Chapitre 53 : La pire minute de sa vie écrit le 25/08/2005 réécrit le 24/07/06
Ginny était sous le choc. Elle regardait la main d'Harry comme si c'était la dernière chose qu'elle allait voir de son vivant. Sortir avec Harry, oui, lui consacrer sa vie entière, passait encore, lui donner un enfant, devenait inavouable mais, devenir sa femme, devenir madame Harry James Potter, non, cela, elle ne l'avait jamais caressé même en rêve. Cela faisait partie des petites choses de la vie qu'elle estimait hors de sa portée bien que l'envie ne lui en manquait pas. Elle aimait Harry, peu de gens l'ignorait dans son entourage à force de l'avoir fait comprendre plus jeune, et s'imaginait éventuellement être sa compagne jusqu'à sa mort de manière cachée et officieuse, au grand jamais elle n'avait pensé qu'il la voudrait comme officielle. Elle n'en revint vraiment pas. Il l'avait réellement demandé en mariage et de la manière la plus romantique possible en plus. Elle le regardait sans réaliser et ne se rendit pas compte à quel point le temps défilait à grande vitesse. Le pauvre Harry vivait alors les minutes les plus angoissantes de sa vie. Ron disait toujours en rigolant sur ce sujet que les filles ne refusaient jamais ce genre de demandes et que les garçons avaient tord de stresser pour rien mais Harry avait bien vu ce même homme suer en attendant qu'Hermione lui dise ce tout petit mot magique qu'était « oui ». Et puis, Ginny, n'était pas non plus comme toutes les femmes. Elle avait un caractère très… Weasley et de ce fait imprévisible. Après ce qui venait de se passer entre eux, elle pouvait légitimement dire non. Et c'est bien ce qui se profilait à l'horizon vu son silence. Elle le fixait sans rien dire, ni même faire un seul mouvement et Harry commençait à l'interpréter comme un refus de sa part. Seulement, maintenant, il ne savait plus comment réagir, il était complètement perdu et se rendit à l'évidence que si la réponse devait être positive, il y avait longtemps qu'elle se serait manifestée. Hors après plusieurs minutes à en avoir mal aux genoux, toujours rien. Tout s'écroula alors autour de lui. Elle lui disait tout simplement non dans un silence glacial. Le mieux qu'il estima pour lui était d'en faire tout autant et de la laisser retourner à son bal. Il s'en voulut d'avoir été trop vite en besogne et imaginait déjà ce qui aurait pu se passer entre eux s'il n'avait pas eut le malheur de vouloir plus avec elle. Il décida alors de partir et après s'être relevé et avoir remis la bague dans sa poche, il la regarda à nouveau, lui sourit tel un adieu et commença à partir. Tel un électrochoc, Ginny réalisa alors que son silence avait été mal perçu par l'homme qu'elle aimait et lui rattrapa la main.
- Mais où pars-tu comme ça, mon amour ?
- « Mon amour » ? S'étonna Harry avant d'en vouloir une confirmation. Tu as bien dit « mon amour », Ginny ? Répéta-il avait un sourire qui devenait rayonnant.
- Oui, Harry ! Répondit-elle en le regardant amoureusement.
- J'ai pas mal entendu alors, alors, est-ce que… enfin, Gin'…
- Je viens de te dire oui, Harry…
- Oui ? Mais oui à quoi ? Demanda-t-il en osant espérer la réponse qu'il attendait.
- Oui, Harry James Potter, j'accepte d'être ta femme, lui murmura-t-elle tendrement avant de se glisser dans ses bras et l'embrasser.
- Je t'aime Ginny, dit-il doucement.
- Moi aussi, je t'aime Harry.
A voir la scène sans en perdre une seule miette, Geoffrey comprit qu'il avait perdu Ginny pour toujours et s'en alla le cœur déchiré. Pour les deux tourtereaux, l'instant était des plus importants dans leur vie et ils mesuraient à quel point ils avaient failli ne jamais le voir venir. Harry la resserra encore davantage en sondant sa chance d'avoir réalisé ce qu'il devait faire à temps et d'avoir réparé toutes ses erreurs passées. Il n'avait à présent plus aucun doute sur ce qu'il voulait et savoir que maintenant, il avait obligation de vivre pour ne jamais la faire veuve, le rendait plus fort au fond de lui. Finalement, Lucius Malefoy avait eu raison de se méfier d'elle deux ans plus tôt parce que maintenant, rien ne pourrait plus l'arrêter dans son envie d'éradiquer toute menace et d'offrir un monde en paix pour celle qu'il aimait.
