Il fallait bien que ça vienne tôt ou tard, la première tentative de corruption ainsi que la première tentative de meurtre.

Farbauti n'est pas surprise, elle est en position de pouvoir, après tout, ça va de soi qu'elle est devenue une cible pour les ambitieux et les mécontents. Elle est encore moins surprise par le fait que sa propre faction cherche à se débarrasser d'elle ou du moins à la neutraliser.

Elle ne s'entend pas avec le reste des ividjur, après tout. Elle est trop ancrée dans le séculaire, comme le précédent Mimir. Elle n'est pas assez réceptive à l'agenda de ses pairs.

En d'autres termes, elle gêne et elle agace. Voilà qui n'est pas nouveau. Quoique, ce n'était pas à ce point quand elle n'était encore qu'une apprentie – on se contentait de la chasser à grand renfort de gifles, elle n'était que du menu fretin après tout.

Il faut qu'elle s'adapte. Elle n'a pas le choix, elle a bien l'intention d'émuler la moule et de se cramponner fermement à sa position. Essayez donc de la déloger, messieurs dames, mais préparez-vous à y perdre vos ongles.

Ça encore, ça va, mais elle a l'horrible pressentiment qu'elle devra endosser le gros de la charge quand ce nigaud de prince se retrouvera confronté au même souci. Les assassinats, il peut s'en dépêtrer tout seul, pas de problème, mais les manigances de cour… !

Faut-il qu'elle l'ai – tienne à – soit assez sentimentale pour considérer que la vie de cet idiot a de la valeur.