J'ai mis des autocollants My Little Pony sur mon ordi . Il est tout rose maintenant , c'est des Pinkie Pie .


Sable d'Ishbal

- Rules and Bones -


Elle pencha la tête en arrière , profitant d'une brève accalmie . La chaleur de l'été commençait à peser sur tous les ouvriers , et le chantier était toujours suspendu les après-midis. Elle prit une cigarette dans son large pantalon et la porta à sa bouche , pestant intérieurement contre la sueur qui faisait coller son débardeur gris à ses omoplates . Alors qu'elle contemplait la fumée onduler paresseusement, son regard se perdit dans l'horizon . Le soleil illuminait les bâtisses blanches comme la craie , d'une lueur si forte qu'elle en plissait les yeux. Au dessus d'elle , le ciel était d'un bleu limpide , sa beauté semblant la narguer . Le coeur de Marie se serra en pensant qu'il était de la même teinte que les yeux d'Alice . Cela faisait trois jours aujourd'hui qu'elle était partie pour Xing et elle lui manquait déjà. De toute façon , elle lui manquait dès qu'elle ne la voyait pas . La militaire poussa un soupir désabusé en se rendant compte ce à quel point ses pensées étaient mièvres. Une fumée blanche étrange surgit soudain dans son champ de vision : elle sauta sur ses deux pieds et se concentra . Personne n'était attendu , autant qu'elle s'en souvienne. Piquée dans sa curiosité , elle partit dans la tente de commandement chercher les clés d'une Jeep et monta dans un des véhicules . Marie tourna le contact et partit , pied au plancher . Si c'était un journaliste de canard ou de magazine à sensations , il allait prendre cher dans sa tête . Ils avaient tous déjà dû essuyer certaines demandes pressantes d'interviews ou reportages mais seuls le Daily Mirror et les personnes ayant reçu une accréditation du gouvernement pouvaient poser un pied à Ishbal . Victor avait été une de ces exception par l'influence encore présente de son père , Aymeric Kurtzmann . Son esprit tout occupé à deviner qui pourrait être venu , elle faillit plus d'une fois faire d'énormes embardées mais arriva saine et sauve à destination .

Les jambes un peu tremblantes par la chaleur et sa précipitation, elle posa pied à terre et s'approcha du quai que le train quittait . Deux voix masculines se firent entendre près d'elle , dont une qui lui semblait être familière . Marie fit quelques pas dans leur direction pour voir à quoi ils ressemblaient . Un d'entre eux devait avoir la cinquantaine : il était plutôt grand , aux épaules larges, mais au ventre rebondi. Ses bras étaient velus et deux fois plus larges que les siens , et ils tenaient trois énormes sacs informes . Ses cheveux mi-longs étaient tenus en un catogan brouillon , comme pour le jeune homme qui l'accompagnait . Il était tout le contraire du plus âgé : fin , blond , les traits ciselés , il semblait avoir du mal à transporter ses bagages . Il vit enfin Marie à travers une paire de lunettes de soleil rondes et eut un sourire jusqu'aux oreilles :

" - Comanche-Grant !

- Eeeeuh ... fit celle-ci , ne parvenant PAS DU TOUT à situer d'où elle connaissait le type en face d'elle .

- Marc Neesen ! Du Conservatoire , la section Images ! lui rappela-t-il gentiment . Le soleil t'a tapé sur la tête , surtout que t'as plus un poil dessus , hein ?

- Ha , mais oui ! C'est qu'avec ta nouvelle tignasse et tes lunettes , j'te situais pas. Et qui est donc ce Monsieur qui t'accompagne ?

- C'est LUI qui m'accompagne ! rugit l'aîné avec bonne humeur. C'est mon disciple ! Je suis photographe de guerre et de terrain : vous avez dû me connaître sous le nom de Monsieur Joshua .

- Oh ... laissa-t-elle échapper , sincèrement surprise . Bien sûr ! Je ne pensais pas ... Vous rencontrer un jour . On n'a plus parlé de vous depuis ... réfléchit Marie à voix haute.

- Depuis Ishbal . C'est pour continuer mon travail que je suis ici avec Marc . Voilà nos autorisations , présenta-t-il en lui tendant une carte d'accréditation bleue , frappée du symbole du pays .

- Bien . Bienvenue à Ishbal alors , sourit Marie. Allons dans le centre , vous devez avoir besoin d'un peu de repos ."

