Bonjour à tou(te)s !

J'espère que vous allez bien.

Comme toujours, je commence par remercier très, très, TREEEEEEEEEEES chaleureusement l'ensemble de mes revieweurs/euses d'amour ainsi ceux qui font des ajouts en fav/alertes. :)

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RàRs anonymes :

Guest : Tu as parfaitement raison de dire que Drago a « carrément abusé ». Je pense que l'on sait qu'il n'est jamais bon de le surprendre d'une quelconque manière que ce soit mais là, il a terriblement mal géré sa réaction. Il n'a rien cherché à comprendre et, l'alcool aidant, s'en est pris à la première personne qui lui tombait sous la main : Hermione. Ce qui n'a absolument pas plu au jeune Scorpius. Je suis d'ailleurs ravie que tu adhères à sa réaction et que tu comprennes celle de notre Gryffondor. Hermione est furieuse mais surtout extrêmement déçue par Drago. Alors la situation s'arrangera-t-elle ? Suspens, suspens !

Comme toujours, je te remercie très chaleureusement pour ta prompte review et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira. Bisous et excellente semaine à toi également ! :)

Bellasidious : Je suis ravie que mon chapitre t'ait « scotchée » ! :) Drago est effectivement un bel idiot et je comprends totalement que tu puisses avoir envie de le gifler au vu de son comportement. ^^ Tu es impatience de savoir comment il parviendra à se faire pardonner ? Ah mais encore faudrait-il qu'Hermione soit disposée à le pardonner ! Alors… à voir ! ^^

Je te remercie pour ton magnifique compliment sur mon écriture. Cela me fait immensément plaisir que tu l'apprécies autant. :)

Concernant ta récompense revieweutique, on peut parfaitement transformer le dîner aux chandelles en gouter tout mignon autour d'une gaufre au chocolat avec Scorpinou ! Il n'y a aucun souci. Scorpius est d'ailleurs « méga giga trop content » que tu adores son personnage. Il te fait un bisou en attendant votre gouter.

Quant à moi, je te remercie mille fois pour ta nouvelle super review de la mort qui tue. Je te fais plein de bisous, te souhaite une excellente semaine également et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira !

PS : tu n'as pas à me remercier de quoique ce soit ! C'est moi qui te remercie de lire, d'apprécier et de reviewer avec autant d'enthousiasme mon histoire. :)

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Je n'ai pas d'annonce particulière à vous faire cette semaine alors je vous laisse dès à présent avec le nouveau chapitre. :)

Y a-t-il un espoir pour qu'Hermione pardonne Drago ? Et si oui, le ferait-elle ? Hermione sera-t-elle effectivement en mesure d'aider Narcissa ? Que de questions dont je vous propose de découvrir les réponses (quoique finalement, peut-être pas… Ou peut-être que si… Suspens !) avec ce nouveau chapitre.

Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis à tout à l'heure avec la note de fin. :)

Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 43 : La jalousie est un très vilain défaut, Drago Malefoy !

Accoudé devant son café, Drago baillait aux corneilles. Hanté par de terribles cauchemars, il n'avait que très peu dormi cette nuit-là. Il avait même fini par quitter son lit vers quatre heures du matin, agacé et épuisé. Il s'était alors plongé dans un bon bain et n'en était pas sorti, tentant de terminer sa nuit comme il le pouvait, jusqu'à ce que son réveil ne se mette à sonner depuis sa chambre.

Voilà donc pourquoi, à seulement treize heures en ce lundi après-midi, il ne rêvait qu'à une chose : un bon lit dans lequel il pourrait dormir un peu. Quoique, non, après rectification il rêvait plutôt d'un bon lit, avec Granger dedans et dans lequel il pourrait dormir un peu, après lui avoir fait l'amour.

Drago soupira longuement. Il détourna ses pensées de celle qu'il espérait toujours voir redevenir son amante pour se concentrer sur la deuxième des trois personnes auxquelles il pensait constamment depuis quelques jours : son fils, Scorpius. Maintenant que l'enfant était retourné à Poudlard et qu'il avait eu le temps de cogiter un peu plus longtemps, Drago en était venu à se poser beaucoup de questions. Aurait-il dû réprimander son fils pour son comportement et la façon dont il s'était adressé à lui ? « Assurément ! », répondit une partie de son cerveau. Après tout, il n'avait jamais admis que quiconque hausse la voix face à lui et ce n'était certainement pas parce qu'il s'agissait de son fils qu'il devait lui accorder un traitement de faveur, bien au contraire. Oui, mais voilà… Scorpius ne lui avait jamais parlé de cette façon. Jamais en onze ans et demi il ne s'était adressé à lui avec autant d'irrespect et Drago avait été tellement surpris, honteux et blessé par ses paroles qu'il avait tout bonnement été incapable de répliquer quoique ce soit. Par la suite, et à la demande de sa mère, il avait discuté avec son fils et s'était excusé mais l'enfant n'avait pas eu l'air de le pardonner et avait continué à adopter une attitude condescendante à son égard. Drago l'aurait certainement repris très durement en d'autres circonstances… mais son esprit avait été tellement obsédé par Granger et son besoin de s'excuser et de la ramener auprès de lui qu'il avait momentanément mit son devoir de père de côté. En fait, à présent qu'il repensait à tout ce qu'il s'était passé depuis ces trois derniers jours, Drago avait l'impression de ne jamais s'être senti aussi désorienté de sa vie. Il avait le sentiment que tout se déroulait malgré lui et qu'il n'avait absolument aucune emprise sur les événements. La maladie de sa mère, son fils qui semblait le détester et Granger qui l'avait, de toute évidence, quitté bien qu'ils n'aient jamais été réellement ensemble…

S'il n'avait pas été celui qu'il était, Drago se serait certainement dit qu'il était un tout petit peu de mauvaise foi car, après tout, même si la maladie de Narcissa n'avait rien à voir avec ses propres agissements, ce n'était certainement pas le cas des deux autres situations… Mais Drago était bien trop irrité, frustré et atteint dans sa fierté pour admettre une telle chose. Aussi se contenta-t-il de boire son café avant de se replonger dans son travail et de se rendre à Sainte Mangouste, à dix-huit heures tapantes, ne sachant absolument pas quoi faire de plus pour reconquérir Hermione Granger et la ramener dans son lit comme il en avait pourtant terriblement envie…

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Assez paradoxalement, Hermione se sentait très bien en ce lundi matin. Attablée devant son café, un petit pain grillé dans une main et La Gazette du Sorcier dans l'autre, la jeune femme se sentait fraîche et dispose pour affronter sa journée. Elle salua Harry, lui donna le journal et termina de petit-déjeuner tranquillement. Comme à chaque fois qu'elle ne pensait pas à quelque chose de spécifique depuis ces trois derniers jours, l'image de Malefoy s'insinua dans son esprit. Mais, contrairement à la veille et l'avant-veille, ce ne fut pas une moue attristée qui se peignit sur son visage mais plutôt un petit sourire mutin.

- Ça va Hermione ? lui demanda Harry en haussant un sourcil, visiblement étonné de la voir afficher une mine sournoise.

