Bonsoir à tous.

Désolée pour le retard, je n'ai pas arrêté d'effacer et réécrire certains passages, et même encore maintenant je n'en suis toujours pas satisfaite -_-" Mais bon je ne peux pas réécrire ces passages indéfiniment. Voilà donc la fin de la bataille de Poudlard.

Bonne lecture !


Wendy : Merci infiniment. Prendre le point de vue d'Hermione pendant la bataille a parfois été compliqué, surtout sur ce chapitre là. Je suis heureuse que cela ne soit pas trop frustrant malgré les répétitions des événements du livre.

Mrs Elizabeth Darcy31 : Et oui, tellement de victimes... Ca m'avait secouée quand j'avais lu ces passages dans le bouquin.


Chapitre 55 : Rien n'est terminé

Il régnait un total chaos. Tout autour d'Hermione, les défenseurs de Poudlard s'étaient redéployés pour affronter les mangemorts, tout en essayant tant bien que mal d'éviter les pieds monstrueux des géants. Les flèches des centaures continuaient de s'abattre sur la masse des combattants, dispersée chaque fois qu'ils chargeaient. Graup affrontait les géants comme il pouvait, aidé dans cette tache par Buck et les sombrals qui tournaient autour de leur tête en donnant des coups de griffes. Le grondement incessant des renforts qui arrivaient en masse ne cessait d'enfler, finissant par recouvrir le vacarme même de la bataille.

La baguette en main, Hermione tentait de percer la foule mouvante en évitant les maléfices et les flèches qui volaient de toute part. Elle vit alors, du coin de l'œil, un brusque éclat de lumière. Elle se retourna pour voir, au loin, une lame aux éclats d'argent fendre l'air et trancher la tête du serpent de Voldemort. Celui-ci hurla de fureur, mais personne ne l'entendit dans le tonnerre de la bataille.

Lentement, immobile au milieu des combattants, elle réalisa. Le serpent était mort. Le dernier horcruxe avait été détruit.

Voldemort était redevenu mortel.

- Hermione !

Le cri la ramena à la réalité tandis qu'on la tirait en arrière. Elle se baissa pour éviter un rayon mortel et attrapa la main de Ron. Ensemble, ils fendirent la foule en direction des portes du château, où la majorité des résistants de Poudlard s'était repliée. La voix d'Hagrid appelant Harry retentit au dessus de tout le reste.

Hermione et Ron n'eurent pas le temps de s'attarder sur la raison de son cri. Les défenseurs de Poudlard se pressaient maintenant en direction du hall d'entrée du château, les entrainants à leur suite. Fenrir Greyback se précipita brusquement dans le hall et Hermione para difficilement le maléfice qu'il lui envoya. Il ne s'arrêta cependant pas et la percuta violemment, la projetant à terre. Greyback, abandonnant sa baguette, la plaqua ensuite au sol sans difficulté, une des mains appuyée avec force contre sa gorge. Suffoquant, Hermione tâtonna à l'aveugle pour attraper sa baguette qu'elle avait lâchée sous le choc. Lorsqu'elle le vit lever l'autre bras cependant, elle ferma les yeux par réflexe et cessa de se débattre. La force du coup l'assomma quelques secondes. Quand elle rouvrit les yeux, elle vit Greyback se pencher vers elle, arborant un sourire cruel, dévoilant ses dents. Au même moment, les doigts d'Hermione rencontrèrent un objet en bois. Elle s'en saisit et utilisa un sort de repousse qui envoya le loup-garou au loin.

La pression sur sa gorge enfin relâchée, la jeune sorcière prit une profonde inspiration et porta la main à son cou. Bien qu'en sachant qu'il n'avait pas eut le temps de la toucher, elle avait l'impression de sentir ses dents presser contre sa peau.

Hermione reprit ses esprits à temps pour éviter un centaure qui se dirigeait droit vers elle. Elle se saisit alors rapidement de la main qu'on lui tendit et se releva. Elle avait eut de la chance de ne pas être piétinée comme bien d'autres l'avaient été, avec le temps qu'elle avait passé au sol. Elle remercia Ginny et l'aida à affronter Dolohov, tout en jetant de temps à autres des regards autour d'elle. Elle fini par apercevoir Ron, au loin, près des portes menant à la grande salle. Lui aussi la cherchait visiblement et même à cette distance, elle pu remarquer le soulagement l'envahir quand il la vit debout aux cotés de sa sœur.

