Hello ! :D

Je sais pas vous, mais moi le retour du beau temps me met super bonne humeur ! 8D Bref... ^^'

En tout cas pour me faire pardonner de la semaine dernière, ce chapitre est lui aussi placé sous le signe de la joie et de la bonne humeur ! (Ok, j'exagère peut être un peu, mais vous avez saisi l'idée)

Bleunta : Aha oui je veux bien. x)
Au moins j'avais prévenu ! ^^'
Shaolan a un peu dépassé les bornes c'est vrai, mais bon on peut pas toujours être parfait hein...
Tu crois ? Rooh je vois pas du tout pourquoi tu dis ça, surtout que ça ne complète absolument pas la discussion qu'on a eu là dessus la semaine dernière...
Alors par rapport à Seishiro, on est d'accord que depuis quelque temps il était un peu relégué au placard en tant que meilleur ami/confident, mais vu la relation qu'il a avec Kuro, ça ne pouvait pas vraiment durer plus. Si ça peut te rassurer, Kuro et lui vont commencer à plus parler à partir de maintenant ! ;)
Aouch ma pauvre ! Je compatis ! J'espère que ça s'est bien passé en tout cas. :)

Bonne lecture !


-Je veux qu'on habite ensemble, déclara Fye alors qu'il sortait de la douche.

-Quoi ?

-Je n'arrête pas d'y penser, et j'en ai vraiment très envie. Si toi tu es d'accord, bien sûr.

-Évidemment que je suis d'accord ! S'exclama Kurogane, fou de joie.

Il se précipita vers le jeune homme pour le prendre dans ses bras. Au dernier moment il se retint en voyant que l'autre était encore à moitié nu. Leur conversation sur les contacts physiques ne datait que de deux jours. Il ne voulait pas gâcher ce moment en mettant son petit-ami mal à l'aise. À sa grande surprise, ce fut Fye qui franchit les derniers centimètres et le serra contre lui pendant quelques secondes.

-Je sais que la plupart des couples attendent plus longtemps avant de passer cette étape, mais je n'ai pas envie d'attendre. Je ne me vois pas habiter quelque part sans toi. Tout me paraîtrait terriblement vide...

-Oui, c'est aussi ce que je pense.

-Dans ce cas, il nous reste plus qu'à trouver un chez nous, sourit l'Anglais.

Ils s'embrassèrent tendrement. Le brun ne pouvait se retenir de sourire bêtement. Ça ne le dérangeait pas de vivre chez son meilleur ami, mais il avait toujours été prévu que ça ne soit que temporaire. Dès le début, le brun s'était sentit prêt à vivre avec son petit-ami. Il avait cependant préféré attendre que le blond prenne sa propre décision pour ne pas lui forcer la main. Le fait que Fye lui demande d'habiter avec lui le rendait donc immensément heureux.

Emportés par leur bonheur, ils finirent par se retrouver sur le lit, bien plus dénudé qu'avant. Ce fut Seishiro qui les stoppa en les appelant pour le dîner. Ils se rhabillèrent en riant et profitèrent du repas pour annoncer leur décision à leur hôte. Le borgne parut un peu déçu d'apprendre qu'ils allaient partir, mais il les félicita chaleureusement. Il leur proposa même son aide dans leur recherche d'appartement, ce qu'ils refusèrent poliment.

Après plusieurs heures de recherche intensives, ils arrêtèrent leur choix sur deux quatre pièces dans le centre ville. Lors de la visite, ils décidèrent d'un commun accord de choisir celui avec le balcon, même s'il était un peu plus cher. L'appartement ne serait disponible qu'à partir de la seconde semaine d'août mais ça ne les dérangeait pas d'attendre. Trois semaines, ça passait vite, et en plus ça leur laissait le temps de tout préparer.

Fye décida de louer son appartement de Tokyo en passant par une agence immobilière. Il fallut refaire un voyage jusqu'à la capitale pour qu'il termine de récupérer ses affaires afin que les déménageurs puissent emporter les meubles. Le tout finit au garde-meuble, en attendant l'emménagement.

