Je lui lance un dernier regard puis me détache de lui pour retourner dans la Grande Salle.

Tout le long du repas, je sens le regard de Drago sur moi mais je m'applique à l'éviter en touillant ma fourchette dans mon assiette sans envie. Mon cerveau tourne à plein régime, refaisant sans cesse la conversation que je viens d'avoir avec Drago. Si seulement il avait accepté de m'écouter plus tôt, les choses auraient été bien différentes… Mais peut être que cela vaut mieux ainsi. Il ne sera pas blessé par ma mort outre mesure au moins… Finalement, lorsque le repas prend fin, je sors rapidement de la salle pour rejoindre Severus. En arrivant dans le salon, je le trouve assit à son bureau. Il relève la tête vers moi avec un petit sourire compatissant. Lentement, il se lève et vient me prendre dans ses bras. Je soupire et me laisse faire. L'étreinte me réconforte, son soutient me fait du bien, comme d'habitude. Après quelques secondes, il me lâche et m'attire vers le canapé.

« Prenons un thé, j'ai besoin d'une petite pause » me dit-il gentiment.

Je hoche la tête, reconnaissante et m'assois, le regardant préparer le thé à l'aide de quelques coups de baguettes. Après un moment, il redresse la tête vers moi, plantant ses yeux dans les miens avec sérieux.

« Qu'est-ce qui te tracasse ? Drago, je suppose.

Quelle perspicacité… Disons qu'il ne s'est pas décidé à lâcher l'affaire ! Ce qui me complique la tâche…

Vous n'êtes pas possible tous les deux…

Eh, ça va, hein ! Ce n'est pas facile avec lui…

Tu n'es pas simple non plus…

Mais enfin Severus, après tout ça, je ne peux décemment pas revenir dans sa vie. Ca lui causerait plus de problème qu'autre chose.

J'en conviens mais maintenant, vois-le autrement.

Je t'écoute, dis-je en croisant les bras.

Déjà, arrête de te fermer comme ça, m'ordonne-t-il en désignant mes bras. Ensuite, ce que je veux dire, c'est que le jour où il va tout découvrir, cela va être très difficile pour lui et il s'en voudra terriblement de ne pas avoir été là et d'avoir autant été… aussi mauvais. Il t'en voudra aussi d'ailleurs. Il aura sans doute du mal à comprendre tes choix. Il repassera toutes ses erreurs, toutes vos erreurs dans sa tête, en boucle. Et cela ne le lâchera jamais, crois-moi. Et si jamais nous échouons, si…

Oui oui, si je meurs, tu peux le dire ! je lance agacée.

Marie…

Non, ça va c'est bon, continu. Vas au fond de ta pensée, s'il te plait.

Eh bien, ce sera pire ! Je n'envisage pas cette issue, tu le sais bien. Mais comme c'est le cas pour toi et qu'il y pensera aussi le jour où il l'apprendra…

Il ne… !

Bien sur que si il l'apprendra, me coupe-t-il désabusé. Arrête de te voiler la face.

Je ferais tout pour que ce ne soit pas le cas.

Hum, on verra bien. »

Je soupire et me laisse tomber en arrière sur le canapé, agacée par tout ça.

« Bon, et pour ta douleur ?

Je ne sais pas, j'ai eu mal à la cuisse d'un seul coup, c'était atroce…

La cuisse… Montre-moi.

Bah là, dis-je en pointant l'endroit.

Non mais vraiment, montre-moi vraiment.

Mais je…

Rooh ça va, je suis ton frère ! s'exclame-t-il en levant les yeux au ciel.

Demi-frère, je corrige amusée. Bon ça va, je te montre. »

Je soupire et pars dans ma chambre pour retirer mon pantalon. Je le pose sur mon lit et retourne dans le salon en tirant exagérément sur mon tee-shirt long.

« Bon, tu t'approches ou tu as peur que je te mange ?

T'es chiant ! grognai-je en m'approchant.

Alors, c'est où ? demande-t-il amusé.

Là !

C'est quoi cette cicatrice ? me demande-t-il.

Hum, c'est… Le coup de poignard empoissonné du mangemort, je souffle en comprenant à mesure que je prononce ces paroles.

Et c'est maintenant qu'elle comprend ! s'exclame-t-il désabusé. Tête en l'air ! »

D'un coup sec, il tape sur ma tête avec son doigt me faisant rire au passage. Ensuite, il se concentre à nouveau sur ma cicatrice.

« Elle est rouge… Ce soit être la cause. Tu aurais pu m'en parler avant ! C'est peut être là que l'on doit axer nos recherches !

