Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5. Avoir vu le premier épisode de la saison 5 change un peu mon optique, mais tant pis, je continue comme je suis partie.
Chapitre 52) Mauvais souvenirs
Hannah se réveilla la première et quitta la chambre qu'elle partageait avec Diana et son fils. Elle referma la porte avec précaution pour n'éveiller personne et descendit l'escalier sans faire de bruit. Elle longea le salon où dormaient l'agent du FBI Clinton Jones et le curieux ami de Neal et pénétra dans la cuisine afin de prendre quelque chose à boire, puis elle descendit vers le niveau le plus bas. Lorsqu'elle ouvrit la porte du patio elle sourit avec amusement, elle venait de traverser toute la maison et ceux qui étaient censés assurer la surveillance n'étaient pas sortis du sommeil. Soit ils étaient persuadés que le danger ne pouvait pas venir de l'intérieur, soit ils avaient des progrès à faire. Elle se demanda ce qu'en penserait le supérieur de l'agent Jones si elle lui en parlait. A sa place elle serait légèrement contrariée par l'information.
Une fois dans le patio elle ralluma son téléphone portable qu'elle avait éteint après avoir envoyé son message la veille au soir, elle ne fut pas surprise de trouver plusieurs messages de réponse qu'elle consulta sans attendre.
Comme elle le pensait l'information qu'elle avait transmise avait agité pas mal de monde au sein de l'organisation qu'elle avait contacté.
Les premiers messages demandaient confirmation, elle les passa rapidement, se concentrant sur ceux qui indiquaient qu'une équipe avait été envoyée surveiller ce que faisait l'agent Burke. Elle fut satisfaite d'apprendre que l'agent Burke était déjà sur la route du retour, son séjour dans le territoire navajo n'avait pas été assez long pour qu'il puisse découvrir ce que faisait réellement Benjamin dans cet endroit, encore moins visiter les structures qui y avaient été construites.
Elle rangea son téléphone, soulagée, la menace était écartée pour le moment. Il y avait trop en jeu pour laisser un agent du FBI un peu trop tenace et sans nul doute curieux mettre son nez dans le projet qu'ils avaient mis plus de vingt ans à mettre en place. Un projet dont Benjamin était l'élément central.
Un projet qui serait en péril si l'homme était emprisonné. Outre le fait que les entreprises qu'il gérait seraient alors en difficultés, de nombreuses personnes qui y travaillaient risquaient de perdre également beaucoup elles aussi.
L'agent Peter Burke était loin de se douter dans quel guêpier il avait failli mettre la main. Heureusement il n'était pas allé trop loin.
Son désir de voir Benjamin Enderson impliqué en tant que coupable dans le procès d'Anatoli Kirdan aurait pu l'entraîner plus loin qu'il ne le pensait.
Hannah était bien placée pour le savoir, elle avait fait partie du projet depuis sa programmation et elle avait été de ceux qui s'étaient opposés à la phase de l'opération qui consistait à envoyer un appât afin de faire tomber la famille Kirdan. Malheureusement ils n'avaient pas été écoutés. Pas plus que Benjamin n'avait été écouté quand il avait demandé à être entendu des décideurs du groupe.
Hannah était présente lorsqu'il s'était dressé face aux décideurs et leur avait rappelé la dangerosité extrême de l'individu.
Elle avait apprécié le courage dont il faisait preuve en relatant à nouveau les souffrances qu'il avait enduré entre les mains d'Anatoli et de son père.
Malheureusement les décideurs n'avaient pas tenu compte de son témoignage et avaient continué à vouloir utiliser un appât.
Lorsqu'ils avaient appris qu'Anatoli avait ciblé un escroc travaillant pour le FBI afin de rester hors de la prison les décideurs avaient été aux anges. Pour eux cet individu n'était qu'un criminel comme un autre, donc il serait l'appât idéal. Le parcours et le caractère de l'escroc en question convenait parfaitement à leurs desseins, à n'en pas douter il agirait d'une manière idéale et s'il lui arrivait malheur ce ne serait pas trop grave.
Hannah n'oublierait pas de sitôt le hurlement de rage de Benjamin lorsque les décideurs l'avaient informé de l'identité de l'escroc.
