. Et ma tête était devenue semblable à la fête de Holi en Inde. J'avais appelé Farrell, il avait prononcé un « oh » très exclamatif et enjoué, m'avait rassuré que c'était tout à fait normal pour un médium avant de partir dans un questionnaire semblable à un check-up : oui avais-je répondu ça fait un peu mal à la tête et à l'estomac mais je m'y habitue, oui je me promène toujours avec une bouteille de jus de citron anti-vomitif, non je n'ai pas des envies de meurtres juste envie de rester chez moi et trainer avec Rosalie et Emmett qui étant morts n'avaient aucune aura. Il m'avait donné une charte complète des couleurs avec ce qu'elles signifiaient. Toujours plein de ressources cet ancêtre !

Je n'avais encore rien dit à Seth et il ne s'était pas rendu compte de mon attitude anti-sociale, pour la simple et bonne raison que rester à l'intérieur plutôt que sortir nous permettait d'explorer nos cavités buccales avec délectation et langueur. Si nous n'avions pas battu le record du baiser le plus long nous n'étions plus très loin.

Lors d'un des (rares) moments où nous étions détachés, il m'en fit la remarque. Je venais de sortir une plaque de cookies du four et il était déjà en train de les massacrer malgré le fait qu'ils étaient brulants.

-Hé ? T'es sûre que tu veux pas sortir ? Aller au ciné ou un truc comme ça ?

Je regardais son air de petit garçon soucieux, il était trop mignon, il se faisait toujours du soucis pour moi, cherchant ce dont je pourrais avoir besoin ou envie. Je le taquinais un peu :

-Pour aller où ? T'es pas bien avec moi ? Je te nourris et je t'embrasse, qu'est ce qu'un mec demanderait de plus ?

Il sourit : « Oh je me plains pas. Enfin je dirais pas non à une grosse côte de boeuf »

Je roulais les yeux au ciel.

-Non sérieusement, t'a envie de rien faire de spécial ? Insista t-il.

J'avais soupiré et je lui avais finalement expliqué pourquoi j'évitais de rencontrer des gens. Il fut plutôt contrarié quand il apprit que j'avais attendu plusieurs jours avant de lui en parler.

-Je voulais vérifier qu'on n'allait pas m'enfermer dans un hôpital psychiatrique lui répondis-je piteusement en essayant de faire de l'humour.

Il me donna un regard signifiant que ce n'était pas drôle du tout et me demanda comment je me sentais. J'avais haussé les épaules: « Au stade où j'en suis je pourrais voir des licornes et trouver cela totalement naturel ! »

Cette fois il rigola. « D'ailleurs je suis surprise de ne pas en avoir croisé à Laeg Mallen » ajoutais-je pensive. Puis il m'avait demandé si je voyais la sienne, d'aura.

-Oui. Rose et bleu lui avais-je répondu en souriant.

Son front se plissa :

-ça veut dire quoi ? Que je me cherche sexuellement ?

Je m'esclaffais.

-Non, non le rassurais-je, rose ça représente l'amour, l'amitié et la sincérité et le bleu c'est la loyauté, la gentillesse et la créativité, entre autre.

-Mais c'est sympa ça, c'est tout moi s'exclama t-il avec un plaisir étonné.

-En effet.

-Donc là t'es entrain de me dire que tu vois un halo de lumière autour de moi ?

Il fit un geste vague de la main autour de sa tête.

-De tout ton corps ouais, des teintes pastels, mais elles deviennent plus vives selon ce que tu ressens. Par exemple quand Jacob t'a appelé il y a quelques heures ça a viré complètement au bleu. J'imagine que le devoir et la loyauté ont pris le dessus, ensuite tu es revenu vers moi et tu es redevenu tout rose. Mais je te rassure c'est un joli rose dis-je en l'enlaçant par la taille.

-Joli comment ? Demanda t-il dubitatif.

-Très vibrant, se rapprochant du rouge lui répondis-je.

-Rouge ? C'est bon signe ça ?

En tout cas ça l'était pour moi sachant que le rouge était la couleur significative de la passion et de la sexualité. Voir avec mes autres « yeux » l'effet que j'avais sur lui était un booster d'égo hallucinant (et un excitant supplémentaire ne me poussant vraiment pas à sortir). Ce qui me rappela que je devais aller chez le médecin très bientôt. Je voulais me faire prescrire la pilule, en espérant échapper à une prise de sang ou quelconque examen. Qui sait ce qu'ils pourraient trouver ? (Allo Mademoiselle McIntyre, après examen de l'échantillon de votre sang nous avons diagnostiqué une in-classification de votre groupe sanguin...)

-On dirait pas murmura t-il en interrompant mes plans contraceptifs et délires médicaux.

-Oh si...fis-je en me reprenant, si c'est un très bon signe, énergie, passion etc.

Je détournais le regard et prit un cookie.

Il me donna son petit regard incrédule : « Tu pensais à quoi ? »

-Rien mentis-je en croquant dans un biscuit.

S'il ne pouvait pas voir des choses invisibles, il voyait très bien mes pitoyables tentatives d'esquives quand il me posait ce genre de questions. Il me scruta. Je détestais ça, le fait qu'il me connaisse si bien, mais là ce n'était pas le moment de parler de pilule.

-Le rouge ça dénote aussi un ego assez présent, apparemment t'a un problème avec la couleur rose lui lançais-je.

-Aucun mec n'aime qu'on lui dise qu'il « dégage » du rose se défendit-il.

Je secouais la tête en souriant.