Je n'y ai pas pensé, c'est tout… Mais…

Vous êtes vraiment étranges tous les deux ma parole…

Drago ! je m'exclame en me tournant vers la porte. Ferme cette porte bordel ! Et tes yeux aussi, tant qu'on y est ! je grogne en tirant sur mon tee-shirt pour me cacher.

Oh ça va, ce n'est pas comme si c'était la première fois que je te vois comme ça…

Drago Malefoy ! je m'exclame en même temps que Severus.

Personnellement, je ne veux rien savoir, ajoute Severus.

Et moi, je ne veux pas en parler, ni même me souvenir ! j'ajoute. Bref, je vais me coucher moi.

Demain, rendez-vous ici à 7h30, il faut qu'on bosse tous les deux, m'informe Severus.

Bien chef, bonne nuit.

A toi aussi ! »

Je fais un bisou sur la joue de mon frère puis me dirige vers ma chambre lorsque la voix de Drago m'arrête.

« Merci, bonne nuit à toi aussi ! raille-t-il en réponse à mon indifférence face à lui. »

Amusée, je souris sans me retourner vers lui et entre dans ma chambre pour ne pas lui montrer un quelconque signe d'amusement.

Les jours suivants, je passe mon temps à travailler avec Severus, cherchant des alternatives à la potion que nous avons préparé. Malheureusement, nous ne trouvons rien… Deux jours plus tard, je décide de me rendre dans le bureau de la directrice. Bien qu'elle ne soit pas présente, je parviens tout de même à entrer. Une fois à l'intérieur, je parle un peu avec le tableau de Dumbledore et parviens à trouver l'information que je désirais. Je le laisse quelques minutes plus tard pour descendre dans les cachots. Lentement, je m'enfonce dans les couloirs tortueux et sombres. Je mets une dizaine de minutes pour trouver mon chemin. Lorsque j'arrive, je prends une grande inspiration et pousse la porte en bois qui me fait face tout en récitant une longue incantation. L'intérieur de la pièce fait froid au dos. De l'eau coule sur les murs de pierres, le sol glissant ne permet pas une foulée tranquille et il fait un froid horrible. Contre le mur du fond, une silhouette avachie se distingue. Des chaînes maintiennent les poignets de l'homme ou de la chose qui se tient contre le mur. En m'approchant plus près, je distingue un peu mieux son corps. Ses cheveux sont en batailles, ses vêtements déchirés et ses veines noires ressortent un peu. Lentement, je le vois tressaillir avant de lever les yeux sur moi. Et à mon tour, c'est moi qui tressaillie face au regard qui se pose sur moi. Les yeux de la chose qui me fait face sont totalement injectés de sang, son visage est crasseux et un sourire en coin vicieux s'étire sur ses lèvres. Dans un effort presque surhumain, je prends sur moi pour ne pas faire un pas en arrière et je conserve mes yeux dans les siens.

« Ah, je ne pensais pas te revoir un jour… souffle la chose qui me fait face d'une voix rauque.

Eh bien, franchement, moi non plus, je réponds sèchement.

Que me vaut l'honneur de ta visite ? demande-t-il sarcastiquement.

J'ai besoin que tu me renseigne.

Que je te renseigne, voyons donc ! Et à propos de quoi ? De tes envies de sang ? Ca a commencé alors, s'amuse-t-il.

Je n'ai pas envie de sang, je tonne agacée.

Menteuse…

Je ne mens pas !

Bien sur, c'est pour ça que ça t'énerve autant, hein ? Tu crois vraiment pouvoir me mentir ? Tu es douée, bien sur, mais je suis celui qui t'a mordu, je sais quand tu me mens.

Je ne m'énerve pas, je grogne en tentant de garder mon calme. Et je peux très bien te mentir.

Si tu veux te voiler la face…

Bref, changeons de sujet ! J'ai besoin de quelques informations.

Je t'écoute, on verra par la suite, grogne-t-il en bougeant avec difficulté.

Je voudrais, dans un premier temps, savoir s'il est possible pour un demi-vampire de vaincre un terrible poison inconnu ou s'il peut simplement tomber malade à cause de ça.

Ah, je me disais aussi que tu avais quelque chose d'étrange ! Ainsi donc, tu es malade… Eh, attends ! Ce n'est pas tout, tu me cache le plus intéressant ! Tu es enceinte, petite coquine !

Ferme-la ! je tonne énervée. Je ne suis pas venue pour te parler de ça.