- Parfaitement bien, répondit-elle avec entrain et sans se départir de son sourire.

Harry haussa les épaules comme pour signifier un « si tu le dis » avant de se replonger dans sa lecture. Ginny arriva sur ses entrefaites, sa fille dans les bras.

- Albus n'est pas réveillé ?

- Non, répondit son mari en prenant sa « petite princesse », comme il l'appelait.

Ils bavardèrent quelques minutes puis Hermione remonta pour se brosser les dents, attraper son sac à main et enfiler son manteau. Elle se regarda dans le miroir de la chambre d'ami qu'elle occupait et son sourire réapparut. Ce jour-là, elle allait revoir Malefoy et elle était bien décidée à lui faire « payer » l'attitude qu'il avait eu à son égard. Hermione avait bien vu la lueur de colère qui était passée dans ses prunelles grises, la veille, lorsqu'elle s'était soustraite à sa compagnie pour rentrer chez Harry. Elle se souvenait également de la façon malhabile dont il s'était « excusé » ou avait plutôt tenté de s'excuser, et de la faire revenir chez elle. Et, après une bonne nuit de sommeil, Hermione en était arrivée à la conclusion qu'il regrettait réellement ses propos. Peut-être les pensait-il, cela elle ne pouvait le dire, mais elle était presque certaine qu'il regrettait de lui avoir dit ces choses de cette façon. Elle connaissait par ailleurs un minimum Malefoy et savait parfaitement qu'il n'avait jamais été doué pour présenter ses excuses. La lettre qu'il lui avait un jour écrite et qu'elle avait qualifiée de « digne d'un enfant de dix ans » en était la preuve accablante.

Alors plutôt que de se morfondre et d'attendre inlassablement des excuses dignes de ce nom, la jeune femme avait opté pour une autre stratégie. Une stratégie qui consistait tout simplement à lui faire « payer » son comportement. Hermione, elle, savait que s'il y avait une chose que Drago Malefoy exécrait plus que toute autre, c'était qu'on ne lui accorde aucune attention. Aussi, la jeune femme avait-elle décidé de l'ignorer superbement lorsqu'elle se rendrait à son rendez-vous avec sa nouvelle patiente, Narcissa Malefoy, et le fils de cette dernière.

Oui, ce « plan » relevait assurément d'un véritable Serpentard en pleine puberté mais Malefoy lui-même ne lui avait-il pas assuré qu'elle était digne d'y d'entrer ? Il le lui avait si souvent répété pendant qu'ils « couchaient ensemble » … Alors si même le « Prince » de cette maison le disait, c'est que cela devait être vrai et la Gryffondor comptait bien mettre toutes ses nouvelles compétences au service de son plan consistant à ce que Malefoy lui présente, enfin, de réelles excuses, à défaut de quoi elle romprait définitivement les liens entre eux. Le Serpentard avait très certainement l'habitude de se faire manger dans la main par les « autres femmes » et à ce qu'elles acquiescent à tout ce qu'il pouvait dire, mais il était grand temps qu'il comprenne qu'elle n'était justement pas comme « toutes les autres femmes ».

OoOoOoO

- Mrs Malefoy ! l'accueillit Hermione en s'avançant vers la sorcière, assise dans un fauteuil flottant. (1)

Narcissa la salua en retour avant de serrer la main que la jeune femme lui tendait. Hermione ne put manquer Malefoy qui se tenait à la droite de sa mère mais, comme elle se l'était promis, l'ignora superbement. Ce qui sembla l'irriter profondément tandis qu'elle-même retenait un léger ricanement…

- Bien, Mrs Malefoy, veuillez me suivre s'il-vous-plaît, nous allons commencer, annonça la jeune femme en mettant les mains dans les proches de sa blouse de Médicomage, gracieusement prêtée par l'une de ses anciennes collègues.

- Attends-moi ici, dit Narcissa à l'adresse de son fils.

- Mais Mère…

- Je n'ai pas besoin de toi le temps que Miss Granger m'ausculte ! siffla sa mère, soudainement agacée. Tu pourras venir lorsqu'elle aura terminé.

Hermione se retourna afin de cacher son hilarité de voir Drago Malefoy se faire remettre à sa place par sa mère… Décidément, le pauvre se faisait rabrouer par tout son entourage depuis quelques jours… « Le pauvre » ? Non. Tout était de sa faute, comme lui avait si bien fait comprendre Scorpius. Il méritait donc ce qui lui arrivait.

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- Comment allez-vous, Mrs Malefoy ? demanda Hermione en préparant la table sur laquelle elle allait examiner sa nouvelle patiente.

- Ni mieux ni moins bien qu'hier, répondit laconiquement la blonde.

Hermione hocha la tête avant de venir s'asseoir derrière son bureau.

- Je vous explique ce qu'il va se passer. Je vais vous inspecter à l'aide d'un sortilège et d'une table médicomagique spécialisée ce qui va me permettre de confirmer ou non ma théorie. Ensuite, il vous faudra rester ici quelques jours – je pense que trois seront entièrement suffisants – durant lesquels les Guérisseurs vous soumettront à plusieurs tests. Ces tests ont pour objectif de mettre au point la potion curative qui vous débarrassera du mal dont vous souffrez. Ainsi, les Guérisseurs vous feront boire ou vous injecteront des substituts magiques d'ingrédients susceptibles d'entrer dans la composition du traitement. Le but de ce procédé est de constater la réaction que ces palliatifs auront sur la maladie. Cela peut sembler dangereux mais je vous assure que ce ne l'est pas. Ça pourra être avilissant dans certains cas, mais sans danger. Les substituts ne seront injectés qu'en infime quantité et, comme il ne s'agit pas d'ingrédients à proprement parler, ils n'auront pas de réels effets au-delà de ceux qui se produiront dans les quelques minutes qui suivront leur absorption.

Hermione se tut afin de reprendre sa respiration puis lui demanda si elle avait compris.

- Je crois… répondit la blonde en lui jetant un étrange regard.

- Bien. Interrompez-moi, ou n'importe lequel des Médicomages qui s'occupera de vous, si vous avez des questions. Nous allons à présent passer à l'auscultation mais avant cela, j'ai besoin de savoir si votre fils a pu entrer en contact avec Mr Zabini.

- Oui, assura la mère de Malefoy. Il m'a annoncé hier que Mr Zabini était prêt à apporter toute l'aide dont vous auriez besoin pour créer la potion.

- Bien, opina Hermione.

Elle se leva puis aida Narcissa à se hisser sur la table. Cette dernière s'illumina automatiquement au contact du corps de la malade.

- J'aurais besoin que vous ôtiez tous vos bijoux pour ne pas faire d'interférences.

Elle s'exécuta, déposant bagues, colliers, boucles d'oreilles et broche dans le petit récipient que lui tendit Hermione. Cette dernière alla déposer les effets de sa patiente un peu plus loin puis sortit sa baguette de sa poche.

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L'examen dura près d'une heure, Hermione inspectant tout d'abord les jambes de la malade avant de remonter le long de la colonne vertébrale puis son cerveau où elle passa de très longues minutes à agrandir et observer les images que lui renvoyait sa baguette magique.

