Chers lecteurs,

Voilà le chapitre 53 d'Être une famille intitulé Le tourbillon des pensées. Je vous remercie pour vos reviews sur le chapitre précédent. Elles me font chaud au coeur même si je n'ai pu que remarquer une baisse dans le nombre de commentaires. L'histoire vous plaît-elle moins ? Je sais que l'intrigue peut avancer doucement à vos yeux mais croyez-moi, les choses vont véritablement s'accélérer. J'écris actuellement la dernière partie de l'histoire et donc, vous n'attendrez pas des années avant d'en avoir la fin. N'hésitez pas à me dire ce qui ne vous plaît pas pour que je puisse m'améliorer.

Dans tous les cas, j'aime bien ce chapitre qui retranscrit plutôt bien l'état d'esprit de Harry et l'inquiétude de son entourage. On en apprend davantage sur les prochains événements et rassurez-vous, Adam apparaîtra dans le chapitre suivant ! Bonne lecture à vous et à dans deux semaines.

Patmol25

Etat de la fic : 69 chapitres écrits - en coure d'écriture

Prochaine publication : 21 décembre 2016


Chapitre 53 : Le tourbillon des pensées

Drago Malefoy n'était pas le genre de sorciers à rester les bras croisés quand une personne de son entourage paraissait sur le point de se noyer volontairement dans un chaudron rempli de filtre du Mort-Vivant. Il n'agissait pas immédiatement, préférant d'abord respecter une phase d'observation et d'analyse.

Ce qu'il avait fait avec son sujet d'étude actuel. Il l'avait observé de loin pendant les cours ou pendant les repas, lorsque celui-ci daignait y rester plus qu'une poignée de minutes. Lorsque ces temps d'observation s'étaient révélés insuffisants, Drago s'était alors attelé à le scruter suspicieusement durant son temps libre, ses nombreuses soirées passées à la bibliothèque de Poudlard et même dans les couloirs du château.

Et après tout ce travail de réflexion, le jeune aristocrate avait pu dresser sa conclusion : Harry Jedusor avait un souci.

Alors que son esprit aurait pleinement dû être concentré sur la voix du professeur Flitwich, Drago, au dernier rang, était encore occupé à observer d'un air songeur son cousin. Ce dernier était penché sur un rouleau de parchemin sur lequel il écrivait rapidement, écoutant avec attention les moindres mots de leur enseignant de sortilèges.

Sa subite assiduité en cours avait été un de premiers indices éveillant l'inquiétude du blond. Harry n'était pas un élève médiocre mais il ne s'était jamais pleinement investi dans sa scolarité. Depuis peu, il semblait s'être découvert une nouvelle passion pour les enseignements délivrés à Poudlard et il allait bientôt battre Granger sur le nombre d'heures passées à étudier !

« Tu es flippant Drago quand tu fixes Jedusor de cette façon, » murmura Blaise en se penchant vers lui avec discrétion. « S'il le remarque, il va penser que tu es sur le point de lui jouer un mauvais tour. »

« Ce n'est pas mon intention », chuchota Drago en roulant des yeux. « Mais je dois t'avouer en effet que je l'observe avec attention. »

« Toi aussi tu as remarqué les cernes qui bouffent son visage ? »

Assis juste devant ses deux camarades, Théodore se tendit imperceptiblement alors que les paroles de Blaise atteignaient ses oreilles. Hormis une légère crispation de ses doigts autour de sa plume blanche, il ne fit aucun mouvement envers eux, tendant l'oreille davantage.

« Les faits que j'ai relevé sont donc exacts. J'ai aussi pu noter une soudaine frénésie scolaire, un manque de sommeil évident, voire même un manque d'appétit car il passe peu de temps dans la Grande Salle. »

« Et s'est-il disputé avec Granger ? Elle est toujours fourrée avec Krum ou avec Londubat. »

« Je crois qu'il évite les crétins congénitaux de sa maison, » affirma le blond en hochant vivement la tête.

Drago n'était pas le seul à avoir repéré tous ces éléments. Depuis sa récente conversation avec Harry dans la bibliothèque, Théodore avait remarqué que son ami paraissait déboussolé. Les jours suivants, ils n'avaient plus reparlé de leur discussion. Si Harry semblait avoir retrouvé le sourire, son regard était très souvent absent, perdu dans les limbes de son esprit. Et tout comme l'héritier Malefoy, Théo commençait à réellement se faire du souci pour son ami.

Inconscient d'être le sujet de pensées de plusieurs de ses camarades, Harry prenait soigneusement des notes sur le sortilège de protéiforme présenté par Flitwich. Au dernier contrôle, il avait obtenu la note maximale et la pluie de compliments de son professeur l'avait galvanisé sur l'intérêt de réaliser au mieux ses devoirs.

Et cela l'aiderait probablement à devenir un sorcier meilleur. À la hauteur du reste de sa famille.

« Pour le prochain cours, vous réaliserez trente centimètres sur le sortilège de protéiforme ! » annonça soudainement la voix aiguë de Flitwich.

