Isaac et Danny se faisaient face. Ils s'étaient installés dans un bar et avait commandé deux cafés, qu'ils buvaient silencieusement. Aucun des deux garçons n'osait faire le premier pas et le gardien de l'équipe de crosse finit par se racler la gorge.

— Alors, tu veux parler de quoi ?

Comme le loup garou ne répondait pas, Danny précisa :

— Tu m'as envoyé un message.

— Je sais, répondit sèchement Isaac.

Il s'en voulut d'avoir répondu d'un ton méchant mais chercha plutôt un moyen de formuler ce qu'il avait sur le cœur plutôt que de se formaliser sur l'air blessé qui s'affichait sur le visage de son copain. Après plusieurs secondes de réflexion, il finit par déclarer :

— Je pense qu'il est temps qu'on se sépare.

Les yeux de Danny se mirent à briller, des larmes venant lui piquer les yeux.

— Parce que je ne sais pas si je t'ai trompé ? réussit-il à demander sans que sa voix ne tremble.

— Non. Parce que je ne t'aime plus.

La réponse se ficha dans le cœur du gardien, le glaçant et l'empêchant de réfléchir à quoique ce soit. L'explication que lui donna Isaac s'imprima en lettres de feu dans son esprit, tandis que lui-même était incapable de faire le moindre geste.

— Je sais que tu es allé voir ailleurs parce que j'étais distant avec toi depuis que Jim a tenté de m'embrasser. Mais je ne peux pas te pardonner ce que tu as fait. Tu n'es même pas capable de te rappeler ce qu'il s'est passé le soir de la Saint Valentin.

— Je t'aime toujours, moi, coassa Danny d'un air pitoyable.

Le cœur du loup garou se serra en voyant le gardien aussi malheureux mais il avait pris sa décision. Il ne reviendrait pas dessus.

— Peut-être. Mais tu ne m'aimes pas assez pour ne pas aller voir ailleurs.

— Tu me rejetais. Tu ne voulais plus que je te touche … voulut plaider le garçon avant de se faire couper par Isaac.

— Je veux bien reconnaître que j'ai des torts. Mais si on y réfléchit, ça nous donne une raison de plus de nous séparer.

— Je ne veux pas qu'on se quitte, balbutia Danny, une larme coulant sur sa joue.

L'intonation de la voix du gardien faillit faire flancher le loup garou. Malgré ce qu'il disait, l'adolescent avait toujours des sentiments pour l'humain. Il entendait le cœur du garçon battre à tout rompre contre ses côtes, il voyait les larmes qui embuaient son regard et ça lui faisait de la peine. Toutefois, il se résolut à tenir la résolution qu'il avait prise et annonça :

— C'est mieux comme ça.

Isaac se leva et sortit après avoir lancé un dernier regard à Danny. Le gardien resta seul dans le café, pleurant silencieusement. Il finit par attraper son téléphone dans la poche de sa veste et composa le numéro de Jackson. Le blond décrocha après deux sonneries.

— Allô ?

— Isaac vient de me plaquer, lança Danny sans un bonjour. Et en plus, il est parti en me laissant payer l'addition. C'est un vrai salaud.

L'adolescent ne put retenir un sanglot en finissant sa phrase et Jackson soupira.

— Dis-moi où tu es. J'arrive te chercher.

# #

Quand Scott rentra de la clinique vétérinaire, il trouva sa mère en train de préparer une salade de fruits. Le garçon vint l'embrasser sur la joue et s'assit à côté d'elle.

— Tu as besoin d'aide ?

— Non, ça va aller, mon chéri.

— Tu es sûre ? Tu n'es pas trop fatiguée avec le bébé ?

Melissa haussa un sourcil et sourit à son fils.

— Scott, je viens juste d'entamer mon troisième mois de grossesse. J'ai encore le temps avant d'être fatiguée par ma grossesse.

— Oui, mais je t'entends quand même vomir, le matin.

— C'est normal. Ça arrive à presque toutes les femmes, le rassura la femme en essuyant ses mains sur un torchon.

Elle se leva et emmena le saladier plein de fruits découpés en morceaux au frigo. Scott la suivit du regard et finit par demander :

— Quand est-ce qu'on saura le sexe du bébé ?

— Dans deux semaines, si on a de la chance.

— C'est encore long, se plaignit l'adolescent en soupirant. J'ai envie qu'il soit déjà là.

Melissa lui lança un regard amusé.