- Vous ne pouvez pas ! avait il protesté avec véhémence.
L'aîné des décideurs l'avait fixé avec ironie.
- Auriez vous oublié que vous aviez juré de vous venger de lui lorsque vous étiez enfant ? Vous le détestiez, il a pris la place qui aurait du être votre. Vous devriez vous réjouir, vous allez pouvoir assouvir vos désirs de vengeance.
Hannah avait vu Benjamin vaciller devant les propos qu'on venait de lui asséner.
Elle l'avait vu baisser la tête, les mains tremblantes.
Elle avait eu la tentation de lui dire de ne pas s'obstiner, que la décision était déjà prise et qu'il n'y pouvait rien y changer. Il n'était qu'un pion pour ces hommes. Un pion important mais un pion tout de même.
Déjà Benjamin avait repris la parole.
- C'est vrai... je le détestais... mais je n'étais qu'un enfant... je ne savais pas ce que je faisais...
Ces propos avaient fait rire les décideurs.
- Vous le saviez assez pour faire arrêter Miroslaw Kirdan et l'un des pédophiles qui avait abusé de vous. Vous étiez assez mature pour leur tendre un piège en utilisant une enfant de onze ans.
Benjamin n'avait pas capitulé immédiatement, malgré la douleur que ce qu'on venait de lui dire éveillait en lui, il avait tenté d'argumenter encore.
- J'avais quatorze ans, j'en ai presque quarante à présent, mon esprit a changé. Je n'ai plus de haine pour l'autre fils de mon père.
- C'est bien regrettable pour vous, parce que vous allez devoir l'envoyer entre les mains d'Anatoli Kirdan.
- Je préfère m'y envoyer moi même !
- Comme vous voudrez, faites ce qu'il vous semble bon pour faire tomber Kirdan, mais si vous échouez vous devrez suivre notre plan.
- Celui que vous avez choisi ne mérite pas d'être utilisé de la sorte.
- Ceux qu'utilise Kirdan ne le méritent pas non plus. Voudriez vous revoir les photos des enfants de Kiev ?
Benjamin avait blémi et Hannah n'était pas loin d'en faire autant.
Les enfants de Kiev... une vision d'horreur qu'ils n'oublieraient pas de sitôt. Trois enfants retrouvés morts dans une tombe de fortune, dont les corps portaient des traces de sévices abominables.
Elle avait alors protesté. Décideurs ou pas ils allaient trop loin.
- Vous n'avez pas le droit !
- Nous avons tous les droits agent Snow. Nous sommes ceux qui prenons les décisions.
- Cela ne vous donne pas le droit de torturer l'un des intervenants. Dois-je vous rappeler que Benjamin est bénévole ?
- Ce ne sera pas nécessaire agent Snow, nous savons parfaitement ce qu'il en est. Nous en avons fini pour le moment.
Hannah revint au présent avec effort.
Le visage de Benjamin lorsqu'il était sorti de la salle était encore présent à son esprit. Elle ne l'avait plus revu depuis. Il s'était isolé des membres de l'organisation et avait refusé de reprendre contact.
Hannah ne pouvait pas le blâmer pour cela, elle comprenait sa honte de ne pas avoir su éviter ce qui s'était produit par la suite.
Elle la partageait, elle haïssait parfois l'insensibilité dont faisaient parfois preuve les décideurs envers une certaine catégorie de personnes.
Pour eux il y avait les victimes et les criminels, ils n'avaient aucun sentiment pour les seconds, au mieux ils les considéraient comme des pions que l'on pouvait utiliser et jeter. Des éléments sacrifiables.
Lorsqu'elle avait vu Neal, qu'elle l'avait vu essayer de faire comme si de rien n'était, de faire semblant d'aller bien elle avait cru qu'elle ne pourrait pas se retenir de pleurer, seul son entraînement d'agent de la protection des témoins lui avait fait tenir bon.
Depuis elle se sentait coupable, plus encore que depuis qu'elle avait su que l'opération avait été un succès, et qu'elle avait découvert le prix que l'appât avait du payer. Elle avait hâte que le procès soit terminé, elle avait ensuite l'intention de quitter le service de protection des témoins et de ne plus jamais avoir à faire aux décideurs. Peut être aiderait elle encore Benjamin pour venir en aide à de jeunes victimes, elle ne voulait pas vraiment quitter l'organisation, mais plus jamais elle ne participerait à une opération des décideurs.