Le petit professeur sauta de la pile de livres entassée au sol pour lui conférer une plus haute taille au moment où la sonnerie stridente annonçant la fin du cours retentit dans le château. Aussitôt, les élèves se ruèrent sur leur sac d'école où ils s'empressèrent de fourrer leurs parchemins et encriers avant de se lever dans un vacarme assourdissant. Le bruit de centaines de chaises raclant le sol résonna dans toute l'école.

« J'ai hâte de passer à la pratique de ce sortilège ! Ça a l'air absolument passionnant, » déclara Hermione d'une voix enjouée. « Tu te rends compte ? Grâce à ce sortilège, il sera très facile de modifier des objets liés ensembles. »

« Es-tu en train de chercher un contexte dans lequel tu pourrais t'en servir ? » demanda Harry d'un sourire en balançant son sac sur une de ses épaules. « Je suis sûr que Flitwich sera ravi de te voir réussir haut la main ce nouvel exercice. »

Les joues de la jeune fille se colorèrent vivement à ces mots et elle haussa les épaules d'un air gêné. Ils s'avancèrent vers la sortie et se retrouvèrent agglutinés dans la masse d'étudiants quittant leur dernier cours de la journée. Derrière eux, Ron, Dean et Seamus grognèrent bruyamment en apercevant le flux massif d'adolescent dans les couloirs.

Au bout de quelques minutes, Harry et Hermione purent se faufiler dans un couloir quasi-désert du troisième étage. Ils soufflèrent bruyamment, heureux de s'être extraits de l'agitation. Ils avancèrent tranquillement en échangeant quelques mots lorsqu'ils virent au loin Luna Lovegood.

La Serdaigle était figée au milieu du couloir, les yeux rivés sur le plafond. Harry sentit son cœur se serrer étrangement en remarquant qu'elle était pieds nus. En levant la tête à son tour vers le plafond en pierre, il vit les chaussures de la jeune fille suspendues par les lacets à un vieux crochet abandonné.

« Elle t'apprécie beaucoup. »

« Je sais et moi aussi mais… même moi j'ai compris le faux-pas que ça serait de m'afficher publiquement avec la fille du propriétaire du Chicaneur, » souffla Harry en baissant les yeux au sol.

Il était furieux que des étudiants se permettent d'embêter la jeune sorcière, surtout de façon aussi futile qu'en lui dérobant ses affaires pour les éparpiller dans le château. Son instinct le poussa à aller venir en aide à Luna mais il s'efforça de rester immobile.

La publication de l'article de Skeeter au Chicaneur avait fait jasé nombre de ses camarades les premiers jours suivant la rentrée. Comme cela arrivait souvent, il avait été le centre d'attention des élèves comme des professeurs. Jusqu'à ce que l'intérêt et les rumeurs ne finissent par se dissiper et qu'il retrouve une tranquillité relative.

Cependant, personne n'avait ignoré que la Serdaigle était la fille du loufoque Xenophilius Lovegood, créateur et propriétaire du journal. Harry ne pouvait décemment pas continuer à se balader dans les couloirs de Poudlard avec elle alors que l'article avait été source d'un tel embarras pour sa famille. Comme si elle comprenait la situation délicate entre eux -et c'était probablement le cas-, Luna n'était pas venue le saluer mais elle lui avait malgré tout adresser un hochement de tête discret dans la Grande Salle.

« Harry ! »

Le Gryffondor se détourna de la blonde et ses yeux bleus tombèrent sur Drago. Son cousin s'approchait d'eux à pas vif et il salua Hermione d'un bref mouvement de tête. Celle-ci lui répondit d'un sourire discret. Comme ils ne s'écharpaient plus à chaque rencontre, les relations entre eux deux étaient plus posées.

« Je vais à la bibliothèque, » annonça t-elle.

Elle fit volte-face et s'avança jusqu'à Luna à l'autre bout du couloir. Harry s'efforça de ne pas porter son regard sur les deux filles et interrogea son cousin du regard.

« Tu aurais envie qu'on aille voler un peu ensemble ? »

La proposition sembla égayer Harry. En tant que joueur de Quidditch frustré de l'annulation de la Coupe de Quidditch, le Gryffondor saisissait la moindre occasion pour jucher son éclair de feu et survoler à toute vitesse le terrain.

Cependant, son sourire s'affaissa rapidement.

« J'ai un rendez-vous avec Selwyn, » grogna t-il en secouant la tête d'un air dépité. « Occlumancie. »

Drago plissa le bout de son nez pointu, fâché de voir sa proposition devoir être reportée. Il soupira doucement et l'invita à le suivre d'un mouvement de la main. Ils prirent le chemin ensemble en direction des cachots.

« Tu as des nouvelles d'Adam ? »

A défaut de pouvoir partager un temps d'échange où son cousin pourrait peut-être révélé quelques uns de ses tracas, Drago décida de se lancer. En voyant l'air maussade de Harry, il se demanda s'il n'avait pas pris le risque de le voir se renfermer davantage.

