Salut à toutes et à tous !
Voici le chapitre 46. Je suis en mesure de vous annoncer que cette histoire comportera 51 chapitres (voire un de plus, mais pas davantage! nous touchons donc à la fin!).
Merci pour tout votre soutien : eliloulou, Une fan (la fin de Kate est certainement cruelle, mais la vie l'est aussi et son décès était prévu depuis le début de la ff, donc...Et non, Edward et Bella ne sont pas égocentriques, ils précisent bien l'un comme l'autre qu'ils ne veulent pas attaquer les parents de Kate! En revanche, je suis totalement d'accord : Jacob est un excellent père qui aime profondément sa fille), bellaeva, Elodie pixie B, Ronnie32, lapiaf8, halay, vinie65, renesmeecarlyecullen, soraya2107, Shirley, guest, alexavia, Fleur50, aussidagility, AuroreAthena, Grazie, corail, Coeur2Crystal, callie226 (c'est exactement ça, la vie n'est pas soit noire soit blanche... c'est un mélange de gris), Asuna93, nana10, Maryfanfictions, aude77, Erika Shoval, Virginiiiie, Patiewsnows, lisouarras, manolys, Imaginaire-de-kiki, sarinette60, SweetyMarie (ouais effectivement la FF s'appelle "La voix de Lola" ça veut tout dire mdr), ulkan13, xalexeex25, katner, clem GagaofRobsten, birginie, sexforlife, tacha vaillant, kikinette11, Sarah Pel, choubidou. lily, mmccg, LolaMiSweetlove, aryaueda, mlca66 (effectivement oui j'ai parlé de l'équithérapie dans cette histoire, qui est une méthode très utilisée avec la musicothérapie pour les autistes!), SpunkDupea (j'vais essayer de continuer à écrire, merci :)), Ilonka, coco-des-iles, lena -lna933-, CaroThePrincess, So-Amel, Cind0uille, Titia69 (merci beaucoup :)), maho-33, zellie marcy, twilight-poison, Floraline, Galswinthe, cindy (merci :)), Lenerol, Lily-Rose-Bella, Atchoum16, Liloulette, Nini Hathaway, Liloupovitch, Twirry972, pierrard85, amlove, Dan, aelita48, Lapinou63, calimero59, Mariefandetwilight, sephora. twilight et Tinga Bella.
Une mention spéciale à Guest 7/11/12 . chapter 45
" Si tu pouvais finir la fics"
... Alors... comment te dire ? Fanfiction n'est certainement pas une obligation pour moi. J'écris au rythme qu'il me plaît, je n'ai JAMAIS abandonné une histoire en cours (JAMAIS!) et si j'ai fait traîner les choses ces derniers temps, c'est parce que mon grand-père a été hospitalisé et qu'on lui a diagnostiqué un cancer aux poumons... alors PARDON de ne pas mettre à jour aussi souvent qu'avant mes histoires. Mais ce genre de message me fout la gerbe. Quand on ne sait pas ce qui se passe, on attend de voir... Il y a des façons de demander aussi, plutôt qu'un simple "si tu pouvais finir ta fic"... un simple "bonjour, je me demandais quand tu pensais faire une nouvelle MaJ" par exemple aurait été plus apprécié. Je ne râle pas des masses il me semble, mais là désolée mais ça me retourne le ventre. Je n'ai pas à justifier mes absences, mais quand je lis ça, je dois le faire. Tu sais ce qu'il en est maintenant, et peut-être pourras-tu attendre quinze jours entre deux chapitres...
Bien, pardon mais voilà. Ah aussi, vous avez peut-être remarqué que les anonymes sont automatiquement répertoriées comme "Guest"... si vous pouviez signer vos messages que je puisse mieux vous répondre :) merci !
Un grand merci à Melacullen pour sa correction rapide :)
Et bonne lecture !
Chapitre 46 : Le moment où tout bascule
~ Point de vue de Bella ~
Juste... c'est juste incroyable... comme s'il n'y avait eu aucune coupure, rien... Lola était assise près d'Edward et elle le regardait jouer, chantonnant avec lui des airs de musique qui accompagnaient les notes. Elle marmonnait, murmurait, et n'avait de cesse de lui dire "Encore, Edward ! Encore la musique !"