- Bien Mrs Malefoy. L'examen est terminé, vous pouvez vous relever, l'informa Hermione.

Elle lui rendit ses bijoux puis l'aida à se rasseoir dans son fauteuil flottant.

- Souhaitez-vous que je fasse entrer votre fils avant de vous faire part de mon diagnostic ?

Narcissa poussa un léger soupire.

- Il voudra savoir de toute façon, alors évitons-nous une nouvelle crise de sa part et faites-le entrer s'il-vous-plaît, dit-elle en adressant un sourire presque complice à Hermione.

Cette dernière le lui retourna puis alla ouvrir la porte. Malefoy était assis sur une chaise juste en face de son bureau et se leva d'un bond. Hermione ne prononça pas le moindre mot et s'effaça de devant la porte pour lui faire comprendre qu'il pouvait entrer.

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Hermione et Malefoy s'assirent puis la Gryffondor prit la parole, dardant son regard uniquement sur sa patiente.

- Les résultats concordent parfaitement avec ce que j'ai pu vous dire concernant votre maladie, Mrs Malefoy. Ce qui est une excellente nouvelle puisque, comme j'ai pu vous en faire mention, je vais être en mesure de mettre au point une potion pour l'éradiquer complètement.

En face d'elle, les deux Malefoy poussèrent, de concert, un soupir de soulagement à peine voilé.

- Merci, Miss Granger.

- Ne me remerciez pas toute de suite, vous aurez tout le temps de le faire une fois guérie, sourit la jeune femme.

La blonde hocha la tête, un sourire aux lèvres.

- Je vais bien entendu avoir besoin de Mr Zabini… commença Hermione.

- Quand veux-tu qu'il vienne ? la coupa Malefoy avec fougue.

Hermione tourna lentement la tête vers lui.

- Eh bien… le plus tôt serait le mieux. Les Guérisseurs commenceront les injections dès demain matin alors j'espérais qu'il puisse être là demain en fin d'après-midi…

- Il sera là, assura le Serpentard d'une voix sans appel.

- Bien, se contenta de répondre Hermione avant de reposer son regard sur sa patiente.

- Avez-vous des questions ?

- Non.

- Parfait. Je vais appeler une infirmière qui vous conduira jusqu'à votre chambre. Ne vous inquiétez surtout pas, comme je vous l'ai dit, tout est absolument sans risque pour vous.

Narcissa acquiesça.

- J'arriverai aux alentours de dix-huit heures et, si Mr Zabini a pu se libérer, nous commencerons à nous atteler à la préparation du traitement.

Nouveau hochement de tête. Hermione se leva alors, contourna son bureau et tendit une main vers elle.

- Eh bien dans ce cas, à demain, Mrs Malefoy.

- A demain, Miss Granger, la salua-t-elle très poliment en lui serrant la main.

La Gryffondor alla leur ouvrir la porte et ne fit absolument aucun mouvement en direction de son ex-amant. Une fois dans le couloir, elle interpella une infirmière et lui demanda de conduire sa nouvelle patiente vers sa chambre.

- Vous êtes logée dans la chambre mille deux-cent quarante, veuillez me suivre Madame.

Narcissa jeta un coup d'œil à son fils qui lui fit signe qu'il la rejoindrait et Hermione sentit les problèmes arriver au triple galop. Elle fit cependant comme si elle n'avait rien vu et se redirigea tout naturellement vers son bureau.

- Je peux te parler ? demanda Malefoy alors qu'elle allait refermer la porte.

- Non, répondit simplement Hermione, sans réelle animosité.

- Granger… fit-il d'une voix faussement menaçante.

- Je ne veux pas te parler, Malefoy. Premièrement parce que je ne vois pas ce que tu pourrais me dire de plus. Deuxièmement car les Potter ont promis de m'attendre pour le dîner et que je ne veux pas les faire patienter davantage. Et troisièmement car tu devrais aller retrouver ta mère.

Tout le temps qu'avait duré son énumération, Hermione s'était débarrassé de sa blouse de Médicomage, avait enfilé son manteau, son écharpe, était ressortie de son bureau et fermait actuellement ce dernier à clé. Ainsi, Malefoy n'eut même pas le temps de répondre quoique ce soit qu'elle s'éloignait déjà dans le couloir.

OoOoOoO

- Merci Susan, dit Hermione en attrapant le dossier médicomagique que lui tendait sa collègue.

Elle y jeta un rapide coup d'œil puis le referma.

- As-tu vu Mr Zabini ? demanda-t-elle.

- Il est dans la chambre de la patiente. Son fils est également ici, ajouta la Guérisseuse en rougissant quelque peu.

Hermione haussa un sourcil mais ne commenta pas. Elle la remercia une nouvelle fois puis prit la direction de la chambre mille deux-cent quarante.

Elle toqua à la porte puis entra.

- Et voici venir la Médicomage de l'année ! s'exclama Blaise Zabini en l'accueillant avec un immense sourire.

Hermione fut un peu surprise par autant de fougue mais après tout… il s'agissait de Zabini alors elle ne chercha pas à comprendre. De même qu'elle n'eut absolument aucune réaction lorsqu'il s'approcha d'elle pour l'embrasser sur les deux joues. Elle rosit légèrement tandis que Malefoy posait un regard indéchiffrable sur son meilleur ami. Un silence gêné et gênant tomba sur la pièce que la jeune femme s'empressa de briser en allant saluer sa patiente.

- Bonjour Mrs Malefoy, comment allez-vous ?

- Plutôt bien en considération de l'état dans lequel vos « substituts » m'ont parfois mise, répondit-elle d'une voix glaciale.

Hermione afficha une moue d'excuse.

- Je sais… Mais je n'ai pas d'autre choix que d'agir ainsi, je suis désolée.

- Hum, j'espère au moins que cela aura servi à quelque chose.

- Je vous assure que c'est le cas, affirma la Gryffondor. Malheureusement, nous devons encore poursuivre nos recherches. Le point positif, ajouta la jeune femme en avisant le regard mi-furibond mi-désespéré qu'elle lui adressa, est que nous avons pu éliminer beaucoup d'ingrédients qui ont eu un mauvais effet sur vous et que nous sommes parvenus à trouver deux composants que nous pourrons utiliser dans la potion.

- Bien.

- Je peux voir le dossier ? demanda alors Zabini.

- Bien sûr, tiens.

Hermione le lui tendit et il l'attrapa, lui touchant largement la main au cours du processus. La Gryffondor se statufia mais Zabini se plongea dans sa lecture, comme si rien ne s'était passé. Il renferma le dossier deux minutes plus tard, un grand sourire aux lèvres.

- Alors Granger, prête à tester tes talents de potionniste amateure ?

- Amateure ? Je te rappelle que j'ai toujours été la meilleure de notre promotion, le contra la jeune femme en souriant à son tour.

- Hum… fit-il semblant de réfléchir. Désolé de te contredire, Grangie, mais je crois que Potter était le meilleur de notre promotion une année… C'était quand déjà, Drago ? fit-il en se tournant vers son meilleur ami.

- Sixième année, répondit le Serpentard d'une voix d'où aucune note d'humour ne perçait.