« Non. Toujours pas. J'ai tenté de l'appeler à travers notre miroir à double sens mais je pense qu'il ne l'a pas sur lui, » répondit t-il.

« D'accord… Hum, et tes parents, ça va ? Tu as eu des nouvelles ? »

Le regard du brun se fit suspicieux alors qu'il détaillait le visage froid et impassible de son cousin. La légère rougeur qui colora ses joues le rendit davantage méfiant et il laissa un long silence s'installer entre eux alors qu'ils arrivaient dans le grand hall du château.

« Je te demande ça pour savoir, simplement ! Ayeline et Tom sont ma tante et mon oncle, » rappela t-il en roulant des yeux. « Je n'ai pas eu de nouvelles depuis un moment. Mère ne m'en a pas donné car elle est partie quelques jours en France, dans notre maison de vacances. Sans mon père. Ce qui est assez étrange en soit mais je suppose qu'il ne peut pas quitter le Ministère facilement maintenant qu'il est directeur d'un département. »

Les sourcils de Harry se haussèrent vivement aux mots de son cousin. Lui-même trouvait étrange que Narcissa prenne ses valises et partent seule outre-manche. Au regard tourmenté de Drago, il se rendit compte que lui aussi était plutôt anxieux à ce sujet. Quelque chose se tramait-il chez les Malefoy ?

« Ils m'ont envoyé un courrier lundi. Enfin, ma mère. Mais je n'ai pas eu le temps de lui répondre, » déclara t-il finalement avec une certaine prudence.

En effet, cela faisait trois jours que Hedwige était venue lui déposer un lettre scellée par le sceau de Salazar Serpentard écrite de la main de sa mère. C'était un courrier banal sans informations essentielles mais Harry avait été malgré tout enthousiaste de le lire.

Pourtant, il avait repoussé le moment de se poser à une table et de dérouler un parchemin pour y rédiger une réponse. Il avait l'impression que, depuis sa dernière visite à la Tête du Sanglier, un gouffre s'était créé entre lui et sa famille. Entre lui et les autres. Un vide absolument angoissant qui semblait grignoter la moindre parcelle de son corps et de sa magie l'enveloppait constamment.

Peu habitué à nier ses inquiétudes, Harry réfléchissait tous les jours à cette foutue histoire d'horcruxes, conscient que la santé mentale de son père -et donc le futur- reposait sur ses frêles épaules d'adolescent. Et qu'il n'avait aucunement idée de ce qu'il devait faire, du lieu où chercher des petits objets contenant un bout d'âme ni même simplement comment faire !

Il aspira une goulée d'air brusquement, espérant ainsi atténuer le vrombissement régulier de ces dernières semaines venu vriller son esprit. Il devait chasser ces pensées et se concentrer pleinement sur son cours imminent d'occlumancie avec son professeur de potion afin de pouvoir enfin le chasser de son esprit.

« Harry ! »

Drago appuya son interpellation par un vif mouvement du bras qui l'empêcha d'avancer davantage. Harry fut forcé de s'arrêter et il se tourna vers lui d'un air interdit, surpris par son brusque éclat. S'assurant que personne ne se trouvait autour d'eux, le blond resserra sa prise autour du bras droit de son cousin et se pencha dangereusement vers lui, ses sourcils froncés.

« Le fait que tu sois l'héritier de Salazar Serpentard compense ton effarante répartition à Gryffondor et a prouvé que tu pouvais te servir de ton cerveau pour réfléchir, » siffla t-il à mi-voix, l'inquiétude dansant dans ses yeux gris. « Mais je ne t'ai jamais vu si concentré en cours et distrait aux autres moments. Est-ce que c'est la finale du Tournoi qui t'inquiète tant ? »

Stoppés dans les escaliers menant aux cachots, les deux garçons s'observèrent fixement un moment. Harry finit par lâcher un léger soupir et se dégagea d'un mouvement du corps de la poigne de Drago et afficha un sourire. Mais qui sonnait incroyablement faux pour le blond.

« Je trouve ton inquiétude a-do-ra-ble ! » s'amusa t-il en sachant pertinemment que ce mot allait foudroyé sur place le Serpentard. « J'ai simplement décidé de reprendre mes études en main et de me préparer correctement à la troisième tâche. Je n'ai pas vraiment le temps de participer à toutes les frivolités que certains ont le temps de se permettre avec les sorcières de Beauxbâtons. »

Cette fois-ci, les joues de Drago s'embrasèrent et il poussa un grognement furieux. Il était vrai que depuis la deuxième tâche, il s'était beaucoup rapproché des étudiants de Madame Maxime, notamment de l'une d'entre elles nommée Augustine. Sélectionnée par l'école française pour candidater au Tournoi, elle n'avait pas été sélectionné mais elle était restée, comme ses camarades, à Poudlard pour soutenir Fleur et Sarah, les deux championnes désignées par la Coupe de Feu.