Et Edward reprenait de nouveaux morceaux, inlassablement.
Lola ne semblait pas avoir conscience qu'elle venait de reparler, comme si elle ne s'était jamais arrêtée de le faire. Il était presque minuit, et elle aurait dû dormir depuis longtemps... Mais c'est si bon d'entendre sa voix... Elle a une si jolie intonation... Je ne veux plus jamais entendre son silence... Edward posait la dernière note d'une nouvelle mélodie sur son clavier. Lola l'observait, et tapait dans ses mains en riant. Mon compagnon lui souriait.
- Ça te plaît le piano ?
Elle sautillait sur ses fesses, si enthousiaste. Musicothérapie ! L'équithérapie ne marche pas avec elle, les animaux pas guère plus. La musique ! Elle a besoin de musique, de cours de musique ! Peut-être avec Edward... Je regardais ma fille se balancer de droite à gauche, en fixant les doigts de mon compagnon sur le clavier ivoire. Je me levais pour m'approcher d'Edward doucement. Je posais mes mains sur ses épaules, et me laissais à mon tour emporter par la mélodie, fermant les yeux. La voix de ma fille était le plus beau son pour accompagner les notes de piano.
- Tu chantes vraiment très bien, Lola ! Souriait Edward.
La petite se cachait son visage derrière ses mains, toute rouge. Je me penchais vers elle et m'agenouillais.
- Tu aimerais qu'Edward te donne des cours de piano ma chérie ?
Elle jetait brutalement son visage sur la cuisse d'Edward, s'y dissimulant. Edward ne savait pas quoi faire, et je posais ma main sur le dos de Lola avant qu'il n'en fasse de même.
- Je peux t'apprendre à jouer du piano, à chanter avec... Je peux t'apprendre mes chansons, elles sont faciles à chanter et à jouer sur le piano...
Lola relevait la tête, comme piquée.
- La musique d'Edward Cullen ?
Je souriais, mon cœur se serrant.
- Oui... La musique d'Edward Cullen !
- Est-ce que c'est la musique sur son disque ?
- Oui ma puce...
Elle posa son petit index contre une note, avant de retirer son doigt. Edward caressait son dos et ses cheveux sans qu'elle ne bronche.
C'est incroyable... Si incroyable...
Mon cœur de maman se serrait, à la perspective que tout pouvait toujours s'arranger. Ma Lola, comme si jamais rien ne s'était passé, continuait sa petite vie, continuait de découvrir mon compagnon.
- Mon cœur, il faut te coucher dans cinq petites minutes... Il se fait très tard pour toi...
Elle se redressait, descendait du petit banc et courait vers le canapé qui ferait office de lit pour elle ce soir. D'habitude, elle rechigne et prend tout son temps... Décidément... Edward se levait pour m'aider à déplier le canapé, et il lui sortait un tas de coussins et une couette épaisse et confortable. J'entourais ma fille avec les coussins pour éviter qu'elle ne tombe, et elle se blottissait sous la couverture.
Et en plus, elle ne râle pas... Ne pinaille pas parce qu'elle ne connait pas l'endroit, non ! Rien... Qui est-elle, et qu'a-t-elle fait de mon enfant ?
Je me penchais et l'embrassais.
- Maman est très fière de toi ma Lola... je suis si heureuse que tu acceptes de nous parler à nouveau, et des efforts que tu fais...
- Musique ! m'ordonna-t-elle simplement.
Edward enclencha son premier album dans sa chaîne-hifi, et après la première chanson je quittais ma petite.
- Nous serons ici, dans la chambre face à toi. Tu peux venir nous voir quand tu en as envie, tu ne dois pas hésiter, d'accord ?
Elle fermait ses petits yeux, épuisée. Je retrouvais Edward dans sa chambre, appuyé contre la grande baie vitrée. Il observait la ville illuminée par les néons orange, un sourire sur son visage.
- Quelle soirée, murmura-t-il alors que je le rejoignais.
- Ouais...
Seattle se déployait sous nos yeux, armée de nombreux gens qui parcouraient les trottoirs en compagnie d'amis. La main d'Edward se posa sur ma hanche et il m'attira à lui.
- Je suis heureux que Lola reparle...