Oh, moi qui pensais que tu voulais m'annoncer la bonne nouvelle ! Enfin, pas si bonne vu ta tête ! s'amuse-t-il. Il vient de ton petit blondinet ? Ah, oui apparemment, mais ça n'a pas l'air d'être la joie !

Je ne suis pas venue te parler de ça, je répète en martelant ces mots.

Oui oui, je m'égare, dis-moi tout, plaisante-t-il visiblement très amusé.

Je vais être très directe. Est-ce que tu avais connaissance, quand tu étais du côté de Voldemort, d'un poison très fort qui tuerait quelqu'un sur une longue durée, à petit feu. Un poison qui n'aurait pas de remède.

Oh, je vois exactement de quoi tu parles. Ton sang a donc eu un contact avec le poison… Quand ?

Il y a plus d'un an.

Oh, tu es bien plus résistante que je le pensais… Tu devrais déjà être morte. Il ne te reste que quelques mois.

Oui, je sais. Qu'est-ce que tu connais à propos de ce poison ?

Ah ah ah, tu penses vraiment que je vais t'en dire plus sans rien en retour ! s'exclame-t-il.

Qu'est-ce que tu veux ?

Ma liberté.

Tu sais bien que je ne te l'accorderais pas.

C'est ça ou rien, informe-t-il.

Je peux te laisser quelque chose en échange ou bien… Je te force.

Un impardonnable. Tu ne serais pas capable, me provoque-t-il.

Tu ne sais pas de quoi je suis capable, je ne suis plus celle que tu as mordu.

Non, bien sur, tu ne serais pas venue sinon. Celle que tu étais n'aurait pas fait ça. Mais tu n'es pas non plus totalement différente.

C'est sur que tu me connais si bien… je lance avec sarcasme.

Mieux que tu le penses oui.

Bref, peu importe. Vas-tu me dire ce que tu veux en échange de ton savoir ?

Tu veux dire mis à part ma liberté ?

Oui, mis à part ta liberté.

Hum… »

Durant quelques secondes, il fait mine de réfléchir à une idée. Puis il plante ses yeux dans les miens.

« Approche-toi, ordonne-t-il.

Pourquoi le ferais-je ?

Tu as peur ?

Peur ? De toi ? Même pas en rêve ! je réponds sèchement.

Prouve-le, susurre-t-il en détachant toute les syllabes. »

Il plante ses yeux dans les miens avec une telle force que j'en vacille. Et presque malgré moi, j'avance lentement vers lui. Je distingue facilement sa langue humidifier ses lèvres avec une immense satisfaction. Et je sens comme des ondes qui m'attirent à lui, une force bien spéciale entre lui et moi. Il y a un lien affreux et indéniable qui nous lie, malgré moi. Finalement, je m'arrête à quelques centimètres de lui, comme si je reprenais un peu mes moyens, mes esprits.

« Encore, grogne-t-il.

Non, je suis déjà assez proche.

Tu vois, tu as peur !

Je n'ai pas peur !

Bien sur que si, tu crois que je ne te vois pas trembler ? Je sens ta peur émaner en grandes bouffées, j'entends parfaitement ta respiration saccadée et…

Ferme-la ! »

Je grogne ça en franchisant les derniers centimètres qui nous séparent et en attrapant sa gorge avec ma main. Je sens mes yeux rougir, mes veines noircir et ma force se décupler.

« Tu es parfaite comme ça… susurre-t-il comme en transe.

Tais-toi ! je grogne en resserrant ma prise sur sa gorge.

Embrasse-moi !

Dans tes rêves.

C'est mon prix.

Ton prix ? je répète étonnée.

Mon prix en échange de ce que je sais. Je réponds à tes questions et en échange, je veux un baiser, un vrai.

Hors de question.

C'est ça ou rien. Je t'ai proposé autre chose, tu as refusé alors maintenant, soit tu acceptes ça, soit tu m'oublies et les renseignements avec.

Bien, c'est d'accord. Mais tu parles en premier.

D'accord, mais tu as intérêt de respecter notre accord.

Mais oui. Allez, parle, je t'écoute.

Bien. Ce poison a été crée par Voldemort lui-même. Il était très doué en potions. Il n'a jamais fait de contrepoison, bien sur, ça ne lui aurait servi à rien. Il l'a crée pour que ses mangemorts puissent tuer des gens sans être incriminé. Ce poison prend effet sur six mois normalement. Avec toi, beaucoup plus vu que tu es un demi-vampire. Six mois, pour un simple sorcier, c'est le maximum. Pour un vampire, ça n'a aucun effet mais visiblement, pour un demi-vampire, c'est différent… De plus, cela fait plus d'un an, tu devrais avoir succombé même en temps que demi-vampire, surtout si tu pratiques toujours autant la magie et fais autant d'efforts. Ne me regarde pas comme ça, j'ai passé énormément de temps à t'épier, tu t'en doutes bien, susurre-t-il amusé.