Les congés d'été de Kurogane s'étendaient sur les trois première semaines d'août. Ils profitèrent donc de la semaine précédant l'emménagement pour aller faire un tour à IKEA afin d'acheter tout ce qui leur manquait. Lorsqu'ils ressortirent du magasin, le brun était lessivé, et surtout déprimé par les heures de montage de meuble qui l'attendaient.

Par chance, les choses ne s'étaient jamais aussi bien passées entre eux, Fye se montrant plus ouvert et honnête qu'auparavant. Il n'hésitait plus à lui dire quand et où il pouvait le toucher sans que cela le dérange. Il faisait même de gros efforts pour qu'ils aient un peu plus de contacts physiques. Kurogane repensait souvent à ce qu'il lui avait raconté à propos de ses cicatrices. Ça le rendait malade de savoir que quelqu'un avait intentionnellement blessé le blond. Il était cependant tellement fiers des progrès de ce dernier qu'il s'abstint de reparler de l'Angleterre.

Fort heureusement, Kurogane put aussi disposer de ses vacances pour se reposer. La mer n'étant qu'à une petite heure de route ils allèrent plusieurs fois à la plage. Avec sa peau translucide, le pauvre Fye passait le plus clair de son temps sous le parasol à se tartiner d'indice 50, mais ces sorties semblaient tout de même lui plaire. Ils visitèrent un ou deux musées, allèrent au barbecue organisé par Toya, et avant qu'ils le réalisent, les trois semaines étaient déjà passées.

Bien que Fye ait proposé de louer les services de déménageurs à ses frais, le brun insista pour qu'ils fassent ça eux même. Par chance il travaillait dans une salle de sport, il n'avait donc que l'embarras du choix en matière d'amis musclés qui pouvaient les aider. Seishiro fut le premier à se porter volontaire, et ses autres collègues suivirent aussitôt. Shaolan aussi voulut être de la partie, à la grande surprise de Kurogane qui espérait que ce n'était pas encore pour le bassiner avec Henry. Évidemment, Tomoyo s'étant auto-proclamée coordinatrice en chef de l'emménagement, son mari ne put y échapper. Enfin Kusanagi qui était devenu un véritable ami pour le brun, se proposa spontanément d'aider.

Le jour du déménagement c'est donc une véritable foule qu'ils trouvèrent au pied de leur nouvel immeuble. Ils se scindèrent en deux groupes. L'un alla récupérer les meubles avec le camion, et l'autre monta les quelques cartons provenant de chez Seishiro puis fit un peu de ménage dans le nouvel appartement. Très vite les pièces vides se remplirent de cartons et de meubles à moitié montés. Tomoyo était déjà en train d'imaginer comment aménager le salon, et à cet effet elle avait embauché Shaolan pour déplacer le canapé d'un bout à l'autre de sa pièce, selon ses inspirations. Pendant ce temps, son mari et son beau frère se battaient pour monter une armoire récalcitrante.

Tout le monde était de bonne volonté, si bien que Kurogane se retrouva planté dans la cuisine sans savoir quoi faire. Il décida d'en profiter pour partir à la recherche de Fye qu'il n'avait plus vu depuis un moment. Il retrouva son petit-ami dans la chambre en train d'installer une étagère.

-Kuro-chou, tu tombes bien ! S'exclama t-il en le voyant. Aide moi à la mettre contre le mur là-bas.

Le brun s'exécuta sans grande difficulté, ce qui fit siffler son amant d'admiration.

-Quel homme !

-Tu peux me le dire si tu veux...

-Quoi ?

-Que je suis l'homme parfait ! Je suis beau, fort, intelligent.

-Et tellement modeste avec ça ! Gloussa le blond. Aller, viens plutôt m'aider avec le lit au lieu de te jeter des fleurs.

Kurogane le rejoint, et à sa grande surprise ce fut l'Anglais qui pris les choses en main. Il lui indiqua quelles pièces emboîter, quelles vis mettre dans quel trou. En quinze minutes la structure du lit était montée et prête à l'emploi. Cette fois c'était au tour du brun de regarder son petit-ami avec admiration.