-Au fait ? Reprit-il : Tu crois qu'ils sont quoi les licornes ? Hétéro ou gay ?

Sentant qu'on était reparti dans nos grandes discussions philosophico-débiles je pris un air inspiré et sérieux :

-J'pense qu'ils ou elles transcendent la sexualité.

-Foutaise ! dit-il, ils sont super gay, ils ont une corne sur le front et des cheveux longs et brillants !

-ça ne veut rien dire rétorquais-je.

-Pfff ouais c'est ça, j'te promet que si t'étais un mec tu verrais les choses comme moi.

-Seth, une licorne c'est avant tout un cheval argumentais-je.

-Et alors ? Ça peut pas être gay un cheval ? Rétorqua t-il. Je pouffais de rire. « Ou ptet que la licorne c'est hermaphrodite" ajouta t-il.

-N'importe quoi ! M'exclamais-je, déjà y'à des licornes mâles et des licornes femelles.

-Mouais si tu veux mais une licorne c'est nunuche et un licorne c'est gay ! Même un poney a plus de virilité en étant un mini-cheval !

-Le poney ! m'insurgeais-je, tu rigoles ou quoi ? Le poney est au cheval ce que le culturiste est à l'humain, en plus il a des arc-en ciel tatoué sur l'arrière train et un queue méchée, si c'est pas Priscilla folle du dessert ça !

-Tu délires complet Lexie, je te parles pas de ton petit poney avec lequel tu jouais jusqu'à tes 16 ans (je roulais les yeux au ciel, sans m'empêcher de sourire). Le vrai poney a une virilité certes tassée, mais néanmoins présente, après tout ce n'est qu'un cheval nain, tandis que la licorne est aussi hétéro qu'un boys band. Non seulement elle porte toujours du blanc comme un boys band, elle fait fantasmer les filles, comme un boysband, elle fait spéculer sur sa sexualité, comme un boys band et le comble du comble elle a une corne sur le front : symbole phallique au possible ! Elle chanterait des paroles niaises du style baby je te veux ce soir que ça ne serait pas aussi explicite ! Non Lexie, la licorne est trop parfaite pour être hétéro, tout comme les boysband sont trop tête à claque pour être des vrais mecs.

Je soupirais devant la force de ses arguments.

-Tu as sans doute raison concédais-je mais je continue de croire que ce n'est pas parce qu'ils ont des attributs féminins, c'est à dire beauté, pureté et mystère qu'ils sont gays.

-Blah blah blah bailla t-il : J'ai raison. J'ai raison Répéta t-il la bouche pleine de cookies: tu leur demandera quand tu en verra, ptet même que vous irez faire du shopping ensemble avec Mr zèbre.

Il me fit un clin d'oeil.

J'en avais parlé avec ma mère aussi, des auras et perceptions, pas de la sexualité des licornes. Néanmoins ce ne fut pas une surprise pour elle, elle se demandait juste quand cela allait m'arriver. Elle m'avait dit avec une pointe de sarcasme : « c'est la partie la plus joyeuse du job crois moi. C'est beaucoup mieux de voir des couleurs que des revenants non ? »

J'avais émis un grognement agacé. Je lui expliquais que son pendentif me donnait le plus souvent envie de vomir. Elle m'avait certifié qu'avec le temps cela serait moins pénible : « tu sera tellement habitué que ça deviendra une seconde nature » J'eus du mal à me visualiser vivre avec une nausée permanente. Si au moins je vivais au pays des bisounours ma tête et mon corps seraient tellement entourée de couleurs et d'énergies positives que je passerais ma vie à danser. Mais bon je vivais dans ce bon vieux monde à la réalité pas très joyeuse. De plus je trouvais cela totalement inutile d'avoir des intuitions accentuées sans pouvoir en faire quelque chose. Ma mère, comme à son habitude, me répondit de sa façon cryptique.

-Maman, avais-je dit au téléphone passablement agacée : tu me donnes un pendentif ayant le pouvoir d'intensifier mes intuitions, mais tu ne me donnes rien pour concrètement agir sur ses intuitions. Qu'est ce que je suis censé faire quand j'ai un mauvais pressentiment ?

-Agis selon ton coeur...

Ouais super...si j'écoutais mon coeur et agissait selon ses inclinations j'aurais trouvé le moyen d'expédier Paolo dans un endroit duquel il ne pourrait revenir. Je détestais viscéralement ce gars, sans même savoir pourquoi.

-Je déteste ce genre de réponses, tu le sais.

-Je n'ai pas d'autres réponses à te donner ma chérie.

Je poussais un grand soupir :"Tu me manques" grommelais-je.

-Oh toi aussi tu me manques ma puce, tu sais si tu n'étais pas accroché à ce loup et si je n'étais pas avec un vampire tout serait tellement plus simple.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire corrigeais-je : Ma mère me manque, celle qui savait toujours quoi me dire, et dont les paroles avaient un sens, pas la sorcière qui ne peut pas sentir mon copain et qui sort avec Dracula.

A son tour elle soupira avec un petit rire.

-Nous avons toutes les deux changées.

-C'est le moins qu'on puisse dire.

-Ecoute dit-elle après un instant : tu es douée, très douée, crois moi tout ce que je peux t'apporter n'est qu'une petite emphase de ce que tu as déjà en toi. J'essaye d'être ta mère mais n'oublie pas ce que je suis devenue, je ne suis pas bonne. Je fais de mon mieux pour ne pas oublier mon humanité en t'aidant.

