Bonjour !

Sempiternelle: ahah, il m'arrive encore d'hésiter du côté relation Edward/Lorène, vu que de base c'était avec Alphonse mais je peux encore changer d'avis. Et concernant mon pseudo, oui, j'adore la Magicienne des Ténèbres de Yu-gi-oh et ma première fiction ici est Yu-gi-oh. Ce "nouveau" pseudo correspond à celui que j'utilise sur les jeux et les réseaux sociaux :) Merci encore pour tes commentaires.

Bonne lecture !


Munich n'est aussi aussi surveillée que ce que je ne le pensais. Le fourgon a facilement pu passer l'entée de la ville et se joindre aux autres véhicules. Il faut croire que mes expectations sont biaisées par mes émotions. Mustang a pris la direction de l'université, là où notre plan d'action va pouvoir commencer. En tant que professeur de communication, il doit avoir accès aux imprimantes et à la diffusion de tract. L'idée est que nous propagions l'idée que des exilés ont pris la direction de l'ouest, aux frontières des territoires belges et français.

Durant tout le trajet, Russel n'a cessé de me fixer, probablement en attente d'une quelconque explication sur Shamballa et le cercle de transmutation. Malheureusement pour lui, il n'est pas dans mes intentions de lui fournir davantage d'informations.

Le stresse monte crescendo lorsque Roy se gare dans le parking prévu aux professeurs. Il sort le premier, vérifiant les alentours, avant passer sa tête dans le véhicule.

- C'est libre.

Je sors la première, grillant la priorité à mon ami qui me suit de très près. Le parking est vide et raisonnant, le vent froid s'y engouffre et balaie le sol sous nos pieds. Nous n'y restons pas très longtemps et prenons la direction du bâtiment principal. Nous ne croisons personne si ce n'est quelques ouvriers, visiblement sur le point de remballer leur matériel.

Intérieurement, je me demande si l'accès au cercle de transmutation a été bloqué. Cela m'embête un peu.

- Par ici, indique Mustang en montrant une porte à quelques couloirs de l'accueil.

Veillant à suivre le professeur dans le silence, nous pénétrons dans une salle plutôt grande. Le plafond est surélevé - tout comme les salles de classe - et s'étend sur une vingtaine de mètres de longueur, remplie par de nombreux bureaux et autres machines. A notre vue, une jeune femme blonde se lève et s'avance dans notre direction. Je ne me souviens pas l'avoir déjà vue, elle est plutôt grande, habillée d'un tailleur brun et de talons de même couleur, les yeux marrons derrière une monture noire.

- Les élèves n'ont pas le droit de se rendre dans les locaux. Dit-elle de manière sèche.

A sa voix et son autorité naturelle, je reconnais finalement l'air de Riza Hawkeye, fameuse bras-droit du colonel Mustang. Son double semble pourtant beaucoup moins à l'aise que l'originel.

- Nous devons utiliser les photocopieuses.

La femme refuse d'un mouvement de tête.

- Vous n'avez pas le droit.

Cependant, même si j'apprécie beaucoup ces petites retrouvailles impromptues, je n'ai pas envie de rester ici en attendant qu'on nous arrête.

- Eh bien moi je vous dis que je l'ai, ce droit. Je réponds, cachant difficilement mon agacement. Nous devons au plus vite y avoir accès, il en va de la sécurité de nombreuses personnes.

Evidemment, mon explication ne satisfait pas Madame Hawkeye, qui réajuste ses lunettes avant de me répondre.

- Dans ce cas, adressez-vous à la sécurité ou à la police.

Dans mon élan, je me dirige naturellement vers la machine en question. Cependant, ce n'est pas mon excès de confiance qui va impressionner la grande blonde qui me barre le chemin, de moins en moins enclin à accéder à notre requête.

- Sortez d'ici maintenant. Ordonne-t-elle en posant ses mains sur ses hanches avec un air sévère.