— Tu ne diras plus ça quand le bébé sera là et qu'il te réveillera en pleine nuit, se moqua-t-elle.

— En parlant de ça, est-ce que Peter va venir s'installer ici ? s'enquit Scott.

Sa mère secoua la tête.

— On n'en a pas vraiment parlé pour l'instant.

— Mais il faudra bien qu'il vienne vivre ici quand le bébé va naître, insista le garçon.

L'infirmière plissa les yeux.

— Où veux-tu en venir ?

— Bin … Tu ne vas pas aller vivre au manoir, vu que c'est celui de Derek et que je ne pense pas qu'il apprécie de te voir débarquer avec un bébé chez lui. Vous pourriez acheter une nouvelle maison mais je n'ai pas envie de déménager. Alors, il va bien falloir que Peter vienne vivre chez nous. Parce qu'il va bien falloir qu'il s'occupe du bébé.

— D'accord. Partons du principe que Peter vienne vivre ici. Où va-t-on mettre la chambre du bébé ?

Scott fit la moue avant de répondre :

— On pourrait lui installer son lit dans le bureau. On n'y va jamais, et on y entrepose tout ce qui ne nous sert à rien. Mais une fois qu'on aura fait le ménage, ce sera parfait, assura l'adolescent.

— Ce ne sera pas pratique, le contra Melissa. Le bureau est au rez-de-chaussée et ma chambre est à l'étage.

Son fils haussa les épaules.

— Dans ce cas, je lui laisse ma chambre et moi, je prends le bureau. Comme ça, il sera prêt de toi. De toute façon, moi, je ne vais dans ma chambre que pour dormir, donc je n'ai pas besoin d'un grand espace, alors que le bébé, il lui faudra de la place pour mettre tous ses jouets.

L'infirmière s'approcha de son fils et lui ébouriffa les cheveux.

— C'est gentil de proposer, mais on n'a vraiment pas réfléchi à la question avec Peter. On en reparlera plus tard, d'accord.

— Moi, tout me va tant qu'on ne déménage pas, affirma l'adolescent avant de monter à l'étage pour se doucher.

# #

Le mois de mars avança doucement et marqua le début des clans dans la meute. Si la rupture d'Isaac et Danny n'avait pas vraiment surpris les adolescents, elle les avait divisés. Jackson et Lydia étaient du côté du gardien pendant qu'Erica soutenait le loup garou. Stiles, Scott, Allison et Matt ne savaient pas vraiment sur quel pied danser, étant donné qu'ils aimaient bien les deux garçons, tandis que Derek se fichait des problèmes de cœur de ses bêtas et refusait d'en entendre parler lorsqu'il les entraînait. Quant à Peter, seul son bébé l'intéressait et il était difficile de lui parler d'autre chose.

C'est donc dans une ambiance assez tendue que l'hiver se finissait pour laisser peu à peu place au printemps. La chaleur revenait peu à peu sur Beacon Hills et les pom-pom girls s'entraînaient régulièrement dehors, ce qui déconcentrait les garçons de l'équipe de crosse, tant à cause des slogans qu'elles s'entraînaient à crier qu'à cause de leurs tenues plutôt courtes.

Finstock ne pouvait s'empêcher de pester après les filles qui déconcentraient les joueurs et avaient tenté de les virer du terrain, afin que l'équipe se concentre sur la balle plutôt que les mini-jupes qui s'agitaient devant les gradins. Mais Clara Lorenzo avait fait semblant de se mettre à pleurer quand le coach lui avait demandé de partir, ce qui avait complètement déstabilisé Finstock, qui avait fini par lâcher l'affaire et l'avait autorisée à rester.

Lydia assistait aux entraînements de crosse avec Allison, Erica et Louane, et ne pouvait s'empêcher de critiquer tout ce que l'équipe de pom-pom girls faisait. Clara était celle qui en prenait le plus pour son grade et aucun de ses faits et gestes n'étaient épargnés par la langue acérée de la rousse. Les trois autres filles se contentaient en général d'écouter leur amie sans la contredire, mais prenaient parfois part à la conversation pour soutenir Lydia.

La fin de mars approchait lorsque le corbeau refit son apparition dans la vie de la meute. Finstock était en train de crier sur ses joueurs, qui n'étaient pas assez réactifs à son goût, et les filles étaient assises dans les gradins en attendant la fin de l'entraînement. Louane révisait une leçon d'histoire pendant que Lydia critiquait Clara Lorenzo et qu'Erica et Allison approuvaient distraitement ce que leur amie disait.

