Bonsoir !
Cette fiction arrive bientôt à sa fin. En effet, elle compte 66 chapitres...
Cependant, le défi que j'ai choisi compte 1000 prompts. C'est pourquoi, à peine terminée naîtra une nouvelle publication quotidienne, If You dare 2, qui j'espère vous plaira autant...
Bonne lecture !
PROMPT : Le goût du vin
Lucius Malefoy était un homme complexe. Il aimait être un sorcier, un sang-pur, un aristocrate par dessus tout. Il centrait toute sa vie sur la pureté de son sang.
Plus jeune, il avait été immédiatement séduit par les discours de Tom Jédusor, qui se faisait appeler Lord Voldemort. Il avait assisté à ses réunions, où il donnait sa vision de ce que devrait devenir le monde sorcier.
Un monde où le sang serait pur, où les sang-de-bourbe seraient traités comme des elfes de maison pour les servir eux, sorciers supérieurs.
Lord Voldemort était plein d'idéaux. Sa folie lui donnait les moyens d'entamer sa révolution de terreur.
C'est ainsi que le sang avait commencé à couler.
Si au départ Lucius avait eu du mal à tuer, il avait vite fini par s'en accommoder. Il était un homme qui aimait le pouvoir, et il concevait tout à fait qu'il devait se salir les mains pour mériter tout le pouvoir qu'il pourrait obtenir.
Sa plus grande fierté avait été de devenir le bras droit du Seigneur des ténèbres.
Sa femme avait émis des objections concernant sa nouvelle passion. Mais Lucius avait écarté d'un geste de la main ses protestations. Il aimait sa femme, tout comme il aimait les vêtements luxueux et le goût du vin…
Narcissa était une charmante chose qu'il avait obtenu grâce à la pureté de son sang. Elle était sa femme-trophée, sa femme-objet, douce et obéissante.
Alors Narcissa avait plié, et l'avait laissé rejoindre les Mangemorts sans prononcer un mot de plus.
Pendant sa grossesse, alors que son ventre s'arrondissait, elle était venue le voir au retour d'un de ses raids meurtriers, alors qu'il avait encore le sang d'innocent sur lui.
- Je te préviens, Lucius. Tu ne mêleras pas notre enfant à tout cela.
Lucius avait acquiescé, regardant sa femme dans les yeux.
Drago était né, puis son Seigneur avait disparu.
Et à sa grande surprise, les années suivant la fin de son règne avaient été plaisantes. Il était riche et puissant, il avait un fils qu'il adorait en secret et une femme qu'il avait appris à apprécier.
La jolie poupée qu'était Narcissa était une Black jusqu'au bout des ongles et elle lui avait montré qu'elle était capable d'imposer sa loi.
Lucius avait vu son fils grandir, cachant sa fierté avec soin. Il avait été élevé dans l'idée qu'il ne fallait pas montrer aux enfants leur valeur, pour leur forger le caractère. Et son Drago avait assurément du caractère…
Puis, peu de temps après la rentrée de Drago à Poudlard et la réapparition dans le monde magique de Harry Potter, le Seigneur des ténèbres était revenu. Et Lucius savait que le gamin Potter ne pourrait jamais faire le poids. Il n'avait aucune chance.
Aux premiers signes du retour de Voldemort, Narcissa avait pincé les lèvres et lui avait rappelé la condition qu'elle avait émise : "Pas notre fils". Lucius avait acquiescé pour éviter une scène, pensant que l'éducation qu'il avait donné à Drago ferait de lui un Mangemort dans l'âme et que ce serait lui qui irait quémander la marque.
Mais Drago était arrivé dans le petit salon, avait regardé ses parents et avait déclaré d'une voix tremblante mais décidée.
- Je ne prendrais pas la marque
Lucius était resté sans réaction et Narcissa avait à peine cligné des cils. Ils avaient tous les deux ignoré leur fils, pour éviter une conversation sur ses aspirations peut être. Ou juste par habitude de ne pas poser de questions…
Une fois le jeune homme parti, Narcissa avait souri et Lucius avait haussé les épaules.
Le rythme de leurs vies avait repris, monotone. Rythmé uniquement par les raids de Mangemorts, même s'ils restaient discrets. Après tout, le Ministère muselait la population en niant le retour de Voldemort, et ce dernier ne se privait pas d'en profiter pour commettre toutes les exactions dont il avait envie.
Lord Voldemort choqua tous ses fidèles en réclamant Harry Potter en vie pour le mettre lui même à mort. L'importance qu'il accordait au gamin était bien trop importante pour un simple sang-mêlé.
Puis, il reçurent un hibou officiel, leur annonçant qu'ils avaient été déchu de leurs droits parentaux. Le parrain de leur fils obtenait ainsi la garde de Drago.
Lucius avait réprimé un geste de colère, maudissant la trahison de Severus. Narcissa se mit à pleurer, et son mari se retrouva désemparé face à la première émotion que sa femme laissait filtrer depuis qu'ils se connaissaient. Il s'approcha d'elle à contrecœur et l'enlaça maladroitement.
Ils restèrent un long moment ainsi, lui enlaçant sa femme, elle sanglotant doucement.
Une fois calmée, Narcissa s'écarta doucement, et fixa son mari.
- Est-il en sécurité ?
Avec hésitation, Lucius avait hoché la tête et Narcissa avait soupiré. Puis elle avait tourné les talons, et ils n'avaient plus jamais parlé de l'absence de Drago.
Pour autant, Lucius se débrouillait pour demander à Severus comment allait son fils. Et face à la moue pincée de l'austère professeur de potions, le blond ne mis pas longtemps à comprendre qu'il jouait un double jeu.
Il pesa longtemps le pour et le contre. Dénoncer son ami - et nouveau tuteur de son fils- lui donnerait accès à plus de pouvoir. Même s'il était déjà le bras droit du Maître. Mais se taire et couvrir les traces de l'homme mettrait Drago à l'abri.
Après un serment inviolable, il révéla le tout à sa femme. Ils en parlèrent longuement et Narcissa finit par le pousser à privilégier la protection de Drago. Il avait promis que son fils ne serait pas victime de ses choix, et il était temps pour lui de respecter sa parole.
Ainsi, à chaque fois qu'un autre Mangemort suspectait Severus, il se débrouillait pour brouiller les pistes, pour semer la graine du doute. Si bien que Voldemort n'entendit jamais la moindre rumeur sur une possible trahison de son maître des potions.
Lucius ne savait pas si son fils saurait un jour que ses parents l'aimaient. Qu'ils avaient intrigué dans l'ombre pour le maintenir en sécurité. Il avait vendu son âme au diable, et il avait fallu que son fils soit en danger pour qu'il comprenne à quel point il avait pu se tromper.
Et Lucius, croisant le regard de Narcissa, eut un sourire triste pour sa femme en espérant que Harry Potter accomplirait ce pourquoi il était né. Leur avenir, l'avenir de leur fils reposait entièrement sur un gamin de son âge…