- C'est ça !

Hermione leva les yeux au ciel.

- Ils ont un labo de potions dans les sous-sols. Et d'ailleurs, où sont tes produits ? demanda Hermione en remarquant que Zabini était plus ou moins venu les mains dans les poches.

- Détends-toi, Grangie ! Tout est déjà en bas.

La jeune femme opina, ne préférant pas argumenter sur le merveilleux surnom dont il venait de l'affubler…

Ils saluèrent Mrs Malefoy puis quittèrent sa chambre afin qu'elle se repose.

- Tu viens avec nous Drago ? se renseigna Blaise.

Hermione le vit poser presque imperceptiblement les yeux sur elle avant d'acquiescer. La jeune femme prit alors la tête de leur petit groupe et insista pour descendre par les escaliers pendant que les deux Serpentard entraient dans la cage d'ascenseur.

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Elle les retrouva au sous-sol et, cette fois-ci, ce fut Zabini qui les conduisit jusqu'à la salle dans laquelle il s'était installé. Ils pénétrèrent tous trois dans une large pièce où des chaudrons de toutes tailles et de toutes fabriques étaient disposés sur de larges paillasses. Hermione suivit Zabini jusqu'à celle qu'il s'était approprié. Il se retourna alors vers elle, son sourire jovial ayant à présent totalement disparu. Ses traits s'étaient tendus et il arborait un visage soucieux. La jeune femme n'en fut pas surprise, il était très certainement arrivé aux mêmes conclusions qu'elle, à peine avait-il posé les yeux sur les résultats des tests auxquels avait été soumise Narcissa Malefoy.

- Tu as vu pour… commença-t-il alors.

- La Corne de Bicorne ? Oui… Je ne sais pas comment on va faire. On n'a pas le temps, son état va se détériorer rapidement si…

- Eh ! De quoi vous parlez ?! les coupa Malefoy, tout à coup très inquiet.

Blaise jeta un coup d'œil à Hermione qui lui fit signe de prendre la parole. Il ne commenta pas mais se tourna plutôt vers son meilleur ami.

- Ta mère a très bien réagi à un ingrédient. Le problème c'est qu'il nécessite près d'un mois de cuisson…

Malefoy sembla intégrer l'information puis son visage se contracta brusquement.

- Mais dans un mois…

- Ta mère sera paralysée presque entièrement, oui, termina Blaise à sa place.

- Merlin, c'est pas possible ! Mais vous allez faire quelque chose, hein ?! Toi tu es le meilleur maîtres des potions que je connaisse, fit-il en regardant Zabini. Et toi, toi tu es la femme la plus intelligente de la planète, ajouta-t-il en posant ses yeux sur Hermione. Alors vous allez trouver quelque chose !

Les deux autres gardèrent le silence.

- Eh oh ! On parle de ma mère, là ! Il est hors de question que…

- Drago, calme-toi mon vieux, tenta de l'apaiser Blaise en posant une main sur son épaule.

- Que je me calme ? Non mais j'espère que tu te fous de ma gueule, Zabini ! Tu me fais plus ou moins comprendre que ma mère va être paralysée avant d'avoir reçu la potion et tu me demande de me calmer ?! explosa-t-il.

Une lueur démente brillait dans son regard et il s'était vivement rapproché d'eux.

- Drago…

- Ta gueule ! hurla le blond à l'adresse de son meilleur ami. Pour une fois dans ta vie, Zabini, FERME TA GUEULE !

Il quitta brusquement la pièce sur ces mots. Il était dans une rage telle que la porte faillit se décrocher de ses gonds lorsqu'il la claqua. Hermione était tétanisée et regardait la porte, presque apeurée. A ses côtés, Zabini soupira.

- Eh bien je crois qu'on ne le changera jamais. Bref… maintenant qu'il est parti, il faut que je te dise quelque chose, continua-t-il.

Il ne semblait pas particulièrement touché par le comportement de son ami et Hermione se tourna vers lui avec une lenteur démesurée. Elle avait l'impression de nager en plein rêve, ou plutôt en plein cauchemar. Comme elle restait silencieuse, trop choquée pour parler, il reprit la parole :

- Ecoute, mes associés et moi-même travaillons depuis quelques années sur un projet. C'est une potion qui permettrait, justement, de réduire de moitié la durée de cuisson d'autres potions.

- Mais… mais c'est génial ! s'exclama la jeune femme, pleine d'espoir à nouveau.

- Oui… Le problème c'est qu'on en est encore qu'au stade des expérimentations. Un filtre sur deux rate, nous ne savons pas pourquoi et même lorsqu'il réussit, il arrive parfois qu'il ne fasse pas effet sur l'ensemble des ingrédients de la potion… Autrement dit, il faut tout recommencer à zéro.

Hermione émit un « Oh ! » significatif et chacun se mura alors dans le silence. Mais la jeune femme sentait son esprit tourner à plein régime, analysant la situation sous tous les points de vue.

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- Écoute, reprit-elle finalement. Je pense qu'il faut qu'on essaie. De toute façon, nous n'avons rien à perdre. Il y a des crochets de serpent dans ta mixture ?

- Non, pourquoi ?

- Parce que Narcissa y a très mal réagi et je ne voudrais pas que, même en dose infime, cela interfère.

Il acquiesça et lui assura une nouvelle fois qu'il n'avait pas besoin de cet ingrédient.

- Ok alors tu vas préparer ta potion et, en parallèle, nous tenterons de mettre au point plusieurs versions de l'antidote destiné à la soigner. Combien de temps te faut-il pour la mettre au point ?

- Trois jours.

- Bien… Alors on va immédiatement lancer une cuisson de Corne de Bicorne associée à de la racine de gingembre puisqu'elle y a également bien réagi. Je lancerai demain un mélange sans Corne lorsque nous aurons les résultats des prochains tests pour voir si on peut faire sans.

Zabini resta silencieux quelques secondes, pesant de toute évidence le pour et le contre.

- Ok, ça me paraît raisonnable. Je vais aller chercher tout ce dont j'ai besoin au labo. Pendant ce temps, allume deux feux s'il-te-plaît.

Elle opina et il se dirigea vers la porte pour se rendre au point de transplanage.

- Oh et, Granger ? fit-il, la main sur la poignée.

- Oui ?

- N'en parle pas à Drago.

Hermione haussa un sourcil.

- C'est pas la peine de lui donner de faux espoirs maintenant.

La jeune femme songea que lorsqu'il l'apprendrait, le Serpentard serait furieux mais elle acquiesça tout de même.

OoOoOoO

- Bon, j'ai trouvé tous les ingrédients dont nous avions besoin, l'informa Zabini.

- Génial.

- J'en ai pris en grande quantité, au cas où.