La séance était presque finie lorsqu'une adolescente déboula du lycée et se précipita vers les gradins. Elle s'arrêta toute essoufflée devant Louane et tenta de reprendre sa respiration. Les filles de la meute reconnurent une des amies de Hana et en eurent la confirmation lorsque la petite blonde réussit à déclarer :

— Faut que tu viennes dans le hall, Louane. Il est arrivé quelque chose à ta sœur !

La brune se leva d'un bond, faisant tomber son livre d'histoire et avant que quiconque ait pu réagir, elle était déjà en train de courir en direction du lycée. Ses amies la suivirent et Allison, qui courrait pourtant vite, n'arriva pas à la rattraper.

Il n'y avait presque personne dans le hall. Les élèves étaient soit en train de pratiquer leurs activités extra-scolaires, soit partis vadrouiller dehors pour profiter du beau temps. Deux garçons étaient accroupis près de Hana, qui était recroquevillée contre un casier. Louane fit une glissade et s'arrêta près de sa sœur. Elle lui posa la main sur l'épaule et la cadette leva les yeux vers elle.

Sa lèvre inférieure était fendue et une marque rouge apparaissait sur sa pommette droite. Les yeux brillants de larmes, Hana se jeta au cou de sa sœur, qui la serra contre elle pour la consoler.

— Ca va aller, murmura l'adolescente en berçant la jeune fille.

— Vous avez vu quelque chose ? demanda Lydia aux trois autres jeunes.

La petite blonde secoua la tête et l'un des deux garçons prit la parole :

— On marchait dans le couloir et elle s'est arrêté pour refaire son lacet. On a ralenti pour qu'elle puisse nous rattraper mais on a continué à avancer. Tout d'un coup, on a entendu un bruit sourd, comme si on tapait dans un casier.

Le deuxième garçon poursuivit :

— On s'est retourné et là, on a vu un homme qui avait plaqué Hana contre les casiers et qui la frappait. On s'est précipité pour la défendre mais l'homme l'a lâché et s'est éloigné sans se retourner.

— Et il ressemblait à quoi, cet homme ? s'enquit Allison.

— Il avait des cheveux courts, des yeux noirs … Je ne sais pas, je n'ai pas fait trop attention, j'étais plutôt inquiet pour Hana.

Le garçon se retourna pour observer son amie qui se relevait, aidée par sa sœur. Louane lança un regard inquiet à Erica et bredouilla :

— On va rentrer chez nous pour soigner Hana.

— C'est bon. Je vais bien, affirma la cadette Barette.

— Non, tu es blessé ! rétorqua Louane.

— Ce n'est rien, assura la jeune fille.

Alors que l'aînée allait insister, l'équipe de pom-pom girls apparut dans le hall. L'entraînement devait être fini et les filles rentraient chez elles. En passant devant le petit groupe d'adolescents rassemblé autour de Hana, Clara eut un sourire suffisant et toisa les deux sœurs. Louane lui lança un regard assassin et siffla :

— Je vais la tuer.

Erica haussa un sourcil.

— Je sais qu'elle est horrible mais pour une fois, elle n'y est pour rien.

La brune secoua la tête et souffla :

— Ce n'est peut-être pas elle qui est venue frapper Hana, mais je suis sûre qu'elle a quelque chose à voir dans cette histoire.

# #

Les garçons avaient rejoint les filles peu après le passage de Clara. Ils s'étaient dépêchés de se changer, devinant que le départ précipité de leurs amies était survenu à cause d'un événement grave. Matt fut le premier à rejoindre le petit groupe, suivi de près par Stiles et Scott.

— Ca va ? s'inquiéta le photographe en voyant l'état de Hana.

La jeune fille grimaça pour signaler que ce n'était rien de grave mais Louane demanda à l'adolescent s'il voulait bien les ramener tout de suite chez elles, afin que sa sœur soit rapidement soignée. Matt accepta et ils se dirigèrent tous les trois vers le parking, tandis que les derniers garçons arrivaient.

Allison résuma rapidement ce qu'il s'était passé et les amis de Hana s'en allèrent de leur côté, laissant la meute discuter de ce qu'il s'était passé.

— Vous pensez que cet homme était un Nettoyeur et qu'il s'en est pris à Hana parce qu'elle fait partie d'une famille de Protecteurs ? demanda Jackson.