Les deux obtempérèrent d'un vigoureux signe de tête et s'installèrent dans la Jeep , jetant leurs sacs à l'arrière . Pendant le voyage du retour, ils s'extasièrent sur l'architecture et posèrent mille questions sur l'avancée des travaux . Une fois arrivés au campement , certaines ouvriers étaient debout , tirés de leur sieste par le départ toniturant de leur supérieure . James était l'un d'entre eux, ainsi qu'Abraham , un autre collègue de son âge, au visage sérieux . Le regard illuminé , Monsieur Joshua courut vers eux et serra leurs mains avec empressement . Les yeux dans le vague mais avec le sourire , il dit :

" - Je me souviens de vous deux ! Vous étiez surveillant , dit-il à James qui opina du chef , et vous , Abraham , vous étiez dans les communications . William est là aussi, non ?

- Oui , approuva son interlocuteur en hochant la tête . Il est très discret . Plus qu'avant , pour tout dire . Personne ne le voit presque jamais .

- Cela ne m'étonne pas ..."

La tristesse et le regret dans leurs voix étonna tout le monde autour d'eux , avant que l'action ne continue son cours : les invités furent pressés et conduits à une tente à moitié remplie , avant que tous ne retournent à leurs loisirs .


La lumière de l'astre du jour déclinant et la nouvelle ayant fait le tour de la ville, des Ishbals curieux s'approchèrent du campement . Parmi eux , Oishi et Filiz , en première ligne alors que Marc et Joshua sortaient pour rencontrer les locaux . Après s'être présentés , le reporter se stoppa au milieu de sa phrase pour pointer Filiz du doigt . Celle-ci recula instinctivement d'un pas , un glapissement effrayé sortant de sa bouche . Il s'approcha et lui dit, un sourire rassurant aux lèvres :

" - Toi, je t'ai filmée . Tu étais toute petite et tu jouais à la marelle . Tu te souviens de moi ? J'avais une très grosse caméra qui t'avait fait peur .

- Oui ... murmura-t-elle en se remémorant ce moment . C'était la première fois que je voyais un Amestris civil chez nous et ça m'avait fait bizarre.

- Oui , c'est ça . Et toi , dit-il très doucement à Oishi , je t'ai filmée sans te le dire. Je t'en parlerai plus tard si tu le souhaites ."

Les yeux rouges de la demoiselle s'écarquillèrent mais avant qu'elle ne puisse dire un mot , il repartit de l'autre côté de la foule , rejoindre Marc et les Maîtres Moines. Dalil avança au centre du demi-cercle qui s'était formé , en compagnie des deux photographes et demanda le silence . Sa voix grave s'éleva et il posa :

"Nos invités ont tous deux connu le conflit , à leur manière . Avec leurs anciens travaux et leur volonté de mettre en commun toutes les vérités , j'en appelle à votre bonne volonté pour les aider dans leur tâche, qui sera profitable pour tous ."

La nouvelle souleva murmures et exclamations mais aucune opposition ne fut émise à ce sujet. Pendant que tous retournaient travailler, Marie présenta Coralize aux nouveaux venus avant d'aller elles aussi mettre la main à la pâte. Après le travail, tous allèrent manger , sous la tente de cantine , un orage se présentant . Au moment du dessert, Léonce demanda timidement :

" - Pouvons-nous voir quelques archives ?

- Les miennes ou les siennes ? questionna en retour et avec bonne humeur Marc , désignant son mentor du pouce .

- Les vôtres . J'aimerais bien voir si avez des images du Conservatoire . J'aurais bien aimé y étudier mais je n'étais pas assez bon pour me faire offrir des bourses et ma famille n'était pas assez riche .

- Et voir à quand je ressemblais ? ironisa Marie .

- Question légitime ! Je veux bien vous montrer !" dit son ancien camarade en se levant.

Quelques instants plus tard , ceux qui souhaitaient voir ces souvenirs allèrent dans la tente des loisirs et prirent place sur les nombreuses chaises posées ça et là . Marie choisit une au premier rang , Coralize et Filiz à ses côtés . Elle entendit Marc grommeler quelque chose derrière le projecteur pour finalement présenter :

" C'est les essais d'entrée au Conservatoire des danseuses . Ce sont les dernières à passer lors des examens ."

La lumière s'éteignit , l'écran fut allumé . Le film avait été tourné dans une grande salle , depuis l'arrière d'un bureau où se trouvait un jury de trois personnes dont une devinait la silhouette en ombres chinoises . Devant eux , une jeune fille au chignon bien serré et au tutu vaporeux clair s'inclinait et se présentait :

" Polina Orlov , Lettre à Elise " .