"Tu pourrais..changer..redevenir seulement ma mère..." Je me sentis comme une petite fille à nouveau, demandant à ma mère de changer la réalité des choses.

-Non Lexie, je n'ai pas le pouvoir de me soustraire aux conséquences de mes actes et aux malédictions qui y sont attachées. Si tu veux me faire plaisir, sois heureuse. Suis ton coeur, car même si ça me coute de l'admettre, tu as de bonnes influences autour de toi. Tu sembles même béni des dieux ajouta t-elle avec une drôle de voix.

-Qu'est ce que tu veux dire ?

-Je ne sais pas vraiment mais tu sembles entourée de magie, une sorte de protection surnaturelle.

-Vraiment ? Dis-je en souriant, pensant à mon père.

-Oui. Sinon as-tu pu avancé dans tes recherches ?

« A ce propos Maman ? » Je fis une pause, j'anticipais sa réponse, si elle était celle dont je me doutais cela voulait dire que son pendentif fonctionnait vraiment mais qu'également elle m'avait menti. « Est ce que tu m'as dit la vérité ? Est ce que tu n'as vraiment aucune idée de qui est mon père ? »

-Pourquoi me poses-tu cette question ? Demanda t-elle d'un ton neutre.

-Ca me paraît léger ton histoire, de...j'ai cru rêver et quand je me suis réveillé j'étais enceinte.

-L'as tu trouvé ?

-Oui répondis-je après un moment.

-C'est l'essentiel.

-Tu n'as pas répondu à ma question. Tu ne cherches même pas à savoir qui il est ? M'exclamais-je.

-Ce sont tes affaires, c'est ton père, il n'est rien pour moi. D'ailleurs j'imagine que tu ne l'a pas découvert hier. Si tu voulais vraiment me tenir au courant tu l'aurais déjà fait.

Elle marqua une pause, je visionnais très bien ses sourcils sarcastiques soulevés sur son visage de porcelaine. « Je ne t'ai pas menti quand je t'ai dit que notre rencontre était onirique » ajouta t-elle.

Comme à chaque fois que je lui parlais, une frustration et une déception me prirent. Ma mère, la vraie, me manquait vraiment, jamais elle ne m'avait parlé de façon si détachée et presque froide. Je ne comprenais pas pourquoi elle me cachait des choses si importantes. J'avais l'impression qu'elle me mettait sur un chemin obscur et que je devais me débrouiller pour me guider, alors qu'elle voyait tout ce qui allait m'arriver. Je mis fin à la conversation en soupirant. Tu parles de parents ! Et mon père que je n'arrivais pas à voir. Tawarion me manquait également.

Une solitude tomba sur moi et m'étreignit le coeur. Je me sentais perdue, encore. Ce qui me manquait le plus était une forme de guidance. Ma vie avait été très chamboulée mais avec les changements était venu un soutien surnaturel à ma vie de tout les jours. Mon père et mon grand-père surtout étaient d'une grande aide. La sérénité, le calme, la tranquillité de leur présence, la douceur de leur voix, la tendresse dans leur regard tout cela me manquait. Je me sentais si mélancolique, même Seth n'arrivait pas à me faire oublier Laeg Mallen quand j'étais dans ses bras.

J'étais seule à la maison. Nessie était partie à la bibliothèque (est-ce qu'un vampire avait vraiment besoin d'aller à la bibliothèque ? Sans doute qu'il y allait pour emmagasiner un tas astronomique de savoir qui était stocké à jamais dans sa mémoire ?) J'étais étalé sur le lit, en étoile. J'étais en train de scruter le plafond, tour à tour divaguant et demandant à mon père de me faire un signe s'il m'entendait, quand la sonnette retentit. Je me demandais qui cela pouvait être, les Cullens, Jacob et Seth avaient tous les clés et ne sonnaient jamais (mais je leur demandais de dire à haute voix qu'ils étaient là pour m'éviter des crises cardiaques en les voyant au détour d'un mur). J'eus l'agréable surprise de voir Kaia toute trempée sur le porche.

-Coucou, désolé de te déranger s'empressa t-elle de dire en se dandinant d'un pied sur l'autre.

-C'est rien dis-je en la faisant entrer, reste pas sous l'eau.

-J'étais en train de faire une promenade dans la foret et la pluie m'a surprise, comme vous n'habitiez pas loin je me suis dit que je pourrais attendre ici que la pluie se calme s'expliqua t-elle.

-Oh oui bien sûr, je pourrais te ramener après si tu veux.

-C'est vraiment gentil.

-Attends, j'tapporte des vêtements de rechange.

Je montais et redescendis quelques secondes plus tard avec un gros sweat et un pantalon en coton. Elle était plus petite que moi mais nous avions quasiment la même morphologie.

-Oh merci dit-elle en prenant les habits. Ça doit être vraiment cool de n'avoir jamais froid.

-Que veux tu dire ?

-Ton copain.

-Quoi mon copain ? Demandais-je suspicieusement.

-Seth est super chaud, tout comme Embry et les autres aussi.

-Euh..ouais...fis-je surprise.

Elle avait bien dit chaud dans le sens de température corporelle ? Je ne rêvais pas ? Avec le plus de décontraction possible j'ajoutais : « ça doit être un truc Quileute, tu devrais le savoir, tu étudies les peuples non ? »

Elle me lança un regard un peu blasé mais tout en sourire : « Oui et j'aime beaucoup les Amériendiens »

-Oh toi aussi ! Raillais-je en pensant à Sierra.

-Ce n'est pas leur physique qui m'intéresse, plutôt leur histoire, leurs mythes.