Ce qu'ils avaient fait à Neal était la goutte d'eau de trop pour le vase de sa patience, ils n'avaient vu en lui qu'un criminel, sans tenir compte de son talent, de l'homme qu'il était, ils avaient sacrifié tout cela, dans le seul but de faire arrêter Anatoli Kirdan.
Pour eux le prix à payer était peut être dérisoire, mais elle ne pensait pas de la même façon.
Elle espérait que Neal se remettrait de ce qu'il avait subi, elle espérait qu'elle pourrait lui venir en aide pendant sa reconstruction, même si elle n'était pas certaine d'en avoir le droit.
D'une certaine façon, elle était aussi coupable que les décideurs, elle savait ce qui allait se passer et elle n'avait rien fait pour l'empêcher. Elle avait suivi les ordres, comme elle était censée le faire et pourtant... à présent qu'elle avait eu sous les yeux le résultat elle regrettait de l'avoir fait.
Comment réagirait Neal si elle lui avouait tout ce qu'elle savait ?
Sans doute très mal.
Elle avait pensé tout lui dire en arrivant chez lui, mais maintenant qu'elle avait passé du temps en sa compagnie elle hésitait à le faire, il avait déjà été assez malmené, il avait besoin de se reconstruire et non de souffrir d'avantage.
Elle craignait que ses révélations ne fassent plus de mal que de bien.
Elle ouvrit la bouteille de bière qu'elle avait pris dans le frigo et la porta à sa bouche. Elle était vraiment dans une situation inconfortable, prise entre le garçon qu'elle avait protégé et qui était devenu un adulte qu'elle n'avait pas su protéger et le garçon qu'elle n'avait pas protégé devenu un homme qui ne voulait pas qu'elle le protège.
Elle s'installa sur la balancelle et ferma les yeux tout en continuant à boire.
Elle n'avait pas beaucoup dormi, trop occupée à retourner les différentes options dans son esprit sans parvenir à se décider sur la meilleure.
Parlerait soulagerait peut être son sentiment de culpabilité, encore qu'elle avait des doutes à ce sujet, mais en faisant cela ne blesserait elle pas plus encore le jeune homme ?
Mais comment rester sans lui dire qui elle était et avec qui elle était liée par sa famille ?
Comment continuer à cacher ces détails importants ?
Comment les dire sans devoir en dire plus et tout avouer ?
Elle soupira et posa la bouteille vide sur le sol à côté de son siège.
Quoi qu'elle décide quelqu'un souffrirait de toute façon.
Son téléphone se mit soudain à vibrer dans sa poche. Elle le sortit et décrocha par pur réflexe.
- Hannah Snow j'écoute.
- Hannah, c'est Connor, Aidan vient de me téléphoner pour me dire que Benjamin a fait une très forte rechute à cause du virus. Mayana Yazzie fait son possible pour le soigner, mais je crois qu'il serait bon de leur faire parvenir une nouvelle dose du remède.
- Il en a déjà reçu plusieurs. répondit Hannah soucieuse.
- Et bien, visiblement cela n'a pas suffit.
- Je vais voir si je peux contacter le médecin, mais je crains fort qu'il ne refuse d'en donner une de plus.
Elle contacta le médecin sitôt la conversation avec Connor terminée, mais comme elle s'y attendait il refusa catégoriquement, il avait déjà donné plus qu'il n'était autorisé.
Hannah insista, faisant valoir que c'était lui qui avait injecté le virus à Benjamin.
La voix du médecin devint soudain très froide.
- J'ai longuement expliqué au patient les risques qu'il prenait en recevant cette injection. Il a signé une décharge dans laquelle il reconnaissait avoir bien compris qu'il prenait des risques et les acceptait.
- Je sais tout cela, mais si vous voulez que votre protocole d'étude soit validé il faut que la maladie soit complètement vaincue, ce qui n'est pas encore le cas visiblement. Je vous invite donc à trouver un remède différent et plus efficace.
A suivre