Dolohov, apparemment lassé de ne pas parvenir à se débarrasser d'au moins une de ses deux adversaires, profita de l'arrivée en masse des elfes de maison pour battre en retraite. Ebahie, Hermione vit le flot de petites créatures se répandre dans tout le hall d'entrée, mené par Kreattur. Les deux sorcières profitèrent de ce répit pour rejoindre la plupart des résistants repliés dans la grande salle, non sans envoyer maléfices et sortilèges à tous les mangemorts qui passaient à portée de baguette.

Voldemort lui-même pénétra dans la grande salle, faisant face à la fois aux professeurs McGonagall et Slughorn, ainsi qu'à Kingsley. A eux trois, ils parvenaient à lui résister, sans pour autant réussir à prendre le dessus. Un peu plus loin, Bellatrix Lestrange tentait de s'en prendre à Luna. Sans se concerter, Hermione et Ginny se précipitèrent auprès de leur amie et engagèrent un combat acharné contre la mangemort. Tous comme ceux qui faisaient face à Voldemort, les trois filles parvenaient à éviter les sortilèges de Lestrange et ne lui laissaient aucun répit, mais même contre trois celle-ci les égalait en force et leur tenait tête.

Le combat durait, les trois sorcières commençaient à fatiguer, et cela se ressentait de plus en plus dans leur manière de se battre, jusqu'à ce qu'un sortilège de mort frôle Ginny. Avant que Lestrange n'ait le temps de lancer un autre maléfice, Molly Weasley se précipita sur elles en criant :

- Pas ma fille, espèce de garce !

Bellatrix éclata de rire et pivota pour faire face à sa nouvelle adversaire.

- Ecartez-vous ! ordonna celle-ci aux trois filles, avant d'engager le combat d'un grand mouvement de baguette.

Hermione prit le poignet de Ginny et elles reculèrent ensemble pour laisser le champ libre aux deux sorcières qui luttaient avec acharnement. Très rapidement, un immense cercle se forma. Il semblait que tous les combats avaient cessés, des centaines de sorciers se tenaient alignés contre les murs de la grande-salle, pour observer les deux combats qui faisaient rage au centre de la pièce : Voldemort contre ses trois adversaires, et Bellatrix Lestrange contre Molly Weasley. Hermione et Ginny se fondirent dans la masse, observant avec appréhension les deux duels. Plusieurs élèves tentèrent d'aider Molly Weasley, mais celle-ci leur ordonna de se reculer, de la laisser se battre seule.

Les élèves battirent prudemment en retraite tandis que les traits de lumière volaient de toute part. Mais même s'ils avaient voulu insister, ils n'auraient pas pu faire quoi que ce soit. C'était un duel à mort que se livraient les deux sorcières, les sorts s'enchainaient rapidement, le sol autour d'elle était brûlé et craquelé, il était impossible d'essayer de viser l'une sans craindre de toucher l'autre.

- Qu'arrivera-t-il à tes enfants quand je t'aurai tuée ? railla Bellatrix, démente. Quand maman sera partie de la même manière que Freddie ?

Hermione sentit Ginny trembler de rage et de peur contre elle. Elle accentua légèrement la pression sur son poignet pour tenter de la rassurer, tout en ayant elle-même peur de l'issue du duel.

- Tu… ne… toucheras… plus jamais… à nos… enfants ! hurla Molly.

A nouveau, Bellatrix éclata de rire.

Le maléfice que lui lança Molly passa sous son bras tendu et fila droit vers sa poitrine, pour la toucher juste au dessus du cœur. Le sourire de la mangemort de figea aussitôt, et elle sembla réaliser ce qui venait de se passer en une fraction de seconde, avant de basculer en arrière et s'abattre sur le sol.

Des rugissements de joie s'élevèrent de toute la foule massée autour de la salle. Voldemort poussa un cri, et ses trois adversaires furent projetés en arrière quand sa fureur de voir tomber son meilleur lieutenant explosa comme une bombe. Avant que qui que ce soit n'ait pu réagir, il avait levé sa baguette droit vers Molly Weasley.