« Mon père étant directeur du département des relations magiques internationales, je trouve essentiel de m'exercer à comprendre l'état d'esprit des sorciers français, » rétorqua t-il d'une voix froide. « Quand je vois l'air amouraché de Diggory à tes côtés, je doute que les frivolités se cantonnent aux autres. »

Harry s'apprêta à protester, songeant que Cédric et lui travaillaient d'arrache-pied deux soirs par semaine pour apprendre et s'exercer à de nouveaux sortilèges. Ils étaient bien loin de céder à des divertissements tels ! Même s'il devait admettre que la bonne humeur du Poufsouffle lui mettait du baume au cœur et permettait d'apaiser son esprit un temps.

« Cependant, » ajouta précipitamment Drago en le voyant ouvrir la bouche pour le contredire, « ton emploi du temps surchargé n'explique pas ton air… déboussolé. »

Harry resta muet, ignorant quelle réponse apporter à l'autre garçon. Il reprit sa marche en songeant qu'il allait être en retard à son cours avec Selwyn et peu enclin à s'épancher sur ses états d'âme avec qui que ce soit.

Drago leva les yeux au ciel d'un air agacé et accéléra le pas jusqu'à le dépasser, se postant devant lui, les bras croisés contre sa poitrine. À nouveau, Harry n'eut pas la possibilité de se défiler et ce dernier poussa un soupir bruyant. Ses yeux bleus s'assombrirent mais Drago ne se laissa pas émouvoir par sa tentative de menace.

« Je m'inquiète pour toi, Harry. Sincèrement. Tu as l'air mal et… et j'aimerai t'aider si je le peux. Si je peux faire quelque chose, je veux pouvoir le faire. »

Ému par les mots du Serpentard, Harry sentit ses yeux le brûler vivement et il scella un instant ses paupières pour reprendre contenance. Ses émotions et ses ressentis étaient exacerbés depuis quelque temps et il peinait à les contrôler.

« Je suis navré Drago mais… tu ne peux rien faire, » murmura t-il d'un ton attristé. Ses yeux bleus s'ancrèrent dans ceux de l'autre garçon et celui-ci fut frappé par toute la tristesse qu'il y trouva. « C'est compliqué et j'ai besoin de temps. Je vais m'occuper de régler tout ce qui me préoccupe. Maintenant, je dois aller voir Selwyn. »

Son ton était ferme mais emprunt d'une douleur qui faisait vibrer sa voix. Il détourna finalement les yeux de ceux de son cousin puis se déplaça d'un pas et le contourna. Le silence résonna dans les escaliers, seulement brisé par les pas de Harry martelant le sol en pierre.

Drago pivota sur lui-même pour observer son cousin poursuivre sa route jusqu'aux cachots d'un pas vif. Sa gorge se serra brutalement et son impuissance lui procura un sentiment de colère fort. Lorsque Harry disparu de sa vue après s'être enfoncé dans le couloir suivant la volée de marches d'escalier, le blond laissa échapper un sourire entre ses lèvres et s'autorisa à s'appuyer contre le mur.

« Entrez ! »

Harry poussa la porte du bureau de Selwyn et avança dans la pièce. Son professeur de potions l'accueillit avec un sourire succinct alors qu'il rassemblait un tas de copies de ses élèves de première année. Le silence s'installa dans la pièce pendant que l'enseignant finissait de débarrasser son bureau. Au bout de quelques instants, il se redressa et adressa un regard profond à son étudiant qui était resté figé au milieu de la pièce.

« Vos devoirs de potions sont de meilleure qualité ces derniers temps, » félicita t-il en contournant son bureau pour se mettre face à lui. « C'est agréable de vous voir prendre à cœur vos cours. La pratique est encore à travailler mais si vous continuez dans cette voie, je pense que cela peut avoir un retentissement positif sur votre moyenne ! »

Toujours silencieux, Harry apprécia à sa juste valeur les compliments et conseils de son enseignant. C'était la première fois qu'il recevait des commentaires positifs sur son travail scolaire en potion. Depuis que Snape n'enseignait plus cette matière, une grande partie des élèves avait vu leurs notes remonter sensiblement même si beaucoup restaient encore allergiques aux cachots de hocha poliment la tête, espérant que ses parents seraient rapidement informés de ses efforts réalisés en cours.

« Nous allons donc passer à notre cours d'occlumancie pour ce soir, » ajouta Selwyn en souriant doucement. « Je vous laisse déjà quelques instants pour vous concentrer sur votre esprit, le vider et tenter de dresser vos barrières mentales autour. »

Espérant obtenir cette fois des compliments sur son apprentissage de la magie de l'esprit, Harry laissa tomber son sac d'école dans un coin de la pièce. D'un mouvement de baguette magique, Selwyn verrouilla la porte d'entrée de son bureau et se plaça devant lui, l'air concentré.

L'étudiant prit une grande inspiration et tâcha d'éluder toutes les pensées qui tourbillonnaient dans son esprit. Il ferma un instant les yeux, conscient qu'il n'avait guère avancé dans son apprentissage depuis que Selwyn tentait de lui transmettre les bases d'occlumancie. Vider son esprit était toujours un exercice pénible et tortueux pour lui. Quant à rejeter les attaques de son professeur tentant de pénétrer dans son esprit… et bien, c'était toujours extrêmement difficile.