-Vraiment ? Comment cela se fait-il ? Demandais-je de plus en plus intrigué par le tour que prenait la conversation. Je me rappelais comment elle agissait quand les loups étaient près d'elle, on aurait pu croire qu'elle n'était qu'une admiratrice de plus mais ses regards et questions étaient beaucoup plus de l'ordre de la curiosité et de l'observation que de la séduction.

-Ils ont, pour la plupart, une vision du monde que je partage répondit-elle en quittant son pull.

-C'est à dire ?

-La communion entre l'homme la nature et le spirituel.

-Je vois. J'ai ça en commun également dis-je lentement.

-Je sais dit-elle en me fixant. Son regard était celui de quelqu'un avec lequel vous partagiez un secret.

Je fronçais les yeux, pas certaine de comprendre « Tu sais quoi ? »

Elle cligna les yeux après un instant et détourna la tête comme si elle réfléchissait, puis elle enleva son t-shirt mouillé et je crus avoir une hallucination. Sur son dos était tatoué une paire d'ailes si réalistes que s'en était troublant.

-Super tatouage murmurais-je en approchant ma main.

-Non dit-elle en faisant un vif pas en arrière, n'y touche pas.

-Pourquoi ? Tu viens de le faire.

-Non répondit-elle lentement, elles sont justes fragiles...

Je la dévisageais, perplexe : « Est-ce que j'ai bien entendu ce que tu viens de me dire ? Tu viens de dire « elles » comme si elles étaient réelles et pas juste dessinées...? »

Elle ne dit ni ne montra une expression contredisant ma pensée, se contentant d'enfiler le pull à capuche. Ce faisant j'essayais de me remémorer les fois où elle m'avait apparu bizarre, pour voir si c'était un acte isolé ou si sa folie m'avait échappée jusqu'à présent.

La première fois que je l'avais vu, ma première réaction fut « oooh ! » L'expression que l'on a quand on voit quelque chose de mignon et de surprenant. Et au fur et à mesure des semaines je m'étais retrouvé à apprécier sa compagnie. A vrai dire quelque chose en elle, ou sa personne entière m'attirait agréablement. Et là devant moi après avoir vu des ailes dont Allegoria aurait été jalouse s'étaler sur ses omoplates, je me mis à imaginer qu'elle pouvait être une...Non quand même pas ! Incertaine de blâmer le pendentif, ou de remercier mon père d'avoir répondu à ma prière, je l'examinais attentivement. Ses yeux étaient encore plus grands que les miens (et je savais d'où je les tenais), ils étaient d'une teinte vraiment rare, un gris perlé, lunaire. Elle était aussi fine que moi et petite, ce qui accentuait son coté enfantin et délicat. Elle avait un rire cristallin très mélodique. Même son rapport avec les loups était énigmatique. Là où toutes les filles tombaient en pâmoison devant eux, elle devenait juste un espèce de satellite libre gravitant autour d'eux, c'était même fascinant à regarder si je n'étais pas aussi obnubilé par ma propre planète nommée Seth.

-Qu'est ce que tu es Kaia ? Lui demandais-je suspicieuse et déroutée.

On est d'accord, un simple humain m'aurait regardé bizarrement, aurait pouffé de rire en faisant semblant d'être un extra terrestre. Mais, comme je m'en doutais, elle me regarda sérieusement.

-Enfin tu me poses la question ! S'exclama t-elle.

-Quoi ? Balbutiais-je éberluée.

-Je croyais que tu n'allais jamais deviné ! J'ai essayé de te donner des indices pourtant.

-Attends, attends la stoppais-je en secouant les mains : Quoi ? Tu es quoi ?

Elle écarquilla les yeux, sourit et me dit avec un ton d'évidence : « Une fée ! »

Il dû y avoir 5 grosses secondes de silences, puis je m'exclamais :

-C'est pas possible ! Comment est ce possible ? Qu'est ce que tu fais ? Dans ce monde ?

-Oh ton père avait raison, tu poses beaucoup de questions.

-Tu connais mon père ?

J'étais en plein hallucination.

Elle hocha la tête : « C'est lui et ton grand-père qui m'envoient. »

Je crus que j'allais faire un court circuit, il avait réellement répondu à ma prière et avec quelle vitesse !

-Vraiment ? Pourquoi ? Demandais-je en faisant mon possible pour ne pas éclater de joie.

-Combien de temps cela fait-il que tu ne les a pas vu ?

-Longtemps...mais, je ne trouve plus de..

-Porte ? Oui, je sais. C'est pourquoi je suis là, pour t'en montrer une autre.

N'y tenant plus, je sautillais sur place en chantonnant : « oh oui oui oui c'est trop génial ! »

Puis je m'arrêtais : « Attends »

Je fronçais les yeux, essayant de mettre un peu d'incrédulité dans tout ça. C'était trop beau pour être vrai.

-Tu ne me crois pas ?

Kaia soupira mais garda son sourire. Elle ôta le pull.

-Tu fais quoi ? Lui demandais-je voyant qu'elle continuait de se déshabiller.

Elle se leva et me fit dos : « Je te prouve qui je suis ! »

Elle enleva son t-shirt et ses deux ailes tatouées s'animèrent. Elles se relevèrent dans un léger mouvement.

Déployées, elles devaient faire au moins 30 cm de hauteur, le contour était d'un blanc duveteux et le centre d'un bleu canard allant sur le bleu givré.

-Wouaw ! Tu es magnifique soufflais-je. Même moi j'aurais pu être jalouse de ses ailes si j'étais une fée.