— C'est probable, mais pour quelle raison aurait-il voulu faire du mal à Hana ? s'interrogea Isaac.

— Et si cette agression visait plutôt Louane ? supposa Lydia.

Les regards se tournèrent vers la rousse.

— Tu veux dire qu'on aurait attaqué Hana pour intimider sa sœur ? lança Scott.

— Ca se tient, reprit Stiles. Après tout, au début, Clara prenait Louane à part pour lui faire comprendre qu'elle avait intérêt d'aller mettre son nez ailleurs que dans les affaires des Nettoyeurs.

— Sauf que maintenant, on est tout le temps avec elle pour la protéger. Ce serait donc logique de s'en prendre à sa sœur pour lui faire passer le message, conclut Danny.

Les adolescents restèrent silencieux, le temps d'intégrer parfaitement les informations qu'ils avaient. Puis, Allison se tourna vers Stiles :

— Tu te charges d'en parler à Derek ? Je pense qu'il aura envie d'être informé de ce qu'il s'est passé.

Le garçon hocha la tête et la meute ne tarda pas à se séparer. Isaac accompagna Erica jusqu'à la voiture de Dimitri, qui était venu chercher la jeune fille. L'adolescent attendait sa copine, assis sur le capot de son véhicule, et ouvrit les bras pour que la blonde puisse se jeter à son cou.

— Ta journée s'est bien passée ? demanda le garçon brun en embrassant Erica sur le front.

— C'était long sans toi, mais sinon, ça a été, annonça la jeune fille.

Dimitri tendit la main pour serrer celle d'Isaac. Le loup garou plissa les yeux et observa l'adolescent. Sa tête lui rappelait quelqu'un mais il n'arrivait pas à savoir qui. Le garçon chercha un moment à remettre un nom sur ce visage mais il ne réussit pas à trouver d'où lui venait cette sensation de déjà-vu.

Isaac écouta distraitement la conversation que tenaient les amoureux et leur fit un signe de la main quand ils montèrent dans la voiture pour s'éloigner. Le loup garou finit par se diriger vers le centre d'accueil pour jeunes pour rentrer chez lui, les mains dans les poches, cette désagréable impression d'avoir déjà vu Dimitri quelque part flottant toujours dans son esprit.

# #

Stiles avait posé la tête sur les genoux de Derek. Ils étaient tous les deux allongés sur l'herbe devant le manoir pour profiter du soleil et même si le vent rafraichissait le fond de l'air, ils étaient bien installés. L'alpha caressait distraitement les cheveux de l'adolescent qui lui avait raconté l'incident qui avait eu lieu en fin de journée.

— T'en penses quoi ? finit par demander le garçon qui attendait la réaction de son amoureux.

— Je pense que vous en êtes arrivés vous-mêmes aux bonnes conclusions, annonça le loup garou. Les Nettoyeurs ne pouvaient plus s'en prendre à Louane parce que nous la surveillons, donc ils ont décidé de s'en prendre à Hana pour lui faire comprendre qu'elle se mêlait de ce qui ne la regardait pas.

— Mais pourquoi maintenant ? insista Stiles.

— Je ne sais pas. Peut-être que les Protecteurs ont mis les bâtons dans les roues des Nettoyeurs récemment et ces derniers ont décidé de s'en prendre aux membres les plus faibles pour …

Derek laissa sa phrase en suspens et l'adolescent fronça les sourcils.

— Pour faire quoi ?

L'alpha se passa la langue sur les lèvres avant de lâcher.

— Tu te souviens du soir de la Saint Valentin et des trois personnes qui m'ont lancé la fumée d'aconit ?

Le garçon ne répondit pas. Il n'était pas prêt d'oublier cette soirée catastrophique.

— Ils m'ont dit que je ne devais pas me mêler de leurs affaires et qu'il n'en avait qu'après une seule personne, rappela le loup garou sans se formaliser du silence de son amoureux. Sur le coup, je n'ai pas très bien saisi le sens de leurs paroles.

Derek baissa les yeux pour croiser le regard de Stiles.

— Et si la personne après qui ils en avaient été Louane ?

L'adolescent écarquilla les yeux pendant que l'alpha poursuivait son explication :

— Peut-être que le fait que l'on protège Louane de Clara nous place comme des ennemis pour les Nettoyeurs ? Si j'ai bien compris, elle a un contrat à protéger que Clara ou l'un des siens doit éliminer. En la surveillant, on se range dans le camp des Protecteurs, ce qui peut contrarier les Nettoyeurs.