Je soupire bruyamment, moi qui pensais que Mustang était capable de la contenir, il demeure planté devant son bureau, fixant son assistante avec un petit sourire.

Renonçant à notre première idée, Russel et moi ressortons de la salle pour rejoindre l'accueil tandis que le professeur reste à l'intérieur.

- Ton plan B?

Je jette un œil à mon ami, insensible à l'échec que nous venons d'essuyer.

- Je crois qu'on peut dire qu'on entame le plan Z. On devrait partir à la recherche de Valentina.

Il acquiesce vaguement sans dire un mot. Intérieurement, l'envie de le secouer me monte à la tête, j'ai l'impression qu'il ferait tout ce que je lui dis comme un pauvre petit toutou. Je déteste ça. Pourtant, je me contiens et le suis en direction de la sortie.

Je suis totalement décontenancée de voir la vie poursuivre son cours ici malgré les troubles qui frappent la ville. C'est un peu comme si nous étions les seuls à savoir que quelque chose de terrible allait se produire.

- Russel, je peux te laisser aller trouver Valentina seul? On se retrouve ici ce soir.

Alors que je lui balance ça de butte en blanc, mon ami m'agrippe le poignet avant que je ne puisse aller plus loin.

- Où est-ce que tu comptes aller? Demande-t-il un pointe d'énervement perceptible dans sa voix.

- Il faut que j'aille vérifier quelque chose chez Fritz Lang.

- A la UFA? Mais tu es inconsciente!

- Justement, ce sera le dernier endroit où on viendra me chercher. Je dois absolument lui parler.

La pression de ses doigts se resserre tellement durement qu'il doit pouvoir sentir les battements de mon coeur à travers mes veines.

- Tu n'iras nulle part.

Je lève le visage, encrant davantage mon regard dans le sien. Mais qu'est-ce qui lui prend? Il ne se rend pas compte qu'on n'a pas le temps de faire tout ça ensemble? Qu'il attire l'attention en me faisant une scène?

- Russie, je comprends que tu te fasses du mouron pour moi. Je poursuis en me rapprochant de lui jusqu'à atteindre sa hauteur. Mais sache une chose: personne ne me donne d'ordre.

Sachant pertinemment que débattre avec lui ne servirait à rien, j'inspire une bonne fois avant d'élancer mon genou droit dans son aine. Russel lâche un bruit rapidement étouffé par une de mes mains. Je le laisse glisser sur le sol sous la douleur et prends la fuite. Je ne sais pas si d'autres ont vu la scène, je préfère me hâter le plus vite possible en direction du studio de Lang.

J'aurais dû y songer plus tôt, ce type doit avoir des informations que je n'ai pas sur les actions de l'état. Après m'être suffisamment éloignée pour que l'autre blond ne me prenne pas en chasse, j'adopte un rythme beaucoup plus calme afin de me fondre dans la masse. Fort heureusement, avant de partir ce matin, j'ai obtenu une nouvelle veste, plutôt ample, afin de cacher les traces de sang séchées sur mon haut clair.

Les battements de mon coeur trahissent ma marche calme. A chaque coin de rue, à chaque personne qui me croise sur le trottoir, j'ai l'impression de défaillir. Comme si n'importe lequel d'entre eux était un ennemi potentiel. En vérité, je n'ai rien à craindre tant que l'arme chargée reste dans mon sac.

Mon stresse s'amoindrit lorsque j'arrive à la UFA. Cependant, ce studio semble bien vide contrairement à la dernière venue. Pas d'acteur, pas de technicien, tout a été soigneusement rangé, même les décors médiévaux. Je pense ne rien trouver d'intéressant mais je ne perds rien à aller vérifier à l'intérieur. Le chemin m'est familier jusque la porte d'entrée, c'est après que je commence à douter. Et s'il était parti? Après tout, je n'ai plus entendu parler de Fritz Lang depuis la cérémonie. Peut-être s'est-il simplement enfui suite à la découverte de cette bombe? Non...il en était bien au courant avant.