Harry approcha ensuite sa tête de celle de Ginny et l'embrassa tendrement. Seulement ce baiser succéda à un autre puis ils s'embrassèrent longuement comme s'ils voulaient rattraper tous ces mois séparés l'un de l'autre. Ils ne remarquèrent donc pas qu'ils étaient à présent seuls dans le hall. Tous les autres élèves étaient en train de danser dans la grande salle et très peu de chanceux surent que ce fut ce soir là que le célèbre Harry Potter demanda la main de sa future épouse. Une bonne demi-heure plus tard, Harry se recula légèrement et la regarda tout en lui caressant les cheveux, chose qui lui avait manquée terriblement.
- Je crois qu'on est tout seuls, remarqua-t-il finalement.
- Tant mieux, répondit-elle avec un petit sourire malicieux.
- Ginny, je serais là à ton arrivée du Poudlard Express, annonça-t-il avec un pincement au cœur de se dire qu'il devait la laisser encore un peu loin de lui.
- J'y compte bien monsieur mon fiancé ! D'ailleurs, il faudra que tu demande ma main officiellement à mon père, et interdiction de se défiler, ordonna-t-elle d'un ton persuasif.
- Oh, c'est gentil de me le rappeler, j'allais complètement oublié ! Ironisa Harry en la faisant rire. D'ailleurs en parlant de ça, j'ai oublié autre chose…
Harry ressortit alors la bague que son père avait en son temps donné à sa mère et la fit glisser lentement au doigt de Ginny non sans émotion. Ginny comprit tout de suite la valeur sentimentale de ce qu'elle portait maintenant à son annulaire gauche et ne put s'empêcher de verser quelques larmes. Ce qui la toucha d'autant plus c'est qu'elle savait qu'Harry aurait pu en prendre une tout à fait au hasard dans une boutique, aussi grosse que chère pour illustrer comme beaucoup le pensait, son amour, mais porter la bague de la mère d'Harry en était plus que symbolique à ses yeux. Elle était inestimable à l'un comme à l'autre et Ginny ne put s'empêcher de graver cet instant à jamais dans sa mémoire.
- Elle est magnifique Harry…
- Pas autant que toi Ginny…Et puis, c'est en attendant de t'en mettre une autre au doigt !
- Demande donc d'abord à mon père si le courage t'en dit ! Répliqua-t-elle en essayant de le taquiner un peu.
- Dès demain Ginny, soupira-t-il en comprenant dès lors qu'il n'aurait que rarement le dessus sur sa femme.
- Que fait-on maintenant? Demanda-t-elle assez mal à l'aise en pensant à une reprise légèrement plus sérieuse de leur relation, devenue adulte et responsable.
- Je préfèrerais ne pas aller dans la salle Ginny, si ça ne te dérange pas. Même si j'ai envie de crier au monde entier ma joie actuelle, je préfère ne pas provoquer le danger qui va très prochainement se frotter à nous. Mais, je vais te raccompagner dans ta salle commune si tu le veux bien et on pourra parler tranquillement jusqu'à ce que les premiers reviennent de la soirée.
- Ca ne me dérange absolument pas Harry, bien au contraire… J'adore être seule avec toi… Mais, je te propose une route nettement moins directe histoire de profiter de mes derniers instants dans ce château.
- Avec plaisir ! Répondit-il avant de l'embrasser furtivement et de l'entraîner dans un petit passage sous les grands escaliers.
Sous l'indignation de beaucoup de tableaux vieux jeux du point de vue de Ginny, Harry et elle mirent environ deux heures pour faire les deux cents petits mètres reliant le grand hall à l'entrée de la salle commune de Gryffondor. Ils purent ainsi s'expliquer sur ce qu'ils avaient tous les deux ressentis ces derniers mois et ce fut vraiment libérateur. A quelques pas de la grosse dame, ils avaient remis les compteurs à zéro et leur relation semblait plus proche de l'osmose que jamais. Bien évidemment, quelques arrêts furent obligatoires afin de ponctuer ce trajet de quelques moments d'intimités et Ginny fut même quelques peu déçue de la timidité de son fiancé. Harry et elle n'avaient jamais encore franchi le cap d'une relation dite sérieuse et cela commençait à la travailler. Après tout, ils étaient maintenant fiancés et Harry avait dix-huit ans. Même s'ils venaient juste de reprendre, le charme de la soirée aurait été propice à une connaissance plus profonde de l'autre. Seulement Harry, et elle l'aimait aussi finalement pour cela, était plus prude dans ce domaine et elle dut se contenter de quelques timides caresses assez chastes. L'un en face de l'autre, juste devant la grosse dame qui avait un peu trop célébré la fin d'année, Harry se força à lui dire au revoir avant que des anciens camarades ne les surprennent. Il l'embrassa une dernière fois avant de lui promettre de la tenir au courant quant à la réaction de ses parents lorsqu'il les aurait prévenu de l'évènement. Il commença à reculer en arrière tout en ne la quittant pas des yeux et ajouta quelques phrases qui semblaient lui tenir à cœur avant de partir.