Il appuyait son nez dans mes cheveux, inspirant mon odeur. Je me laissais aller contre son torse, sentant sa chaleur rassurante et virile.
- Moi aussi... Tu n'imagines pas à quel point !
Je sentais son sourire contre moi.
- Au contraire si... J'imagine à quel point...
J'entourais sa taille de mes bras pour le garder tout contre mon corps.
- Est-ce que tu accepterais de lui donner quelques cours de piano ? Elle a l'air d'aimer ça... Plus que l'équithérapie ou ses poissons rouges en tout cas...
- Bien sûr Bella !
- Je te paierai les leçons mais ça serait vraiment super que tu...
- Chuuut...
Il déposa ses lèvres contre les miennes doucement. Tendrement.
- Ne me parle jamais de me payer pour donner des leçons à ta fille... Si ça peut l'aider, je te donnerai tout ce que je peux...
Je l'embrassais à mon tour, tentant de le remercier à ma façon.
C'est alors que je le sentis. Notre fils, dans mon ventre. Des papillons chatouilleux s'envolant, et un coup !
- Oh !
Je portais mes mains sur ma peau tendue.
- Quoi ?
- Il a bougé !
Edward posa immédiatement ses mains sur moi.
- C'est vrai ?
Je sentais toujours le léger frétillement, avant de le sentir taper encore. Edward se mit à rire.
- Oh non c'est excellent ! J'adore ! Salut bébé ! C'est Papa Ed !
Il riait et s'agenouillait, avant d'embrasser mon ventre. Mais notre fils avait décidé que c'était bien assez, et qu'il était temps de dormir... Edward m'entraîna au lit, la porte de la chambre entrouverte, où je me serrais contre lui avec douceur, m'enveloppant de sa chaleur pour fermer les yeux.
..
Lola avait dormi, et dormait encore comme une princesse. Pas un mouvement cette nuit, ni même un réveil. Non. Elle rêvait encore, couchée dans le sofa. Edward et moi étions discrètement passés dans le salon pour regagner la cuisine, et prendre notre petit-déjeuner.
Autour de deux bols de céréales et de jus d'orange frais, mon compagnon et moi-même continuions la discussion qui nous avait tenus en haleine une bonne partie de la soirée. A cause de la présence de Lola dans le salon, et parce que j'avais laissé la porte entrouverte, nous n'avons pas pu avoir d'activité physique indispensable au bon maintien de notre organisme...
Du coup, nous avions eu une discussion plus "intellectuelle".
- Et Ray ?
- Raie du cul, pendant que t'y es !
- C'est vrai...
Edward, ultra séduisant en tee-shirt blanc et en boxer, avalait ses céréales comme un mort de faim. Le lait coulait légèrement sur son menton, alors qu'il engloutissait littéralement les pétales de corn flakes. Beurk...
- Edward, si tu avais mangé comme ça la première fois qu'on a été au restaurant ensemble, je ne t'aurai jamais laissé m'embrasser après...
- Ben quoi ?
Je soupirais.
- Non rien...
Il haussait les épaules et s'essuyait le menton, replongeant son attention sur son repas. Je buvais mon verre de jus d'orange plus sobrement. Les hommes... seigneur...
- Bon alors Tom ? Thomas ? Thomas Cullen...
- C'est si classique, murmura-t-il.
- Amaury ?
- Mhm...
- Kellian ?
- Kellian ? Tu sors ça d'où ?
- Aucune idée mais je pensais à ce mot bizarre alors...
Je me retenais de rire. Edward trouvait des prénoms toujours originaux...
- Non, désolée !
- Neil ? Robin ?
- Heureusement que l'on a encore un peu de temps...
- Tu as pensé à quelque chose, toi ?
- Pas vraiment... Ethan peut-être... Gavin... Loan... Roman... Leo... Benjamin...
- Je sais que quand Alice est tombée enceinte, on avait pensé à Theo...
Mon ventre se nouait violemment à cette information. Lui, il continuait de manger dans une froideur absolue. Comme s'il avait lâché une banalité...
- Theo ?
- Ouais, Theo... Ça nous plaisait bien...
- Oh...
Je ne savais pas quoi répondre : l'appeler Theo, alors qu'ils auraient dû avoir un Theo ensemble, ressemblait à une simple torture. Edward terminait son bol, avant de lever la tête vers moi et froncer les sourcils.