-Pourquoi tu me fixes comme ça ? S'étonna Fye.

-Je ne savais pas que tu étais doué en bricolage...

-C'est quoi ce vieux préjugé ? S'offusqua t-il. Parce que je suis efféminé je devrais être nul avec un marteau ?

-Quoi ? Mais non, j'ai jamais dit ça !

-Je te taquine, idiot ! Le rassura t-il, avant de l'embrasser tendrement.

-T'es con.

Ils firent une pause vers une heure pour manger un morceau au milieu des cartons. Leurs amis les complimentèrent sur l'appartement, et Tomoyo les supplia de la laisser les aider pour la décoration.

Au fur et à mesure de l'après midi, les gens commencèrent à partir. Tous les meubles étaient montés, et il ne restait plus qu'à les installer, ce qui ne nécessitait pas autant de personnes. Tomoyo, Fuma et Seishiro furent les derniers à partir. L'appartement était parfaitement fonctionnel, mais ils avaient des dizaines de cartons vides éparpillés partout sur le sol. Ils firent un tour à la cave pour s'en débarrasser, puis commandèrent à manger, n'ayant pas le courage de faire les courses.

-On va être bien ici, commenta Kurogane alors qu'ils étaient enlacés sur le canapé.

-J'en suis sûr. On est ensemble, ça va forcément aller.

Ils échangèrent un long baiser. Cela donna une idée au brun, qui glissa à l'oreille de son amant :

-Tu ne voudrais pas qu'on aille inaugurer le lit ?

-Hmm, si pourquoi pas...

Kurogane le porta jusqu'à la chambre, tout en l'embrassant. Ils se déshabillèrent, et firent longuement l'amour. Depuis leur discussion, le brun faisait très attention à ses gestes quand ils étaient au lit. Il retenait ses mains d'aller se balader ailleurs que dans ses cheveux, et avait pris le parti de rester en dessous tant que l'autre ne se sentirait pas prêt. Il avait également cessé de réclamer de le prendre dans ses bras pour dormir.

Néanmoins sur ce point, Fye avait accepté de trouver un compromis. Le blond posait sa tête sur l'épaule de son amant, et laissait un de ses bras reposer en travers de son torse. Kurogane devait se refréner de le serrer contre lui, mais il était heureux d'enfin avoir un vrai contact avec son petit-ami.

Quelques jours après le déménagement, ils avaient décidé d'organiser une petite fête afin de remercier leurs amis. Tout ceux qui les avaient aidés venaient, plus Sakura que Tomoyo avait proposé d'inviter.

Deux heures avant l'arrivée des premiers invités, Fye commença à paniquer. Tout était déjà prêt, mais le jeune homme tournait en rond dans la cuisine, vérifiant pour la dixième fois s'ils y avait assez de boissons dans le frigo, ou s'ils avaient pensé à faire des glaçons.

-Enfin Fye, calme toi. Qu'est-ce qui t'arrive ? S'inquiéta Kurogane.

-Rien. Rien du tout.

-Alors arrête de courir partout, et fiche la paix à ce réfrigérateur.

Le blond soupira et alla se laisser tomber dans le canapé. Sa jambe droite tressautait de façon incontrôlable. Son petit-ami le rejoint en silence.

-J'ai peur. Je sais que c'est bête, mais je ne peux pas m'en empêcher.

-Peur de quoi ?

-Que ça se passe mal, que je fasse tout foirer, que tes amis finissent par me trouver nul... J'ai l'impression que tout va aller de travers, et que ça sera de ma faute.

-Tu n'as aucune inquiétude à avoir. Tous mes amis t'adorent, et je ne vois pas ce qui pourrait aller de travers, le rassura t-il. Tu es un hôte génial, et heureusement que tu étais là pour préparer, je ne m'en serais pas sorti seul.

Il parvint à arracher un sourire à l'Anglais qui se détendit un peu. Comme Kurogane l'avait prédit, la soirée se déroula parfaitement. Les invités arrivèrent petit à petit, apportant à boire ou à manger, bien qu'ils leur aient demandé de ne pas le faire.