-Oh merci dit-elle en se rhabillant rapidement : Tu me crois maintenant ?

-Euh... là forcément oui.

-Tawarion a vu que tu aurais des difficultés à le retrouver donc il m'a demandé de venir t'aider.

-Il l'a vu ? Tu veux dire, il a vu le futur ? Je croyais que seule...

-Une âme pure pouvait voir le futur ? Oui. Mais Tawarion est le roi des Elfes, c'est l'être le plus pur de notre royaume.

-Oh !

-Oui

-Ok. Bon tu peux m'aider à repartir à Laeg Mallen ?

-Suis moi !

Elle m'emmena au musée nordique au nord ouest de Seattle. Comme si elle était chez elle, elle se dirigea d'un pas guilleret au dernier étage. Elle nous conduisit dans la section consacré à l'Islande. Elle traversa un grande pièce et tourna pour déboucher sur un autre hall dédié à la peinture. Elle s'arrêta devant un énorme tableau qui prenait la moitié du mur.

-Voila ! dit-elle en faisant un geste de la main.

-Tu me fais marcher là !

La peinture était une représentation d'un paysage féerique en tout point semblable à Laeg Mallen la nuit.

-Non. Tu vois le tableau s'animer ?

Je répondis par la négative. Elle porta un regard à sa montre.

-Il est trop tôt, nous devrions trainer un petit peu en attendant la fermeture.

-La fermeture ?

-Oui, nous préférons attendre que les humains soient absents pour nous manifester m'expliqua t-elle.

-J'ai l'impression d'être dans une nuit au musée.

Elle rigola : « J'adore ce film, il est drôle ! Allez viens dit-elle en m'entrainant dans les autres halls. »

-Alors tout ce temps, tu savais pour moi !

Nous étions en train de nous promener dans la section des Vikings faisant semblant de s'intéresser aux illustrations des barbus blonds.

-Oui.

-Mais pourquoi tu as attendu seulement maintenant pour te révéler ?

-Parce que c'est maintenant que tu as exprimé ton besoin répondit-elle avec simplicité.

-Je rêve, j'hallucine là murmurais-je en secouant la tête.

Elle rigola doucement.

-Et pourquoi tu n'es pas venu en cours avec moi ? Pourquoi avec Ness ?

Elle haussa les épaules : « ça ne change pas grand chose, c'est ta meilleure amie et une hybride qui plus est. J'aime les hybrides. Ness est...irrésistible. »

-Oui, c'est son truc. Et pour les Quileutes...tentais-je essayant de ne pas trop en dévoiler.

-Les loups ? Oui je suis au courant.

-Tu les aimes bien.

-Les peuples féeriques en général aiment les esprits guerriers et protecteurs. Nous avons une affinité particulière avec eux.

Je notais le ton équivoque et son sourire en coin quand elle dit le mot « affinité »

-Oui j'ai remarqué ton affinité avec Embry la taquinais-je.

Elle sourit : Tu veux qu'on parle de ton attraction avec Seth ? Rétorqua t-elle.

-Seth c'est mon copain, officiel. C'est normal que je sois attiré par lui.

« J'apprécie la compagnie d'Embry. C'est dur pour un être comme moi de vivre dans ce monde, j'ai besoin de magie pour tenir. » dit-elle.

-Je comprends murmurais-je en hochant la tête.

Dix minutes avant la fermeture, elle nous engouffra dans les toilettes. Je ne pensais vraiment pas que ça allait marcher jusqu'au moment où les lumières s'éteignirent, nous plongeant dans la pénombre et le silence.

De nouveau devant le tableau, elle me dit :

-Regarde bien, normalement tu vas le voir s'animer. Quand ce sera le cas tu pourras y aller.

-Y aller ? Comment ça ? Rentrer dans le tableau ?

Elle hocha la tête.

-Mais..mais serais-je en chair et en os de l'autre coté !

-Oui.

-C'est pas...impossible et dangereux ?

-Oh fit-elle soudain alerte : Oui j'oubliais, tu n'es qu'une demi elfe. Assis toi m'ordonna t-elle en faisant de même : Regarde le tableau, avec une minutieuse attention. Prends en compte tous les détails, photographie le dans ta mémoire.

-Qu'est ce que tu va me faire faire?

-T'y faire entrer par l'esprit. Du coup je vais rester là avec ton corps. Allez concentre toi ! Plus souvent tu le fera et moins tu aura besoin de venir ici pour ouvrir la porte,tu pourra la faire apparaître devant tes yeux n'importe où et n'importe quand.

-Quoi ? Vraiment ?

Je faillis m'étrangler de joie.

Elle sourit et me donna un geste du menton pour que je regarde le tableau.

Je fixais la peinture faisant ce qu'elle me disait. Au bout d'un moment, les lucioles commencèrent à luire réellement, puis se mouvoir.

-ça bouge murmurais-je.

-Respire très profondément...très lentement.

Ma tête commença à devenir très légère, je ne sentis plus mon corps et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire j'étais dans le tableau. Sous mes pieds, il y avait la pierre verdâtre et mousseuse, autour de moi les arbres élégants. Je me retournais, comme un voile s'évanouissant je voyais l'envers du tableau, je me voyais la tête inanimée reposant sur les genoux de Kaia, je la voyais me sourire et me dire d'y aller d'un geste.

Je retrouvais assez rapidement mon chemin, en passant par la prairie initiale. J'étais en train de descendre la colline au dessus de Laeg Mallen quand apparaissant de nul part Allegoria se posa sur mon épaule.