- Protego !

Comme venu de nulle part, un charme de bouclier se déploya au milieu de la grande salle, entre Voldemort et sa cible. Il regarda autour de lui pour en chercher l'origine, imité par beaucoup. Des cris de stupéfaction, des hurlements de joie retentirent soudain quand, au milieu de l'immense cercle formé par les survivants, Harry enleva sa cape d'invisibilité.

Toutefois, les cris cessèrent aussitôt et un silence total tomba sur la grande-salle, alors que Voldemort et Harry s'observaient en marchant lentement, traçant un cercle parfait, sans se quitter des yeux.

- Que personne n'essaye de m'aider, lança Harry avec force. Il faut que ce soit ainsi, il faut que ce soit moi.

- Ce n'est pas ce que veut dire Potter, répliqua Voldemort dans un sifflement. Ce n'est pas comme ça qu'il se comporte. Qui vas-tu utiliser comme bouclier, cette fois, Potter ?

- Personne. Il n'y a plus d'horcruxe. Il n'y a plus que vous et moi…

Hermione ne put s'empêcher de frémir en l'entendant mentionner les horcruxes. Un moment, un bref moment, elle se demanda si celui qu'Harry portait en lui avait bel et bien été détruit. Harry vivant, comment être sur que l'horcruxe n'avait pas survécu, lui aussi ? Hermione ferma les yeux pendant un instant et tenta de se convaincre que ce n'était pas le cas. Désormais au courant de tout, Harry n'avait sûrement pas provoqué ce duel sans être absolument certain que ce serait le dernier… L'était-il vraiment ? Ce ne serait pas la première fois qu'il irait au devant du danger sans être certain de s'en sortir.

Un rire froid, sans humour, la sortit de ses pensées. Voldemort venait d'éclater de rire, et sa voix résonna dans la Grande Salle, perçant le silence lourd qui y régnait jusqu'à présent.

- Toi, tu penses connaître davantage de magie que moi ? Que moi, Lord Voldemort, moi qui ait accompli des actes de sorcellerie dont Dumbledore lui-même n'aurait jamais rêvé ?

- Oh que si, il en a rêvé, répliqua Harry. Mais il en savait plus que vous, il en savait suffisamment pour ne pas faire ce que vous avez fait.

- Tu veux dire qu'il était faible ! Trop faible pour oser, trop faible pour s'emparer de ce qui aurait pu être à lui, de ce qui sera à moi !

- Non, il était plus intelligent que vous, meilleur que vous, comme sorcier et comme homme.

- C'est moi qui ai provoqué la mort d'Albus Dumbledore !

- Vous le croyez, mais vous vous trompez.

Il y eut, pour la première fois depuis le début de leur échange, un mouvement de foule. Les centaines de sorciers et sorcières alignés le long des murs avaient ensemble pris une inspiration et retenu une exclamation.

- Dumbledore est mort ! jeta Voldemort. Son corps se décompose dans sa tombe de marbre, dans le parc de ce château, je l'ai vu, Potter, il ne reviendra pas !

- Oui, Dumbledore est mort, dit Harry d'une voix calme, mais ce n'est pas de votre fait. Il a choisi sa propre façon de mourir, il l'a choisit des mois avant sa mort, il a tout arrangé avec l'homme dont vous pensiez qu'il était votre serviteur.

- Quel est encore ce rêve puéril ?

Etonnamment, Voldemort ne frappait toujours pas, il se contentait de fixer Harry de ses yeux rouges.

- Severus Rogue n'était pas des vôtres, reprit Harry. Rogue était dans le camp de Dumbledore, depuis le moment où vous avez commencé à traquer ma mère.

Surprise, Hermione ne put s'empêcher de remarquer qu'il parlait de Severus au passé, comme s'il était bel et bien mort. Le faisait-il consciemment ? Essayait-il de le protéger, au cas où Voldemort ou un de ses mangemorts s'en sortait ? Cela lui ressemblait bien, et Hermione ne pouvait qu'en être reconnaissante. Voldemort et le monde sorcier au complet resterait convaincu qu'il avait tué l'assassin de Severus. Tant mieux. Moins nombreux seraient les sorciers à être au courant de sa survie, plus il serait en sécurité pour le moment.

