Bonjour !
Ce thème-là, c'est un des tous premiers que j'ai écris, si je me souviens bien. Et même maintenant, il me fait rire. J'aime écrire des conneries, au cas où vous l'auriez pas remarqué. Ah, et j'aime beaucoup le Jeune Xehanort aussi, mais pareil, je pense pas que ça soit une découverte pour vous x)
Enfin, sur ce, bonne lecture !
Saïx s'efforça de garder son expression neutre. Son impassibilité avait été sans égale au sein de la première Organisation XIII, au point que même des idiots comme Demyx et Axel avaient appris à le craindre, et ce n'était pas maintenant qu'il allait craquer. Même si il avait l'impression que ça faisait des heures qu'il attendait dans cette petite salle au fin fond de l'Illusiocitadelle, et que sa patience, déjà quasiment inexistante au départ, commençait à être à bout. S'il était capable de ressentir une quelconque émotion, nul doute qu'il serait en ce moment même en train de parcourir la pièce en long et en large, furieux d'être parqué comme un animal. Tout ça parce qu'il dérangeait. Il revoyait encore le visage ricanant de cet imbécile de Xigbar, et se promit de trouver un moyen de se venger. Il n'y pouvait rien, lui, il n'avait pas choisi d'arborer cette chose affreuse sur son visage !
Quelques heures plus tôt
Xehanort, le plus jeune, entra dans la salle des trônes de son habituel pas assuré. Xehanort, le Maître, se tourna vers lui, de même que Xemnas, Ansem, et leurs deux pantins principaux, Saïx et Xigbar. D'un air confiant, il hocha la tête.
« C'est fait. Le garçon a la marque. »
« Bien, bien. » répondit la plus âgée des incarnations. « Sora ne pourra pas échapper à notre vigilance, ainsi. Je te laisse la tâche de t'en occuper. »
L'adolescent acquiesça. Comme l'avait si bien dit Braig quelques semaines auparavant, il n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait dans la tête du futur lui, mais il se connaissait suffisamment bien pour savoir qu'il ne faisait jamais rien qui ne lui profitait pas, donc il se faisait confiance et acceptait sans broncher les missions qui lui étaient confiées. Et puis, ce Sora avait l'air d'être un sacré idiot et une tête brûlée, un peu comme Eraqus, et s'il avait une chose qu'il aimait faire, c'était voir ce genre de personnes partir au quart de tour pour une simple remarque. Il se demanda où était Eraqus, d'ailleurs. Il était bien trop amoureux de la Lumière pour accepter ses plans. Au fond de lui-même, Xehanort avait très bien compris que son meilleur ami n'était plus, mais il refusait de l'accepter. La voix grave du chef des Simili le sortit de ses pensées.
« Est-ce que le garçon s'est endormi ? »
« Je pense, oui. »
« Vérifie. » ordonna Ansem, et Xehanort lui jeta un regard agacé, mais obtempéra.
Il alla se placer sur le trône qui lui était attribué, utilisant un Couloir Obscur pour l'atteindre (franchement, qui avait eu l'idée de construire des sièges aussi peu pratiques ?), et une fois confortablement assis, se concentra sur le lien entre lui et Sora, ancré au fond de son esprit. Toutefois, il remarqua vite que quelque chose clochait, et la connexion entre lui et le X inscrit sur le t-shirt était comme brouillée. Pas assez pour qu'il ne réalise pas que l'adolescent avait bel et bien plongé dans les Mondes du Rêve, mais suffisamment pour qu'il ne parvienne pas à déterminer sa position exacte.
« Il y a un problème. »
« Comment ça ? »
Maître Xehanort avait perdu son habituelle et irritante expression paternelle (quoique, après avoir vu son visage lorsqu'il était satisfait, l'adolescent préférait mille fois cette expression là ; il avait du mal à admettre que non seulement il allait perdre sa magnifique chevelure argentée en vieillissant mais qu'en plus, il allait ressembler à un vieux pervers à chaque fois qu'il aurait le malheur de sourire) et à la place, fronçait les sourcils d'un air contrarié.
« Je n'arrive pas à le suivre. Sa trace est comme camouflée, floue. »
« Comment est-ce que c'est possible ? Tu es censé pouvoir le repérer grâce au X ! »
Le jeune Xehanort jeta un regard glacial au Sans-coeur.