-Bonjour Pinrill me salua t-elle de sa voix cristalline.

-Bonjour Allegoria.

-Tawarion et Calion ne sont pas là en ce moment m'informa t-elle.

-Oh. Où sont-ils ?

-Ils sont partis voir de la famille.

-Qui ?

-La sœur de Tawarion. Elle est marié avec un elfe des montagnes.

-Oh et à quoi ressemblent-ils ces elfes ?

C'était une chance qu'elle aima parler car à partir de ce moment elle me fit un exposé sur toutes les races de créatures féeriques existantes.

Nous nous dirigeâmes vers le sâd de mon grand-père, le seul endroit que je connaissais assez bien jusqu'à présent et qui ne nécessitait pas de monter un nombre incalculable de marches. Allegoria s'envola vers d'autres épaules. Je m'arrêtais devant la fontaine et sourit quand apparut dans le miroir d'eau le visage de Seth, dispensant une leçon de guitare. Vint ensuite se superposer celui de mon petit frère semblant s'ennuyer en cours.

Une voix me tira de mon activité.

-Bonjour.

Je me retournais vivement. Une elfe se tenait devant moi, elle avait de longs cheveux bruns qui ondulaient aux extrémités, des yeux d'un bleu pétillant et une peau fine et très pâle.

-Qui êtes vous ?

-Séraphina répondit-elle, comme si son prénom suffisait à la définir.

-Votre peau est blanche lui fis-je remarquer, avant de me rendre compte que c'était peut être déplacé.

-Cela doit être à cause de la neige me répondit-elle d'un air faussement ennuyé en regardant son bras.

-Vous venez des montagnes...vous êtes de la famille de Tawarion ?

Elle hocha la tête. Son visage était classique, pour un elfe : une beauté douce et gracieuse avec un brin de malice dans son sourire.

« Tu es Alexandrina ? »

J'hochais la tête, étonné qu'elle connaisse mon nom « humain ». Le surnom que mon grand-père m'avait donné était devenu le seul avec lequel on m'appelait ici.

-Ton père m'a beaucoup parlé de toi ajouta t-elle avec un sourire : Je les précède, ils ne vont pas tarder à arriver.

-Que mon père vous a t-il dit sur moi ? Demandais-je curieuse.

-Tu peux me tutoyer.

-D'accord, qu'est ce que mon père t'a raconté ?

-Oh mon cousin ne tarit pas d'éloges sur toi !

-Mon père est votre..euh ton cousin ?

-Oui, Tawarion est mon oncle.

Elle sembla ravie de notre lien, son rire aérien s'éleva et elle me fit entrer dans le sâd. Nous le traversâmes dans la longueur et débouchâmes dans un petit jardin, où des fleurs et herbes sauvages poussaient en abondance.

Elle s'allongea dans les hautes herbes et m'invita à faire de même. Le jardin embaumait une odeur exquise.

Je m'accroupis et approchais mon nez des fleurs : « ça sent bon »

-Je ne viens pas souvent mais ce jardin est ma petite fierté : patchouli, bergamote, rose et jasmin.

-On dirait la composition d'un parfum.

-Mmmh fit-elle d'un air appréciatif : c'est juste.

-Mais avec un petit quelque chose en plus, un soupçon de...je ne sais pas...

-Paradis ? Proposa t-elle en souriant : Les choses sur terre ne sont qu'un pâle reflet de notre monde tu sais.

Je l'avais remarqué !

-Alors dis moi Alexandrina demanda t-elle en tournant son gracieux visage vers moi : qui étaient les personnes dans la fontaine ?

J'eus cette étrange impression d'avoir en face de moi une vielle âme, une personne que j'avais déjà rencontré dans une autre vie. Sa présence était agréable, douce, j'avais l'impression que je pouvais tout lui dire sans problème.

Néanmoins, je me demandais pourquoi elle me posait la question, les elfes semblaient lire dans les pensées ou du moins très bien deviner les réponses avant de poser les questions.

-Seth et Ben lui répondis-je en m'allongeant à coté d'elle.

-Seth et Ben répéta t-elle en écrivant les lettres dans l'air. Les nuages se mirent à suivre le mouvement et leurs prénoms s'imprimèrent en lettre de coton dans le ciel.

Je poussais les lettres à se mélanger pour en former un cœur.

-Douée murmura t-elle : Tu sembles avoir un esprit très fort.

J'haussais les épaules : « Je ne sais pas »

Elle poussa un petit rire puis me dit : Seth est ton âme sœur n'est ce pas ?

-Oui admis-je après un petit temps, Calion t'en a parlé ?

-Non mais je perçois la façon dont ton esprit enveloppe de douceur tes pensées à son égard.

Bien sur ! Je levais les yeux au ciel : « Les télépathes m'entourent » soupirais-je d'une voix de bande annonce de film sinistre.

-C'est ainsi que nous sommes se défendit-elle toujours en souriant : nous connaissons les pensées humaines. Et les secrets du Paradis ajouta t-elle avec un clin d'œil.

-Rien que ça ? Tu voudrais bien les partager avec moi ?

-Pourquoi pas, tu as du sang elfique en toi après tout. Que veux tu savoir ?

Je réfléchis un instant : « Je n'ai droit qu'à un secret ? » Elle hocha la tête.

« Dans ce cas, ça va être plus compliqué... »

Elle leva les yeux au ciel comme si j'étais une enfant hésitante et avec un petit rire secoua la tête : « Je vais t'en dire un. Très important. C'est au sujet de notre nature. Sais-tu pourquoi les elfes ont été crée ? » Me demanda t-elle en s'asseyant en tailleur.