Avec un pincement au cœur, elle réalisa soudain qu'elle n'avait pas de nouvelles de lui. L'infirmière lui avait bien glissé qu'elle avait vu le corps de Dorny et avait verrouillé l'infirmerie en se rendant dans la grande-salle pour assurer les premiers soins, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être inquiète malgré tout. Normalement aucun mangemort n'était monté dans les étages pendant la dernière heure, mais et si l'un d'eux avait eut l'idée de monter malgré tout ?

Non, c'était ridicule. Tout le monde le croyait mort, et si quelqu'un avait appris la vérité, il serait sans doute allé en parler, soit à Voldemort, soit à la directrice.

C'était absurde de s'inquiéter, dans l'infirmerie, il se trouvait en fait bien plus en sécurité qu'eux tous ne pouvaient l'être.

Tout en essayant de s'en convaincre, Hermione s'efforça de reporter son attention sur l'échange entre Harry et Voldemort, qui continuaient de tourner indéfiniment, sans jamais tenter d'attaquer.

- …écouté Ollivander ? questionnait Harry. C'est la baguette qui choisit son sorcier. Or, la Baguette de Sureau s'est reconnu un nouveau maître avant que Dumbledore ne meure, quelqu'un qui n'avait jamais posé la main dessus. Ce nouveau maître à enlevé la baguette à Dumbledore contre la volonté de celle-ci, sans jamais très bien comprendre ce qu'il avait fait, sans comprendre que la baguette magique la plus dangereuse du monde s'était soumise à lui.

Tandis qu'Harry parlait, la respiration de Voldemort s'était accélérée. On pouvait aisément deviner qu'il se retenait de lancer un maléfice, mais qu'il ne tarderait plus, désormais. Le dénouement était proche.

- Le véritable maître de la Baguette de Sureau était Drago Malefoy.

Pendant un court instant, une expression de totale stupeur passa sur le visage de Voldemort, pour disparaître aussitôt.

- Qu'est-ce que cela change ? Même si tu as raison, Potter, dit-il d'une voix douce, cela ne fait aucune différence, ni pour toi ni pour moi. Tu n'as plus la baguette à la plume de phénix. Notre duel reposera sur la seule habileté… Et quand je t'aurai tué, je m'occuperai de Drago Malefoy…

- Mais il est trop tard pour vous, répliqua Harry. Vous avez laissé passer votre chance, je suis arrivé le premier. J'ai vaincu Drago, il y a quelques semaines. Je l'ai désarmé, comme il avait lui-même désarmé Dumbledore. Tout revient donc à cela, n'est-ce pas ? La baguette que vous tenez dans votre main sait-elle que son dernier maître à subit un sortilège de désarmement ? Si c'est le cas… je suis le vrai maître de la Baguette de Sureau.

A cet instant, une lueur rouge et dorée traversa le ciel enchanté de la Grande Salle, tandis qu'un soleil éclatant dessinait les contours des fenêtres. Le soleil naissant éclaira leur visage au même instant. Les cris des deux sorts lancés en même temps se confondirent.

- Avada Kedavra !

- Expelliarmus !

La détonation qui s'ensuivit fut semblable à un coup de canon, et des flammes dorées explosèrent entre eux lorsque leurs deux sorts se rencontrèrent, en plein centre du cercle qu'ils n'avaient cessé de tracer. La Baguette du Sureau s'envola lorsque les jets de lumière se heurtèrent, et tournoya sous le plafond enchanté vers Harry, qui l'attrapa avec habileté. Au même instant, Voldemort bascula en arrière, les bras en croix, et s'abattit au sol, inconscient.

Il y eut un instant de silence, un instant durant lequel le temps fut comme suspendu. Puis, vint l'explosion. Les cris, les acclamations, les rugissements de la foule rassemblée éclatèrent dans un même élan, autour du Survivant. Tous se précipitèrent vers lui. Avant d'avoir réalisé, Hermione se retrouvait à le prendre dans ses bras, imitée par Ron. Puis, tous les autres l'atteignirent, Ginny, Luna, Neville, les professeurs, les Weasley, Kingsley, tous se précipitèrent pour essayer de l'étreindre, le toucher, l'acclamer.