Je pousse la porte et pénètre à l'intérieur, tâchant de rester silencieuse. L'endroit est certainement vide mais je ne me résigne pas à partir si vite. Sur l'un des murs demeure toujours le décors d'arc-en-ciel, presque paisible, contrastant avec mes propres émotions. Je m'en approche, je n'ai pas omis le détail que les lumières sont allumées, ce qui accélère les battements de mon coeur. Quelqu'un m'attendait, j'en suis sûre.

- Qui est là? Je demande d'un ton presque neutre, légèrement tremblotant.

Rien, ou bien suis-je devenue totalement paranoïaque.

- Hughes? Edward? Monsieur Lang?

Rien.

- Laetitia?! Je hurle presque.

Je suis devenue paranoïaque. D'un geste brusque, j'attrape l'arme de mon sac et la pointe dans la vide. La panique s'empare de moi, j'en viens à scruter toutes les ombres, craignant que n'importe qui se cache, prêt à me tuer.

- Tu ferais mieux de te rendre. S'élève finalement une petite voix à l'endroit où je pointais.

Je manque de tirer la gâchette quand la silhouette se détache de l'ombre. Michèle?

- Qu'est-ce que tu fiches ici toi? Je demande en gardant ma position.

- Je suis juste venue pour savoir la vérité.

- La vérité?

Je crois rêver, cela doit faire deux années que nous n'avons pas vraiment dialogué elle et moi. Elle prend le parti de Laetitia et finalement me demande la vérité?

- Que veux-tu savoir exactement?

- Pourquoi as-tu fait disparaître Laetitia?

Drôle de question, je n'y suis en rien responsable.

- Ce sont des choses qui dépassent l'entendement.

- Je peux te croire.

Ses mots venant d'elle me surprennent, elle qui a toujours été très cartésienne et tout sauf dupe, je doute un moment qu'il s'agisse réellement de la Michèle que j'ai connue.

- Laetitia a été tuée dans un autre monde par quelqu'un d'autre. Elle a péri car elle a tenté de me tuer.

Elle soulève un sourcil à ma réponse.

- Comment peut-elle être morte et se tenir juste devant nous deux ans après?

- Car elle n'a pas réussi à revenir dans ce monde directement, contrairement à moi. Je suis morte là-bas également.

Mon discours me parait totalement incohérent, même si j'ai vécu tout ce que je lui raconte. Michèle me dévisage durant de longues minutes avant de poursuivre:

- Pourquoi t'accuserait-elle si tu ne l'as pas fait disparaître?

A la place de partir dans un long débat existentiel sur qui à fait quoi et comment, je préfère lui répondre par une autre question.

- Depuis quand êtes-vous amies? Qu'a-t-elle fait pour toi?

Étrangement, ma question ne la surprend pas, elle garde un visage intrigué. On dirait que la réponse est évidente pour elle.

- Laetitia s'est montrée plutôt gentille en me revoyant, elle a proposé qu'on se voit pour parler de choses et d'autres. Elle s'est amicalement intéressée à moi, elle.

Vous pensez qu'il y avait un sous-entendu dans sa phrase? Car, en ce qui me concerne, je n'ai rien vu.

- Elle peut bien chercher ton amitié après m'avoir fait croire qu'elle t'a transformé en chimère avec June.

Cette fois-ci, Michèle semble vraiment s'intéressé à ce que je dis.

- Je ne m'en souviens pas.

- Pour ça, je n'ai pas de réelle explication. Elle m'a juste fait croire qu'elle en était capable mais c'était évidemment faux, vu que vous n'avez pas disparu vous.

- Pourtant, June ne te parle plus, je te signale.

Piquée au vif, je baisse légèrement ma garde. Il est vrai que les choses ont changé un peu trop vite à mon goût. June et moi ne sommes pas restées en contact très longtemps, étant donné qu'elle a changé d'établissement l'année qui a suivie, pour des raisons obscures.