Fye s'intégra au groupe en un clin d'œil. Son sourire lumineux attirait les invités vers lui, comme des papillons de nuit sur un lampadaire. Son petit-ami le soupçonnait de jouer un peu la comédie, car ses yeux ne brillaient pas autant qu'ils le devraient. Il fut apparemment le seul à s'en rendre compte car ils furent plusieurs à venir le voir pour lui dire à quel point son compagnon était génial.

-Je n'ai pas connu ton ancien petit-ami, mais celui-ci est vraiment adorable, le complimenta Kusanagi.

Le lieutenant l'avait rejoint sur le balcon pendant qu'il s'en grillait une. Il s'accouda à côté de lui sur la balustrade pour profiter de la vue. Ils n'étaient qu'au troisième étage, mais le bâtiment se trouvait en haut d'une colline, donc ils surplombaient la ville. La lumière du soleil couchant enveloppait le paysage d'un voile ocre. La scène paraissait presque irréelle.

-Merci. Je suis content que tu le rencontres.

-Moi aussi. Vous formez un très beau couple.

-C'est gentil. Et toi alors, toujours personne en vue ? Demanda t-il, badin.

-Non, personne. Je n'ai pas le temps entre mon travail, ma fille, et mes séances de sport. Quand Hinata sera plus grande peut être...

Ils continuèrent à parler de la fille du policier, jusqu'à ce que Toya et Shogo les rejoignent à l'extérieur. Ses collègues lui empruntèrent une cigarette, et s'extasièrent sur la vue.

-Mec, te vexes surtout pas, mais je préfère franchement Fye à Henry, déclara Shogo.

-Lui aussi, sinon il serait toujours avec Henry ! Lui signala nonchalamment Toya.

-C'est pas faux...

Le brun rit devant l'air déconfit de son pote, et les remercia. Il ne voyait pas comment ses amis auraient pu ne pas aimer Fye, mais il était heureux de voir que le courant passait.

-Tout le monde, venez vite dans le salon ! Cria soudain Seishiro.

Son appel fut efficace, car en quelques secondes, les invités l'avaient rejoint. D'un air triomphant, le borgne brandissait la télécommande de l'écran plat. Ce dernier était allumé, et la chaîne avait été mise en pause. Le visage de Kurogane se décomposa lorsqu'il reconnu l'image à l'écran.

-Sei' ! Je t'interdis ! Gronda t-il, en se jetant sur lui.

-Trop tard ! Hurla son patron en appuyant sur play.

La vidéo se lança, et tous purent découvrir Fye et Kurogane en train de s'embrasser fiévreusement. La fameuse publicité qu'ils avaient tournés trois mois plus tôt était enfin diffusée à la télé. Elle tournait en boucle sur toutes les chaînes depuis maintenant deux semaines, et son meilleur ami se faisait un plaisir de le charrier avec depuis lors. Le spot avait reçu pas mal de critiques favorables, et selon ce que Fye lui avait dit, la marque marchait bien. Le problème c'est que maintenant on les reconnaissait dans la rue, surtout lorsqu'ils étaient tous les deux. Les gens n'allaient pas leur parler, mais il pouvait sentir leurs regards insistants.

Évidement il n'avait pas pu échapper aux remarques moqueuses de ses collègues, ni aux questions de ses clients. Sur le moment il ne l'avait pas réalisé, mais aux yeux du monde, tourner cette publicité était l'équivalent de faire son coming-out en direct à la télé. Il avait eut droit à plusieurs remarques d'habitués s'étonnant de son homosexualité, ce qui l'avait mis assez mal à l'aise. Il n'avait pas honte d'être gay, simplement ce n'était pas dans ses habitudes d'étaler sa vie privée en public.

Le spot se termina et une image de Fye ne portant qu'un jean et jetant un regard suggestif à la caméra s'afficha. Seishiro fit de nouveau pause, et rit en voyant que son meilleur ami lui adressait un doigt d'honneur. Toutes les personnes présentes avaient déjà vue la pub, mais elles y allèrent toutes de leur petit commentaire. Pour le plus grand bonheur du brun, la plupart des remarques s'adressèrent à l'Anglais. Ils le taquinèrent sur son excellent jeu d'acteur, et le complimentèrent sur sa photogénie.