- Ca va Bella ? Tu es si pâle tout à coup...
- C'est juste... je ne crois pas que Theo soit une bonne idée...
Il fronçait encore plus les sourcils.
- Pourquoi ça ?
- Parce que c'est... enfin c'était votre bébé et... le fait qu'il n'ait pas vu le jour et... oh... C'était votre histoire à Alice et toi, tu comprends ?
Ma gorge s'asséchait, au fur et à mesure que les mots glissaient sur ma langue.
Theo Cullen devrait être avec nous. Qui dit que je serai avec son père, s'il était né ? J'aurais pu être une belle-mère à vingt-quatre ans...
Il haussait les épaules.
- C'était une idée comme ça, mais je préfère ne pas le nommer Theo... Ça serait bizarre pour Alice... et pour moi aussi...
J'opinais. Pas de Theo... Définitivement pas de Theo... Le téléphone fixe résonnait, et nous sursautions avant qu'Edward ne se précipite dans le salon pour décrocher et éviter de réveiller ma fille. Il revint dans la cuisine en discutant avec son interlocuteur, et je vis apparaître mon bébé en pyjama, qui maladroitement manquait de rentrer dans la chaise d'Edward. Je la rattrapais in-extremis.
- Oh ma chérie... Viens avec maman, tu n'es pas encore tout à fait réveillée...
Je me rasseyais et la serrais dans mes bras en embrassant son front.
- Ca va mon coeur ?
- Le téléphone l'a réveillé Lola...
- C'est rien... ce n'était pas fait exprès... Veux-tu que l'on aille se recoucher toi et moi ?
Elle fit "non" de la tête avant de se caler contre ma poitrine et de refermer les yeux. Je la berçais, et elle mit une bonne dizaine de minutes à faire surface. Edward revint, un peu pâle.
- C'était le père de Kate...
- Oh...
- Elle sera enterrée après-demain, il veut que je sois présent...
Lola s'asseyait correctement sur mes genoux.
- Tu vas y aller ?
Il s'appuyait contre le frigo.
- Oui... Je crois que ouais...
- Je t'accompagnerai...
- Non... Je veux dire... non... occupe-toi de Lola et du bébé... Je peux... Tu vois je vais y aller juste et... revenir...
La mort de Kate le blessait, bien plus qu'il ne voulait l'admettre. Je sais que si je n'avais pas été présente, elle n'aurait peut-être pas changé à ce point, et n'aurait pas trahi l'amitié qu'il lui offrait...
- Tu es sûr ?
- Oui... Il faudra que j'appelle l'avocat aussi...
- Je ne veux pas poursuivre ses parents... Ce qu'elle a fait est une erreur, mais elle a bien trop payé et ses parents n'y sont pour rien...
Je me levais et posais ma fille sur ses pieds avant de m'approcher de lui. Il nouait nos doigts ensemble.
- Je savais que tu dirais ça...
Lola se faufilait entre nous et étreignit la jambe d'Edward avant de retourner dans le salon.
Quelques secondes plus tard à peine, elle appuya avec son doigt sur le clavier et une note s'élevait dans le loft de mon compagnon.
..::..
~ Point de vue d'Edward ~
Je venais de me garer devant chez les parents de Kate, pensant de toutes mes forces aux suggestions de prénoms pour mon petit garçon, plutôt que de penser à ce que j'allais voir aujourd'hui.
Jusqu'à présent, je n'avais jamais réellement perdu quelqu'un, de proche j'entends. Force était d'admettre que je devais enterrer une amie. Une amie proche et rien ne pouvait décrire cet instant qui me happait dans des profondeurs ténébreuses. Il me semblait juste que le sol s'ouvrait sous mes pieds, voulant me faire tomber avec lui...
J'ouvrais le petit portail et passais la maison endeuillée, devant laquelle étaient posées des dizaines et des dizaines de bouquets de fleurs des proches, parents, amis, voisins et lointaines connaissances. Je toquais contre la porte, et bientôt le père de mon amie vint m'ouvrir, de larges cernes sous les yeux. Que ce doit être horrible de perdre sa fille unique... Je n'eus pas de mots à dire, il me sourit poliment et me fis signe d'entrer. La maison était calme, bien trop calme. Même la pendule avait été arrêtée. Il n'y avait plus le léger tic-tac de l'horloge qui m'avait tant marqué quand j'étais venu dîner ici plusieurs fois depuis que je connaissais Kate.