Oui oui, peu importe, continues !

Je pense que l'enfant que tu portes absorbe le poison. Tu as refais des examens pour cet enfant ?

Non, j'ai découvert son existence il y a très peu de temps.

Alors il est vivant. S'il absorbe le poison à son âge et qu'il n'est pas mort, cela ne peut vouloir dire qu'une seule chose…

Ne dis surtout pas ce que tu penses, je tonne.

Que cet enfant est un vampire ou un demi-vampire au moins. S'il n'est pas mort, c'est la seule possibilité.

Tais-toi.

Bien. Mais vas faire des examens en sortant d'ici.

Est-ce que tu connais les ingrédients présents dans ce poison ? je demande pour changer de sujet. »

Amusé, il sourit et me les donne tous, avec le plus de précisions qu'il peut. Je continue mes questions pendant un très long moment, ne prêtant pas attention au temps qui passe et bloquant intentionnellement mes pensées à toute intrusion. Après un temps assez long, je constate avec satisfaction que le vampire a pu répondre à la plupart de mes questions.

« Tu as eu tout ce que tu voulais, je t'ai répondu pour toutes les questions auxquelles j'avais des réponses. Maintenant, donne-moi ce que je t'ai demandé en échange.

J'ai encore quelques questions, je déclare.

Je t'écoute.

Pourquoi m'avoir aidé ? Tu aurais pu attendre que je m'approche si terriblement de la mort que je vienne de moi-même te demander la transformation que tu as toujours voulu me faire subir.

Ne t'en fais pas, je n'ai pas perdu cette optique de vu si c'est la question qui se cache derrière ta phrase. J'ai simplement fait ça parce que je savais très bien que même lorsque la mort frappera si fort à ta porte que tu sauras que ton heure est arrivée, tu ne viendras pas. Et morte, tu ne sers plus à rien pour moi.

Je vois…

Bien, maintenant que tes questions sont finies, embrasse-moi !

Pourquoi y tiens-tu tant ? je demande intriguée.

Parce que je veux un avant goût. Je veux goûter à une partie de toi avant même que j'ai terminé ta transformation.

Tu ne me transformeras jamais. Comment puis-je être sûre que tu n'en profiteras pas maintenant ?

Je te donne ma parole. Je me serais tant battu juste pour t'avoir sur un piège si minable ? A deux, avec la transformation que tu subirais, il nous serait impossible de sortir de ce château. J'y parviendrais, seul. Et je reviendrais te chercher.

Hum, c'est beau de rêver, je lance en souriant.

Donne-moi ma monnaie d'échange. »

* Scène comprenant de la violence , vous pouvez la passer si vous le désirez *

J'hésite un instant puis lentement, je m'approche de lui en inspectant son regard qui glisse sur mon corps, me jaugeant sans vergogne. Et lorsque je suis à quelques petits centimètres de son visage, je m'arrête, le regardant, encore trop peu sûre de moi. Et c'est lui qui franchit rapidement l'espace qui nous sépare, agrippant au passage mes cheveux de sa main enchainée, pour me tirer un peu plus vers lui. L'échange est fou, sauvage. Je le sens mordiller ma lèvre sans jamais planter ses dents dedans. Sa langue franchie ensuite la barrière que forment mes lèvres pour rencontrer la mienne. Son baiser, aussi sauvage soit-il, me contente étonnement. Et contre moi-même, je le laisse le prolonger. Contre moi-même car une bataille entre mes envies, mon cœur et ma raison s'est engagée. Malheureusement, ces deux derniers voient tous leurs arguments balayés lorsque la main du vampire parvient à attraper ma taille pour me coller contre lui. Sa langue passe lentement sur mes lèvres tandis que ses mains me tiennent avec une fermeté impressionnante. Je le sais, je suis totalement à sa merci. Et ce, contre moi-même, car ce qui fait que j'accepte et que j'apprécie se trouve dans mes veines. Une partie de lui, son poison, circule en moi et m'attire irrévocablement vers lui. Lentement, il bascule ma tête en arrière et un petit sursaut me secoue.