Ils se placèrent chacun devant un chaudron et entamèrent leur mixture. Dix minutes plus tard, Blaise se tourna vers Hermione, qui le regardait œuvrer par-dessus son épaule, elle-même n'ayant plus rien à faire si ce n'était attendre…

- Voilà, je dois laisser le mélange infuser pendant vingt-quatre heures avant d'y ajouter de nouveaux ingrédients, expliqua-t-il en touillant une dernière fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

- C'est fascinant, avoua Hermione. Je n'ai que très rarement vu une potion nécessitant autant d'ingrédients…

- C'est justement ça qui en fait toute sa complexité. Tu te rates d'un cheveu sur une mesure et tu es bon pour tout recommencer. Ou subir des effets secondaires abominables…

Hermione ne fut absolument pas rassurée par ce qu'il disait et le lui fit clairement comprendre.

- Eh ! C'est toi qui voulait tenter le coup je te rappelle ! la taquina-t-il.

- Oui eh bien ce n'est pas comme si on avait vraiment le choix, rétorqua la jeune femme.

- Je sais…

Son ton était brusquement redevenu très sérieux.

- Ne t'inquiète pas Granger, je maîtrise.

- J'espère.

- Allez viens.

Il jeta un sortilège de protection sur leur travail puis attrapa son manteau. La Gryffondor en fit autant et le suivit. Lorsqu'elle passa la porte, elle repensa à Drago et son cœur se serra. Il lui avait semblé anéanti et elle s'inquiétait pour lui, malgré tout ce qu'il avait pu se passer.

- T'en fais pas, je vais aller m'assurer qu'il ne fasse pas de bêtise, dit alors Blaise en lui faisant un clin d'œil, suivant de toute évidence le cours de ses pensées.

Hermione rosit qu'il soit parvenu à lire aussi facilement en elle mais acquiesça tout de même.

- Tu sais, reprit-il sur le ton de la conversation. Je sais ce qu'il a fait…

Cette fois-ci, la jeune femme arrêta de marcher et lui lança un regard inquiet.

- Ce qu'il a fait ?

- Ouais, vendredi soir. Ce qu'il t'a dit et l'embrouille avec Scorp'…

Hermione haussa un sourcil, véritablement étonnée.

- Comment tu peux être au courant de ça ? demanda-t-elle.

Il partit d'un éclat de rire en la voyant aussi stupéfaite.

- Drago est mon meilleur ami, Granger, il m'en a parlé.

- Ah bon ?

- Oui, il est venu me voir samedi dans l'après-midi. C'est moi qui lui ait conseillé les roses…

- Ah… je vois…

Elle pinça les lèvres et il lui adressa un regard amusé.

- Scorpius m'a aussi écrit une lettre qui est arrivée ce matin.

Cette fois-ci, la jeune femme garda le silence.

- Il m'a appris ce que je savais déjà et a ajouté que je devais tout faire pour que son père reste – je cite – « loin des bouteilles d'alcool » et qu'il fallait qu'il – je cite de nouveau – « s'excuse convenablement » auprès de toi.

Hermione grogna.

- Comme tu dis, Granger… Ça fait vraiment beaucoup de responsabilités pesant sur ma petite personne !

Elle garda le silence.

- Tu sais, Hermione, Drago a déjà fait un gros effort en venant te voir l'autre jour.

La Gryffondor s'immobilisa à nouveau alors qu'ils s'apprêtaient à entrer dans l'ascenseur.

- Je te vois venir, Zabini. Tu vas me dire que je suis la méchante dans l'histoire et que je devrais pardonner ton meilleur ami…

- Alors là, tu n'y es pas du tout Grangie ! la coupa-t-il. Je trouve, au contraire, que tu fais bien de ne pas lui céder aussi facilement.

Hermione écarquilla les yeux.

- Tu sais, on lui a toujours mangé dans le creux de la main, il a besoin de quelqu'un qui lui tienne tête. Et puis ça ne t'aurait absolument pas ressemblé de lui pardonner ! ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.

Elle ne savait pas pourquoi mais Hermione ressentit le besoin de se confier, alors c'est ce qu'elle fit et tant pis pour les conséquences.

- Je ne dis pas que je ne lui pardonnerai jamais mais… j'ai besoin de…

- Temps.

- Oui et aussi qu'il me fasse de réelles excuses. Je veux dire… ce qu'il m'a dit m'a profondément blessée et je ne peux pas lui pardonner s'il ne me prouve pas qu'il essaie véritablement de se racheter une conduite, expliqua-t-elle.

- Comme je te l'ai dit, il a déjà fait un effort en venant te voir mais je comprends ton point de vue. Pourtant, tu dois savoir que Drago ne fera pas plus de lui-même.

Hermione leva les yeux au ciel.

- Il a trente ans, je ne vais pas lui envoyer une lettre écrite en majuscules en lui expliquant que j'attends de vraies excuses et pas… pas cet espèce de comportement qu'il a en ce moment ! s'agaça la Gryffondor.

Zabini fut pris d'un léger ricanement.

- Quoi ?

- Rien, rien…

- Zabini… menaça Hermione.

- Ok, ok ! Je me disais juste que vous deux, au lit, ça devait faire des étincelles !

Pour la troisième fois, elle pila si bien qu'on manqua de lui rentrer dedans.

- Tu peux me dire ce qui, dans notre conversation, t'as conduit à penser à ça ? demanda-t-elle en lui lançant un regard mi-dégoûté mi-amusé.

- Rien.

Hermione ouvrit la bouche pour répliquer mais il reprit la parole.

- Ecoute, je comprends ce que tu attends et je vais être franc avec toi : tu ne l'obtiendras pas. Tout au moins, pas tant que tu n'auras rien fait pour…

- Zabini, je t'ai déjà dit qu'il était hors de question que…

- Je sais, Granger ! Merlin, il faut que tu te détendes ! Tu veux que je t'aide ? proposa-t-il en lui lançant un regard lubrique.

- Non merci, ça ira, répondit-elle, dédaigneuse.

- Ok, ok, je proposais, c'est tout. Bref, écoute-moi et ne me coupe pas ! Drago pense qu'il est très complexe à comprendre, etc. Et que rien ne l'atteint. Mais Drago a un gros défaut…

- Un seul ? J'avais plutôt l'impression que…

- Tu ne peux pas t'en empêcher, hein ?

- Pas vraiment, répondit-elle en souriant presque.

- Ouais bon, essaye de te contrôler ! Je disais donc que Drago à, entre autres, un gros défaut qui est sa jalousie.

- Oui et… ? demanda Hermione qui ne voyait pas où il voulait en venir.

- Et tu dois le rendre jaloux si tu veux qu'il se bouge le… et qu'il prenne enfin conscience de ce qu'il perd.

- Jaloux ? répéta la jeune femme. Mais comment veux-tu que je le rende jaloux ? Je ne le vois plus et, crois-moi, je ne vais pas aller draguer un autre homme tout ça pour que Monsieur prenne conscience de je ne sais quoi, rétorqua Hermione en croisant les bras sur sa poitrine.

- Bordel ! Vous êtes pareils tous les deux ! Deux gamins bornés et fiers comme des paons !

Hermione grinça des dents mais ne répondit rien.

- Je ne te demande pas d'aller draguer un autre homme, Granger.

- Ah oui, alors que dois-je faire ?

- Rien du tout, tu laisses faire…

- Que je « laisse faire » ? Mais qu'est-ce que… Oh non, Zabini ! Il en est hors de question ! s'exclama-t-elle en comprenant soudainement ce qu'il suggérait.