Chacune de ses photos était mise en évidence sur le rebord de la cheminée, les tables, les murs. Il n'y avait eu que Kate ici, et il n'y aurait que Kate... Le vide pour ses parents... La fin d'un rêve, voire même la fin du sens d'une vie... C'est tellement... Il n'y a rien qui puisse surpasser ce sentiment terrible... Rien... Je ne sais pas qui a décidé que Kate mourrait si jeune, si tôt. C'est juste comme ça qu'est la vie, non ? Malheureusement, oui...
Peter m'invitait à m'asseoir, et il en fit de même.
- Merci d'être venu...
- C'est normal... je suis tellement désolé...
- Oh, moi aussi, si vous saviez...
Il passa ses mains sur son visage, et je crus l'entendre réprimer un sanglot. Ma gorge se nouait, et je savais que je pourrais pleurer mais je ne voulais pas le faire. Kate a fait ce qu'elle a fait, mais elle est partie... Elle a trouvé la paix quelque part... Du moins je l'espère... Il se levait et dans une invitation silencieuse, me guida jusqu'à la chambre de sa fille.
- Je ne peux pas croire qu'elle ne franchira plus jamais cette porte...
La chambre, que je n'avais jamais vue, me surprit. Les tapisseries étaient à bandes verticales roses et blanches, sur le mur face à la porte était placée une petite fenêtre qui donnait sur le jardin. Sous cette fenêtre, il y avait un lit deux places rose, sur lequel trônait un petit nounours marron. Le petit ours de Kate était orphelin... Je m'avançais, remarquant alors sur le mur à gauche quelques posters me représentant et en dessous nos photos ensemble. A côté du lit était située une petite commode de nuit, sur laquelle était posée une chaîne hifi, une lampe de chevet et des journaux intimes. Quelques magazines people, dont je faisais la une.
Qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête ? A quel moment tout a changé ?
Je m'asseyais sur le rebord du lit, attrapant le premier journal sur la pile. La clé était accrochée après le cadenas et je l'ouvrais, la main tremblante, avec le pressentiment que je devais le faire.
22/07
Cher journal.
Je vais faire comme si tu étais Edward, et ainsi je pourrai te dire tout ce que je n'ose pas lui dire... Quand je me réveille le matin, j'admire toujours ces photos que l'on a ensemble. Ce sont les seuls moments où nous sommes à deux, où il est à moi comme j'aimerais qu'il le soit vraiment.
Edward, tu n'as pas idée de tout ce que je ressens quand je te vois, quand je suis près de toi... Je voudrais simplement parfois que tu me prennes dans tes bras, et me murmure ce "je t'aime" qui me rendrait si heureuse... Chaque soir, je m'endors en nous visualisant. Peut-être nous trouverons-nous un jour ? Qu'en dis-tu ?
Je tournais les pages, avec le sentiment que je ne devais pas le faire, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
30/08,
Edward.
Je n'ai jamais été plus heureuse qu'aujourd'hui. Nous étions assis dans ce jardin sur cette pelouse, et on a ri comme des enfants quand nous avons dû échapper aux paparazzis qui te traquaient. Quand nous avons atteint l'hôtel, tu m'as pris dans tes bras en riant. J'ai cru que tu allais m'embrasser. Ce soir, je vais modifier l'histoire avant de dormir, pour sentir tes lèvres contre les miennes.
Ma tête me tournait.
3/09,
Edward,
Toutes ces filles à tes pieds, ça me rend malade mais encore plus forte. Parce que je suis à une place qu'elles m'envient. L'idée qu'elles me détestent, me jalousent, me rend encore plus fière d'être ton amie. Je t'aime.
Je refermais ce journal, préférant ne pas en lire plus. C'est si sordide qu'elle s'adresse à moi... J'ouvrais le deuxième. Cette fois, elle parlait seulement à son ami de papier.