Très vite, Hermione et Ron durent s'écarter, car la présence d'Harry semblait être devenue indispensable à tout le monde. Ils le virent passer d'une famille, d'un groupe d'amis à l'autre, chacun souhaitant partager avec lui joie comme deuil, chagrin comme fête. Harry devait parler à tous, recevoir la gratitude, serrer les mains, écouter les nouvelles qui se répandaient au fur et à mesure que la matinée avançait.

Une fois le choc passé, le corps de Voldemort fut emmené dans une autre salle, loin de ceux de Fred, Tonks, Lupin, Colin et des cinquante autres qui étaient mort en le combattant. Hermione et deux autres sorcières allèrent à nouveau aider l'infirmière à administrer les soins aux blessés réunis dans un coin de la pièce, tandis que les professeurs remettaient en place les longues tables. Plus la matinée avança, plus les bancs se remplirent, sans que personne ne tienne compte de la maison à laquelle il appartenait. Tous étaient mélangés, enseignants et élèves, centaures et elfes de maison, fantômes et parents.

Lorsque plus aucun blessé ne se trouva en danger immédiat, Hermione et les deux sorcières qui aidaient aux soins rejoignirent les autres. Ron, qui était auparavant assis avec sa famille, se leva et vint à sa rencontre. Sans un mot, ils allèrent s'asseoir un peu plus loin, là où il y avait assez de place pour trois personnes, pour le moment où, enfin tranquille, Harry pourrait les rejoindre. Une vingtaine de minutes plus tard, ils entendirent un murmure venant de l'espace vide entre leurs épaules.

- C'est moi. Vous venez ?

Ils se levèrent aussitôt et sortirent de la salle le plus discrètement possible. Une fois dans le hall, Harry retira sa cape et ils montèrent ensemble l'escalier. D'énormes morceaux en avaient été arrachés, et une partie de la rampe avait disparu. Ils gravirent les marches parsemées de gravats et de tâches de sang, jusqu'à entendre, au loin, Peeves qui chantait un air de sa composition :

On les a eus

Vaincus, battus

Le p'tit Potter est un héros,

Voldy nourrit les asticots,

Ils ont tous été écrasés,

Maintenant on peut rigoler !

- Voilà qui exprime bien l'ampleur et la tragédie de l'événement, vous ne trouvez pas ? dit Ron en ouvrant une porte pour laisser passer Harry et Hermione.

Hermione ne put s'empêcher de sourire légèrement. Peeves avait un don pour agir de manière complètement décalée, et elle se sentit un peu plus légère en entendant son chant victorieux.

Harry prit soudainement la parole, et révéla d'abord à Ron l'existence du dernier horcruxe, sans oublier de mentionner que Severus avait chargé Hermione de le lui révéler. Puis Harry continua en décrivant précisément tout ce qui s'était dans la forêt. Avant que l'un ou l'autre n'ait pu réagir ou poser des questions, ils arrivèrent à destination.

La gargouille qui gardait ordinairement l'entrée du bureau du directeur avait été renversée sur le coté. Hermione se demanda si elle devait donner le mot de passe, mais Harry la devança :

- On peut monter ?

- Allez-y, grogna la statue.

Les trois Gryffondor l'enjambèrent et gravirent les escaliers. Harry poussa la porte, et immédiatement, un bruit assourdissant retentit tout auteur d'eux, faisant sursauter Hermione. Tous les directeurs, dans leurs cadres, applaudissaient dans une véritable ovation, agitant leur chapeau, tendaient les bras hors de leurs cadres pour se serrer la main, dansaient et sautaient sur leurs fauteuils. Phineas Nigellus s'écria qu'on ne devait pas oublier la contribution de sa maison, mais aucun des trois élèves ne l'écoutait vraiment. Ils contemplaient tous les trois le plus grands des tableaux, juste derrière le fauteuil du directeur. Les larmes coulaient dans la grande barbe argentée de son occupant, et il émanait de lui fierté et gratitude.

Les portraits se turent quand Harry leva les mains, attendant qu'il prenne la parole.