- Tu ne trouves pas ça bizarre toi, que nos différends aient commencé juste après sa disparition?

Michèle hausse les épaules, indifférente à ma question.

- Je devrais? Cela n'a rien d'étonnant, vu que tu étais la première soupçonnée. On t'a toutes les deux donné notre confiance quand tu nous as dit que tu n'avais rien avoir. Je t'ai même informée de son retour. Pourtant, c'est bien toi la première personne qu'a mentionné Laetitia quand on s'est revue.

Là dessus, elle marque un point mais allez lui faire comprendre que je n'avais pas le droit de parler de Shamballa. Je baisse définitivement mon arme et la fourre dans mon sac, geste qui ne lui échappe pas.

- Les événements sont contre moi, hein? Alors pourquoi tu ne m'as pas dénoncée, si tu savais que je viendrai ici?

- Il fallait bien que quelqu'un t'annonce la mort de Fritz Lang avant que tu ne fouilles davantage.

J'étais sur le point d'enchaîner sur une autre question quand je prends conscience de ses mots, ébahie. Fritz Lang? Mort? Pour quelle raison? J'abandonne l'idée de cacher mes émotions pour ne laisser qu'une surprise totale.

- Comment?

Une fois de plus, elle hausse les épaules, encore un détail à creuser. Pourtant, la zone d'ombre à ce sujet n'en reste pas moins importante.

- Qui t'as dit de venir?

- Personne, je ne viens que te prévenir.

Dans un premier temps, je ne la crois pas. Pourquoi deviendrait-elle aussi bienveillante soudainement? Cela n'a aucun sens. Un silence de corbeau plane dans le studio, aucune d'entre nous se résout à prendre la parole. Ensuite, je repense à tout ce que Michèle m'a dit, j'imagine qu'elle m'en veut de lui avoir menti plus qu'autre chose.

- Je suis désolée, j'aurai dû être totalement sincère vis-à-vis de toi. Je souffle finalement en essayant de la regarder dans les yeux.

Ses traits s'adoucissent légèrement, ses lèvres répriment l'esquisse d'un sourire mais je n'y prête pas plus d'attention que ça.

- Qu'attends-tu de moi maintenant? J'ajoute plus doucement.

Plus de gens je peux avoir à mes côtés pour appliquer le plan, mieux c'est. Encore faut-il que Michèle rejoigne les rangs comme je le désirerai. Cette dernière réfléchit en avançant de quelques mètres pour entrer dans ma zone privée. Les lèvres étirées, elle se penche légèrement vers moi, comme pour me raconter un secret.

- Il est temps d'agir ensemble, mettons ton plan à exécution.

Soudain, une certaine joie m'envahit, je comprends qu'elle a finalement changé d'avis. Par réflexe et sous l'euphorie, j'efface la faible distance nous séparant pour la prendre dans mes bras. J'enlace son cou, le visage à côté du sien pendant que son bras droit est déposé dans le bas de mon dos.

- Merci. Je chuchote à son oreille.

A peine ai-je chuchoté ses mots que je la sens se tendre. Tout à coup, une détonation retentit, elle est si forte que mon corps entier sursaute. C'est alors qu'une vive et atroce douleur me déchire le vendre, je gémis alors sans comprendre ce qui se passe.

- C'est pour notre bien. Dit Michèle en reculant.

Ainsi, je ne peux pas m'accrocher à elle lorsque mes jambes flanchent. Je tombe lourdement au sol, me tordant de douleur. Un odeur de fer prononcée me fait tourner la tête. Le visage relevée vers elle, j'aperçois seulement maintenant le canon d'une arme. Pourtant, elle ne me laisse pas le temps de l'admirer et s'enfuit aussi vite en direction de la sortie.

La porte se ferme brusquement, seul mes gémissements rythment la pièce de tournage.

Mes yeux sur le point de se fermer, je joins une dernière fois les mains.

Je ne veux pas mourir.