— Du coup, tu voudrais qu'on arrête de la protéger ?

Stiles avait froncé les sourcils et le loup garou secoua la tête :

— Non, je n'ai pas dit ça. Même si je pense qu'elle nous attire plus d'ennuis qu'autre chose, je pense qu'il faut continuer de la surveiller. Elle pourrait nous être utile plus tard.

— On la protège juste parce qu'elle nous est utile ? releva l'adolescent.

— Tu vois une autre raison ?

Le garçon haussa les épaules.

— Moi, j'ai envie de la protéger parce que c'est mon amie.

— C'est peut-être ton amie, mais ce n'est pas la mienne.

Alors que son amoureux allait protester, Derek lui posa un doigt sur les lèvres :

— Vous êtes tous sous ma responsabilité. Vous êtes ma meute mais vous êtes aussi ma famille. J'ai des sentiments affectifs pour vous tous. Et toi, je t'aime, Stiles. Mais Louane, je ne la connais pas. C'est votre amie, mais elle ne fait pas partie de ma meute. Je la surveille parce qu'elle peut me permettre de vous défendre. Mais si jamais elle devait s'avérer être un danger pour nous, je n'hésiterai pas à vous interdire de la fréquenter. Et je ne prendrai pas le risque qu'il vous arrive quelque chose. Surtout pas à toi.

Stiles fit la moue et l'alpha lui caressa tendrement le visage.

— Je sais que ça peut être compliqué à admettre mais tu vas devoir l'accepter. On ne peut pas protéger tout le monde. Et Louane sait très bien qu'elle mène une vie dangereuse. Elle l'a accepté, à elle d'en assumer les conséquences.

L'adolescent ne répondit pas. Il n'était pas vraiment d'accord avec le loup garou. D'après ce que la jeune fille avait dit, le garçon avait plutôt l'impression qu'on ne lui avait pas laissé le choix d'être Protectrice ou non. Mais il n'avait pas envie de se disputer avec Derek. Stiles se contenta donc de se taire et ferma les yeux pour mieux apprécier les caresses de l'alpha dans ses cheveux.

# #

Louane frappa doucement à la porte de la chambre de Hana. Elle entra et rejoignit sa sœur allongée dans le lit.

— Ca va ? s'enquit l'aînée en observant le visage de sa cadette.

— Ouais, grommela la jeune fille. J'en ai vu d'autres. Par contre, j'ai peur de sa réaction.

Louane déglutit et haussa les épaules.

— De toute façon, on ne peut rien y faire. On ne peut qu'attendre qu'il rentre et qu'il voit le résultat.

Hana soupira et croisa les bras devant sa poitrine.

— Tu penses qu'on va devoir participer à la traque de ce soir ?

— Toi, peut-être pas. Mais moi, je ne vais pas pouvoir y couper. Il va vouloir à tout prix te venger et il va m'envoyer en première ligne.

La cadette leva les yeux au ciel et sa sœur murmura :

— Désolée de ne pas avoir pu te protéger.

— Tu n'y es pour rien, déclara Hana. On s'était mises d'accord pour avoir chacune nos amis. Toi, tu en as trouvé qui peuvent te protéger et je suis bien contente de te savoir à l'abri.

— Mais je ne veux pas qu'on te fasse du mal, protesta Louane. Reste avec nous.

— On ne pourra pas rester toute notre vie ensemble. Il va bien falloir que j'apprenne à me débrouiller toute seule un jour ou l'autre.

L'aînée secoua la tête.

— Je déteste quand tu es blessée.

— Je sais. Je n'aime pas non plus quand il t'arrive quelque chose.

Les deux adolescentes échangèrent un long regard et sursautèrent en entendant la voix de leur père résonner au rez-de-chaussée.

— Les filles ! Venez à table.

Alors que Louane se levait pour descendre, sa sœur la rappela.

— Tu sais, quand l'homme m'a frappé … Avant de partir, il m'a laissé un message.

La plus âgée des deux fronça les sourcils.

— Un message ?

Hana fit la grimace et sortit un petit rectangle de carton de sa poche.

— Je ne voulais pas en parler devant tout le monde mais … Il m'a laissé ça.

Louane attrapa le morceau de carton et lut ce qui était écrit dessus :

« Nous avons mis les parents à terre. A quand le tour des enfants ? »

La brune retint son souffle pendant que sa sœur lâchait :

— Je crois que tout recommence comme avant …