- La chose qui était cachée dans le vif d'or, commença-t-il, je l'ai laissée par terre, dans la forêt. Je ne sais plus exactement où, mais je ne vais pas aller la rechercher. Vous êtes d'accord ?

- Oui, mon cher Harry, répondit Dumbledore, tandis que les autres portraits le fixaient avec perplexité. C'est une décision sage et courageuse, mais je n'en attendais pas moins de toi. Quelqu'un d'autre sait où elle est tombée ?

- Personne. Mais je vais garder le cadeau d'Ignotus.

- Bien sûr Harry, s'exclama Dumbledore avec un sourire radieux. La cape est à toi, jusqu'à ce que tu décide de la léguer à quelqu'un.

- Il y a également ceci.

Harry montra la baguette de Sureau, et Hermione ne put s'empêcher de la regarder avec une certaine envie.

- Je n'en veux pas.

- Quoi ? s'exclama Ron. Tu es dingue ?

- Je sais qu'elle est puissante, mais la mienne m'a toujours très bien convenue. Alors… je vais remettre la Baguette de Sureau là où elle était, affirma-t-il tandis que Dumbledore le regardait avec affection, et une immense admiration. Elle peut bien y rester. Si je meurs de mort naturelle, comme Ignotus, son pouvoir sera brisé, n'est-ce pas ? Son dernier maître n'aura jamais été vaincu. Ce sera la fin.

Dumbledore approuva d'un signe de tête et ils échangèrent tous deux un sourire.

- Tu en es sûr ? demanda Ron.

Hermione comprit la décision d'Harry à l'instant où elle entendit la convoitise pointer dans la voix de Ron. Elle frissonna en pensant qu'elle-même éprouvait une certaine attirance pour cette baguette.

- Je crois qu'Harry a raison, murmura-t-elle.

- Cette baguette cause trop d'ennuis pour ce qu'elle vaut. Et très sincèrement, j'ai eu suffisamment d'ennuis pour le reste de mes jours.

Dumbledore acquiesça de nouveau, puis se tourna vers Hermione. Celle-ci soutint son regard perçant quelques secondes, puis il lui fit un sourire entendu.

- Harry, Ron, pouvez-vous me laisser seule un instant ? demanda-t-elle. Je voudrais parler au professeur Dumbledore.

Bien qu'étonné, les deux garçons acquiescèrent et sortirent du bureau. A présent qu'elle était seule avec lui, Hermione éprouva une légère hésitation et de l'appréhension à l'idée d'aborder le sujet devant le regard scrutateur de tous les autres directeurs.

- J'ai compris, dit-elle à vois basse. J'ai compris ce que vous vouliez me dire la dernière fois. J'ai trouvé la bonne question… et la réponse.

Sans un mot, Dumbledore hocha la tête et l'invita à continuer.

- J'aurai plutôt dû me demander ce qui ce serait passé si vous n'aviez pas prévu tout ça. C'était le seul moyen de vaincre, personne d'autre ne connaissait la vérité, personne ne pouvait le faire à votre place. Si Severus n'avait pas espionné pour vous, nous n'aurions jamais eut autant de renseignement, et aucun autre sorcier n'aurait eu le courage et les capacités de le faire à sa place. Si Harry n'avait pas affronté Voldemort si souvent, s'il avait eut un caractère différent, s'il ne s'était pas sacrifié, nous aurions perdu la guerre. Vous ne l'avez pas fait par plaisir, vous n'aviez pas le choix. C'est injuste de vous le reprocher.

- Mais c'est logique et tout à fait excusable, ajouta Dumbledore avec un sourire compréhensif. A présent miss Granger, allez retrouver messieurs Potter et Weasley, vous avez une victoire à célébrer.

- Merci monsieur.

Au moment où Hermione allait se détourner pour partir, Dumbledore l'interpela :

- Comment va-t-il ?

Elle leva à nouveau le regard vers le tableau.

- Il a bu l'antidote, dit-elle difficilement. Il est à l'infirmerie, toujours inconscient, et on ne sait pas s'il se souviendra de ces derniers mois. Mais Harry a dû révéler devant tout le monde son statut d'espion, alors pour l'instant on continue de faire croire qu'il est mort.