- Oh allez ! Ça sera marrant en plus !

- Marrant ? Mais tu as quoi ? Quinze ans ?! Ça ne sera pas « marrant » et il est hors de question que je fasse ça. D'autant plus après ce qu'on lui a annoncé aujourd'hui…

- A toi de voir, Granger. Sérieusement, je ne te demande rien. Tu me laisses faire et, surtout, tu te laisses faire. Je connais Drago par cœur, je sais quoi faire pour qu'il réagisse.

- Il est hors de question que je me « laisse faire », Zabini ! Je ne vais pas te laisser prétendre me mettre dans ton lit tout ça pour…

- Oula ! Je serais mort bien avant ça ma belle ! rigola-t-il.

- Hum… grogna Hermione, pas vraiment convaincue.

- Qu'est-ce que tu as à perdre, de toute façon ?

- Mais on ne sait même pas s'il reviendra demain…

- T'en fais pas, il reviendra.

OoOoOoO

Hermione avait fini par donner son accord mais plus par épuisement que par réelle envie. Elle doutait beaucoup de ce « plan » et avait plutôt l'impression que ça créerait plus de problèmes que cela n'en résoudrait.

La jeune femme rentra alors chez les Potter, dîna, puis monta à l'étage. Elle se délassa dans un bon bain et pesa une nouvelle fois le pour et le contre de la proposition de Zabini.

Oh et après tout, comme il le lui avait dit, elle n'avait rien à perdre. Et puis n'était-ce pas elle qui, le matin même, avait pris la décision de lui faire « payer » son comportement ? Eh bien si Zabini affirmait que la jalousie de Drago était son plus gros défaut, elle le croirait et était prête à tester cette théorie dès le lendemain…

OoOoOoO

- Salut Hermione ! s'exclama le noir d'une voix enjouée en l'enlaçant brièvement sous les yeux étonnés des deux Malefoy présents dans la pièce.

- Salut Blaise ! répondit la jeune femme en essayant de ne pas rougir et de paraître ravie de ce genre de familiarités.

Elle alla ensuite serrer la main de sa patiente et ignora, comme toujours, Malefoy qui se tenait debout dans un coin de la pièce. Ses traits étaient un peu tirés mais il semblait tout de même avoir plus dormi que les nuits précédentes.

.

La Médicomage fit le bilan de la nouvelle journée de test avec sa patiente avant de lui assurer qu'elle pourrait rentrer chez elle dès le lendemain soir. Elle sortit ensuite de la chambre avec Blaise, ne prêtant aucune attention à Malefoy, qui semblait vouloir les suivre.

Hermione marcha en direction des escaliers – hors de question de se retrouver dans un espace aussi étriqué qu'un ascenseur avec Malefoy – tout en ralentissant un peu la marche. Zabini arriva rapidement à sa hauteur.

- Tu as vu ? C'est vraiment super, elle a positivement réagi aux épines de porc-épic et au pus de Bubobulb, s'enthousiasma-t-elle.

- Ouais. On va pouvoir en rajouter dans la potion. Et le mieux c'est qu'aucun de ces ingrédients ne nécessite une cuisson supérieure à la Corne de Bicorne.

- Oui !

Zabini lui adressa un grand sourire et Hermione le lui retourna.

- Au fait, Grangie, c'est toujours ok pour tu sais quoi ? demanda-t-il en baissant un peu la voix pour ne pas être entendu de son meilleur ami qui marchait un peu plus loin derrière.

La Gryffondor resta muette quelques secondes puis sourit légèrement.

- Tu fais ce que tu veux, Zabini mais il est hors de question que ce « plan » m'inclue moi, un lit et toi, c'est clair ?

- Comme du Veritaserum ma belle ! s'égailla-t-il.

La « belle » en question leva les yeux au ciel.

- Oh et pas de baiser non plus ! ajouta-t-elle brusquement mais en gardant une tonalité de voix relativement basse.

- Ça… je ne peux pas te le promettre.

- Zabini… menaça Hermione en sifflant presque.

- Ok ! Ok ! Pas de baiser, concéda-t-il. Tu te souviens quand je t'ai dit que tu devais te détendre, Grangie ? Bah ça tient toujours !

- Tais-toi et marche !

Il ricana tout en lui tenant la porte menant à la cage d'escalier. Ils descendirent quelques marches, Malefoy restant toujours dans leur sillage, puis Zabini reprit la parole.

- Bon alors je vais me pencher vers toi comme pour te faire une confidence et toi, tu vas éclater de rire, ok ?

Hermione tourna la tête vers lui en haussant un sourcil, sceptique. Elle s'apprêtait à dire quelque chose mais il ne lui en laissa pas le temps.

- Tut tut tut… pas de question, Grangie ! Tu as promis de faire ce que je te dirai.

- Je n'ai rien promis de tel ! s'insurgea la jeune femme.

- Ah oui ? Eh bien considère que c'est le cas à présent ! rigola-t-il.

Hermione se retint de lui faire ravaler son sourire et préféra reporter son regard sur les marches devant elle. Si elle commençait à repousser celui qui était supposé l'aider à ce que Malefoy lui fasse de réelles excuses… elle n'avait pas fini ! Prenant sur elle et tentant surtout de se retenir de lui dire que son « plan » était le plus débile qu'elle n'avait jamais entendu, Hermione afficha un air plus jovial et se tourna une nouvelle fois vers Zabini. Ils venaient d'arriver au sous-sol et s'engageaient à présent dans un couloir. Le noir lui fit un clin d'œil puis se pencha vers elle comme pour lui faire sa fameuse confidence et Hermione n'eut aucun mal à éclater de rire lorsqu'il s'écarta d'elle. Elle se trouvait tellement ridicule à agir ainsi que son éclat de rire n'en avait sonné que plus réaliste, ce qui lui valut une moue ravie de Zabini et un regard noir de Malefoy lorsqu'ils pénètrent tous les trois dans le laboratoire de potion.

Blaise et elle s'approchèrent de leurs mixtures et y jetèrent un coup d'œil rapide. Alors que la Gryffondor se rendait vers la paillasse où Zabini avait entreposé les ingrédients qu'il avait rapporté de son travail, elle entendit Malefoy demander :

- Pourquoi il y a trois chaudrons ? Et pourquoi ces deux potions ne sont pas identiques ?

« Et merde ! » pensa Hermione. Elle se retourna pour jeter un coup d'œil à Blaise mais il était resté parfaitement calme, jaugeant du regard la potion qu'il avait préparé la veille et qui avait à présent cuit vingt-quatre heures durant.

- Nous en essayons plusieurs. Comme la Corne de Bicorne est très longue à cuire, nous essayons d'en préparer d'autres sans l'utiliser. Mais ne t'emballe pas, Malefoy, on est pratiquement certain qu'il nous la faudra tout de même, ajouta-t-il rapidement.