Tous purent voir la dextérité de ses jeux de bras délicats , ainsi que ceux de la suivante et la suivante , toutes indiquant leur nom , prénom et leur support musical avec parfois quelques questions de la part des observateurs . Marie indiqua à tous que l'ordre alphabétique n'était pas pris en compte pour passer les examens : toutes les participantes étaient appelées en début de matinée et choisies au sort, pour créer un effet de surprise et éviter le stress aux dernières qui verraient toutes les autres concurrentes passer. Au bout de vingt minutes , la dernière participante se présenta . Avec l'angle de la caméra , impossible de voir son visage . On devinait une longue queue-de-cheval et un tutu noir , le seul de toutes les danseuses précédemment filmées . Une des jurées , à droite , nota :

" - Le choix d'une couleur aussi funeste pour un examen n'est-il pas de mauvais augure ?

- Je ne crois pas à la chance ni aux augures , Madame.

- Pourquoi ne pas avoir fait de chignon ? Vous poussez les conventions un peu loin , sourit-elle avec une fausse sévérité .

- Les cheveux méritent de danser aussi . répondit l'élève d'une voix douce .

- Présentation .

- Alice Louise Kimblee , Le lac des cygnes .

- Funeste toujours , la piqua encore la jurée .

- Elle aurait pu faire pire et choisir le Requiem de Mozart , Nadège , nota son collègue . A vous ."

La musique , douce et inquiétante , commença sa lente levée au violon , portée dans les longs bras d'Alice qui se dressait tout doucement sur demi-pointes puis pointes . Au moment de l'arrivée violente des instruments , ses bras s'ouvrirent comme deux grandes ailes et sa jambe droite s'envola pour retomber gracieusement . Elle tourna sur ses pointes , effectuant des grands cercles dans la salle , sn dos ondulant dramatiquement de gauche à droite , ses longs cheveux tentaculaires suivant le mouvement . Alors que la fin du morceau s'amorçait , elle effectua de multiples tours sur elle-même , comme une toupie folle . Entrechats et grands jetés, tous se suivaient lors de l'ultime étape du morceau qu'elle conclut en un lent grand écart , visage contre le sol .

La séquence fut soudain coupée pour passer à une autre où on la retrouvait avec Marie , en train de baîller . Les deux adolescentes arboraient leur instrument : violon et tambour . Marie, qui avait les cheveux arrivant juste sous les oreilles , tapa dessus très rapidement , effectuant un roulement . Elle grommela :

"- On s'emmeeeeeeeerde ...

- Je ne vous ai pas forcée à venir dans mon cours , Mademoiselle Grant ! la rappela à l'ordre le professeur de musique, Hans Steelmeyer . Montrez-nous de quoi vous êtes capable , pour vous réveiller !"

Bon gré , mal gré , elle se leva pour se positionner derrière une batterie , sous les rires complices de sa classe . Elle jeta un regard noir à la cantonnade avant d'effectuer sous leurs yeux une démonstration époustouflante : ses doigts tenaient à peine les baguettes qui frappaient les tambours sur un rythme effréné . Elle conclut d'un grand coup de cymbale qui vrilla les oreilles de tout le monde dans la salle avant de se rasseoir , l'air satisfait .

Autre séquence .

"- Vous savez jouer quelque chose ?

- Je sais vous faire " Frère Jacques" à la flûte , ça compte ? riposta Amandine , la grande soeur de Victor . Allez , c'est à nous .

- Bonsoir tout le monde ! clama Marc , tournant la caméra dans sa direction ; nous sommes à la première réunion parents et professeurs du Conservatoire . Enfin , la première pour nous , les première année . Il manque qui ? Les Kimblee .

- Aka les faux jumeaux ! cria Victor en entrant dans la salle du professeur de mathématiques .

- J'attends de voir çaaaaaaaaaap ! beugla son ami en regardant vraisemblablement en direction de la porte d'entrée . Ah ouais , quand même ."

Deux silhouettes venaient d'apparaître depuis le froid d'un Novembre neigeux , tous deux emmitouflés dans de longs manteaux et écharpes . L'une était tout en blanc , l'autre tout en noir . En dehors de ça , ils avaient les mêmes traits : yeux bleus , peau pale , nez fin , cheveux noirs et même posture . Celle habillée de noir s'approcha de Marc et le taquina :

"- Quand je t'avais dit qu'on se ressemblait !