« Je l'ai promis, je ne ferais rien, sussure-t-il d'une voix basse et rauque. Ce serait trop facile… »

Je hoche la tête avec une grande lenteur, comme engourdie. Mes mouvements sont difficiles car je lutte pour essayer de m'écarter de lui, en vain. Quant à lui, il pose ses lèvres contre ma gorge, inspirant avec une lenteur exagérée. Il se délecte de chaque sensation, baise mon cou dans toute sa longueur me faisant étrangement frémir de l'intérieur.

« Plus tu lutte contre toi-même, plus tu faiblis. Laisse-toi aller, si j'avais voulu te faire du mal, je l'aurais déjà fais depuis un moment, tu ne crois pas ? s'amuse-t-il.

Je n'ai pas confiance en toi, je souffle péniblement.

Je le sais, mais ce lien qui nous lie t'attire contre moi, que tu le veuilles, ou non. »

Sa voix résonne dans ma tête, se heurtant aux parois avec brutalité. Ma respiration est difficile et ma vision trouble. Il a raison, plus je lutte, plus je suis mal en point. Mais je ne peux pas arrêter de lutter. J'essaye doucement de le repousser, ma main contre son torse mais mes muscles semblent me lâcher. La pièce semble se mettre à tourner autour de moi, et pourtant, j'ai conscience que ce n'est qu'une impression.

Et soudain je le sens, comme la seule chose nette autour de moi, ce touché. Je sens son doigt dessiner le contour de la légère cicatrice qu'il m'avait laissé, deux ans plus tôt.

« Tu dois encore un peu vivre, le temps que je te transforme, m'ordonne-t-il. »

Il dit ça en caressant doucement ma cicatrice. Et très lentement, il plante son ongle à l'intérieur de ma chair. Une douleur vive se diffuse en moi en un éclair paradoxale à la lenteur à laquelle il enfonce son ongle. Après quelques secondes, il le retire et plante ses yeux dans les miens.

« Avec ça, tu vas être assez forte pour vivre jusqu'à ce que je vienne te chercher. Ma promesse est tenue, et même au-delà de ce que tu m'as demandé. »

Alors que je ferme les poings pour tenter de maîtriser la douleur qui me consume, il se baisse autant qu'il le peut, me maintenant près de lui, et soulève mon t-shirt. Lentement, il passe sa langue sur son doigt puis le passe sur la plaie qu'il vient d'ouvrir et je la vois presque immédiatement se refermer.

« Ne cherche pas, il n'y a que moi qui puisse avoir cet effet sur toi, celui qui t'as déjà un peu transformé. Nous sommes liés, tu le sais et tu en as la preuve. Et je te jure que je nous lierais plus encore. »

* Fin de la scène à caractères violents *

Sa phrase est à peine finie que la porte s'ouvre à la volée. Quelqu'un me tire en arrière et étonnement, il n'a aucun mal à le faire. Pourtant, il pourrait me retenir s'il le voulait… Et d'un seul coup, séparée de cet être, un vertige m'accable. Mon ventre me tiraille et ma tête me lance. Je vacille et quelqu'un me rattrape. Les paroles que j'entends n'ont plus aucun sens pour moi. Alors lentement, je me laisse tirer hors de la pièce et tout ce que je distingue, c'est une chaleur que je connais bien contre moi ainsi qu'une odeur qui ne m'est pas inconnue. Seulement, c'est deux choses sont distinctes, elles n'appartiennent pas aux mêmes personnes. Et l'une est plus ténue que l'autre. Je reconnais alors facilement la chaleur de Severus qui me tient dans ses bras, essayant de m'envoyer de la force. Et rapidement, je me force à reprendre mes esprits car je devine facilement que l'odeur que j'ai reconnue et les sortilèges qui sont prononcés plus loin appartiennent à la même personne. Je repousse alors Severus comme je le peux et regagne la pièce dans laquelle j'étais peu de temps avant. Lorsque j'y pénètre en m'appuyant contre les murs, je vois mon hypothèse confirmée : Drago est en train de s'acharner sur le vampire à grands coups de sortilèges bien placés dont il a le secret. Et visiblement, il sait très bien lesquels utiliser, même sur un vampire. Les jambes en coton, je parviens à me glisser aux côtés de Drago, attrapant son bras au passage. Et lorsque je le vois amorcer un geste pour se libérer, je murmure :

« Drago, je t'en prie… »

En entendant ma voix, il bloque tout mouvement et se tourne vers moi. N'ayant apparemment plus la force de me soutenir, mes jambes me lâchent et j'ai à peine le temps de sentir Drago me rattraper in extremis que tout ce qui m'entoure sombre dans le noir absolu.