Hermione, qui avait avancé sa main vers un bocal rempli de pus de Bubobulb s'immobilisa, attendant la réponse de son ancien amant. Mais ce dernier ne fit aucun commentaire et alla s'asseoir un peu plus loin. La jeune femme prit également un pot plein d'épines de porc-épic et se redirigea jusqu'à son chaudron. La Corne de Bicorne, ajoutée aux racines de gingembre et à l'eau destinée à délayer la mixture bouillait joyeusement. Satisfaite, Hermione jeta un coup d'œil à la potion de Zabini qui avait un aspect affreusement répugnant. Cela ressemblait à une sorte de pâte jaunâtre qui était particulièrement malodorante.

- C'est normal, ça ? lui demanda la jeune femme en gardant la voix basse pour ne pas alerter Malefoy qui passait en revue les ingrédients disposés sur l'autre paillasse.

- Parfaitement. T'inquiète pas, Grangie, je gère.

- Hum… se contenta-t-elle de dire.

Il lui fit un clin d'œil et la Gryffondor ouvrit le bocal rempli de pus. Elle prit grand soin de ne pas s'en faire couler sur les doigts, se souvenant comme si c'était hier des brûlures que cet affreux liquide lui avait causées en quatrième année, puis en laissa tomber cinq mesures dans sa potion. Elle remua ensuite deux fois dans le sens des aiguilles d'une montre puis cinq fois dans l'autre avant de ressortir la louche.

- Bien, je vais commencer la potion sans Corne de Bicorne, annonça-t-elle à l'adresse de Zabini.

- Ok, répondit-il en lui souriant sous le regard mauvais de Malefoy qui s'était approché d'eux pour jeter un coup d'œil aux préparations.

Hermione alluma le feu sous son chaudron pendant que le blond regardait d'un d'œil critique la potion de son ami.

- T'es sûr que tu ne t'es pas planté, Zabini ? Ça ressemble à de la gerbe ton truc.

- Charmant, Malefoy ! ricana Blaise. Tu es un vrai poète dis-moi ! Et, non, je ne me suis pas trompé. La potion est exactement comme elle devrait être avant que je n'ajoute…

Hermione le vit jeter un coup d'œil en direction des ingrédients puis se tourner vers elle et baisser les yeux sur le récipient contenant les racines de gingembre qui se trouvait entre eux.

- De la racine de gingembre ! Merci de l'avoir rapportée, Grangie !

Et il lui planta un baiser sonore sur la joue. Hermione, qui ne l'avait absolument pas vu venir, resta totalement hébétée et immobile pendant cinq bonnes secondes puis, en avisant le froncement de sourcil de Malefoy, décida de jouer le jeu.

- De rien, sourit-elle. Je me souvenais que tu m'en avais parlé hier, alors je l'ai prise avec moi, ajouta-t-elle.

Heureusement, Malefoy ne l'avait pas vue s'en servir une minute plus tôt et son mensonge passa comme un hibou par la fenêtre. (2)

- D'ailleurs, Grangie, reprit Zabini après avoir coupé ses racines et les avoir jetées dans sa potion. Est-ce que tu savais que le gingembre était connu pour ses propriétés aphrodisiaques ?

Il avait dit cela le plus naturellement du monde et Hermione dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas exploser de rire. Malefoy avait en effet tourné vivement la tête vers son « ami » et le dévisageait, une pointe de dégoût et de rage dans le regard. Et même si elle était ravie de constater qu'il réagissait à toutes les piques que pouvait lancer le noir, Hermione était tout de même surprise de le voir autant réagir. Bon… elle savait que Malefoy avait un côté jaloux et possessif mais de là à réagir ainsi… C'était étrange…

- Oui, je le savais, répondit-elle finalement.

- Bien évidemment qu'elle le savait, c'est Hermione Granger, Zabini, l'aurais-tu oublié ? s'interposa alors Malefoy, d'une voix presque menaçante.

Hermione leva les yeux sur lui, puis fit la navette jusqu'à Blaise. Ce dernier avait également levé les yeux de sa potion et regardait son meilleur ami, un petit sourire absolument détestable aux lèvres.

- Rassure-toi Drago, je n'ai pas oublié qui elle était, dit-elle d'une voix parfaitement maîtrisée en insistant bien sur le « je », ce qui fit hausser un sourcil à Hermione.

Elle ne savait pas vraiment où il voulait en venir mais il avait, de toute évidence, marqué son point face à Malefoy qui semblait à présent passablement agacé. Il se détourna d'eux et alla s'asseoir un peu plus loin tandis qu'Hermione et Blaise poursuivaient la préparation de leurs potions.

.

Lorsqu'elle se dirigea finalement pour aller reposer ses ingrédients sur la paillasse, Hermione sentit le regard des deux hommes se poser sur elle et fit son possible pour ne pas montrer qu'elle se sentait mal à l'aise. Elle retourna jusqu'à sa place et remua encore quelque peu l'une de ses mixtures. Elle vit Zabini s'approcher d'elle et leva un regard interrogateur vers lui. Il se pencha encore un peu plus, comme pour regarder sa potion de plus près et lui chuchota :

- Lorsqu'on sortira, tu partiras seule devant, laisse-moi faire le reste.

Et il s'écarta d'elle aussi rapidement qu'il s'était approché avant de reprendre place devant sa propre potion.

- Ta potion est parfaite, Granger. Tu n'as jamais pensé à devenir potionniste ? l'interrogea-t-il alors.

- Oh euh… non, pas vraiment, répondit sincèrement la jeune femme. Je n'ai jamais été attirée par cette profession.

- Dommage ! Si jamais tu changes d'avis, je serais ravie de te faire travailler chez moi.

Hermione faillit arquer un sourcil mais se contenta de le remercier en lui adressant son plus beau sourire après avoir avisé le regard perçant que son ancien amant avait posé sur elle.

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- Bien, si tu as terminé, je pense que l'on peut en rester là pour ce soir, annonça Blaise quelques minutes plus tard.

- C'est bon pour moi, confirma Hermione en jetant un sortilège de protection sur leur travail.

Elle enfila rapidement son manteau puis salua Zabini en l'embrassant sur la joue avant de quitter la pièce comme il le lui avait demandé un peu plus tôt.

Elle marcha environ dix secondes, le temps d'arriver au bout du couloir, lorsqu'elle entendit quelqu'un courir. Elle n'eut pas le temps de se retourner qu'une main venait se loger au creux de ses reins. Surprise, Hermione se tendit alors que Zabini apparaissant dans son champ de vision.

- Je suis là pour t'inviter à une soirée chez moi demain soir et tu vas accepter, ok ? demanda-t-il en lui adressant un regard charmeur.

Décontenancée, Hermione lui jeta une œillade perplexe et un peu perdue.

- Drago nous observe. Hoche juste la tête ça suffira. Je t'envoie tous les détails plus tard par hibou.

La jeune femme fit alors ce qu'il demandait et opina. Il lui adressa un sourire éclatant avant de l'embrasser une nouvelle fois sur la joue, tout en conservant une main possessive dans son dos. Puis il la relâcha. Instinctivement, Hermione s'écarta de quelques pas. Zabini lui fit un clin d'œil complice avant de dire :

- À demain, Grangie ! Fais de beaux rêves !