- A ce point , j'imaginais pas , avoua Marc , surpris . Pourquoi vous êtes en retard ?

- Sachez que nous ne sommes pas en retard , il y a eu une distortion spatio-temporelle ici qui vous donne l'idée que nous sommes en retard mais en réalité , nous sommes parfaitement à l'heure . Ce qui est une manière polie de dire que l'horloge de l'entrée s'est arrêtée de fonctionner et que nous ne l'avions pas vu , dit Solf Kimblee avec l'air le plus sérieux du monde tout en détachant sa queue de cheval trempée par la neige . Oh, il y a du monde.

- Comme à chaque fois , rétorqua sa nièce en le fixant du coin de l'oeil . Et comme d'habitude , on va venir pour rien . A chaque fois , les profs disent " Très très biiien rien à dire !" et hop , on s'en va . On attend deux heures pour rester trente secondes , tout ça parce que ces réunions sont obligatoires .

- C'est frustrant . Alors , je t'en prie , essaie de te planter dans une matière . Ou de faire le clown en classe , n'importe quoi qui puisse justifier une attente aussi longue la prochaine fois , fit son oncle en prenant ses bras et en la dévisageant sans ciller .

- Tu es sérieux ?

- Oui . Tu as ma bénédiction . Et puis , ce sera drôle ."

Soudain , Marc ralluma la lumière , le visage préoccupé . Il remarqua tous les visages tournés vers lui , il maugréa , une cigarette à la bouche :

" La machine déconne . La suite une autre fois ."


Plus tard dans la nuit , James , Abraham et Monsieur Joshua se rencontrèrent de façon inopinée , à l'extrêmité du campement . Le photographe contempla la voûte céleste avant de pousser un grognement désabusé , regrettant ne pas pouvoir mettre cette image d'étoiles scintillantes sur papier . Dans la silence de minuit et la fumée des cigarettes menthol de James , qui les faisait larmoyer , aucun mot ne fut prononcé pendant ce qui aurait pu être des années . Abraham finit par secouer vigoureusement la tête avant de gratter ses cheveux ondulés et apostropher Monsieur Joshua :

"- Qu'est-ce vous êtes revenu faire ici , bon sang ?

- Et bien , mon travail . Photographier et informer , répondit-il sans se démonter du moins du monde .

- Mais Ishbal ... Vous avez été le seul de ce pays à photographier le conflit , au péril de votre vie et votre réputation . Dieu seul sait ce que vous êtes devenu depuis ! Vous voulez remuer le couteau dans la plaie ? Vous êtes maso ... pesta Abraham , ses yeux bleus à la fois colériques et pensifs.

- J'ai été en résidence surveillée sous le gouvernement Bradley . Ce n'est que depuis l'élection de Mustang que je suis libre , mais le temps que le chantier avance ici et que je m'occupe de ma paperasse , je n'arrive que maintenant .

- En résidence surveillée ? C'est quoi ce délire ? s'imposa James de sa voix grave , piqué dans sa curiosité .

- Il faut croire que l'ancien Führer trouvait que je montrais un peu trop bien les travers de sa belle armée Amestris en croisade contre les vilains Ishbals , du moins, c'est ce qu'il voulait faire croire . Mais comme , malgré leurs sanctions financières et leurs menaces sur ma famille , ils n'arrivaient pas à m'empêcher d'aller à Ishbal et d'y rester pour faire mon devoir , ils se sont résolus à m'enfermer .

- Vous êtes resté pratiquement huit ans enfermé chez vous sans que quiconque le sache ? 'Scusez , mais ça me paraît un peu gros , insinua Abraham , fumant à son tour une Shark Menthol.

- Je n'étais pas enfermé , juste surveillé dans chacun de mes gestes . Dès que je sortais chercher du pain , il y avait des agents du gouvernement derrière moi . Cela m'a coûté énormément de renoncer à couvrir Ishbal, mais j'ai pu rester avec ma famille , même si elle aussi était surveillée , exposa Monsieur Joshua , essuyant ses yeux qui piquotaient . Je suis revenu ressusciter l'Ishbal que j'ai vu détruite à travers mes anciens clichés ."

Ses deux interlocuteurs l'approuvèrent d'un vif mouvement de tête, sans rien dire . Après avoir discuté de banalités , tous trois retournèrent au lit , des souvenirs plein la tête et le coeur .