-Franchement, elle est géniale votre pub ! Se réjouit Shogo. Même si ça n'avait pas été vous, je suis sûr que ça m'aurait marqué.

-Moi aussi, confirma Shaolan. L'idée est originale. Par contre, vous n'avez pas peur d'avoir visé un public un peu ciblé ?

-Qu'est-ce que tu veux dire ? S'étonna Fye.

Le jeune homme parut gêné. Après quelques secondes d'hésitation il s'expliqua :

-Vous marquez des points auprès de la communauté homosexuelles, mais ça risque de ne pas plaire à tout le monde...

-C'est vrai que les affiches aussi ont un petit côté « gay », sans vouloir paraître homophobe, ajouta Toya.

-Moi elles me plaisent, protesta Seishiro.

-Oui, justement, c'est bien ce que je disais...

Objectivement, Kurogane devait bien reconnaître qu'ils n'avaient pas tort. Avec la campagne publicitaire qui battait son plein, des clichés géants de Fye ou parfois d'eux deux étaient placardés partout en centre-ville. On ne pouvait nier que les photos dégageaient toutes une certaine tension sexuelle. Le brun n'était d'ailleurs pas très fan de ces affiches, car l'idée que des tas d'autres mecs que lui allaient pouvoir mater son petit-ami ne l'enchantait pas.

-Désolé de vous contredire, mais vous avez tout faux, intervint le blond. La campagne a été pensée de façon à toucher un maximum de personnes.

Personne n'osa objecter, mais les invités échangèrent des regards septiques.

-Vous voulez un exemple ? Insista t-il, sentant qu'il n'avait pas convaincu. Fuma, tu as l'habitude d'aller faire du shopping tout seul ?

-Non. J'y vais avec Tomoyo le plus souvent.

-Je suppose que c'est elle qui te propose la plupart des vêtements que tu essayes, pas vrai ?

-En effet, avoua l'autre.

Avec un sourire confiant, Fye se tourna vers la brune.

-Dis moi Tomoyo, si dans un magasin tu voyais un rayon surplombé par ce genre d'affiche, tu irais le voir ? Demanda t-il en désignant l'image sur la télé.

-Oui, sans aucun doute, rit la jeune femme qui venait de comprendre où il voulait en venir.

-CQFD ! S'exclama l'Anglais, fier de lui. C'est vrai qu'on a pensé aux gays, mais on a aussi pensé aux femmes, parce que c'est assez courant d'offrir des vêtements en cadeau à son petit-ami.

C'était bien pensé. La majorité des hommes n'aimaient pas particulièrement acheter des vêtements, et la dernière chose à laquelle ils faisaient attention était les affiches publicitaires de la marque. Par contre ce n'était pas forcément le cas des femmes. De toute façon, qu'on soit homo ou hétéro, ces photos attiraient l'attention.

-En parlant de ça, vous n'auriez pas moyen d'avoir des réductions sur ces jeans ? Les interrogea Primera. Je suis sûre que le modèle de la pub irait très bien à Shogo.

-Non désolé, on a eu droit à un pantalon gratuit chacun, mais c'est tout.

-Tant pis, j'irais l'acheter en magasin.

La conversation fini par dévier sur autre chose, et Kurogane en profita pour éteindre discrètement la télé. Cela éviterait qu'ils relancent le sujet si la pub repassait.

À un moment donné, les deux hôtes se retrouvèrent seuls dans la cuisine. Le brun en profita pour voler un baiser à son petit-ami. Ce dernier ouvrit la fenêtre, et se laissa tomber sur une chaise.

-Tu aurais une clope, s'il te plaît ? Demanda t-il.

-Je croyais que tu arrêtais ?

-Je croyais aussi.

Il lui tendit une cigarette, et en prit également une pour lui. Ils fumèrent quelques minutes en silence. Les rires de leurs invités résonnaient dans la pièce voisine. Remarquant l'air morose de Fye, le brun s'inquiéta :

-Ça va ?

