Reviews : Merci !

Charlie : Bah, tu vas bientôt le savoir, ce qu'ils vont faire seuls dans les champs ! lol

Alpheratz9 : Je trouve que ça lui va bien, Marcus. Heu… Crossroad ? Késako ?

bayas : La voilà, la suiteuh ! mdr (Désolée, mais j'étais en train de finir le Chap. 3 de ma nouvelle fic'… :-P )

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Chapitre L

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Il était presque midi au soleil. À l'écart du village, mais pas hors de vue, les deux hommes s'assirent au bord du chemin. Le silence n'était troublé que par le bruit du vent dans les semblants d'épis de blé. Mais il ne s'agissait pas d'un silence lourd et tendu, comme il avait pu y en avoir entre eux depuis plusieurs mois. Ce silence-là était apaisant pour eux, surtout après tout ce qu'il s'était passé ces derniers jours. Et, surtout, la présence de l'autre n'était plus gênante, mais réconfortante pour eux deux. C'est Rodney qui brisa le premier le silence, à demi-voix.

RM – Vous êtes le deuxième homme et la troisième personne à qui j'ai dit que je l'aimais.

John, qui avait les yeux fermés et le visage levé vers le soleil pour profiter de la douce chaleur, tourna la tête vers Rodney et plongea son regard dans celui de son amant.

RM – J'ai toujours été quelqu'un de très solitaire, parce que mis à l'écart par les autres. Jusqu'à l'adolescence, je m'en fichais un peu, les études me suffisaient… ça remplaçait les relations sociales, en quelque sorte. Mais après, en dernière année de lycée, il y a eu Carmelia – une blonde aux yeux vert d'eau. Elle était belle, intelligente, drôle. Je craquais vraiment pour elle. J'avais réussi à l'approcher en proposant de l'aider en chimie – c'était sa seule bête noire. J'adorais être en sa présence. Bien sûr, pour elle comme pour les autres, je n'étais que le « petit intello » – j'avais 14 ans et elle 17 – qui pouvait être utile avant un devoir. Mais on passait des soirées ensembles, et même si c'était la tête dans les bouquins de chimie, je m'en contentais.

Il baissa la tête et soupira.

RM – Mais un soir, j'ai eu le malheur de lui dire ce que je ressentais pour elle. Elle m'a ri au nez – littéralement. Et le lendemain, elle ne s'est pas privée de le raconter à tout le monde – et elle ne s'est pas contentée de ceux de notre classe, croyez-moi ! Du coup, je me suis retrouvé encore plus isolé des autres – à tel point que j'ai demandé à changer d'école. Je me suis alors dit qu'il vaudrait mieux pour moi que je garde dorénavant mes sentiments pour moi. Et c'est ce que j'ai fait avec toutes les filles avec lesquelles je suis sorti depuis.

Il releva la tête et fit un pauvre sourire à John, qui lui caressa la joue pour le réconforter. Rodney prit la main de son amant dans la sienne et l'embrassa, avant de reprendre.

RM – Mais j'ai remis ça, à la fac'. Là, j'étais plus à ma place : il y en avait pas mal du même âge que moi – 15 ans au lieu de 18 –, puisque beaucoup de surdoués atterrissent en avance à la Faculté des Sciences d'Ottawa. J'ai flashé sur Gerson, un garçon de 17 ans. Je regardais déjà les autres garçons, avant ça, mais là, c'était différent. J'ai attendu plusieurs mois avant d'oser l'aborder – il ne faisait pas partie des meilleurs, et en général on restait entre nous. Mais un jour où il avait complètement raté un devoir de physique, j'ai tenté le coup. Je suis allé le voir à la sortie – je savais déjà qu'il rentrait seul le soir – et je lui ai proposé mon aide pour le prochain devoir. Il a d'abord tiqué, mais il a finalement accepté.

Il baissa à nouveau la tête avant de continuer.

RM – Peu de temps après, avant le début des partiels, on était en train de réviser ensemble le midi en prenant un café dans la cafét' de la fac', et je me suis lancé. D'un seul coup, comme ça, je lui ai tout balancé. Et il… il s'est levé et a crié – pour que tous ceux qui étaient là puissent entendre – que contrairement à moi, il n'était pas « une sale pédale ». À ce moment-là, j'aurais voulu entrer dans un trou de souris. Toutes les conversations s'étaient tues et ils avaient tous les yeux fixés sur nous. Lui il était debout à me regarder d'un air méprisant et dégouté, alors j'ai pris mes affaires et je me suis levé. Il m'a craché à la figure, et tout le monde a rigolé. Je suis parti en courant et j'ai quitté la fac', j'ai séché les cours jusqu'aux partiels suivants.

Il soupira et serra la main de John toujours dans la sienne.

RM – Quand je suis revenu, l'histoire semblait avoir été oubliée, et moi avec, mais je rasais quand même les murs, juste au cas où. Je me suis rendu compte au bout d'une semaine qu'en fait ils m'ignoraient volontairement, tout simplement. Alors j'ai continué à être le meilleur élève de la fac' et, malgré mon absence, j'ai eu les meilleures notes à tous les partiels.

Il releva les yeux vers ceux de John.

RM – Les années suivantes – je suis resté longtemps en fac' pour passer mes différents diplômes –, j'ai eu quelques flirts, tant avec des filles qu'avec des gars toujours extérieurs à la fac', mais qui ne duraient jamais bien longtemps… parce que depuis que ce salaud m'avait humilié, je m'étais forgé une carapace, me méfiant de tous et m'interdisant de m'attacher à qui que ce soit… mais cela empêche aussi les gens de me connaître, puisque je suis devenu bien trop sarcastique et condescendant pour que l'on veuille chercher à savoir si ça cache quelque chose. C'est sûrement à cause de ça que je n'ai pas eu ma première fois avec une fille avant l'âge de 24 ans – et avec un garçon à 26.

JS – Rodney…

La voix de John était rauque d'émotion, mais Rodney mit un index sur ses lèvres pour le faire taire.

RM – Non, laissez-moi finir.

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À Suivre…

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NdlA :

Infos sur ma nouvelle fic' : sur mon blog ou sur le forum de la FFFDH.