« Faîtes-moi signe quand vous êtes prêt. »

Les yeux toujours clos, l'adolescent resta immobile encore un instant alors qu'il construisait mentalement un mur de briques rouges autour de ses pensées. Il s'efforça de se concentrer sur sa respiration et de laisser de côté tout le reste. Il savait qu'il prenait trop de temps à se préparer et que cela devrait déjà lui venir naturellement mais Harry devait avouer qu'il était loin d'en être à ce niveau là.

Au bout d'une poignée de minutes, il rouvrit les yeux en prenant une grande inspiration. Baguette magique en main, il inclina la tête en direction de son enseignant qui attendait patiemment d'un air impassible.

« Legilimens ! »

Le sortilège s'engouffra dans son esprit mais Harry se concentra férocement à conserver droit et entier la cloison de briques qui protégeait ce qu'il avait de plus précieux. L'attaque se fit plus pressante, plus féroce et des gouttes de sueur commencèrent à dégouliner le long de son visage. Harry serra les dents alors que des fissures apparurent dans les fondations de son mur. Une brique explosa et en entraîna trois autres avec elle.

Résister davantage était honorable mais Harry savait qu'il ne tiendrai pas jusqu'à la fin de l'attaque. Des fragments de briques volèrent partout et une multitude d'images et de sons s'échappa, se précipitant dans l'esprit de Selwyn.

Drago et son air inquiet dans le couloir menant aux cachots. Luna et ses chaussures pendues. Cédric et lui, collés dos à dos, en train de combattre dans la vieille salle de classe qu'ils avaient investi depuis plusieurs mois.

Un grognement guttural quitta la gorge du Survivant et tout explosa, laissant son esprit à la merci de l'enseignant. Celui-ci se retira délicatement alors que de nouveaux souvenirs se dévoilaient. Le silence régna dans la pièce, entrecoupé par la respiration essoufflée du garçon.

« Vous avez tenu plus longtemps. »

Cela ressemblait à un compliment mais Harry leva ses yeux assombris par la colère. Si Aurélius Selwyn garda un visage impassible, il ressentit en lui une pointe d'effroi face à ce regard qui lui rappelait bien trop celui du Seigneur des Ténèbres. Même si aucune couleur carmin n'altérait le bleu ensorcelant du regard de Jedusor, Harry ressemblait atrocement à son père, ce qui avait quelque chose d'à la fois fascinant et effrayant.

« Je n'arrive toujours pas à vous faire sortir de mon esprit ou à consolider suffisamment mes boucliers. »

« La magie de l'esprit est une forme de magie particulièrement abstraite et difficile à appréhender pour ceux qui la découvrent, » rappela Aurélius d'une voix professorale.

« Ça fait des mois que je la découvre, » insista Harry d'une voix rageuse.

La frustration du garçon fit trembler tout son corps et il se détourna de son enseignant, gêné de se laisser aller à une telle démonstration d'émotions face à lui. Il passa une main tremblante dans sa nuque recouverte de sueur et grimaça en songeant à l'incroyable douche qu'il prendrai avant le dîner.

Aurélius Selwyn resta muet, respectant la colère de son étudiant. Il en profita pour songer distraitement à son futur rendez-vous avec Scrigmeour le lendemain au soir dans le Londres Moldu. Depuis que le Mangemort avait proposé ses services au directeur des Aurors du Ministère de la Magie et lui avait délivré des éléments réellement intéressants au sujet de Jedusor, l'homme grognon aux cheveux grisonnant le respectait davantage et le considérait réellement comme un allié.

Dans le fond, Selwyn se fichait pas mal d'être apprécié par l'autre sorcier. Mais, au regard de la défection de Dumbledore dans la lutte active contre Jedusor, Rufus Scrimgeour se dessinait comme le futur leader du mouvement de l'Ordre du Phénix. Et ce qui importait à Aurélius était de voir Jedusor et ses hommes de main s'effondrer, voir leurs rêves de grandeur et de pouvoir s'effriter jusqu'à ne devenir qu'un petit tas de ruines fumant. Car il vengerait la mort de sa mère de la main de Lord Voldemort treize ans plus tôt.

« Reprenons. »

La voix basse de Harry le tira de ses sombres pensées. Le gamin s'était calmé, retrouvant une respiration apaisée et une nouvelle concentration se dessinait sur ses traits. Aurélius retint le sourire excité qui menaçait d'ourler ses lèves.

Et quoi de mieux que de violer régulièrement l'esprit torturé de Harry Jedusor pour détruire Tom Jedusor ?

Loin de se douter de la haine vibrante qui consumait l'homme face à lui, Harry lui adressa un mouvement de tête pour lui indiquer qu'il était prêt. Il se campa fermement sur ses jambes, tentant d'ancrer ses pieds sur les dalles en pierre du sol. Ses poings se serrèrent le long de son corps et ses doigts de la main droite s'enroulèrent plus fermement autour de sa baguette magique.