- C'est une sage décision. Dans les jours à venir, les mangemorts en fuite vont chercher à venger la mort de leur maître. Faites bien attention à vous, à vous tous.

- Je le dirai à Ron et Harry, assura Hermione avant d'ajouter : merci pour tout.

Elle sortit du bureau et retrouva les deux garçons qui attendaient devant la gargouille renversée. Ils ne lui posèrent aucune question, et Hermione leur en fut reconnaissante. Elle ne leur expliqua pas ce qu'elle avait dit au directeur, mais leur transmit cependant son dernier avertissement.

A peine eut-elle fini de parler qu'Harry s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. Elle mit un peu de temps à répondre à son étreinte, ne sachant pas réellement la raison de ce soudain élan d'affection.

- Hermione, arrête de t'en vouloir d'accord ?

La sorcière soupira légèrement et baissa le regard en croisant les yeux d'Harry. Voyant cela, il la prit par les épaules et dit calmement :

- Tu as fait ce qu'il fallait faire, d'accord ? Si tu ne me l'avais pas dit, non seulement l'horcruxe aurait survécu mais Jedusor serait devenu le maître de la baguette. Maintenant c'est terminé et je suis en vie, c'est tout ce qui importe.

- Je sais Harry… il va juste me falloir un peu de temps.

- D'accord… Bon, vous devriez aller dormir tous les deux, ajouta finalement Harry, avant de sortir la baguette de Sureau pour la faire lentement tourner entre ses doigts. Moi, j'ai une dernière chose à faire.

Hermione et Ron acquiescèrent, et se dirigèrent vers le dortoir tandis qu'Harry prenait le chemin du parc, afin de se rendre auprès de la tombe blanche de Dumbledore. Silencieusement, Hermione et Ron montèrent jusqu'au septième étage, devant parfois modifier leur chemin à cause de trous béants en plein milieu des escaliers, ou de montagnes de gravats bloquant les couloirs. Quand ils arrivèrent devant le portrait de la grosse dame, Ron s'arrêta soudain, sans prêter attention aux questions pressantes de l'occupante de la tapisserie.

- Dis, qu'est-ce que tu crois qu'il va se passer maintenant ?

- Comment ça ?

- Et bien, Voldemort est mort, mais la guerre n'est pas fini, hein ? C'est ça, ce que voulait dire Dumbledore. Ca n'est pas terminé, on reste en danger malgré tout, et puis l'école est en partie détruite, la moitié des postes du ministère est vide, plus rien ne fonctionne.

Hermione se rendit compte qu'il avait tout à fait raison. Voldemort était mort, mais la victoire avait un prix. Le monde sorcier se retrouvait en ruine, les familles détruites, le ministère et l'école tombés. Et les mangemorts avaient fuis et chercheraient bientôt à se venger. La guerre n'était pas terminée pour autant.

- C'est vrai, dit-elle lentement. Ca n'est pas fini. Il faudra du temps avant que ce le soit vraiment. On va aider à reconstruire l'école, et après on a nos études à finir, nos diplômes à obtenir. C'est aux aurors de se charger du reste, nous, on a fait ce qu'on a pu.

- Tu as raison… admit Ron. Allons-y, on a bien mérité de dormir un peu.

- Bonne nuit Ron, dit-elle avant de donner le mot de passer et d'entrer dans la salle commune.

- Bonne nuit…


Il y a de nombreuses répétitions par rapport au livre dans ce chapitre là, j'ai essayé de les éviter au maximum, mais il en reste pas mal malgré tout, alors j'espère que cela n'est pas dérangeant :/ N'hésitez pas à commenter.

Je publierai le chapitre 56 le 11 mai. Je ne suis pas certaine de publier une traduction dimanche prochain, ma bêta est pas mal occupée en ce moment.

J'aimerai aussi beaucoup savoir quel genre de fictions vous aimeriez lire. S'il y a des types de fics que vous aimeriez voir, je serais très curieuse de le savoir, ça pourrait me donner des pistes pour de futures traductions. J'aimerai en traduire d'autres sur Harry Potter, mais je ne sais pas trop quoi choisir.

Je vous dis à la prochaine, bye ! :)