Je secouais la tête.

-Les elfes répondit-elle : sont des créatures du plaisir et du bien. Nous avons été crée dans le seul but d'embellir le monde et donner et prendre du plaisir, en toute chose.

« ça va, vous n'avez pas de problème d'égo à ce que je vois » murmurais-je. « Pourquoi me partages-tu ce secret en particulier ? » Demandais-je ne sachant pas si je devais être suspicieuse ou mal à l'aise.

-Tu sais pourquoi dit-elle avec un air mutin.

Je la dévisageais, à la fois troublée et gênée quant à sa probable insinuation. Elle se pencha vers moi et de malicieux son regard devint doux et plein de compassion : « Ton père m'a raconté à quel point tu étais triste... »

-Oh ! Murmurais-je.

Quand je repensais maintenant à tout ce que j'avais vécu et ressenti pendant mon adolescence, mon cœur ne se pinçait plus, tout de suite le visage de Seth et Nessie m'apparaissaient. « Je l'étais »

Séraphina prit une mèche de mes cheveux et commença à en faire une tresse : "Tu ne l'es plus n'est ce pas ?"

-Non. Je n'ai plus de raison de l'être répondis-je en regardant le ciel, les restes du nuages en cœur.

-En effet.

-Je croyais que tu insinuais autre chose avec la notion du plaisir avouais-je au bout d'un moment alors qu'elle s'était déplacé et mis derrière moi, ses mains expertes et agiles continuant de me tresser.

Son sourire mutin réapparut : « Oh mais ça englobait aussi cette chose. »

Sa télépathie avait un bon coté, je n'étais pas obligé de dire tout haut ce que je pensais.

Je rougis un petit peu. J'étais curieuse de savoir comment les elfes envisageaient la chose. J'avais la version de mon père, le coté implication émotionnelle et tout ça mais je voulais savoir physiquement... après tout, ils avaient tout d'humain d'un point de vue corporel. Mais leur sens étaient décuplés et si comme Séraphina venait de me le dire leur seule raison d'exister était le plaisir...Je me sentis comme une gosse imaginant ce que serait le plus grand parc d'attraction : montagnes russes, pomme d'amour, barbe à papa et feux d'artifices.

-J'imagine que Calion t'a parlé du coté certes important mais moins excitant...

-Tu imagines bien soupirais-je.

-Il est devenu ennuyant depuis sa mésaventure avec ta mère râla t-elle : toujours à être précautionneux pour tout.

-C'est mon père.

-Moui, bon, je vais te dire quelque chose. T'as t-il parlé du fluide vital ?

-Oui, je l'ai senti la première fois que je suis venu ici.

-Il est vraiment, vraiment puissant dit-elle à voix basse.

-Puissant à quel point ?

-Tu ne l'imagines pas. Il circule en nous, autour de nous, il est ce qui nous maintient en vie, ce qui crée le lien également. Il est à la fois indépendant et maniable, tu peux le contrôler. Calion t'a t-il appris à le faire ?

-Le contrôler ? Non.

Son sourire mutin s'agrandit : « Je vais te confier un secret, enfin ce n'en est pas vraiment un, juste le genre de chose qu'un papa ne veut pas que sa fille sache. »

Mes yeux s'agrandirent d'intérêt.

-La prochaine fois que tu te retrouveras avec ton amoureux, essaye ceci.

Elle me fit fermer les yeux et commença à caresser mon visage avec ses deux mains comme si elle me faisait un massage. Doucement une sensation très agréable s'insinua en moi. Ses mains descendirent lentement dans mon cou, sur mes bras, laissant sur ma peau un plaisant frisson. J'eus l'impression que mon corps en réclamait davantage.

-Comment tu fais ça ? Murmurais-je, les yeux toujours clos.

-Nous sommes liées, par le sang expliqua t-elle d'une voix si suave que j'eus l'impression que c'était le son accompagnant les sensations qui me parcouraient le corps : le fluide passe beaucoup plus facilement et rapidement entre nous, il me suffit de vouloir te faire plaisir pour que mon fluide suive l'inclinaison de mon esprit...

Comme une vague me traversant je sentis mon corps se soulever, j'eus chaud, j'eus des frissons, j'eus l'impression de m'échapper, d'avoir la respiration coupée, tout cela en même temps.

-Wouaw...c'est...balbutiais-je à cours de mots, légèrement dans les vapes, mais assez consciente pour être étonné de ce que je venais de vivre. "C'est aussi facile ?" Fut la première question qui sortit de ma bouche.

Elle rigola doucement :

-Je te l'ai dit nous sommes des créatures du plaisir.

-Et je suis sûr que tu t'es empressé de lui faire un cour.

Calion apparut dans le cadre de la porte entre le sâd et le jardin.

Il lança un regard exaspéré à sa cousine qui haussa les épaules avec grâce et sourire facétieux.

Séraphina se moqua gentiment : « Ce n'est pas le genre de chose qu'un père dit à sa fille : Ma puce, je vais te donner la clé du plaisir dit-elle en imitant la voix du magnifique elfe.

La seule chose qui m'empêcha de pouffer de rire était l'impression d'avoir était attrapé en train de faire une bêtise. Mais mon père me sourit, aucune trace de réprimande dans son regard. Je me relevais rapidement et allais à sa rencontre. Il ouvrit ses bras et je me serrais contre lui. Comme à son habitude il posa un baiser sur le sommet de ma tête.