« Legilimens. »

Si la formule fut chuchotée, le sortilège pénétra dans son esprit avec force. Harry fit inconsciemment un pas en arrière et eut une brusque inspiration. Ses yeux se fermèrent, se dérobant alors au sourire malsain se dessinant sur le visage de son enseignant.

« Je m'inquiète pour toi, Harry. Sincèrement. Tu as l'air mal et… et j'aimerai t'aider si je le peux. Si je peux faire quelque chose, je veux pouvoir le faire. »

Les mots prononcés par Drago traversèrent l'amas de sons et de lumières qui vrillait dans sa tête. L'embarras se propagea en lui, étiolant davantage le peu de concentration qu'il arrivait à conserver lors de ce difficile exercice.

À défaut de réussir à vider son esprit, Harry s'efforça de ne penser à aucun souvenir particulier et se concentra sur la reconstruction de son mur symbolisant ses barrières mentales qui avait volé en éclat à l'intrusion de Selwyn. Sa réponse apportée à son cousin fut inaudible, portée dans un maelström de voix.

« Ton père est mon époux. Je me suis mariée à lui en toute conscience avec la ferme intention de le soutenir dans son projet d'avoir une place influente dans notre société »

L'image brouillée de sa chambre jaillit parmi les nombreux souvenirs se déversant dans son esprit et il grogna sourdement lorsque le visage de sa mère apparu, penchée près de lui. Non, pas ce souvenir ! Pas celui où il avait pris conscience de l'amour débordant de Ayeline pour son père.

Son esprit sembla l'écouter car tout devint flou et il s'efforça de se concentrer sur cet intrus et sur son désir ardent de le voir quitter son intimité. Une vague d'espoir le traversera alors qu'il sentait la présence moins forte, moins envahissante et il s'empressa de recréer une nouvelle ligne de briques rouges autour de ses souvenirs, éloignant un peu plus Selwyn.

« Continuez Jedusor, c'est bien ! »

La voix encourageante de son professeur traversa les brumes de son esprit et il attrapa les mots au vol, sentant son cœur se réchauffer à ce constat. Il avait bientôt terminé d'ériger un mur entier et puissant autour de ses souvenirs. Il allait réussir. Enfin !

Mais la présence se fit à nouveau tentaculaire et elle se mit à pousser contre la barrière dressée fièrement. Harry laissa échapper un gémissement bruyant mais il n'en eut pas conscience. Alors qu'il luttait férocement, une bourrasque de magie puissante et implacable réduisit en poussière le mur, laissant le libre-accès à son esprit.

Il sentait la présence de Selwyn partout dans son esprit comme s'il était juché sur un balai et volait parmi l'ensemble des souvenirs à une vitesse folle. Le Gryffondor lâcha un son sonore semblable à un grondement animal et il lutta avec ses dernières forces.

« Viktor est très gentil avec moi. Et il m'apprend sa langue… Le russe, Harry ! À quoi penses-tu ? »

La voix indignée de Hermione se fit nette mais le souvenir n'eut pas le temps de se former entièrement. Il s'effaça aussitôt pour en laisser place à un autre.

« Car tu es le seul qui a une chance de parvenir au terme de cette quête. »

La voix de Dumbledore résonna, basse et bienveillante, et l'image devenait plus nette. Sachant pertinemment que Selwyn allait d'une seconde à l'autre le voir en compagnie du vieil homme dans une pièce miteuse de La Tête du Sanglier, Harry leva sa baguette magique en direction du sorcier.

« Expelliarmus ! »

Le sortilège frappa de plein fouet Selwyn dont la baguette s'envola d'entre ses doigts et atterrit dans ceux de l'étudiant qui l'attrapa habilement. Loin de s'en réjouir, Harry était à bout de souffle et en sueur. Il leva un regard vers l'horloge et fut soulagé de voir l'heure du dîner approcher à grande vitesse. Selwyn avait passé un temps infini dans son esprit.

« Bien, Jedusor. Vous progressez. »

« Pourquoi ne me laissez-vous pas vous éjecter de mon esprit avant de relancer aussitôt une attaque ? »

Sa voix était rauque et colérique. Le professeur de potions se contenta de le regarder sereinement, un léger sourire aux lèvres. Il fit apparaître un verre d'eau et le tendit à son étudiant qui l'attrapa à contrecœur.

« Un assaillant ne vous laissera jamais le temps, Harry. Je ne fais que ce pour quoi votre père m'a demandé de vous aider. »

Le petit brun se mordit durement la lèvre inférieure pour retenir la remarque acerbe qui lui brûlait la langue. Il se contenta d'avaler d'une traite l'eau fraîche et désaltérante avant de reposer le verre sur le bureau de l'homme. Il se pencha vers son sac et l'attrapa d'un mouvement brusque. Sans un regard, il se détourna de son enseignant et avança à pas rapide vers la sortie.

