Chapitre 57

- Draco, puis-je te parler ?

Le garçon leva les yeux vers son parrain qui se tenait dans l'encadrement de la porte et haussa les épaules.

- Bien sûr. A quel propos ?

Severus eu un sourire narquois et s'assit sur le lit à coté de lui.

- Je pense que tu le sais…

Draco hocha la tête en soupirant.

- Regarde moi Draco, ordonna Rogue

Lentement, l'adolescent leva la tête et ses yeux rencontrèrent le regard de Severus.

- Dis moi franchement, continua celui-ci, avons-nous fait ce qu'il fallait ? Est ce que c'est ce que tu veux ?

Draco rompit brutalement le contact visuel.

- Oui, répondit-il avec une légère irritation dans la voix. Tu sais bien que oui.
« Je voudrais juste que tout le monde arrête d'en parler », ajouta-t-il dans sa tête.

- Bien, dit Severus en prenant la main de Draco dans la sienne. Mais tu sais que tu n'as plus à t'inquiéter à présent ? Tu peux être heureux.

Draco ne put s'empêcher d'avoir un reniflement de dérision.

- Bien sûr. Heureux, heureux, heureux, grimaça-t-il

- Draco je suis sérieux…

- Alors ne prétend pas que tout va bien se passer, l'interrompit Draco. Ne me cache pas des choses comme si j'étais un gamin. Je veux savoir ce qu'il va se passer ! Je veux participer !

- Je sais que tu le veux, aboya Rogue en retour. Mais comment veux-tu que je te tienne au courant de ce que j'ignore ? Je sais aussi bien que toi que c'est loi d'être fini, Draco, mais je ne sais ni ce qu'il va se passer, ni quand. Mais quand ça arrivera, on s'en chargera du mieux possible.

Draco se redressa pour s'appuyer contre le mur à la tête du lit.

- J'ai offert un collier à Hermione, dit-il soudain en inspectant ses ongles d'une manière qui n'était pas sans rappeler Narcissa. Elle a aimé.

Severus fronça les sourcils devant ce brusque changement de sujet, mais décida de ne pas relever.

- J'étais sur qu'elle aimerait. Donc tu ne la déteste plus ?

Draco le regarda, un petit sourire aux lèvres et haussa les épaules.

- Elle n'est pas si mal, je suppose.

Severus lui jeta un regard entendu qui fit rougir l'adolescent et le poussa à détourner les yeux.

- Tu ne la déteste pas non plus, rétorqua-t-il.

Severus sourit et toussota.

- La ferme !... De quoi parlez-vous, demanda-t-il soudain plus sérieux. Tu ne t'es sûrement pas contenté de lui donner le collier…

- elle m'a demandé ce que je pensais de… tu sais. On a parlé de Mère et de Père et… et de combien je les déteste. Elle a dit que ce n'était pas ma faute. Elle dit que certaines personnes sont juste comme ça. Est ce que c'est vrai, oncle Severus ? Est ce vraiment juste qu'il est comme ça, ou est ce que j'ai une part de responsabilité ?

Rogue changea de position. Il savait qu'il n'y avait pas moyen d'éviter cette conversation, qu'il était inévitable que Draco se pose ces questions.

- Il n'est pas juste responsable, Draco. Tu dois comprendre que personne ne nait avec cette haine ou cette colère en soi. Ça leur est inculqué quand ils sont jeunes et vulnérables. Le truc avec ton père c'est qu'il croyait faire ce qui fallait en te traitant de cette manière. Il ne pense pas que ce soit mal ou nuisible parce que…

Il hésita en passant une main dans ses cheveux.

- Et bien, parce que c'est la manière dont il a lui-même été élevé.

Draco faillit tomber du lit de surprise. Ses yeux étaient écarquillés et il commença à se balancer doucement.

- Donc, Père a été frappé comme moi ? Grand-père l'enfermait dans ce placard aussi ?

Rogue hocha la tête et prit la main de Draco.

- Je ne connais pas les détails, Draco. Mais quand j'ai rencontré ton père, à Poudlard, il était exactement comme toi. En colère, misérable et blessé, tout comme je l'étais. On est devenu amis parce que chacun pouvait comprendre la situation de l'autre. On était alliés, si on peut dire. Il me protégeait à l'école et en retour, je lui préparais des potions pour les vacances. Nous avons juré tous les deux de ne jamais devenir comme nos pères. De dépasser ça et d'être plus forts.

- Mais il ne l'a pas fait, n'est ce pas, le coupa Draco. Vous êtes complètement différents.

- C'est vrai. Je suppose que, bien que nos situations soient les même, nos familles ne l'étaient pas. Je ne subissais pas de pression de mes parents car ils n'avaient eux-mêmes pas fait grand chose de leurs vies. Lucius, pour sa part, n'avait pas le choix. De plus il a toujours apprécié l'argent et le pouvoir, et sans le soutien de sa famille, il ne pensait pas arriver à monter les échelons tout seul. Je suppose qu'il pense que c'est la violence de son enfance qui lui a apporté le prestige qu'il a aujourd'hui.

Draco se retourna, pâle et choqué.

- Alors, je vais devenir comme lui ? Comme père ? C'est donc inévitable de devenir comme ça ?

Severus lui fit un sourire ironique

- Le fait même d'avoir cette conversation signifie que tu es sur la bonne voie pour briser ce cercle vicieux. Et je pense que tu es assez fort pour le briser complètement. Je suis très fier de toi pour ça.