-Oui, oui... C'est juste un peu fatiguant de devoir s'occuper d'autant de monde.

-Je ne te le fais pas dire. Tu passes quand même une bonne soirée j'espère ?

-Tes amis sont tous adorables avec moi. Je ne sais pas pourquoi j'ai cru que ça risquait de tourner à la catastrophe.

-Tu n'as pas répondu à ma question... Fut-il forcé de lui signaler.

Le blond soupira, et écrasa longuement sa cigarette dans le cendrier. Il se leva et alla s'accouder au rebord de la fenêtre.

-C'est pas que je passe une mauvaise soirée... Je ne suis pas dans un bon jour, c'est tout.

-Oh, mon ange... Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Le jeune homme haussa les épaules.

Depuis quelques temps, ils avaient commencé à se donner des surnoms affectueux. Fye était un grand adepte des surnoms et autres diminutifs, mais pas Kurogane. C'est sans y penser qu'il avait laissé échapper son premier « mon cœur », et aussitôt le visage de son petit-ami s'était transformé.

Malheureusement, au lieu du sourire qu'il aurait pu s'attendre à y voir apparaître, c'est de la détresse qu'il avait vu dans ses yeux. Horrifié, le brun avait cru qu'il l'avait effrayé, et que d'un coup son amant avait eu le sentiment d'aller trop vite. Fye s'était empressé de le rassurer, et lui avait expliqué qu'il n'avait rien contre les surnoms, mais qu'il lui serait reconnaissait d'éviter « mon cœur. » Il n'avait pas de très bon souvenirs avec la dernière personne qui l'avait appelé comme ça.

Depuis lors, il l'appelait « mon ange ». Ce surnom c'était imposé à lui comme une évidence, car Fye représentait parfaitement l'idée qu'il se faisait du paradis.

-Bon, s'exclama soudain le blond en frappant dans ses mains, je crois que la séance déprime a assez duré. On devrait retourner voir nos invités avant qu'ils se fassent des idées.

-Connaissant Seishiro, pour ça c'est déjà trop tard...

-Tu n'as pas tort ! Gloussa t-il.

À peine étaient ils entrés dans la pièce que le borgne leur lança, hilare :

-Si vous aviez envie d'être seuls pour faire des cochonneries, il suffisait de nous le dire !

-Va te faire foutre ! Lui rétorqua Kurogane avec un beau doigt d'honneur.

-Ne sois pas bête, tu sais bien que je ne suis jamais passif !

-La ferme !

Leur petit échange eut le mérite de provoquer l'hilarité générale. Ils connaissaient tous assez Seishiro pour ne plus être choqué de sa vulgarité. Seuls Sakura et Shaolan semblaient un peu mal à l'aise. Les deux jeunes gens, qui semblaient être de nouveau en couple, étaient restés un peu à l'écart depuis le début de la soirée. Ils participaient volontiers aux conversations, mais avaient passé le plus clair de leur temps à se tenir la main sur le canapé. Kurogane se demanda s'ils s'amusaient vraiment, où s'ils n'étaient venu que parce qu'ils étaient trop polis pour dire non.

-Attendez, je viens de réaliser un truc terrible ! S'écria Fye, sur un ton trop enjoué pour les inquiéter.

-Quoi ?

-On ne vous a pas présenté Mokona !

-Qui ça ?

Avec un sourire enfantin, l'Anglais couru jusqu'à leur chambre. Il en revint quelques secondes plus tard, un petit lapin blanc dans les bras. L'assemblée poussa un soupir attendrit, et Tomoyo se précipita pour le caresser.

Le lendemain de leur emménagement, le blond s'était tourné vers son petit-ami, l'air grave, et lui avait demandé s'ils pouvaient avoir un animal. Il avait toujours voulu en avoir un, sans trouver le courage d'en adopter. Kurogane avait accepté immédiatement, n'y voyant pas d'inconvénient. Leur seul mais problématique point de désaccord avait porté sur l'animal qu'ils voulaient. Fye préférait les chats, et Kurogane voulait un chien. Après des heures de débat enflammé, ils avaient décidé d'aller à l'animalerie, et de voir les avantages et inconvénient sur place avec un employé.