Cher journal,
Si seulement j'avais quelqu'un à qui me confier à propos de lui... Elle est arrivée dans sa vie et je sens qu'il part avec elle. Je sens qu'il va l'épouser, que c'est "la bonne" comme on dit. J'ai eu cette voix qui me l'a murmurée quand je l'ai vu avec elle. Ils sont ensemble, bel et bien. J'ai cru que cette connerie de journal gossip racontait encore des choses bêtes, et je me suis convaincue qu'il fait bonne figure avec elle pour sa petite autiste mais non. Ils se sont embrassés aujourd'hui... Ça fait si mal, je voudrais que le temps s'arrête, et que jamais je n'ai vu ce baiser... Je ne peux pas le voir à son bras, c'est impossible...
Je voudrais tant qu'il m'embrasse MOI, et pas elle, si tu savais...
Chaque ligne était du même calibre, et je me sentais mal. Si mal. Elle a tant souffert...
Cher journal... Pourquoi je fais ça ? Pourquoi je suis si stupide ? Je ne me reconnais pas... mais je me sens forcée de mettre ces lettres chez elle... Je la déteste, je voudrais qu'elle disparaisse et qu'il me revienne... Je voudrais pourtant récupérer les lettres dès que je les envoie. Je regrette tellement... Ce n'était qu'une plaisanterie de Tanya, quand elle m'a dit en riant "menace-la!" mais je l'ai prise au pied de la lettre ! Pourquoi ai-je fait ça ?
Et l'argent que je touche de la part des journalistes ? Je le déteste ! Je vends des scoops sur lui, sur les lieux où ils se trouvent et je récolte quoi ? Un peu d'argent sale... S'il savait ça, il me détesterait, il serait incapable de m'aimer et je ne veux pas que ça se produise... Mais je ne contrôle pas cette colère... Je n'y arrive pas... Je ne suis rien de plus qu'une folle...
Derrière chaque mot se trouvait un regret. Je ne l'ai pas vu regretter... Je n'ai vu que celle qui se vengeait.
Cher journal, Edward m'a renvoyée. Il a tout découvert. Je voudrais mourir... Il me déteste, tout est fini !
Le papier était légèrement ondulé, marqué d'une larme. Ce fut la dernière phrase de son journal, elle n'avait plus réécrit après.
Mon dieu... J'espère que tu as trouvé la paix, Kate... Je me levais, quand la porte s'ouvrit sur la mère de Kate en larmes qui criait.
- SORTEZ D'ICI ! VOUS AVEZ TUE MA FILLE ! VOUS L'AVEZ TUEE ! VOUS AURIEZ DÛ L'AIMER, L'AIDER AU LIEU DE LA RENVOYER ! PARTEZ ! VOUS ETES SON MEURTRIER ! NE VENEZ PAS A SON ENTERREMENT ! VOUS AVEZ TUE MA FILLE... VOUS AVEZ... VOUS L'AVEZ...
Elle vint à ma rencontre pour frapper mon torse, mais son mari l'attrapa avant qu'elle ne me touche.
- Chérie... Charlotte non... Stop... Shhh...
Elle hurlait, se laissant tomber au sol, dans les bras de son époux. Je ne pus retenir cette larme qui m'échappa.
- Elle vous aimait... Elle vous aimait... Elle l'aimait Peter...
- Je sais, je sais... Shh... Charlotte, calme-toi...
Ses sanglots déchiraient le silence de la chambre, et je voulais partir d'ici. Rejoindre Bella, Lola et mon fils. Que rien ne se soit jamais produit... Peter entraîna Charlotte hors de la pièce, me laissant seul. Une dernière fois, j'observais les photos de nous deux, et le regard brillant de Kate que je n'avais jamais remarqué avant aujourd'hui.
Elle m'oppressait, elle me rendait dingue...
Je me tournais et observais une dernière fois ce petit nounours qui ne serait plus jamais serré la nuit par les bras de mon amie. J'extirpais la rose blanche de la poche interne de ma veste en jeans, et la déposais sur le lit avant de sortir.
Je te pardonne...
Peter m'attendait en bas, un air désolé sur le visage.
- Excusez Charlotte, elle est bouleversée...
- Bien sûr... Ecoutez je... je ne peux pas rester là, je...