-Tu m'as manqué.

-Toi aussi.

Je levais les yeux vers lui, plongeant dans ses yeux d'une beauté irréelle.

-J'espère que Séraphina ne t'a pas embêté.

L'intéressé poussa un soupir et leva les yeux au ciel.

-Non, au contraire, elle m'a tenu compagnie répondis-je.

-J'imagine bien murmura t-il ironique. Je me rendis compte avec joie que j'avais hérité de ses mimiques.

Séraphina se leva :

-Je vous laisse, vous devez avoir du temps à rattraper.

Elle me fit un clin d'oeil en nous dépassant. Mon père soupira d'ennui. Je lui fis un petit sourire gêné : « C'est fou tout ce que j'apprends à chaque fois que je viens ici. »

Il me donna un petit regard sarcastique et je me dépêchais de changer de sujet. Néanmoins quelque chose en moi se réjouissait d'être un peu embarrassé devant lui. Après tout c'était mon père, et c'était normal d'être un peu mal à l'aise. J'aimais cette normalité avec lui.

-Alors Kaia hein ? Demandais-je alors que nous asseyions sur un banc contre le mur du sâd.

Il sourit : « Elle est très attachante »

-En effet.

-Je savais que vous alliez bien vous entendre, et Tawarion également. Il t'aime beaucoup. Il aurait pu trouver un autre moyen de te joindre mais il aime bien t'avoir avec lui ici.

-Pas toi ? .

-Si bien sûr.

-D'ailleurs il est où grand-papa ? Demandais-je.

-Dans son palais, veux-tu que nous allions le voir ?

-Vous n'avez toujours pas d'ascenseur ?

-Alexandrina me réprimanda t-il gentiment : combien de fois va t-il falloir que je te le dise ? La douleur, tes crampes, ce ne sont que des impressions mentales.

-Ouais mais justement il n'y a que mon « mental » ici.

-Et tu penses qu'il est faible ?

-Euh..

-Tu devrais commencer à croire en toi, tu sais, ça pourrait t'être très utile dans l'avenir.

-En parlant d'avenir...est ce que tu vois le mien ?

-Non. Je te l'ai dit c'est Tawarion qui t'a vu. Il est l'un des seul à pouvoir voir le futur dans le miroir.

-Qu'est ce qu'il fait des informations qu'il voit ?

-Il ne peut pas vraiment les changer, juste influencer, aider les personnes, comme dans ton cas.

J'hochais la tête : « Je vois. »

-Tu connais l'histoire d'Oedipe ? me demanda t-il.

-Oui, le complexe ?

-Non la prophétie sur sa vie. Qu'il tuerait son père et épouserait sa mère. Ses parents l'ont abandonné pour ne pas qu'elle se réalise. Quand Oedipe lui même a été au courant de cette malédiction il s'est enfui pour l'éviter. Pourtant la prophétie s'est réalisée. C'est une histoire certes, mais tout cela pour te dire qu'une partie du futur est écrite et ne peut pas être évitée et je pense que c'est d'autant plus tragique lorsqu'on le sait à l'avance et qu'on essaye de se battre contre ce destin. Néanmoins tout n'est pas figé, et c'est sur cette partie que l'on peut travailler. Nos choix, les décisions que nous prenons sont toutes guidées par nos croyances et nos influences, si on change nos croyances et nos influences, on peut changer le futur.

-Wouaw.

-Mmmh acquiesça t-il, regarde toi, toutes les décisions que tu as prise depuis ce jour où tu as décidé de croire Renesmée, de lui faire confiance, regarde où elles t'ont guidé.

Mes yeux s'écarquillèrent :

-Tu...tu, Tawarion a programmé notre rencontre ?

-Je n'en sais rien dit-il en rigolant, Tawarion n'est pas le Destin, l'Être suprême, mais il garde très bien ses secrets. De plus je déteste ce mot, programmé, comme si tu étais une machine ?

-En parlant de machine dis-je en me levant et en lui tendant la main, mon esprit est prêt à monter cet arbre, on va voir grand-père ?

Il prit ma main et nous partîmes en direction du palais. Sur le chemin nous passâmes devant la fontaine, je me penchais au-dessus, c'était devenu une habitude semblable à regarder sa montre. En voyant les gens de l'autre coté je savais à peu près quelle heure il était. Mon reflet s'effaça et Ness apparut, la tête au dessus d'un énorme ouvrage. L'image était étrange cependant car mon amie était entourée d'un nuage sombre au lieu du décors de la bibliothèque. Je me penchais un peu plus, intriguée. Mon pendentif toucha l'eau et j'entendis un craquement. Je fus attiré violemment en avant et ma tête fut prise dans un vortex sombre. Je ne voyais que du vert et du noir se mélanger. Puis l'image arrêta de tournoyer et je vis Nessie accroupie dans un coin, nue, sa peau blanche taché de sang. Elle pleurait, criait à l'aide. Son regard était si effrayé et désespéré qu'il m'envoya un coup de poing au coeur. Puis aussi violemment qu'elle était arrivé l'image s'en alla et je tombais à la renverse comme si la force qui me tirait venait de me lâcher.

-Qu'as tu vu ? Me demanda Calion en me rattrapant.

-Nessie ! Elle a besoin d'aide ! M'écriais-je, paniqué.

Il m'arrêta fermement et planta ses yeux dans les miens :

-Ce n'est pas le présent que tu as vu, sinon je l'aurais vu moi aussi par dessus ton épaule.

Ses yeux se froncèrent : « Je crois que tu viens de voir le futur. »