Au final, lorsqu'ils étaient entrés dans le magasin, l'Anglais s'était extasié devant absolument chaque animal qu'il avait vu. D'un coup il se trouvait une passion pour les tortues, la seconde suivante il préférait un perroquet, mais l'instant d'après il tombait en admiration devant les poissons. Après dix interminables minutes durant lesquelles Kurogane s'était fait traîner d'une cage à l'autre, sous le regard incrédule du reste de la clientèle, Fye était soudain tombé en arrêt devant l'enclos des lapins. Elle contenait une dizaines de lapereaux, tous plus mignons les uns que les autres, mais le jeune homme lui avait immédiatement désigné le petit albinos dans le fond.

-Regarde celui-là, il est fait pour nous ! Avait-il déclaré.

-Fye, on ne va pas prendre un lapin.

-Pourquoi pas ? Je suis sûr que c'est plus simple d'en prendre soin que d'un chat ou d'un chien.

-Peut être mais...

-Ne dis pas non avant même de l'avoir vu de près.

Sans lui laisser l'opportunité de protester, il avait appelé le vendeur, qui avait sorti le lapereau. Fye l'avait pris contre lui, et l'animal s'était blotti dans ses bras. Le visage du blond s'était illuminé de tellement de bonheur que Kurogane avait su qu'il céderait. Une heure plus tard il repartait du magasin avec le lapin et tout le nécessaire pour s'en occuper.

Le brun ne regrettait pas son choix, car Mokona était adorable. L'animal adorait qu'on le caresse, et pour le moment il ne s'aventurait pas trop loin d'eux lorsqu'ils le laissait libre. Il était juste un peu jaloux de voir que le lapin avait droit à plus de câlins que lui.

-Pourquoi vous l'aviez laissé dans la chambre jusque là ? Râla Primera qui était parvenue à arracher Mokona des griffes de la brune.

-A ton avis ? On avait pas envie que cette boule de poil nous vole la vedette !

-Peur justifiée, ce lapin est mille fois plus mignon que toi Kurogane ! Se moqua sa collègue.

-Sale bête, grommela t-il.

L'heure commença à se faire tardive, les invités rentrèrent chez eux les uns après les autres. Tous n'étaient pas encore en vacances, et les autres ne voulaient pas déranger.

Après un regard désespéré devant tout ce qu'ils avaient à ranger, Fye et Kurogane décidèrent d'un commun accord de faire le ménage le lendemain.

-J'espère que la soirée leur a plu, commenta le blond en s'allongeant à ses côtés dans le lit.

-Je pense que oui. Même si ce n'était pas le cas, tu n'y serais pour rien, tu as été parfait !

-N'exagère pas non plus...

-Je suis très sérieux, protesta t-il en l'embrassant.

L'Anglais le traita de menteur, mais ne le repoussa pas. À cause de la chaleur estivale, ils dormaient tous les deux en caleçon, ce qui avait eu pour effet logique d'augmenter la fréquence de leurs rapports sexuels.

Sans rompre le baiser, Fye passa à califourchon sur son partenaire. Leurs sous-vêtements finirent sur le sol. Le brun se cramponnait fiévreusement à la nuque de son amant qui avait entrepris de lui embrasser le cou. Soudain, ce dernier s'arrêta, et releva la tête pour le regarder dans les yeux. En silence, il attrapa les mains de Kurogane, et vint doucement les placer sur ses hanches. Interdit, le brun se laissa faire, mais ne put s'empêcher de vérifier :

-Fye, tu es sûr ?

-Certain.

Le cœur de Kurogane se gonfla de fierté. Les efforts fournis son petit-ami ces derniers temps étaient époustouflant, et savoir qu'il les faisait pour lui, c'était plus qu'inestimable.


Vous étiez nombreux à vous demander quand la pub allait repointer le bout de son nez, voilà enfin votre réponse ! J'espère que vous n'avez pas été déçus ! ;)