" Bon, au boulot tout le monde ! On a moins de temps pour bosser avec l'été qui arrive ! On a dû réduire nos horaires vu nos erreurs de l'année dernière à savoir : nous forcer à bosser sous le soleil de plomb . Jamais vu autant d'insolations simultanées de ma vie , grommela Marie à voix basse avant de reprendre , donc , faut être efficaces . Bien compris ?"

Une fois ses paroles approuvées , elle s'approcha d'une table sur tréteaux , aux côtés de l'architecte , Tamir . Un foulard blanc entourait son visage en couteau , aux pommettes saillantes, et faisait ressortir la tête claire de ses yeux rouges . Ceux-ci s'illuminèrent quand il vit Marie s'approcher et il se précipita sur une petite pile de rouleaux à sa droite qu'il déplia vivement les uns à côté des autres . Pendant ce temps , il déblatéra du ton passionné qui lui était familier dès qu'il parlait de son travail :

"- Je fourmille d'idées pour le musée et le mémorial du conflit ! Il faut bien sûr prendre en compte que ce sera long , mais vos hommes auront bientôt fini les bains à ce que j'ai entendu dire . Oui , donc . Ce sera long car il faudra encore déblayer un peu le sol , il y des pierres qui pourraient gêner les fondations . Au niveau de l'architecture , je pense pour un mélange de l'architecture Amestris et Ishbale , même si je ne connais pas beaucoup la vôtre , grimaça-t-il . En tout cas , ce sera en pierre blanche pour ne pas trancher avec le paysage , avec des carrelages à l'intérieur , quelque chose de simple . Je ne sais pas si on le fait carré ou rectangulaire , avec une cour ou non . Qu'est-ce qui serait le mieux d'après vous ?

- Une cour serait une bonne idée , répondit Marie d'un ton docte . Il faudrait y construire le mémorial , juste au centre , comme un rappel . Vous en avez parlé avec Dalil ? Comme c'est le chef religieux , il devrait avoir son mot à dire sur le sujet.

- Je vois que j'arrive à temps , sourit le Maître Moine qui arrivait d'un pas leste. Pour ce que j'en ai entendu , tout ceci me semble très bien . Au niveau du mémorial , il est bien évident qu'il en faut et le mettre au milieu de l'édifice me semble assez évident . Pour la forme , je n'ai pas tellement d'idées , je ne suis pas architecte et même si je l'étais , je serais loin d'être aussi bon que Maître Tamir !

- Oh , c'est un honneur Maître ! rougit vivement l'Ishbal à sa droite. Et bien ... Une stèle avec une statuette d'Ishbala ?

- Je veux bien que ce soit un mémorial , mais ça risque pas de plomber l'idée d'un mélange de nos cultures ? Je respecte ben sûr votre religion et vos idées mais si je vais voir ce musée qui sera déjà pas super-joyeux , si je dois voir une tombe géante dès que je jette un oeil dehors , je me défenestre , commenta la militaire , son cerveau travaillant à toute allure .

- Effectivement , dit comme ça ...

- Quelque chose de plus sobre . Un jardin peut-être , construire quelque chose avec la végétation ? Pour montrer que même après un choc et des pertes aussi immenses qui ont été les nôtres , la vie peut prospérer ? suggéra doucement Dalil , lui aussi très concentré sur les croquis de Tamir .

- Peut-être écrire les noms des disparus sur le carrelage . Le Mémorial des Enfants à East City est comme ça : les noms des enfants est inscrit sur le sol de la cour .

- Qu'est-ce que c'est que ce mémorial ? s'étonna l'architecte tout en présentant un nouveau plan au Moine derrière lui .

- Un attentat Ishbal a eu lieu dans une école dans la banlieue de East City , il y a eu vingt-huit morts . Le maire a tenu à construire ce mémorial sur le lieu même de l'endroit , lors de la reconstruction , pour que l'on ne les oublie jamais . Un peu malsain mais dans la guerre , rien n'est sain , fit Marie tristement.

- Je pense que l'idée de graver les noms sur le sol est une bonne idée . Avec peut-être une citation de " La cité du soleil" ? demanda Dalil . Une idée , Tamir ?

- Euh ... hésita-t-il . " Toi qui est en Ishbal , rappelle-toi qu'à chaque pas , tu marches sur nos racines ?"

- Tout à fait !" s'exclamèrent conjointement Marie et Dalil .