« Nous nous revoyons lundi prochain. »

Harry ne répondit pas et claqua la porte derrière lui. Il s'éloigna rapidement du bureau de son enseignant et déboula dans un couloir des cachots vide et silencieux. Il poussa un profond soupir et s'appuya contre la pierre, les jambes flageolantes.

Il s'autorisa un instant à fermer les yeux alors qu'une fatigue écrasante s'abattait sur lui. Il dut s'accrocher à la paroi du mur pour ne pas s'écrouler au sol. Merde, cette journée était sans fin. Il n'avait subitement plus la moindre envie de se rendre à la Grande Salle pour dévorer un repas copieux. Il souhaitait juste s'effondrer sur son lit.

« Jedusor. »

La voix, froide et tranchante, traversa son esprit embrumé et il leva un regard flou vers le nouvel arrivant. Il vit des robes de sorcier noires et sévères, un visage pâle d'où ressortait un nez proéminent et encadré par un rideau de cheveux noirs.

« Professeur Snape, » ahana t-il.

Le professeur de défense contre les forces du mal fronça légèrement les sourcils en le détaillant du regard. Ses bras volèrent vers lui avec précision alors que ses jambes se dérobèrent sous lui. Il s'écroula dans les bras puissants du directeur des Serpentard et celui-ci marmonna furieusement entre ses dents.

À un autre moment, Harry aurait été mortifié de s'effondrer ainsi face à Snape, ou plutôt sur lui. Mais à l'instant présent, l'odeur d'herbes fraîchement coupées et d'épices utilisées pour des potions était incroyablement réconfortante.

« Que faisiez-vous précisément dans un endroit du château près de mes Serpentards où vous n'avez aucune raison de vous y trouver à une telle heure ? »

La voix était venimeuse mais Harry en fut presque soulagé. Dans le marasme qu'était sa vie depuis la fin de sa deuxième année, Snape était l'une des rares personnes à ne guère avoir changé de comportement à son égard. Certes, il n'insultait plus copieusement son père qu'il pensait alors être James Potter et se montrait moins injuste. Mais Snape restait Snape. Froid. Acerbe. Discret. Observateur.

« Selwyn, » glapit Harry.

Ses fesses touchèrent délicatement les pierres alors que le mangemort le faisait glisser au sol dans un geste ferme mais maîtrisé. Snape s'accroupit face à lui et le regarda fixement, l'air impassible.

« Le professeur Selwyn, » corrigea l'adulte d'une voix traînante. « Je suppose que vous n'y étiez pas pour améliorer vos pitoyables compétences en potions. »

« J'ai progressé ! » éructa Harry en fronçant les sourcils. « Mes notes ont augmenté depuis que vous n'êtes plus professeur. »

Un rictus affecté étira les lèvres de Severus qui s'attendait exactement à cette réponse. Sans lâcher l'adolescent blême du regard, il glissa une main dans une des poches de sa robe et en sortit un fondant du chaudron.

Jedusor le fixa comme si une seconde tête venait de lui pousser, visiblement effaré qu'il puisse se promener avec une friandise dans ses robes. Severus retint à nouveau un sourire. Le Survivant n'était pas le seul étudiant à avoir besoin d'un remontant, notamment chez les plus jeunes de ses serpents.

« Mangez, » ordonna t-il en lui fourrant le bonbon dans la main. « La pratique de l'occlumancie est éreintante pour les novices. »

Harry déchira l'emballage avec ses dents sans paraître être surpris que Snape connaisse l'existence de ses cours avec son collègue. Severus retint un soupir irrité en le voyant enfourner le fondant du chaudron dans sa bouche avec la grâce d'un dragon mal-léché.

Les traits du garçon se détendirent immédiatement et son teint reprit quelques couleurs. Il soupira d'aise en fermant un instant les yeux. Puis, deux ronds rouges apparurent sur ses joues encore pâles alors qu'il prenait conscience de son malaise face à lui. Les yeux bleus se détournèrent rapidement, brisant le contact visuel qu'ils avaient gardé un long moment.

Severus fut tenté un instant de lui glisser une remarque cinglante pour démultiplier son embarras mais il resta silencieux, secrètement soucieux pour l'enfant qui l'avait tant de fois mis en rogne. Si Drago Malefoy avait repéré des éléments suspicieux sur Harry Jedusor, il n'était pas le seul.

« J'ose imaginer que vos progrès en occlumancie sont fulgurants. »

La grimace que lui servit Harry en réponse fut éloquente et ses sourcils noirs se froncèrent davantage. Il se releva habilement en dépliant avec souplesse ses genoux. Un bref instant, il toisa l'adolescent assis au sol puis lui tendit une main. Harry s'en saisit aussitôt et il l'aida à se remettre sur ses pieds avec force.

« Je ne comprends pas l'enseignement du professeur Selwyn, » confia Harry dans un souffle.

Persuadé que ses mots allaient provoquer une remarque acide et moqueuse du mangemort, Harry détourna les yeux et fit mine de ramasser son sac qui avait glissé au sol. Ça allait encore être une occasion pour entendre combien il était un stupide Gryffondor. Qu'il soit le descendant de Salazar Serpentard n'était définitivement pas important pour Snape.

