CHAPITRE 53
Another mystery

– Je suis enceinte de toi Arthur.

Molly observait son reflet dans le miroir. Peu importe comment elle le formulait, cette phrase résonnait toujours comme une sentence de mort. Tu vas être papa. Fini les canards en plastiques et les études sur les moldus, dit bonjours aux couches, biberons et autres nuits blanches. La porte de sa chambre s'ouvrit et elle sursauta.

– Bien le bonjour Moulinette !

– Ne m'appelle pas comme ça Guidon.

– Moi c'est Gideon tu sais.

– Et moi c'est Molly. Et tu pourrais frapper à la porte !

– Pourquoi, t'as un truc à cacher ? Lui demanda-t-il en souriant.

La question de son frère était plutôt anodine. Mais Molly ne put s'empêcher de tressaillir. Elle n'avait pas encore annoncé à sa famille qu'elle était...

– J'ai raison n'est-ce pas ? Tu caches quelque chose ! Tu as menti à papa et maman hier à table.

– Je n'ai pas menti !

– J'ai vu le frère de Emmeline ce matin et il m'a dit que sa chère petite sœur était chez les Potter pour les vacances, or tu as dit aux parents que tu la voyais aujourd'hui. La question est donc, que vas-tu faire aujourd'hui.

– Je la rejoins chez les Potter, mentit Molly.

– Quelle chance, Potter nous as invité Fabian et moi pour une partie de Quidditch. On pourra y aller tous ensemble.

Il jubilait le scélérat. Il savait pertinemment qu'elle mentait et tentait de la coincer mais elle ne lui ferait pas ce plaisir. Elle irait chez les Potter et ensuite elle trouverait le moyen de se rendre à St Mangouste. Elle fit donc un grand sourire à son frère et accepta sa proposition avec une assurance qu'elle était loin de posséder.

Une bonne demi-heure plus tard, Molly était dans le salon avec ses deux frères qui lui lancé des regards soupçonneux. Leur passion dans la vie ? Faire de la sienne un cauchemar. Elle espérait que ce bébé serait une fille. Si sa fille était l'ainée elle n'aurait pas à subir des frères tyranniques.

Elle entra dans la cheminée, se saisit de la poudre de cheminette et prononça distinctement « Manoir des Potter ». Les flammes vertes la happèrent et elle se retrouva dans le salon où était installée Marlène.

– Molly ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Les garçons ont dit que tes frères venaient mais ils n'ont rien dit à ton sujet.

– Longue histoire. Fais comme si c'était prévu ! Il faut que je trouve Emmeline...

Marlène se tendit à la mention de la jeune fille.

– Ta copine Emmeline est occupée. À l'étage. Avec Black.

– Mais... protesta Molly paniquée.

Elle n'eut pas le temps d'ajouter quoi que soit, que son frère Fabian apparaissait dans la cheminée. Elle lança un regard paniqué à Marlène. Cette dernière posa son livre et se redressa, décidant de prendre les choses en main.

– Salut Marlène ! dit joyeusement Gideon qui venait également d'arriver.

– Salut vous deux, répondit Marlène en souriant. Les garçons sont sur le terrain à l'arrière.

Mais c'était sans compter sur la ténacité des frères Prewett.

– Où est Em' ? Moulinette devait la voir.

– Elle a été distraite par Black. Et vice versa puisqu'il semble avoir oublié votre petit match de Quidditch, lâcha Marlène ennuyée. Molly peut rester avec moi. Allez jouer.

Fabian et Gideon cachèrent difficilement leur déception et quittèrent le salon, déçu que leur sœur n'ait pas menti. Molly les regarda partir et poussa un soupir de soulagement. Marlène venait une fois de plus de lui sauver la mise. Elle ne remercierait jamais assez la jeune fille. Elle regarda l'élégante Serpentard passer une main dans sa chevelure de jais. Elle était magnifique c'était indéniable, et la grâce qui se dégageait de sa personne lui donnait l'impression d'être une véritable empotée.

– Merci Marlène.

– Ne me remercie pas, j'ai un intérêt dans tout ça, lui répondit la sulfureuse jeune fille.

– Comment ça ?

– Je vais avoir besoin de ton bébé, lui répondit Marlène en regardant son ventre.

Molly posa instinctivement sa main sur son ventre et recula d'un pas. Elle n'était pas sûr de ce que préparait Marlène mais la lueur qu'elle voyait dans son regard ne lui disait rien qui vaille. Mais elle n'était pas du genre à fuir et elle faisait étrangement confiance à la jeune femme même si la plupart du temps elle ne portait pas les Serpentard dans son cœur.