- Ginny, je t'aime, ne l'oublie jamais s'il te plait.
- Ne t'inquiète pas Harry, je ne risque pas d'oublier, confirma-t-elle tout en regardant à nouveau sa bague de fiançailles.
- A dans moins d'une semaine mon cœur.
- J'ai hâte d'y être, répondit Ginny.
- Au revoir ! Termina Harry en lui faisant un signe de la main qui l'empêcha de voir la marche juste derrière lui et qui manqua de peu de le faire trébucher sous le pouffement discret de sa fiancée.
Assise confortablement dans un des fauteuils du salon en train de lire un vieux livre emprunté dans la bibliothèque des Black, Lily était plus occupée à surveiller la pendule qui logeait au dessus de la cheminée qu'à finir la phrase en cours depuis plus d'une heure maintenant. Lorsqu'elle sonna les onzes heures, Lily semblait de plus en plus anxieuse et se laissait aller à deux solutions possibles à l'absence de son père. Soit Ginny l'avait envoyé balader et il écumait les bars à s'en perdre la raison, ce dont elle doutait fort vu son caractère, soit c'était aux côtés de sa mère qu'il finissait la soirée. La torture de ces deux hypothèses fut néanmoins vite terminée lorsqu'elle entendit la poignée faire un tour sur elle-même, prévision de l'arrivée de son père. Elle en jeta presque son livre sur le sol et se rua sur lui afin d'avoir des informations pouvant calmer son esprit. Le sourire béa qu'il arborait finit de lui faire comprendre la situation et Lily n'hésita pas une seconde à le féliciter avant de monter dans sa chambre pour envoyer un courrier à sa mère et en faire de même.
Le lendemain, alors que Lily se prenait une grasse matinée bien anormale pour cette lève tôt habituelle, Harry prit son courage à deux mains et se prépara à respecter sa promesse. Il s'habilla avec un minimum de soin, répéta dix fois comment il allait finalement leur annoncer qu'il venait leur voler leur fille unique et finit par se calmer en se disant que de toute façon, qu'ils soient d'accord ou pas, seul l'avis de Ginny comptait. Fort de cet argument, il lança la poudre de cheminette et prononça le fatidique « Le Terrier ».
Dans un vacarme assourdissant, un amas de poussière s'étala sur le sol à peine sec du salon des Weasley et croyant voir y sortir l'un de ses fils, elle commença à hausser le ton en proférant des menaces maternelles jusqu'à ce qu'elle devine la silhouette de son fils d'adoption.
- Harry ? S'exclama Molly surprise de le voir arriver chez elle en pleine semaine.
- Bonjour Madame Weasley, dit-il tout en débroussaillant sa cape de sorcier avant d'avancer au centre du salon.
- Comment vas-tu, demanda-t-elle tout en le couvrant de bisous comme elle le faisait à chaque fois sans aucune retenue.
- Bien, bien, merci, est-ce que monsieur Weasley est là ?
- Il arrive dans, commença-t-elle à dire tout en regardant alors l'horloge magique, et bien, il ne devrait plus tarder, l'aiguille indique qu'il est parti de son travail. Il y a quelque chose de grave pour que tu viennes en plein après-midi ? Pas que je vais m'en plaindre je te rassure, c'est juste inhabituel, c'est tout, expliqua Molly tout en remarquant la tenue assez élégante du survivant, elle aussi inhabituelle.
- Heu, non, tout va bien, rassura Harry. Je…balbutia-t-il, je voudrais juste lui poser une question.
- Ah, s'exclama-t-elle soupçonneuse tout en entendant son mari franchir la porte d'entrée. Et bien, tu vas être exaucé. Arthur, je suis dans le salon. Nous avons de la visite mon chéri ! Ajouta Molly avant de le voir arriver et se dévêtir de son chapeau. Regarde, Harry est là. Il voulait te voir.
- Ah ? S'étonna-t-il tout en le saluant d'une poignée de main. Allons nous asseoir, on y sera mieux pour discuter, proposa-t-il au grand soulagement de Harry qui ne se fit pas prier pour le coup. Alors mon garçon, que voulais-tu me dire ?
- Hé bien, commença-t-il à dire alors que Molly apportait un plateau composé de trois tasses fumantes de thé accompagnées d'un pudding visiblement fraîchement préparé.
- Un sucre ou deux Harry ? Demanda Molly, faisant ainsi reculer le courage de l'élu.