« Vous voulez dire qu'au bout de six mois d'apprentissage en occlumancie, vous êtes encore incapable de fermer votre esprit ? »

La voix n'était pas hargneuse ou méprisante. Simplement neutre. Voire peut-être une pointe de curiosité. Et c'est cela qui le mit suffisamment en confiance pour se tourner vers Snape, lui adressant un regard perplexe.

« Il me dit juste de vider mon esprit, de construire un mur puis il rentre dans mon esprit d'un coup et tout vole en éclat. Je ne comprends pas comment le faire sortir. Il me dit que la force de ma volonté suffit mais je le veux vraiment et ça échoue quand même la plupart du temps. »

Severus resta muet un moment, se concentrant sur les mots prononcés par l'enfant d'un ton plaintif et agacé. Alors même qu'ils servaient tous les deux le même homme, le potionniste n'appréciait guère Aurélius Selwyn. Il trouvait ce sorcier, plus jeune de quelques années, terriblement arrogant et pompeux. Il provenait d'une ancienne famille de sang-pur et semblait croire que cela le plaçait automatiquement au-dessus de lui. Or, il avait beau être potionniste, il n'avait pas atteint le même degré de maîtrise et avait donc une reconnaissance moindre dans l'Ordre des Potionnistes.

Non content de fanfaronner partout que les élèves étaient meilleurs avec lui, Tom Jedusor lui avait demandé de se rapprocher de Mc Gongall, Flitwich et quelques autres professeurs proches de Dumbledore et adhérents de l'Ordre du Phénix afin d'en apprendre davantage.

Lui, en soutenant ouvertement Tom à son retour, avait grillé sa couverture d'espion sous le regard attristé d'Albus Dumbledore.

Bref, Severus ne l'appréciait pas et n'avait absolument pas confiance en lui.

« Arrivez-vous à vous servir de ces nouvelles façons de protéger et contrôler votre esprit en dehors de vos cours avec le professeur Selwyn ? Comme pour mieux gérer vos émotions qui vous ont trop souvent poussé à l'affront et à l'inconscience. »

Loin de se sentir insulté, Harry secoua négativement la tête d'un air dépité. Évidemment que non. Il n'avait pas ce réflexe. Et puis, transporté par ses émotions, Harry peinait à se concentrer à autre chose que de les ressentir lorsqu'il était submergé par celles-ci. L'exercice était déjà si pénible et ardu lors de ses cours avec Selwyn qu'il n'arrivait guère à les reproduire à un autre moment.

Son père avait raison : il était un sorcier pitoyable.

« Quel type de mur construisez-vous ? »

« C'est… Ce sont des briques rouges dont sont construites certaines maisons moldues, » avoua t-il.

Snape sembla attendre davantage de détails et il renifla d'un air désapprobateur à ses mots. Harry se raidit. La fatigue mélangée à la déception et la colère rendrait les critiques désobligeantes de son professeur difficiles à entendre.

« Je suppose que vous ne mettez pas vos souvenirs dans un lieu sécurisé qui vous rassure et que vous ne créez aucun système de protection ou pièges autour de ce mur. »

Le regard bleu interloqué qui lui répondit le fit grogner un peu plus et il secoua la tête d'un mouvement sec. Selwyn n'enseignait pas correctement la magie de l'esprit au gamin alors même que Tom lui avait confié cette grande responsabilité. Du fait de son inimité avec Harry, Severus avait été écarté mais aujourd'hui, il songea que le Seigneur des Ténèbres s'était probablement leurré sur les capacités de Selwyn pour transmettre les enseignements adaptés à son fils cadet.

« L'heure du dîner est arrivé, Monsieur Jedusor, » annonça soudainement Snape en se reculant d'un pas. Il lui désigna la direction à prendre d'un mouvement autoritaire de la main. « Tâchez de reprendre des forces pour ne pas vous écrouler devant vos camarades et susciter des questions qui n'en seraient qu'embarrassantes pour vous et votre entourage. »

Harry ne demande pas son reste, ébranlé par cet étrange échange avec le professeur Snape. Il se faufila entre lui et le mur et partit d'un pas rapide sous le regard du sorcier. Ce dernier observa la silhouette s'éloigner, l'incertitude le gagnant. Selwyn ne lui avait pas clairement expliqué les différentes façons de protéger son esprit, comment s'en servir au quotidien pour devenir maître de soi-même puis il le laissait repartir sans s'assurer qu'il n'était pas épuisé par l'effort considérable que demandait l'occlumancie.

« Merci pour le fondant ! »

La voix du Gryffondor retentit à l'autre bout du couloir et Severus pinça ses lèvres en une fine ligne. Quand Harry disparu de sa vue, il reprit son chemin vers ses appartements en songeant que Tom devait absolument être informé de ces dysfonctionnements dans l'apprentissage de son fils chéri.


Voilà, le chapitre arrive à son terme :) Qu'en avez-vous pensé ?