« Je sais. Mais quelque chose fait obstacle. »
« Peut-être que quelqu'un d'autre porte un vêtement avec la même marque dessus. Ça serait une étonnante coïncidence, mais certaines personnes ont des goûts étranges. »
Et c'est la personne qui vit dans un château monochrome qui dit ça, songea l'adolescent. Ça ne faisait que deux semaines qu'il vivait ici, et il avait déjà ces affreux murs blancs et vides en horreur. Si les Simili n'étaient pas totalement dépourvus de sentiments, Xehanort aurait mis sa main à couper qu'un des treize aurait fini par devenir fou, à être ainsi entouré de la couleur éclatante. Même les draps des lits étaient d'une blancheur sans égale ! Mais avant que le débat ne puisse continuer, un rire rauque résonna dans la pièce. Ils tournèrent tous un même regard dubitatif en direction de Xigbar, qui était écroulé sur son siège et riait à gorge déployée, incapable de reprendre son souffle.
« Numéro II », gronda Xemnas.
L'Archer sembla se calmer un peu à cela, puis son regard se posa sur Saïx et il repartit dans une crise d'hilarité. Ce dernier le fixait avec son habituel air impassible, mais il semblait aussi confus qu'eux par la situation. Xehanort jeta un regard agacé au borgne. Les Simili n'avaient pas de cœur, c'est-à-dire pas d'émotions, lui avait expliqué le Supérieur. Mais certains aiment prétendre que c'est encore le cas en revivant les échos des sentiments dans leur mémoire, avait-il rajouté. Si clairement, les Numéro I et Numéro VII n'éprouvaient pas le besoin d'une telle chose, ce n'était pas le cas de Xigbar, qui se comportait comme un être humain normal, et un particulièrement irritant en plus de cela. Il te sera utile plus tard, dans quelques années, avait dit Maître Xehanort, et l'est pour nous tous en ce moment. Aussi prenait-il sur lui pour supporter sa présence.
« Ha ha, c'est pas un t-shirt, ha ha, le problème. »
« Quoi donc, alors ? » exigea Ansem.
L'Archer frotta son unique œil après s'être enfin repris, et désigna le Devin Lunaire du menton.
« C'est sa cicatrice. »
Comme un seul homme (ce qu'ils étaient, d'ailleurs), les quatre autres se tournèrent vers Saïx. Effectivement, ils n'y avaient pas fait attention au préalable, peu intéressé par le Simili du moment qu'il remplissait sa mission, mais en plein milieu de son visage, un énorme X déformait ses traits. L'homme aux cheveux bleus resta de marbre, mais tous purent voir qu'il s'était tendu. Maître Xehanort soupira.
« Il est effectivement fort probable que la proximité de cette cicatrice trouble notre lien avec Sora. Mais Saïx est un pion indispensable à notre plan. »
« Bof, je suis sûr qu'on peut toujours trouver quelqu'un d'autre, ça doit pas être bien compliqué de trouver un crétin à qui faire avaler des conneries et à posséder. »
« Nous n'avons malheureusement pas le temps pour ça », soupira le vieil homme.
Quelques sièges plus loin, il vit le Simili concerné se détendre un peu, maintenant qu'il n'était plus en danger de mort, et il retint un ricanement.
« Toutefois, il est vrai que cette cicatrice nous pose de nombreux problèmes. Il est malheureux qu'un accident soit parvenu à en laisser une d'une forme si particulière. »
A ces mots, le Numéro VII tourna son regard vers Xemnas, qui sembla soudainement très intéressé par les points de couture de sa manche. L'adolescent roula des yeux. Le Supérieur aurait pu trouver un autre moyen de se défouler que d'utiliser ses sous-fifres.
« Que faisons-nous, dans ce cas ? » finit-il par demander, en voyant que la discussion n'avançait pas.
Le Numéro I releva la tête.
« Il y a une petite salle dans le sous-sol totalement hermétique à tous types de magie. Ça devrait suffire pour camoufler la présence de Saïx le temps nécessaire. »
Et c'est ainsi que le Simili se retrouvait seul, dans ladite pièce, à attendre que le jeune Xehanort ait finalement retrouvé la présence de Sora pour pouvoir enfin sortir. Un regard à sa montre lui apprit qu'il n'était là que depuis trente minutes, mais il avait l'impression d'y être depuis une éternité. D'un coup, la poignée fut enclenchée et la porte s'ouvrit. Le visage narquois du Numéro II apparut dans l'encadrement.
« C'est bon, le balafré, tu peux revenir, les grands ont fini de discuter. »
Oh oui, il comptait bien trouver la façon la plus affreuse possible de faire ravaler son sourire moqueur à Xigbar.