Elle ne lui répondit pas et quitta Sainte-Mangouste, totalement perturbée. Ces Serpentard ne faisaient décidément rien comme les autres.

}{

Seuls dans le couloir, Drago s'approcha à pas vifs de son « ami » et l'empoigna par le col de son manteau.

- Je peux savoir à quoi tu joues, Zabini ?! articula-t-il.

- Bordel ! Grangie et toi avez vraiment besoin de vous détendre ! ricana Blaise.

- Ne l'appelle pas comme ça ! cracha Drago avant de le lâcher.

Il fit quelques pas en arrière, tentant de se contrôler au maximum.

- Drago ?

- Quoi ?!

- Demain soir, je fais une soirée…

- Je m'en tape !

- Peut-être mais tu devrais quand même venir, répliqua Zabini en réajustant son col comme si rien de tout cela ne s'était passé.

Irrité par son comportement condescendant, Drago eut une subite envie de frapper dans quelque chose, ou quelqu'un…

- J'ai dit non ! Et tu ne m'as pas répondu : c'était quoi, ça, avec Granger ?! balança-t-il plutôt.

- Tu sais… elle sera là.

- Qui ? grogna le Serpentard, bien trop obnubilé par les images des mains de Zabini sur son ex-amante pour prêter attention à la conversation.

- Hermione… Elle sera là demain soir.

- Pardon ? s'exclama-t-il, brusquement reconnecté à la réalité.

- Ouais… je viens de l'inviter et elle a dit oui. Tu devrais venir. Enfin, après, tu fais c'que tu veux, vieux !

Il haussa les épaules comme si ça n'avait finalement pas plus d'importance que cela et tourna les talons. Au bord de la crise de nerf, Drago s'élança et le rattrapa avant de le plaquer contre le mur le plus proche.

- Réponds-moi ! A quoi tu joues avec elle ?!

- A quoi je joue ? ironisa-t-il en se dégageant habilement de son emprise.

Drago fut si surpris par sa force qu'il n'eut pas le temps de réagir alors qu'il se faisait à son tour plaquer contre le mur.

- Je devrais plutôt te poser cette question, Malefoy.

- Je vois pas de quoi tu parles…

- Bien sûr ! Arrête de jouer au con cinq minutes ! Tu peux bien dire tout ce que tu veux à propos de la maladie de ta mère, je parie que la bouteille que tu étais en train de t'enfiler hier quand je suis arrivé chez toi n'était pas que pour noyer ton chagrin vis-à-vis de Narcissa.

- Je t'interdis de…

- De quoi ? De lui parler ? De la faire rire ? De la toucher ? De l'embrasser ?

- Je te connais, je sais que tu aimes jouer avec les femmes et…

- Putain mais t'es con ou tu le fais exprès ?! Je ne suis pas intéressé par Hermione ! Elle est peut-être intelligente, sexy et… enfin bref, je ne suis pas intéressé, répéta Zabini en voyant le regard noir que lui lançait Drago.

- Alors je peux savoir à quoi tu jouais ?

- Je voulais juste te montrer ce que tu perdais en faisant ce que tu fais, répondit-il tranquillement.

- Ce que je fais ?

- Ecoute, vieux, tu sais que les discours et tout ce blabla c'est pas mon truc mais faut vraiment que tu fasses quelque chose avec Granger.

- J'ai déjà été m'excuser ! Elle refuse de m'écouter.

- Tu t'y prends comme un Veracrasse ! Tu dois faire les choses correctement !

- Je te rappel que c'est toi, Zabini, qui m'avais conseillé les fleurs… Et on sait tous les deux comment ça s'est terminé, alors je ne vois pas pourquoi je devrais encore écouter le moindre de tes conseils après ça ! contra Drago.

- Oui bon, j'avoue que c'était pas la meilleure idée que j'ai pu avoir. Mais je peux t'assurer que ça marche avec les autres femmes.

- Granger n'est pas « les autres femmes », le coupa presque Drago.

- Tu m'étonnes ! Oui bon bref, il faut que tu viennes à la soirée de demain et… je sais pas moi… tu lui sors le grand jeu !

- Que je lui sorte le grand jeu ? répéta le blond en haussant un sourcil.

- Bah ouais ! Excuses en veux-tu en voilà, compliments, enfin tout ça quoi !

- Hermione ne se laissera pas attendrir par ce genre de choses.

- Oui bah écoute, tu as encore vingt-quatre heures pour y réfléchir mais il faut que tu te bouges. Et puis après tout ce qu'elle fait pour ta mère…

- C'est bon Zabini, j'ai compris, le coupa Drago, irrité.

Son meilleur ami haussa les épaules et ils quittèrent Sainte-Mangouste.

.

Drago avait beau détester Zabini pour ce qu'il avait fait, et se promettre de lui faire payer à la moindre occasion, il devait bien avouer que le comportement que son ami avait eu l'égard d'Hermione lui avait fait ouvrir les yeux. Il ne le supporterait pas si un autre homme se mettait à draguer la Gryffondor. Il fallait qu'il la récupère. Et si pour cela il devait lui « sortir le grand jeu » alors soit, il le ferait. Ce fut donc finalement avec la lueur d'espoir qu'il avait perdue à la seconde même où Zabini lui avait annoncé que sa mère finirait par être paralysée avant que la potion curative ne soit prête, qu'il partit se coucher. Il fallait qu'il paraisse le plus irréprochable possible le lendemain soir et cela débutait par une bonne nuit de sommeil pour chasser ces affreux cernes.

« A nous deux, Grangie », pensa-t-il avant de s'endormir, le sourire aux lèvres.


(1) L'équivalent d'un fauteuil roulant Moldu excepté que ceux-ci flottent et sont directement contrôlés par les pensées de leur utilisateur. Par exemple, si Narcissa pense à avancer, le fauteuil avancera tout seul...

(2) Équivalent de « Comme une lettre à la poste » chez les Moldus.


Bon... je crois qu'on peut tous dire un grand « MERCI » à Blaise Zabini ! Heureusement que lui et ses idées « farfelues » sont là pour faire bouger un peu les choses, parce que ce n'est pas grâce aux deux orgueilleux de service (j'ai nommé Miss Granger et Mr Malefoy) que cela allait se faire... Ralala de vrais gamins ces deux-là ! Bon, après je ne suis pas certaine que « déballer le grand jeu » à Hermione Granger soit la meilleure solution non plus... Après réflexion, Mr Zabini aurait peut-être mieux fait de s'abstenir de donner ce conseil. D'autant plus que Drago semble réellement prêt à le suivre à la lettre !

Hermione succombera-t-elle ? Ou Drago finira-t-il par se prendre un sortilège particulièrement cuisant de la part de notre Gryffondor préférée ? ... La réponse au prochain chapitre ! :)

J'espère que celui-ci vous aura plu ! J'attends vos reviews avec énormément d'impatience alors surtout, dîtes-moi tout ce que vous en avez pensé. :) Même vous, les lecteurs fantômes. Oui, oui, vous également. Z'avez pas le choix ! :D

En attendant, je vous fais plein de gros bisous. A très vite dans vos reviews et à la semaine prochaine avec le chapitre quarante-quatre !

Chalusse