- Un, merci…
- Au fait, Ron nous a dit que tu avais réussi tes examens, des félicitations s'imposent ! Déclara Arthur ravi.
- Je n'avais personnellement aucun doute pour notre petit Harry. Par contre, je dois dire que Ginny nous a bien surprise avec les excellentes notes qu'elle a obtenues cette année. Avec un peu de chance, elle va faire mieux que tous ces frères réunis… ajouta-t-elle non sans une certaine fierté démesurée.
- Et bien justement, tenta de reprendre Harry avant que son futur beau-père ne le coupe involontairement.
- Tu es injuste Molly ! Ron a eu son diplôme et va rentrer par la grande porte au ministère, George et Fred font fortune avec leurs boutiques, Percy fait une belle carrière diplomatique, Charlie est une référence dans son domaine et Bill est une pointure financière maintenant. Je suis extrêmement fier de tous mes enfants, quelque soit leur nombre d'Aspics… ou pas…
- Oui, oui, Arthur, soit, mais quand même, je suis fière que ma Ginny brille si bien dans ses études, excuse-nous Harry, tu disais ? Reprit-t-elle en le faisant limite sursauter.
- Que je voudrais vous demander la main de votre fille, répondit-il assez rapidement avant d'avaler d'une traite sa tasse de thé au point de se brûler la langue.
- Ginny ? Demanda Arthur, absolument pas préparé à ce genre de questions venant de sa part si soudainement.
- Heu… Oui… Je ne crois pas que vous ayez d'autres filles…répondit-il en mesurant la hauteur de sa blague ratée.
- Tu veux épouser ma Ginny ? Répéta Molly histoire de l'entendre encore une fois et être sûre de ne pas avoir transposé ses rêves à la réalité.
- Heu… oui, répondit-il un peu inquiet de la réaction des Weasley qu'il interprétait comme trop glaciale pour être bien reçue.
- Par Merlin… Enfin ! Hurla Molly. Oh mon cher Harry, depuis le temps qu'on attendait ça ! Par Merlin, par Merlin, par Merlin… Oh Arthur, tu as entendu hein ? Il demande notre bébé en mariage ! Mon tout petit va devenir Madame Potter… Par Merlin… J'ai toujours su qu'un jour tu serais mon fils ! Par Merlin, je n'osais plus y croire… Mais attends un peu, tu l'as déjà demandé à Ginny, au moins avant de venir ? Paniqua Molly en imaginant une réponse négative qui signifierait que rien n'était encore joué, surtout avec sa tête de mule de fille lorsqu'il s'agissait d'Harry.
- Oui, répondit Harry en étant sur la réserve ne sachant pas trop comment réagir.
- Et elle a dit oui ? Insista Molly tout en lui réservant du thé à outrance.
- Oui…
- Par Merlin, quel bonheur ! S'exclama Molly Weasley avant d'embrasser plus que nécessaire son futur gendre.
- Hum, hum, toussota Arthur. Molly, c'est à moi qu'il a posé la question, il me semble ! Reprit alors Arthur.
- Ah heu oui… pardon chéri, je t'en prie voyons, s'excusa Molly avant de faire un clin d'œil à Harry pour le rassurer de la future réponse de son mari.
- Harry Potter, sache que c'est avec joie que je t'accorde la main de ma fille unique Ginevra Weasley et permet-moi au nom de ma famille de vous souhaiter plein de bonheur.
- Et plein d'enfants ! Ajouta Madame Weasley provoquant ainsi une gêne mesurable d'un Harry vierge de toute expérience dans ce domaine.
- Oui, heu…Merci monsieur. Je vais vous laisser, je dois aller prévenir Ginny que vous avez accepté et je dois… heu… enfin plein de choses à préparer, balbutia-t-il toujours pas remis de la dernière remarque de sa future belle-mère.
- Oui, oui vas-y donc et embrasse la pour nous hein, termina une Molly au sourire flamboyant tout en le regardant repartir par la cheminée. J'espère qu'eux au moins nous feront des roux…
- Molly ! S'indigna Arthur en sachant très bien pour qui valait cette remarque.
Alors que le château commençait à voir le soleil se coucher sur l'horizon, un hibou blanc que Ginny reconnaissait parmi des milliers arriva à la fenêtre de son dortoir. Sans ménagement, elle ouvrit la fenêtre et caressa Hedwige avant de prendre son précieux chargement. La lettre était certes assez courte et spartiate mais ces quelques mots finirent de compléter le bonheur fou que ressentait cette jeune fille à peine majeure.
Mon cœur,
C'est avec joie que je t'annonce que tu es officiellement ma fiancée.
Bien à toi
H.P.
