Note : Coucou ! Ca faisait longtemps que j'étais bloquée sur celui-ci, je suis contente d'avoir enfin trouver l'inspiration =D Bonne lecture à tous !

Personnage : Keiko


Instant 54 : Miracle

Keiko attendait dans la salle d'attente de l'hôpital, les mains crispées sur les genoux, les épaules légèrement tremblantes. Elle ne savait pas pourquoi elle n'avait parlé à personne de ses examens, ni à ses parents, ni à son fiancé. Pourtant, il était le premier concerné. Avec elle bien sûr.

- Mlle Asakura ? l'appela un vieux monsieur aux cheveux grisonnant dont l'âge devait approcher la cinquantaine.

Elle déglutit et se leva. Ils se serrèrent la main et le médecin l'invita à entrer s'asseoir dans son cabinet. Le choc fut rude. Très rude.

Quelques larmes coulèrent sur les joues fraîches de Keiko et les explications du médecin se perdirent dans des brumes noires. Elle n'avait retenu qu'une seule chose du discours : elle était stérile.

- Cependant, une insémination artificielle reste possible. Mlle Asakura ?

Elle sursauta et ramena son attention sur le médecin.

- Oui, je…

Sa voix la lâcha.

- Je comprends que vous soyez déboussolée et je suis désolée de devoir vous apporter une si triste nouvelle, mais cela ne veut pas dire que vous ne pourrez jamais avoir d'enfants.

Keiko l'écouta sans l'entendre. Elle ressortit de l'hôpital avec la tête dans un autre monde, ruminant ses sombres pensées. Elle devait rejoindre son fiancé en ville, ils avaient rendez-vous dans un restaurant italien. Elle se rendit chez elle et y resta, allongée sur son lit, les yeux dans le vague, les mains posées sur son ventre.

Comme elle aurait pu s'y attendre, son fiancé déboula deux heures plus tard, furieux. Il lui reprocha de ne pas répondre au téléphone et cria beaucoup, râlant sur le temps qu'elle lui avait fait perdre et pour ce dont il était passé par sa faute.

- Tu m'imagines tout seul à t'attendre à une table ? Je suis passé pour un naze à qui la copine a posé un lapin !

Keiko ne lui prêtait aucune attention.

- Keiko tu m'écoutes ? s'énerva-t-il.

- Je suis stérile, lâcha-t-elle d'une voix étrangement calme.

C'était dit d'un ton vague, atone, comme si ce n'était pas elle qui parlait mais une personne extérieure qui se contentait de relater les évènements.

- Quoi ? Comment ça ? Comment le sais-tu ?

La même voix curieuse lui narra la visite de Keiko à l'hôpital, tremblant lors du verdict émis par le médecin.

- Tu as choisi de ne pas m'en parler, marmonna son fiancé.

- Je t'en parle maintenant, souffla la jeune femme.

Il garda la tête baissée un moment, le visage sombre. Keiko ne lui jeta même pas un regard, trop désorientée elle-même pour pouvoir gérer les états d'âme de son fiancé.

Finalement, il remit la veste qu'il venait à peine d'enlever et s'en alla sans un mot en claquant la porte. Ce ne fut qu'à ce moment-là que Keiko lança un regard perdu vers sa porte d'entrée. Elle savait qu'elle ne le reverrait pas.

Les larmes se mirent à couler toutes seules, intarissables. Soudain l'air lui manqua et la pièce lui parut étouffante. Elle se redressa sur son lit d'un seul coup, s'empressa d'enfiler une paire de chaussures et une veste et courut dehors. Il faisait doux dehors, contraste frappant avec le déchirement à l'intérieur d'elle. Ce n'était pourtant pas une surprise qu'il l'abandonne, cela faisait déjà un moment que ça allait mal. Depuis qu'elle lui avait parlé des fantômes en fait. Cette nouvelle de l'hôpital, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.

Elle se mit à errer dans les rues, toute seule, inspirant à grandes goulées l'air frais du soir. Un doux son de guitare attira son attention, provenant d'une ruelle mal éclairée bordée par un grillage. Un jeune homme se tenait assis dans un coin, jouant tranquillement un morceau. Elle s'en fut le voir.

Dès que les choses avaient commencé à devenir sérieuses avec Mikihisa, Keiko, qui avait mis de côté ses démons, prit son courage à deux mains et les affronta. Elle alla trouver son petit-ami et lui confia ce qu'elle avait sur le cœur. Elle pensait qu'il prendrait mal d'apprendre qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfants, mais au contraire il la prit dans ses bras et la serra fort contre lui. Il l'aimait, peu importe qu'elle puisse ou non lui donner des enfants. Keiko pleura, encore une fois.

Keiko pouvait porter des enfants, elle ne pouvait seulement pas en avoir de manière naturelle. Aussi après avoir longuement réfléchi, Mikihisa et elle s'étaient rendus à l'hôpital pour se renseigner au sujet d'une insémination artificielle. La procédure avait été longue et difficile mais Keiko avait fini par recevoir une petite graine de son époux dans son ventre qu'elle regardait désormais toujours avec une grande béatitude. Perdre l'enfant avait été douloureux.

- Vous êtes enceinte, déclara l'infirmière.

Keiko nia d'un signe de tête.

- C'est impossible, les médecins m'ont expliqué…

- Qu'il n'y avait presqu'aucune chance pour que vous puissiez avoir un enfant sans recourir à l'insémination artificielle ? finit pour elle l'infirmière.

Keiko hocha la tête.

- Presqu'aucune chance ne veut pas dire impossible, lui sourit la vieille femme. Félicitations, ce sont des jumeaux.

Keiko tourna un regard ébloui vers Mikihisa assis sur la chaise à côté d'elle. Elle lui pressa la main mais il semblait sous le choc.

- Des jumeaux, répéta-t-il, assommé.

Après quelques formalités ils quittèrent la pièce et s'arrêtèrent près des grandes vitres qui donnaient sur la ville.

- Je vais être papa, murmura Mikihisa pour lui-même.

Keiko hocha timidement la tête.

- Je vais être papa, s'exclama l'homme plus fort en attrapant sa femme dans ses bras.

Elle se retint vivement à ses épaules alors qu'il la faisait tourbillonner en riant, heureux.

- Dépêchons-nous d'aller l'annoncer à tes parents ! déclara-t-il avec dynamisme en la reposant par terre et en plantant un baiser sur ses lèvres.

Yohmei regarda sa fille lui annoncer avec des yeux brillants qu'elle allait devenir maman de jumeaux. Il sentit Kino se raidir auprès de lui et sut immédiatement à quoi elle pensait.

- C'est magnifique ma chérie, se réjouit-il, se refusant à lui parler de la possible réincarnation d'Hao Asakura avant d'être certain que ce dernier choisirait sa famille pour revenir à la vie.

Après tout, il restait encore quinze ans avant le Shaman Fight et rien n'assurait que leur ancêtre choisirait de revenir parmi eux. Il pouvait très bien choisir de ressusciter parmi la tribu Pache comme cinq siècles auparavant.

- Plus que magnifique, confia Mikihisa en serrant sa femme dans ses bras, c'est un miracle.