Il faut que je parte d'ici... Tout ce qu'elle a été s'est brisé en moi... Définitivement...
- Edward ?
Je ne pouvais plus parler, menaçant de trahir mes larmes. Je me tournais vers lui.
- Vous n'avez pas tué Kate...
- Je sais... marmonnais-je, avant de quitter la petite maison, ignorant les fleurs qui flétrissaient sur le perron.
Emmett m'attendait, appuyé contre la voiture. Je lui avais demandé de venir, parce que je ne voulais pas infliger ça à Bella et que j'avais besoin de vivre ça avec mon meilleur ami. Et je ne voulais pas à avoir honte... Il me souriait d'un sourire qui n'atteignait pas ses yeux, et je m'arrêtais devant lui.
- Comment tu te sens ?
La larme, chaude, brûlante, tomba sur ma joue. Il soupira et m'attira dans ses bras pour me serrer, et je me laissais aller avec lui.
- Ca va aller Ed... T'es pas tout seul...
::..
L'enterrement eut lieu et comme le voulait Charlotte, je ne m'y montrais pas publiquement. J'observais de loin le cercueil porté par ses cousins disparaître en terre. Les murmures de la foule m'apprirent que l'hypothèse de l'accident n'était pas écartée, mais pas non plus confirmée. En tout cas, pas de meurtre. Ils ne savaient pas. Alors, je vais passer le restant de mes jours à me dire qu'elle en a peut-être fini à cause de moi...
Quand la musique s'élevait, un de mes morceaux, je ne pus en supporter davantage et lâchement, je m'éloignais en direction de mon véhicule. Je conduisais jusqu'à chez mes parents, parce que je ne voulais pas que Bella me voit ainsi. Elle avait déjà été si compréhensive, et elle se faisait du souci. Je ne veux pas qu'elle s'en fasse, elle en a assez comme ça et mon fils le sentirait...
Esmé et Carlisle étaient au courant, et ne me jugeaient pas. Elisabeth s'inquiétait toutes les heures de savoir comment j'allais, comment je le vivais. Je ne peux pas lui en vouloir, c'est ma mère elle s'inquiète. Carlisle, lui, me laisse faire et venir quand j'ai envie d'en parler. Nous avions déjà eu une discussion au sujet de la disparition de Kate, qui m'avait fait du bien. J'avais pu lui confier tout ce que j'avais lu dans le journal, et il m'avait dit que je ne pouvais pas savoir. Le fait que ce soit mon père qui m'en parle me rassurait, sans que je ne sache réellement pourquoi...
J'ouvrais la porte d'entrée et passais par le salon quand je la vis. Alice. Dans sa robe de mariée. Une robe blanche et droite, en talons ivoire. Elle avait des bretelles toutes simples, en dentelle, sur les épaules, et elle avait passé un collier en argent avec un pendentif bleu. Je m'arrêtais immédiatement, choqué par sa beauté. Alice se marie.
- Oh... wow...
Elle me souriait, timide.
- Tu crois que Jasper va l'aimer ?
S'il y est indifférent, c'est un abruti !
- Il t'aime Alice... Il serait heureux que tu l'épouses en tailleur et en chemisier rouge flash...
Elle s'avançait vers moi.
- Je veux qu'il soit fier de m'épouser...
Je la prenais dans mes bras une brève seconde.
- Jasper est très fier de toi, et de ce mariage plus que jamais ! N'aies aucun doute là-dessus ma belle...
J'embrassais son front. J'aimais le fait qu'Alice et moi soyons restés amis.
- La roue tourne... Tu vas avoir un bébé, je vais me marier...
- Et c'est mieux comme ça, non ?
- Oui, définitivement !
J'embrassais le dos de sa paume en souriant, quand ma belle-mère fit son apparition.
- Oh Alice ! Ce devait être une surprise ma chérie !
- Elle est parfaite !
- Je trouve aussi...
Une voiture freinait devant et je regardais par la fenêtre.
- C'est Jazz !
- Oh non ! Il ne doit pas me voir, ça porte malheur !
- File te changer, je vais le retenir... J'ai eu mon lot de malheur, tout doit être parfait pour vous deux...
Je partais à la rencontre de Jasper, pour donner à Alice le temps de se changer. Et de préserver le bonheur qui se profilait...
