Nom : L'enchaînée
Auteur : Rain
Disclaim' : Shaman King appartient à Takei, l'animé à ses producteurs, je ne me fais pas d'argent sur le dos.
Thème :56# Chaine
Soundtrack : Maze (Labyrinthe) (Pandora Hearts) (J'ai l'impression d'avoir oublié jusqu'à mon nom/J'ai fini par me rendre compte que je suis perdue et prisonnière/Je me noie dans une mer de larmes/Espérons que ce soit un cauchemar…)
Personnages : Jeanne
Note : Post-animé. ... Le début m'embête. Trop rapide.
Les chaînes avaient rouillé avec le temps, et quand elle effleura le métal orangé d'une main hésitante il s'effrita et céda. Surprise, Jeanne recula presque alors qu'un nuage de poussière s'élevait autour de ses chevilles pâles.
Qu'était-elle venue faire là ? Qui était-elle venue chercher ? Ses anges n'étaient pas là, elle le savait bien. Ils étaient morts après tout, et quand bien même ils le pouvaient ils ne souhaiteraient sûrement pas revenir dans cet endroit puant la mort et les illusions en ruines. Logiquement, ils s'étaient déjà réincarnés, afin d'oublier au plus vite cette affreuse vie qu'ils avaient connu. Logiquement, même Marco devait déjà ne plus s'appeler Marco. Bien sûr qu'ils ne l'observaient pas, bien sûr que personne, même invisible, ne se tenait derrière son épaule –
La jeune fille se figea soudain, les sens à l'affut, et balaya l'espace de son regard amélioré par le furyoku. Elle avait entendu quelque chose d'anormal, une espèce de chuintement, comme si quelqu'un passait ses ongles sur une plaque de métal. Personne de sain d'esprit ne viendrait par ici, elle était seule, il n'y avait rien à voler… Alors quoi ?
Rien. Le bruit ne se répéta pas. Peut-être un rat perdu dans ces murailles de fer, cherchant désespérément une nourriture absente. Cela ne lui faisait pas peur; les rats n'étaient pas bien plus que des rats, après tout. Elle devait simplement être… perturbée par son retour au navire.
Relâchant sa tension, l'albinos se força à se détendre et à respirer avant de s'aventurer plus avant. Elle dépassa les chaines qui étaient censées maintenir le navire en plus (mais qui, dans le sable, ne servaient qu'à peu de chose, si ce n'est s'abîmer en même temps que le reste), et longea la coque lentement. Ce qu'elle venait voir, ce qui la hantait depuis toutes ces années l'attendait au bout du navire ensablé, elle le savait, et ce savoir emplissait ses sandales et ses jambes de plomb. De temps à autre, un autre chuintement lui parvenait, mais elle s'obligeait à les ignorer.
Rien de bien dangereux. Rien du tout. Du moins c'était ce qu'elle se forçait à répéter entre ses dents. Elle était juste anxieuse – d'accord, terrifiée – à l'idée de retrouver ça, et la noirceur de la nuit d'encre qui pesait sur ses frêles épaules n'aidait en rien à la rassurer. Si le simple fait de revoir le navire lui imposait déjà des visions de cauchemar, qu'est-ce que ce serait lorsqu'elle serait devant… ça ?
Respirer devenait à chaque pas plus difficile, et tous les bruits qu'elle croyait entendre s'étaient fondu dans le néant, remplacés par les sons qu'elle-même émettait. Une sueur froide collait ses tempes.
Enfin elle la vit, à peine à quelques mètres d'elle, se dressant comme une pièce tombale au milieu de la plage. Avec le temps, elle s'était légèrement enfoncée dans le sable (où était-ce Jeanne qui avait grandi ?), mais l'Iron Maiden la dépassait toujours de plusieurs bonnes têtes.