Le regard de la jeune femme tomba sur une silhouette qu'elle commençait à connaître : Karem Atash venait en leur direction, un télégramme à la main . Leurs regards se croisèrent et elle s'excusa auprès des deux ishbals avec qui elle était pour s'approcher du nouveau venu . Avec un doux sourire , celui qui faisait fondre Coralize, il le lui tendit en précisant :

" Les communications l'ont reçu très tôt ce matin . Décalage horaire oblige , nousne pouvons plus y répondre ."

Après lui avoir assuré que ce n'était pas grave , elle s'éloigna de quelque pas et s'assit sur une roche abrupte qui était là pour déplier la missive et lire :

" Bonjour Marie . Nous sommes bientôt arrivés à Yukishiro . La route se fait en montagne , encore enneigée . Le but est proche mais vous me manquez . Je te contacte depuis un relais de communication avec la vallée . J'espère que tu vas bien ainsi que Coralize, les Shan , etc . Au moindre souci , recontacte au code télégraphique noté en en-tête , en précisant " Demeure de la Shôgun Kagome", ils transmettront . Je reviendrai le plus tôt possible, en attendant , Marian commence à lire par-dessus mon épaule donc je te laisse .

Je pense à toi ,

Alice L. Kimblee "

Le papier était sans aucun doute constitué de riz , fin de délicat . L'en-tête représentait un tigre déambulant au milieu d'une végétation luxuriante , se terminant par une cascade qui se fracassait au pied d'une imposante montagne . Des signes Xinois entouraient les coordonnées en Amestris :

" Poste de communication du col de Yukimura .

Code : 724-889-YKO."

Avec un sourire , Marie plia délicatement le courrier et respira un bon coup l'air encore doux du matin ishbal . Les yeux vers le ciel, elle ne nota aucun nuage . Juste un ciel clair , bleu et doux . Comme les yeux de la personne qui lui manquait plus que tout, mais qui pensait encore à elle , à travers les frontières . Elle pensa , ses yeux tomba sur Tamir et Dalil discutant vivement de la construction du mémorial , qu'elle aussi , devait se préparer à faire le deuil de son amour sans retour . Restait à savoir comment .

" Commandant , vous allez vous brûler le cerveau !" la prévint une voix avant qu'elle ne sente qu'on lui vissait une casquette sur ses courts cheveux en pleine repousse .

Elle se pencha en arrière pour savoir qui veillait ainsi sur elle et elle tomba sur le sourire moqueur de Pauline . Marie plissa les yeux pour deviner la couleur des iris de la jeune femme au-dessus d'elle . Ils étaient loin d'être du bleu turquoise et profond comme l'océan d'Alice , ils étaient d'un vert brillant , calmes et lumineux comme une forêt d'été . A son tour , elle sourit .

"Merci ."


Coin - honteux- de l'auteur :

Bon , ne me hurlez pas dessus . J'ai été occupée . Avec ma dépression , l'attente de mes résultats et surtout un projet pressant qui me prend pas mal de temps . C'est pour cela que je vous donne ce chapitre aussi tard . Encore un chapitre en transition, mais je vais pas vous jeter tout de suite dans l'action sans au moins tenter d'amorcer les choses . Il faut y aller pro-gre-ssif .

On aura aussi des flashbacks de Solf "je suis sexy " Kimblee . Et ouéééé . Dans la joie et la ... dépression . (Alice-perso : Pourquoi j'ai que des parties de toi MERDIQUES ? Marie a ton caractère de warrior , Coralize ton humour pourri et ta joie , et moi j'ai ta dépression . C'est pas un peu injuste ça ?)

On retournera prochainement à Xing et on reparlera du conflit , qui sera , comme vous l'aurez deviné , au coeur de l'intrigue du côté de Marie et Coralize. Entre autres, comme la fin ( qui aura plu à Mizu' j'espère) vous laisse présager . Mais comme je suis occupée , ce ne sera sans doute pas avant un moment .

Si vous avez des suggestions , je prends !

Merci de me lire , de reviewer et favoriter mon histoire ! J'en écris une aussi sur la série Sherlock , " Une histoire d'Histoire et d'histoires" sous le pseudo' d'Alice Snicket , si vous voulez jeter un oeil .

Musique : The Midnight Chase , le dernier album de Crucified Barbara , et "Le lac des cygnes" bien sûr .

PS : Monsieur qui a changé le design de ce site : si je te trouve , je descends ta famille devant tes yeux et je brûle ta maison . Je te hais , kikoolol , bisous citrouille .