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OoO

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Chapitre 58

Il était a peu près 23h, le soir de noël, et Draco était blottit dans un fauteuil en train de lire « L'enfant rien » de David Palzer, que Lupin lui avait prêté et qu'il tenait d'une main tandis qu'il avait une tasse de chocolat dans l'autre. Il avait finalement renoncé et enfilé l'affreux pull Weasley pour se protéger du froid de décembre.
La découverte que son père avait été traité comme il l'avait été ne lui donnait pas pour autant envie de lui pardonner. Bien au contraire, il n'en était que plus en colère. Il ne comprenait comment son père pouvait savoir ce que cela faisait d'être réprimandé et battu à la moindre incartade et qu'il soit capable de lui faire la même chose.
Il ne savait pas ce que son parrain espérait que cela fasse, en lui faisant ces révélations, mais Draco était certain que ce ne devait pas être négatif.
Eh bien, un peu plus de confusion dans sa tête ne changerait pas grand chose, n'est ce pas ?
Draco posa leur livre et vida sa tasse, incapable de se concentrer davantage et posa ses pieds sur la table. C'était malpoli, certes, mais à cet instant précis, Draco n'en avait cure.

Soupirant, le garçon se leva et alla dans la cuisine ou il rinça sa tasse. Il regarda le liquide qui s'écoulait, comme hypnotisé. C'était fascinant cette façon qu'avait l'eau, si claire au sortir du robinet, de prendre une couleur marron foncé en atteignant les résidu de chocolat dans la tasse…Intéressant…
L'adolescent secoua la tête pour sortir de sa transe et coupa l'eau avant de retourner dans le salon.

Mais quelque chose stoppa Draco dans son élan.
Quelqu'un était assis à sa place.
Quelqu'un que Draco n'avait pas du tout envie de voir.
Quelqu'un qui répondait au nom de Lucius Malefoy

Lucius se leva élégamment avec un sourire et s'approcha de Draco qui le regardait avec un mélange de peur et de colère.

- Tu as bien grandis, mon dragon, ronronna l'homme en tendant une main pour caresser le visage de Draco, un si beau garçon…

Draco écarta la main brutalement.

- Ne me touche pas, grogna-t-il en faisant un pas en arrière.

Lucius pinça les lèvres, toute trace de gentillesse envolée.

- Manières, Draco, rappela-t-il froidement son fils à l'ordre. Je suis toujours ton père et tu vas faire preuve de respect.

- Je ne te respecte pas, je ne l'ai jamais fait, siffla Draco, le mépris brulant dans ses yeux gris. Tu es une brute et un violeur d'enfant. Tu ne m'as jamais donné la moindre raison de te respecter.

Le regard argenté de Malefoy sénior brilla d'une lueur dangereuse.

- Tu as écouté cette sang-de bourbe, n'est ce pas ? se moqua-t-il. Il n'y a qu'elle qui aurait pu implanté une idée aussi ridicule dans ton esprit. Comment oses-tu te croise si important pour penser que je perdrais mon temps à te violenter ? De plus c'est un mot tellement vulgaire, ajouta Lucius avec un rire sec et froid. Je te punis, Draco. Bien sûr, certains pourraient trouver mes méthodes un peu dures, mais comprend bien cela mon petit dragon, en te disciplinant je ne fais que mon devoir de père. Ce n'est pas ma faute si tu persiste à me désobéir, n'est ce pas ? ajouta-t-il avec un soupir exagéré. Tu as toujours été un enfant dissipé.

Draco le regarda bouche bée, ne pouvant pas croire ce qu'il entendait.

- Dissipé ? j'avais bien trop peur de te déranger ! Ou mère d'ailleurs. Comment peux tu dire ça ?

- Très facilement comme tu peux le voir, se contenta de répondre Lucius. Tu étais très exigeant lorsque tu étais petit, il fallait toujours te prendre, ou te lire quelque chose…

- Parce que tu ne m'accordais pas la moindre attention, éclata Draco, scandalisé. Tu ne faisais que travailler au ministère et quand tu étais là, il y avait des invités et je devais rester hors du chemin. Et quand tu n'étais pas occupé, tu me frappais dès que j'essayais d'attirer ton attention. Si j'étais si « dissipé », c'était parce que tu as refusé de reconnaître mon existence et quand tu finissait par le faire c'était parce que j'avais fais une bêtise et que tu étais furieux contre moi !

Mais, comme toujours, Lucius se contenta de balayer cette déclaration du revers de la main.

- C'est comme ça. Allez viens, Draco, nous partons.

Draco se retint de se mettre à taper du pied comme un enfant en hurlant : Tu ne m'écoutes pas !

- Je ne viens pas avec toi, réplica-t-il froidement, croisant ses bras sur sa poitrine. Je ne vais nulle part avec toi ! Tu ne peux pas me forcer.

Lucius se tourna vers son fils.

- Qu'est ce que tu viens de me dire ? siffla-t-il près de perdre son sang froid.

Draco hésita en voyant l'expression familière sur le visage de son père, mais resta sur ses positions, regardant l'homme avec défi.

- Tu. Ne. Peux. Pas. Me. Forcer, répéta-t-il en détachant chaque mot. Je ne vais pas revenir pour que tu m'enferme dans le noir, que tu me batte et que Mère m'en veuille. Je ne te laisserais plus m'intimider.