– On va avoir besoin de polynectar, suis-moi !

Une heure plus tard, Molly se trouvait dans la chambre de Marlène. Une fois de plus elle était devant le miroir mais cette fois, elle ne s'entrainait pas à annoncer la nouvelle à Arthur. Elle observait son reflet. De longs cheveux noirs, un regard tout aussi noir, une bouche pulpeuse, un nez droit, des formes généreuses... Elle était Marlène McKinnon.

Elles s'étaient procurées le polynectar dans le bureau de Charlus Potter. Molly se sentait terriblement coupable, c'était du vol, quoi que puisse en dire Marlène...

– Molly, soupira Marlène en lui tendant des vêtements à sa taille. James et Sirius vivent ici, tu crois vraiment qu'ils n'ont jamais pioché dans la réserve de Potter senior pour leurs stupides farces.

Molly enfila silencieusement les vêtements de Marlène. Rien ne servait de contredire la jolie blonde qui arborait désormais une chevelure d'un roux flamboyant. Les deux jeunes filles sursautèrent en entendant frapper. Elles ne purent s'empêcher de sourire de leurs réactions.

– Détends-toi, je resterais avec toi, dit-elle tout bas à la Gryffondor.

Marlène se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Devant elle se trouvait Charlus Potter. Molly tressailli. Il savait. Il venait les emmener à Azkaban où elles croupiraient jusqu'à la fin de leurs jours.

– Marlène est prête. Je peux venir avec elle ? Je ne me sens pas très bien non plus.

Molly écoutait la discussion de Charlus et Marlène avec anxiété. Le plan de cette dernière était quelque peu bancal et reposait tout entier sur leur capacité à ne pas se faire attraper. Elle lui avait dit qu'elles iraient à St Mangouste où Molly, sous la forme de Marlène effectuerait le test de grossesse demandé par les parents de celle-ci. Celui-ci s'avèrerait positif et... Molly n'en savait pas plus. Elle ne comprenait pas pourquoi la jeune femme tenait tant à être enceinte. Marlène avait refusé de lui expliquer.

Charlus Potter observa les deux jeunes filles qui rassemblaient leurs affaires. Polynectar, plus que vingt-deux fioles. Il en manquait trois. Le mystère concernant deux d'entre elle venait d'être résolu. Marlène McKinnon est Molly Prewett. Molly Prewett est Marlène McKinnon. Qui avait utilisé la troisième fiole ?

Il soupira. Dorea lui manquait. Elle était celle qui était douée pour gérer ce genre de situation. Devait– il faire une remarque aux deux jeunes filles au sujet de leur changement d'apparence ? Dorea aurait su quoi faire. Il lui manquait un élément.

Le sujet A n'était pas enceinte. Ses parents ne souhaitaient pas qu'elle soit enceinte. En principe ce test de grossesse aurait confirmé tout cela et il n'y aurait plus eu de problème. Pourtant la jeune fille avait changé d'apparence, faisant passer une autre fille, dans le cas présent Molly Prewett, pour elle-même. Or Molly Prewett était enceinte. Ainsi Marlène souhaitait être enceinte. Il lui manquait la solution de l'équation.

Et pour la trouver il devait laisser le sujet A parvenir à son objectif.

Dorea n'approuverait pas...

Il hésita puis un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres. Dorea n'était pas là. Et il mettrait fin à son observation si ça tournait mal.

– Allez vite, plus vite ! Molly a un test de grossesse à passer !

– Non ! protesta Marlène, une note de panique dans la voix. C'est Marlène qui passe un test de grossesse Monsieur Potter.

– Tu ne voulais pas en passer un aussi ?

– Non bien sûr que non ! répondit Marlène en passant une main dans ses cheveux désormais roux.

– Tu as dit te sentir mal aussi. Tu t'exprimes avec peu de précision. Ta phrase laissait à penser que tu présenter les mêmes symptômes que ton amie. Assez perdu de temps.

Marlène se massa la tempe. Elle avait oublié à quel point Charlus Potter était... spécial.

Tout aussi spécial que son fils, si ce n'est plus.

Charlus quitta la chambre en ordonnant aux deux jeunes filles de se presser. Il grimaça, il avait fait une erreur dans son impatience. Il s'était rattrapé de justesse. Ces vacances allaient être amusantes. Deux mystères.

Une fois celui de Marlène résolu, il passerait à la dernière fiole manquante de polynectar.

Il espérait qu'un autre prendrait la place des deux précédents.

Il n'avait rien eu d'intéressant depuis sa théorie des horcruxes.