L'albinos s'était immobilisée sans même s'en rendre compte. Comme une biche dans la lumière des phares d'une voiture, elle n'arrivait pas à détacher ses yeux de l'instrument de torture. Hypnotisée, elle laissa ses jambes la guider lentement jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'à un mètre de ce qui avait été sa vie des années durant. De ce qui avait coûté la vie de ses compagnons. De ce qui avait failli la tuer.
Un souffle fort et irrégulier quitta sa bouche alors qu'elle détournait le regard, et défaisait de son dos le sac à dos qu'elle y portait. Ses mains tremblaient, et elle dût s'y reprendre à plusieurs fois afin d'ouvrir la fermeture éclair. Tout autour d'elle semblait résonner de bruits de capes et de rires moqueurs. Des éclairs violents d'un certain sourire moqueur l'empêchaient de se concentrer. Le sac tomba, mais elle avait réussi à agripper l'objet qu'elle était venue déposer.
Entre ses mains crispées se trouvait une boite de fer blanc argentée, sans fioritures. Se laissant tomber à genoux, la jeune femme creusa nerveusement, jusqu'à avoir du sable jusqu'au coudes, avant de la poser au fond de ce trou.
Avant de refermer l'orifice, les yeux rouges de l'albinos tombèrent sur l'objet, si débilement banal, et ne purent s'empêcher de s'embuer.
Si elle avait pu recueillir les cendres de n'importe lequel d'entre eux, si Marco avait été incinéré elle aurait pu ramener leurs restes à cet endroit, l'endroit qui leur appartenait de droit, l'endroit où ils pourraient dormir en paix. A part l'ombre de l'énorme paquebot abandonné, le petit port rempli de champs d'herbe folle était presque beau lorsque les rayons du soleil le caressaient, elle le savait de Lyserg. Mais les X qu'Hao avait tués avaient vu leurs cendres perdues dans le vent, et il était hors de question que Marco laisse son corps mortel aux mains de l'arme du démon Asakura. Alors tout ce qu'elle pouvait placer comme symbole de leur présence passée, c'était cette stupide boite remplie de photographies stupides. Cette réalisation faisait mal, et elle s'écorcha la peau contre le métal de l'Iron Maiden toute proche en tentant de recouvrir l'objet le plus vite possible. Les larmes coulaient maintenant, en grosses perles le long de ses joues, et elle n'arrivait pas à trouver la force de se relever.
Pourtant Jeanne avait fait ce qu'elle était venue faire, elle avait trouvé la force de revenir à cet endroit qui la rendait nauséeuse rien qu'à sa mention, elle avait accompli son devoir... elle pouvait rentrer maintenant, tout oublier et s'enfuir, et recommencer une vie arrière, sans personne. Maintenant que Marco était mort, maintenant que Lyserg avait trouvé son âme soeur, elle n'était plus responsable de qui que ce soit. Elle était libre. Libre !
Soudain elle virevolta, fusionnant avec Michael dans l'espoir de mieux percevoir son environnement. Ce qu'elle venait d'entendre n'était pas un bruit animal, et elle ne l'avait pas imaginé. Elle le savait parce que son esprit, cette fois-ci, partageait son alerte.
Complètement immobile, Jeanne écouta l'obscurité, l'écouta à s'en faire saigner les oreilles, en vain. Ce ne fut qu'après plusieurs minutes qui coulèrent avec la facilité d'autant de siècles qu'elle perçut le bruit de nouveau.
C'était un son étrange. Un son qui, sans être lié d'aucune façon aux gens qu'elle était venue pleurer, imposa immédiatement à l'esprit de Jeanne l'identité du fantôme qui la hantait encore.
C'était un son de flûte.
Rain : Ah la la… J'espère que j'ai réussi à faire passer ce que je voulais cette fois…
Jeanne : Pourquoi c'est toujours MOI qui prends avec toi ?
Rain : En même temps reconnais que dans l'anim', y a que les X et les OCs à prendre. Fudô, Nyo-chan, Ash, et tous les X à part toi, Marco & Lys…
Jeanne : … T'as raison…
Hao : AH ! JEANNE ! Au secours, elle vient d'être contaminée !
